Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/10/2009

Les nouveaux paysans ne doivent pas être privés de terres

Une centaine de jeunes paysans et paysannes ont occupé, début octobre, les locaux de la SAFER Languedoc-Roussillon, à Lattes.

 

Cette action pacifique avait pour objectif de protester contre la difficulté d’accéder au foncier que connaissent de nombreuses personnes désirant s’installer en agriculture.

 

Occupation SAFER 010.jpg

 

Si l’on prend l’exemple de la région de Montpellier, les candidats à l’installation agricole rencontrent les difficultés suivantes :

-         refus de propriétaires de louer des terres abandonnées par peur du statut du fermage ou par attachement patrimonial,

-         concurrence des nouvelles infrastructures et de l’urbanisation,

-         augmentation du prix du foncier,

-         existence de grands domaines (manades, exploitations viticoles) qui laissent peu de place,

-         investisseurs étrangers ou locaux transformant des terres agricoles en terrains de loisirs.

 

Cette pression foncière est la plus forte dans la première couronne de Montpellier et plus encore sur le littoral.

 

La SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a reçu du législateur mandat de donner priorité aux jeunes agriculteurs (dits JA) sous certaines conditions d’âge (moins de 40 ans), de diplôme (minimum le niveau Bac) et de taille d’exploitation (un revenu minimum à atteindre rapidement).

 

Ces conditions excluent tout de même les 3/4 des nouveaux installés en agriculture dans l’Hérault.

 

Occupation SAFER 004.jpg

 

Ces derniers passent en outre très souvent après l’agrandissement des exploitations en place.

 

C’est encore plus vrai dans les régions céréalières (Camargue et Lauragais aux marges du Languedoc-Roussillon), comme d’élevage, où chaque hectare détenu ouvre droit à des primes européennes substantielles, ce qui pousse donc à l’accumulation de foncier.

 

Les terres qui partent à l’agrandissement ne vont pas à l’installation : c’est destructeur d’emploi et cela ne permet plus le renouvellement des générations en agriculture.

 

C’est pour cette raison qu’il existe en France des paysans sans terre et pas seulement au Chiapas, état fédéré du Mexique aux confins du Guatemala.

 

L’accès à la terre est un combat.

 

Les jeunes de la Coordination Européenne Via Campesina qui ont occupé la SAFER Languedoc-Roussillon s’étaient précédemment établis à Minerve pour un campement européen rassemblant les jeunes et futurs paysans, les personnes ayant un projet d’installation, les paysans sans terre.

 

L’hébergement a été assuré par la ferme collective Clavirola.

 

Ce regroupement s’est opéré dans le cadre de l’opération européenne « Reclaim the Fields ».

 

Leur combat devrait aussi être celui d’une majorité d’Européens : permettre l'accès à la terre pour des agricultures vivrières respectueuses de l'environnement.

 

En effet, nous assistons au remplacement de l’agriculture paysanne et familiale par des modes de production et de consommation industriels contrôlés par les entreprises multinationales.

 

Cette évolution détruit des modes de vie qui ont pourtant prouvé leur capacité à maintenir un lien harmonieux entre les êtres humains, entre les sociétés et leur environnement.

Les commentaires sont fermés.