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08/08/2009

Le rural victime de la déferlante libérale

Les territoires ruraux sont abandonnés par le Gouvernement Fillon, au nom d’une forte idéologie libérale.

On ne compte plus en France les perceptions, les bureaux de poste, les hôpitaux et autres services publics qui ferment.

A la rentrée scolaire prochaine, la vague aveugle de coupes budgétaires va frapper, non plus seulement en terme d’insuffisance d’enseignants remplaçants, mais en terme de fermeture sèche de classes.

Fin 2008, pour la première fois dans l’histoire de la défiscalisation du logement neuf à objet locatif (notamment lois Lienemann, Besson, de Robien, Borloo), le Gouvernement de Droite a exclu du nouveau dispositif, dit Scellier, les communes rurales : exit donc les investisseurs dans la pierre en milieu rural et la dynamisation de la construction en cette période de marasme économique.

Pendant les décennies 80 et 90, au vu de l’émergence de nouvelles technologies, telles la téléphonie satellitaire, Internet et l’espoir du télétravail, au vu de la dématérialisation des échanges et de l’importance du cadre de vie pour les travailleurs, notamment les cadres, nous avons pourtant crû, avec satisfaction, au grand retour de la campagne. Le rural avait alors le vent en poupe et l’occupation du territoire était à la fois un objectif et une réalité rassurante.

Certes, la population agricole allait en disparaissant et la catégorie socioprofessionnelle dominante était devenue celle des ouvriers, ce qui dénotait d’une profonde mutation culturelle, mais la dépopulation s’était arrêtée. Mieux, avec le phénomène de rurbanisation, avec l’arrivée de néo ruraux, de très nombreux territoires ruraux se repeuplaient.

L’élection de Nicolas Sarkozy a constitué un tournant d’autant plus saillant que Jacques Chirac était, lui, un défenseur du monde rural.

Le Gouvernement tait cette politique de la terre brûlée mais garde un cap inflexible : les menaces de démission de certains édiles n’ont pas ébranlé son indifférence.

Le désert guette déjà de nombreuses zones isolées de l’Est ou du Massif Central. Tout va très vite quand l’école ferme, quand le médecin s’éloigne à quelques dizaines de kilomètres, quand les incessants, mais obligatoires, déplacements en voiture deviennent trop coûteux.

Même si dans l’Hérault, la ville est rarement loin, certaines communes rurales sont déjà en voie de paupérisation.

Moins d’habitants, c’est en effet plus de logements vacants, moins de rénovation immobilière et moins de taxe d’habitation. Moins d’habitants, c’est aussi moins de clientèle pour les petits commerces, moins de main d’œuvre qualifiée et un tissu d’entreprises qui se délite d’où moins de taxe professionnelle et moins de services marchands.

Les territoires ruraux sont mis en concurrence avec les autres territoires français comme étrangers : comment gagner cette compétition avec des contraintes d’éloignement, d’enclavement, avec des réseaux d’eau potable, d’assainissement, de téléphone, d’électricité forcément plus coûteux qu’en ville, avec une population exigeant quasiment le même niveau de services (restaurant scolaire, garderie des enfants, culture), sans un solide appui spécifique de la collectivité nationale ?

Alors, reste-t-il un espoir, une marge de manœuvre, aux territoires ruraux, du fait de leur mise à l’index, de fait, par le Gouvernement Fillon ?

Et bien, tout d’abord, il faut que les territoires ruraux exploiter au maximum leurs propres ressources : notamment l’espace, les paysages, le tourisme, le bois, l’agriculture de proximité, le petit agro-alimentaire.

Mais aussi, il leur faut profiter de la possibilité de se regrouper entre collectivités de même taille ou avec les villes voisines.

Et enfin, il faut que les territoires ruraux contractualisent, dans une optique forcément de développement durable, avec leur Conseil général, leur Conseil régional sur les opérations liées au développement économique et bien sûr avec l’Europe qui sont les fidèles soutiens du monde rural.

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