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02/03/2012

L’éducation : un investissement vital

L’éducation n’est pas une dépense, mais un investissement d’avenir.

En effet, la création de richesse d’une nation est la conséquence directe du niveau de formation de ses actifs et de ses bénévoles.

Certains peuvent croire au génie d’un peuple qui innove et qui prend des parts de marchés du fait de son intelligence supérieure.

Cette théorie est infirmée tous les jours : ce sont les pays qui ont le plus investi dans la formation qui dominent le Monde.

La Chine et l’Inde commencent à retirer les dividendes de l’élévation du niveau d’études de leurs habitants et ce n’est qu’un début.

C’est donc consternant en France d’entendre se développer une idéologie libérale qui monétise l’éducation et la considère comme une dépense que l’Etat devrait réduire : il s’agit ni plus ni moins de l’annonce de la décadence de notre pays, une fois que la dégradation de notre service éducatif aura inexorablement engendré ses conséquences néfastes.

Renoncer à investir dans l’éducation est d’autant plus préjudiciable que l’Union Européenne s’est donnée des objectifs ambitieux suivis par la plupart des pays qui la compose (Cf. infra un résumé du rapport d’étape).

C’est bien l’enjeu de la petite enfance et de la massification de l’enseignement supérieur qui sont primordiaux.

Encore faut-il que les bases de l’enseignement primaire ne vacillent pas sous le coup des réductions des moyens budgétaires et humains, notamment au niveau du nombre d’enseignants.

En effet, comme obtenir des étudiants de qualité si les apprentissages de base ne sont pas maîtrisés ?

Si par malheur, l’édifice éducatif français se fissurait par la base, avec une inflexion par rapport aux progrès accomplis au XXème siècle, alors ce serait la grandeur de la France des années 2030 et au-delà qui s’envolerait définitivement avec son lot d’humiliations : perte d’influence dans le bal des Nations, soumission économique aux intérêts des pays émergents, effondrement du niveau de vie, montée de l’obscurantisme et du repli sur soi, médiocrité culturelle, etc.

Un peuple sans éducation est un peuple qui renie les idées progressistes, qui devient plus frileux, plus individualiste, plus borné au sens propre et au sens figuré du terme et qui ne voit plus l’intérêt d’investir dans la formation, dans l’intelligence, ce qui entraîne bien entendu le pays dans un cycle vicieux de descente aux enfers, loin des idées du Siècle des Lumières de l’Universalisme et de l’Humanisme.

Extrait du rapport d’étape de l’Union Européenne quant aux objectifs qu’elle s’est fixée en matière d’éducation

« En matière d'enseignement, l'Union européenne a atteint un de ses buts, mais la réalisation de ses autres objectifs a pris du retard.

Près de dix ans après que les États membres de l'Union européenne ont fixé cinq grands objectifs dans le domaine de l'éducation et de la formation, un rapport d'avancement indique qu'ils n'atteindront pas ces objectifs dans les délais prévus, c'est-à-dire en 2010.

Seul un de ces objectifs a été atteint, à savoir l'augmentation de 15 % du nombre d'étudiants sortant de l'université munis d'un diplôme en mathématiques, sciences ou technologies.

En outre, une condition liée à cet objectif est remplie, puisque ces diplômés sont de plus en plus des femmes.

Dans trois autres domaines - l'apprentissage tout au long de la vie, la réduction du taux d'abandon dans l'enseignement supérieur et à l'université, ainsi que la proportion de diplômés de l'enseignement secondaire supérieur - les États membres de l'Union ont réalisé des progrès, même s'ils sont encore globalement insuffisants par rapport aux objectifs fixés.

L'Union n'est par contre pas parvenue à atteindre le cinquième objectif, à savoir l'amélioration des compétences en lecture chez les élèves de 15 ans, et la situation s'est même aggravée par rapport à il y a dix ans.

De manière générale, le niveau de l'enseignement a progressé en Europe. Si les personnes ayant un faible niveau d'éducation représentent encore 30 % de la population en âge de travailler, soit 77 millions de personnes, ce nombre a toutefois baissé de près d'un million chaque année depuis 2000.

L'Union européenne prône depuis longtemps l'amélioration de l'enseignement pour surmonter les difficultés économiques et sociales et la récession actuelle montre qu'il est urgent de procéder à des réformes et des investissements dans ce domaine, selon la Commission.

D'après un autre rapport, destiné à évaluer la coopération entre les États membres de l'Union dans le domaine de l'enseignement, l'investissement par étudiant a augmenté à tous les niveaux depuis 2000. On constate toutefois un ralentissement de l'augmentation des dépenses dans l'enseignement supérieur. Or, les États membres de l'Union devraient investir chaque année en moyenne 10 000 euros de plus par étudiant pour rattraper les États-Unis à cet égard.

Les objectifs en question font partie de la « Stratégie de Lisbonne », ce plan décennal que les dirigeants européens ont adopté en 2000 pour favoriser la croissance et l'emploi. La Commission publie chaque année un rapport sur l'avancement de cette stratégie.

L'Union européenne reconsidère les objectifs qu'elle a fixés dans le cadre de cette stratégie, puisque celle-ci arrive à son terme.

Au début de l'année, les États membres ont ajouté des objectifs relatifs à l'éducation de la petite enfance et à l'enseignement post secondaire.

Ils ont également convenu de compléter l'objectif de lecture des élèves de 15 ans, en y ajoutant les compétences en mathématiques et en sciences. »

Ce n’est donc pas le moment de baisser la garde : seule l’économie du savoir et de la connaissance peut sauver la grandeur de notre pays !

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