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28/12/2009

L’arbre du Paradis : le Moringa oleifera

En cette période Noël, nous bénéficions des bienfaits et des plaisirs du chocolat, produit tropical emblématique.

 

C’est aussi une période, plutôt dédiée aux vacances et au repos, propice à la solidarité et à la générosité.

 

Noël, c’est aussi l’espoir d’une vie meilleure pour nos frères de ce Monde.

 

Aussi, vais-je vous compter l’histoire d’associations qui se mobilisent en Afrique pour lutter contre la malnutrition au Niger, au Burkina-Faso, au Togo et au Bénin, en faisant la promotion d’un autre arbuste tropical qui n’est pas le cacaoyer, qui est une plante vivrière et non une culture de rente.

 

Les déficits nutritionnels chroniques touchent les jeunes de la région sahélienne ou des périphéries des grandes villes de la côte atlantique : ils compromettent l'avenir physique et intellectuel de cette jeunesse.

 

C’est pourquoi, quatre associations du Gard et de l’Hérault, Agronomes et vétérinaires sans frontières (www.avsf.org), Silva (www.silva-riat.fr), Res publica (www.respublica.asso.fr) et Microfel (microfel.blogspot.com), s’intéressent au développement du Moringa oleifera.

 

Cet arbuste, originaire d’Asie, est appelé « arbre du Paradis ».

 

Il est facile à cultiver car quasiment spontané en Afrique de l’Ouest.

 

Ses feuilles peuvent être consommées par les animaux d’élevage, mais aussi et surtout, par les hommes, en frais ou une fois séchées pour être transportées.

 

Les feuilles de cet "arbre légume" ont un goût intermédiaire entre l’épinard et le chou.

 

Cet « arbre miracle » génère des coûts de production nuls contrairement à la spiruline artisanale (algue bleue) qui nécessite un bassin d’eau à pH contrôlé.

 

Le Moringa oleifera constitue un complément alimentaire de grande qualité.

 

100 grammes de feuilles fraîches apportent l’équivalent de :

- en calcium, l’équivalent d’un verre de lait,

- en vitamine C, autant qu’une orange ou qu’une mangue,

- en fer, plus que 100 g de bœuf ou que 100 g de lentilles,

- en vitamine A, plus qu’une carotte,

- en protéines, plus qu’un œuf.

 

La culture de cet arbuste est traditionnelle en Afrique de l’Ouest, depuis son introduction depuis l’Inde au XVème siècle, mais la désertification et les migrations en ville contribuent à faire perdre sa mémoire.

 

Cueilli comme le thé, cet arbre maraîcher est reproduit par bouture. Il entre en production en quelques mois et supportent des conditions de sol et de climat hostiles. Il peut servir de haies autour des cases.

 

Il est recommandé d’utiliser deux variétés complémentaires pour avoir des feuilles toute l’année : l’une, issue du Sahel, perdant son feuillage durant la saison sèche et l’autre, issue des zones côtières, au contraire, durant la saison des pluies !

 

Le collectif des quatre associations sus nommées a effectué en 2009 un voyage d’études dans les quatre pays sahéliens et côtiers cités.

 

L’objectif du programme de coopération qu’elles souhaitent mener à bien comprend :

-         la multiplication du végétal dans des pépinières,

-         la plantation des arbustes par les habitants,

-         le développement des usages de la feuille (cuisine et éventuellement séchage et broyage dans des moulins à maïs).

 

Ce type d’action nécessite pour être bénéfique une grande technicité, une présence de techniciens sur place, des relais dans les différents villages concernés et surtout un état d’esprit humaniste, faisant une grande place au respect et à l’écoute des populations locales.

  

Ce sont les « petites » initiatives qui font les grands développements.

 

Globalement, le Moringa oleifera permet de lutter contre la pauvreté en offrant une ressource alimentaire abondante, d’améliorer la sécurité alimentaire notamment en période de « soudure » (quand les greniers sont vides avant la nouvelle récolte) et de contribuer à la lutte contre la désertification grâce à la constitution d’un couvert végétal.

 

Pour mémoire, il existe aussi des expériences de cultures de baobabs maraîchers, conservés petits, et dont on cueille les feuilles, comme pour l’arbre du Paradis !

 

Comme quoi : « Small is beautiful ».

24/12/2009

Intercommunalité et concurrence, sur fond de réforme territoriale, autour de Montpellier

Le bassin de vie (travail et chalandise) de Montpellier n’est qu’en petite partie couvert par le territoire de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

 

Les communes de Palavas, Saint-Gély du Fesc, Saint-Clément de Rivière et Teyran, initialement intégrées à cette Agglo, en sont sorties pour rejoindre des communautés de communes avec lesquelles elles avaient une continuité territoriale.

 

La Communauté d’agglomération de Montpellier a ainsi de nombreuses voisines (plusieurs communautés de communes et même la Communauté d’agglomération de Sète) :

-         au Sud-Ouest, Communauté de communes de l’Etang de l’Or, avec notamment Mauguio et Palavas,

-         à l’Ouest, Communauté de communes du Pays de Lunel,

-         au Nord-Ouest, Communauté de communes de Ceps et Sylves, avec par exemple Galargues et Saint-Jean de Cornies,

-         toujours au Nord-Ouest, Communauté de communes de l’Orthus, avec notamment Claret,

-         au Nord, Communauté de communes du Pic-Saint-Loup, avec notamment Assas, Teyran, Saint-Gély du Fesc, Combaillaux et Vailhauquès,

-         plus au Nord, Communauté de communes de Séranne – Pic Saint-Loup, avec notamment Saint-Martin de Londres,

-         au Nord-Est, Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault, avec notamment Gignac, Saint-Paul et Valmalle, Saint-André de Sangonis,

-         au Sud-Est, Communauté d’agglomération de Sète, avec notamment Frontignan.

 

Les communautés de communes du Pic Saint-Loup, de l’Orthus et de Séranne - Pic Saint-Loup fusionnent au 1er janvier 2010, suite au souhait des élus locaux entériné par le Préfet de l’Hérault, pour créer la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup.

 

Le dénominateur commun de toutes ces collectivités est qu’elles fixent les taux de deux taxes qui sont leur principale ressource

 

Il s'agit de la Taxe professionnelle (dite TP) et la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (dite TEOM) : cf. tableau récapitulatifs de ces taux en fin de note.

 

La TEOM est payée par les particuliers et les entreprises sur la base d’imposition de la Taxe sur le foncier bâti, c’est-à-dire sur la moitié de la valeur locative des immeubles.

 

En outre, elle abonde un budget annexe afin de permettre non seulement la collecte mais aussi le tri, la valorisation et le traitement (compostage, méthanisation, incinération, etc.) des ordures ménagères.

 

Si les intercommunalités ne font aucun bénéfice sur la TEOM, c’est-à-dire si cette dernière ne profite pas à leur budget général, elle n’en constitue pas moins une charge pour les entreprises.

 

Pour les grandes agglomérations, comme c’est le cas pour celle de Montpellier, il existe aussi (pour mémoire) une Taxe transport dont s’acquitte les entreprises (car elles génèrent des déplacements de salariés ou de clients).

 

Cette Taxe transport est celle qui permet le développement des transports en commun (bus et tramway).

 

La taxe professionnelle, même si elle ne possède plus de part salariale (supprimée par le Gouvernement Jospin), est la ressource principale des intercommunalités.

 

Elle abonde leur budget général et permet donc les politiques culturelles, sportives, de la ville (logement social notamment), du transport en commun, etc.

 

Cette TP pesait sur les immobilisations des entreprises (c’est-à-dire leurs investissements) et sur leur foncier.

 

Avec la réforme de la Taxe professionnelle, souhaitée par le Gouvernement et votée fin 2009, ce transfert de richesse de l’entreprise vers la collectivité va se réduire comme peau de chagrin.

 

Globalement, les intercommunalités étaient en concurrence pour accueillir de nouvelles entreprises créatrices de richesse, d’emplois et de nouvelles ressources fiscales.

 

Elles investissaient dans leur image et surtout dans des infrastructures comme les parcs d’activités pour attirer les entreprises.

 

Ce lien territorial entre entreprise et collectivité territoriale va disparaître avec la récente réforme.

 

Les petites collectivités, plus éloignées des grands axes de communication, offrant moins de services (ADSL, pépinières d’entreprises, incubateurs, etc.), moins attirantes aussi pour les cadres, usaient d’un avantage compétitif : un taux de Taxe professionnelle bas.

 

Or, cette possibilité de « dumping » est maintenant derrière nous.

 

En revanche, la TEOM demeure.

 

Ce sont donc les intercommunalités où la TP était forte et la TEOM faible qui vont être, financièrement, les plus attrayantes pour les entreprises.

 

Les gagnantes, à ce petit jeu de modification institutionnelle, sont, dans l’ordre : les communautés de communes de Lunel et de l’Etang de l’Or, puis la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

Or, ce sont les mieux placées par rapport à l’Autoroute A9 ou encore par rapport au port de Sète.

 

En revanche, les communautés de communes de Ceps et Sylves comme du Grand Pic Saint-Loup perdent un avantage concurrentiel significatif.

 

Quant à la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et, surtout, la Communauté d’agglomération de Sète, elles vont rester chères pour un entrepreneur sensible à ce type de charge fiscale.

 

Taux de la Taxe professionnelle

et de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères

en 2008 dans les différentes intercommunalités autour de Montpellier

 

 

Intercommunalité

Taux de la Taxe professionnelle

Taux de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères

Communauté de communes de l’Orthus

9,62 %

16,10 %

Communauté de communes du Pic Saint-Loup

15,00 %

Entre 9 % et 15 %

Communauté de communes Séranne-Pic Saint-Loup

3,63 %

SIVOM

Communauté de communes Ceps et Sylves

16,28 %

14,25 %

Communauté de communes du Pays de Lunel

21,40 %

6,89 %

Communauté de communes de l’Etang de l’Or

Environ 22 %

(convergence vers une Taxe professionnelle unique)

8,25 %

Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault

Environ 19 %

(convergence vers une Taxe professionnelle unique)

17,03 %

Communauté d’agglomération de Montpellier

22,71 %

11,30 %

Communauté d’agglomération de Sète

Environ 27 %

18,50 %

22/12/2009

Le Traité de Lisbonne entre en vigueur

La Traité de Lisbonne est entré en vigueur à compter du 1er décembre 2009.

 

Il reprend, en grande partie, les clauses du Traité constitutionnel européen (TCE) signé par les chefs d’état des Etats-membres le 29 octobre 2004.

 

Le TCE, pour être applicable, nécessitait une approbation de tous les pays (via un référendum populaire ou via une ratification aux Parlements nationaux en fonction des différentes constitutions).

 

Ce ne fut jamais le cas puisque, en mai et juin 2005, les Pays-Bas et la France rejetèrent, par voie référendaire, ce Traité constitutionnel européen, hypothéquant à jamais son adoption.

 

Depuis l’Europe, affaiblie, a fait au mieux du sur-place.

 

Les règles de majorité adoptées à Nice en 2001 permettent, en effet, à des minorités, constituées au gré des intérêts nationaux de différents pays, de bloquer les processus de décision.

 

L’Europe, impuissante, a notamment été d’un intérêt nul dans la lutte contre la crise financière.

 

10 ans de perdus dans la construction européenne : c’est beaucoup !

 

Nicolas Sarkozy, qui proposait dans son programme pour la Présidentielle de passer outre le vote Non au TCE, a été de ceux qui ont poussé l’Europe à déboucher sur un nouveau Traité.

 

Sans passer par un nouveau référendum : c’est le Parlement français, réuni en Congrès, qui a validé le Traité de Lisbonne.

 

L’efficacité a donc primée sur la démocratie.

 

Avec les derniers accords de l’Irlande et de la Hongrie, l’unanimité requise a été obtenue, d’où l’entrée en vigueur au 1er décembre 2009 du Traité de Lisbonne.

 

Quels sont les points communs et les différences avec le TCE ?

 

Le Traité de Lisbonne est un texte moins ambitieux qui écarte notamment (c’était le point fort du TCE) la reconnaissance constitutionnelle de nouveaux droits pour les Européens.

 

Les eurosceptiques, notamment les Anglais, ont œuvré pour réduire au maximum la portée du nouveau texte.

 

Dans la prise en compte du social, l’Europe n’a notamment fait que peu de progrès (même si elle doit promouvoir dans toutes ses politiques et actions un « niveau d’emploi élevé »).

 

Toutefois, plusieurs réformes sont intéressantes pour les citoyens.

 

Tout d’abord, la possibilité d’inviter la Commission européenne à présenter de nouvelles propositions sur un thème nouveau suite à la pétition de plus d’un million de citoyens ressortissant de plusieurs états-membres (sur les 500 millions que compte l’Union) : il s’agit de la nouvelle « initiative populaire ».

 

Concernant la démocratisation, le Parlement européen va partager le pouvoir de décision avec le Conseil des ministres dans de nouveaux domaines.

 

Les députés européens, directement élus par les peuples, auront donc beaucoup plus d’influence sur le processus législatif et sur le budget de l’Union.

 

En outre, les parlements nationaux auront davantage d’occasions de participer au processus de décision de l’Union Européenne, pourront formuler des observations sur les projets de lois et vérifier que l’Europe n’outrepasse pas ses pouvoirs.

 

Concernant l’efficacité, les majorités qualifiées sont étendues à de nouveaux domaines (55 % des états représentants au moins 65 % de la population) en remplacement de règles d’unanimité (réservée aux questions de fiscalité et de défense).

 

Comme avec le TCE, les possibilités de coopération renforcée (rappelons-nous la Zone Euro ou encore l’Espace Schengen) existent : plusieurs pays peuvent donc se mettre d’accord sur des avancées communes, sans avoir à obtenir l’aval de pays moins avancés (pour ne pas dire moins en retard !).

 

Concernant la modernisation des institutions, le Traité de Lisbonne créé deux postes clef :

-         un haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ce qui est un premier pas vers l’unicité, à moyen ou à long terme, de la position des Européens (même si pour le moment les décisions sur les questions de défense continuent d’être prises à la majorité des 27 membres),

-         un président du Conseil Européen, élu en son sein pour 5 ans au maximum, qui donnera une continuité, une meilleure visibilité et de la cohérence aux actions de l’Union Européenne. 

 

Concernant la justice et la criminalité, le Traité de Lisbonne permet de renforcer la capacité de l’Union à lutter contre la criminalité transfrontalière internationale, l’immigration illégale, le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues.

 

Deux nouveaux domaines de coopération apparaissent dans le Traité de Lisbonne :

-         le changement climatique avec la promotion au niveau international de mesures destinées à faire face aux problèmes environnementaux, régionaux ou mondiaux,

-         l’énergie (efficacité énergétique et économies d’énergie, développement de sources d’énergie nouvelles et renouvelables).

 

La construction européenne s’est donc remise en marche, dans la douleur, avec le Traité de Lisbonne.

 

Au niveau du Languedoc-Roussillon, depuis la fin des zonages (précédemment zones de développement rural et zones de reconversion industrielle), l’Europe peut intervenir dans n’importe quelle commune pour soutenir les investissements structurants, matériels ou immatériels : elle vient en complément de l’Etat et des Collectivités territoriales sur les réseaux de chaleur, la requalification urbaine, le maintien du trait de cote, la recherche, le transfert de technologie, l’enseignement supérieur, les plans départementaux d’insertion, etc., etc.

 

L’Europe est en réalité bien plus proche de nos préoccupations que ce que nous le percevons car beaucoup de financements transitent par l’Etat, ce qui masque leur véritable origine.

 

Le Traité de Lisbonne est ainsi venu relancer l’intégration européenne qui va peut-être retrouver un second souffle.

20/12/2009

La hiérarchisation des vins autour de Montpellier

Les vins du Midi ont acquis de haute lutte une reconnaissance nationale en quelques dizaines d’années.

 

La Guerre de 40-45 a failli ruiner tous les vignobles de France, y compris du Bordelais et du Bourgogne, du fait de l’absence des prisonniers de guerre et du fléchissement de la consommation.

 

Les femmes et les hommes non mobilisables ont sauvé ce qui pouvait l’être.

 

Pour le Midi, ce sont les événements de Montredon (Aude), le 4 mars 1976, où le Commandant des CRS Joël Le Goff et le vigneron Emile Pouytès perdront la vie dans le cadre d’une manifestation viticole, qui marquent la fin d’une viticulture de masse.

 

La révolution qualitative sera soutenue dans les années 80 par le Député socialiste héraultais Raoul Bayou (Maire de Cessenon et Conseiller général du Canton de Saint-Chinian) qui obtiendra la mise en place de « Vins délimités de qualité supérieure » (VDQS).

 

C’est à cette époque que le Saint-Chinian, le Saint-Saturnin, le Saint-Georges ou encore le Saint-Christol « montent à Paris » et se font connaître dans les meilleurs restaurants.

 

Depuis, l’Institut national des appellations d’origine (INAO) a reconnu que le vignoble languedocien méritait des Appellations d’origine contrôlée (AOC), même si notre région n’en compte quantitativement que quelques pourcents par rapport aux centaines décernées au niveau national.

 

Cette complexité de dénomination des grands vins est de moins en moins lisible pour le consommateur, dont la « culture vin » décline et qui est soumis à une offre plus simple de la part de nouveaux pays producteurs, dits du "Nouveau monde" (Californie, Chili, Argentine, Australie, Afrique du Sud, etc.).

 

Ce souci de simplification est en fait une démarche de hiérarchisation des vins, en partant d’AOC génériques jusqu’à des AOC prestigieuses.

 

Dans notre région, il existait, dans les années 2000, plusieurs AOC viticoles : Fitou, Corbières, Minervois, Côtes du Roussillon, Limoux et Coteaux du Languedoc (née en 1985).

 

Cette dernière couvrait notamment l’Hérault où les vignobles de qualité sont dispersés.

 

Il existe alors, au sein de l’AOC Coteaux du Languedoc, 3 crus (Saint-Chinian, Faugères, tous 2 classés AOC en 1982) et Clairette du Languedoc, plus une quinzaine de terroirs.

 

Par décret du 30 avril 2007, l’AOC des Coteaux du Languedoc a été remplacée par l’AOC Languedoc.

 

Cette nouvelle AOC se veut fédérative et recouvre donc toutes les appellations du Languedoc et du Roussillon.

 

L’AOC Coteaux du Languedoc constituait un potentiel de production de 400.000 hl tandis que l’AOC Languedoc regroupe 600 à 800.000 hl (soit l'équivalent de 100 millions de bouteilles).

 

En atteignant cette masse critique, il est maintenant possible d’avoir une stratégie de classification proche de celle du Bordeaux.

 

Pour reconnaître les terroirs les plus en avance qualitativement parlant, certains terroirs font l’objet de décrets spécifiques : Banyuls, Cabardès, Clairette du Languedoc, Corbières et Corbières-Boutenac, Costières de Nîmes, Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Les Aspres, Côtes du Roussillon Villages (avec accolé le nom d’une des 4 communes concernées), Faugères, Fitou, Grand Roussillon, Limoux et Blanquette de Limoux, Malepère, Maury, Minervois et Minervois-La Livinière, Frontignan Vin doux naturel, Muscat de Lunel, Muscat de Mireval, Muscat de Rivesaltes, Muscat de Saint-Jean de Minervois, Saint-Chinian, Saint-Chinian-Berlou, Saint-Chinian-Roquebrun, Tavel.

 

Dans les terroirs où il est possible de produire des Vins doux naturels (VDN), comme le Muscat, il est aussi possible d'avoir l'appellation "Vin de liqueur" : les VDN sont issus de la fermentation du moût de raisin, comme un vin classique, mais stoppée par ajout d'alcool vinique tandis que les Vins de liqueur (c'est aussi le cas du Ratafia ou encore du Pinot des Charentes), aussi appelés "mistelles", sont issus du moût de raisin non fermenté additionné d'alcool vinique (cet alcool étant le "fruit" dans les deux cas d'une distillation de vins, de marc, etc.).

 

La hiérarchisation des vins AOC en Languedoc-Roussillon est ainsi en marche, avec une pyramide à 3 étages :

-         appellation régionale (Appellation « Languedoc »),

-         appellations sous-régionales correspondant à des zones climatiques ou régions pédoclimatiques (Appellation « Languedoc Grés de Montpellier » et Appellation « Languedoc Pic Saint-Loup » ou Appellation « Languedoc Terres de Sommières », par exemple),

-         appellations communales, ou « appellation village », c’est-à-dire le « sommet de la pyramide » correspondant à des noms de terroirs dans les appellations sous-régionales (Appellation « Languedoc Saint-Georges d’Orques », par exemple, et idem avec La Méjanelle, Saint-Drézéry, Saint-Christol et Vérargues).

 

Les Grés de Montpellier englobent 48 communes à l’Est et à l’Ouest de Montpellier.

 

Le terroir des Grés de Montpellier correspond à une zone climatique sous influence maritime.

 

Nuits fraîches et journées chaudes sont les caractéristiques de ce terroir.

 

Le terroir du Pic Saint-Loup s’étend, quant à lui, sur les communes de Cazevielle, Claret, Corconne, Fontanès, Lauret, Les Matelles, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Gély du Fesc, Saint-Jean de Cuculles, Saint-Mathieu de Tréviers, Sauteyrargues, le Triadou et Valflaunès.

 

Le terroir du Pic Saint-Loup est essentiellement argilo-calcaire avec une pluviométrie relativement élevée pour le Languedoc ce qui permet une modération du stress hydrique.

 

En ce qui concerne les appellations village, le décret de l’Appellation Languedoc offre la possibilité de mentionner une des dénominations géographiques suivantes :

- « La Méjanelle » : communes de Castelnau le Lez, Montpellier, Mauguio, Saint-Aunès,

- « Saint-Christol » : commune de Saint-Christol,

- « Saint-Georges d’Orques » : commune de Saint-Georges d’Orques, Murviel-les-Montpellier, Juvignac, Lavérune et Pignan,

- « Saint-Drézéry » : commune de Saint-Drézéry,

- « Vérargues : communes de Beaulieu, Boisseron, Lunel, Lunel Viel, Restinclières, Saint-Géniès des Mourgues, Saint-Sériès, Saturargues, Vérargues,

- et dans le reste de l’Aude (partie autour de Narbonne) et de l’Hérault : Cabrières, Montpeyroux, Picpoul de Pinet, Quatourze, Saint-Saturnin.

 

En revanche, il n’existe pas pour l’instant d’appellation village pour le Pic Saint-Loup.

 

Cette demande de reconnaissance est en cours : ce n'est qu'après passage du Pic Saint-Loup d'appellation sous-régionale à appellation village que l'extension de son aire de production, objet à ce jour de polémiques, pourra être envisagée.

 

Au niveau des Vins de pays (VDP), il existe toujours autour de Montpellier :

-         les Vins de Pays d’Oc (vins de pays régionaux),

-         les Vins de Pays de l’Hérault (et autres vins de pays de département – Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales),

-         les Vins de Pays des Collines de la Moure, les Vins de Pays des Coteaux du Bérange, les Vins de Pays des Coteaux de la Bénovie, les Vins de Pays des Sables du Golfe du Lion (30), les Vins de Pays du Val de Monferrand (vins de pays de zone / une cinquantaine au total sur LR).

 

On retrouve, dans les VDP, des vins issus de cépages non autorisés par l’AOC (Cabernet, Merlot, etc.), issus de zones hors AOC ou de vins non agréés en AOC car non représentatifs de leur appellation.

 

Depuis la récente réforme européenne de 2009, ont été créées :

- l'Appellation d’origine protégée (AOP) qui correspond à l'ancienne AOC,

- l'Indication géographique protégée (IGP) qui correspond aux Vins de pays.

 

Pour être complet - et ils existent autour de Montpellier - certains vins ne bénéficient pas d'indication géographique : ce sont les anciens Vins de table. Ces derniers pourront dorénavant afficher un millésime et un cépage, ce qui leur était interdit précédemment. Ils peuvent être produits sans limitation de rendement. Certains producteurs mettent en marché des Vins de table de grande qualité.

 

La richesse des vins est donc grande autour de Montpellier qui a maintenant supplanté Béziers comme « Capitale du plus grand vignoble du Monde ».

 

Deux manifestations emblématiques sont la reconnaissance de cette nouvelle centralité :

-         la Fête des Vignes, organisée par la Communauté d’agglomération de Montpellier, qui attire avant les fêtes de Noël plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, en offrant la possibilité de déguster des vins et de participer à des animations ou des conférences autour du thème de la viticulture,

-         les Estivales de Montpellier, organisées par la Ville de Montpellier, qui attirent tout l’été 15 à 18.000 personnes chaque jour sur l’Esplanade Charles de Gaulle, en donnant l’occasion de boire un verre entre amis ou de découvrir les produits du terroir.

15/12/2009

Elections régionales 2010 : les dés sont jetés !

En Languedoc-Roussillon, l’offre politique pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010 est déjà quasiment connue, trois mois à l’avance.

 

Division à Gauche, division à Droite : voilà un résumé qui souligne bien la situation.

 

C’est relativement logique pour un scrutin de liste : chacun veut se compter au premier tour.

 

Chaque parti souhaite présenter son propre programme et ce dernier est d’autant mieux reçu par les électeurs qu’il est « authentique » et non le fruit d’un consensus qui viendrait affadir son contenu et brouiller ses messages.

 

En outre, plusieurs mouvements régionalistes profitent de la tribune offerte pour donner une visibilité à leurs idées : c’est l’effet tribune.

Au total, dans chaque département du Languedoc-Roussillon, une vingtaine de listes briguera donc les voix des électeurs.

 

A Droite, les principaux concurrents seront l’UMP, les dissidents de l’UMP et le FN.

 

Au Centre, le Modem occupe l’espace.

 

A Gauche, l’émiettement est extrême : Lutte ouvrière (LO), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Front de Gauche (soit le Parti de Gauche plus le Parti Communiste Français), Les Verts, Parti Socialiste.

 

Dans l’Hérault, et dans l’Hérault seulement, une liste dissidente du Parti Socialiste n’est pas à exclure, même si à chaque jour qui passe, elle devient de plus en plus hypothétique.

 

Le scrutin des Régionales est un scrutin proportionnel de liste, à deux tours, avec prime à la liste arrivée en tête (la majorité absolue est nécessaire au premier tour tandis que la majorité relative suffit au deuxième).

 

Cette prime est de 25 % des sièges (arrondi à l’unité supérieure), les autres postes étant répartis à la plus forte moyenne

La circonscription de vote étant le département, les conseillers régionaux sont élus dans chacun d’entre eux (10 dans l’Aude, 18 dans le Gard, 24 dans l’Hérault, 3 en Lozère et 12 dans les Pyrénées-Orientales) et forment ensemble l’assemblée régionale (67 conseillers régionaux au total).

 

Compte tenu du nombre des listes dans chaque département, il y aura partout (excepté peut-être en Lozère) des seconds tours.

 

Pour se maintenir au second tour, une liste devra obtenir au premier un nombre de suffrages au minimum égal à 10 % du nombre des exprimés.

 

Pour fusionner avec une autre liste en vue du second tour, une liste devra obtenir au premier un nombre de suffrages au minimum égal à 5 % du nombre des exprimés

Il faut savoir que suite à la réforme Jospin en 1999, ces seuils valaient respectivement 3 % et 5 %, ce qui permettait la représentation des petits partis et donc le pluralisme.

 

Mais depuis la réforme Raffarin en 2003, ces seuils ont été augmenté à respectivement 5 % et 10 % : drôle de conception de la démocratie qui consiste à éliminer toutes les petites listes !

 

Autrement dit, seules les listes des grands partis (puisque aucune grande coalition de petits mouvements n’a pu voir le jour en Languedoc-Roussillon) auront la possibilité de se maintenir au second tour.

 

Quant aux listes ayant franchi la barre des 5 %, sans atteindre celle des 10 %, elles seront à la merci des listes arrivées en tête qui peuvent – sans y être obligées – accepter une fusion.

 

La logique de ce mode de scrutin est claire : elle pousse à l’union dès le premier tour car, après, c’est la plupart du temps trop tard !

 

En effet, entre le premier et le second tour, les fusions sont difficiles car :

-         elles nécessitent une entente programmatique,

-         elles constituent un sacrifice en terme de nombre d’élus pour les listes qui pensent finir en tête,

-         elles désorientent les électeurs qui peuvent se sentir floués dans leurs idées et donc s’abstenir,

-         elles n’apportent que peu de voix supplémentaires aux listes arrivées en tête qui sont certaines, compte tenu de la réalité du vote utile, de « siphonner » les voix des petites listes dont l’idéologie est proche.

 

Cela signifie que le classement du premier tour se retrouvera au second, avec des écarts éventuellement creusés.

 

Du fait du rapport des forces en présence, en Languedoc-Roussillon, seules 3 ou 4 listes pourront se maintenir au second tour (dont celles de Georges Frêche et de Raymond Couderc et peut-être celles des Verts et du Front National) et au maximum 1 ou 2 (2 dans le cas où les Verts ne peuvent pas se maintenir) tenter une fusion.

 

En terme de lutte pour le pouvoir, 5 listes au maximum, sur la vingtaine en présence, pourront véritablement peser.

 

En Languedoc-Roussillon, la grande différence entre les listes UMP et les listes socialistes, c’est que les premières auront très peu de réserves de voix pour le second tour.

 

En revanche, les listes soutenant Georges Frêche, dans les cinq départements du Languedoc-Roussillon, attendent le renfort, au second tour, de l’Alliance Ecologique Indépendante et du Modem.

 

Georges Frêche, ayant l’avantage d’être sortant et d’avoir un bon bilan, sera donc très difficile à battre, d’autant qu’il a reçu le renfort dès le premier tour du Parti Radical de Gauche (PRG), du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), de communistes (dont Jean-Claude Gayssot), d’écologistes (Yves Piétrasanta notamment) et de personnalités en vue de la société civile.

 

Aux électeurs, bien entendu, de trancher, en toute souveraineté !

14/12/2009

De nouveaux jardins familiaux à Jacou

Jacou vient de s’inscrire dans la longue tradition des jardins ouvriers, maintenant appelés jardins familiaux ou jardins partagés, suivant leur finalité.

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L'entrée des jardins familiaux de Jacou :

allée principale stabilisée et lots clôturés

Le coin buccolique choisi pour créer ces nouveaux jardins familiaux est accolé à la nouvelle zone d’urbanisation de la Draille, entre Jacou et Teyran.

Il est en effet inmportant que les jardins ne soient pas trop loin de son habitation, ce qui encourage d'ailleurs les déplacements à pied et à vélo.

La Commune de Jacou a totalement équipé 65 lots (clôture périmétrique, allées communes gravillonnées, abris de jardin du type chalet en bois massif partagés entre deux lots, local collectif, aire de jeux pour les enfants, réseau d’arrosage).

 

Chaque parcelle a une superficie comprise entre 55 et 115 m².

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Le chalet commun autour duquel s'organise la vie collective 

La gestion de ces jardins a été confiée, à titre gracieux, à l’Association Loi 1901 « JFF » (« Jacou Jardins Familiaux »).

Il est en effet important qu’une certaine autogestion s’établisse et que l’animation soit le fait des jardiniers amateurs.

 

Un règlement fixe les contraintes en matière d’entretien des parties communes, d’arrosage et de plantation sur sa propre parcelle.

 

L’utilisation des pesticides est interdite : seuls sont autorisés les produits naturels : compost, savon noir, bois raméal fragmenté, etc.  

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Tous les lots sont déjà cultivés, et bien verts, malgré le début de l'hiver

La production de fruits et légumes est strictement réservée à la consommation familiale. 

Un local commun, équipé de tables et de chaises, permet les réunions.

 

Une aire de jeux donne l’occasion aux jeunes enfants de se divertir pendant que leurs parents jardinent.

 

Aucun loyer n’est demandé pour l’exploitation des parcelles.

 

En revanche, le bénéficiaire doit s’acquitter de sa propre consommation d’eau pour l’arrosage.

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Le compost mûrit déjà en attendant le printemps

Les techniques d’économie de l’eau sont donc les bienvenues : légumes adaptés, paillage, goutte à goutte, apport de matière organique, etc.

Il est à signaler qu’il s’agit d’eau du Rhône, fournie sous pression par le SITIVS (Syndicat Intercommunal des travaux d’irrigation dans la Vallée du Salaison) qui regroupe les communes d’Assas, Clapiers, Guzargues, Jacou, Teyran et Vendargues.

 

Au-delà du jardinage qui suscite des rencontres (discussions, échanges de conseils, de graines et de plans), les jardins familiaux constituent un haut lieu de convivialité.

 

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Chacun peut profiter pleinement de sa parcelle

Contrairement aux poncifs souvent véhiculés, le jardinier est de tout âges, aussi bien féminin que masculin et issu de toutes les classes sociales. 

Bien entendu, pour certains, il s’agit aussi d’un lieu de production économique qui contribue à l’équilibre du budget familial, à l’amélioration de l’alimentation du foyer.

 

Les 65 lots sont d’ores et déjà tous concédés et il s’est déjà accumulé les noms d'autres familles intéressées sur une liste d'attente : c’est dire si les jardins familiaux de Jacou sont un succès !

 

 

 

Ces jardins sont localisés au Nord de Jacou :

- 200 mètres au Sud du Collège de Jacou qui est en bordure de la RD 21 (route allant de Jacou-Clapiers à Teyran)

- 100 mètres au Nord des terrains de rugby de Jacou qui sont au Nord du Parc de Bocaud

08/12/2009

Sarkozy refuse l’aide des Collectivités territoriales

Le Président de la République tourne volontairement le dos aux collectivités locales.

 

Pour lui, elles dépensent trop et recrutent trop d’agents de service public.

 

En réalité, c’est la fable bien connue de « la paille et de la poutre dans l’oeil ».

 

L’Etat a un budget largement déficitaire et n’arrive pas à maîtriser la croissance de ce déséquilibre.

 

L’argent de l’Etat sert trop peu aux investissements : il n’y consacre pas 3 % de son budget !

 

Or, l’investissement est la préparation de la richesse de demain.

 

L’investissement a aussi un rôle majeur dans toute reprise économique.

 

Les collectivités territoriales, avec un budget deux fois moindre, investissent 4,5 fois plus que l’Etat (45,1 Md€ contre 10,3 Md€ en 2007).

 

73 % des investissements publics en France sont le fait des Collectivités territoriales, dont l’effort en Formation Brute de Capital Fixe (c’est-à-dire, dans le jargon de la comptabilité publique, à la fois les investissements nouveaux mais aussi ceux d’entretien) est ainsi 9 fois supérieur à celui de l’Etat.

 

En outre, la dette de l’Etat en 2007, de l’ordre de 1.200 Md€, est 10 fois supérieure à celle des Collectivités territoriales, qui s’élevait à moins de 120 Md€ toujours en 2007 : ces dernières ont donc encore des marges de manœuvre pour investir moyennant de nouveaux emprunts.

 

De même, l’Union européenne, dont l’endettement est nul, aurait, elle aussi, la capacité d’une politique de grands travaux, mais les partis conservateurs majoritaires au Parlement européen, dont l’UMP, ne le souhaitent pas.

 

De nombreuses compétences ont échu aux départements, aux régions, aux communes, déchargeant d’autant l’Etat.

 

Or, ces compétences décentralisées (rappelons-nous des collèges et des lycées) ne sont pas accompagnées du transfert de toutes les charges correspondantes.

 

A chaque nouveau transfert de compétence, l’Etat a donc engrangé des bénéfices financiers qu’il n’a pas utilisé à réduire ses déficits qui deviennent, depuis une poignée d’années, excessifs et inquiétants.

 

L’Etat aurait pourtant la possibilité d’augmenter ses recettes (exemple du bouclier fiscal) ou de réduire ses dépenses (notamment militaires).

 

Plus le déficit de l’Etat croît et moins l’Etat est en capacité d’investir.

 

Les collectivités locales ont, elles, en général, des finances saines : elles sont gérées pour la plupart en bon père de famille.

La proximité des habitants et des électeurs fait que les décisions sont adaptées aux réalités locales ce qui évite grandement la gabegie engendrée par les systèmes trop centralisés.

 

De façon naturelle, dans le contexte de crise et de récession que nous venons de connaître, les Collectivités territoriales ont tout naturellement tendue une main charitable à l’Etat.

 

Comment ?

 

Et bien, en modérant la hausse des impôts, compte tenu des difficultés financières des ménages, et en investissant davantage.

 

Elles ont voulu stimuler l’activité locale en espérant éviter des faillites d’entreprises et trop de licenciements dans le bâtiment et les travaux publics.

 

Or, le Chef de l’Etat, en voulant supprimer la taxe professionnelle, sape la principale ressource financière des Collectivités locales.

 

Ces dernières, lancées en 2009 dans des programmes d’équipement volontaristes, sont prises à revers.

 

Le signal implicite donné par le Gouvernement Fillon est clair : freinez sur les dépenses !

 

Pire, l’incertitude sur ce que le Parlement va voter fait que les collectivités les plus grandes (départements, régions, grandes villes) se trouvent devant des interrogations telles qu’elles vont décaler en grand nombre le vote de leur budget, du quatrième trimestre 2009 au premier trimestre 2010.

 

Résultat : en moyenne, c’est trois mois d’investissements qui vont être perdus.

 

Techniquement, certains diront que rien n’empêche une collectivité locale de commencer des travaux avant le vote de son budget en restant sur un rythme mensuel de dépenses égal à celui de l’exercice précédent.

 

C’est exact mais, c’est sans compter sur un autre phénomène : la réduction par l’Etat de ses transferts financiers (principalement la dotation globale de fonctionnement, dite DGF) vers les Collectivités territoriales depuis une dizaine d’années.

 

Cette réduction de DGF rogne, lentement mais sûrement, leur capacité d’autofinancement.

 

Les collectivités territoriales se sont donc découverts financièrement en 2009 pour stimuler l’économie et se retrouvent sanctionnées par le Chef de l’Etat.

 

Elles sont donc en train d’entendre le second grief de ce dernier : elles embaucheraient trop de personnel.

 

L’ajustement va être sévère : les recrutements dans la Fonction publique territoriale vont se faire en 2010 au compte-goutte.

Pourtant, avec les nombreux transferts de compétences opérés ces dernières années, l’Etat a moins besoin de fonctionnaires et les collectivités locales de davantage.

 

En outre, le service rendu par l’Etat aux Français (mauvais entretien des collèges comme des lycées par exemple) était « bas de gamme » et nécessitait moins de personnel.

 

Localement, un élu ne peut pas se permettre d’offrir un service public indigent, mais au contraire il faut qu’il soit de qualité, ce qui nécessite des fonctionnaires en nombre suffisant, mieux considérés et mieux rémunérés.

 

Nicolas Sarkozy, en déstabilisant les Collectivités territoriales, joue avec le feu :

-         il porte atteinte à un dynamisme local créateur de services et de solidarité,

-         il met à mal la volonté d’investir des élus locaux pour soutenir l’emploi et améliorer le cadre de vie de nos concitoyens.

 

Le Président de la République aurait pu passer un pacte avec les Collectivités territoriales : au contraire, il les met en quarantaine et néglige la main secourable qu’elles tendaient à l’Etat pour tenter de requinquer l’économie française.

03/12/2009

Forum régional sur les circuits courts en Pays de Lunel et de Sommières

La Fédération régionale des CIVAM (FRCIVAM) et l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) organisent, conjointement, le « Forum régional sur les circuits courts en Pays de Lunel et de Sommières ».

La première journée se tiendra le mercredi 9 décembre à la salle du CART à Sommières (Gard) tandis que la deuxième journée se déroulera le jeudi 10 décembre à Marsillargues (Hérault), Salle Jean Moulin.

 

Pour chaque journée, un repas, cuisiné sur place avec les produits des producteurs locaux, sera servi à midi.

 

Ce forum va traiter des enjeux d’une politique alimentaire de proximité.

 

Il s’agit de stimuler l’installation locale, c’est-à-dire l’emploi agricole et quelquefois même la survie de l’agriculture, en s’appuyant sur l’émergence de nouveaux marchés comme les paniers solidaires, les boutiques paysannes, les marchés paysans, la restauration collective et le petit commerce s’approvisionnant localement.

 

C’est un enjeu sociétal.

 

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Des citoyens sont, à ce jour, soucieux d’accéder à des produits fermiers locaux de qualité. 

Des porteurs de projet agricoles sont en demande d’installation ou de diversification en circuits courts.

 

Il y a nécessité de rapprocher producteurs et consommateurs, notamment avec l’aide des collectivités locales qui doivent maintenant passer d’une passivité prudente, teintée en général de sympathie, à un soutien actif et volontariste.

 

Seront débattus :

-         les enjeux de l’installation pour les circuits courts,

-         les nouvelles réponses pour favoriser l’installation,

-         le rôle des politiques territoriales dans les questions d’alimentation locale,

-         les enjeux de l’alimentation locale, vus par les producteurs et les consomm’acteurs.

 

Inscriptions auprès de :

Joseph Leblanc – 04.67.06.23.67 – adearlr@yahoo.fr

Juliette Pérès – 04.67.06.23.40 – frcivamlr@wanadoo.fr 

01/12/2009

Le débat public sur la nouvelle Ligne à Grande Vitesse Montpellier-Perpignan

La construction d’une seconde ligne ferroviaire entre Montpellier et Perpignan, retardée plusieurs fois sous la Présidence de Jacques Chirac, a été relancée en octobre 2007 à l’occasion du Grenelle de l’environnement.

 

Le train est en effet un mode de transport plus durable que la voiture ou le camion. Il est largement en tête pour la consommation énergétique au passager.kilomètre transporté et pour les émissions de CO2.

 

Déjà en 1995, un tracé précis (bande de 100 mètres) avait été arrêté et qualifié de « Projet d’Intérêt Général » en 2000.

 

Les caractéristiques de ce tracé, notamment par ses pentes, excluaient la mixité du trafic, c’est-à-dire la coexistence des trafics voyageurs et fret.

 

Sur la ligne devant relier la Vallée du Rhône (TGV Méditerranée) à Barcelone, la déviation Nîmes-Montpellier en est cours et celle de Perpignan-Figueras sera terminée prochainement.

 

Un débat public a été organisé du 3 mars au 3 juillet 2009, par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP).

 

Ce débat a mobilisé 3.500 participants lors de 12 réunions publiques, suscité environ 2.000 questions, 700 avis, 18.000 connexions sur le site Internet, 80 cahiers d’acteurs (collectivités territoriales, chambres consulaires, syndicats, associations de défense de l’environnement, etc.) et 5.600 articles de presse.

 

Concernant ce projet de nouvelle Ligne à Grande Vitesse, 5 questions étaient posées pour nourrir la concertation.

Première question : Faut-il, ou non, construire une ligne nouvelle ?

 

La réponse est « Oui », à la quasi unanimité des acteurs, les retards pris étant en général stigmatisés.

 

Deuxième question : Faut-il une ligne voyageurs seulement, voyageur-fret ou fret, avec ou sans grande vitesse, pour cette option ?

 

C’est le scénario alliant mixité et grande vitesse qui est le plus souhaité (collectivités territoriales et public).

 

Certes, c’est l’option la plus coûteuse, avec la nécessité d’un financement des collectivités territoriales, mais c’est celui qui répond le mieux aux enjeux sur le long terme.

 

Dans cette hypothèse, les trains de voyageurs se déplacent à 300-320 km/h et les trains de marchandises à 120 km/h.

 

Les édiles socialistes ont soutenu le scénario de la ligne mixte à grande vitesse.

 

Les écologistes, de leur côté, ont « ménagé la chèvre et le chou » et plaidé pour une solution de court terme : c’est-à-dire une vitesse limitée à 220 km/h, pénalisante sur le plan économique et en terme de concurrence avec l’avion.

 

Troisième question : Quels couloirs de passage et quelles précautions ?

 

Le couloir Sud proche, du tracé de l’A9, est préféré par les acteurs à un tracé Nord.

 

Il faudra protéger des espaces naturels, le patrimoine et la biodiversité, ne pas aggraver les effets des inondations, prévenir le bruit et protéger la viticulture de qualité.

 

Ces contraintes lourdes sont légitimes pour un équipement qui se veut, et se doit, d’être durable.

 

Quatrième question : Faut-il utiliser les gares actuelles des centres villes ou en créer de nouvelles ?

 

C’est un sujet polémique avec des opinions contraires.

 

Le public demande des gares facilement accessibles, en voiture ou par transport en commun.

 

Le projet envisageait plusieurs sites de gares dans les secteurs de Perpignan, Narbonne, Montpellier et Nîmes.

 

A Montpellier, une gare nouvelle est incontournable du fait de la saturation de la gare SNCF Saint-Roch.

 

La Communauté d’agglomération de Montpellier a choisi une implantation au Sud-Est, sur le site de la Mogère qui sera relié à la gare centrale par le Tramway.

 

La Ville de Sète aurait, quant à elle, préféré une nouvelle gare à Saint-Jean de Védas, à proximité du nœud autoroutier.

 

Une localisation à l’Est de Montpellier n’est pas neutre vis-à-vis de tous les villages du secteur dont l’attractivité se verra renforcée.

 

Techniquement, la multiplication des gares entraîne des temps de trajet supérieurs (un train met en effet 15 km pour atteindre sa vitesse de croisière).

 

En outre, pour la SNCF et ses concurrents, un arrêt ne se justifie que si la clientèle est suffisante.

 

Les écologistes ont préconisé des arrêts systématiques en centre ville ce qui rajoute un retard proche d’un quart d’heure, à chaque arrêt, à la lenteur, de l’option 220 km/h qu’il ont appuyé en parallèle.

 

 

En effet, un arrêt en centre ville « coûte » 20 minutes contre seulement 7 minutes dans une nouvelle gare.

 

 

Cinquième question : Quel financement ?

 

 

Un financement, indicatif et approximatif, est évoqué :

-         25 % RFF (le propriétaire des lignes) et SNCF (l’exploitant),

-         40 % Etat (principal bailleur de fonds dans ce type d’infrastructure d’intérêt national et même européen),

-         25 % Collectivités territoriales,

-         10 % Union Européenne.

 

 

Un renchérissement des billets est envisagé par la SNCF comme quand le TGV s’est substitué, sur certaines lignes, au Train Corail.

 

 

Cette phase de concertation terminée, le maître d’ouvrage, Réseau Ferré de France (RFF), doit maintenant arrêter un projet tenant compte des enseignements du débat public, obtenir les autorisations préfectorales, acquérir les emprises foncières (ce qui va être un soulagement pour les propriétaires dans la « bande des 100 mètres » sur lesquels pesait une douloureuse incertitude), dégager les financements et engager les travaux.

 

 

Encore quelques années à attendre cette nouvelle Ligne à Grande Vitesse, mais pour sa concrétisation, le plus tôt sera le mieux !