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27/03/2010

La Tarente sort de son hibernation

La Tarente commune (Tarentola mauritanica) a colonisé les côtes méditerranéennes et s’étend notamment autour de Montpellier.

 

Elle se serait introduite en Méditerranée du Nord par les ports.

 

La Tarente commune est un gecko partiellement nocturne.

 

La pupille de son œil est donc verticale, contrairement aux lézards diurnes qui possèdent une pupille ronde.

 

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 Une pupille verticale caractéristique

 

Une écaille transparente protège son œil qui n’a pas de paupière mobile.

 

C’est un animal paisible, très élégant, avec de belles écailles.

  

Les geckos sont capables de grimper sur les surfaces verticales grâce à des coussinets adhérents disposés sous leurs cinq doigts.

 

Ces coussinets sont faits d’une multitude de poils très fins (appelés setae), ramifiés à leur extrémité, donnant une adhérence hors pair (que les scientifiques essaient de reproduire au travers de matériaux synthétiques, mais sans réel succès, vu le peu de longévité des produits obtenus).

 

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Un gecko en plein jour, sur un mur crépi, au Nord de Montpellier

 

Insectivore, la Tarente commune se repère sur les murs extérieurs la nuit : elle chasse où se concentrent les insectes volants, notamment dans le halo des éclairages publics ou domestiques.

 

Ce lézard atteint 14 à 16 cm à la taille adulte.

 

Il est ovivipare en zone tempérée, car les oeufs doivent être sous la protection de la température de son corps.

 

Le jeune gecko a une croissance très rapide et atteint sa taille adulte en un an.

 

Les tarentes communes sont des squamates, c’est-à-dire qu’elles muent à intervalle régulier.

 

La première mue intervient un mois après la naissance.

 

Ce gecko est très territorial : il est fidèle à la maison qui lui sert d’abri.

 

C’est un animal très discret qui se protège quelquefois près des compteurs électriques extérieurs où les pertes par effet Joule le protégent du froid hivernal.

 

Dès le printemps, l’hivernation sitôt finie, la Tarente commune, retrouve ses lieux d’affût où elle attend le passage des insectes.

 

C’est à cette saison qu’elle est le plus facilement observable, de jour, sur les murs des constructions.

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 Une tarente commune, au sol, avec ses cinq doigts à coussinets adhérents

 

Elle donne l’impression d’étendre son territoire à l’occasion du printemps mais peut-être est-ce sa discrétion qui empêche de la remarquer le reste du temps.

 

On peut notamment la retrouver au printemps à l’intérieur des bâtiments non habités où elle a souvent trouvé refuge l’hiver.

Elle est concurrente du Lézard des murailles (ou Lézard gris – Podarcis muralis).

 

La Tarente commune est localisée dans les zones littorales et s’est étendue de proche en proche jusqu’au Nord de Montpellier.

 

Les vieilles maisons et leurs « écailles » d’enduit à la chaux ayant tendance à se désolidariser du mur lui-même sont les plus accueillantes pour ces geckos car elles offrent des abris multiples.

 

Si la Tarente commune est en Languedoc-Roussillon, le compagnon de l’homme, dans les villages, en Provence, ce gecko colonise aussi les milieux naturels.

 

C’est un animal très utile à l’homme, à protéger.

24/03/2010

Le mouvement CIVAM : l’avant-garde agricole

Les CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) ont toujours occupé une place avant-gardiste dans le paysage agricole français.

 

Les CIVAM sont des groupes d’agriculteurs qui réfléchissent et œuvrent pour :

-         construire un monde rural facteur de cohésion sociale,

-         respecter les terroirs et les territoires,

-         promouvoir une agriculture qui préserve l’environnement,

-         proposer des aliments de qualité,

-         développer un autre modèle énergétique.

 

Imaginez la création, dès  les années 1950, d’un réseau issu d’instituteurs agricoles et de la Ligue française de l’enseignement, construit autour des valeurs de la laïcité, de l’émancipation et de l’égalité des chances !

 

C’était l’alliance de la ferme pédagogique et de l’atelier de production, de l’éducateur et du paysan.

 

Le mouvement CIVAM, fort aujourd’hui de 170 groupes d’agriculteurs répartis sur 15 régions en France, relève de l’éducation populaire et privilégie l’approche territoriale - et non par filière professionnelle - du développement local.

 

D’un côté, la Jeunesse agricole chrétienne (JAC, mouvement d’éducation populaire lui aussi, mais confessionnel, dont seront issus de très nombreux leaders syndicalistes et plusieurs ministres de l’agriculture), accompagnera, de l’après guerre jusqu’à la fin du XXème siècle, la mécanisation, la modernisation et l’intensification de ce qui deviendra le standard agricole en France : une agriculture familiale compétitive, parvenue à la parité des revenus avec les autres professions, exportatrice, concentrée dans les mains de quelques centaines de milliers d’agro managers.

 

D’un autre côté, ayant une vision plus humaniste du progrès, les CIVAM ont toujours plaidé pour un développement plus durable de l’agriculture en privilégiant les cultures Bio, les circuits courts, la pluri activité, l’accueil paysan, le lien social, la place de la femme dans le monde rural, les relations avec les autres acteurs des territoires ruraux.

 

Maintenant que la crise financière de l’automne 2008 s’est transformée en une crise agricole mondiale, la voie tracée par ces groupes d’agriculteurs s’avère d’une grande modernité.

 

Ils ont été parmi les premiers à ressentir ce besoin d’alimentation de qualité, de rapprochement entre producteurs et consommateurs, de commercialisation de proximité, de mise en valeur des terroirs.

 

Pour vulgariser et enrichir sa pensée, pour porter à connaissance les expériences locales réussies, pour ouvrir le monde rural aux autres, la Fédération nationale des CIVAM édite un magazine mensuel, appelé « Trans Rural Initiatives ».

 

Une action emblématique de la FNCIVAM est l’opération nationale portes ouvertes « La France de Ferme en Ferme », prévue en 2010 les 24 et 25 avril.

 

Dans l’Hérault, la Fédération départementale des CIVAM, dite FD CIVAM 34, fédère pas moins de six groupes d’agriculteurs, de ruraux et d’urbains (porteurs de projet, professionnels, étudiants, consommateurs, citoyens) :

-         Racines 34 (éducation à l’environnement),

-         CIVAM Bassin de Thau (actions en faveur des femmes conchylicultrices),

-         CIVAM Garrigues de Thau (valorisation du patrimoine rural),

-         CIVAM Relais (promotion des liens directs entre citoyens ruraux et urbains),

-         CIVAM Empreinte (valorisation des milieux naturels par l’élevage extensif et la vente directe),

-         CIVAM Bio 34.

 

Le site Internet de cette fédération propose le « Guide Bio 2009 » récapitulant l’ensemble des producteurs héraultais en agriculture biologique et les bonnes adresses de boutiques Bio.

 

Le CIVAM Bio 34 accompagne la conversion et l’installation en agriculture biologique aussi bien en viticulture qu’en fruits et légumes, élevage, grandes cultures, plantes aromatiques et médicinales, oliviers, voire apiculture.

 

Cette structure, tête de réseau pour l’accompagnement des demandes relatives au Bio, travaille de concert avec la Chambre d’agriculture, l’ADASEA Hérault, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer et l’association Terres Vivantes.

 

Le CIVAM Bio 34 suit le programme d’aides financières à la conversion à l’agriculture biologique, conversion qui nécessite 3 années de respect des contraintes du cahier des charges national du Bio sans pouvoir se prévaloir du label au niveau de la vente, d’où l’indemnisation du « converti » par les pouvoirs publics.

 

La culture biologique nécessite le développement de savoir-faire techniques et commerciaux nouveaux : c’est pourquoi, le CIVAM Bio élabore des référentiels technico-économiques en maraîchage biologique, mène des expérimentations de plein champ et étudie les prix pratiqués sur les marchés de plein-vent pour aider les producteurs à se situer par rapport à la concurrence.

 

Un des points d’orgue de l’année Bio dans l’Hérault est, le 15 août, l’Estivale de la Bio à Olargues, dans la vallée du Jaur.

 

Plus près de Montpellier, le CIVAM Bio 34 :

-         expose à la manifestation « La qualité fait sa Comédie », à Montpellier,

-         participe à des sorties proposées par la Maison Départementale de l’Environnement de Prades le Lez,

-         contribue à l’animation du Festival de la Tomate à Clapiers,

-         appuie le territoire de l’Etang de l’Or sur les alternatives possibles à l’utilisation des pesticides afin de préserver les ressources en eau,

-         travaille sur la restauration scolaire Bio dans le Pays de Lunel avec la Communauté de communes du même nom.

 

Le CIVAM Bio 34 est ainsi à la pointe d’initiatives territoriales relevant du développement durable ou encore de l’agriculture à haute valeur environnementale (dite HVE).

 

Malgré le rayonnement de leurs actions, les CIVAM souffrent, depuis peu, d’une baisse de reconnaissance de la part de l’Etat.

 

En effet, des postes de fonctionnaires, jusqu’à présent mis à disposition, sont supprimés ce qui pénalise les fédérations de CIVAM et les oblige à réduire leurs interventions, pourtant ô combien d’intérêt public.

 

La force des CIVAM repose toutefois dans sa grande ouverture d'esprit et dans la force mobilisatrice de ses militants : ce mouvement, en phase avec l’actualité, si précieux pour repenser l’agriculture, n’est pas près de s’éteindre.

20/03/2010

Hérault Energies au service de la fée électricité

La fée électricité s’invite tous les jours dans nos foyers.

 

Qu’elle éclaire, qu’elle chauffe ou qu’elle fournisse la puissance nécessaire aux pompes et moteurs (machines à laver, matériels de bricolage, etc.), comme aux circuits électroniques (téléviseurs, matériels informatiques, etc.), sa disponibilité, nuit et jour, nous semble aller de soi.

 

Pourtant, il faut des machines, des hommes et de l’intelligence pour satisfaire ces besoins.

 

Tout le monde connaît Electricité de France (EDF) qui produit, achète et vend le courant mais peu de gens connaissent la Coopérative d’électricité de Saint-Martin de Londres (CESML) qui en fait de même sur un territoire héraultais constitué des communes d’Argelliers, Aspiran, Aumelas, Bélarga, Brissac, Buzignargues, Campagnan, Campagne, Cazevieille, Cazilhac, Causse de la Selle, Combaillaux, Fontanès, Garrigues, Grabels, Guzargues, Juvignac, La Boissière, Lauret, Mas de Londres, Le Triadou, Les Matelles, Montarnaud, Montaud, une partie de Montpellier, Murles, Murviel lès Montpellier, Notre-Dame de Londres, Paulhan, Pégairolles de Buèges, Plaissan, Popian, Puéchabon, Rouet, Saint-André de Buèges, Saint-Bauzille de la Sylve, Saint-Clément de Rivière, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Gély du Fesc, Saint-Georges d’Orques, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Buèges, Saint-Jean de Cornies, Saint-Martin de Londres, Saint-Pargoire, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Sauteyrargues, Valflaunès, Vailhauquès, Viols le Fort et Viols en Laval.

 

En outre, le rôle des communes (propriétaires en réalité des réseaux électriques) ou du syndicat Hérault Energies sont méconnus.

 

Idem pour le rôle d’Electricité Réseau Distribution France, ou ERDF (société créée le 1er janvier 2008 / filiale à 100 % d’EDF / gestionnaire de 95 % des réseaux d’électricité en France) qui intervient sur les réseaux pour les extensions, les renforcements, l’exploitation, l’entretien, les raccordements, les mises en service, les dépannages et les changements de fournisseurs.

 

Pour exploiter leurs réseaux, la plupart des communes héraultaises ont fait appel à un concessionnaire (EDF ou la CESML) puis ont délégué le contrôle de ce dernier à Hérault Energies (dit « autorité concédante » ou encore « autorité organisatrice de la distribution d’électricité »).

 

Ce syndicat mixte, créé par le Département de l’Hérault et d’autres collectivités territoriales, propose un accompagnement technique aux collectivités locales, essentiellement dans le domaine de l’énergie et de l’éclairage public.

 

Hérault Energies mobilise une équipe de 13 agents, dont plusieurs techniciens et ingénieurs.

 

Ce syndicat va fêter le 13 juillet 2010 son 30ème anniversaire.

 

L’objectif principal est de maintenir un service public de l’électricité de qualité, d’aider à la maîtrise de l’énergie et au développement des énergies renouvelables.

 

Toutefois, Hérault Energies propose aussi des compétences à la carte dans le domaine du gaz, des réseaux de chaleur et des réseaux de télécommunication.

 

Aujourd’hui, 317 communes (sur 343 que compte l’Hérault) adhèrent à Hérault Energies.

 

Autour de Montpellier, Campagne, Garrigues, Grabels, Juvignac, La Grande Motte, Lattes, Lavérune, Le Rouet, Pignan, Saint-Jean de Védas, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Georges d’Orques, Vailhauquès, Vendargues et Viols en Laval ont fait partie des dernières communes à rejoindre le Syndicat, lors de l’année 2008.

 

Suite aux élections municipales des 9 et 16 mars 2008, plus de 300 délégués (désignés par le Département de l’Hérault, les Etablissements publics de coopération intercommunale - EPCI - et les communes de l’Hérault) ont élu les 30 membres du Conseil syndical qui est l’instance délibérative d’Hérault Energies.

 

Un Bureau composé de 11 membres a reçu du Conseil syndical une partie de ses attributions.

 

C’est Michel Bozzarelli, Conseiller général du Canton de Béziers 3 qui préside Hérault Energies.

 

Comme dans tout syndicat intercommunal chargé d’un service public, une Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) a été constituée : elle est chargée d’écouter la voix et d’informer, d’une part, les usagers professionnels du service public de l’électricité, et d’autre part, les usagers individuels représentés par 5 associations de défense des consommateurs (en l’occurrence AFOC, ASSECO, CLCV, INDECOSA-CGT et UFC Que choisir).

 

Hérault Energies (suite au transfert de compétences des communes) a concédé, sur le long terme, la distribution publique de l’électricité à ERDF et à la CESML respectivement le 11 mars 1994 et le 5 décembre 1994.

 

ERDF dans l’Hérault, c’est environ 6.000 km de réseau basse tension (dont 50 % enterrés) et environ 5.000 km de réseau haute tension (dont 40 % enterrés).

 

La CESML, c’est environ 800 km de réseaux basse tension (dont 65 % enterrés) et environ 800 km de réseau haute tension (dont 40 % enterrés).

 

Une convention et un cahier des charges régissent les rapports entre autorité concédante et concessionnaire.

 

Hérault Energies tire ses ressources (environ 8 M€) de subventions du FACE (fonds d’Etat), des redevances de concession versés par ERDF et la CESML et de subventions du Département de l’Hérault.

 

Hérault Energies peut ainsi aider les communes et syndicats de communes, à hauteur de 8 M€, essentiellement les travaux d’électrification rurale mais aussi d’éclairage public et de réseaux de télécommunication.

 

Les réseaux électriques aériens ont bien entendu un impact paysager négatif.

 

De ce fait, la technique de l’enterrement se développe : pour les travaux neufs 2008, 90 % en agglomération, 60 % hors agglomération et 100 % en zone classée.

 

En outre, il subsiste encore des lignes à fil nu (environ 8 % du réseau ERDF) extrêmement sensibles aux aléas climatiques (surtout quand la section du fil est faible, soit sur 30 % du linéaire à fil nu ERDF dans l’Hérault) : leur résorption progressive est en cours.

 

Hérault Energies, au-delà des travaux d’extension et de branchements payés par les bénéficiaires, développe aussi un programme d’investissements, doté de 3 M€ pour renforcer le réseau, renouveler les tronçons vétustes et sécuriser les secteurs vulnérables aux aléas climatiques (givre, neige, vent).

 

Ce qui est recherché est bien entendu la qualité du service, avec 2 critères essentiels : la qualité de tension (elle doit rester dans la fourchette 207 à 243 volts) et le temps de coupure moyen annuel  par abonné (il est d’environ ¾ d’heure par an).

 

D’autre part, Hérault Energies subventionne les communes (environ 1 M€ par an) afin qu’elles améliorent leur éclairage public.

 

Ce sont surtout les petites communes qui bénéficient de ces incitations.

 

D’autres communes se font aider pour mettre en place des réducteurs de tension au cœur de la nuit qui permettent, tout en maintenant une bonne qualité d’éclairement, d’économiser 35 % d’électricité sur l’année.

 

Enfin, Hérault Energies a su anticiper le Grenelle de l’environnement en proposant depuis déjà plusieurs années des services très performants aux communes en matière de politique d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

 

Ainsi, en collaboration avec l’ADEME et le Conseil Général de l’Hérault qui participent financièrement, Hérault Energies conseille les élus locaux sur l’utilisation de l’énergie dans l’éclairage public et les bâtiments.

 

Tous les communes du département de l’Hérault peuvent bénéficier du « Conseil en orientation énergétique » (COE) : collecte de toutes les factures énergétiques et audit thermique des bâtiments.

 

Le « Conseil en énergie partagé » (CEP), service aux communes adhérentes au Syndicat, fournit des préconisations sur les travaux d’isolation nécessaires, sur les équipements de régulation thermique, sur le renouvellement des machines thermiques et sur les sources d’énergie renouvelables à développer.

 

Maîtriser l’énergie, c’est en effet pour les communes offrir plus de confort aux habitants et réduire les dépenses de fonctionnement.

 

En 2008, 15 COE, pour près de 30.000 m² de bâtiments et 30.000 habitants ainsi que 20 CEP, pour près de 65.000 m² de bâtiments et 30.000 habitants, avaient déjà été réalisé, preuve de la prise de la nouvelle conscience des élus locaux en matière de maîtrise de la consommation publique d’énergie.

17/03/2010

Une énigme solutionnée : celle du nom de la ville antique de Murviel-lès-Montpellier

Si Montpellier domine par son rayonnement tout le Grand Est de l’Hérault, Lattara (maintenant Lattes), le site du Castellas (sur la commune de Murviel-lès-Montpellier) Sextantio (aujourd’hui Castelnau le Lez) ou encore Maguelone (commune actuelle de Villeneuve les Maguelone) ont connu leur heure, et bien souvent leurs siècles, de gloire.

 

Ces villes se sont construites autour du pouvoir économique, du pouvoir religieux et du pouvoir administratif.

 

Concernant le site du Castellas, Patrick Thollard, Maître de conférences à l’Université Montpellier 3, le développement de cette ville antique s’explique par son rôle de chef-lieu administratif d’un territoire, durant une longue période à la charnière du début de l’ère chrétienne.

 

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 Le site du Castellas occupé en partie aujourd'hui

par les vignes et les chênes-verts

 

 

La concentration des pouvoirs crée et attire les notables, stimule l’urbanisation et pousse à la monumentalisation.

 

Si les notables partent alors la ville périclite.

 

C’est ce qu’il advient si l’autorité supérieure retire au chef-lieu ses prérogatives administratives.

 

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 Mur de soutènement construit en grand appareil

 

 

Or, le pouvoir central de Rome n’a cessé de réorganiser, de César à Auguste, la carte administrative de la Provincia Narbonnæ.

 

Dans le droit latin, subsistaient des territoires autonomes, aux frontières des colonies de Narbonne, Béziers et Nîmes.

 

Le site du Castellas était l’un de ces territoires autonomes.

 

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 Entrée du forum par un escalier de marbre blanc

 

 

Sa situation, en limite de la plaine et de la garrigue, comme Sextantio, permettait les échanges avec l’arrière-pays et le Massif Central.

 

Contrairement aux villes gallo-romaines investies dans l’agriculture, cette ville antique regroupait uniquement des activités artisanales, notamment de potiers (stockage des vins et de l’huile dans les dolia).

 

Au-delà du manque d’eau courante (des citernes d’eau de pluie nécessaires), de l’éloignement de la Via Domitia, c’est une restructuration administrative qui a scellé très vraisemblablement la disparition de la cité du Castellas.

 

Cette certitude acquise, les scientifiques, fouillant la ville antique, se posaient encore récemment la question de la date de l’événement déclencheur de cette décadence.

 

Cette question était importante car elle pouvait donner des indices en vue de découvrir le nom de cette ville.

 

En effet, Pline a relaté cette réforme territoriale datée des années 20 à 15 avant Jésus-Christ : 19 territoires ont été à cette occasion rattachés à d’autres, 43 sur 70 ont perdu leur autonomie tandis que 24 ont été rattachés à Nîmes.

 

Pline en bon historien, cite les territoires touchés par la restructuration ainsi que les autres conservant leur autonomie.

 

Le site de Murviel lès Montpellier appartenait forcément à la deuxième catégorie du fait de la découverte d’une table de mesures mentionnant le nom d’un édile (signe d’autonomie), soit C. Masclius Secundus édile (du patronyme gaulois de Masculus fraîchement romanisé).

 

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Vestiges mis à jour d'un forum et de ses colonnades

 

Il restait à trouver des écritures donnant un indice sur le nom de la ville antique.

 

Or, en 2009, des fragments d’une grande inscription furent découverts.

 

Le comparatif des quelques lettres identifiables rapprochées de la liste des cités de Pline permit à Patrick Thollard de conclure que les anciens habitants du Castellas s’appelaient « Samnagenses » et la ville soit Samnagum, soit Samnaga.

 

Pour le scientifique : « Il y a certes une grande satisfaction à découvrir un buste en bronze dans un grand fleuve mais aussi à résoudre une énigme historique ».

 

Les habitants de Samnaga(um), appelés Samnagenses, symbolisent ce vivre en paix, ce mélange des cultures, ce brassage des populations que nous continuons d’affectionner dans ce Midi languedocien, terre de passage et terre d’accueil.

13/03/2010

Grandeur et décadence du site du Castellas

La réforme judiciaire, récemment validée par le Conseil constitutionnel, et la réforme territoriale qu’essaie d’imposer le Gouvernement Fillon, malgré l’opposition de la majorité des élus locaux, démontre, s’il en était besoin, qu’une décision administrative peut faire ou défaire une ville, un département, une région.

 

La ville qui occupait le site du Castellas sur la commune de Murviel-lès-Montpellier a été elle-même la victime d’une réforme venue du pouvoir central alors qu’elle était au centre de son territoire, approximativement de la fin du 2ème siècle avant Jésus-Christ jusqu’au milieu du 2ème siècle après Jésus-Christ.

 

C’est bien une décision administrative qui est en effet la raison la plus probable de l’abandon de ce site florissant.

 

Le Castellas gouvernait un territoire autonome de la Colonie de Nîmes.

 

Cette ville antique possédait ainsi un sénat local et des décurions.

 

Pour découvrir aujourd’hui son histoire, l’avantage du site de Murviel-lès-Montpellier réside dans le fait qu’il est toujours resté, sans discontinuité, visible.

 

Il a donc toujours été connu et n’ayant pas été réoccupé par les nouveaux Murviellois, installés au XIème siècle, il est demeuré préservé.

 

Les premières fouilles ont été menées par la Société archéologique languedocienne et les objets découverts ont été collectés par le Musée languedocien à Montpellier.

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Les nouveaux Murviéllois, installés au XIème siècle,

ont élu domicile sur un autre site perché mais plus bas en altitude

 

 

Jean-Claude Richard, Chercheur au CNRS, dans les années 70, et Patrick Thollard, Maître de conférences à l’Université Montepplier3, dans les années 90 et jusqu’à aujourd’hui, ont approfondi les premières investigations.

 

Cette quête de connaissance a été accompagnée, sous l’égide scientifique, par des habitants passionnés et de jeunes bénévoles l’été.

 

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Vue d'une partie du site et pierres de construction extraites lors des fouilles

 

 

La colline du Castellas est à l’écart de la Voie Hérakléenne, devenue Voie Domitienne.

 

Des fortifications protégeaient 22 hectares d’agglomération, enserrant une ville qui connut même un développement extra muros.

 

Le perchement est caractéristique d’un oppidum, habitat traditionnel gaulois (occupation primitive, a priori, par les Volques Arécomiques, peuple gaulois de la Gaule narbonnaise).

 

Toutefois, suivant la formule de Patrick Thollard : « Chaque fois qu’on fouillait, plus on cherchait du Gaulois, plus on trouvait du Romain ».

 

Notamment, les collecteurs pluviaux, soigneusement répartis, trahissent un plan d’ensemble.

 

Un secteur des ruines, dit monumental, dont les fondations étaient visibles (les élévations ayant été détruites), a d’abord été interprété comme un temple : un édifice religieux de l’époque augustéenne dans le style de la Maison Carrée de Nîmes.

 

En fait, les dernières fouilles ont révélé qu’il s’agit d’un forum entouré de colonnes, desservi par un escalier monumental, en calcaire fin, extrêmement bien conservé.

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 Fouilles du secteur monumental, bien orienté au Sud, à l'abri de la colline

 

 

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Un escalier de marbre parfaitement conservé 20 siècles plus tard

 

Plus précisément, il y aurait eu au départ, fin du 2ème siècle avant Jésus-Christ, un monument tardo-héllénistique en grand appareil, agrémenté ensuite de colonnades dans les années 50 à 40 avant Jésus-Christ, complété et embelli enfin à l’époque augustéenne, d’un grand escalier, de pavements en mosaïque, de marbre sur les murs.

 

Ces éléments architecturaux symbolisent la période la plus faste du Castellas, mais en réalité, la durée de l’occupation humaine rend difficilement classable cette ville.

 

Elle possède aussi une enceinte gauloise entourant la ville haute.

 

Elle ne possède pas en revanche de tour, ni d’ouvrage défensif comme en sont équipés les oppida romains.

 

C’est le signe d’une continuité historique aboutissant à une culture gallo-romaine.

 

Ce qui certain toutefois, c’est que cette ville n’a pas péri par le fer (aucune trace d’invasion) mais par une décision administrative qui a déchu le site du Castellas de son autorité de capitale territoriale.

 

Aujourd’hui, à l’identique, les services publics fermés dans les petites villes privent ces dernières d’une partie de leur attractivité et les vouent à une lente mais inéluctable asphyxie.

10/03/2010

Les charbonniers du Nord de Montpellier

Le Foyer rural de Sainte-Croix les Quintillargues « Les Quintillades » a organisé pendant une décennie une manifestation « Lou Gabel », sur le thème de la garrigue et de la vigne.

 

Cette manifestation, en attirant de plus en plus de participants, a été victime de son succès et a donné envie au groupe de bénévoles qui l’animaient d’évoluer vers un autre événement tout public - « Lou Garou » - organisé au mois de mars (le dimanche 7 mars en 2010).

 

Ce dernier s’inscrit en pleine nature, dans le cadre typiquement méditerranéen du Bois communal du Mounié qui culmine à 325 m d’altitude, à la Suque.

 

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Le Pic Saint-Loup et l'Orthus vus du Bois du Mounié

 

Lou Garou, du nom occitan de la garance, plante tinctoriale, entend faire la promotion de tous les usages anciens de nos garrigues.

 

Sont mis en avant le charbon de bois, la chaux, les décoctions de plantes pour la teinture ou la fabrication de sirops, le bois pour se chauffer jusqu’au bois pour dessiner (fusain).

 

Sur un parcours à flanc de colline, au milieu des chênes-verts, des arbousiers, des chênes kermès, des lauriers et autres arbustes implantés sur des bancs de calcaire très durs, les bénévoles du Foyer rural accueillent les visiteurs sur des ateliers thématiques.

 

Ces bénévoles sont les ambassadeurs de la garrigue et des vieux métiers qui l’ont façonnée.

 

L’accueil est passionné et d’une grande convivialité.

 

Le visiteur emprunte un itinéraire balisé avec, comme viatique, une rando-fiche.

 

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Chênaie verte sur substratum calcaire et bois coupé au sol 

 

Le paysage se lit chemin faisant et les haltes permettent de s’instruire ou de cultiver ses connaissances des éco-systèmes forestiers et des vieux métiers.

 

Les travailleurs étaient jadis fort nombreux en forêt.

 

Le bouscatier est le forestier qui, par son bûcheronnage, a conduit la végétation naturelle à une chênaie verte qui ne s’est pas dégradée en garrigue et qui n’a pas été conquise par le pin d’Alep, espèce allochtone plantée par les grands propriétaires fonciers, demeuré dans la vallée.

 

Le chaufournier a laissé en vestige un four à chaux creusé dans la pente et dont le mur de soutènement a été exhumé par les fouilles des bénévoles.

 

Le charbonnier a été celui qui a marqué le plus les lieux de son empreinte.

 

En effet, si le chaufournier mobilisait une trentaine de stères de bois, c’était souvent pour son usage personnel, à l’occasion de la construction d’une habitation, souvent mixte avec des pièces dédiées à ses activités artisanales ou paysannes.

 

La production de chaux était donc exceptionnelle tandis qu’au contraire, celle de charbon de bois était récurrente, les coupes du chêne-vert et de l’arbousier intervenant régulièrement tous les vingt ans environ.

 

Le charbonnier soit achetait la coupe sur pied et écoulait le charbon de bois, soit était rémunéré par le propriétaire forestier en fonction de la quantité de bois carbonisée.

 

Le charbonnier, autochtone, ensuite saisonnier descendant du Massif central et par la suite Italien, vivait durant la saison de production, c’est-à-dire essentiellement l’été, en forêt.

 

Les cabanes ceinturées de pierres calcaires étaient couvertes de ramures de chênes et leur ouverture toujours dirigée vers la meule, ou dite encore charbonnière, afin de surveiller la cryogénisation lente. 

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Cabane servant d'abri aux travailleurs des bois implantée face au centre d'une charbonnière

 

Les hommes seuls ont été progressivement rejoints par les femmes et les enfants.

 

Le charbon de bois constituait le combustible des forges et des verreries, car sa capacité calorifique était très importante.

 

Il ne fut remplacé que par le charbon de terre, c’est-à-dire la houille, notamment exploitée en mines profondes dans les Cévennes ou dans les Hauts-Cantons de l’Hérault.

 

Le charbon de bois, réduit en volume d’un facteur 5, était facilement transportable à dos de mulets sur des chemins pas toujours carrossables.

 

Chaque charbonnière, alimentée par la coupe à blanc de la forêt, concentrait le bois prélevé dans un rayon d’une trentaine de mètres, soit une dizaine de stères.

 

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Stockage "aérien" et au sol d'une partie de coupe

 

Le bois du Mounié est donc parsemé de charbonnières dont certaines sont parvenues jusqu’à nous (replat circulaire avec ou non le vestige d’un abri bâti).

 

Un réseau dense de sentiers muletiers, avec des tracés principaux et des boucles secondaires, desservait l’ensemble de ces charbonnières.

 

Une meule est construite avec des troncs et des branches souvent coupés en hiver, dressés suivant un plan précis, ménageant notamment une cheminée centrale.

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Coeur de la charbonnière au début de sa construction

 

L’amas de bois est échafaudé avec plusieurs couronnes de bois posé verticalement avant d’être recouvert de terre, carapace faisant obstacle au passage de l’air.

 

Cette enveloppe imperméable va s’affaisser au fur et à mesure de la transformation du bois en charbon ce qui nécessite son remodage permanent de la part du charbonnier.

 

C’est par la cheminée centrale que sont introduites les braises permettant la mise à feu et que la flamme se diffuse pour porter le feu dans toute la masse de bois entreposé.

 

Une fois la température de 500 °C atteinte dans le dôme de la meule, l’obturation de la cheminée prive la combustion d’un trop grand apport d’oxygène et permet l’œuvre lente de la pyrogénisation.

 

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Meule en fin de carbonisation au premier plan

et ébauche de meule au second plan

 

Le charbonnier maîtrise l’art du feu, sait réguler l’apport d’air, lit dans la couleur de la fumée (blanche au départ car fortement chargée de vapeur d’eau, chaude tant que les goudrons n’ont pas totalement disparus et grise une fois le charbon de bois prêt) l’avancement de la fabrication.

 

Quatre à six jours pour une meule, la surveillance et la vigilance du charbonnier doivent être constantes : une inflammation des charbons de bois encore chauds conduiraient inéluctablement vers un amas de cendres.

 

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Après refroidissement, la charbonnière livrera sa production de charbon de bois

 

Utilisé pour alimenter les véhicules au gazogène durant la Deuxième Guerre mondiale, le charbon de bois est toujours le combustible majeur des familles paysannes dans les pays du Tiers-Monde.

 

En France, le gaz naturel et l’électricité arrivés précocement dans les villes, il y a souvent déjà 100 ans, ont relégué le charbon de bois à des usages domestiques marginaux, tout en remplaçant les sarments (lou gabel !) dans les barbecues (mot d’origine certifiée non occitane !).

 

Le charbon de bois a permis les premières métallurgies, notamment celles du Midi, avec les civilisations du Chalcolithique (« âge du bronze ») puis de celles, légèrement antérieures à la période historique, de l’« âge du fer ».

 

Merci au Foyer rural de Sainte-Croix de Quintillargues de faire revivre nos racines avec cette - fort réussie - manifestation d’éducation populaire : « Lou Garou ».

07/03/2010

Retraites par répartition : un système efficace

Avant guerre, le bénéfice des retraites en France a d’abord être circonscrit au périmètre des grandes entreprises.

 

En 1945, dans un grand élan social, le système des retraites par répartition a été généralisé à l’ensemble de la population.

 

François Mitterrand et son Gouvernement d’Union de la Gauche ont ensuite marché sur les pas des Libérateurs de la France en abaissant l’âge légal de la retraite à 60 ans à condition de disposer de 37,5 annuités (ordonnance du 26 mars 1982).

 

Alors que beaucoup de personnes âgées dépendaient de la charité privée ou de la solidarité de leur descendance, les retraités ont pu jouir progressivement d’une indépendance financière.

 

Aujourd’hui, le système des retraites par répartition participe pour beaucoup à la parité de pouvoir d’achat entre les retraités et les actifs.

 

Ainsi, le pouvoir d’achat moyen des retraités se situait en 2006 à environ 21.000 € par unité de consommation (revenu net disponible constitué des pensions, retraites, salaires éventuels, prestations sociales et revenus du patrimoine).

 

Grâce au principe de solidarité entre les générations (les actifs paient sur leur travail la retraite de leurs aînés contemporains), le taux de pauvreté des retraités (en prenant un seuil de 50 % du revenu médian) a chuté de 28 % en 1970 à 11 % en 1980 et à 4 % en 2000.

 

A partir de 1990, le taux de pauvreté des retraités est passé pour la première fois de l’Histoire au dessous de celui de l’ensemble de la population (où le taux de pauvreté de 5 % en 1970 commet en 1980 a crû à 6 % en 2000).

 

Le minimum vieillesse (maintenant appelé ASPA pour Allocation de solidarité aux personnes âgées) concernait 2,5 millions aînés en 1960 contre seulement 1,7 millions en 1980 et 0,6 million en 2000.

 

En outre, si 10 % des plus de 90 ans bénéficient de l’ASPA, ils ne sont que 2 % dans la tranche d’âge des 60-64 ans, ce qui démontre l’amélioration des droits à la retraite des nouveaux pensionnés (jusqu’en 2003 puisque depuis on constate au contraire une régression).

 

La retraite par répartition a tout simplement assuré la sécurité, l’autonomie et la dignité à des millions de Français.

 

L’alternative à la répartition est la capitalisation si chère aux derniers gouvernements de Droite et aux fonds de pensions anglo-saxons.

 

Or, l’épargne retraite ne représente, à ce jour en France, que 5 % des cotisations pour se constituer une pension et que 2 % des prestations de retraites versées.

 

Le système de retraite par capitalisation est donc marginal dans notre pays.

 

Qui plus est, le taux de détention de contrat d’épargne retraite, en 2004, est de 45 % chez les professions libérales, de 25 % chez les cadres mais seulement de 15 % chez les employés et de 5 % chez les ouvriers.

 

C’est ainsi un dispositif élitiste qui nécessite une capacité d’épargne totalement disproportionnée par rapport aux petits salaires.

 

D’ailleurs, plus le patrimoine d’une personne en activité est important et plus cette dernière effectue des placements en épargne salariale.

 

En outre, la capitalisation ne consiste pas à accumuler des sommes que l’on retrouverait (à supposer qu’une crise financière ne les ait totalement dilapidées), grossies d’intérêts, à sa retraite.

 

En réalité, les sommes perçues au moment de la retraite sont ponctionnées sur la richesse nationale du moment et pèse indirectement sur les actifs contemporains du versement des pensions.

 

Un régime de retraite par capitalisation n’amène rien si ce n’est une individualisation (c’est-à-dire une absence de solidarité entre individus) et une gestion des fonds par le système bancaire échappant donc à celle paritaire des syndicats et du patronat sous l’œil du Gouvernement.

 

La retraite par capitalisation échappe en fait à tout contrôle démocratique et à la supervision des corps intermédiaires.

 

Le financement du régime des retraites par répartition a nécessité, en 2007, 247 milliards d’€, soit 44,9 % des prestations de protection sociale (à titre de comparaison : 36,5 % pour la santé).

 

Cette somme représentait, toujours en 2007, 13,2 % du PIB français (Produit Intérieur Brut) contre 5,4 % en 1959.

 

Cette augmentation des prélèvements a fait l’objet d’une excellente acceptation de la part des Français (il faut dire tout de même qu’entre 1959 et 2007, la masse salariale, multipliée par 5,4 a permis un partage du « gâteau » entre salariés et retraités).

 

En revanche, les gouvernements de Droite et le MEDEF ne semblent plus disposer à équilibrer le système de retraite par répartition.

 

C’est ce qui rend inquiet, à juste titre, les Français.

 

Pourtant, suite aux réformes restrictives de ces dernières années (Balladur-Veil en 1993 et Fillon en 2003), le prélèvement sur le PIB est estimé à 14,7 % en 2050.

 

Le supplément de financement à trouver est donc relativement minime et parfaitement à la portée d’une société avancée.

 

Le Comité d’orientation des retraites (COR), dans rapport 2007, a défini un « scénario de base » qui semblait le plus plausible et qui donnait les éléments chiffrés suivants :

 

Année

2006

2015

2020

2030

2040

2050

Rapport démographique

(nombre actifs/ nombre retraités)

1,82

1,65

1,52

1,34

1,25

1,21

Masse des cotisations

en % du PIB

12,9

13,0

13,0

13,0

13,0

13,0

Dépenses de retraite en % du PIB

13,1

13,7

14,1

14,7

14,9

14,7

Besoin de financement en point de PIB

0,2

0,7

1,0

1,6

1,8

1,7

Besoin de financement

(en milliards d’€)

4,2

15,1

24,8

47,1

63,4

68,8

Ratio entre la pension nette moyenne et le salaire net moyen (base 100 en 2006)

100

96

91

85

81

77

 

Ce scénario se fait à taux de prélèvement constant en ce qui concerne les cotisations, au prix toutefois d’une dégradation du ratio pension nette / salaire net moyen (c’était d’ailleurs le sens de l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur le les salaires, plus dynamiques en terme de progression, décidée lors de la réforme Balladur-Veil de 1993).

 

Globalement, l’avenir de la retraite par répartition n’est donc pas aussi sombre que ce que certains voudraient nous faire croire.

 

Notre système de retraites par répartition est-il cependant perfectible ?

 

Bien sûr : et pas forcément dans le sens d’une restriction des droits des retraités (ce qui a été le cas en 2003 de ce que beaucoup ont qualifié de « contre-réforme » Fillon).

 

En effet, la disparité entre les niveaux de retraites (coefficient de 3,5 entre les 10 % les plus élevés et les 10 % les plus faibles) est plus forte que la disparité entre les niveaux de salaires (coefficient de 3,1 entre les 10 % les plus élevés et les 10 % les plus faibles).

 

De plus, alors que les cotisations sont proportionnelles aux salaires, les personnes ayant une situation sociale plus élevée vivent plus âgées et donc obtiennent un meilleur rendement sur leur contribution : les ouvriers financent en quelque sorte un partie de la retraite des cadres.

 

En outre, les femmes (dont l’espérance de vie active en 2006 n’est que de 31,5 ans contre 36,5 ans pour les hommes) bénéficient d’une retraite inférieure de 40 % à celle des hommes (et qui serait même seulement égale à la moitié de celle des hommes sans les compensations que représentent la réversion, la majoration pour enfants ou encore le minimum vieillesse).

 

Cela signifie que des choix plus généreux sont encore possibles, pour améliorer et non saper notre système de retraites par répartition, comme par exemple celui de maintenir à l’avenir les ratios actuels entre montant des retraites et salaires moyens (« taux de remplacement »).

 

Il faudrait alors certes un financement supplémentaire, qu’un pays riche comme la France peut mobiliser sans conteste, mais les futurs retraités auraient alors moins tendance à augmenter leur épargne, ce qui refroidit fortement l’économie, du fait de l’incertitude quant à un niveau suffisant de pension.

 

Ce type de décision visant à améliorer le niveau des retraites n’appartient pas forcément à un gouvernement mais devrait relever, de façon incomparablement plus démocratique, d’un référendum populaire.

04/03/2010

Retraites : le défi démographique

Notre pays connaît une formidable progression de l’espérance de vie (majorée de presque 3 mois par an lors de la dernière décennie).

 

La rançon de cette avancée est le vieillissement de la population qui devrait se poursuivre dans les années à venir.

 

Le standard de 2 générations par famille, au début du XXème siècle, cède maintenant le pas à un standard de 4 générations, dont quelquefois 2 sont à la retraite.

 

En outre, l’espérance de vie en bonne santé (9,5 ans pour les femmes à 65 ans et 8,5 ans pour les hommes au même âge) augmente plus vite que l’espérance de vie à la naissance.

 

L’état de santé des aînés progresse donc positivement.

 

Qui plus est, les anciens ont moins l’impression de vieillir.

 

De la sorte, l’âge psychologique accuse de nos jours un retard qui est estimé à environ 15 ans, à l’âge de 70 ans, sur l’âge biologique !

 

Des aînés plus nombreux, moins malades et moins dépendants, se sentant plus jeunes que leur âge : pas étonnant dans ces conditions que l’espérance de vie puisse virtuellement atteindre 90 ans pour les femmes en 2050 (contre 84,3 ans en 2008) et 85 ans pour les hommes (contre 77,5 ans en 2008).

 

Le nombre d’années passées à la retraite est ainsi potentiellement croissant.

 

Actuellement, la durée moyenne de la retraite (23 ans) s’avère plus longue que la durée moyenne de la scolarité (19 ans).

La durée de la retraite a plus que doublé depuis les années 1950.

 

La France compte maintenant environ 15 millions de retraités, sous l’effet de l’arrivée des classes du baby-boom, nées après 1946.

 

L’effet de cette arrivée à l’âge de la retraite de classes démographiquement fortes a été renforcé par la diminution de l’âge moyen de départ en retraite : 64,5 ans en 1970 (avec un âge légal de départ fixé à lépoque à 65 ans), 61,0 ans en 1980 et 59,0 ans en 2007 (un des plus faibles du Monde).

 

Toutefois, depuis cette date, l’âge moyen de départ à la retraite a subi une inflexion historique en commençant à augmenter.

 

L’ordre de grandeur du nombre de retraités est estimé à 21 millions pour 2040.

 

Les Français anticipent donc un déséquilibre démographique entre actifs et retraités.

 

Cette perception est exacerbée par la négation du flux migratoire qui alimente pourtant la France en adultes actifs et participe, sans en être le moteur essentiel, au maintien à un niveau inespéré du taux de fécondité (2,0 enfants par femme en âge de procréer).

 

La natalité française est en fait une exception en Europe.

 

Les taux sont bas, voire très bas, dans la plupart des autres pays européens (moyenne de 1,4 seulement) : 1,3 en Pologne et en Allemagne, 1,4 en Italie, 1,5 en Espagne !

 

En outre, dans une Union européenne qui est la région la plus âgée du Monde (17 % de la population a plus de 65 ans), la France fait partie des pays plutôt jeunes.

 

L’Allemagne et l’Italie comptent 20 % de plus de 65 ans, l’Espagne et la Belgique sont à la moyenne européenne de 17 %, la France et le Royaume-Uni ne sont qu’à 16 % tandis que la Pologne et les Pays-Bas, avec 14,5 %, tout comme l’Irlande, avec 11 %, font figure de pays les plus jeunes.

 

Globalement, il y a donc lieu d’être moins pessimiste en France, avec plus d’enfants et moins d’aînés, que dans beaucoup d’autres pays européens quant à la pérennité de notre système de retraites par répartition.

 

Bien sûr, la dégradation du rapport entre nombre de cotisants et nombre de retraités ne lasse pas d’interroger : 4,30 en 1965, 1,65 en 2002 et 1,45 en 2008.

 

L’étau se resserre donc malgré des conditions démographiques plutôt favorables par rapport à nos voisins européens.

 

Grosso modo, il se pourrait qu’il n’y ait plus qu’un seul cotisant pour un retraité en 2040, au paroxysme de l’ajustement démographique que nous vivons.

 

Plus sûrement, ce ratio devrait toucher un plus bas à 1,2 actif pour 1 retraité.

 

Alors, le système français de retraites par répartition, qui achoppe ces dernières années sur des déficits croissants, est-il dépassé et moribond ?

 

Rien de si sûr en réalité.

 

Bien entendu, les Cassandre sont nombreux en la matière qui verraient bien un système par capitalisation s’y substituer.

 

Alors qu’en fait, cette grande avancée sociale issue d’un consensus salariat-patronnat d’après Guerre, à la Libération, représente une grande et irremplaçable chance pour la France, à condition que l’on sache l’adapter aux nouvelles réalités de notre société post-industrielle.

01/03/2010

Ne fermez pas la porte des écoles !

La croissance démographique de l’Hérault ne se dément pas : au moins 11.000 habitants de plus tous les ans.

 

Et pourtant, l’Inspection d’Académie de ce département souhaite fermer 23 classes élémentaires et 14 classes maternelles à la rentrée 2010-2011.

 

C’est le résultat des délibérations du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), réuni début février 2010.

 

Des ajustements seront opérés, comme tous les ans, lors de la rentrée scolaire, après comptage du nombre réel d’élèves.

 

Toutefois, l’Inspection d’académie fixe librement, en fonction de ses moyens en personnel qui baissent, des nombres d’élèves planchers au dessous desquels sont prononcés les fermetures et des nombres d’élèves plafonds au dessus desquels sont prononcés des ouvertures de classes.

 

Ces dernières années, les plafonds ont tendance à augmenter et les planchers à baisser.

 

De la sorte, avec par exemple 15 élèves de moins une année, une école sanctionnée par une fermeture de classe ne bénéficiera pas d’une ouverture l’année d’après, malgré une hausse d’effectif de 15 élèves.

 

Des communes comme Le Crès, où d’importants programmes de logements sont en cours de livraison, souhaiteraient des ouvertures de classes.

 

En réaction à cette insatisfaction, les parents d’élèves de cette commune ont occupé, de jour comme de nuit, le groupe scolaire fréquenté par leurs enfants.

 

L’Etat veut supprimer, en 2010, 34.000 fonctionnaires dont 16.000 à l’Education nationale.

 

Dans l’Hérault, les suppressions de classes à l’école primaire touchent surtout le pourtour de l’étang de Thau, les alentours de Béziers, le Nord et l’Est de Montpellier.

 

La carte ci-dessous donne une idée de leur localisation.

 

FermeturesClasses2010.gif

Grand Béziers, Etang de Thau, Nord Montpellier et Est Montpellier surtout impactés

par les fermetures de classes élémentaires et maternelles à la rentrée 2010-2011

 

La conséquence de cette baisse de l’encadrement des élèves, c’est une forte hausse des effectifs dans beaucoup d’écoles, avec une dégradation corrélative de la qualité de l’enseignement, les professeurs ne pouvant consacrer que moins de temps au suivi individuel des élèves.

 

Le pire est que le Président Sarkozy prévoit, dans ses prévisions de fin de mandat, de nouvelles suppressions de postes de professeurs à l’Education nationale.

 

En réduisant ses investissements dans l’enseignement public de base, le Gouvernement Fillon obère la capacité future de la France à soutenir la compétition internationale avec d’autres pays riches et même certains pays émergents.

 

La célèbre citation de Victor Hugo est à méditer : « Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison ».

 

Les Français ont longtemps crû en l’école républicaine pour élever le niveau de la Nation, alimenter l’ascenseur social, fournir aux entreprises de la main d’œuvre qualifiée et former des citoyens responsables : faut-il vraiment renoncer à ces acquis, à ce rêve civilisateur ?