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12/07/2010

25.000 livres pour le Bénin

Qu’est ce qui est le plus précieux pour l’Humanité ?

 

C’est bien entendu l’éducation.

 

Si ce n’est plus la priorité du Président Sarkozy ni du Gouvernement Fillon qui désinvestit dans un secteur qui commande pourtant la richesse (ou la pauvreté) de demain, c’est toujours en revanche la priorité de nombreuses collectivités territoriales.

 

C’est le cas pour la Municipalité de Clapiers qui consacre l’essentiel de son budget de fonctionnement à l’éducation.

 

Cette priorité facilite grandement la coopération décentralisée débutée avec la Commune d’Akpro-Missérété au Bénin qui mise elle aussi sur l’économie du savoir.

 

Le Bénin compte 9 millions d’habitants sur une superficie égale à un 5ème de celle de la France.

 

Le PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat, s’établit à environ 1.500 € au Bénin contre environ 36.000 € en France (soit un rapport de 1 à 24).

 

L’espérance de vie atteint 53 ans contre 46 ans en moyenne en Afrique, tandis que le taux d’analphabétisme s’élève à 60 % contre seulement 37 % en moyenne en Afrique.

 

Ce retard dans la scolarisation des enfants, la Commune d’Akpro-Missérété entend le combler à marche forcée, consciente des enjeux en terme de développement économique et social.

 

Akpro-Missérété compte 80.000 habitants, dont 25.000 enfants scolarisés (le pays est jeune et la démographie galopante).

Cette collectivité jouxte la Commune de Porto-Novo, capitale du pays, située en bord de mer plus au Sud.

 

Il existe, sur cette commune, plusieurs dizaines d’écoles maternelles et surtout primaires, ainsi que plusieurs « CEG » (collèges d’enseignement général), dont certains possèdent, ou ambitionnent de proposer, un second cycle (le niveau lycée).

 

Une délégation constituée de deux élus clapiérois (Nathalie Grondin et Michel Chastaing), d’un franco-béninois initiateur du rapprochement (Eric Gbaguidi) et d’un franco-burkinabé (Irénée Domboué) s’est rendue, fin avril 2010, dans la commune d’Akpro-Missérété rendant la visite effectuée par leurs homologues en avril 2009.

 

La délégation clapiéroise a pu visiter plusieurs établissements scolaires.

 

Un constat détaillé de la situation a pu être établi.

 

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Ecole maternelle et sa salle de classe unique en semi plein-air

 

 

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 Une classe primaire dans une salle en banco

 

 

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 Collège non doté d'un second cycle

 

 

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Elève lisant le discours de bienvenue et présentant les besoins de son école

 

 

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La délégation clapiéroise visitant, en avril 2010, un nouveau collège,

comptant 300 élèves (6ème et 5ème), en pleine forêt

 

 

Les établissements scolaires sont bien répartis sur le territoire d’Akpro-Missérété (75 écoles primaires et 11 maternelles pour le public contre respectivement 18 et 3 pour le privé / 21.429 élèves dans le public pour 3.572 dans le privé / 178 enseignants payés par l’Etat, 201 agents contractuels et 10 stagiaires).

 

Toutefois, ces établissements offrent une capacité d’accueil insuffisante.

 

La lutte pour la scolarisation des filles porte en revanche ses fruits.

 

La restauration scolaire, organisée par des cuisinières libérales, n’est pas présente partout.

 

Les frais de scolarité de l’ordre de 30 € par an sont pénalisants pour les familles, dont certaines dépendent sur ce point de la solidarité publique.

 

Les bâtiments peuvent être en charpente et feuilles de palmiers, en banco non crépi donc facilement érodé par les pluies, en béton armé brut dont les fers sont saillants dans l’attente d’une éventuelle extension à l’étage avec création subséquente d’une coursive en forme de balcon, groupes scolaires modernisés, moins chauds à fréquenter, peints, avec des claustra et un toit plus haut couvert de tôles rutilantes.

 

Bref, l’état du parc peut être qualifié de « à reconstruire » dans un quart des cas, « à requalifier » dans deux tiers des cas et « rustique mais satisfaisant » pour les quelques récentes constructions.

 

La Commune est compétente en matière d’enseignement primaire et fait de gros efforts financiers dans le domaine.

 

Cependant, les nouvelles constructions, ou reconstructions, sont en partie à la charge des parents, de bienfaiteurs Béninois ou d’ONG internationales.

 

L’Etat est en partie défaillant en ne fournissant pas le nombre d’enseignants nécessaire : de ce fait, la Commune se substitue en recrutant des enseignants vacataires.

 

L’Etat est responsable des collèges d’enseignement généraux (appelés CEG) mais peine à fournir les moyens suffisants.

 

Le CEG le plus ancien a 50 ans et le plus récent a ouvert ses portes à la dernière rentrée d’octobre 2009.

 

Les fournitures scolaires, comme le matériel didactique, peuvent être réduits à leur plus simple expression.

 

Des salles de classe sont livrées mais attendent du mobilier pour être opérationnelles.

 

Des rotations d’élèves sont nécessaires dans certains établissements, faute d’enseignants et de places assises suffisantes.

 

Les besoins en bibliothèques ont été signalés partout.

 

Certaines écoles sont électrifiées (mais la plupart ne sont pas éclairées ce qui limite l’amplitude de l’apprentissage) et quelques-unes bénéficient du téléphone ou d’une couverture Wi-Max permettant l’utilisation de la messagerie électronique (si bien entendu du matériel informatique est disponible).

 

Le CEG de l’arrondissement Centre est intéressé par des échanges Sud-Nord et possède une radio, outil pédagogique très valorisant.

Le champ potentiel de coopération entre élèves en France et au Bénin semble large.

 

Notamment, tout apport en matériel ou en infrastructure (construction de bâtiments ou de latrines, creusement de puits, électrification) serait utile.

 

Partout, une forte pénurie de livres s’est faite jour.

 

C’est pourquoi, la Commune de Clapiers s’est lancée dans une grande collecte de livres.

 

L’école Victor Hugo de Clapiers, les collèges François Mitterrand de Clapiers, Pierre Mendès-France de Jacou, de la Voie Domitienne au Crès, les lycées Frédéric Bazille-Agropolis de Montpellier et Georges Pompidou de Castelnau le Lez ont fourni des livres issus de leurs centres de documentation et d’information.

 

Les habitants de Clapiers, sollicités par les média municipaux, ont apporté en mairie plusieurs milliers de romans, livres pour enfants et pour adolescents.

 

La Région-Languedoc Roussillon a, quant à elle, donné près de 20.000 manuels scolaires, après avoir fait montre d’une réactivité organisationnelle extrême.

 

Une convention a été signée par la Région avec le Président de l’Association Amitié France Bénin, René Ahivi (Association « Amitié France Bénin » - BP 34 – 34660 Cournonterral).

 

Des bénévoles ont contribué aux transferts des livres dont Peter Kroger de Clapiers et Nino Métowanou, Président de l’Association montpelliéraine ABEM-ENANGNON.

 

Ces deux associations développent des actions culturelles, caritatives et humanitaires.

 

Tous les ouvrages collectés, au nombre d’environ 25.000, ont été chargés, avec l’aide des Services techniques de la Ville de Clapiers, dans 10 bus de ville réformés achetés, après accord de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, par la Commune d’Akpro-Missérété à TAM (Transport de l’Agglomération Montpelliéraine) pour organiser un service public de transport en commun local et international.

 

C’est à Akpro-Missérété qu’ont été inventés les taxis motos, appelés « zémidjans », (il y en à ce jour 3.200 recensés sur cette commune) : ces derniers se sont depuis étendus à toute l’Afrique.

 

L’augmentation des échanges de marchandises, du nombre de motos et du parc automobile appelle le développement du transport public pour éviter la thrombose de l’axe traversant Akpro-Missérété et menant, à partir du port de Cotonou, vers le Burkina-Faso le Niger et le Tchad, pays sans façade maritime.

 

Les bus et les livres collectés en France ont été acheminés vers le Bénin via le Port de Sète, après embarquement dans un bateau en mode ro-ro (les bateaux rouliers sont des navires dédiés au transport d’engins roulants ou tractables).

 

Comme dans l'émouvant et inoubliable film, "Si tous les gars du Monde" (1956) de Christian-Jaque, les bénévoles, les élus et les institutions se sont mobilisés très rapidement et, en moins d'une semaine, l'opération de transfert des livres a été finalisée.

 

Tous les donateurs ont la satisfaction de savoir que tous ces ouvrages bénéficieront, dès la rentrée scolaire d’octobre, aux enfants d’Akpro-Missérété et aux lycéens de 8 communes (Adjarra, Adjohoun, Aguégués, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Sakété).

 

Tous ces élèves ont une grande soif de savoir et ces livres leurs seront précieux.

 

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Trois bus de ville en cours de chargement en juillet 2010

 

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 Palettes de manuels scolaires donnés par la Région Languedoc-Roussillon

 

 

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 Chargement à l'arrière d'un bus de cartons pleins de livres

 

 

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Chargement de la partie centrale d'un bus

 

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Livres en piles bloqués par des palettes et des cartons

 

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La pause (et la pose pour la photo) après l'effort

 

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Une partie de l'équipe de chargement

Commentaires

Bonjour, nous sommes un groupe d'etudiant et nous sommes en partenariat avec une association pour des envois au Benin. nous souhaiterions donc avoir des informations sur vos moyens de transport quel compagnie vous avez contacté et si le transport a été payant ou seulement sur une partie.
Merci d'avance.

Cordialement
Yveline AUGUSTIN

Écrit par : augustin | 04/01/2011

Bonjour Yvelyne Augustin,
La collecte a été faite par des bénévoles.
Ensuite la Commune de Clapiers a fourni plusieurs employés municipaux et un camion pour transférer les livres sur le site de la Société des bus de ville à Montpellier.
Nous avons mis les livres dans les bus qui ont servi de container.
La société de transport a conduit, un par un, les bus au Port de Sète.
Les bus de ville ont été payés environ 3.500 € l'unité par la Commune d'Akpro-Missérété qui s'est acquittée d'un coût de transport unitaire de l'ordre de 4.000 € (bâteau).
Ces bus sont des bus "reconditionnés", moteurs refaits, qui peuvent encore rouler 200.000 km.
D'autre part, l'Association Amitié France-Bénin, dont le siège est à Cournonterral (Hérault, à l'Ouest de Montpellier) et qui est présidée par René Ahivi, envoie tous les ans, ou presque, un container au Bénin avec des dons collectés : le mieux serait de le contacter (il est dans l'annuaire).
Concernant l'embarquement des bus sur un bâteau "roro", c'est Eric Gbaguidi, Béninois de Montpellier, qui s'en est occupé : il est actuellement au Bénin et le mieux est d'attendre une quizaine de jours son retour (06.20.60.63.03).
Cordialement.
Michel Chastaing

Écrit par : Michel Chastaing | 04/01/2011

Bonsoir,
Lors de la soirée de lancement de notre association APES, à Teyran, nous n'avons pas eu le temps d'échanger avec vous. Merci de nous faire parvenir votre mail ainsi que les photos que vous avez prises, afin que l'on puisse envisager des projets partenariaux.
Merci .

Écrit par : Cheikh et Delphine LO | 19/02/2011

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