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29/10/2010

Frêche est irremplaçable

Georges Frêche, en disparaissant aussi brusquement, a surpris.

 

Nous le croyions éternel tant il était omniprésent dans les débats, tellement écouté, tellement décisif dans les grandes décisions, tellement structurant dans le choix des équipements publics, tellement visionnaire dans son approche de l’avenir.

 

Georges Frêche occupait, en maître, l’espace politique régional : il en était le porte-drapeau à Paris ou en Chine ; il en était le tribun et le stratège ; il en était l’incarnation populaire.

 

Il avait beaucoup plus d’ambition pour le Languedoc et les Languedociens que pour lui-même.

 

Le succès électoral total des dernières Régionales a démontré l’amour que lui portait un très grand nombre d’habitants de Montpellier et des alentours.

 

Beaucoup de maires de Droite de la périphérie montpelliéraine, connaissant sa popularité, s’étaient d’ailleurs astucieusement ralliés à sa candidature avant le premier tour, en anticipant le ras de marée électoral.

 

Sa disparition laisse localement un grand vide au Parti Socialiste : il en était resté le leader naturel malgré son exclusion par les instances nationales.

 

Georges Frêche est irremplaçable que ce soit à la tête des collectivités qu’il dirigeait ou que ce soit au sein du Parti Socialiste.

Il ne sera possible que de simplement lui succéder dans ses fonctions de Président de la Région et de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

 

Il faut en effet beaucoup de temps pour construire ce que Georges Frêche a bâti : une ville moderne, une agglomération porteuse d’avenir, une région doté des moyens de ses ambitions.

 

Il faut aussi beaucoup de temps pour s’imposer auprès des électeurs et auprès des militants socialistes.

 

Il faut beaucoup de temps pour être respecté et craint.

 

Pour grandir politiquement, l’intelligence, l’habileté, la hardiesse, la cohérence, la constance et la pugnacité, déployés au plus haut niveau par Georges Frêche, n’y suffiront pas : il faudra y rajouter la durée.

 

Après tout décès, le temps est au recueillement et au deuil : ce n’est que bien plus tard que sont évoqués la succession.

 

Dans une grande famille, cette succession échappe aux frères et aux sœurs car elle échoie aux conjoints et aux enfants.

 

En politique, ce passage de témoin correspond, au niveau des élus, à un changement de génération.

 

Georges Frêche appelait de ses vœux ce renouvellement depuis quelques années, lui qui, un des premiers au niveau national, a su faire entrer en politique les femmes et imposer la parité.

 

Globalement, nous hériterons tous de ses grandes analyses, de sa vision du Languedoc-Roussillon.

 

Georges Frêche restera dans l’Histoire et dans la légende populaire comme celui qui aura réveillé cette belle endormie qu’était Montpellier et voulu reproduire ce succès au niveau régional.

 

Il est mort au travail, il est mort en président, il est mort sur scène comme Molière, il est mort debout.

 

Il va beaucoup nous manquer en tant qu’homme, en tant que tribun et en tant que leader.

 

 

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Souvenirs de novembre 2006 : préparation de l'élection présidentielle de mars 2007

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Georges Frêche brandit sa petite surprise : une pancarte "Ségolène, on t'aime"

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Ségolène Royal réagissant aux propos truculents de Georges Frêche

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Le tribun, en plein exercice, livrant son analyse

Crédit photographique : Michel Chastaing

25/10/2010

Vive le vin nouveau !

L’arrivée du vin primeur est fêtée dans de nombreuses caves particulières et caves coopératives ainsi que dans les bars et restaurants.

 

Ce fut le cas vendredi 23 octobre dans les caves coopératives de Vendargues, de Saint-Christol et d’Assas.

 

Le vin primeur peut être en effet commercialisé, en Languedoc-Roussillon, à compter du 3ième jeudi d’octobre.

 

La sortie de ce « vin nouveau » est l’occasion d’événements festifs partout en Languedoc-Roussillon.

 

Le Conseil Général de l’Hérault a d’ailleurs financé, en son temps, l’opération « Primeurs d’automne- Primeurs d’Hérault », en soutenant les Foyers Ruraux (maintenant Mouvement rural) et la Fédération Départementale des Caves Coopératives de l’Hérault (aujourd’hui Vignerons coopérateurs de l’Hérault).

 

A Assas, Yves Euzet, le Président de la cave coopérative des Vignerons du Pic et Bruno Daneluzzi, le Directeur, ont fait déguster aux habitants du secteur :

- un blanc constitué d’un assemblage de Chardonnay, Sauvignon et Muscat (une nouveauté),

- un rouge fait de 80 % de Merlot et de 20 % Syrah.

 

Ces deux nectars, de couleur brillante et aux arômes de fruits, ont accompagné la fougasse, les moules issues d’une brasucade et la saucisse languedocienne.

 

En musique, les participants ont pu sympathiser durant une soirée extrêmement conviviale.

 

Ce rendez-vous est en effet très attendu car il symbolise le début d’un nouveau cycle bucolique que le cours du temps va mener, via la taille et les autres façons culturales, à de nouvelles vendanges.

 

Pour les hommes de cave, il reste encore à finaliser la vinification des vins classiques qu’ils soient blancs, rosés, rouges, tranquilles ou effervescents, secs, doux ou liquoreux.

 

C’est cette profusion de cépages, de terroir, de travailleurs de la terre, de cultures locales qui enchantent ceux qui aiment le vin.

 

Les vins primeurs doivent être consommés sous un an car ce ne sont pas des vins de garde.

 

Ils sont donc dégustés au cours de leur premier millésime : ils sont toutefois quelquefois meilleur durant l’été car leur verdeur s’estompe au bout de quelques mois.

 

La plupart des vins primeurs n’ont pas fait leur fermentation malolactique, celle qui les stabilise et qui succède, plus ou moins rapidement, à la fermentation alcoolique.

 

Avec environ 20.000 hectolitres produits en Languedoc-Roussillon, les vins primeurs ne représentent qu’une part infime des vins languedociens (11,5 millions d’hl en 2010).

 

En outre, leur consommation est fortement en retrait par rapport à une décennie : le Beaujolais lui-même souffrant d’une certaine désaffection avec des volumes commercialisés maintenant inférieurs à 250.000 hl.

 

Il n’en reste pas moins que les vins primeurs sont annonciateurs de la mise en marché des vins classiques.

 

Compte tenu de la faiblesse de la récolte 2010 en Languedoc-Roussillon, le cours des vins devraient enfin repartir à la hausse.

 

Ces tarifs rémunérateurs sont nécessaires pour éviter la disparition des viticulteurs, leur permettre d’investir dans l’outil de production, ralentir l’arrachage des vignes et corrélativement freiner la perte de paysages emblématiques et de patrimoine culturel.

 

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Le caveau des Vignerons du Pic à Assas

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Le logo de la coopérative

 

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Les convives issus des alentours d'Assas se regroupent par affinité

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L'occasion de se retrouver entre amies

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... ou entre amis

23/10/2010

Une récolte pour tous

L’Association « Récolte pour tous » rassemble les Pradéens à la recherche d’une nourriture saine et d’un retour à la terre.

 

Sous l’œil bienveillant de Claude Lauret, fondateur de cette association et infatigable bénévole, chacun trouve, en ces lieux, le plaisir de manger ses propres légumes et de planter ses fleurs.

 

Partant de sa connaissance des jardins et de sa volonté d’adopter une attitude éco-citoyenne, Claude Lauret développe depuis 10 ans un concept de partage et d’échange.

 

En effet, les membres de « Récolte pour tous », en plus de cultiver leur jardin, prennent le temps de cultiver une partie commune dont les récoltes sont dédiées aux autres.

 

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La sole préparée avant l'hiver pour recevoir les pommes de terre

 

 

Le mot « Solidarité » symbolise parfaitement le fondement de l’action de cette association, dont chaque adhérent, par un geste altruiste, permet aux personnes dans le besoin d’accéder à des légumes et à des fruits frais.

 

Cette initiative exemplaire vise à garantir une nourriture de qualité pour tout un chacun.

 

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Les cultures d'été résistent au commencement de l'automne

 

 

Cette association participe aussi aux festivités communales, notamment au Carnaval, reçoit des scolaires pour les sensibiliser aux thèmes agricoles et environnementaux et organise tous les ans un « repas au pré » pour faire connaître son action.

 

Dernièrement, le dimanche 3 octobre 2010, « Récolte pour Tous » a coopéré avec les associations Prades Environnement, Lez Vivant, la Proceeddure, le Lez de Corot, SOS Lez Environnement et le MUC Canoë-kayak pour un nettoyage des berges du Lez.

 

« Récolte pour Tous » bénéficie d’une grande parcelle, occupée par les riches alluvions du Lez et du Lirou, confluent de ce dernier un peu en amont.

 

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La cueillette associe bénévoles et bénéficiaires des fruits et légumes

sous l'oeil de Claude Lauret

 

 

Ce lieu convivial regroupe donc aussi 30 jardins familiaux implantés sur une parcelle communale et  gérés par l’Association « L’Aissadon », signifiant « la pioche » en vieux français et en occitan, mais aussi l’outil qui servait à gérer l’irrigation à la raie, afin d’ouvrir ou de fermer le passage à l’eau issue de canaux.

 

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Une exposition buccolique de planches de légumes

 

 

De petites parcelles, dotées d’un coffre à outils et pas d’une cabane du fait de l’inondabilité de la vallée, sont exploitées individuellement mais la vie collective prime avec des échanges de plans, le partage d’un motoculteur et des moments de convivialité à l’abri du local collectif.

 

Ces jardiniers amateurs sont issus de toutes les classes sociales, de tous les âges et les femmes sont autant représentées que les hommes.

 

François Sauveur, Président de « L’Aissadon », a eu l’honneur et le plaisir de fêter, en mai 2006, le vingtième anniversaire de ces jardins familiaux, en présence du Président national de l’Association nationale des jardins familiaux.

 

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François Sauveur (au centre) et Claude Lauret (à droite) réuni

à l'occasion du vingtième anniversaire des jardins familiaux de Prades le Lez

 

 

Coordonnées :

Association « Récolte pour tous » - 34730 Prades le Lez - 04.67.59.56.87

Association « Les Jardins familiaux de l’Aïssadon » – 76, rue du Puech Marty – 34730 Prades le Lez - 04.67.59.72.27

 

 

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La vallée du Lez, siège à Prades, d'une initiative solidaire

 

 

Crédit photographique : Fleur Dache

17/10/2010

La MJC fête ses 40 ans

La Maison des Jeunes et de la Culture de Castelnau le Lez "André Malraux" vient de fêter son 40ème anniversaire.

 

Il existe actuellement, dans l’Hérault, 17 MJC dont celles de Castelnau, Baillargues, Jacou, Poussan, Mauguio, Montbazin, Teyran, Valergues et Viols le Fort, soit la moitié autour de Montpellier.

 

La MJC de Clapiers, « L’Ostau », qui avait plus de 30 ans, a dû être, quant à elle, dissoute en juin 2010 : elle a fait notamment les beaux jours du Jazz dans les années 80, époque où elle attirait fortement les Montpelliérains, au-delà bien sûr des Clapiérois.

 

La MJC de Castelnau le Lez est la plus grande de l’Hérault, avec plus de 3.000 adhérents.

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120 animateurs et 14 associations prestataires encadrent les nombreuses activités, animations festives et les nombreux projets culturels.

 

11 salariés, dirigés par Hélène Chanteloup, mise à disposition par la Fédération Régionale des Maisons des Jeunes et de la Culture du Languedoc-Roussillon, assurent le quotidien et veillent au respect des valeurs et orientations fixées par un Conseil d’administration composé de bénévoles.

 

Les actions phare sont les « Cafés de la diversité » qui permettent le débat et la sensibilisation du public sur les faits de société, les expositions artistiques bimensuelles, la participation à la Fête de la Science, le Chariot du Père Noël en partenariat avec l’Association du Devois, les soirées Jazz ou Gospel, les soirées Grand reportage avec la « Librairie des cinq continents », ...

 

Les festivités dans le cadre du 40ième anniversaire se sont déroulées du dimanche 26 septembre au samedi 9 octobre 2010.

 

Les anciens présidents, Antoine Rioux, Henri Escrive et André Schosmann se sont retrouvés auprès de la présidente actuelle : Martine Plane.

 

Avec le recul, ils se sont bien entendu remémorés tout le chemin accompli au service de la jeunesse et des adultes castelnauviens, mais aussi des alentours.

 

Solidarité, démocratie et citoyenneté sont restés les objectifs de cet établissement socio-culturel.

 

L’actuelle présidente s’inscrit dans cette continuité.

 

De très nombreux événements ont été programmés à l’occasion de ce 40ème anniversaire.

 

La manifestation de clôture a consisté en une nouvelle pièce de théâtre intitulée « Acte femmes ».

 

Cette création théâtrale et musicale a aussi ponctué les 20 ans du Théâtre du Triangle.

 

Cette première représentation de la pièce s’est faite, à guichet fermé, le vendredi 8 octobre (une deuxième est par ailleurs prévue le vendredi 22 octobre 2010 à l’Espace Rencontres dans le cadre des « Saisons du Lez », soirée organisée par l’association « Castelnau en scène »).

 

La pièce mobilise 14 acteurs : Dany Beille, Patricia Colombel, Martine Diet, Badou Durand, Mireille Faure, Isabelle Gimbert, Betty Julien, Odette Mifsud, Sandrine Rochette, Claude Bedos, Christophe de la Croix Vaubois, Bruno Dumanois, Philippe Guy et Michel Mifsud.

 

Pourquoi le choix du sujet de la femme dans ce spectacle ?

 

Le sujet de la femme est vaste et a inspiré Michelle Lévêque, metteur en scène de la pièce, comme le développe Philippe Guy, comédien et responsable du Théâtre du Triangle.

 

Avec poésie et amusement, « Actes femmes » parle du courage dont ont fait preuve les femmes au cours de l’histoire, pour défendre leurs libertés, parfois en donnant leur vie.

 

Cette pièce parle aussi des souffrances que les femmes endurent dans l’enfantement, dans la société, dans leur condition, de la complicité qu’elles ont avec les hommes dans la séduction et l’amour, mais aussi de l’incompréhension.

 

« Actes femmes » lève les tabous sur la féminité, comme un hommage aux combats menés par nos mères qui ont rendu possible le droit pour les femmes d’exister en tant que partie intégrante du fonctionnement de la société.

 

Mais qu’en est-il des autres, ici ou ailleurs, de celles qui ne peuvent toujours pas exister par elle-même ?

 

De manière légère, cette troupe d’amateurs a osé poser la question du sort des femmes d’aujourd’hui : ces femmes encore oppressées, torturées, soumises et inconsidérées.

 

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Crédit photographique : Fleur Dache

14/10/2010

Bientôt la fin de la faim ?

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont nés de l’accord de la Communauté internationale au Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unis en l’an 2000.

 

8 objectifs à atteindre d’ici 2015 ont été définis.

 

A seulement 5 ans de l’échéance fixée, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unis (ONU), Ban Ki-Moon, a réuni les dirigeants du Monde, à New-York, pour un bilan, du 20 au 22 septembre 2000.

 

Le sommet a été terni par la mise à l’écart des autorités locales ou régionales ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG).

Il a été en effet décidé, au dernier moment, que le représentant de la « société civile » serait la Présidente de la Fondation « Bill et Melinda Gates ».

 

Bertrand Delanoë, Président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui avait été mandaté pour être la voix pouvoirs locaux du monde à l’assemblée plénière du sommet, n’a pu intervenir.

 

CGLU représente pourtant les villes et les villes jumelées de 136 pays : les maires de Canton (république Populaire de Chine), de Johannesburg (Afrique du Sud), de Quito (Equateur) et d’Istanbul (Turquie) copréside cette organisation d’acteurs promouvant la démocratie locale, la décentralisation et la coopération décentralisée en vue de contribuer au développement local et à l’amélioration des services urbains (planification, accès à l’eau, à l'habitat, aux transports, etc.).

 

Le signal envoyé par l’ONU a été particulièrement négatif puisqu’il laisse croire que des partenaires (ceux dont l’aide est la moins détournée) seraient inutiles à l’atteinte du but fixé.

 

Malgré cet incident symptomatique de la crispation de gouvernements et d’états centraux de plus en plus autoritaires et de leur connivence avec les milieux financiers, l’ONU a pu dresser un bilan plutôt encourageant des progrès accomplis en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

La difficulté des pays sub-sahariens à bénéficier des progrès constatés ailleurs demeure toutefois inquiétante.

 

Les Nations Unis, s’appuyant sur l’examen de 50 études nationales, concluent que « les ressources et le savoir-faire nécessaires à l’atteinte des OMD existent » mais que « pour accélérer les progrès au cours des cinq prochaines années, il sera nécessaire de privilégier les stratégies, les politiques qui ont fait leur preuve et de rompre radicalement avec celles qui n’ont pas fonctionné ».

 

Ces échecs et ces réussites sont aussi le lot des pays riches qui devraient, en la matière, tenir compte de ce qu’ils sont capables d’observer à l’extérieur et avoir la clairvoyance politique d’en tirer des conclusions pour eux-mêmes.

 

Passons en revue les OMD pour une analyse détaillée : nous constaterons au passage que l’optimisme des Nations Unis est peut-être un peu excessif.

 

OBJECTIF 1: ÉLIMINER L’EXTRÊME PAUVRETÉ ET LA FAIM

• CIBLE 1.A : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un 1,25 dollar par jour

• CIBLE 1.B : Atteindre le plein-emploi productif et un travail décent pour tous, y compris les femmes et les jeunes

• CIBLE 1.C : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion des populations souffrant de la faim

 

La réduction de moitié de l’extrême pauvreté (le seuil de 1,25 dollar par jour n’étant, il faut l’espérer, qu’un objectif transitoire) devrait être obtenue, l’ONU souhaitant aussi réduire le nombre absolu de pauvres, stimulé par la croissance démographique, ce qui n’est pas en revanche acquis.

 

Une croissance fortement créatrices d’emplois et une réduction des inégalités sociales sont les ingrédients primordiaux de la réduction de la pauvreté.

 

Concernant l’objectif de plein emploi, avec environ 1 milliard de « chômeurs » (plus que le nombre d’agriculteurs), il semble tout simplement hors d’atteinte.

 

L’ONU constate que 1,02 milliard de personnes sont toujours sous-alimentées et que les progrès réalisés en matière de lutte contre la faim (par exemple, le nombre d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale ayant chuté de 31 % en 1990 à 26 % en 2008) se sont récemment inversés d’où une sérieuse inquiétude pour l’avenir.

 

Il est en outre toujours constaté que les 3/4 des personnes sous-alimentées sont des paysans !

 

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Pépinière de palmiers à huile sélectionnés gérée par un institut franco-béninois

 

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Atelier artisanal de production d'huile de palme

 

 

OBJECTIF 2: ASSURER L’ÉDUCATION PRIMAIRE POUR TOUS

• Cible 2.A : D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

 

Il est constaté une augmentation des taux d’inscription dans les écoles primaires.

 

C’est le fruit des investissements dans la formation des maîtres, dans la construction d’écoles et de l’abolition des frais de scolarité (règle malheureusement encore détournée dans certains pays).

 

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Une nouvelle salle de classe adaptée au climat du Bénin

 

 

OBJECTIF 3 – PROMOUVOIR L’EGALITÉ DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES

• CIBLE 3.A : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard

 

La proportion filles/garçons inscrits à l’école primaire dans le monde est passée de 91 % en 1999 à 96 % en 2008 ce qui est encourageant.

 

Cette meilleure égalité homme/femme a une incidence fortement bénéfique sur l’atteinte des autres OMD.

 

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Les coopératives de femmes (ici transformation du manioc)
contribuent à leur émancipation

OBJECTIF 4 – RÉDUIRE LA MORTALITÉ INFANTILE

• CIBLE 4.A : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

 

Les campagnes de vaccination massive portent leur fruit : le nombre d’enfants mourant avant l’âge de 5 ans a diminué, passant de 12,5 millions en 1990 à 9 millions en 2008.

 

Cependant, la transmission placentaire du SIDA est souvent la règle alors qu’elle pourrait être évitée.

 

OBJECTIF 5 – AMÉLIORER LA SANTÉ MATERNELLE

• CIBLE 5.A : Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle

• CIBLE 5.B : Atteindre, d’ici à 2015, l’accès universel à la santé procréative

 

Le taux de mortalité maternelle diminue trop lentement : 430 pour 100.000 naissances vivantes en 1990 à 400 en 2005, malgré des efforts de formation du personnel médical.

 

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Des installations sanitaires à rénover (voire à créer)

 

 

OBJECTIF 6 – COMBATTRE LE VIH/SIDA, LE PALUDISME ET D’AUTRES MALADIES

• CIBLE 6.A : D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/Sida et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

• CIBLE 6.B : Atteindre, d’ici à 2010, l’accès universel aux traitements contre le VIH/sida pour tous ceux qui en ont besoin

• CIBLE 6.C : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

 

Le nombre de personnes nouvellement infectées est tombé de 3,5 millions en 1996 à 2,7 millions en 2007 et le nombre de décès a baissé de 2 à 1,7 millions durant ce laps de temps.

 

L’accès universel au traitement antirétroviral n’est toutefois pas effectif malgré des progrès.

 

OBJECTIF 7 – ASSURER UN ENVIRONNEMENT DURABLE

• CIBLE 7.A : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et les programmes nationaux; inverser la tendance actuelle à la déperdition de ressources environnementales

• CIBLE 7.B : Réduire la perte de biodiversité, en atteignant d’ici à 2010, une diminution importante du taux de perte

• CIBLE 7.C : Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage des populations qui n’ont pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des installations sanitaires de base

• CIBLE 7.D : Réussir à améliorer sensiblement, d’ici 2020, la vie d’au moins 100 millions d’habitants de logements insalubres

 

La perte de biodiversité est loin d’être freinée tandis que le réchauffement climatique pénalise l’espoir d’atteindre les autres OMD.

 

En outre, la déforestation touche toujours 13 millions d’hectares par an.

 

Les émissions de CO2 ont crû de 31 %, à 21 milliards de tonnes, entre 1990 et 2006.

 

Enfin, 884 millions d’habitants manquent d’eau potable tandis que 2,6 milliards ne bénéficient pas de l’assainissement.

 

OBJECTIF 8 - METTRE EN PLACE UN PARTENARIAT MONDIAL POUR LE

DEVELOPPEMENT

• CIBLE 8.A : Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire (comprenant un engagement en faveur de la bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, tant au niveau national qu’international)

• CIBLE 8.B : S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés (y compris l’admission en franchise de droits et sans contingentement de leurs exportations, l’application du programme renforcé d’allègement de la dette des pays pauvres très endettés, l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, et l’octroi d’une aide publique au développement plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté)

• CIBLE 8.C : Répondre aux besoins particuliers des États enclavés et des petits États insulaires en développement

• CIBLE 8.D : Traiter de manière exhaustive le problème de la dette des pays en développement à travers des mesures d’ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme

• CIBLE 8.E : En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

• CIBLE 8.F : En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, à la portée de tous.

 

En réalité, la crise financière et économique actuelle a donné un coup de frein à la course aux OMD.

 

Cependant, l’aide publique au développement (APD) a atteint 0,65 % du Revenu National Brut mondial contre un objectif, proche, de 0,7 %.

 

Il n’empêche que certains pays riches ne font pas les efforts de solidarité nécessaires.

 

Devant ce tableau en demi-teinte, l’ONU préconise pour la période 2010-2015 les « stratégies d’accélération » suivantes au profit des pays en développement :

-         tendre vers une croissance économique endogène,

-         réduire les inégalités sociales,

-         améliorer la productivité agricole,

-         promouvoir l’autonomie des femmes,

-         appuyer les gouvernances efficaces et performantes,

-         reconnaître le rôle crucial du secteur public, notamment au niveau de la formation professionnelle,

-         soutenir l’adaptation au climat,

-         accélérer la mobilisation des ressources financières intérieures en tendant vers un système fiscal plus performant,

-         mobiliser à hauteur de leurs engagements les partenaires des pays riches.

 

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Centre de formation agricole financé par des ONG au Bénin

09/10/2010

La solidarité après le sinistre

Le grand incendie de l’été a détruit 2.500 hectares de pinèdes et de garrigues au Nord de Montpellier.

 

Parti de Fontanès, vers 16 heures, le 31 août 2010, il a semé la désolation sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Sainte-Croix de Quintillargues, Assas, Guzargues, Castries et Teyran.

 

Ce sinistre a été la réédition de celui de 1989, parti de Saint-Bauzille de Montmel et qui avait déjà fortement touché Guzargues, en détruisant globalement 1.600 hectares de nature.

 

C’est le plus important incendie de forêt dans l’Hérault depuis 1973.

 

De nombreuses personnes ont été évacuées notamment par les gendarmes et ont dû laisser, en plein désarroi, leurs habitations : 8 d’entre elles ont brûlées.

 

L’habitation légère où résidait Catherine Garnier, à Montaud, en plein massif forestier, a été quant à elle totalement détruite.

 

Sur l’initiative du Comité Communal Feux de Forêts de Montaud / Saint-Bauzille de Montmel et de son dévoué animateur, Patrick Barbe, une première puis une deuxième journée de solidarité ont été organisées respectivement les dimanches 19 septembre et 3 octobre.

 

A chaque fois, une centaine de volontaires venus des alentours de Montpellier ont nettoyé les restes de l’incendie.

 

En coupant la végétation carbonisée, un pare-feu a été ménagé, long de plusieurs centaines de mètres.

 

La société Languedoc Granulats s'est engagée, quant à elle, à rénover gratuitement le chemin d'accès.

 

Si autant de personnes se sont déplacées, c’est bien sûr sur le coup de l’émotion soulevée par un tel sinistre mais aussi pour rendre à Catherine Garnier un peu de toute l’humanité qu’elle avait prodiguée dans sa vie professionnelle et de bénévole.

 

En effet, cette dernière anime et coordonne l’action de l’Association « Les Jardins de Tara », un club local affilié aux Jardiniers de France.

 

Culture en garrigue avec très peu d’eau grâce notamment à la technique du paillage, sans engrais, approche agro-écologique, conseils de Pierre Morez, un grand de l’agronomie en région sèche, Catherine Garnier a toujours su mettre en avant les savoir-faire qui pourraient permettre de reconquérir des terres aujourd’hui abandonnées.

 

Grande militante du jardin naturel, elle s’est mise au service du jardiner ensemble, toujours avec une grande ouverture aux autres.

 

En venant aider Catherine Garnier à reprendre ses activités pédagogiques de jardinage, les participants aux journées de solidarité ont pris toute la mesure du traumatisme que peut créer une telle dévastation, à aussi grande échelle, au sein de la collectivité bien sûr mais aussi chez les personnes touchées directement.

 

Comment faire pour que ces grands incendies ne se reproduisent plus ?

 

La prévention est déjà maximale, avec notamment :

- un remarquable travail hivernal d’entretien des pistes par les forestiers-sapeurs du Conseil Général de l’Hérault,

- la mise en place de plans de prévention des incendies de forêt et l’application de la loi sur le débroussaillement,

- un réseau de vigies de surveillance,

- le guet armé l’été des sapeurs-pompiers (environ 1.000 ont lutté contre le feu parti de Fontanès),

- la mise à disposition de moyens aériens,

- les patrouilles des comités communaux feux de forêt qui mobilisent des centaines de citoyens volontaires.

 

A l’évidence, les efforts de reboisement consécutifs aux sinistres sont voués à l’échec si le massif forestier, véritable poumon vert au Nord de Montpellier, n’est pas compartimenté par des coupures de combustible de grandes largeurs.

 

Il existe déjà des vignes, des oliviers ou des terres céréalières : elles sont souvent très efficaces pour barrer la route au front de flammes.

 

Encore faut-il que ces cultures perdurent : les viticulteurs et autres agriculteurs doivent donc pouvoir être aidés en vue de maintenir leur activité.

 

Vouloir réinstaller des troupeaux de brebis sur ces terres est certes une bonne idée, tendant à renouer avec une tradition sylvo-pastorale ancestrale.

 

Toutefois, compte tenu du marasme de l’élevage ovin, la vente d’agneaux devrait obligatoirement emprunter un circuit court afin que le prix payé par le consommateur aille en quasi-totalité à l’éleveur.

 

La voie agricole la plus facile à pratiquer est quoiqu’il en soit la culture (notamment le maraîchage Bio) et non l’élevage qui demande des capitaux importants pour l’acquisition du cheptel vivant et mort (machinisme), pour l’édification des bâtiments d’exploitation et pour l’achat de terres arables (au-delà des pâtures à mettre à disposition si possible gratuitement) afin que l’exploitation ne soit pas dépendante de l’excellent, mais très cher, « foin de Crau ».

 

Même les terres céréalières, moissonnées fin juin dans le Midi, sans que le déchaumage ne soit effectué (le chaume est en réalité traditionnellement enfoui au labour ce qui nécessite d’attendre l’ameublissement du sol consécutif aux premières pluies d’automne) sont efficaces pour couper la route au feu.

 

Une sylviculture adaptée et volontaire est aussi nécessaire : elle exige des prélèvements ligneux réguliers en vue notamment de cueillir le Pin d’Alep pour favoriser le Chêne-Vert.

 

Le Pin d’Alep de bon diamètre peut être vendu pour la papeterie tandis que pour les plus petites grumes et les branches une transformation sur site en plaquettes forestières est à développer.

 

Cela signifie que des chaufferies-bois doivent être créées localement afin de bénéficier pleinement de ce combustible bon marché, de proximité, renouvelable et créateur d’emplois comme de richesses.

 

Concernant les reboisements, compte tenu de leur coût et de l’incapacité dans lesquelles se trouvent ensuite des collectivités de les entretenir, ils doivent être réservés aux sites à fort impact paysager et privilégier les essences feuillues comme les chênes, l’érable de Montpellier, le frêne oxyphile, le tilleul argenté, le charme oriental, le cornouiller, le robinier, le févier d’Amérique, l’arbousier et tous les fruitiers comme l’olivier, le cornouiller, le sorbier, le micocoulier, l’azérolier, le jujubier ou encore l’amandier.

 

Pour modifier structurellement notre forêt nord-montpelliéraine, la réalisation de plans de massif est indispensable en vue d’optimiser le réseau de desserte, de modéliser les couloirs de feu et d’étudier l’emplacement des coupures de combustibles.

 

C’est un travail de longue haleine qui doit certes s’appuyer sur la mobilisation des collectivités territoriales mais aussi, sur l’initiative privée, à accompagner financièrement, de paysans établis ou désirant s’installer, soucieux de mieux occuper l’espace en développant une agriculture sociale de proximité, riche de ses produits mais aussi de ses services à la population.

 

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De l'habitat léger, il ne reste plus rien

 

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Le paysage est désolé après le désastre et une odeur âcre de fumée subsiste

 

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Un groupe de volontaires au travail avec tronçonneuses, sécateurs, cisailles et serpettes

 

 

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 Un travail de déblaiement qui demande beaucoup de bras

 

 

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 Les bénévoles des CCFF du Nord de Montpellier se sont mobilisés en nombre

 

 

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Fin de chantier : lavage des traces de suie avant le pique-nique partagé en commun
Crédit photographique : Patrick Barbe

03/10/2010

A quand une eau propre ?

Les Français sont très sensibles à la qualité des eaux de baignade.

 

L’Administration de la Santé fait procéder à des prélèvements réguliers dont les résultats d’analyse sont publiés.

 

Si des pollutions passagères sont encore constatées, l’eau de baignade en mer est la plupart du temps de meilleure qualité que celle des eaux douces des lacs, rivières et fleuves.

 

L’eau de mer est en effet un milieu à fort pouvoir aseptisant.

 

Il n’en reste pas moins que les eaux de baignade en Méditerranée font encore trop souvent les frais de pollutions chroniques ou accidentelles.

 

C’est notamment le cas pour certaines plages montpelliéraines allant de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi.

 

Certaines stations balnéaires peuvent se voir refuser le « Pavillon Bleu » pour une non-conformité des eaux de baignade.

 

La Directive Cadre Européenne (dite DCE), adoptée le 23 octobre 2000 par le Parlement Européen et le Conseil Européen, fixe un objectif de bon état écologique des masses d’eau à l’horizon 2015 ainsi que le principe de non dégradation.

 

Tous les milieux aquatiques sont concernés : cours d’eau, lacs, nappes souterraines, estuaires et eaux côtières.

 

Le bon état écologique est atteint quand l’écart est léger par rapport à la situation naturelle pour l’ensemble des différents indicateurs de qualité biologique : invertébrés, diatomées, poissons et macrophytes).

 

Concernant le contrôle de la qualité des eaux de baignade, il passe par l'analyse d'un certain nombre de paramètres physiques, chimiques et microbiologiques.

 

Des normes à respecter obligatoirement, « valeurs limites impératives », ont été définies par la Directive 76/160/CEE relative à la qualité des eaux de baignade.

 

Les États membres peuvent en outre être plus stricts en se dotant de « valeurs limites guides » nationales plus exigeantes.

 

 

Paramètre Valeur limite impérative Valeur limite guide
Coliformes totaux / 100ml 10000 500
Streptocoques fécaux / 100 ml  -  100
Escherichia Coli / 100 ml 2000 100
Huiles minérales Absence  - 
Phénols Absence  - 
Substances tensio-actives (mousse) Absence  - 
Changement anormal de coloration Absence  - 
Transparence Secchi 1 2

 

Sur la côte montpelliéraine, de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi, 25 plages sont surveillées ainsi que deux lieux de baignade en étang.

 

La qualité des eaux est très satisfaisante pour 2/3 des plages avec des classements A en 2006, 2007, 2008 et 2009.

 

En revanche, 1 point de baignade à La Grande-Motte (Saint-Clair) et 2 au Grau du Roi (Etang du Ponant, Etang de Salonique) s’avèrent fréquemment pollués (catégorie C ou « Eau de mauvaise qualité »).

 

En outre, 5 plages à Palavas (Le Prévôt, Saint-Pierre, Hôtel de Ville, Les Flots du Sud, Le Grec) ont été classées en B (« Eau de qualité moyenne ») au moins une fois sur les années 2006 à 2009.

 

Mauguio-Carnon s’en tire mieux avec des classements en A (« Eau de bonne qualité »).

 

Toutefois, un classement en A n’exclut pas des anomalies temporaires.

 

Or, c’est le cas en 2009 où plus de la moitié des plages ont connu un dépassement de la valeur guide en teneur d’Escherichia Coli (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010 s’étendant du 15 juin au 15 septembre).

 

Ces bactéries colonisent le tube digestif des humains et des animaux à sang chaud : leur présence est un indicateur certain d’une contamination fécale récente.

 

A titre indicatif, la présence d’Escherichia Coli dans l’eau potable n’est pas admise : une eau du robinet contenant un seul Escherichia Coli par ml est ainsi déclarée impropre à la consommation.

 

En effet, ces bactéries peuvent en effet être accompagnées d’autres bactéries pathogènes, de virus et de protozoaires pouvant provoquer des maladies chez les humains.

 

Le zéro défaut en matière de qualité des eaux de baignade devrait être un objectif des élus locaux mais ce n’est pas toujours le cas.

 

L’image de leur station est en effet en jeu.

 

Bien sûr, la Mer Méditerranée subit les apports des fleuves côtiers et des étangs au travers des graus, responsables de certaines pollutions microbiennes.

 

Toutefois, les rivières comme les étangs ont un pouvoir épuratoire indéniable qui leur permet de digérer la pollution d’autant plus facilement que sa source est plus à l’amont ce qui laisse le temps de sa dégradation.

 

Cela signifie que les pollutions locales dont sont directement comptables les édiles des stations balnéaires sont les plus pénalisantes.

 

Il s’agit bien entendu des déversements d’eaux usées, traitées ou non traitées, dans les étangs, les fleuves, les canaux ou la Mer directement.

 

Or, il existe sur la côte des assainissements autonomes ; beaucoup d’entre eux n’ont jamais été contrôlés ; la plupart dysfonctionnent et rejettent de la matière organique dans les nappes d’eau.

 

En bord de Mer, les nappes d’eau sont perchées sur un substratum imperméable et s’écoulent de façon naturelle vers la Mer.

 

D’autre part, les réseaux de collecte d’eaux usées dans les stations balnéaires sont souvent fuyards ; l’hiver, ils drainent la nappe alimentée par les pluies et l’été ils suintent plus ou moins fortement dans le sable.

 

En effet, un réseau d’assainissement en zone plate est très difficile à poser (contre-pente au moindre tassement de terrain, cassure plus facile dans des terrains meubles sans cohésion) et à gérer (faible autocurage ce qui engendre des obturations et des mises en charge ayant un effet majorant sur les fuites).

 

De plus, ces réseaux collectifs sont équipés de déversoirs d’orage afin d’éviter qu’ils se mettent en charge (remontées d’eau usées dans les habitations à la clef) du fait qu’ils collectent des eaux de pluies, soit parce qu’il sont anciens et donc souvent unitaires c’est-à-dire réunissant eaux usées et eaux de pluie, soit parce qu’ils sont percés et qu’ils drainent la nappe.

 

Or, la fonction du déversoir d’orages est de libérer dans la nature les eaux collectées en excès et qui viendraient perturber le fonctionnement des stations d’épuration.

 

Concernant ces dernières, elles sont souvent obsolètes, insuffisamment dimensionnées, surtout pour la période estivale.

 

En outre, lorsque les élus des stations balnéaires se sont occupés de leur modernisation, elles subissent tout de même invariablement une indigestion au moment du rush d’arrivée des vacanciers.

 

Cela explique pourquoi la qualité des eaux de baignade se dégrade toujours mi-juillet.

 

Les stations des villes de l’intérieur des terres, au contraire, sont moins sollicitées à cette période et ont leur meilleur rendement de l’année.

 

Les touristes se baignent donc dans une eau qu’ils se sont eux-mêmes chargés (lorsqu’ils logent en station) de polluer, aidés il est vrai par l’imprévoyance de certains décideurs.

 

C’est pourquoi, l’idée d’un émissaire en mer concernant la grande station d’épuration de Montpellier (400.000 équivalent-habitants et 96 % de taux de traitement global, soit le meilleur taux de l’Hérault), dénommée Maéra, s’est avérée fort judicieuse.

 

D’une part, la Mer Méditerranée connaît un déficit en nitrates et en phosphates utiles à la faune, d’autre part un rejet à 7 km de la côte permet de préserver à la fois le Lez et les plages.

 

Alors, entendre accuser cette station d’être à l’origine d’une nappe flottante de polluants non traités (plus vraisemblablement issus d’un délestage d’un bateau ou d’un rejet terrestre), alors que le puissant courant ligure pousse les eaux d’Est en Ouest, c’est-à-dire vers Sète, ressemble à un détournement d’attention sur le problème récurrent des rejets des stations d’épuration des villes balnéaires dans le milieu naturel.

 

A l’évidence, Mauguio-Carnon devrait emboîter le pas à Palavas en acceptant la solution du raccordement de Carnon et de Vauguières (Commune de Mauguio) à la station moderne de Maéra (6 M€ d'investissement seulement) et à l’émissaire en Mer plutôt que de vouloir mettre aux normes sa propre station d’épuration (coût de 12 M€ + 7 M€ pour dissocier le réseau d'eaux usées dont des parties sont communes à celui de Pérols, ce dernier étant collecté à Maéra) et de continuer à rejeter les effluents dans le milieu naturel.

 

C’était le cas de Palavas qui jusqu’à son raccordement à Maéra déversait dans l’étang du Grec et contribuait à l’asphyxie des étangs littoraux ainsi qu’à leur comblement progressif.

 

La solution Maéra a été la plus respectueuse de la santé publique et la plus économique.

 

A Palavas, le prix de l’eau battait en effet déjà des records, bien avant ce raccordement, avec un tarif proche de 5 €/m3 alors que la moyenne de l’Hérault est voisine de 3 €/m3.

 

Pour la Grande-Motte et le Grau du Roi, faute de capacité financière à réaliser un émissaire en Mer, les pollutions bactériennes risquent de perdurer encore de nombreuses années.

 

C’est un secteur où la pollution est chronique (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010).

 

Comment viser dans ces conditions un tourisme haut de gamme ?

 

Ce n’est pas une mince hypothèque à lever.

 

Quant à la plage de Palavas, Hôtel de Ville – Rive Gauche, il faudrait que les élus concernés se penchent sérieusement sur le problème : elle est la seule polluée le 5 juillet 2010 entre Villeneuve lès Maguelone et le Grau du Roi ce qui démontre un déversement local venant de la terre ferme.

 

Du fait des conditions xériques de cet été (en tout et pour tout : 6 mm de pluie relevés à Fréjorgues le 11/06/2010, 10 mm le 01/08/2010 et enfin 28mm le 06/09/2010), ce ne sont pas les pluies et leurs habituels lessivages ou débordements qui peuvent être explicatifs.

 

Bien entendu, les réseaux d’assainissement sont enterrés et leur état n’est pas au vu de tous.

 

Certes, ils ne se voient pas mais ils trahissent par moment l’insouciance ou l’incurie de certaines municipalités.

 

Lorsqu’on est capable de financer des spectacles de variétés, des concours de feux d’artifices, des offices de tourisme et des publicités, on doit aussi être capables de veiller à la santé des baigneurs.

 

Les stations balnéaires sont riches : elles doivent aussi penser à se doter d’équipements structurants.

 

Espérons que la publication des mesures, par le Ministère de la Santé, relative à la qualité des eaux de baignade, et leur porter à connaissance de nos concitoyens, constitue un aiguillon suffisant pour que les choses changent.

 

Paramètres de qualité des eaux de baignade par plage (saison 2010)

pour les communes de Villeneuve lès Maguelone, Palavas, Mauguio-Carnon et La Grande-Motte

 

  

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 01/06/2010 Relevé 18/06/2010 Relevé 05/07/2010 Relevé 16/07/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA     15 30
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 15 45 15  
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB   15 15  
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA        
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA        
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB   15 3300 200
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB     30  
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA     15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA   15 15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 15 61 15  
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA     15 46
12 Carnon Centre Mauguio AAAA       46
13 L'Avranche Mauguio AAAA       96
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA       130
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA       15
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA   15    
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 15 77 15 45
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA     15 140
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 30     96
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA     77 46
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 15   94  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC   30 30 410
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   77 30  
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA 15 30 560  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA   140 230  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA   93 30  
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 180 930 410  
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA   30 290  

 

Suite ...

 

 

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 19/07/2010 Relevé 02/08/2010 Relevé 16/08/2010 Relevé 03/09/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA   15 30  
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 140     30
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB 160     15
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA 77     61
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA 45 30   330
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB 510 160 93 94
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB 30 45 46 46
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA 190   15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA 93   15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 30 30 30 61
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA 160 30    
12 Carnon Centre Mauguio AAAA 94 30 77 30
13 L'Avranche Mauguio AAAA 15   46 15
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA 130 130 46  
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA 15 45    
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA 30 15   15
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 130 15   15
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA   46 15 30
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 77 15    
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA 94      
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 46   46  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC 780   30 46
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   30    
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA     61  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA 15   30  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA 15 130    
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 140 1100 30 30
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA 77 15    

 

Légende : nombre d'Escherichia Coli pour un prélèvelemnt de 100 ml d'eau de Mer

 

  > 100   > 150   > 300

 

  > 600   > 1200

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