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16/10/2009

La prolifération des sangliers inquiète dans l’Hérault (suite n° 2)

Face à la prolifération des sangliers ces dernières années, les chasseurs, les pouvoirs publics et les élus locaux ne sont pas restés l’arme au pied.

 

Les municipalités peuvent demander à la Préfecture et à la Fédération de chasse l’organisation de battues, dites administratives, organisées notamment en dehors des périodes d’ouverture de la chasse, sous couvert d’un lieutenant de louveterie.

 

Le Préfet, de son côté, a défini dans l’Hérault 34 unités de gestion (UG), secteurs homogènes sur le plan cynégétique qui doivent correspondre à des réalités biologiques pour les espèces chassées, et demande aux sociétés de chasse de définir un plan de gestion annuel du gibier.

 

Chaque UG « grand gibier » est responsabilisée en payant une participation financière proportionnelle au coût des indemnisations des dégâts subis par les agriculteurs.

 

Les chasseurs héraultais, quant à eux, ont augmenté leurs prélèvements dans les zones sensibles où les dégradations dues aux sangliers se multiplient.

 

La régulation des populations de sangliers doit continuer à être confiée aux chasseurs, en tant que gestionnaires reconnus de la faune sauvage.

 

Quelle aide peut amener la collectivité ?

 

Il est nécessaire à moyen terme de lutter contre un trop important envahissement par la forêt du territoire.

 

Les propriétaires forestiers, que se soient des communes ou des particuliers, doivent adapter leur sylviculture.

 

Il est nécessaire d’exploiter les taillis de Chênes-verts pour le bois-bûche (c’est un usage ancestral dans le Midi) et le Pin d’Alep comme source de bois-énergie, via sa transformation en plaquettes forestières, maintenant utilisées dans les chaudières collectives ou domestiques.

 

L’objectif est de rendre moins dense le couvert forestier et donc de mettre un peu plus à découvert les hardes de sangliers.

 

La réintroduction de troupeaux ovins serait de même un auxiliaire efficace, présentant de multiples avantages :

-         relance d’une filière d’approvisionnement en agneaux de lait Bio,

-         développement de l’emploi agricole local,

-         conservation des paysages,

-         préservation de la biodiversité inhérente aux prairies sèches,

-         prévention des incendies de forêt,

-         maintien des milieux naturels ouverts.

 

Malheureusement, s’il reste encore quelques rares bergers autour de Montpellier, cette idée de réintroduction de troupeaux s’apparente à l’Arlésienne.

 

Concernant la panoplie réglementaire dans les mains du Préfet, plusieurs mesures administratives peuvent être décidées :

-         autorisation individuelle de tir à l’approche ou à l’affût, notamment pour les agriculteurs,

-         battue administrative pour régler des problèmes ponctuels (battue à tir) qui vise à maximiser les animaux prélevés,

-         battue d’effarouchement (battue à blanc) pour décantonner les sangliers des cultures ou d’une zone habitée,

-         tir de nuit pour repousser les animaux (avec la crainte que cela facilite le braconnage).

 

Ces mesures peuvent s’appliquer dans toutes les zones hébergeant des populations de sangliers, y compris les réserves et les zones de non chasse.

 

Le Préfet a aussi la possibilité aussi de classer le sanglier parmi les espèces nuisibles ce qui déclenche l’interdiction des lâchers, l’exigence d’une haute pression de chasse et la possibilité d’une destruction des animaux au mois de mars.

 

Ce déclassement du sanglier, de gibier à nuisible, recèle en son sein une forte portée symbolique pour les chasseurs qui l’appréhende fortement.

 

Il semble donc plus raisonnable d’imaginer l’imposition à chaque société de chasse d’un plan de chasse total.

 

Contrairement au plan de gestion, un plan de chasse prévoit une obligation de résultat, sous la forme d’un prélèvement minimum sur le plan qualitatif et quantitatif, comportant un nombre minimal de femelles.

 

Les chasseurs n’atteignant pas le prélèvement minimum exigé risquent une pénalité.

 

Dans cette nouvelle donne, les pouvoirs publics doivent étudier et mettre en place rapidement des schémas départementaux de gestion cynégétique, bien cerner les populations animales, mettre en place un suivi des tableaux de chasse et être en capacité d’ajuster en cours de campagne le niveau de prélèvement.

 

Une autre mesure paraît à terme inéluctable : il s’agit de l’interdiction de l’agrainage, c’est-à-dire le nourrissage artificiel des sangliers par épandage de céréales.

 

En effet, plus la nourriture est disponible en abondance et plus la natalité des laies est importante.

 

En outre, cette pratique attire les sangliers sur des territoires nouveaux, périphériques de leur aire de prédilection.

 

Enfin, une revendication des chasseurs est de pouvoir chasser tous les jours et pas seulement les mercredis, samedis et dimanches, qui concentrent d’ailleurs l’essentiel de la fréquentation en milieu naturel.

 

Cette proposition heurte certains usagers de la nature dont les activités peuvent présenter des incompatibilités avec la chasse.

 

L’allongement de la période de chasse effective peut aussi concerner l’avant et l’après saison, ce qui serait vraisemblablement mieux accepté par les populations, notamment urbaines.

 

En conclusion, la régulation des populations de grand gibier est possible mais ne sera pas facile : elle dépend essentiellement des chasseurs sur les épaules desquels pèsera donc une responsabilité croissante.

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