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02/08/2009

Honneur au pompier volontaire André Jeanjean

La garrigue et la pinède occupent de larges espaces dans les villages avoisinants Montpellier.

Du fait du climat méditerranéen, associant l’été canicule, sécheresse et vent, nos forêts sont d’une grande vulnérabilité au feu.

Le danger est surtout présent par vent du Nord avec des incendies qui progressent rapidement vers le Sud et empruntent des couloirs de feu plus ou moins larges.

Les anciens ont gardé le souvenir du sinistre incendie du 26 juillet 1981, aux portes de Sainte-Croix de Quintillargues, de Guzargues, d’Assas, de Prades le Lez, de Montferrier sur Lez et de Clapiers.

Ce feu de forêt, d’origine criminelle, a parcouru des centaines d’hectares de pinèdes et de garrigues et conduit à la disparition du jeune sapeur-pompier volontaire, André Jeanjean, originaire de Saint-Mathieu de Tréviers.

Ce dernier est décédé dans le brasier en combattant l’incendie. Il est mort en essayant de protéger nos concitoyens.

Tous les ans, son sacrifice est honoré, en présence de la famille et du Préfet, des pompiers, des forestiers-sapeurs, de la gendarmerie, des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF) et des élus locaux.

La cérémonie a lieu devant la stèle qui lui est dédiée sur le territoire clapiérois.

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Les pompiers honorant André Jeanjean, tombé au feu

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Les élus locaux et le Préfet pour la minute de silence

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L'allocution de Pierre Maurel, Maire de Clapiers

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Les bénévoles des CCFF toujours présents

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La stèle fleurie, après la cérémonie

Depuis, la forêt a été replantée en cèdres de l’Atlas et en pins pignon. Des citernes d’eau ont été installées, des pistes tracées et régulièrement entretenues, un tour de gué installée à Teyran et une vigie implantée sur un château d’eau à Clapiers.

Les pompiers ainsi que les forestiers-sapeurs, financés par le Conseil général de l'Hérault, pratiquent en saison le « gué armé », c’est-à-dire que des unités opérationnelles sont prépositionnées sur le terrain dans l’attente d’une alerte.

En outre, les communes du Nord de Montpellier se sont dotées d’un plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) : Assas, Clapiers, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Le Triadou dans un premier temps, puis Combaillaux, Grabels, Les Matelles, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Juvignac, Montpellier, Murviel lès Montpellier, Pignan et Saint-Georges d’Orques.

Pour plus d’information sur ces PPRIF, se reporter sur le site de la Préfecture de l’Hérault.

Ce dispositif, opposable aux tiers, permet de limiter la cabanisation, d’interdire l’implantation d’habitat en zone dangereuse et pousse aux respects de l’obligation légale de débroussaillement (dite OLD) par les propriétaires d’installation (maison, mazet, caravane, etc.).

Les membres des CCFF patrouillent, quant à eux, tout l’été, dans leur tenue orange caractéristique, pour informer inlassablement du risque les riverains, les promeneurs et surveiller qu’il n’y a pas de départ de feu.

L’Etat met aussi en œuvre d’impressionnants moyens aériens.

Malgré ce dispositif très lourd, il y a moins d’un an, les communes de Clapiers et de Montferrier ont connu, le 23 août 2008, les affres d’un nouvel incendie. Ce dernier a ravagé 18 hectares de pinèdes.

Malgré une alerte rapide, le front de flamme s’est développé sur une largeur d’environ 200 mètres. Dans sa phase terminale, le feu, quand bien même cantonné à près de 500 mètres des premières habitations par un secteur agricole infranchissable, a donné l’impression de menacer la zone urbanisée.

Heureusement, les secours sont intervenus très rapidement. D’abord, deux Beechcraft, avions légers faisant le plein sur l’aéroport de Candillargues et l’hélicoptère de commandement. Ensuite, des pompiers au sol, au nombre d’environ 150, répartis dans une cinquantaine de véhicules, dont certains d’appui logistique (camions citerne, cellules d’assistance respiratoire, restauration). Puis une seconde vague de moyens aériens, dite de niveau national, est parvenue sur place, guidés par un nouvel hélicoptère.

En tout, 8 avions ont œuvré conjointement : des Canadair, des Tracker et même un Dash 8 qui peut emporter 11 m3 d’eau. Tous ont pu écoper en mer, à moins de 15 km, d’où une grande efficacité dans les interventions.

Les sapeurs-pompiers, les forestiers-sapeurs et les bénévoles des comités communaux feux de forêts (Clapiers, Montferrier, Assas, Teyran, Saint-Clément, Montaud-Saint Bauzille de Montmel) ont ensuite effectué un travail inlassable, toute la nuit, pour étouffer les reprises de feux.

Sans parler de mise à feu criminelle, la moindre imprudence peut être à nouveau sanctionnée par un drame écologique, au mieux, humain au pire.

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Les stigmates laissés par le feu du 23 août 2008

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Un largué aérien sur une reprise de feu le lendemain

Crédit photos, tous droits réservés :
Peter Kroger (photos 2, 3 et 5) et Michel Chastaing (photos 1, 4, 6 et 7)

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