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03/08/2009

Feu de forêt : risque élevé au Nord de Montpellier

Les forêts méditerranéennes françaises connaissent une menace quasi unique : les feux d’été. En effet, les calamités naturelles comme les tempêtes, les tornades, les gels, les attaques parasitaires détruisent incomparablement moins de bois sur pied.

Le bassin méditerranéen connaît deux fois plus de surfaces détruites annuellement (50.000 ha actuellement en moyenne) que dans les années 70 (Italie fois 3, Espagne fois 4) : c’est dû à l’exode rural, au recul de l’agriculture, au désintérêt envers la ressource énergétique que représente le bois du fait de l’augmentation du niveau de vie des populations.

La France est une exception puisque, si la surface forestière croît, la surface brûlée, elle, n’évolue pas.

Le Nord de Montpellier, surpâturé au début du siècle, a vu ses troupeaux de moutons disparaître un par un. On est passé d’un paysage de prairies sèches à un paysage fermé. Les mattorals, nom savant des écologues pour nos garrigues, régressent et, avec eux, l’extrême biodiversité de ces milieux, tant en terme de flore que de faune.

Si les feux de forêt sont contenus dans notre région, c’est dû à l’effort collectif de la Sécurité civile (l’Etat), des sapeurs-pompiers et des forestiers-sapeurs (Conseil général de l’Hérault) mais aussi des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF).

Il existe de tels groupes de volontaires, équipés par les communes, sur Assas, Buzignargues, Castelnau le Lez, Clapiers, Combaillaux, Galargues, Grabels, Jacou, Le Triadou, Montaud, Montferrier sur Lez, Murles, Murviel lès Montpellier, Saint-Bauzille de Montmel, Saint-Clément de Rivière, Saint-Geniès des Mourgues, Sussargues, Vailhauquès, Valergues, Vendargues et Villetelle.

Pour mesurer l’impact global des incendies, il est d’usage d’utiliser un indicateur : le risque moyen annuel (RMA) calculé à partir de la méthode proposée par le CEMAGREF. C’est le pourcentage de la surface forestière brûlée tous les ans.

Dans les bois à base de pins d’Alep au Nord de Montpellier, le RMA est d’environ 4 %, soit un délai moyen entre deux incendies de 25 ans ! Ce RMA est globalement seulement de 1,4 % pour les forêts du pourtour méditerranéen.

Le risque d’incendie est donc très fort dans nos secteurs : c’est lié au contact entre l’urbanisation et la forêt. La zone urbanisée représente des enjeux forts à protéger en terme de vies humaines et de biens matériels. La forêt, elle, génère des aléas forts, c’est-à-dire une probabilité non négligeable d’éclosion de feux, puis éventuellement de leur propagation. C’est la rencontre de ces aléas et de ces enjeux forts qui confère à notre zone un niveau de risque élevé.

Si la pression des feux est trop forte, c’est la capacité même du milieu à se régénérer qui est obérée, avec un risque à terme de désertification, donc d’érosion des sols et de danger d’écoulements torrentiels.

Les feux de forêt en région méditerranéenne sont à plus de 95 % d’origine humaine.

La cause des départs de feux est très mal connue : c’est d’ailleurs devenu une priorité en France donnée aux forces de l’ordre de les identifier, en relation avec les propriétaires des terrains et les pompiers. Notamment, la France est très en retard sur l’Espagne en terme d’identification de ces causes.

L’imprudence ou les accidents (ligne électrique, écobuage mal maîtrisé, fumeur, feux de camp ou de berger, etc.) prédominent en nombre. La plupart du temps, ce sont les habitants du crû qui en sont responsables.

Malheureusement, il existe aussi de très nombreux feux volontaires que l’on peut qualifier, sans hésitation, de criminels, du fait du risque qu’ils font courir aux populations et aux secours.

Pour réduire le nombre d’incendie de forêt, il n’y a pas d’autre issue que la prudence, le débroussaillement et l’exploitation rationnelle du bois.

Cette dernière piste est la plus intéressante car, en face de la dépense, s’affiche une recette, certes faible, mais qui incite le propriétaire forestière, public ou privé, à agir.

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