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14/07/2009

Honneur à Cambacérès

En ce 14 juillet, honneur à Jean-Jacques Régis Cambacérès, un grand révolutionnaire montpelliérain !

Ce fut sans conteste un des principaux artisans de la Révolution française.

Il est né à Montpellier le 18 octobre 1753 d’une famille de magistrats appartenant à la vieille noblesse de robe de la ville. Il est mort à Paris le 8 mars 1824.

Après des études de juriste à la Faculté de Droit de Montpellier, il succède à son père comme conseiller à la Cour des comptes, aides et finances du Languedoc en 1774.

C’est un révolutionnaire actif dès 1789 à la Municipalité de Montpellier. Il devient président du Tribunal criminel de l’Hérault. Il est député de ce département en 1792 à la Convention nationale. Il entre au Comité de sûreté générale et vote l’arrestation des Girondins en 1793. Il devient ensuite président de la Convention en 1794 puis président du Comité de Salut Public après la chute de Robespierre.

Il est élu en 1795 au Conseil des Cinq-Cents. Il est ensuite désigné ministre de la Justice en 1799 ce qui lui permet d’appuyer le coup d’état du 18 brumaire (9 novembre 1799) instituant le Consulat. Il est alors choisi par Bonaparte comme Deuxième Consul.

Avec l’avènement de l’Empire en 1804, il est nommé Archichancelier. Il le restera pendant toute la durée de l’Empire. Lors des absences de l’Empereur, pris sur le théâtre des opérations, il assure l’intérim en présidant le Sénat, le Conseil d’état et en dirigeant les administrations.

Jean-Jacques Cambacérès est le rédacteur de nombreuses lois. Les Montagnards le chargent dès 1793 de coordonner la rédaction du Code civil décidé dès 1790. Ce dernier fut l’objet de plusieurs moutures avant d’être enfin approuvé, à la fin du Consulat, le 30 ventôse an XII (21 mars 1804). On lui donnera le nom de « Code napoléonien ».

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L’ordre ancien, c’était le baptême, le mariage et la sépulture (tous les trois forcément religieux) tandis que l’ordre nouveau, c’est la naissance, le mariage (civil) et le décès.

Le Code civil a supprimé la bâtardise et donc consacré l’égalité des enfants, légalisé le divorce et favorisé l’adoption (trois notions extrêmement modernes).

Ecoutons Jean-Jacques Cambacérès dans son discours à la Convention :
« Il nous reste à considérer le mariage comme la tige des liens qui doivent unir les enfants et les auteurs de leur existence. La voix impérieuse de la raison s’est faite entendre ; elle a dit : il n’y a plus de puissance paternelle ; c’est tromper la nature que d’établir ses droits par la contrainte. Surveillance et protection, voilà les droits des parents ; nourrir, élever, établir leurs enfants, voilà leurs devoirs. »

L’intéressé a en outre participé à la renaissance de la franc-maçonnerie française. Il prit même la direction de toutes les obédiences.

Jean-Jacques Cambacérès était homosexuel. Le Code civil ne reprit toutefois que la dépénalisation de l’homosexualité déjà approuvée par l’Assemblée nationale dès 1791.

Il est à noter que l’intéressé acheta le Château de Saint-Drézéry en 1791, vendu comme bien national par la municipalité de cette commune.

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