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09/09/2009

Enfin une Primaire à Gauche !

J’appelais de mes vœux mi-juillet à l’organisation à Gauche d’une Primaire afin de désigner le héraut de la Gauche à la Présidentielle de 2012.

Jean-Louis Bianco (pour Ségolène Royal), Arnaud Montebourg, Vincent Peillon ont tant et si bien boosté l’idée que Martine Aubry s’y est ralliée.

Pourquoi le Parti Socialiste approuvera-t-il, très certainement avec plus de 90 %, cette innovation ?

Il est malheureusement derrière nous le temps du Front populaire, du Programme commun de la Gauche ou encore de la Gauche plurielle : la Gauche affaiblie est aujourd’hui dans l’incapacité de s’unir et de s’accorder sur un programme de gouvernement.

Pourtant, cette union se ferait automatiquement derrière tout Premier Ministre de Gauche.

En effet, seuls les partis qui se disent de la « gauche radicale » - pour ne plus s’afficher à « l’extrême-gauche » - refuseraient d’envoyer un de leur cadre au Gouvernement : ils sont et demeureront des partis d’opposition, ce qui est leur fond de commerce et leur permet de proposer un programme qu’ils savent irréalisable mais qui attire d’autant les électeurs.

Or, le préalable à un gouvernement de Gauche, du fait du quinquennat et de l’inversion du calendrier électoral, c’est l’élection d’un Président ou d’une Présidente de Gauche.

Penser à la cohabitation d’une Assemblée de Gauche avec un Président de Droite est tout simplement une vue de l’esprit du fait du découpage des circonscriptions, très avantageux pour la Droite, par Charles Pasqua et maintenant par Alain Marleix.

Quelle est la meilleure tactique pour qu’un Président de Gauche soit élu ?

Il y a l’union de la Gauche mais elle n’est pas possible actuellement, sinon elle serait déjà faite.

D’ailleurs le Nouveau Parti Anticapitaliste n’en veut pas avec des Socialistes et les Verts sortent trop forts des élections européennes pour accepter « l’hégémonie » du Parti Socialiste.

Il y a aussi le traditionnel chacun pour soi du premier tour où les voix de la Gauche s’atomisent pour conduire éventuellement à une absence au second tour (Lionel Jospin évincé au profit de Jean-Marie Le Pen en 2002).

Bien entendu dans cette configuration de forte concurrence, les petits partis n’ayant aucune chance de parvenir au second tour, ou ne souhaitant pas gouverner, font le forcing et n’engagent pas toujours leurs électeurs à se reporter au second tour sur le candidat de Gauche y parvenant.

Absence de consigne de vote, désistement ambigu, coup de pied de l’âne (du style « appel à faire obstacle à la Droite »), appel à l’abstention : les années récentes ont enregistrées toute la panoplie du parfait torpilleur.

Bien sûr, c’est toujours la faute du candidat de Gauche au second tour, en l’occurrence le Socialiste, s’il perd :
- « il n’était pas assez à Gauche pour les Français » qui, c’est tout de même troublant, préfèrent le candidat de Droite qui comme chacun le sait, est le plus à gauche,
- « sa campagne était mauvaise »,
- « il y a eu une erreur de casting ».

La réalité, c’est que la France est de plus en plus ancrée à Droite et que pour triompher à la Présidentielle, un candidat de Gauche doit créer une dynamique d’espoir dans le pays.

L’organisation de Primaires à Gauche est susceptible de créer les conditions d’une telle victoire.

Cette Primaire doit-elle être ouverte aux citoyens non encartés dans des partis ?

La réponse est bien entendu : « Oui ».

Sinon, on revient à la triangulaire (Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal) interne au Parti Socialiste.

En effet, le fait que le candidat soit choisi par de nombreux électeurs de Gauche va susciter un engouement, une adhésion précoce, un mouvement populaire notamment pour orienter le programme.

Qui pourra se présenter à cette Primaire ?

Il y aura des candidats du Parti Socialiste : c’est une évidence au vu des personnalités et des ambitions déjà affichées.

Je ne vois pas personnellement comment on pourrait empêcher un candidat issu d’un autre parti de Gauche de se présenter : il s’agit bien, dès lors, d’une « Primaire de la Gauche ».

Qu’aucun candidat des Verts, du Parti Radical de Gauche, du Parti Communiste Français, du Mouvement Républicain et Citoyen ne s’y risque, pour pouvoir se compter au premier tour, pour faire valoir ses idées et son programme ou pour éviter d’être défait, n’y changera rien.

C’est le corps électoral, fait de personnes allant voter volontairement à cette Primaire, qui donnera le « la ».

Si les gens de Gauche se déplacent massivement, alors ce sera une « Primaire de la Gauche » et des candidatures concurrentes ne pourront pas effacer l’étiquette « Candidat de la Gauche au premier tour » qui accompagnera le vainqueur de la Primaire.

C’est donc la popularité, la réussite de cette Primaire qui fera la décision.

Si elle est boudée par les Français, ce qui sera le signe précurseur de l’incapacité à initier un mouvement de masse, nous reviendrons au fonctionnement des élections présidentielles de 2002 et de 2007, ouvrant en 2012 un boulevard à Nicolas Sarkozy qui vient d’unifier la Droite en agrégeant « Chasse Nature Pêche et Traditions » (sauf pour l’Hérault) et le « Mouvement Pour la France » de Philippe De Villiers à son puissant parti, l’Union pour la Majorité Présidentielle.

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