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31/07/2009

Danger de privatisation pour la Poste

Le Président de la République a reporté son projet de transformation de la Poste en société anonyme (SA) au lendemain des Européennes, bien que le projet de loi ait été déjà prêt avant le mois de juin.

Il s’agissait en effet de ne pas alarmer les Français en pleine campagne électorale.

Et pourtant, le Parti Socialiste ne s’y est pas trompé : c’est bien un premier pas vers l’entrée de nouveaux actionnaires minoritaires puis l’introduction en Bourse et enfin la privatisation totale.

Cette dernière heurte bien sûr les syndicats des postiers qui défendent un service public de qualité mais c’est aussi une mesure impopulaire chez les Français.

L’ouverture totale à la concurrence pour le courrier ordinaire (plis de moins de 50 grammes sachant que pour les colis et les autres lettres cette ouverture à la concurrence existe déjà) est prévue au 1er janvier 2011 (tout comme le Livret A a été banalisé au 1er janvier 2009).

Il est bon toutefois de préciser que l'ouverture à la concurrence n'oblige en rien l'État français à modifier le statut de cette entreprise publique...

Ni le Traité de Lisbonne, ni même le Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum par les Français le 29 mai 2005, n’obligent à la privatisation des Services publics : il s’agit bien d’une volonté franco-française de céder au privé une entreprise qui appartient à tous les Français. Il ne s’agit absolument pas d’une contrainte mais d’un choix politique.

La concurrence libre et non faussée est possible entre des structures publiques et privées. C’est légal au niveau européen. Et il n’est pas certain que dans un combat concurrentiel loyal, une entreprise publique ne sorte pas vainqueur du fait de la qualité de ses agents, de la gestion désintéressée, de la priorité donnée au long terme, c’est-à-dire au non spéculatif.

Si l’Etat français subventionnait la Poste, ce ne serait pas en revanche admis mais il s’agit d’une entreprise qui équilibre ses comptes sans aide de l’Etat, qui peut investir et qui fait des bénéfices (943 et 549 millions d’€ d’excédents respectivement en 2007 et en 2008).

La Poste est le plus vieux service public de proximité de notre pays.

En tant que Service public, la Poste assure :
- un accès universel aux services bancaires pour ceux qu’aucune structure financière n’accepte de bancariser,
- un lien social en milieu isolé, notamment auprès des personnes âgées,
- une péréquation des tarifs qui fait que l’envoi d’une lettre à partir de la Lozère ne coûte pas plus cher qu’à partir de Montpellier,
- un tarif préférentiel pour la distribution de la presse,
- un égal accès pour les usagers qui fait que la relève et la distribution du courrier interviennent à la même fréquence à la ville qu’à la campagne.

Suite de la note le 1er août 2009.

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