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26/12/2010

Pour l’égalité réelle

Depuis les échecs répétés aux élections présidentielles de 2002 (Lionel Jospin absent du second tour) et de 2007 (les Français plébiscitent Nicolas Sarkozy), les Socialistes doutent.

 

Le dogme libéral a séduit les Français en 2002.

 

Le néolibéralisme a triomphé jusqu’à la récente crise économique et financière.

 

Les critères de Maastricht ont été assouplis de fait depuis une dizaine d’années (déficits publics et dettes publiques largement au-delà de respectivement 3 % du PIB et 60 % du PIB), sans que cela soit la panacée, pourtant invoquée inlassablement, par la « Gauche de la Gauche ».

 

Aucun parti en France ne prône plus la Révolution.

 

Les Socialistes sont donc sûrs d’une chose : seule la réforme, certes profonde, mais progressive de notre société, permettra de sortir de la crise sociale et de la crise écologique dans laquelle la mondialisation libérale et la financiarisation du capitalisme nous ont jetées.

 

Aujourd’hui, le Socialisme démocratique est le seul système de gouvernement à même de mener de pair progrès social et progrès économique.

 

Encore faut-il que le Socialisme français s’adapte à la modernité, à un Monde qui a changé ?

 

C’est à cette difficile tâche que se sont attelés les militants socialistes au cours de l’année 2010, avec la refonte des textes définissant la ligne politique du Parti Socialiste.

 

Ce dernier vient ainsi de clore récemment sa « Convention égalité réelle » (cf. Texte intégral).

 

Un vote des militants le 2 décembre 2010, a permis d’approuver ce texte qui fait des propositions pour lutter contre les inégalités d’éducation, de revenus, de conditions de vie, entre les territoires, femmes-hommes, en terme d’accès aux services publics, au logement et à la santé.

 

Ce sera la doctrine du Parti socialiste pour la prochaine élection présidentielle afin que l’égalité, obtenu par la Révolution de 1789, ne soit pas un vain mot.

 

En effet, la politique menée par Nicolas Sarkozy aggrave chaque jour les inégalités.

 

Les Français sont ainsi exposés au déclassement social.

 

Le Parti Socialiste, au contraire, fait le choix d’une société du progrès social où la mobilité et la promotion sociale sont un objectif.

 

Le Parti Socialiste donne la priorité à l’amélioration des conditions de vie des Français quelle que soit leur place dans la hiérarchie sociale.

 

A n’en pas douter, les inégalités sociales sont le moteur de l’appauvrissement économique, humain et intellectuel de la France.

 

Une société n’allant pas vers l’égalité devient de plus en plus violente, de plus en plus refermée sur elle-même, de plus en plus inefficace.

 

Parce qu’il est réformiste, le Parti Socialiste ambitionne de lutter contre toutes les inégalités dans la durée, en s’appuyant sur :

-         un Etat régulateur,

-         des services publics universels et personnalisés,

-         les collectivités territoriales (nouvelle étape de la décentralisation, péréquation des moyens entre collectivités, approfondissement de la démocratie locale),

-         la démocratie sociale (compromis social basé sur la négociation, rôle accru pour les partenaires sociaux)

-         et le milieu associatif (services de proximité, perception des nouveaux besoins et innovation sociale).

 

Les Socialistes veulent :

-         garantir des droits à tous les citoyens en luttant contre toutes les discriminations,

-         agir pour l’égalité des conditions d’existence : salaires, fiscalité, lutte contre la pauvreté, contre les ghettos, la marginalisation des banlieues et du monde rural,

-         traiter les inégalités à la racine en agissant pour l’éducation, la formation et la qualification de tous.

 

Développons, dans les prochaines lignes, ce volet du programme du Parti Socialiste, essentiel pour donner ou redonner une chance à chacun.

 

Les Socialistes font l’analyse que notre système éducatif est en crise, n’évite pas la reproduction sociale, est très inégalitaire et génère trop d’échec scolaire.

 

Les Socialistes pensent que la nécessaire démocratisation et la massification du système éducatif français ne sont pas incompatibles avec la transmission d’un savoir de haut niveau.

 

Partout dans le Monde, plus les systèmes éducatifs sont égalitaires, plus ils sont efficaces en terme d’élévation du niveau des connaissances et plus ils conduisent à la réussite scolaire ou universitaire.

 

L’égalité des chances commence à la prime enfance : le PS souhaite réorienter les aides publiques vers les modes de garde collectifs (triplement du nombre d’enfants accueillis en 10 ans), rendre la scolarité obligatoire à 3 ans et augmenter les moyens consacrés à la protection de l’enfance, à la protection maternelle et infantile ainsi qu’à l’action sanitaire et médico-sociale.

 

Pour les parents, le PS souhaite partager à égalité le congé parental entre les deux parents et intégrer dans le droit français la directive européenne portant le congé de maternité à 20 semaines, ce à quoi la Droite se refuse.

 

Le Parti Socialiste veut en outre redonner de grandes ambitions à l’école en assignant des objectifs de 80 % d’une classe d’âge au Bac (contre 63 % aujourd’hui), de 50 % au niveau licence et de 100 % de jeunes sortant du système éducatif avec au moins un diplôme.

 

Concernant les rythmes scolaires, le PS prévoit de revenir à une semaine de 5 jours éducatifs, en lien avec les collectivités locales et les associations périscolaires, pour éviter les fatigues de la semaine des 4 jours.

 

Pour lutter contre l’échec scolaire, la modulation des horaires en fonction du niveau des élèves et l’appel à des associations de soutien scolaire sont prévues.

 

Le collège s’inscrira dans une plus grande continuité avec l’école primaire et les enseignements seront plus ouverts sur les activités artistiques, culturelles et sportives.

 

La priorité sera toutefois donnée à l’école primaire avec des effectifs restreints dans certaines classes ou établissements afin de personnaliser l’enseignement.

 

Le nombre d’élèves par classe ne devra pas dépasser la vingtaine sur tout le territoire.

 

Les moyens financiers seront dirigés partout où les besoins sont les plus importants (notamment dans les Zones d’Education Prioritaire) en rompant avec la politique actuelle du soupoudrage des crédits (« Internats d’excellence », plan « Espoir banlieue ») qui consiste à focaliser quelques maigres finances sur quelques élèves pour faire croire à une généralisation des mesures.

 

Une nouvelle carte scolaire sera mise en place avec une sectorisation respectant la logique territoriale et tenant compte d’un équilibre vis-à-vis des critères sociaux et scolaires.

 

Le PS souhaite aussi ouvrir le chantier de la scolarité jusqu’à 18 ans ce qui nécessite à l’évidence une profonde réorganisation du contenu de l’enseignement.

 

Notamment, la voie professionnelle, au travers les « lycées des métiers », regroupant des formations de tout niveau autour de spécialités, doit devenir une voie de réussite privilégiée.

 

Partant du constat que 10 % des jeunes de 16 à 17 ans sont déscolarisés, avec toutes les conséquences que cela engendre, il est nécessaire qu’ils soient pris en charge à l’intérieur même du système éducatif avant qu’il ne soit trop tard.

 

Pour l’enseignement supérieur, des moyens sont à apporter afin de permettre la massification : il faut non seulement pouvoir admettre plus de lycéens mais surtout contrer l’échec en premier cycle universitaire.

 

En vue d’améliorer la démocratisation de l’enseignement supérieur, des allocations d’études seront mises en place.

 

Concernant l’orientation, c’est un point faible en France avec une grande difficulté pour les enfants issus des milieux défavorisés à valoriser leurs compétences au travers du juste choix d’une filière ou d’une formation.

 

Que ce soit en Seconde ou dans l’enseignement supérieur, il faut instituer de vraies passerelles avec des possibilités de réorientation.

 

D’autre part, la formation des enseignants sera refondue avec une entrée progressive dans la carrière.

 

Le métier d’enseignant sera revalorisé et la précarisation des emplois sera réduite.

 

Le Parti Socialiste souhaite favoriser la co-éducation permettant à tous les intervenants (enseignants, parents, personnels de surveillance, agents techniques, etc.) de dialoguer et d’œuvrer collectivement dans une même direction.

 

C’est déjà ce qu’essaie de coordonner les collectivités locales dans les contrats éducatifs locaux où une synergie est recherchée entre activités périscolaires, bibliothèques, soutien scolaire, centres de loisirs, interventions d’associations, éducation populaire, etc.

 

Enfin, tout au long de la formation, les apprenants devront se voir offrir une ouverture sur la société et le monde de l’entreprise au travers de stages, visites, conférences, rencontres, forum des métiers, etc.

 

Certains penseront qu’en cette période de Noël et de bons sentiments, le programme du Parti Socialiste pour l’éducation relève de l’utopie.

 

Il s’agit, en tous cas, d’un chantier majeur pour la France et les Français si nous voulons garder notre rang dans les 10 plus puissants pays du Monde.

 

Il nous faut être collectivement ambitieux, éviter le renoncement.

 

Cette feuille de route servira au candidat socialiste lors de la Présidentielle de 2012 : elle a le mérite d’informer les électeurs sur la société que veut le Parti Socialiste, une société qui aille véritablement vers l’égalité réelle.

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