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01/09/2011

La sismicité dans le département de l’Hérault

Dans le cadre de la prévention des risques majeurs, les Services de l’Etat travaillent actuellement sur le risque sismique.

La France n’est certes pas connue pour la fréquence et l’intensité des tremblements de terre du fait de la tectonique des plaques sous-jacente.

Les Alpes, les Pyrénées (niveau d’aléa fort à moyen) et les Antilles (niveau d’aléa fort) sont toutefois tout particulièrement concernées.

Les séismes résultent de mouvements brusques des terrains en profondeur ce qui génère des vibrations quelquefois destructrices.

Les tremblements de terre sont quantifiés par leur magnitude et leur intensité.

La magnitude se mesure sur l’échelle de Richter.

Elle estime l’énergie libérée par le séisme : plus ce dernier est puissant et plus la durée des vibrations est longue, allant de quelques secondes à plus d’une minute.

L’intensité caractérise les effets du séisme sur l’homme, les constructions et l’environnement (échelle de I à XII avec un impact en général décroissant au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’épicentre).

Le département de l’Hérault est, en ce qui le concerne, peu menacé par les tremblements de terre mais il peut subir les contrecoups de séismes dont l’épicentre se situe à distance.

Environ 4 tremblements de terre de magnitude faible y sont enregistrés tous les ans.

Historiquement, depuis 1836, 22 séismes d’importance ont été ressentis dans l’Hérault.

Quelques exemples avec ceux de :

-          Camplong d’Aude (Corbières), le 26/06/1950, ressenti à Capestang et en Agde, d’intensité VI / VII à l’épicentre et VI localement,

-          Lambesc (près d’Aix en Provence), le 11/06/1909, d’intensité VIII / IX à l’épicentre et VI localement,

-          Bédarieux, le 16/08/1907, d’intensité V,

-          Montagnac, le 04/04/1786, d’intensité V.

Les séismes les plus importants connus dans l’Hérault sont donc limités à une intensité de VI (grande frayeur des personnes et quelques fissures dans les murs).

D’une manière générale, la lutte contre les séismes, phénomène naturel inévitable, très difficilement prévisible et irrépressible, consiste à réduire la vulnérabilité des biens (constructions parasismiques) et des personnes (culture du risque).

Les forces de sécurité civile se préparent à la crise.

Il est important de connaître l’aléa (probabilité qu’un événement d’une certaine importance se produise en lieu donné) et de le croiser spatialement avec les enjeux (présence de biens et de personnes) ce qui permet d’éditer des cartes de risques.

Nouveau zonage sismique

Cette carte, établie au niveau national, a été révisée et le nouveau zonage sismique réglementaire est applicable depuis le 1er mai 2011.

Elle délimite 5 zones de sismicité en fonction du risque encouru : 1 (très faible), 2 (faible), 3 (modéré), 4 (moyen) et 5 (fort).

Le département de l’Hérault est classé essentiellement en zone 2, excepté les zones lagunaires et les Hauts-Cantons (grosso modo les cantons de La Salvetat sur Agout, Saint-Pons de Thomières, Olargues, Saint-Gervais sur Mare, Bédarieux, Lunas, Le Caylar et pour leur partie Nord, Olonzac, Saint-Chinian, Murviel les Béziers, Roujan, Clermont l’Hérault et Lodève), classés en zone 1.

Règles de construction parasismique

Le département de l’Hérault n’était pas jusqu’à présent concerné par les contraintes liées à la prise en compte du risque sismicité.

Mais avec le nouveau zonage sismique, les constructions de la zone d’aléa « faible », zone 2, majoritaires dans l’Hérault, peuvent dorénavant être réglementées et ceux depuis le 1er mai 2011.

Les contraintes concernent les bâtiments dits « à risque normal », pour lesquels les conséquences d’un tremblement de terre sont limitées à la structure même du bâtiment et des occupants.

Des règles de construction antisismiques, harmonisées au niveau européen, regroupées sous le vocable « Eurocode 8 », s’appliquent :

-          aux bâtiments neufs même si des règles forfaitaires sont prévues pour les constructions simples,

-          aux gros travaux sur les bâtiments existants, un dimensionnement avec une minoration de 60 % sur l’action sismique étant alors préconisé.

Le paramètre choisi pour quantifier l’action sismique est « l’accélération du sol au rocher », le sol rocheux étant pris comme référence.

Plus l’accélération est grande et plus les vibrations sont dévastatrices : 0,4 m/s² pour un aléa « Très faible », 0,7 m/s² pour un aléa « Faible », 1,1 m/s² pour un aléa « Modéré », 1,6 m/s² pour un aléa « Moyen » et enfin 3,0 m/s² pour un aléa « Fort ».

La nature du sol influe aussi sur l’intensité du séisme.

En effet, les sols mous ont tendance à amplifier la sollicitation sismique, les ondes se réfléchissant.

Cinq classes de sols, de type rocheux jusqu’au sol mou, sont définies avec des coefficients respectivement égaux à 1,0 - 1,35 - 1,5 - 1,6 et 1,8, pour les zones 1 à 4.

Le pouvoir réglementaire a en outre souhaité tenir compte du risque créé intrinsèquement par un bâtiment.

5 catégories existent : I pour des bâtiments sans activité humaine, II pour les habitations individuelles, les établissements recevant peu de public ou peu hauts, III pour des bâtiments notamment de plus de 28 mètres, scolaires, pouvant recevant plus de 300 personnes, IV pour les bâtiments de défense nationale, de sécurité civile, assurant des télécommunications, de la distribution d’eau, etc.

Evidemment, les contraintes de l’« Eurocode 8 » sont croissantes en fonction du risque encouru.

Les exigences sur le bâti neuf dépendent de la catégorie d’importance du bâtiment et de la zone de sismicité.

Pour l’Hérault, aucune exigence n’est fixée en zone de sismicité 1.

En zone de sismicité 2, seuls les bâtiments de classe d’importance III et IV sont visés, ce qui épargne de contraintes l’essentiel des nouvelles constructions, notamment celles des particuliers.

Les constructeurs doivent prévoir des structures de bâtiments respectant les nouvelles normes pour le neuf.

En zone 2, d’aléa faible, couvrant l’essentiel du département de l’Hérault, les nouvelles contraintes s’appliquent aussi aux extensions dépassant 30 % de la surface initiale.

Globalement, pour limiter le risque sismique, il s’agit de réaliser une étude géotechnique, de tenir compte de la nature du sol, de se protéger des risques d’éboulement et de glissement de terrain, de privilégier des formes architecturales simples, de fractionner les bâtiments en les séparant par des joints appropriés, de limiter les effets de torsion, d’assurer la reprise des efforts sismiques en apportant plus de rigidité aux structures, de fixer les éléments non structuraux comme les cloisons, les plafonds suspendus, les luminaires, les cheminées (c’est obligatoire dans l’Hérault en zone de sismicité 2 pour les bâtiments classés en catégories III et IV) et enfin de soigner la mise en œuvre.

Le constructeur doit fournir deux attestations de conformité rédigée par un contrôleur technique : la première au moment de la demande de permis de construire et la seconde à l’issue de l’achèvement des travaux.

C’est donc l’attention portée au triptyque Implantation / Conception / Exécution qui conduit à une construction parasismique, sécurisante en cas de catastrophe naturelle.

Plan de prévention des risques sismiques

Enfin, des plans de prévention des risques sismiques (micro zonage, prescriptions de diagnostics et de travaux) peuvent être établis à l’échelle d’une commune afin de réduire le risque sismique sur son territoire.

Compte tenu de la faiblesse du risque de tremblement de terre sur l’Hérault, cet outil est plus théorique localement que nécessaire, contrairement aux plans de prévention des risques feux de forêts ou encore inondations.

Le site Internet du « Plan séisme », créé dans le cadre du programme national de prévention du risque sismique, est accessible à l’adresse : http://www.planseisme.fr

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