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11/10/2009

Le danger de prolifération des sangliers inquiète dans l'Hérault

Le Ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durale et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a adressé fin juillet à tous les préfets, une circulaire attirant leur attention sur le fait « qu’il y a nécessité de renforcer l’effort de régulation des sangliers ».

En effet, ces derniers prolifèrent en France : leur nombre a été multiplié par 10 en une trentaine d’années.

Leur population est évaluée à 1.000.000 d’individus, chiffre obtenu en doublant le nombre de sangliers abattus annuellement par les chasseurs (522.174 pour la saison de chasse 2007-2008).

Pour l’Hérault, le tableau de chasse est passé de 4.524 sangliers en 1986-1987 à 16.581 en 2008-2009 : la population est estimée à 40.000 individus environ au 15 août 2009, date d’ouverture de la chasse au sanglier.

L’Hérault fait partie des 10 premiers départements français pour la population des sangliers : leur présence est toutefois historique et non récente.

Les sangliers sont impliqués, tous les ans en France, dans 15.000 collisions avec des véhicules à moteur.

Les textes en vigueur ne sont pas modifiés par la circulaire ministérielle : il s’agit en fait pour le Gouvernement d’avoir une meilleure connaissance du phénomène pour pouvoir éventuellement prendre des mesures dès 2010.

Les agriculteurs, les chasseurs et les élus locaux, plus proches du terrain et plus réactifs, tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, constatant :
- une recrudescence des dégâts aux cultures,
- une occupation de terrain croissante, avec des incursion en lisière, voire dans les lieux habités.

Que constate-t-on autour de Montpellier ?

Une multiplication des sangliers au Nord, à partir des communes d’Aumelas, Saint-Paul et Valmalle, Montarnaud, Vailhauquès, Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Le Triadou, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues et Campagne, pour rester dans l’Hérault.

Dans ces secteurs, il existe une pratique de chasse populaire aux sangliers dans le cadre d’associations communales de chasse appelées « Dianes ».

Dans l’Hérault, 340 équipes (à comparer au nombre de 343 communes avec très peu de dianes dans la frange littorale) totalisent maintenant 15.000 chasseurs, soit 60 % de l’effectif total des chasseurs héraultais.

Cela n’empêche pas des dégâts aux vignes, souvent en Appellation d’origine contrôlée (AOC), aux vergers et aux cultures céréalières comme fourragères, ce qui exaspère les agriculteurs.

Ces derniers sont de plus en plus exposés, ayant :
- développé des cultures à haute valeur ajoutée (maraîchage, arboriculture, viticulture de qualité),
- reconquis, au milieu de paysages de garrigues ou forestiers, les bonnes terres de fond de vallée, grâce à l’évolution des techniques, et de piémont pour des raisons qualitatives (terroirs AOC).

Il faut savoir, en outre, que les paysans sont indemnisés seulement pour les pertes de récolte, via un fonds de la Fédération départementale de chasse alimenté par les cotisations des chasseurs concernés (315.000 € d’indemnités dans l’Hérault en 2008-2009 contre 139.000 € en 2007-2008). Ces cotisations sont en fait le « timbre grand gibier » ou « cotisation départementale sanglier », d’un montant annuel de 41,00 €.

Toutefois, les agriculteurs ne sont pas indemnisés pour le temps passé à la prévention ou pour la perte de valeur ajouté sur les produits non récoltés.

De plus, nul ne peut être indemnisé si le gibier (pouvoir « res nullius » en Droit) vient de son fonds.

Enfin, les petits dégâts, souvent répétitifs, ne sont pas indemnisés car il existe un minimum de dédommagement.

Le niveau des indemnisations est fortement croissant, d’année en année, ce qui pose à terme le problème de la solvabilité du fonds alimenté par les chasseurs de grand gibier (sachant que le nombre global de chasseurs tend fortement à décroître en France, avec plus de 2.000.000 de permis de chasser validés en 1980-1981 contre seulement 1.343.926 en 2007/2008 soit une chute de 40 % en 30 ans, d’après les chiffres de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Le « front » de l’habitat du sanglier a tendance, dans l’Hérault, à s’étendre au Sud, au moins à l’ouverture de la chasse, dans la périphérie immédiate de Montpellier, où les chasseurs sont plus rares et où le gibier vient se réfugier.

Les dégâts occasionnés dans les jardins, sur les clôtures, etc., ne sont pas indemnisés. En outre, une certaine partie de la population péri-urbaine se sent en insécurité de fait de ces visites nocturnes.

Dans l’Hérault, le phénomène de prolifération des sangliers est essentiellement dû :
- à une pression de chasse relativement faible par rapport aux potentialités,
- l’absence de prédateur naturel,
- à la déprise agricole, avec la disparition des troupeaux ovins au Nord de Montpellier qui maintenaient les milieux ouverts,
- à l’extension corollaire des forêts,
- aux effets pervers de la réglementation sur l’indemnisation (une sorte de « droit aux dégâts »),
- à une augmentation des ressources alimentaires due au vieillissement des taillis de Chênes-verts, le sanglier étant particulièrement inféodé aux « essences fruitières » (hêtres, châtaigners et chênes).

Alors, que faire pour que les sangliers ne deviennent pas un danger trop important pour les automobilistes, les biens et les habitants, la santé économique des exploitations agricoles ?
Suite dans la prochaine note, le samedi 10 octobre 2009.

Commentaires

Mardi soir en revenant de montpellier, un sanglier a percuté mon vehicule sur le devant ,parechoc ,radiateur endomagé ,cela fait une semaine que je viens d acheté cette voiture, je suis assuré qu a un tier comment faire^pour me faire remboursser donné moi une solution je n ai pas les moyen de faire les réparations ,je vous remercie part avance de me répondre et de me donné une solution quelle recourt pourait je avoir ? M grauby Helene

Écrit par : grauby | 17/12/2009

En cas de collision avec un sanglier, il faut faire une déclaration à son assurance.
Si l'on est assuré au tiers, l'assureur n'indemnisera pas mais c'est le Fonds de garantie des assurances qui prendra le relais.
Il faut toutefois que l'assuré fasse la preuve qu'il s'agit bien d'un accident dû à un sanglier : attestation d'un témoin, indices matériels comme des touffes de poils ou autres traces animales, photographies, rapport d'un expert.

Écrit par : Michel Chastaing | 17/12/2009

il existe des solutions, l'arc en est une, d'une portée balistique moindre certes mais moins dangereuse pour les zones péri-urbaine il faut faire chasser les archers sur une plus longue période ou intensifier les sorties sur la période réglementaire. Savez-vous qu'il y a beaucoup de chasseurs qui ne chassent pas, non pas par choix mais par impossibilité financière.en fait les prélevements augmentent d'année en année avec 700.000 chasseurs de moins en trente ans. normal? non, business is business, avec des actions de chasse pouvant aller jusqu'à 8000 euros par an (qui peut payer une somme pareille, je gagne 2000 euros par mois et je ne trouve pas de territoire pour mon arc),les chasseurs les plus puissants et les plus riches se partage le gateaux et les autres, écrivent leur frustration comme moi ici, plus les choses changent, plus elles restent les mêmes...

Écrit par : Capelle | 03/07/2011

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