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30/07/2010

Revenu de Solidarité Active : un choix technocratique

Le Revenu minimum d’insertion (RMI) créé le 1er décembre 1988 et l’Allocation de parent isolé (API) ont été remplacés au 1er juillet 2009 par le Revenu de solidarité active (RSA).

 

Ce minimum social cible aussi le public des travailleurs pauvres.

 

L’intention du Gouvernement Fillon était d’inciter les chômeurs à trouver une activité rémunérée sans perdre leur allocation précédente.

 

Malheureusement, loin de moderniser la solidarité de la Nation vis-à-vis de ceux qui n’ont rien, ce nouveau dispositif s’avère une mesure technocratique qui expose les plus nécessiteux à des démarches administratives inutiles.

 

Or, une majoration de la Prime pour l’emploi (PPE) aurait permis, à l’identique, d’apporter le complément de revenu aux bénéficiaires de minima sociaux retrouvant un emploi comme aux travailleurs sous le seuil de pauvreté.

 

Rappelons que la PPE (après avoir été dans le collimateur du Gouvernement Fillon) est maintenue, que son coût a été pour la Collectivité de 4,2 milliards d’€ en 2008, qu’elle bénéficie à 1 foyer sur 4 et à 9 millions de personnes, qu’elle apporte un supplément de revenu moyen annuel de 480 € par personne et un peu plus de 1.000 € pour un foyer fiscal (moyennes 2007), que son montant peut atteindre 948 € pour chaque actif (valeur en 2007), que 6 % des travailleurs pauvres sont sortis de la pauvreté grâce à elle et qu’enfin 90 % des Français connaissent son mécanisme.

 

Alors que la PPE est un crédit d’impôt calculé automatiquement, sur la base des revenus du travail, par informatique, donc d’un coût d’instruction quasiment nul pour la Société, le RSA oblige au dépôt d’un dossier, à des déplacements pour le demandeur et à une instruction par un service spécialisé.

 

Le coût de la gestion du RSA est ainsi disproportionné par rapport au bénéfice tiré par les bénéficiaires (montant moyen de l’allocation en septembre 2009 de 422 €/mois et de 157 €/mois pour les foyers à nouveaux droits, c’est-à-dire précédemment non allocataires du RMI).

 

Pendant que l’on fréquente un guichet, de plus en plus éloigné de son domicile du fait de la politique de suppression des services publics de proximité, on est dans l’incapacité de passer ce temps à rechercher un emploi ou à travailler.

 

Le Gouvernement Fillon a lui-même reconnu que les procédures d’attribution du RSA étaient très complexes et souhaitent prendre des mesures de simplification dès septembre 2010.

 

Cette lourdeur technocratique est une des raisons de la lente montée en puissance du dispositif, beaucoup de bénéficiaires potentiels ayant volontairement différé leur demande d’inscription.

 

A ce sujet, le bilan financier est assez parlant.

 

Alors que Martin Hirsch, l’initiateur du RSA, souhaitait au départ mobiliser un budget de 2 à 3 milliards d’euros, l’intéressé disait ensuite se satisfaire d’une dépense de 1,5 milliards en 2009.

 

Or, le nouveau dispositif a rapporté plus d’argent que ce qu’il a coûté en 2009 !

 

En effet, les 1,1 % de taxe supplémentaire sur les revenus du capital (patrimoine et assurances vie) ont été appliqués dès le 1er janvier 2009.

 

Cet impôt a touché 12 millions de ménages (soit 1/3 des ménages français notamment de la classe moyenne), excepté bien entendu ceux protégés, fort opportunément, par le bouclier fiscal, voté en juillet 2007.

 

Ces 1,1 % ont rapporté 833 millions d’euros en 2009.

 

L’Etat a aussi annulé, exceptionnellement, en 2009, le versement de la Prime pour l’emploi aux bénéficiaires du RSA, d’où un gain complémentaire d’environ 250 millions d’euros.

 

Le coût du RSA ayant été de seulement 774 millions d’euros, le Gouvernement a bénéficié en 2009 d’un bonus financier de près de 300 millions d’euros, grâce au RSA !

 

Les 774 millions de dépenses sont à comparer aux 1.500 millions espérés par Martin Hirsch, ce qui montre le retard pris dans la montée en puissance du dispositif.

 

Fin 2009, d’après la Caisse Nationale d’Allocations Familiales et la Mutualité Sociale Agricole, services instructeurs du dispositif, le nombre d’allocataires s’est établi en France métropolitaine à :

-         1.131.354 pour le « RSA socle » seul (ex RMI et API estimée à 15 % environ du total),

-         182.566 pour le « RSA socle » + le complément « RSA Activité » (62 % du montant des rémunérations du travail jusqu’à atteindre éventuellement le seuil de pauvreté égal à approximativement 880 €),

-         416.234 pour le « RSA activité ».

 

Sur ce total de 1.730.154 bénéficiaires, 57,6 % sont des femmes et 40,4 % sont des personnes seules.

 

Dans l’Hérault, les chiffres donnent respectivement : 29.791, 4.996, 9.228 pour un total de 44.015.

 

Si l’on tente, au niveau national, une comparaison avec le nombre de Rmistes fin 2008, soit environ 1.150.000 et de bénéficiaires de l’API, au nombre approximatif de 150.000, publics aisément transférés sur le nouveau dispositif, on retrouve le même nombre que pour le « RSA socle » (environ 1.300.000).

 

La plus-value du dispositif ne saute donc pas aux yeux.

 

On est vraisemblablement loin de l’objectif de Martin Hirsch d’avoir favorisé l’emploi, 18 mois après le début du dispositif, de 100.000 allocataires du RMI.

 

On est encore plus loin de son second objectif de faire sortir 700.000 travailleurs de la précarité en dépassant le seuil de pauvreté (les 400.000 bénéficiaires du « RSA activité » ne dépassent pas tous ce seuil).

 

Sur le plan idéologique, la mise en place du RSA s’est inscrite dans l’application du slogan « Travailler plus, pour gagner plus » puisqu’auparavant un petit salaire venait en déduction des minima sociaux.

 

Le RSA participait aussi de la théorie libérale du « chômage volontaire » qui impute la responsabilité de son inactivité à celui qui la subit.

Or, le choix de ne pas travailler est essentiellement contraint par des raisons de santé.

 

En outre, les chômeurs butent dans leur recherche d’activité sur des offres d’emplois peu nombreuses et sur les effets de leur formation souvent inadaptée.

 

Enfin, les demandeurs d’emploi, dont les allocataires des minima sociaux, se plaignent de  rémunérations horaires jugées trop faibles.

 

Le RSA incite à l’évidence les employeurs à moins payer leurs salariés puisqu’il supplée en partie à ce déficit d’émolument.

 

Le Gouvernement Fillon donne à l’envi des signaux en ce sens en parlant de coût de main d’œuvre trop élevé en France, de charges – terme impropre par ailleurs puisqu’il s’agit de cotisations – sociales trop lourdes ou encore en n’augmentant le SMIC que de l’inflation sans « coup de pouce ».

 

Or, tout salarié, toute profession libérale, tout travailleur indépendant aspire à vivre décemment du fruit de son travail.

 

L’ambition des Français n’est donc pas de « Travailler plus pour gagner plus» mais de « Pouvoir vivre décemment de leur travail ».

 

Le RSA est donc l’accompagnement d’une politique salariale défavorable aux travailleurs.

 

Cette austérité salariale décourage le retour à l’emploi des chômeurs et génère une masse de travailleurs pauvres tandis que le « RSA activité » vient faire « passer la « pilule ».

23/07/2010

L’emballement du crédit

Alors qu’une dure crise économique a logiquement succédé à la crise financière, la croissance de l’endettement en France, mais aussi dans le Monde, fait peser de lourdes menaces sur l’avenir.

 

En effet, la dette accumulée dans notre pays a atteint globalement, fin 2009, près de 3.800 milliards d'euros !

 

C'est ce que doivent l'ensemble des « agents non financiers résidents » : personnes physiques et personnes morales y compris les administrations mais exceptées les banques.

 

1.500 milliards correspondent aux emprunts de l’Etat (essentiellement) et des autres administrations publiques.

 

800 milliards correspondent aux encours mobilisés par les entreprises (310 pour l’immobilier, 240 pour les Petites et Moyennes Entreprises, 120 pour les grandes entreprises et 130 pour les holdings détenant des participations dans d’autres sociétés).

 

1.000 milliards sont dus aux organismes financiers par les particuliers.

 

Pour mémoire, les Collectivités territoriales ont emprunté environ 110 milliards d’€, ce qui est relativement marginal.

 

Le niveau global de l’endettement en France laisse songeur.

 

Acteur économique par acteur économique, il représente :

-         pour l’Etat, plus de 4 années de ses recettes (ou de façon moins parlante, en tenant aussi compte de l’endettement de toutes les autres administrations publiques, 81 % du Produit Intérieur Brut en 2009 contre 60 % en 2000 et moins de 10 % en 1983 sous le septennat de François Mitterrand avec environ à peine 150 milliards d’€ en euros courants de dettes),

-         pour les entreprises, 125 % de la valeur ajoutée qu’elles créent annuellement,

-         pour les particuliers, 75 % de leur revenu disponible brut (contre seulement 53 % en l’an 2000).

 

C’est cet emballement du crédit qui devient dangereux.

 

Le surendettement aboutit en effet souvent à la défaillance de remboursement.

 

Cette insolvabilité peut entraîner un effet boule de neige qui déstabilise toute l’économie.

 

Or qui paye in fine les intérêts de tous ces emprunts ?

 

Tout simplement :

-         les contribuables au travers des impôts car les intérêts sont des charges de fonctionnement pour l’Etat (ce poids repose essentiellement sur les salariés et les professions indépendantes pour les impôts directs et sur les consommateurs au travers de la TVA),

-         les consommateurs car les intérêts payés par les entreprises sur leurs emprunts sont un élément de prix de revient venant majorer le prix de vente (les entreprises reportent aussi les impôts qu’elles payent sur le prix de vente pour couvrir en partie les intérêts dus par l’Etat),

-         les particuliers pour leurs crédits à la consommation ou d’accession à la propriété immobilière.

 

Globalement, ce sont les ménages qui payent la quasi-totalité de ces intérêts aux banques.

 

Comme la dette en France représente, toutes sources confondues, près de 150.000 € par ménage, cela signifie qu’en moyenne un ménage français consacre l’équivalent de 6 mois de SMIC à payer les intérêts versés aux banques.

 

Ce calcul est basé sur un taux d’intérêt moyen proche de 4 % : on comprend mieux pourquoi une instabilité durable, « à la grecque », avec des taux d’intérêt flambant autour de 10 %, nous serait insoutenable (chaque ménage devant alors s’acquitter en moyenne de 15 SMIC mensuels par an !).

 

Il va donc falloir se déshabituer d’une inflation sans fin du crédit.

 

Sinon, le système capitaliste court tôt ou tard à sa perte et à une perte fracassante du type de la longue crise issue du krach boursier de 1929.

 

C’est inéluctable car nous sommes dans un Monde où les pays riches ne sont plus les seuls à alimenter cette spirale inflationniste : d’autres pays émergents y contribuent aujourd’hui.

 

Malheureusement, que fait une entreprise pour vendre davantage ? Elle propose un crédit à ses clients.

 

Qu’a proposé le candidat Sarkozy à la Présidentielle ? Inciter au prêt à la consommation et proposer aux particuliers des prêts hypothécaires immobiliers avec l’objectif que tous les Français deviennent propriétaires de leur habitation.

 

Que propose le Gouvernement Fillon ? Lancer un grand emprunt national.

 

Que propose la Banque Centrale Européenne ? Baisser les taux d’intérêt pour faciliter l’accès aux crédits pour les banques et pour les autres acteurs économiques, afin de sauver des entreprises de la faillite et tenter de soutenir l’économie.

 

Le remède institutionnel à la crise, ouvrir les vannes du crédit, concourt donc à augmenter l’endettement et contribue de ce fait à une toujours plus grande fragilisation de la solvabilité des acteurs économiques.

 

C’est un cercle vicieux, un jeu dangereux, pouvant mener à l’implosion du système.

 

En outre, au fur et à mesure de la croissance de la dette, c’est le tribu à payer par le travail à la rente qui croît.

 

Nous nous retrouvons ainsi dans une société où les revenus du capital prennent inexorablement le pas sur les revenus du travail.

 

Lorsque l’économie réelle croît au rythme d’une moyenne de 2,5 % par an, la création monétaire issue de la croissance du crédit atteint un rythme moyen de 6 %.

 

A force, les intérêts, proportionnels aux crédits accordés, deviendront insoutenables pour ceux qui travaillent et créent la richesse : c’est strictement mathématique.

 

Dans ces conditions jusqu’où les Français, qui ont sauvé les banques il y a quelques mois, via l’Etat qui est leur émanation, accepteront-ils de sacrifier leurs revenus au profit des actionnaires ?

 

Cela pose donc à nouveau le débat sur l’opportunité de nationaliser les banques pour que les intérêts payés par les emprunteurs puissent financer le budget de l’Etat.

 

Ces nationalisations, inéluctables si une deuxième crise financière majeure advenait dans les mois prochains, nécessiteraient toutefois une rigueur de gestion que nous n’avons pas connu par le passé.

 

Tout l’enjeu consiste en fait à ce que les organismes financiers soient gérés dans l’intérêt général et pas de celui d’actionnaires ni de celui d’un Etat qui voudrait se donner trop facilement des marges de manœuvre.

 

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Endettement de l’Etat français et des autres administrations publiques (Source : Wikipedia)

16/07/2010

Trouble-fête

Les comités des fêtes d’Assas et de Jacou ont préparé depuis plus de 6 mois les fêtes votives sur leurs communes respectives.

 

Si elles ont commencé dans une ambiance bon enfant et familiale, elles ont chacune connu un épilogue violent qui découragerait n’importe quel bénévole.

 

L’organisation de ces festivités repose en effet sur la bonne volonté, l’implication et la générosité de volontaires qui se fédèrent pour apporter à la jeunesse et à leur village des moments de partage inoubliables.

 

C’est sans compter sur quelques trublions, asociables, qui considèrent ces moments comme un exutoire, l’occasion de laisser parler leur triste nature, de régler des comptes futiles.

 

La Féria de Jacou a dû ainsi être écourtée, avec tristesse, suite une bagarre tardive, avec à la clef des blessés.

 

Le Club taurin organisateur, le Fé di Biou, désarçonné, s’est dissout dans la foulée et il n’est pas certain que le flambeau soit repris l’année prochaine, compte tenu des risques encourus.

 

De même, à Assas, un groupe a dégradé des voitures, empoisonnant l’ambiance.

 

Pourtant, dans les deux cas, l’organisation était particulièrement millimétrée, démontrant le professionnalisme de ces nombreux bénévoles.

 

Les animations taurines, encierros et autres bandidos, risquées par nature, ont été parfaitement maîtrisées par les manades et les organisateurs : pas la moindre blessure engendrée par les chevaux ou les taureaux.

 

Ce n’est donc pas la force bestiale qui était à craindre mais la bêtise humaine de quelques individus.

 

Ces dangers de violence hantent encore les mémoires des anciens Teyrannais et Clapiérois, leurs fêtes votives s’étant terminées tragiquement il y a une vingtaine d’années.

 

Depuis, Clapiers programme des événements festifs mais pas de fête traditionnelle tandis que Teyran n’a repris que cette année, au tout début du mois de juillet.

 

Malgré des vigiles, malgré la présence de la Police municipale, malgré l’intervention rapide des gendarmes tout proches, malgré la convention tripartite signée entre la Mairie, la Gendarmerie et le Comité des fêtes sensibilisant les parties et mettant en œuvre des mesures de prévention cohérentes, quelques trouble-fête peuvent gâcher le plaisir de centaines de personnes.

 

Le pire est que la responsabilité des élus locaux et des bénévoles est facilement invoquée par les tribunaux.

 

C’est une anomalie de notre droit où une entreprise se verrait dédommager pour une entrave à l’exercice de son activité mais pas les structures de bénévoles dans le cadre d’activités exceptionnelles.

 

Or, on attend toujours une jurisprudence qui fasse endosser la responsabilité de l’interruption d’une fête aux casseurs (manque à gagner à la buvette et à la restauration, frais d’annulation de l’orchestre et des spectacles taurins).

 

On attend toujours une proposition de loi de la part des députés du secteur, clairement très loin des priorités de nos concitoyens - « sécurité, logement, travail » - pour enfin faire endosser la responsabilité aux vrais fautifs.

 

Pourtant que la fête fut belle à Assas comme à Jacou !

 

Quelques photos prises à Jacou suffiront de s’en persuader.

 

 

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Crédit photographique : Michel Chastaing

12/07/2010

25.000 livres pour le Bénin

Qu’est ce qui est le plus précieux pour l’Humanité ?

 

C’est bien entendu l’éducation.

 

Si ce n’est plus la priorité du Président Sarkozy ni du Gouvernement Fillon qui désinvestit dans un secteur qui commande pourtant la richesse (ou la pauvreté) de demain, c’est toujours en revanche la priorité de nombreuses collectivités territoriales.

 

C’est le cas pour la Municipalité de Clapiers qui consacre l’essentiel de son budget de fonctionnement à l’éducation.

 

Cette priorité facilite grandement la coopération décentralisée débutée avec la Commune d’Akpro-Missérété au Bénin qui mise elle aussi sur l’économie du savoir.

 

Le Bénin compte 9 millions d’habitants sur une superficie égale à un 5ème de celle de la France.

 

Le PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat, s’établit à environ 1.500 € au Bénin contre environ 36.000 € en France (soit un rapport de 1 à 24).

 

L’espérance de vie atteint 53 ans contre 46 ans en moyenne en Afrique, tandis que le taux d’analphabétisme s’élève à 60 % contre seulement 37 % en moyenne en Afrique.

 

Ce retard dans la scolarisation des enfants, la Commune d’Akpro-Missérété entend le combler à marche forcée, consciente des enjeux en terme de développement économique et social.

 

Akpro-Missérété compte 80.000 habitants, dont 25.000 enfants scolarisés (le pays est jeune et la démographie galopante).

Cette collectivité jouxte la Commune de Porto-Novo, capitale du pays, située en bord de mer plus au Sud.

 

Il existe, sur cette commune, plusieurs dizaines d’écoles maternelles et surtout primaires, ainsi que plusieurs « CEG » (collèges d’enseignement général), dont certains possèdent, ou ambitionnent de proposer, un second cycle (le niveau lycée).

 

Une délégation constituée de deux élus clapiérois (Nathalie Grondin et Michel Chastaing), d’un franco-béninois initiateur du rapprochement (Eric Gbaguidi) et d’un franco-burkinabé (Irénée Domboué) s’est rendue, fin avril 2010, dans la commune d’Akpro-Missérété rendant la visite effectuée par leurs homologues en avril 2009.

 

La délégation clapiéroise a pu visiter plusieurs établissements scolaires.

 

Un constat détaillé de la situation a pu être établi.

 

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Ecole maternelle et sa salle de classe unique en semi plein-air

 

 

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 Une classe primaire dans une salle en banco

 

 

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 Collège non doté d'un second cycle

 

 

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Elève lisant le discours de bienvenue et présentant les besoins de son école

 

 

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La délégation clapiéroise visitant, en avril 2010, un nouveau collège,

comptant 300 élèves (6ème et 5ème), en pleine forêt

 

 

Les établissements scolaires sont bien répartis sur le territoire d’Akpro-Missérété (75 écoles primaires et 11 maternelles pour le public contre respectivement 18 et 3 pour le privé / 21.429 élèves dans le public pour 3.572 dans le privé / 178 enseignants payés par l’Etat, 201 agents contractuels et 10 stagiaires).

 

Toutefois, ces établissements offrent une capacité d’accueil insuffisante.

 

La lutte pour la scolarisation des filles porte en revanche ses fruits.

 

La restauration scolaire, organisée par des cuisinières libérales, n’est pas présente partout.

 

Les frais de scolarité de l’ordre de 30 € par an sont pénalisants pour les familles, dont certaines dépendent sur ce point de la solidarité publique.

 

Les bâtiments peuvent être en charpente et feuilles de palmiers, en banco non crépi donc facilement érodé par les pluies, en béton armé brut dont les fers sont saillants dans l’attente d’une éventuelle extension à l’étage avec création subséquente d’une coursive en forme de balcon, groupes scolaires modernisés, moins chauds à fréquenter, peints, avec des claustra et un toit plus haut couvert de tôles rutilantes.

 

Bref, l’état du parc peut être qualifié de « à reconstruire » dans un quart des cas, « à requalifier » dans deux tiers des cas et « rustique mais satisfaisant » pour les quelques récentes constructions.

 

La Commune est compétente en matière d’enseignement primaire et fait de gros efforts financiers dans le domaine.

 

Cependant, les nouvelles constructions, ou reconstructions, sont en partie à la charge des parents, de bienfaiteurs Béninois ou d’ONG internationales.

 

L’Etat est en partie défaillant en ne fournissant pas le nombre d’enseignants nécessaire : de ce fait, la Commune se substitue en recrutant des enseignants vacataires.

 

L’Etat est responsable des collèges d’enseignement généraux (appelés CEG) mais peine à fournir les moyens suffisants.

 

Le CEG le plus ancien a 50 ans et le plus récent a ouvert ses portes à la dernière rentrée d’octobre 2009.

 

Les fournitures scolaires, comme le matériel didactique, peuvent être réduits à leur plus simple expression.

 

Des salles de classe sont livrées mais attendent du mobilier pour être opérationnelles.

 

Des rotations d’élèves sont nécessaires dans certains établissements, faute d’enseignants et de places assises suffisantes.

 

Les besoins en bibliothèques ont été signalés partout.

 

Certaines écoles sont électrifiées (mais la plupart ne sont pas éclairées ce qui limite l’amplitude de l’apprentissage) et quelques-unes bénéficient du téléphone ou d’une couverture Wi-Max permettant l’utilisation de la messagerie électronique (si bien entendu du matériel informatique est disponible).

 

Le CEG de l’arrondissement Centre est intéressé par des échanges Sud-Nord et possède une radio, outil pédagogique très valorisant.

Le champ potentiel de coopération entre élèves en France et au Bénin semble large.

 

Notamment, tout apport en matériel ou en infrastructure (construction de bâtiments ou de latrines, creusement de puits, électrification) serait utile.

 

Partout, une forte pénurie de livres s’est faite jour.

 

C’est pourquoi, la Commune de Clapiers s’est lancée dans une grande collecte de livres.

 

L’école Victor Hugo de Clapiers, les collèges François Mitterrand de Clapiers, Pierre Mendès-France de Jacou, de la Voie Domitienne au Crès, les lycées Frédéric Bazille-Agropolis de Montpellier et Georges Pompidou de Castelnau le Lez ont fourni des livres issus de leurs centres de documentation et d’information.

 

Les habitants de Clapiers, sollicités par les média municipaux, ont apporté en mairie plusieurs milliers de romans, livres pour enfants et pour adolescents.

 

La Région-Languedoc Roussillon a, quant à elle, donné près de 20.000 manuels scolaires, après avoir fait montre d’une réactivité organisationnelle extrême.

 

Une convention a été signée par la Région avec le Président de l’Association Amitié France Bénin, René Ahivi (Association « Amitié France Bénin » - BP 34 – 34660 Cournonterral).

 

Des bénévoles ont contribué aux transferts des livres dont Peter Kroger de Clapiers et Nino Métowanou, Président de l’Association montpelliéraine ABEM-ENANGNON.

 

Ces deux associations développent des actions culturelles, caritatives et humanitaires.

 

Tous les ouvrages collectés, au nombre d’environ 25.000, ont été chargés, avec l’aide des Services techniques de la Ville de Clapiers, dans 10 bus de ville réformés achetés, après accord de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, par la Commune d’Akpro-Missérété à TAM (Transport de l’Agglomération Montpelliéraine) pour organiser un service public de transport en commun local et international.

 

C’est à Akpro-Missérété qu’ont été inventés les taxis motos, appelés « zémidjans », (il y en à ce jour 3.200 recensés sur cette commune) : ces derniers se sont depuis étendus à toute l’Afrique.

 

L’augmentation des échanges de marchandises, du nombre de motos et du parc automobile appelle le développement du transport public pour éviter la thrombose de l’axe traversant Akpro-Missérété et menant, à partir du port de Cotonou, vers le Burkina-Faso le Niger et le Tchad, pays sans façade maritime.

 

Les bus et les livres collectés en France ont été acheminés vers le Bénin via le Port de Sète, après embarquement dans un bateau en mode ro-ro (les bateaux rouliers sont des navires dédiés au transport d’engins roulants ou tractables).

 

Comme dans l'émouvant et inoubliable film, "Si tous les gars du Monde" (1956) de Christian-Jaque, les bénévoles, les élus et les institutions se sont mobilisés très rapidement et, en moins d'une semaine, l'opération de transfert des livres a été finalisée.

 

Tous les donateurs ont la satisfaction de savoir que tous ces ouvrages bénéficieront, dès la rentrée scolaire d’octobre, aux enfants d’Akpro-Missérété et aux lycéens de 8 communes (Adjarra, Adjohoun, Aguégués, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Sakété).

 

Tous ces élèves ont une grande soif de savoir et ces livres leurs seront précieux.

 

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Trois bus de ville en cours de chargement en juillet 2010

 

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 Palettes de manuels scolaires donnés par la Région Languedoc-Roussillon

 

 

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 Chargement à l'arrière d'un bus de cartons pleins de livres

 

 

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Chargement de la partie centrale d'un bus

 

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Livres en piles bloqués par des palettes et des cartons

 

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La pause (et la pose pour la photo) après l'effort

 

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Une partie de l'équipe de chargement

08/07/2010

La langue de Molière est bien vivante

La Compagnie des Azamites a offert vendredi 2 juillet un spectacle enlevé et enjoué, au domaine de Fondespierre, à Castries.

 

Les Azamites sont connus dans le monde de l’improvisation théâtrale et pour leurs sketches.

 

A Castries, ils ont proposé une pièce de théâtre ambitieuse.

 

Le spectacle monté par cette troupe d’amateurs s’intitulait « Molière en pièces ».

 

Le mot « pièces » devait s’entendre :

-         au sens propre, compte tenu d’un découpage chronologique de la vie de Jean-Baptiste Poquelin, né à Paris et devenu Molière à Pézenas, sous la protection du Prince de Conti, avant de séduire la Cour du Roi de France,

-         au sens figuré, avec l’irruption de nombreux clins d’oeil contemporains.

 

Au final, un spectacle non pas comique mais drôle et raffiné, revisitant la vie et l’œuvre du grand metteur en scène et comédien.

 

Des costumes soignés, un jeu millimétré, de l’esprit et de la malice « en veux-tu, en voilà » ont enchanté les très nombreux spectateurs installés dans le théâtre de pierre du Domaine de Fondespierre.

 

Dans cet espace à la fois ouvert, sur les magnifiques arbres méditerranéens l’enserrant, mais aussi fermé par une enceinte en pierres calcaire, un mur rucher minéral, une terrasse et une arche monumentale, la scène fut très en valeur, surtout lorsque la nuit noire fut tombée.

 

Les 12 acteurs avaient annoncé la couleur : « Tout ce que vous souhaitez savoir sur Jean-Baptiste Poquelin sans jamais oser le demander ».

 

Ce pari fut tenu car le public se rappela sans effort que la langue de Molière était bien vivante et que le personnage était un passionné amoureux du public et de la comédie.

 

L’absence d’une scène sur la mort de Molière en pleine représentation fit même la démonstration qu’il n’était pas vraiment disparu puisque, assurément, il était bien là, sur les planches, au milieu de ses acteurs et face à son éternel public.

 

Plus en saison, le cadre du Domaine de Fondespierre servira d’écrin au Festival de Jazz « Les Nuits du Rucher », du vendredi 16 juillet au dimanche 18 juillet 2010.

 

La programmation prévoit « Vitamines Jazz Band » le vendredi 16, « Aurore Quartet » le samedi 17 et « Nicky Nicoll », « Thierry Saumande » et « Alain Rattier Big Band », pour le final, le dimanche 18 juillet 2010.

 

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Quant à la Compagnie des Azamites du Crès, elle s’était déjà produite avec « Molière en scènes », dans son propre village, le jeudi 1er juillet 2010, dans le cadre du Festival « Molière hier, aujourd’hui et demain ».

 

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 Accueil en musique avec le Jazz band de Castries

 

 

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 Le mur rucher attire les enfants

 

 

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 Le public commence à affluer et colonise chaises ou bancs en pierre

 

 

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 Molière en chair et en os

 

 

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 Les avatars d'un speed dating plein d'anachronismes

 

 

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 Travail des comédiens mais aussi des costumières

 

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Un acteur en frère jésuite ou l'éducation par le bâton

 

 

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De la pantomime à la comédie, il n'y a qu'un pas

 

 

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Les 12 acteurs bissés par le public

03/07/2010

La rénovation du Parti Socialiste

Le peuple des militants socialistes héraultais s’est réuni en Assemblée générale le mardi 22 juin 2010 à Mauguio pour débattre de la Rénovation du Parti Socialiste et examiner les amendements au texte national proposés par les sections socialistes du département.

 

 

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Sylvette Jeantet, Laurent Pradeille et Philippe Vidal lançant le débat

L’Hérault compte une centaine de sections pour environ 5.000 encartés : c'est la 5ème fédération française par le nombre des militants.

 

Le texte national proposé a ensuite été approuvé lors d’un vote, section par section, le jeudi 24 juin que ce soit au niveau départemental ou que ce soit au niveau national : 77 % Pour, 14 % Contre et 9 % de blancs ou nuls.

 

Une Convention nationale permettra aux délégués des fédérations de ratifier, au Carrousel du Louvre, le 3 juillet 2010, cet important texte sur la rénovation du Parti Socialiste.

 

Que recouvre le slogan choisi : « Primaires, renouvellement, parité, diversité » ?

 

Concernant la Présidentielle, le Parti Socialiste souhaite une concurrence à Gauche et une présélection du candidat, socialiste ou non, qui portera ses couleurs afin d’éviter un affrontement fratricide du type de celui vécu le 22 avril 2002 où Lionel Jospin fut éliminé dès le premier tour et le Front National présent au second.

 

Ces primaires ouvertes seront tranchées par tout Français justifiant de son inscription sur la liste électorale, s’engagent sur l’honneur à partager les valeurs de la Gauche et cotisant 1 euro pour participer aux frais du scrutin, organisé dans un grand nombre de communes.

 

Cette désignation démocratique augurera d’une dynamique derrière le candidat majeur de la Gauche dont les chances de gagner seront « décuplées ».

 

Il ne s’agit pas d’imposer le bipartisme mais de s’adapter à la bipolarisation du second tour de l’élection présidentielle.

 

Cette dernière est en effet le choix d’un homme ou d’une femme pour diriger le pays et l’élimination de son concurrent.

 

 

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Laurent Pradeille, Secrétaire de la Section de Mauguio

et Sébastien Denaja, Secrétaire de la Section de Sète 2, menant les débats

 

 

Concernant le renouvellement des cadres au sein du Parti Socialiste, il est intéressant de citer Arnaud Montebourg : « Rien ne sera plus jamais comme avant au Parti Socialiste ! Fini le temps des éléphants et place aux jeunes lions ! » (Libération du 18 juin 2007).

 

Cette prise de position provocatrice ne l’a pas empêché d’être désigné par Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste à la tête de la Commission de Rénovation du Parti.

 

Bien sûr, l’intéressé cumule des mandats de député et d’exécutif local (président de conseil général), n’est pas une femme et ne fait pas parti d’une minorité visible.

 

Bien sûr, l’intéressé venu dans l’Hérault a préféré snober la « base » en organisant une conférence de presse sur la rénovation du Parti à Montpellier, en s’assurant un one man-show à Frontignan et en évitant le débat départemental officiel organisé le même jour à Mauguio, assemblée dont il est fait état au début de ce cette note.

 

Comment donc les jeunes lions vont-ils pouvoir succéder aux éléphants ?

 

Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’une fin en soi car l’âge n’est pas une garantie de dynamisme.

 

Toutefois, le texte proposé frappe un grand coup en décidant unilatéralement (les autres partis ne pourront y être assujettis que s'ils se l'appliquaient eux-mêmes ou si le Parlement le décidait après les élections de 2012) le non cumul des mandats pour les parlementaires.

 

En réalité, il s’agit de rendre incompatible pour les élus socialistes le cumul de la charge de député ou de sénateur et d’un exécutif local : maire-adjoint ou maire, vice-président ou président d’une communauté de communes, d’agglomération ou urbaine, d’un conseil général ou d’un conseil régiona).

 

Le texte, approuvé et intégré dans les statuts du Parti Socialiste, limite aussi au nombre de 3 les mandats électifs successifs dans la même fonction.

 

En outre, pour éviter le « tous contre un » ou le « tous contre une », seuls les représentants des motions arrivées aux deux premières places lors des Congrès triennaux pourront briguer les suffrages des militants socialistes en vue de devenir Premier Secrétaire national.

 

Cette nouvelle clause évitera le cas de figure consécutif au Congrès de Reims où Bertrand Delanoë (représentant la seconde motion) a prêté main forte, une fois distancé au premier tour, à Martine Aubry (représentante de la troisième motion) qui a finalement coiffé sur le fil Ségolène Royal (pourtant représentante de la motion - largement - majoritaire).

 

 
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Une partie de l'assistance rassemblée pour un débat démocratique

Concernant l’application de l'égalité vis-à-vis des femmes, du renouvellement et de la diversité, la parité intégrale sera appliquée dans l’ensemble des instances du Parti.

 

Notamment pour les élections législatives de 2012, le Parti Socialiste présentera au moins 50 % de femmes et visera l’objectif ambitieux de 50 % d’élues.

 

Cette grande avancée que les Français devraient plébisciter ne sera toutefois positive que si les députés socialistes sortant ne sont pas systématiquement reconduits aun niveau de l'investiture, ce qui entraînerait l’éviction des hommes jeunes.

 

Afin de permettre aux nouveaux candidats (il est important que la variété de profession, d’origine, de parcours, existante dans la société française soit respectée) de s’implanter le plus tôt possible, le Bureau national du Parti Socialiste définira en décembre 2010 un nombre de circonscriptions réservées au renouvellement et à la diversité.

 

Ces nouveaux candidats seront parrainés par les grands élus locaux.

 

 

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Michel Chastaing, Secrétaire de la Section de Clapiers, intervenant sur les Primaires
et plaidant pour des cotisations proportionnées aux moyens financiers des militants
 
 

Le Parti Socialiste change : il se modernise pour mieux représenter les Français et pour être en capacité de gouverner au mieux la France.

 

Le Parti Socialiste de l’Hérault, toujours dirigé par une large majorité de camarades ayant voté pour la motion emmenée au Congrès de Reims par Vincent Peillon et Ségolène Royal, contribue activement à cette rénovation.

 

Crédit photographique : Florent Bellouard