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28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.

Commentaires

Bonjour,
Une autre façon de préserver de la terre et d' installer un jeune maraîcher avec un bail à ferme avec des clauses environnementales qui ont force de lois.
Cordialement,
Didier Guyot

Écrit par : guyot | 15/03/2010

Bonjour,
je cherche un terrain autour de Montpellier minimum 2000m2 pour cultiver de la spiruline. Il me faut de l'eau et l'électricité car je ne crois pas avoir les moyens financier pour acheter des panneaux solaires.
je suis pour le moment inscrite à l'ADEAR 13 proche de mon domicile mais en relation avec celle du 34
j'aimerais commencer au printemps suite à la formation que je fais à Hyères cet hiver
connaissez vous un terrain ?
cordialement

Écrit par : velluet | 20/09/2010

Bonsoir,

Suite à votre commentaire sur le Blog Montpellier Villages, je viens vous amener les éléments de réponse suivants :
- je n'ai pas connaissance de terrain pour l'instant mais il faudrait appeler la Commune de Villeneuve lès Maguelone qui a développé une sorte de pôle agricole,
- prière de bien vouloir contacter Terres Vivantes (ex ADEAR de l'Hérault) où travaille d'ailleurs une ancienne salariée de l'ADEAR 13 (Lydie Chaffotte : lydie.chaffote@gmail.com qui risque cependant d'être en congé maternité) pour faire publier gratuitement une demande de terrain dans son journal (rythme mensuel), ou plus sûrement, Mathias Langlois: mathias.langlois@gmail.com
- idem prière de bien vouloir contacter Terre de Liens Languedoc-Roussillon au travers de son animatrice Valérie Pommet - portable : 06.88.48.39.02 - v.pommet@terredeliens.org - 09.70.20.31.18 / vu le peu de surface nécessaire pour la spiruline, votre projet peut en effet éventuellement se greffer sur d'autres demandant plus d'espace (je pense notamment au gros projet de Barjac où les terres maîtrisées s'élèvent à plus de 200 hectares).

Notre Commune, Clapiers, dont je suis Maire-adjoint, pourrait avoir un projet à moyen terme : je vous tiendrai au courant s'il y a une formalisation.

Salutations les plus cordiales.

Michel Chastaing
Président d'honneur de Terres Vivantes

PS : l'adresse mèl que vous avez donnée n'est pas opérante.

Écrit par : Michel Chastaing | 20/09/2010

Les commentaires sont fermés.