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21/06/2010

Taureau cherche novices

La 1ère Fête du Taureau s’est déroulée vendredi 4 juin 2010 à Baillargues.

 

En effet, la Municipalité de cette commune a souhaité s’inclure dans le cycle des grandes manifestations de terroir soutenues par la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

Le but de la manifestation était de mettre à l’honneur le taureau de Camargue et la bouvine, c’est-à-dire l’ensemble des rites et jeux qui entourent l’élevage des « bíou ».

 

Le parti pris a été de vulgariser, dans un cadre festif, le sport spectacle à forte tradition qu’est la course libre.

 

Henri Itier, Président de la Fédération Française de Course Libre, était présent en tant que partenaire de Montpellier Agglomération.

 

L’événement a donc débuté en musique dans les arènes de Baillargues avec des tambourinaïres (joueurs de galoubet et de tambourin), des Arlésiennes et autres membres costumés d’une association de défense des traditions.

 

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Tambourinaïres, Arlésiennes et danseurs en costumes provençaux

 

Vint ensuite la capelado, c’est-à-dire le défilé et le salut des raseteurs au public comme à la présidence de la course.

 

6 taureaux de la manade Fanfonne-Guillerme ont été présentés à une dizaine de raseteurs concourant d’habitude pour le Trophée de l’Avenir.

 

Le président de cette course d’initiation a fourni exceptionnellement des explications sur les règles, le vocabulaire utilisé, l’origine des taureaux ou encore les techniques de raset.

 

Le spectacle fut aussi coloré qu’à l’accoutumée : le blanc des hommes, le noir des taureaux, l’arc en ciel du public et les ors du soleil couchant.

 

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Le taureau s'est rendu maître de l'arène

 

Toutefois, du fait d’un temps de course réduit par rapport à d’habitude, seules les cocardes (rouges) et les glands (blancs) purent être coupés, les taureaux ramenant au toril les attributs les plus difficiles à emporter que sont les ficelles (jaunes) enroulées à la base de chaque corne.

 

Ceux qui ne connaissaient pas la discipline ont vite compris qu’il fallait rivaliser de rapidité, adresse et courage, pour affronter des animaux non domestiques rompus à ce genre d’affrontement.

 

Deux ambassadrices et un ambassadeur de la course camarguaise ont guidé ensuite les grands invités - élus, professionnels de la bouvine notamment - vers la bodega du centre du village pour une soirée raffinée et d’exception.

 

Les convives ont au préalable assisté aux discours des édiles et pu admirer une exposition de peintures dédiées au taureau et de vases d’Anduze à décoration revisitée par des artistes faïenciers.

 

Le défaut de ce type de soirée, pour le moins élitiste, est qu’il exclut toute liesse populaire.

 

En revanche, le bilan de la fréquentation du spectacle, ouvert et gratuit, dans les arènes baillarguoises est lui très positif.

 

La foule a afflué nombreuse dès l’ouverture et pendant la manifestation (occupations du vendredi soir oblige pour certains) jusqu’à remplir l’intégralité des gradins.

 

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Des arènes rectangulaires et une grosse assistance

 

Il n’est pas certain toutefois que le public novice et ignorant des courses de taureaux (certaines personnes confondent avec les corridas !) ait été présent à l’appel.

 

Ce qui fait la beauté des arènes de Baillargues, c’est-à-dire leur enclavement dans le vieux village, les rend en effet difficiles d’accès par les visiteurs.

 

En outre, jamais le confort qu’elles offrent pour le spectateur (gradins ombragés par des platanes), ni l’originalité de leur forme, oblongue, quasiment rectangulaire, n’autoriseront à cette enceinte une capacité suffisante pour accueillir le public espéré.

 

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Le taureau se fait respecter

 

L’exiguïté de ce « théâtre taurin » plaide pour une orientation de la Fête du Taureau vers une ou plusieurs cibles plus pointues : non pas les familles déjà amatrices de courses camarguaises mais plutôt les scolaires, les nouveaux « montpelliérains » ayant choisi de venir habiter notre région ou encore les estivants en saison touristique.

 

L’événement pourrait alors se dérouler le vendredi en journée avec les scolaires assistant à une démonstration d’une école de jeunes raseteurs (dont la fraîcheur, la passion et l’engagement sont toujours une révélation) et le vendredi soir avec l’accueil de néophytes.

 

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Un beau raset dans les règles de l'art

 

En outre, la culture taurine languedocienne ne se résume pas à la course libre : abrivado, bandido, encierro, travail dans les manades sont autant de facettes de la bouvine difficiles à occulter.

 

Le défaut d’une démonstration pédagogique est qu’elle ne déchaîne pas les passions contrairement aux courses de championnat où l’ambiance de fête (notamment du fait de la concomitance de la fête votive du village) s’ajoute à la ferveur taurine du public d’aficionados, aux enjeux d’honneur pour les manadiers et de compétition pour les raseteurs.

 

Cette première Fête du Taureau organisée par la Municipalité baillarguoise n’a pas fait suffisamment vibrer.

 

Sans doute faudrait-il dans cet événement plus de fête populaire et plus de taureau.

Commentaires

Una tradicion en Occitània que cal salvar pertot qu'es viva, e que cal desvolopar pertot ont la tradicion es desconeguda.
La corsa es un element essencial del patrimòni lengadocian e donc per Occitània.

Écrit par : Godilhaire | 18/06/2010

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