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12/02/2011

Serment d’Assas

Le 40ème anniversaire du « Serment d’Assas » a réuni de nombreux maires et élus locaux à Vailhauquès, le mercredi 2 février 2011. 

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Le cortège des élus se forme

Au début des années 70, la viticulture a vécu une crise sévère liée aux importations, à la surproduction et à l’inadéquation entre production et demande.

 

En effet, à partir de 1970, l’entrée de l’Espagne et de l’Italie dans le Marché commun avaient entraîné une ouverture des frontières.

 

L’afflux de vins de ces pays avait induit un effondrement des prix et une mévente des vins français, comme du temps des importations des vins algériens.

 

Les viticulteurs étaient alors très inquiets mais aussi très en colère.

 

La viticulture vacillant, c’était toute l’économie de la région Languedoc-Roussillon qui était menacée, c’était tout le peuple de la vigne qui craignait pour son avenir.

 

Aussi, les vignerons ont-ils reçu le soutien des maires.

 

Dans l’Hérault, plusieurs d’entre eux occupèrent, dans un élan de résistance citoyenne, le Pavillon populaire à Montpellier, sur l’Esplanade.

 

Ces maires venaient essentiellement :

-         du Saint-Chinianais (Raoul Bayou de Cessenon sur Orb, le grand député, ardent défenseur de la viticulture, Armand Petit et Aimé Martin, Adjoints à Causses-et-Veyran),

-         du Biterrois (Louis Lapalu de Cers, Jean Sénégas de Puimisson et Alfred Crouzet de Servian),

-         du Piscénois (Jean Abbes d’Alignan du Vent, Fernand Combes de Cabrières, Armand Bilhac de Péret, Jean Toudon de Nézignan l’Evêque et André Espitalier de Fontès),

-         du Nord de Montpellier (Henry Moynier d’Assas, Marcel Gibily de Teyran, Augustin Recouly des Matelles, Senaux Adjoint à Castries et Marius Sauvan de Saint-Vincent de Barbeyrargues),

-         d’autres coins de l’Hérault, avec Marius Cauquil de Minerve et Emile Casanave de Siran pour le Minervois, Raynal Adjoint à Ceyras, Georges Caumeil de Saint-Guiraud et Jean Brusque de Saint-Jean de la Blaquière pour les premiers contreforts du Larzac méridional, Théophile Luce de Mauguio et Charles Prieur de Mireval comme rares représentants de la côte, mais pas n’importe laquelle, en ce qui concerne la commune proche de Frontignan, puisque complantée en cépage Muscat et productrice de Vins doux naturels (VDN).

 

Il s’agissait pour ces édiles héraultais de montrer leur solidarité envers les viticulteurs.

 

Henri Moynier, premier magistrat de la Commune d’Assas, s’en alla quérir dans sa Mairie ce qui allait devenir l’insigne de cette nouvelle mairie symbolique, plantée au Pavillon populaire, où voulaient résister, nuit et jour, les maires héraultais.

 

L’occupation dura deux jours, les 2 et 3 février 1970, une grande manifestation populaire prenant le relais le 4 février.

 

Un an plus tard, une manifestation se tint à Assas réunissant « Les maires du 2 février 1971 » pour commémorer, avec gravité et solennité, l’occupation du Pavillon populaire.

 

Ainsi fut signé le « Serment d’Assas » qui entra dans l’histoire et qui n’en est pas sorti depuis, l’Association des Maires de l’Hérault n’ayant jamais failli à ranimer la flamme, au jour anniversaire.

 

Le « Serment d’Assas » fut ainsi rédigé :

 

« Réunis à la Mairie d’Assas pour rappeler la manifestation de Montpellier et leur occupation du Pavillon populaire du 2 février 1971, « Les maires du 2 février » :

 

Conscients de traduire le sentiment profond de la quasi-unanimité de leurs collègues du département

Fermement décidés à oublier les nuances politiques qui peuvent les séparer pour ne retenir que leur farouche volonté de lutter en commun pour assurer l’avenir des populations qu’ils représentent.

 

Certains qu’en défendant le vin, ils travaillent pour une juste cause et sauvegardent toute l’économie du département.

 

Prennent l’engagement de rester unis pour soutenir totalement et de toutes leurs forces, la profession de l’agriculture et tout particulièrement la viticulture, victime d’une politique gouvernementale qui cherche à la déshonorer par une médisance sans répit et la ruiner par une série de décrets et de lois particulièrement nocifs, tant sur le plan national qu’à l’échelle d’un marché complètement défiguré. »

 

Ce mouvement des Maires de l’Hérault s’est inscrit dans la longue tradition de défiance du Midi par rapport au pouvoir central, en réaction à Paris, incarné localement par le Préfet et au national par le Gouvernement.

Les événements de 1971 constituèrent l’étincelle d’une longue période de protestation.

 

Ce fut le début de l’escalade de la violence qui connut comme point d’orgue les funestes événements de Montredon des Corbières, le 4 mars 1976.

 

Après de grandes manifestations et des heurts répétés, après des mois et des mois de quasi-insurrection, le Pouvoir central souhaitait une issue, une fin, quel qu’en soit le prix.

 

Emile Pouytes, vigneron d’Arquettes en Val (Aude) et Joël Le Goff, Commandant de CRS, tombèrent successivement, morts, à Montredon des Corbières, touchés chacun par une balle entre les deux yeux (ces héros, indissociablement liés par leur infortune funeste, sont depuis honorés tous les ans par un hommage populaire et public lors de chaque premier dimanche du mois de mars au Pont de Montredon).

 

Ce 4 mars 1976, un face à face s’était instauré entre les très nombreux manifestants et les non moins nombreuses forces de l’ordre, tous harassés.

 

La tension était à son comble.

 

De Paris, plusieurs fonctionnaires d’autorité et des ministres ont suivi en direct, minute après minute, la tragédie de Montredon où des manifestants viticulteurs s’étaient déplacés pour interrompre la circulation ferroviaire.

 

Le Pouvoir central allait obtenir l’électro-choc qu’il attendait vraisemblablement, compte tenu des décisions prises et ordres transmis : le dénouement dans le sang d’un mouvement de protestation populaire qui s’éternisait.

 

Le lendemain des événements du 4 mars 1976, le Midi se réveilla sonné devant la mort de ces deux innocents.

 

Il y a bien eu un « avant-Montredon » avec des manifestations de masse qui faisaient trembler le pouvoir (à l’image de ce qui s’est passé en 1907 avec la « Révolte des vignerons » lancée par Marcellin Albert et orchestrée par Ernest Ferroul) et la force de frappe, sous forme d’exactions, du Comité régional d’action viticole (CRAV).

 

L’« après-Montredon » fut une retour à la non violence, à l’arrachage primé mais aussi à l’obtention des premiers signes de qualité (VDQS de Saint-Chinian et de Saint-Saturnin de Lucian sur l’impulsion de Raoul Bayou et de Gilbert Sénès, députés de l’Hérault) et à la révolution qualitative qui fera perdre au Languedoc sa première place en terme quantitatif mais qui lui fera, en revanche, demain, mériter son appellation de « Plus grand vignoble du Monde », cette fois-ci via une métaphore devenue qualitative. 

 

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 Les maires, adjoints et conseillers généraux convergent vers le lieu de commémoration

  

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 L'assistance est attentive et concentrée sur cette page d'histoire

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 André Vezinhet, Président du Conseil général de l'Hérault

et Kléber Mesquida, Président de l'Association des Maires de l'Hérault

sous le drapeau des "Maires du 2 février 1971"

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 Une petite exposition retraçant les événements et les commémorations successives,

 au travers de la presse régionale

 
 

 

 

 

Crédit photographique : Fleur Dache

Commentaires

je vous informe que certains éléments de votre article sont faux, le nom du maire d'alignan du vent lors du serment d'assas est Jean abbes et non roger Bauzou; quand on veut faire de l'histoire il faut être sur de ce que l'on écrit, votre méthode de recherche est a revoir !!!!

Écrit par : lavina | 07/04/2011

Les commentaires sont fermés.