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12/01/2010

La ville à la plage et la plage à la campagne

Le département de l’Hérault est très touristique : le nombre de nuitées est supérieur à celui d’un pays comme la Tunisie.

 

Le tourisme héraultais certes évolue - tourisme culturel, sportif, de ville, d’arrière-pays - mais demeure encore largement centré sur la plage.

 

Les estivants affluent ainsi tous les ans sur la côte méditerranéenne.

 

Cette dernière était vouée, il y a un siècle, à la pêche et à la viticulture.

 

La mission Racine a bousculé ces activités primaires, dans les années 50, avec le lancement d’unités touristiques nouvelles : il y eut La Grande-Motte puis Le Cap d’Agde.

 

Ces stations balnéaires ont rejoint celles plus historiques de Valras-Plage et de Palavas les Flots.

 

Les premières se sont, au fond, construites sur le modèle des premières, avec un grand nombre de logements pour générer une grande capacité d’accueil touristique.

 

Elles se sont toutes appuyées sur la présence de plages de sable fin, sur l’établissement de nombreux commerces, sur l’exploitation d’un casino, sur l’attirance d’une clientèle aisée (d’abord bourgeoise puis faite de classes moyennes notamment issues de pays européens à fort pouvoir d’achat).

 

Les premières stations se sont développées à proximité des deux grandes villes (respectivement Béziers et Montpellier) et les secondes, toujours assez proches des deux  métropoles, sont desservies par des aéroports.

 

De même, sont apparues, dans les stations « modernes », des ports de plaisance indispensables pour densifier la capacité d’accueil et pour capter une clientèle haut de gamme.

 

Dernières grandes caractéristiques : Palavas les Flots a conservé une partie de ses activités traditionnelles (pêche en mer et dans les étangs) et Valras est restée relativement populaire.

 

Ces quatre stations balnéaires sont très urbanisées : elles se sont développées suivant le modèle de « la ville à la plage ».

 

Il s’agit certes de villes mais spécialisées, tournées vers le récréatif, le ludique, le plaisir, le farniente, la détente.

 

A côté de ces quatre grandes stations balnéaires, se sont développées des stations familiales, avec d’Ouest en Est : Vendres, Sérignan-Plage, Portiragnes-Plage (autrement appelée La Redoute), Vias-Plage, Marseillan-Plage, Frontignan-Plage et Carnon-Mauguio.

 

Ces nouvelles stations se sont développées, sans plan d’ensemble, avec des constructions moins imposantes, en front de mer et le long des axes routiers perpendiculaires à la mer.

 

Le résidentiel y domine fortement, quelquefois sous forme de lotissements en retrait de la cote, et les commerces s’y sont établis progressivement.

 

La cabanisation (habitat léger disparate occupé essentiellement l’été), l’hôtellerie de plein-air (immenses campings avec même un Club Méditerranée « sous tentes » dans les années 70) et les espaces naturels (que le Conservatoire national du Littoral reconquiert patiemment grâce à une politique d’acquisition foncière) occupent les espaces entre ces petites stations touristiques.

 

Sète et Villeneuve-lès-Maguelone possèdent d’interminables lidos (ceux respectivement de l’Etang de Thau et des Etangs palavasiens) vierges de toute urbanisation.

 

Le tourisme dans ces deux communes est donc singulier en Languedoc-Roussillon puisque les touristes n’occupent les lieux, momentanément, que la journée sans que la nature et le paysage n’aient à pâtir d’une quelconque urbanisation : c’est en quelque sorte « la plage à la campagne ».

 

Ce second modèle pose la question de la rapidité et de la fiabilité des transports pendulaires entre villégiature de vacance et mer (d’où notamment le projet de ligne 3 du Tramway à Montpellier pour rejoindre les plages) tandis que le premier modèle interroge quant à la capacité des propriétaires, loueurs de meublés, à rénover un parc vieillissant et exigu (beaucoup de studios cabine) afin de le mettre en accord avec les exigences des nouveaux estivants.

 

Globalement, la dépendance au tout-voiture, l’érosion du trait de côte, la montée des eaux de la Méditerranée dans le Golfe du Lion (2 mm par an), la concurrence des destinations exotiques, la baisse du pouvoir d’achat des ménages européens, la difficulté d’entrer dans un cercle vertueux de développement durable sont les menaces qui planent sur nos stations balnéaires.

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