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11/11/2010

La biodiversité et la nature en ville

Dans le cadre de l’élaboration de l’Agenda 21 de Jacou, la Municipalité de cette commune a organisé une soirée de réflexion, le mardi 26 octobre 2010, à la Salle de la Fabrique, sur le thème de « La nature en ville : comment la préserver, comment la gérer ? ».

 

Presque 100 personnes s’étaient déplacées pour écouter un exposé de Jean-Pierre Vigouroux (résumée dans la présente note), membre des écologistes de l’Euzière, association basée à la Maison Départementale de l’Environnement de Restinclières sur la commune de Prades le Lez.

 

Renaud Calvat, Premier adjoint, délégué à l’aménagement du territoire et au développement durable, a co-animé le débat, en présence de Joëlle Aliaga, Conseillère municipale déléguée aux travaux, à la gestion des espaces naturels et à l’Agenda 21.

 

L’Association « Préserver le cadre de vie à Jacou », l’Association « Jacou Jardins Familiaux » et l’Association « Histoire et patrimoine » étaient bien représentées.

 

Autour de la Méditerranée, plus qu’ailleurs, l’homme a façonné les paysages dont nous avons hérité.

 

En dépassant le stade de la chasse et de la cueillette, l’homme, en se sédentarisant au chalcolithique, a accédé à l’élevage et à l’agriculture avec un impact grandissant de façon exponentielle sur son habitat.

 

D’ici 2050, 70 % de la population mondiale habitera en ville ; l’espace artificialisé a doublé en Europe en 50 ans ; l’Hérault reçoit 1.500 habitants supplémentaires tous les mois.

 

La ville, jugée insalubre au XIXème siècle, a été Haussmannisée avec de grandes trouées dans le bâti existant et de grands aménagements urbains.

 

Ces derniers (création de l’assainissement, de parcs, de promenades) ont été guidés par une vision hygiéniste : « faire propre », ce qui conduit à fortement rectifier et redresser la nature.

 

La mécanisation de l’agriculture et la réindustrialisation de la France dans les années 50 entraîne l’exode rural vers une ville qui se dote de ZUP et où la nature est tout aussi canalisée.

 

La villa individuelle n’a pas apporté un changement d’approche avec des jardins artificiels basé sur la pelouse anglaise, l’arrosage à l’eau potable, la haie de thuyas, le désherbage des allées minéralisées.

 

Ce n’est qu’à partir de 1986, avec l’« invention » de la biodiversité que l’on s’est aperçu que la nature existait toujours en ville malgré l’urbanisation et l’artificialisation : persistance des « mauvaises herbes », des insectes, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles, compagnons familiers, vivant en commensaux à notre table ou, à tout le moins, sur la même parcelle d’espace.

 

Cette biodiversité, nous commençons à en saisir l’importance ainsi que ses fonctions vitales pour l’homme : épuration de l’eau, pollinisation, production fruitière et vivrière, maintien des sols, recyclage de la matière organique, etc.

 

En chiffres, 99 % de la nourriture est issue de la biodiversité ; elle nous donne un médicament sur 2 et 40 % de l’économie mondiale repose sur les produits naturels.

 

La biodiversité en ville est moins spectaculaire : elle est ordinaire, faite d’espèces courantes.

 

De ce fait, elle est peu considérée avec, comme corollaire, un défaut de prise en compte, une absence de politique de gestion, malgré les innombrables services écologiques et sociaux qu’elle rend.

 

Les problématiques et les enjeux liés à la nature en ville sont :

-         une forte imperméabilisation entraînant notamment des risques d’inondations,

-         une importante fragmentation de l’espace et donc des habitats écologiques,

-         une pollution liée à l’usage de phytosanitaires pour l’entretien des voiries, des jardins publics et privés,

-         une tendance à l’envahissement par des espèces exotiques s’arrogeant à titre exclusif des niches écologiques.

 

Concernant les pesticides, l’Organisation Mondiale de la Santé a constaté 1.000.000 empoisonnements graves et 220.000 décès en 2008.

 

Au niveau national, 76.000 tonnes de « matières actives » ont été utilisées la même année, dont 8.000 tonnes en Languedoc-Roussillon (la viticulture en consomme beaucoup), dont 10 % dans les jardins (quantité responsable de 30 % de la pollution des eaux).

 

Sur ce plan précis, la Commune de Jacou a réagi en supprimant l’utilisation des pesticides (essentiellement des désherbants), il y a déjà 18 mois.

 

Que peut-on faire, à son niveau, chez soi ?

 

Utiliser des plantes résistantes à la sècheresse, créer un jardin sec, planter des arbres à petits fruits, végétaliser la toiture de son habitation, fabriquer des gîtes à hérisson, à insectes, composter ses déchets ménagers, bannir les produits phytopharmaceutiques, …

Au niveau des Services techniques des collectivités territoriales, le mot d’ordre est aux prairies fleuries, aux espaces verts non irrigués, au zéro pesticide, à la plantation d’essences locales, au maintien des arbres morts à cavité (qui hébergent notamment le Rollier d’Europe, oiseau migrateur rare vivant dans les collines des premiers reliefs succédant à la plaine côtière).

 

La prise de conscience de l’importance de la biodiversité en ville est maintenant effective dans les grandes villes et elle gagne, petit à petit, les communes périphériques.

 

Une fois l’exposé de Jean-Pierre Vigouroux sur la nature en ville terminé, les questions de l’assemblée ont vite tournée autour du projet jacoumard d’aménagement de la colline de Las Bouzigues.

 

Ce poumon vert, pris dans l’urbanisation, est très apprécié par la population d’où des problèmes de piétinement (régression des iris nains, des glaïeuls sauvages, des ophrys et même du thym) et de fréquentation non souhaitée, en l’occurrence celle des quads et des motos.

 

La Municipalité de Jacou prévoit la création d’un sentier botanique, l’aménagement doux de 6 espaces dans la pinède équipés chacun d’un panneau pédagogique puis décliné par une signalétique, à élaborer en lien avec les écoles élémentaires, sur les espèces présentes.

 

L’objectif de la prise en charge est d’arrêter l’érosion des murs en pierre sèche, de canaliser la fréquentation, de nettoyer certains bosquets pour dégager la vue et le pied d’anciens oliviers ainsi que de conserver, par endroit, l’embroussaillement au pied de certains arbres afin de protéger des habitats écologiques.

 

L’attachement de la population est tel que beaucoup d’habitants du village ont déjà participé au nettoyage du secteur de Las Bouzigues.

La Municipalité a pour ambition la mise en valeur paysagère, le filtrage de la fréquentation réservée aux piétons et déplacements doux, le maintien du patrimoine vernaculaire, la préservation de la richesse faunistique et faunistique.

 

Le projet d’aménagement de Las Bouzigues est d’ailleurs significatif des mêmes préoccupations qu’a l’équipe municipale sur d’autres coteaux, ou bas-fonds, non occupés par l’urbanisation.

 

Conscience des enjeux en terme de préservation de la nature en ville, la Municipalité de Jacou développe depuis plusieurs années une politique de maîtrise foncière, par acquisition ou échange, seule à même de préserver le devenir d’espaces naturels à fort pouvoir attractif mais aussi hautement fragiles.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a agi de même en achetant très récemment les 250 hectares du Domaine de Viviers, situé aux confins des communes d’Assas, Clapiers, Jacou et Teyran, en vue d’y créer une deuxième écolothèque, après celle de Saint-Jean de Védas.

 

Enfin, les espaces naturels de Jacou, joints à ceux de Clapiers (Domaine de La Valette et pinède du Nord de Montpellier) pourraient donner naissance, dans les années à venir, à un « agri-parc ».

 

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L'intervention d'un participant au débat

sur la supériorité des médicaments naturels issus du règne végétal

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Une audience attentive sur le thème fédérateur de la nature en ville

Commentaires

Here you will find a cottage you are looking in nature or near the most beautiful natural regions in Europe. Do as you please on holiday and relax in a cottage naturegîte rural

Écrit par : krishan | 18/11/2010

Bonjour
je viens de lire votre article et beaucoup des thèmes que vous évoquez correspondent à mon propre parcours ou à mes convictions.
Je suis venu m'installer récemment sur Montpellier et suis à la recherche d'un emploi après avoir travaillé durant six ans en tant que responsable d'un chantier d'insertion (quinze salariés), qui travaillait justement dans la restauration et l'aménagement d'espaces naturels ruraux ou urbains.
Si vous êtes en contact avec des structures ou organisations à la recherche de telles compétences, n'hésitez pas à leur mentionner mon existence.
Cordialement
Claude Mur
Mon CV complet est bien sûr à votre disposition si vous me contactez au mail indiqué plus haut.

Écrit par : Claude Mur | 20/11/2010

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