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03/12/2011

Economie d’énergie : les Collectivités territoriales en pointe

Certaines collectivités territoriales mettent actuellement à l’étude un Plan climat-énergie territorial (PECT), éventuellement dans le cadre de leur Agenda 21, en cohérence avec leurs documents d’urbanisme.

Le réchauffement climatique oblige en effet tous les peuples de la Terre à prendre des mesures correctives : nous partageons la même atmosphère !

 

Les économies des pays riches sont largement responsables de la libération des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.

 

L’Europe s’est ainsi engagée, le 23 janvier 2008, sur des objectifs minima avant 2020, dits des 3 x 20 :

-          réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre,

-          réduction de 20 % des consommations d’énergie,

-          augmentation de 20 % de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique (pour mémoire 8,5 % en 2008).

 

En 2010, l’Union Européenne a lancé la réflexion sur l’élaboration d’un objectif plus restrictif concernant les émissions de gaz à effet de serre de 30 % (« qui pour l’instant n’est pas possible » du fait de la prégnance de la crise).

 

Côté français, les engagements concernant les rejets de GES sont :

-          une division par 4 entre 1990 et 2050

-          une réduction de 3 % par an en moyenne (à titre indicatif, l’atteinte de la division par 4 passe par une réduction annuelle constante de 2,7 %).

 

La France s’est aussi engagée à réduire de 20 %, d’ici 2020, sa consommation d’énergie finale.

 

Enfin, la part des énergies renouvelables doit atteindre en 2020 au moins 23 % de la consommation d’énergie finale (soit un doublement du taux par rapport à 2005).

 

Plus localement, dans le cadre de son Agenda 21, la Communauté d’Agglomération de Montpellier met en place un Schéma directeur des énergies renouvelables.

 

Le périmètre d’une Agglomération est déjà d’une taille suffisamment vaste pour accueillir tous les équipements nécessaires à la production d’énergies renouvelables : éolien, photovoltaïque et biomasse (en partie seulement).

 

C’est aussi le lieu où la ville se densifie et se construit avec : 

-          une stratégie d’urbanisation maîtrisée mêlant transports en commun, habitat, commerce, emploi et loisirs pour limiter les déplacements,

-          un choix de technologies contribuant à la réduction de l’effet de serre : méthanisation, valorisation du biogaz issu des déchets, installation de panneaux photovoltaïques et de capteurs solaires sur les bâtiments communautaires,

-          une incitation des habitants à éviter les gaspillages, à isoler leurs appartements, à utiliser les modes de transports doux et à s’équiper en unités privées de production d’énergie renouvelable.

 

C’est la sensibilisation des citoyens et leur passage à l’acte qui est, de loin, la plus difficile à obtenir.

 

En effet, il est nécessaire de changer ses habitudes et d’investir, alors même que les aides publiques ne bénéficient en général qu’aux pionniers, durant le seul laps de temps indispensable à mettre en place la filière technique et à former les professionnels.

 

Pour illustrer les sacrifices que vont engendrer dans les années à venir les efforts de sobriété énergétique, d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables, nous allons prendre l’exemple de Clapiers, village de 5.400 habitants, juste séparé de Montpellier par le Zoo de Lunaret, le Lez et le Domaine de La Valette.

 

Les Services municipaux, tout confondus, consomment bon an mal an, environ 1.500.000 kWh d’énergie finale.

 

Type d’énergie

Consommation annuelle en kWh

Electricité bâtiment

500.000

Electricité éclairage public

500.000

Gaz naturel

500.000

Carburants

100.000

Totaux

1.600.000

 

La dépense énergétique annuelle de la Commune de Clapiers se chiffre aux alentours de 125.000 €, soit l’équivalent de 6 points d’impôts communaux.

 

Ramenée à l’habitant, la consommation est de 320 kWh/an et le coût s’élève à 25 €/an.

 

Le Grenelle de l’environnement fixe des règles pour les bâtiments publics plus strictes que pour le secteur privé, l’idée étant que les Collectivités territoriales doivent donner l’exemple.

 

Avant de revenir sur les autres postes énergétiques, il faut remarquer que contrairement aux ménages, une Commune génère peu de déplacements : 100.000 kilomètres par an seulement pour tous les services municipaux, soit de l’ordre de 125.000 kilomètres parcourus tous véhicules confondus et soit une consommation en gazole comme en essence de 10.000 litres au total par an, y compris le carburant des engins de chantier et des outils d’entretien des espaces verts consommant du fioul domestique.

 

La Commune de Clapiers ne génère en outre que très très peu de déplacements en train ou en avion.

 

En revanche, une Commune a une charge que les particuliers n’ont pas : l’éclairage public.

 

Concernant ce dernier, une réduction de 30 % de la consommation est possible à terme moyennant la pose de réducteurs de tension nocturne qui abaissent légèrement l’éclairement aux heures tardives de la nuit.

 

Avec des investissements plus conséquents (qui se font déjà pour les éclairages de Noël), un passage des lampes à sodium, actuellement les plus performantes, à des éclairages publics à LED, devrait libérer progressivement plus d’économies même si la demande des habitants est de résorber toutes les zones d’ombre ce qui génère une augmentation du parc de candélabres.

 

Pour ce qui est des énergies renouvelables, les Collectivités territoriales devront acheter de l’énergie verte ou en produire elle-même.

 

Si les objectifs du Grenelle de l’environnement seront relativement faciles à atteindre pour l’éclairage public, il n’en est pas de même pour l’énergie consommée dans les bâtiments (mairie, écoles, centres culturels, centres de loisirs, gymnases, salles polyvalentes, services techniques, poste de police, etc.).

 

Concernant le neuf, dès 2010 ou 2013 suivant les cas, pour tout bâtiment public ou tertiaire, un seuil de 50 kWep/m²/an est à respecter (pour mémoire, le parc d’habitations françaises consomme  actuellement en moyenne 250 kWep/m²/an).

 

« ep » signifie énergie primaire : il faut rappeler que 1 kWh consommé en électricité équivaut à 2,58 kWhep d’énergie primaire, ce ratio étant de 1,00 pour le fioul ou le gaz et de 0,00 pour les énergies renouvelables, comme par exemple le bois-énergie.

 

Dès 2020, la consommation d’énergie primaire devra être inférieure aux quantités d’énergies renouvelables produites dans les constructions neuves – publiques ou privées d’ailleurs - et notamment grâce au bois-énergie ou à la biomasse.

 

Il s’agit bien là de la mise en application du concept de bâtiment à énergie positive.

 

Concernant les bâtiments existants, la loi oblige à réduire les consommations énergétiques de 40 % en moyenne et les émissions de gaz à effet de serre de 50 %, dans un délai de 8 ans seulement !

 

A Clapiers, où le chauffage représente environ 80 % des consommations dans les bâtiments communaux, comme ailleurs, les investissements vont être très lourds et se chiffrer en millions d’euros.

 

Ces investissements dans les bâtiments concernent : 

-          la régulation de température (généralisée à Clapiers),

-          la systématisation de l’éclairage basse consommation dans les bâtiments y compris sur les spots de mise en valeur du clocher de l’église ou les éclairages de Noël,

-          l’isolation des plafonds, murs et planchers (avancée sur les bâtiments à fréquentation annuelle),

-          la pose de double-vitrage (idem),

-          le passage progressif des centres éducatifs et culturels au standard « basse consommation » (BBC).

A Clapiers, c’est l’école du Calvaire qui fait d’ores et déjà l’objet d’une mise aux normes au Label Effinergie avec une réduction prévisionnelle de la consommation primaire de 350 à 100 kWh par m² et par an (près de 10.000 € de gains énergétiques attendus tous les ans).

Les travaux sont lourds (isolation intérieure venant renforcer la petite épaisseur d’isolation extérieure vieille de 30 ans, reprise de la totalité de l’éclairage, pose de faux-plafonds et du double-vitrage, installation du chauffage central).

Les investissements se chiffrent à 750.000 €, soit 600 € du m².

La pose de panneaux photovoltaïques et l’installation d’une chaufferie-bois sur ce site permettent à la Commune de Clapiers de lancer sa première production et sa première consommation d’énergie renouvelable.

L’objectif du Grenelle de l’environnement sera difficile à atteindre et passera obligatoirement par l’occupation de tous les toits communaux possibles par du photovoltaïque (en l’absence de contraintes d’esthétique ou de toiture inadaptée).

En réalité, c’est la généralisation des chaudières bois (à plaquettes forestières ou à granulés) qui permettra aux communes d’atteindre les objectifs de 23 % en terme d’énergie renouvelable.

En effet, à Clapiers, comme dans d’autres communes, faute de vent ou de site acceptable, l’éolien ne pourra pas venir en relais.

Il faut souligner que les communes, contrairement aux ménages, ont très peu de besoin en eau chaude (un peu pour accomplir les tâches de ménage et un peu plus dans les restaurants scolaires comme dans les installations sportives, comme les gymnases et les vestiaires, mais utilisés, somme toute, sporadiquement).

La Commune de Clapiers a donc commencé à équiper en chauffe-eau solaire un de ces deux restaurants scolaires tout en attendant pour l’eau chaude du vestiaire du foot et du gymnase, non utilisés l’été au moment où les capteurs solaires produisent pourtant le plus.

Globalement, le coût du Grenelle de l’environnement pour une commune comme Clapiers est de l’ordre de 3 millions d’euros, soit l’équivalent de 3 années pleines d’investissement.

Certes, ces investissements sont productifs, au sens où ils permettent des économies qui iront croissants avec la montée du prix du pétrole et de l’énergie en général.

Il n’en demeure pas moins que le chantier est énorme et que seule les collectivités qui s’y sont lancées tôt, comme Clapiers, seront en mesure d’assurer dans les délais impartis par la réglementation.

L’argent dépensé, de façon en fait très utile, s’incorpore au patrimoine communal et augmente la richesse collective tout en générant des emplois non délocalisables.

Il offre surtout aux usagers des bâtiments communaux, notamment les enfants dans les écoles et les centres de loisirs, un confort inégalé, avec une réduction des sensations de chaud l’été, de parois froides, d’humidité, de chocs thermiques, l’hiver, sans compter le silence retrouvé, du fait de l’isolation thermique dont l’étanchéité contribue aussi à l’isolation phonique.

Enfin, la réflexion de la Commune de Clapiers sur l’énergie pousse à imaginer les extensions urbaines différemment.

L’éco-quartier de 14 hectares en gestation, dit du Castellet, intègrera dès le départ :

-          l’orientation optimale des bâtiments,

-          l’obligation du chauffe-solaire collectif ou individuel,

-          la prescription de performances énergétiques supérieures à la réglementation,

-          la plantation d’arbres et de végétaux pérennes positionnés de manière à générer des  gains d’énergie (ombres, obstacles au vent) et permettant le stockage de carbone,

-          l’installation d’un réseau de chaleur collectif alimenté par une chaudière-bois.

La Commune de Clapiers mène donc déjà des actions volontaires qui lui permettront de remplir les objectifs du Grenelle de l’environnement, pour l’instant seulement opposables réglementairement aux communes de plus de 20.000 habitants.

La Commune de Clapiers, consécutivement à ses importants efforts, a d’ores et déjà réduit : 

-          sa consommation d’énergie primaire 350.000 kWh à 300.000 kWh,

-          ses émissions de dioxyde de carbone de 275 à 225 tonnes.

Enfin, en terme de stockage du carbone, la Commune de Clapiers, propriétaire de près de 110 hectares de forêts communales, patrimoine qu’elle agrandit tous les ans par de nouvelles acquisitions, atteint plus de 400 tonnes de gaz carbonique.

Globalement, la Commune de Clapiers stocke donc du CO2 !!!

 

Il est important que les communes et leurs élus donnent l’exemple en matière de sobriété énergétique, d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables : c’est le préalable à la généralisation des efforts que vont nécessairement devoir fournir nos concitoyens, à titre privé.

 

Ce sera l’objet de la prochaine note du Blog Montpellier Village : « Quels sacrifices sur l’énergie ».

 

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Le village de Clapiers

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L'Espace Bonnier - Mairie annexe

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La Mairie de Clapiers

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