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29/06/2010

En direct du terroir

Terroir Direct propose en fin de semaine un approvisionnement alimentaire complet aux habitants des alentours de Montpellier et de Nîmes.

 

Née en décembre 2000, cette association de producteurs des Cévennes et du Pays d’Oc, au nombre d’environ 100, fournit en moyenne approximativement 200 paniers par semaine.

 

En 10 ans, 2.000 ménages ont fait au moins une fois une commande auprès de Terroir Direct.

 

80 % de l’offre vient de producteurs locaux.

 

Les 20 % restants sont Bio, fermiers, AOC (appellation d’origine contrôlée) ou issus du commerce équitable.

 

Le chiffre d’affaires avoisine 600.000 €.

 

Les commandes se font quelques jours avant par Internet (http://www.terroir-direct.com) ou par téléphone.

 

Le catalogue de produits proposés (fruits et légumes, viandes, poissons, laitages, charcuteries, vins et boissons, boulangerie, épicerie, produits exotiques, etc.) compte approximativement 500 références.

 

Le retrait des paniers se fait soit au siège de Terroir Direct, à Castelnau le Lez, soit dans différents dépôts (Cournonsec, Frontignan, Lattes, Montpellier, Saint-Gély du Fesc, Saint-Mathieu de Tréviers, Castries, Sommières, Calvisson, Saint-Mamert du Gard, Nîmes et Marguerittes).

 

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Le camion frigorifique qui collecte les paysans et alimente les points de retrait

 

Le système mis en place par Terroir Direct allie :

-         la liberté de commander à partir de chez soi, quand on est disponible (du samedi au mardi midi),

-         la proximité du point de livraison par rapport au domicile du consommateur,

-         la rapidité d’approvisionnement puisque les paniers sont prêts quand on vient les chercher.

 

Avec ce type de dispositif, le consommateur ne paye :

-         ni le gaspillage des mises à la poubelle du fait d’un déséquilibre entre ce qui est mis en rayon et ce qui est vendu,

-         ni les frais de magasin,

-         ni les dépenses engendrées par les vols, constatés essentiellement dans les grandes surfaces.

 

Terroir Direct est une entreprise typique de l’économie solidaire.

 

De l’idée à la mise en place du projet, la genèse de Terroir Direct a été précédée d’une longue réflexion, d’une animation de réseau et d’une étude de marché.

 

Frédéric Prat, Président de l’Association PicVert, et Sylvère Gonzalvez, à l’époque Directeur de la DIFED (Dynamique d’information et de formation sur l’environnement et le développement durable - http://www.difed.agropolis.fr), et maintenant Directeur de Terroir Direct, ont été les initiateurs de cette aventure.

 

Ce n’est qu’en novembre 2001 que Terroir Direct s’est lancée dans l’activité commerciale.

 

Pionnier du circuit court (un intermédiaire au maximum entre le producteur et le consommateur), Terroir Direct est maintenant concurrencé par de nouveaux acteurs économiques qui essaie de surfer sur cette nouvelle mode.

 

Toutefois, cette association innovante conserve l’avantage d’une gamme très diversifiée et d’un mode de gouvernance collégial associant producteurs, consommateurs et salariés (au nombre de 5).

 

C’est pourquoi d’ailleurs les administrateurs de Terroir Direct envisagent la possibilité de créer une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

 

L’économie sociale et solidaire satisfait des besoins non couverts par l’économie de marché.

 

Le soutien des pouvoirs publics est cependant souvent nécessaire dans les premières années : c’est à ce titre que Terroir Direct a reçu des aides de l’Europe, de l’Etat, de la Région Languedoc-Roussillon et des Départements du Gard et de l’Hérault.

 

L’économie sociale (associations, mutuelles, coopératives) est une alternative viable  au capitalisme.

 

Elle met en œuvre des sociétés de personnes où « Un homme égale une voix », ce qui est la base d’un groupement non totalitaire.

 

En outre, ces structures sont acapitalistes (le bénéfice ne peut pas être distribué mais réinvesti dans l’outil de travail), ce qui évite qu’un individu, parce qu’il est majoritaire dans le capital décide pour les autres, ou pire, par le jeu d’une cascade de participations, qu’un individu, globalement minoritaire dans le groupe de sociétés concernées mais majoritaire dans la holding de tête, impose sa loi à l’intelligence des autres actionnaires.

 

Les structures de l’économie solidaire sont toutefois en prise avec le marché et en concurrence avec des sociétés n’obéissant pas, notamment à l’étranger, aux mêmes règles éthiques.

 

Il faut donc être performant tout en étant plus ambitieux en terme social et environnemental.

 

A ce titre, l’intérêt de Terroir Direct est :

- le développement de l’emploi agricole et rural local (valeur ajoutée conservée sur place),

- le respect du producteur comme du consommateur,

- la stimulation des producteurs respectueux de l’environnement (produits Bio notamment),

- la réduction des émissions de gaz à effet de serre par raccourcissement des distances de livraison,

- la garantie d’un prix rémunérateur pour le producteur,

- l’assurance d’une alimentation à haute valeur qualitative.

 

Le consommateur a un plus grande responsabilité qu’il ne croit concernant l’offre des produits car : « on ne vend que ce qui s’achète ».

 

En consommant idiot, on stimule l’exploitation des enfants ou des travailleurs dans les pays émergents, la délocalisation des emplois, les pouvoirs policiers ou les mafias à l’affût des filons économiques les plus juteux, la déforestation et autres catastrophes écologiques.

 

Au contraire, à Terroir Direct, tout est fait pour que :

-         le consommateur se pose des questions et se responsabilise,

-         le producteur soit respecté humainement et professionnellement,

-         les actes de produire, de transformer, de commercialiser puis de consommer s’inscrivent dans les préceptes du développement durable.

 

Il n’y a pas une fatalité à s’approvisionner en grandes surfaces : c’est le choix qu’on fait de nombreux consommateurs en faisant confiance à Terroir Direct.

 

Ces citoyens voient en effet, derrière leur consommation, des enjeux culturels, patrimoniaux, culinaires, gustatifs et de santé.

21/06/2010

Taureau cherche novices

La 1ère Fête du Taureau s’est déroulée vendredi 4 juin 2010 à Baillargues.

 

En effet, la Municipalité de cette commune a souhaité s’inclure dans le cycle des grandes manifestations de terroir soutenues par la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

Le but de la manifestation était de mettre à l’honneur le taureau de Camargue et la bouvine, c’est-à-dire l’ensemble des rites et jeux qui entourent l’élevage des « bíou ».

 

Le parti pris a été de vulgariser, dans un cadre festif, le sport spectacle à forte tradition qu’est la course libre.

 

Henri Itier, Président de la Fédération Française de Course Libre, était présent en tant que partenaire de Montpellier Agglomération.

 

L’événement a donc débuté en musique dans les arènes de Baillargues avec des tambourinaïres (joueurs de galoubet et de tambourin), des Arlésiennes et autres membres costumés d’une association de défense des traditions.

 

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Tambourinaïres, Arlésiennes et danseurs en costumes provençaux

 

Vint ensuite la capelado, c’est-à-dire le défilé et le salut des raseteurs au public comme à la présidence de la course.

 

6 taureaux de la manade Fanfonne-Guillerme ont été présentés à une dizaine de raseteurs concourant d’habitude pour le Trophée de l’Avenir.

 

Le président de cette course d’initiation a fourni exceptionnellement des explications sur les règles, le vocabulaire utilisé, l’origine des taureaux ou encore les techniques de raset.

 

Le spectacle fut aussi coloré qu’à l’accoutumée : le blanc des hommes, le noir des taureaux, l’arc en ciel du public et les ors du soleil couchant.

 

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Le taureau s'est rendu maître de l'arène

 

Toutefois, du fait d’un temps de course réduit par rapport à d’habitude, seules les cocardes (rouges) et les glands (blancs) purent être coupés, les taureaux ramenant au toril les attributs les plus difficiles à emporter que sont les ficelles (jaunes) enroulées à la base de chaque corne.

 

Ceux qui ne connaissaient pas la discipline ont vite compris qu’il fallait rivaliser de rapidité, adresse et courage, pour affronter des animaux non domestiques rompus à ce genre d’affrontement.

 

Deux ambassadrices et un ambassadeur de la course camarguaise ont guidé ensuite les grands invités - élus, professionnels de la bouvine notamment - vers la bodega du centre du village pour une soirée raffinée et d’exception.

 

Les convives ont au préalable assisté aux discours des édiles et pu admirer une exposition de peintures dédiées au taureau et de vases d’Anduze à décoration revisitée par des artistes faïenciers.

 

Le défaut de ce type de soirée, pour le moins élitiste, est qu’il exclut toute liesse populaire.

 

En revanche, le bilan de la fréquentation du spectacle, ouvert et gratuit, dans les arènes baillarguoises est lui très positif.

 

La foule a afflué nombreuse dès l’ouverture et pendant la manifestation (occupations du vendredi soir oblige pour certains) jusqu’à remplir l’intégralité des gradins.

 

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Des arènes rectangulaires et une grosse assistance

 

Il n’est pas certain toutefois que le public novice et ignorant des courses de taureaux (certaines personnes confondent avec les corridas !) ait été présent à l’appel.

 

Ce qui fait la beauté des arènes de Baillargues, c’est-à-dire leur enclavement dans le vieux village, les rend en effet difficiles d’accès par les visiteurs.

 

En outre, jamais le confort qu’elles offrent pour le spectateur (gradins ombragés par des platanes), ni l’originalité de leur forme, oblongue, quasiment rectangulaire, n’autoriseront à cette enceinte une capacité suffisante pour accueillir le public espéré.

 

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Le taureau se fait respecter

 

L’exiguïté de ce « théâtre taurin » plaide pour une orientation de la Fête du Taureau vers une ou plusieurs cibles plus pointues : non pas les familles déjà amatrices de courses camarguaises mais plutôt les scolaires, les nouveaux « montpelliérains » ayant choisi de venir habiter notre région ou encore les estivants en saison touristique.

 

L’événement pourrait alors se dérouler le vendredi en journée avec les scolaires assistant à une démonstration d’une école de jeunes raseteurs (dont la fraîcheur, la passion et l’engagement sont toujours une révélation) et le vendredi soir avec l’accueil de néophytes.

 

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Un beau raset dans les règles de l'art

 

En outre, la culture taurine languedocienne ne se résume pas à la course libre : abrivado, bandido, encierro, travail dans les manades sont autant de facettes de la bouvine difficiles à occulter.

 

Le défaut d’une démonstration pédagogique est qu’elle ne déchaîne pas les passions contrairement aux courses de championnat où l’ambiance de fête (notamment du fait de la concomitance de la fête votive du village) s’ajoute à la ferveur taurine du public d’aficionados, aux enjeux d’honneur pour les manadiers et de compétition pour les raseteurs.

 

Cette première Fête du Taureau organisée par la Municipalité baillarguoise n’a pas fait suffisamment vibrer.

 

Sans doute faudrait-il dans cet événement plus de fête populaire et plus de taureau.

16/06/2010

Halte à la criminalité financière

Le 4 juin 2010, la Commission Européenne a pris des mesures pour que la législation européenne sur le blanchiment des capitaux soit respectée par la France.

 

En l’occurrence, la Commission a adressé à la France une invitation formelle à se conformer à un arrêt de la Cour de justice européenne de 2009.

 

La Cour a conclu que la France avait manqué à ses obligations aux termes de la troisième directive contre le blanchiment de capitaux (Directive 2006/70/CE), en ne la transposant pas en droit national, avant l'expiration du délai imparti.

 

La France pourrait être condamnée à une amende ou à une astreinte si elle n’intégrait pas rapidement dans son droit national les règles européennes de lutte contre la criminalité financière.

 

Les Français seraient alors indirectement taxés pour payer ou bien la somme décaissée alimenterait le déficit budgétaire, déjà abyssal.

Pour le Fonds Monétaire International, les activités criminelles représenteraient 5 % du Produit intérieur Brut mondial.

 

Les mafias, actives dans de nombreux pays, ont profité des mesures prises pour sauver les banques.

 

Aujourd’hui, certains pays vivent sous perfusion de cet argent sale et d’autres, plus riches, plus rigoureux d’habitude, sont moins regardant en ces temps de crise mondialisée.

 

Le Gouvernement doit comprendre que la confiance des citoyens honnêtes ne pourra revenir que si l’Etat français envoie des signaux de grande rigueur concernant les fraudeurs internationaux qui appauvrissent in fine les Français.

 

Le discours accusant les centres off-shore, les paradis fiscaux ou les pays voyous ne relèverait que de la démagogie si le Gouvernement français ne se mettait pas rapidement en conformité avec la réglementation européenne concernant la lutte contre le blanchiment des capitaux.

 

 

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13/06/2010

La pierre à l’honneur à Beaulieu

Le 20 septembre 2009, la Commune de Beaulieu a organisé sa « Première journée de la pierre et du patrimoine » dans le cadre des « Journées du patrimoine » (cf. note sur le « Blog Montpellier Villages »).

 

Ce dimanche 13 juin 2010, l’événement prendra une ampleur sans pareille, la Commune de Beaulieu s’associant pour son organisation à la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

 

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Cette collaboration est dans le droit fil de la politique mise en place par Georges Frêche, son Président et Yvon Pellet, son Vice-Président délégué à l’économie agricole, viticole, aux traditions populaires, à la ruralité et aux relations avec la chasse et la pêche.

 

La Communauté d’agglomération de Montpellier étoffe ainsi un, déjà impressionnant, programme mettant en avant la culture vivante locale :

-         Fête du Taureau (qui s’est tout récemment déroulée le 4 juin 2010 à Baillargues),

-         Fête des Rosés et des Blancs (il s’agit, vous l’aurez compris des vins du terroir et non pas de nos concitoyens plus ou assidus aux exercices de bronzage à la plage), dans toutes les caves particulières et coopératives périphériques de Montpellier, le dimanche 20 juin 2010,

-         Fête de la Tomate, le dimanche 5 septembre à Clapiers, dans le Parc municipal Claude Leenhardt,

-         Fête du Miel, le dimanche 26 septembre 2010 à Cournonsec,

-         Fête de l’Olive, le dimanche 3 octobre 2010 à Pignan,

-         Fête de la Vigne sur la Comédie fin novembre - début décembre.

 

La pierre fait pleinement partie de la culture populaire des alentours de Castries : Saint-Geniès des Mourgues, Restinclières, Sussargues, et bien sûr Beaulieu.

 

Des centaines d’emplois existaient auparavant et la mythique « Carrière Farrusseng » a résisté au lent endormissement de cette activité multiséculaire.

 

La pierre de taille fut l’utilisation la plus noble mais les restes de coupe servaient à la recharge des chemins et, de façon plus ancestrale encore, à la fabrication de la chaux.

 

Le fameux mortier romain – un quart de chaux, un quart de brique ou de tuile pilée (argile cuite), une moitié de sable souvent volcanique de type pouzzolane et un petite part de dégraissant (particules solides évitant un trop fort retrait au séchage comme dans les poteries de l’époque préhistorique) – est encore connu pour sa compacité et sa résistance.

 

Aujourd’hui, la pierre sert aussi aux sculpteurs, entre dans l’architecture moderne à côté du bois, de l’acier et du verre, mais aussi au travers de la chaux servant notamment à la confection de ces magnifiques enduits de façades ou de murs intérieurs maintenant revenus en grâce (bonne respiration, respect du support, assainissement de l’air, inégalable patine).

 

La pierre de Castries mérite donc d’être mieux connue et vaut le détour par Beaulieu, ce promontoire qui, sur son arête calcaire, domine un paysage agricole au Nord, à l’Est et à l’Ouest.

 

Programme de la 1ère Fête de la Pierre

 

A Beaulieu, entre la Mairie et l’Eglise, de 10 h à 18 h

 

Entrée libre

 

Des tailleurs de pierre, avec démonstration de leur art

Des exposants sur le thème de la pierre et de la construction

Des animations pour enfants tout au long de la journée

Une exposition sur le thème « Géologie, homme et patrimoine »

Des conférences

A 10 h 30 : « Du calcaire à la chaux, l’usage de la pierre dans la construction » avec Michel Dupin, Architecte Conseil,

A 15 h : « La pierre dans l’architecture contemporaine » avec l’Association Patrimoine et Architecture

Une découverte des carrières de Beaulieu, grâce à deux circuits commentés

Visite des anciennes carrières

Départ à 10 h 30 et 14 h 30 : circuit commenté par Nicolas Carayon, Archéologue

Départ à 11 h et à 15 h 30 : circuits avec les membres de la Commission Patrimoine de Beaulieu

Visite des carrières en activité : Ets Farrusseng et Proroch

A 10 h 30 – 11 h – 14 h 30 – 15 h 30

 

Tout au long de la journée, vente de produits du terroir et restauration sur place

08/06/2010

Assas à la page

Oui, le livre résiste à la déferlante multimédia.

 

En témoigne, le succès de la 8ème Journée du Livre à Assas le 29 mai 2010.

 

Une occasion pour les retardataires de choisir un cadeau pour la Fête des Mères du lendemain.

 

Les associations organisatrices (parents d’élèves, Club de lecture, et « Livres au Trésor ») ont proposé une manifestation colorée, accueillante et culturelle.

 

Le cadre moderne de la nouvelle salle des Crouzets a mis particulièrement en valeur les ouvrages, les auteurs, les expositions et les différentes créations.

 

Des ateliers pour les enfants dès 3 ans ont côtoyé les stands de livres.

 

Cette manifestation se veut en effet tournée vers les nouvelles générations.

 

C’est aussi le signe de la jeunesse de la première et deuxième couronne de Montpellier.

 

Le public a pu rencontrer des auteurs régionaux, à succès, à forte réputation ou à découvrir.

 

Les « Encadreurs nomades » ont présenté une remarquable exposition de livres sculptures, de livres objets d’art, de calligraphies et d’écriture anciennes, …

 

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Un travail artistique proche de celui du peintre :

collages, découpages, incrustations, grattages, etc.

 

Des bénévoles se sont chargés de proposer la collection des ouvrages des Ecologistes de l’Euzière retenus par la « Comédie du livre » à Montpellier.

 

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Les expositions ont mêlé les arts

 

Jean Gély, Maire de la commune d’Assas pendant plus de 30 ans et maintenant libéré de sa charge de premier magistrat, a dédicacé ses deux ouvrages, « La vie à Assas dans les années 30 et 40 », en compagnie de Marie-Anne et Bernard Boissier, illustrateurs et photographes.

 

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Jean Gély, maire honoraire d'Assas, en pleine séance de dédicace

 

Jean-Claude Bousquet, le très réputé géologue est venu avec une exposition minéralogique et son ouvrage-phare : « Les plus beaux sites de l’Hérault ».

 

Ont honoré de leur présence cette manifestation culturelle assadine :

 

-         Gerbert Bourély, auteur de romans historiques régionaux,

 

-         Christian Cayssiols, photographe des Matelles, auteur du livre « Le Pic Saint-Loup »,

 

-         André Gardies avec ses deux romans : les « Années de cendres » et « Le visiteur solitaire »,

 

-         Olivier Demoulin, ancien journaliste, auteur de romans policiers, avec notamment son dernier ouvrage « Orage maternel » qui a aussi présenté la collection de BD originales de la maison d’édition « Grrr…Art Editions » (avec notamment un jeune héros handicapé moteur),

 

-         Bernard Friot, écrivain, poète et traducteur,

 

-         Annie Murat, fondatrice des « Editions de Taillepage » et écrivaine (avec notamment les titres suivants : « Le Servan », « L’arbre à histoires », « Une vallée si profonde »),

 

-         Peggy Nille, illustratrice de livres pour la jeunesse.

 

Le livre à Assas c’est donc l’émotion, la rencontre, les contacts intergénérationnels, la beauté des histoires, des mots, des reliures, des dessins et des photos.

 

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Créations, couleurs, visuels et auteurs captent l'attention du visiteur 

06/06/2010

Réchauffement climatique, le triomphe de la forêt méditerranéenne ?

La forêt en Languedoc-Roussillon occupe 37 % du territoire régional en 2010 (contre 29 % seulement en 1980).

 

Elle est vouée à une fonction de production partout où il pleut suffisamment : Cévennes, Escandorgue, Espinouse, Somail, Montagne Noire et Pyrénées.

 

Ailleurs, comme au Nord de Montpellier ou sur la Gardiole, elle marque le paysage et offre une forêt méditerranéenne riche en essences, fortement anthropisée, fruit des activités millénaires de l’Homme, lieu de cueillette, de chasse, de promenade, de loisirs récréatifs mais aussi de façonnage de bois de feu.

 

Cette forêt qui recouvrait presque intégralement la France à l’aube du Moyen-âge a été fortement exploitée et défrichée jusqu’à l’ère post-industrielle.

 

Dans notre région, la forêt a fourni le combustible pour les verriers et les foyers domestiques, le pâturage pour les troupeaux, les écorces pour le tannage, des teintures pour les étoffes, le matériau pour la construction, les meubles et la fabrication du charbon de bois.

 

L’exploitation fut telle qu’en Languedoc-Roussillon la plupart des premiers reliefs succédant aux plaines apparaissaient comme désertiques.

 

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Ancienne garrigue pâturée déjà en voie de colonisation par la forêt

 

Depuis, la politique de reboisement du XXème siècle est passée par là et l’exode rural a fait cesser la pression qu’exerçaient nos ancêtres sur les milieux naturels.

 

Aujourd’hui, sur le plan écologique, les arbres et arbustes occupant la garrigue (que les savants nomment mattoral), le maquis sur substratum acide ou les chênaies vertes sur sols calcaires sont parfaitement adaptées aux conditions climatiques.

Mais qu’en sera-t-il si le changement climatique observé s’amplifie ?

 

C’est la question que s’est posée l’association « Arbres Formations », avec l’appui du Centre régional de la propriété forestière Languedoc-Roussillon (CRPF-LR), à la Bergerie municipale de Cournonterral, au mois de mai 2010.

 

L’association des Communes forestières de l’Hérault (COFOR34), l’interprofession du bois appelée ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (mèl), le Comité national pour le développement du bois (CNDB), le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, la Région Languedoc-Roussillon participaient à cette journée de réflexion regroupant propriétaires forestiers et élus locaux, ces derniers représentant notamment les forêts communales. 

Tout d’abord, l’état des lieux donne l’image d’une forêt régionale en forte expansion, insuffisamment exploitée d’où une accumulation du bois sur pied et des risques accrus d’incendie.

Les arbres se sont adaptés aux excès du climat méditerranéens : grand froid l’hiver et surtout canicule l’été, sècheresse en hiver et encore plus marquée en été, pluviométrie concentrée sur le printemps et l’automne avec des épisodes très intenses générant un ruissellement que la végétation ne peut capter que dans les bas-fonds.

Le changement climatique qui est vraisemblablement dû à l’augmentation de la teneur des gaz à effet de serre dans l’atmosphère s’est concrétisé par une augmentation des températures moyennes de 0,6 °C, au niveau mondial, et de 0,7 à 1,1 °C suivant les régions, en France.

 

Le GIEC prédit une augmentation en 2050 de 1,5 à 3,0 °C pour la zone méditerranéenne.

 

D’après ces experts, il n’y aurait pas de modification du niveau pluviométrique mais une accentuation des contrastes saisonniers : plus de sécheresse en été et plus de ruissellement au printemps comme à l’automne, donc globalement beaucoup moins d’eau réellement disponible.

 

Seul le Nord de la France recevrait plus d’eau en hiver contrairement au Sud.

 

Dans ces conditions, l’évapotranspiration serait en augmentation ce qui générera des dégâts liés à la sécheresse et des risques croissants d’incendies.

 

Toutefois, les maladies cryptogamiques comme la septoriose du châtaigner devraient régresser : car moins d’eau égale moins de champignon.

 

Les insectes devraient proliférer grâce à l’augmentation du nombre de générations annuelles (exemple du typographe dans le Nord de l’Hérault, comme par exemple dans le Pays Gangeois, avec 2 à 5 générations par an contre 1 seule en Suède).

 

Cependant, la coïncidence phénologique pourrait être bouleversée avec un risque que les insectes ne calent leurs cycles sur un nouveau calendrier.

 

Cela pourrait être avantageux si la tordeuse du chêne, habituellement calée sur le débourrement de cette essence, se réveille trop tôt.

Il est déjà constaté certaines années une migration de la chenille processionnaire du pin vers le cèdre.

 

D’ailleurs, cet hôte indésirable a déjà progressé en 20 ans de 60 km vers le Nord et devrait atteindre Paris vers 2020, avec des problèmes d’allergie exacerbés par la pollution urbaine à prévoir.

 

Sur le plan végétal, les dépérissements pour l’heure constatés peuvent généralement être expliqués par une ou plusieurs années de sécheresse et relèvent essentiellement de problèmes stationnels (essence sur un sol inadapté) ou concernent des espèces en limite de leur aire de prédilection :

-         le Douglas est menacé de disparition dans notre région comme l’est l’Abies grandis dans le Centre ou la Bourgogne,

-         les Pins sylvestres subissent une forte mortalité dans l’arrière-pays languedocien.

 

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 Chêne-vert attaqué par un parasite entraînant la nécrose de rameaux

 

Si la forêt est, à juste titre, considérée comme un puits de carbone majeur du fait de la photosynthèse, une année sèche peut s’avérer contreproductive : ainsi la forêt de la commune de Puéchabon, constituée essentiellement de taillis de chênes verts, a par exemple relargué plus de carbone en 2003 qu’elle n’en a capté.

 

Mais, d’autre part, le changement climatique c’est aussi 3 semaines de durée de végétation supplémentaires gagnées en 50 ans !

 

Les forestiers constatent une croissance plus forte des arbres (au prix d’un risque supplémentaire de gelée) : en effet, la température et la quantité de CO2 dans l’air disponible pour la photosynthèse ont crû.

 

L’aire méditerranéenne qui couvre actuellement 9 % du territoire français devrait s’étendre au détriment de l’aire atlantique pour couvrir en 2100 Midi-Pyrénées, l’essentiel du Massif Central et les Alpes de basse altitude, jusqu’à occuper 28 % du territoire national.

 

La mutation sera difficile.

 

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Cyprès toujours verts, à croissance lente,

mais bien adaptés aux conditions xériques

 

Les arbres habitués à plus d’eau réduiront leur croissance, limiteront leur feuillage (« microphyllie ») – un arbre est qualifié de dépérissant lorsque son houppier est réduit de plus de 50 % - et subiront même de la mortalité (« rougissement »).

 

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 Le chêne pubescent, ici avec son hôte le geai,

va régresser au profit du chêne-vert

 

Bien entendu, les essences méditerranéennes (chêne-vert, filaire, chêne kermès, pistachiers térébinthe et lentisque, olivier, etc.) prendront progressivement possession des terroirs dont le paysage va muter.

 

Le Pin pignon plus résistant à la chaleur que le Pin d’Alep va notamment s’étendre.

 

Enfin, le réchauffement climatique allié à la circulation automobile génère des précurseurs de l’ozone, ce dernier se concentrant à distance respectable des centres urbains, par exemple au large en Mer méditerranée, dans le Mercantour ou encore en Margeride.

 

Les dégâts d’ozone, bien caractérisés à proximité des usines en émettant, se retrouvent aussi sur des résineux dont les aiguilles sont marquées de taches jaunes et sur des feuillus dont les feuilles exposées subissent un phénomène de « bronzing ».

 

Pour les forestiers, le changement climatique va signifier :

-         un stress hydrique plus fréquent,

-         des risques de tempête, d’incendie et d’érosion accrus,

-         des gelées précoces au printemps et tardives en automne,

-         une croissance des problèmes sanitaires,

-         une réduction de la biodiversité.

 

Pou l’instant des études de vulnérabilité des peuplements au stress hydrique sont en cours.

 

Les forestiers savent qu’ils devront adapter leurs méthodes de sylviculture.

 

Peut-être faudra-t-il anticiper la récolte de certains bois sans avenir ?

 

Peut-être faudra-t-il s’orienter vers la futaie claire même si elle peut poser des problèmes d’embroussaillement et donc des risques d’incendie.

 

Il faudra penser régénération naturelle en s’appuyant sur les plants issus des semenciers en place les plus résistants.

 

Il faudra appliquer une gestion adaptée aux lisières des massifs boisés en les éclaircissant pour éviter les turbulences lors des coups de vents et donc les chablis.

 

Il pourra être nécessaire de raccourcir les révolutions et donc de valoriser les bois jeunes qui possèdent plus de nœuds mais aussi plus d’obier.

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 Futaie de pin d'Alep menacée à terme par le réchauffement climatique

Enfin, il se peut que la production de bois croisse : reste à valoriser ce bois en bois-énergie, bois-construction et en nouveaux agrégats alimentant la production de panneaux bois et la chimie verte.