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27/11/2010

Festival international de cinéma d’animation de Baillargues

L’invité d’honneur du Festival du film d’animation de Baillargues 2010, Michel Ocelot, a accepté de nous parler du Festival et de se livrer.

 

Pour lui l’existence de ce type de festival est cruciale car c’est grâce à ces événements régionaux que les jeunes créateurs peuvent franchir une première étape dans le monde de l’animation.

 

Il est en effet, difficile pour un réalisateur « débutant » d’être promu par de grandes enseignes de diffusion.

 

Le Festival de Baillargues offre ainsi une visibilité et une approche primordiale avec le public puisque c’est souvent lui qui fait la notoriété d’un film.

 

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Il faut savoir que c’est de cette manière que son premier long métrage, « Kirikou et la sorcière », a eu l’impact qu’on lui connaît aujourd’hui.

 

Histoire vraie, Michel Ocelot raconte : « Personne ne voulait de mon film Kirikou. Lorsque je l’ai présenté au Festival de Baillargues, Kirikou a tellement fait de bruit que finalement ce sont ces mêmes grandes enseignes qui m’ont proposé de me diffuser. Sans ce festival, je n’en serais peut être pas là aujourd’hui. »

 

Outre les films, cet événement propose des ateliers de qualité, animés par des professionnels comme Andréa Kiss, réalisatrice (« Le mulot menteur ») mais aussi illustratrice et plasticienne.

 

Des échanges directs, des dialogues avec de grands professionnels comme Serge Avédikian.

 

C’était le deuxième invité d’honneur, avec Michel Ocelot, de l’édition 2010 : son dernier court-métrage, « Chienne d’histoire », a remporté la Palme d’Or du meilleur court-métrage à Cannes.

 

Ainsi, le spectateur peut entrer dans le monde de l’animation et mieux jauger le travail colossal de la réalisation.

 

Un travail rigoureux, c’est sûr.

 

Pour Michel Ocelot, l’animation est un véritable travail de fourmi.

 

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Michel Ocelot, réalisateur de Kirikou, à la place du spectateur

(Photographie : Fleur Dache)

 

 

Une de ses priorités, lorsqu’il réalise un nouveau film : « c’est l’importance du détail et sa véracité ».

 

Il est inenvisageable d’inventer des décors fantaisistes, tout d’abord parce que la majorité du public des films d’animation sont des enfants.

 

Les enfants étant capables d’emmagasiner beaucoup d’informations, il met un point d’honneur à leur donner des informations justes.

 

Egalement, pour faire découvrir la richesse d’un lieu, d’un pays, d’une époque, puisque l’animation n’est pas destinée qu’aux enfants : elle concerne aussi les adultes.

 

Michel Ocelot explique qu’effectivement cette catégorisation est bien dommage car elle part de l’influence des films de Walt Disney et a, peut être, contribué indirectement à ce positionnement tardif du film d’animation dans nos pays occidentaux, contrairement à l’Orient et plus précisément à l’Asie où celui-ci est presque une institution.

 

Néanmoins, ce passionné de l’image dessinée ne s’arrête pas là.

 

Avec humilité, il faut avouer que son travail a contribué activement à une réévaluation du film d’animation et posons-nous la question, combien de parents seront ravis d’emmener leurs enfants voir les futurs chef-d’œuvre de Michel Ocelot et de bien d’autres réalisateurs ?

 

Festival de Cinéma d'Animation ANIMaSUD Baillargues,

Montpellier et nomade (différentes communes du Gard et de l’Hérault)

49, rue des écoles - 34670 Baillargues

Tél : 04 67 87 33 05 - 06.71.75.15.04

http://www.festivalbaillargues.fr/

23/11/2010

Mangeons local

Les récoltes engrangées, les contrats de saisonniers clos, le monde agricole prend ses appartements d’hiver.

 

C’est ainsi la période traditionnellement consacrée aux projets, à la réflexion.

 

Les 8 et 9 décembre 2010, un « Forum régional sur les circuits courts » sera organisé par la Fédération régionale des CIVAM (FRCIVAM) et l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR).

 

La première journée est prévue à la Maison de la Démocratie, à Montpellier, le 8 décembre, tandis que la deuxième se tiendra à la Maison des Jeunes et de la Culture de Narbonne, le 9 décembre.

 

Les lieux choisis sont significatifs du rapprochement opéré entre une partie du monde agricole et les citoyens ces dernières années.

 

A Narbonne, c’est la problématique de l’installation en circuits courts qui sera traitée.

 

Un point d’information sur les dispositifs d’accompagnement des porteurs de projet et de financement sera notamment ouvert toute la journée.

 

A Montpellier, le sujet sera : « Circuits courts et projets de gouvernance alimentaire des territoires ».

 

Ou comment réussir à s’approvisionner localement, en produits frais, de saison, en accordant l’offre de petits paysans et de consommateurs soucieux d’échapper à l’alimentation industrielle.

 

Cette dernière est stigmatisée dans le livre, très récemment paru, « L’alimentation durable » (Odile Jacob – 285 p., 21,90 €) de Christian Rémésy, spécialiste en nutrition.

 

L’auteur démontre que les deux tiers des aliments vendus en grandes surfaces sont des produits industriels fabriqués à partir d'une dizaine de composants de base, appelés « ingrédients de remplissage » (sirop de glucose, lécithine de soja, huile de palme blanchie aux solvants, amidon, caséine du lait, aromes artificiels, etc.).

 

Pour créer de l’emploi localement, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, pour donner du plaisir gustatif et améliorer la santé publique, les circuits courts de commercialisation sont idéaux.

 

Encore faut-il adapter, et même la plupart du temps réadapter, l’outil de production.

 

De même, de nouvelles organisations de commercialisation doivent être pensées.

 

La question de la démocratisation de l’accès à l’alimentation de qualité est aussi posée.

 

C’est à cette nouvelle organisation alimentaire territoriale que réfléchiront donc le 8 décembre, à Montpellier, certaines collectivités locales, des consomm’acteurs et des producteurs locaux.

 

Contacts :

Juliette Pérès – 04.67.06.23.40 – frcivamlr@wanadoo.fr

Joseph le Blanc – 04.67.06.23.67 – adearlr@yahoo.fr

 

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Dans le même registre, c’est l’ADDEAR 12 (Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural de l’Aveyron) qui organise des Journées paysannes intitulées : « La terre en question ».

 

Cette manifestation est fixée aux 24 et 25 novembre 2010, au Lycée agricole de la Roque à Rodez.

 

"L’accès à la terre : comment installer de nouveaux paysans ?", tel est le thème des débats.

 

A l’évidence, la concentration des exploitations, l’envol du prix du foncier, la spéculation en zone périurbaine, les primes à la surface allouée par la Politique Agricole Commune contribuent à exclure de l’accès au foncier de nombreux porteurs de projet.

 

C’est pourquoi, de nombreuses initiatives citoyennes et collectives sont nées en France pour sortir des schémas classiques du faire-valoir direct d’un patrimoine familial, tant il est vrai que le rapport des paysans à la terre évolue de nos jours.

 

La projection-débat autour du film « Paysans cherchent terres » (produit par Télé Millevaches, "La télé qui se mêle de ceux qui le regardent") et la présence du mouvement de jeunes paysans européens pour le droit d’accès à la terre pour tous, nommé « Reclaim the fields », constitueront deux des points forts de cette manifestation.

 

Que ce soit à Rodez, à Mende, à Narbonne, à Nîmes ou à Montpellier, nous avons tous un fort pouvoir en tant que consommateur.

 

Utilisons-le pour aller vers :

-         une agriculture qui exploite moins ses acteurs,

-         un échange économique équitable,

-         une alimentation variée principalement locale, à base de produits de saison, de produits frais, moins carnée, avec le minimum de pesticides, d’intermédiaires et de transformations.

19/11/2010

Pieds de mouton, girolles et cèpes

Le Languedocien a gardé la passion de la cueillette.

 

Les baies sauvages (mûres, prunelles, fruits d’églantier, …), les salades et les poireaux sauvages, les escargots, les châtaignes, les asperges sauvages et bien sûr, en haut du classement : les champignons !

 

Ces cueillettes scandent l’année rurale.

 

Elles augurent des préparations culinaires, sucrées ou salées, des repas de famille ou entre amis.

 

Elles sont synonymes de fête.

 

Souvent, toute la famille s’y met et les enfants sont initiés progressivement, les parents se réjouissant d’année en année à constater les progrès du petit ou de la petite qui s’éveille à la générosité de la nature et dont l’adresse et l’acharnement à trouver croissent rapidement.

 

Ce qui compte, c’est le plaisir de la recherche, de reproduire une tradition familiale : il faut connaître "ses coins", "ses tènements", être initié par ses aïeuls.

 

Le champignon est de loin le « fruit » de la nature le plus convoité.

 

Sur le plan culinaire, c’est un met de choix, un aliment complet en terme de glucide, protide, lipide et fibres, faiblement énergétique mais riche en vitamines (B, D, E et K) comme en minéraux (potassium, phosphore, fer et sélénium).

 

La poussée du mycélium et la sortie du champignon dépendent de l’eau du ciel : il y a une saison à ne pas rater.

 

Sous notre climat, c’est rarement le froid qui arrête l’apparition des champignons mais la période de cueillette s’éteint inexorablement à partir de novembre.

 

En choisissant l’altitude de cueillette, l’orientation du versant, le type de boisement forestier, le chercheur de champignon multiplie ses chances.

 

Il faut que le sous-bois sente l’humus et tout bon ramasseur connaît les bons signes : certains vénéneux annoncent les « bons » tandis que l’aspect de la végétation basse constitue un bon indicateur.

 

La plupart du temps, c’est le plaisir de chercher qui prime sur la quantité ramassée.

 

Nul n’aime toutefois rentrer bredouille et préfère un panier garni.

 

Dans les châtaigniers, dont nous avons essentiellement hérités des petits paysans du XIXème siècle, aux cèpes plus précoces finissent par se conjuguer girolles et pieds de mouton.

 

Bien sûr, il existe une fabuleuse variété mycologique mais, par habitude, facilité, sécurité et finesse gustative, beaucoup campent sur la cueillette de ce tiercé.

 

Si le Pied de mouton (Hydnum repandum) et la Girolle ou Chanterelle (Cantharellus cibarius) semblent mono spécifiques, en revanche le Cèpe apparaît sous des livrées variées : Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), « Tête de nègre » ou Cèpe bronzé (Boletus aereus) et « Vinassé » (Boletus regius).

 

Ce « Bolet royal » (Boleto real en Castillan et Boleto regio en Italien) est l’apanage de rares terroirs perchés des Hauts-Cantons.

Il partage les broutes de châtaigniers, autrefois exploitées pour la production de piquets et de tuteurs de vigne, avec la salamandre (Salamandra salamandra), cet amphibien nocturne qui n’apparaît de jour que sous la pluie battante et la couleuvre, sa prédatrice.

 

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Un Pied de mouton blotti contre une touffe de graminées

 

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Difficile de passer à côté d'une Girolle sauf si elle est cachée sous des feuilles

 

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La carcasse d'un vieux châtaignier accrochée à un de ses rejets

 

J’ai personnellement mis plus de vingt ans à mettre un nom sur ce cèpe merveilleux, tardif en saison automnale, dont la tête est couleur brun-rouge, « rose groseille vif », lie de vin, à queue trapue, blanche immaculée et crayeuse au couper, aux pores crème à jaune, inféodé aux feuillus et excellent comestible.

 

C’est en examinant quelques ouvrages dans la bibliothèque de la Maison de l’environnement de Restinclières, à Prades le Lez, que je suis tombé sur la description de ce champignon si apprécié dans notre famille.

 

Depuis, j’ai lu que ce méridional acidiphile était aussi présent, mais avec une couleur plus claire, dans les chênaies thermophiles et calcicoles du Quercy, pays de magrets et de foies gras.

 

J’ai aussi appris que dans les forêts de Bourgogne, qui dominent, comme les nôtres, des coteaux ancestralement voués aux vignobles, il avait fallu attendre 1988 pour qu’un proche parent, appelé dorénavant Boletus pseudoregius, soit séparé dans la classification des Basidiomycètes, ces champignons supérieurs que nous consommons.

 

Ce cousin bourguignon a une cuticule de couleur moins vive, des pores et une chair fortement bleuissante, un stipe à la base légèrement rougeâtre.

 

Le « Vinassé », comme on l’appelle dans les Hauts-Cantons, n’usurpe pas son nom de Bolet royal car il est majestueux, massif, dense et coloré : il est notre fierté de méridionaux.

 

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Les Cèpes de Bordeaux ont écarté les débris végétaux tout autour
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Deux "Vinassés" en protègent un plus petit et plus jeune

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Une salamandre essayant de se faire oublier

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La couleuvre hante aussi ces broutes de châtaigniers

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(Cèpes de Bordeaux et Vinassés sont au rendez-vous)
Il y a des ramasseurs de champignons moins chanceux
Crédit photographique : Michel Chastaing

15/11/2010

Jeux et rencontres

Le Foyer rural de Sussargues a organisé le samedi 6 novembre sa « Première nuit du jeu ».

 

L’événement a pris pour cadre la Salle polyvalente du village.

 

De très nombreux jeux de société, de stratégie, de guerre, de réflexion, de simulation, de cartes et vidéos, prêtés pour l’essentiel par la Médiathèque d’agglomération de Castries étaient disponibles en libre service.

 

Les organisateurs, Cathy Bertaud - Présidente du Foyer rural, Jean-Luc Blaché - Trésorier et son épouse Florence, Denise Tual et Georgette Damiron, ont accueilli, avec un grand sens de l’hospitalité, les participants et apporté des conseils sur les règles.

 

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Cette équipe de bénévoles avait prévu une buvette et une restauration rapide bien achalandées.

 

La magie de ce type de soirée est de réunir tous les âges, de faire participer parents et enfants.

 

La nuit brouillardeuse et le cocon ouaté de la Salle polyvalente se prêtaient bien à cette nuit de veillée.

 

Passé l’appréhension de la découverte de nouvelles règles du jeu, le plaisir de jouer a pris le dessus.

 

L’envie de gagner n’a pas cédé le pas au fair-play, l’important étant de participer.

 

Les adolescents et pré-adolescents ont plébiscité les jeux vidéo, en jouant notamment au football à 4 sur un impressionnant grand écran.

 

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Les anciens ont misé sur les valeurs sûres : scrabble ou jeux de cartes.

 

Des jeux plus exotiques (l’awélé) ou plus modernes (Abalone, Batik, Quatro, Carcassonne, Cyrano, Cœur de dragon, Vive le Roi, Triaminos, Puerto Rico, Dixit, etc., etc.) n’ont pas tous pu être testés, faute de temps, mais ils reviendront vraisemblablement l’année prochaine pour une deuxième édition de la nuit du jeu.

 

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11/11/2010

La biodiversité et la nature en ville

Dans le cadre de l’élaboration de l’Agenda 21 de Jacou, la Municipalité de cette commune a organisé une soirée de réflexion, le mardi 26 octobre 2010, à la Salle de la Fabrique, sur le thème de « La nature en ville : comment la préserver, comment la gérer ? ».

 

Presque 100 personnes s’étaient déplacées pour écouter un exposé de Jean-Pierre Vigouroux (résumée dans la présente note), membre des écologistes de l’Euzière, association basée à la Maison Départementale de l’Environnement de Restinclières sur la commune de Prades le Lez.

 

Renaud Calvat, Premier adjoint, délégué à l’aménagement du territoire et au développement durable, a co-animé le débat, en présence de Joëlle Aliaga, Conseillère municipale déléguée aux travaux, à la gestion des espaces naturels et à l’Agenda 21.

 

L’Association « Préserver le cadre de vie à Jacou », l’Association « Jacou Jardins Familiaux » et l’Association « Histoire et patrimoine » étaient bien représentées.

 

Autour de la Méditerranée, plus qu’ailleurs, l’homme a façonné les paysages dont nous avons hérité.

 

En dépassant le stade de la chasse et de la cueillette, l’homme, en se sédentarisant au chalcolithique, a accédé à l’élevage et à l’agriculture avec un impact grandissant de façon exponentielle sur son habitat.

 

D’ici 2050, 70 % de la population mondiale habitera en ville ; l’espace artificialisé a doublé en Europe en 50 ans ; l’Hérault reçoit 1.500 habitants supplémentaires tous les mois.

 

La ville, jugée insalubre au XIXème siècle, a été Haussmannisée avec de grandes trouées dans le bâti existant et de grands aménagements urbains.

 

Ces derniers (création de l’assainissement, de parcs, de promenades) ont été guidés par une vision hygiéniste : « faire propre », ce qui conduit à fortement rectifier et redresser la nature.

 

La mécanisation de l’agriculture et la réindustrialisation de la France dans les années 50 entraîne l’exode rural vers une ville qui se dote de ZUP et où la nature est tout aussi canalisée.

 

La villa individuelle n’a pas apporté un changement d’approche avec des jardins artificiels basé sur la pelouse anglaise, l’arrosage à l’eau potable, la haie de thuyas, le désherbage des allées minéralisées.

 

Ce n’est qu’à partir de 1986, avec l’« invention » de la biodiversité que l’on s’est aperçu que la nature existait toujours en ville malgré l’urbanisation et l’artificialisation : persistance des « mauvaises herbes », des insectes, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles, compagnons familiers, vivant en commensaux à notre table ou, à tout le moins, sur la même parcelle d’espace.

 

Cette biodiversité, nous commençons à en saisir l’importance ainsi que ses fonctions vitales pour l’homme : épuration de l’eau, pollinisation, production fruitière et vivrière, maintien des sols, recyclage de la matière organique, etc.

 

En chiffres, 99 % de la nourriture est issue de la biodiversité ; elle nous donne un médicament sur 2 et 40 % de l’économie mondiale repose sur les produits naturels.

 

La biodiversité en ville est moins spectaculaire : elle est ordinaire, faite d’espèces courantes.

 

De ce fait, elle est peu considérée avec, comme corollaire, un défaut de prise en compte, une absence de politique de gestion, malgré les innombrables services écologiques et sociaux qu’elle rend.

 

Les problématiques et les enjeux liés à la nature en ville sont :

-         une forte imperméabilisation entraînant notamment des risques d’inondations,

-         une importante fragmentation de l’espace et donc des habitats écologiques,

-         une pollution liée à l’usage de phytosanitaires pour l’entretien des voiries, des jardins publics et privés,

-         une tendance à l’envahissement par des espèces exotiques s’arrogeant à titre exclusif des niches écologiques.

 

Concernant les pesticides, l’Organisation Mondiale de la Santé a constaté 1.000.000 empoisonnements graves et 220.000 décès en 2008.

 

Au niveau national, 76.000 tonnes de « matières actives » ont été utilisées la même année, dont 8.000 tonnes en Languedoc-Roussillon (la viticulture en consomme beaucoup), dont 10 % dans les jardins (quantité responsable de 30 % de la pollution des eaux).

 

Sur ce plan précis, la Commune de Jacou a réagi en supprimant l’utilisation des pesticides (essentiellement des désherbants), il y a déjà 18 mois.

 

Que peut-on faire, à son niveau, chez soi ?

 

Utiliser des plantes résistantes à la sècheresse, créer un jardin sec, planter des arbres à petits fruits, végétaliser la toiture de son habitation, fabriquer des gîtes à hérisson, à insectes, composter ses déchets ménagers, bannir les produits phytopharmaceutiques, …

Au niveau des Services techniques des collectivités territoriales, le mot d’ordre est aux prairies fleuries, aux espaces verts non irrigués, au zéro pesticide, à la plantation d’essences locales, au maintien des arbres morts à cavité (qui hébergent notamment le Rollier d’Europe, oiseau migrateur rare vivant dans les collines des premiers reliefs succédant à la plaine côtière).

 

La prise de conscience de l’importance de la biodiversité en ville est maintenant effective dans les grandes villes et elle gagne, petit à petit, les communes périphériques.

 

Une fois l’exposé de Jean-Pierre Vigouroux sur la nature en ville terminé, les questions de l’assemblée ont vite tournée autour du projet jacoumard d’aménagement de la colline de Las Bouzigues.

 

Ce poumon vert, pris dans l’urbanisation, est très apprécié par la population d’où des problèmes de piétinement (régression des iris nains, des glaïeuls sauvages, des ophrys et même du thym) et de fréquentation non souhaitée, en l’occurrence celle des quads et des motos.

 

La Municipalité de Jacou prévoit la création d’un sentier botanique, l’aménagement doux de 6 espaces dans la pinède équipés chacun d’un panneau pédagogique puis décliné par une signalétique, à élaborer en lien avec les écoles élémentaires, sur les espèces présentes.

 

L’objectif de la prise en charge est d’arrêter l’érosion des murs en pierre sèche, de canaliser la fréquentation, de nettoyer certains bosquets pour dégager la vue et le pied d’anciens oliviers ainsi que de conserver, par endroit, l’embroussaillement au pied de certains arbres afin de protéger des habitats écologiques.

 

L’attachement de la population est tel que beaucoup d’habitants du village ont déjà participé au nettoyage du secteur de Las Bouzigues.

La Municipalité a pour ambition la mise en valeur paysagère, le filtrage de la fréquentation réservée aux piétons et déplacements doux, le maintien du patrimoine vernaculaire, la préservation de la richesse faunistique et faunistique.

 

Le projet d’aménagement de Las Bouzigues est d’ailleurs significatif des mêmes préoccupations qu’a l’équipe municipale sur d’autres coteaux, ou bas-fonds, non occupés par l’urbanisation.

 

Conscience des enjeux en terme de préservation de la nature en ville, la Municipalité de Jacou développe depuis plusieurs années une politique de maîtrise foncière, par acquisition ou échange, seule à même de préserver le devenir d’espaces naturels à fort pouvoir attractif mais aussi hautement fragiles.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a agi de même en achetant très récemment les 250 hectares du Domaine de Viviers, situé aux confins des communes d’Assas, Clapiers, Jacou et Teyran, en vue d’y créer une deuxième écolothèque, après celle de Saint-Jean de Védas.

 

Enfin, les espaces naturels de Jacou, joints à ceux de Clapiers (Domaine de La Valette et pinède du Nord de Montpellier) pourraient donner naissance, dans les années à venir, à un « agri-parc ».

 

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L'intervention d'un participant au débat

sur la supériorité des médicaments naturels issus du règne végétal

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Une audience attentive sur le thème fédérateur de la nature en ville

07/11/2010

Le petit marché de l’art

 

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Bédarieux, Sauve, Pézenas, Montpellier, Avignon, notre région regorge de places d'artistes.

 

Toutefois, ces derniers manquent cruellement de lieux d’exposition.

 

A Vendargues, il existe désormais « Le petit marché de l’art ».

 

Tous les dimanches, les portes s’ouvrent le long de la RN113.

 

Sculptures, peintures, aquarelles, eaux fortes, photographies, céramiques, etc., sont présentés autour d’un buffet généreusement offert.

 

« Une partie de notre travail, c’est de se montrer » explique Frédérique Azaïs-Ferri, initiatrice du rendez-vous, artiste peintre et propriétaire des lieux : une maison, sa cour, son jardin et son atelier de peintre, lovés au calme, à deux pas de la RN 113.

 

« Il n’existe pas de marché de l’art à Montpellier comme il en existe à Paris ou à Lyon ».

 

Pour remédier à cela, elle a décidé d’utiliser l’écrin dont elle dispose afin que, régulièrement, les artistes intéressés puissent disposer d’un espace qui leur est dédié et arrêtent de courir après lui.

 

La proximité permet l’échange et le dialogue avec les artistes, de comprendre leur démarche et leur univers.

 

La présence d’artistes influents, comme Gisèle Cazilhac, artiste peintre ou Marc Déotte, photographe, attire l’attention et nous questionne sur la place de ces artistes dans la vie culturelle de Montpellier.

 

Le dimanche 24 octobre 2010 a vu la première de cette manifestation avec nombre animations : atelier de peinture sur cailloux par Dolo, conte fabulatoire par Aga la Sorcière, défilé de chapeaux d’exception concocté par Emma Shulman et dédicace de son livre, P’tit Hom paru aux éditions sétoises Flam, par Marjolaine Mayran.

 

Bien d’autres artistes étaient ou seront présents, par rotation : Annie Amirault, Coline Bianchi, Marion de la Fontaine, Catherine Pernot, Muriel Cayet, Béatrice Gay, Isabelle Robert, Liliane Lavabre, Robert Vénézia, Zan, Pierre Dravet, Patrick Planchon, Christophe Vivant, Laurent Duval, Christophe Botton, Krys, Jean-Michel Vincent, …

 

Vendargues offre ainsi tous les dimanches un florilège d’oeuvres d’art : pour le plaisir des yeux et le bonheur de s’émerveiller.

 

Le petit marché de l’art – 3, avenue de Montpellier – Vendargues

06.87.27.62.91 et 09.72.94.02.04

Ouverture tous les dimanches – Entrée libre

 

 

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Crédit photographique : Fleur Dache

02/11/2010

Voyage en eau trouble

Samedi 23 octobre, était présenté, à la salle des Arbousiers à Restinclières, un film de Luc Riolon, « Voyage en eau trouble », réalisé pour Arte par « Mona Lisa Production », ou comment l’infiniment petit et la nature peuvent nous apprendre l’équilibre fragile de notre condition.

 

Les organisateurs de la soirée étaient Louise Achard, Présidente de Rest’Envi, et Jean-Pierre Fels, Président de l’Association pour la Desserte en Eau Brute (ADEB).

 

Rest’Envi promeut des actions de défense de l’environnement (opérations « Nettoyons la nature » et « Un arbre, un enfant » menées en partenariat avec le Club des marcheurs de Restinclières et avec le concours de la Communauté d’Agglomération de Montpellier) tandis que l’ADEB a pour objectif une gestion rationnelle des ressources en eau et la desserte en eau brute (eau de Rhône issue du Canal Philippe Lamour) des communes jumelles de Beaulieu et Restinclières.

 

Ces deux associations, dont les membres se connaissent mutuellement, ont logiquement vocation à fusionner à terme.

 

Cette projection-débat intervenait à l’occasion de la « Semaine de la Science », très présente autour de Montpellier, pôle international de recherche.

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Le conférencier présente le film "Voyage en eau trouble" 

 

Michel Dukhan, Président de l’Association « Messages pour la Terre », s’était déplacé de Clapiers pour mettre en place la projection audiovisuelle.

 

Daniel Guiral, Directeur de recherche à l’IRD (Institut de Recherche et du Développement – ex ORSTOM – basé à Montpellier sur le Campus Agropolis), spécialiste des écosystèmes littoraux, est le découvreur du site présenté dans le film et la cheville ouvrière de son étude détaillée.

 

C’est en Guyane qu’il nous emmène découvrir un endroit encore inexploré, si ce n’est par les caïmans noirs et les quelques espèces ornithologiques rares qui font en grande partie la richesse de ce milieu.

 

En effet, tout commence par la découverte de cet univers aquatique, hostile et isolé, préservé de ce fait des aménagements pratiqués dans les lagunes périphériques pour y installer des rizières exploitées autrefois par les esclaves.

 

La « mare » d’eau douce étudiée, entourée de marécages (appelé Marais de Kaw), grands comme la Camargue, est en effet seulement accessible en hélicoptère.

 

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La "mare", ouverture dans les marais colonisés par de la végétation basse 

 

Ce milieu naturel, nullement anthropisé, est remarquable du fait de la nidification d’oiseaux migrateurs insoupçonnés.

 

Il s’agit notamment du Héron agami (Agamia agami) que l’on croyait en voie de disparition (quelques couples connus seulement au monde) avant d’en découvrir plus de 500 sur le site des Marais de Kaw !

 

Il s’agit aussi du Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin) qui peuple les zones humides de l’Orénoque et de l’Amazone.

 

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Un volatile hôte de la "mare", attiré par la tranquillité des lieux

 

Comment la vie peut-elle exister ici alors que l’eau est insuffisamment minéralisée et très acide ?

 

C’est la question que s’est posée Daniel Guiral constatant qu’elle se développait dans un milieu extrêmement pauvre, oligotrophe.

Ce passionné de biodiversité, s’est donc installé sur l’eau pendant 4 ans afin de percer ce mystère.

 

C’est ce travail, cette passion que Daniel Guiral fait partager avec son documentaire d’une beauté époustouflante.

 

En collaboration, les deux équipes de scientifiques et de cameramen ont extrait des 900 heures de tournage, les 52 minutes d’émerveillement et d’étonnement qu’engendre ce film.

 

Comment un milieu extrêmement pauvre peut-il être un hot spot, une oasis de la biodiversité ?

 

Tout simplement grâce à l’apport azoté d’oiseaux étrangers venant nicher et se nourrissant à grande distance.

 

Mais aussi grâce au développement de l’entraide et des échanges entre les espèces : plus le milieu est pauvre et plus les solidarités se développent tandis qu’au contraire, dans un milieu riche, certaines espèces prennent le dessus, rendant l’existence des autres impossible.

 

Le chercheur montpelliérain a notamment fait une véritable découverte scientifique en constatant que les utriculaires (plantes aquatiques à la fois chlorophylliennes et carnivores dont les feuilles sont en forme d’outre), capturant des proies par aspiration, étaient incapables de digérer les grosses larves emprisonnées, sauf que des protozoaires colonisant leurs outres s’en chargent pour elles.

 

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Larves d'insectes et protozoaires à l'abri des filaments des algues aquatiques

 

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Une grosse larve d'insecte prise au piège dans une bourse d'utricaire

en cours de digestion par de petits protozoaires

 

Les Marais de Kaw sont inclus dans les périmètres d’une ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique), de Natura 2000 (protection des habitats naturels) et constituent un des sites RAMSAR français (protection des oiseaux remarquables).

 

Daniel Guiral a conclu le débat avec la salle par l’intérêt qu’il faut absolument porter à la biodiversité : elle recèle toutes les solutions adaptatives dans lesquelles l’humanité pourra puiser des solutions à ses problèmes.

 

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Daniel Guiral répondant aux questions de la salle

 

Crédit photographique : Fleur Dache