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23/01/2013

Quels rythmes scolaires pour nos enfants ?

Quels sont les rythmes scolaires favorables à l’apprentissage des enfants de l’école primaire ?

Le diagnostic est posé depuis longtemps et le consensus existe sur la question.

Cela n’a pas empêché Xavier Darcos, sur l’injonction de Nicolas Sarkozy, de supprimer en juin 2008, dans la précipitation et sans concertation, l’école le samedi matin.

Or, les enseignants, les spécialistes de chronobiologie et les parents s’accordent sur le fait que :

-         les interruptions dans la semaine sont néfastes,

-         les journées sont trop longues,

-         un étalement sur davantage de jours de travail est bénéfique.

Quel est l’état des lieux chez nos voisins européens ?

 

Pays

Nombre de jours de classe par an

Durée de la semaine en jours

Durée des vacances d’été en semaines

Pays-Bas

110

5

7

France

144

4

8 à 9

Espagne

175

5

11

Allemagne

188

5

6

Royaume-Uni

190

5

6

Italie

200

5

12 à 13

On constate donc que :

- la semaine de 5 jours est systématisée,

 

- les vacances d’été sont longues dans les pays latins par tradition et à cause de la difficulté du travail par temps trop chaud,

 

- les pays plus septentrionaux bénéficient de « petites vacances » plus longues,

 

- avec une semaine à 4 jours et demi, le nombre de jours travaillés s’élèvera à 180 en France.

Concernant l'organisation de la semaine, le week-end permet de plus en plus aux familles de se réunir et donc peu d’iconoclastes proposent des semaines d’école de 6 ou 7 jours !

Fini donc le temps du travail le samedi matin, voire le samedi toute la journée.

Quant au dimanche, même s’il est passé chez les Français du rang du premier jour de la semaine (selon la tradition chrétienne) au rang du dernier jour de la semaine, celui où l’on se repose, il demeure plus que jamais « sacré ».

La proposition du Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, d’une semaine de 4 jours et demi, avec un mercredi matin travaillé (3 heures) et des lundis, mardis, jeudis et vendredis, à horaire réduit à 5 h 15 au lieu de 6 heures, adapte positivement à la fois l’enseignement maternel (3 à 5 ans) et l’enseignement élémentaire (6 à 10 ans).

En effet, les lundis et samedis étaient réputés pour le mauvais rendement des apprentissages, en revanche optimaux les autres jours de la semaine, avec un bémol pour les jeudis qui peuvent pâtir d’un mercredi trop riche en animations périscolaires et des vendredis plus favorables aux grands enfants, certains petits commençant à fatiguer à la fin de la semaine.

Bien sûr, certains auraient misé volontiers sur une journée scolaire encore plus courte qui aurait libéré quasiment tout l’après-midi pour des activités périscolaires.

Toutefois, c’est justement l’organisation et le coût de ces dernières qui pouvaient faire achopper la réforme.

Car le surcoût est estimé à 600 millions d’euros, soit approximativement 100 € par enfant et par an (6,5 millions d’enfants scolarisés au Primaire), à la charge des collectivités territoriales, essentiellement des communes.

Le Président de la République, François Hollande, a donc souhaité que le passage à la semaine de 4 jours et demi se fasse librement, à la rentrée 2013 ou 2014.

Cependant, une enveloppe financière de 250 millions d’euros viendra encourager les collectivités les plus avisées et les plus promptes, s’engageant dès la rentrée scolaire 2013/2014, avec une subvention exceptionnelle de 50 € par enfant, somme majorée de 40 € dans les zones difficiles.

En outre, le Gouvernement a pris la décision d’abaisser les normes d’encadrement des jeunes ce qui permettra de minorer un minimum la dépense (un encadrant pour 14 enfants au lieu de 10 en Maternelle et un encadrant pour 18 enfants au lieu de 14 en élémentaire).

A Clapiers, la Majorité municipale désire s’engager dès septembre 2013 dans le nouveau système, pour l’Elémentaire mais aussi pour la Maternelle.

Les nouveaux horaires ne seront arrêtés qu'après concertation des parents d'élèves et du corps enseignant, comme avant chaque modification de ce type (les horaires avancés au conditionnel dans une précédente version de cette note ne pouvaient donc être qu'indicatifs).

Rien n’empêche aussi les communes de mettre à contribution les parents, même si ce n’est pas forcément populaire et dépendant, en terme d’acceptabilité financière, de la sociologie des ménages.

Globalement, le coût supplémentaire attendu vient de l’extension dans le temps des activités périscolaires et d’une journée supplémentaire de transport scolaire.

Concernant la restauration scolaire le mercredi midi et l’animation qui va avec, il est pour le moins douteux que les Communes s’y risquent, même si cela peut représenter un souhait pour certains parents, compte tenu de la charge financière pour la collectivité : entre 5 € et 10 € par repas !

Suite à la réforme, les communes les plus en retard en matière de périscolaire vont devoir recruter et former des agents qualifiés ; les autres auront moins de mal, d’autant qu’elles économiseront sur le service périscolaire, en général financièrement déficitaire, du mercredi matin.

Il n’en reste pas moins que les communes auront aussi intérêt à s’appuyer sur les initiatives privées associatives : club de sport, organisation culturelle, mouvement d’éducation populaire.

C’est l’occasion de remettre à plat des services anciens, nécessitant une adaptation aux nouvelles demandes sociales.

Il paraît tout à fait crucial de développer localement la concertation et la coopération avec toute la communauté éducative et l’ensemble des acteurs locaux : enseignants, parents, personnel communal, associations, …

C’est la relance des projets éducatifs locaux avec un champ élargi et, si possible, dans une dynamique innovante.

Sinon le risque est de tomber dans la reproduction de l’existant avec une approche technocratique peu soucieuse de qualité.

La semaine de quatre jours et demi est-elle la panacée ?

Certes, cette mesure sera bénéfique à l’enfant.

Cependant, concernant la gestion des temps, le monde de l’entreprise doit aussi se remettre en question, ne serait-ce que parce que cela participe de l’amélioration de la productivité.

Différer ou avancer le début de l’embauche peut permettre de libérer le travailleur-parent, l’aider à concilier vies professionnelle et familiale, lui éviter aussi de perdre du temps dans les bouchons, notamment avec des déplacements pendulaires entre midi et deux écologiquement néfastes.

La Communauté d’Agglomération de Montpellier s’est lancée dans une réflexion globale sur la gestion des temps, elle qui maîtrise le transport public, les grands équipements sportifs et culturels.

D’autre part, en libérant les enfants en milieu d’après-midi, l’école perd une partie du créneau horaire 15 h – 16 h 30 où l’efficience intellectuelle est forte (cf. les conclusions des travaux du Professeur Hubert Montagnier).

Il est vrai que cette plage horaire souffrait, dans le cadre de la semaine de quatre jours, de la fatigue de fin de journée et du dépassement des 4,5 heures d’attention possible pour un enfant chaque jour.

Restera donc à valoriser fortement, au sein de l’école, la plage horaire « reine » de 9 h 30 à 11 h 30 où peuvent se pratiquer, avec efficacité, activités scolaires, apprentissages et évaluations (les plages horaires de 8 h 30 à 9 h 30 et de 13 h 30 à 14 h 30 étant réputées, elles, à faible vigilance et donc à mauvaise performance).

En outre, pour apprécier le potentiel d’apprentissage, il ne faut pas confondre la journée de l’enfant et la journée de l’élève.

En France, en moyenne 60 % des jeunes écoliers fréquentent le restaurant scolaire (plus des 2/3 dans le périurbain comme à Clapiers et moins dans les grandes villes), en général sur une plage de 2 heures.

Le soir, si 65 % des enfants en moyenne rentrent chez eux directement, 20 % rejoignent la garderie ou l’étude, 5 % vont en centre de loisirs ou pratiquent une activité sportive, 5 % sont gardés par une personne rémunérée et enfin 5 % sont confiés à une tierce personne bénévole (entraide entre proches ou parents).

Cette entraide a un potentiel de développement non négligeable dans un contexte de remaniement de la semaine.

Le mercredi, 15 % des enfants en Elémentaire ont actuellement une activité le matin et 30 % l’après-midi.

De ce fait, avec le mercredi matin travaillé, il est à prévoir un glissement de fréquentation du matin vers l’après-midi :

-         soit vers les mêmes animations déplacées par leurs responsables,

-         soit vers d’autres plus attractives (à condition qu’elles sachent adapter leur capacité d’accueil à la hausse) dans l’arbitrage rendu par les parents et les enfants à l’occasion de cette nouvelle situation d’offres concurrentes.

Du fait des cours le lendemain, le jeudi, ne va-t-on pas aussi assister à un renoncement d’activité pour certains enfants le mercredi après-midi ?

De plus, une nouvelle demande d’animation ne va-t-elle pas naître les après-midi du mardi et jeudi, principalement, en vue de se substituer à certaines pertes du mercredi matin ?

Si les acteurs s’accordent sur les bienfaits de la semaine de 4 jours et demi, certains craignent qu’elle génère des inégalités sociales et des effets indésirables.

Une vigilance particulière devra être exercée concernant les élèves arrivant déjà tôt le matin dans les accueils de loisirs annexés aux écoles (ALAE) et les quittant déjà tard, puisqu’ils vont y rester dorénavant 45 minutes de plus.

Les enfants de familles monoparentales qui fréquentent en moyenne davantage les structures périscolaires (restaurant scolaire, garderies et études, centres aérés le mercredi), qui rentrent et restent davantage seuls chez eux le soir, font partie de cette population fragile.

Concernant toujours les limites de l’amélioration des rythmes scolaires, beaucoup d’enfants se couchent trop tard, qui plus est après une période d’excitation, ce qui propice à la perturbation du sommeil.

La fatigue est souvent renforcée ensuite par le stress du mal-être en classe.

On ne peut donc pas échapper à une bonne hygiène de vie.

Le projet périscolaire a tout intérêt à se focaliser sur ce point.

Il est notamment primordial de mettre l’accent sur le sport et les activités physiques qui vont permettre le développement corporel de l’enfant et l’accumulation d’un capital-santé pour la vie entière de l’adulte : masse osseuse à densité minérale élevée, capacité respiratoire augmentée, régulation du sommeil et de la circulation sanguine, optimisation de la fonction cardiaque, etc.

Les rythmes scolaires améliorés ne suppléent pas non plus à l’obligation d’une régularité dans le travail fourni et dans l’effort intellectuel.

L’intrusion des problèmes sociétaux dans l’école constitue de même un obstacle fort à la réussite : intérêt moindre pour les savoirs enseignés, préoccupations autres (jeux, consommation, divertissements, médicalisation de la société, etc.), avenir incertain, difficultés familiales, manque de confiance dans les formations et les diplômes, individualisme, défaut de capacité à se projeter personnellement sur le moyen terme, etc.

Il faudra aussi un jour se poser la question du respect du rythme naturel des adolescents au Collège et au Lycée, puisque quasiment tous les jeunes y sont maintenant scolarisés (85 % d’une tranche d’âge fréquente une classe de Terminale actuellement, répartie en filière générale à 48 %, technologique à 24 % et professionnelle à 28 %).

L’adaptation des rythmes scolaires est en soi une excellente décision : elle devrait permettre d’optimiser l’attention et la concentration des élèves en cours, avec la mise en place du cercle vertueux suivant : moins d’échec scolaire, plus d’intérêt pour l’enseignement, moins de perturbations en cours, moins de fatigue et de stress, plus d’écoute et de participation, plus de réussite.

En résumé, un étalement des heures de présence, pour plus de connaissances in fine.

La France a besoin de cette amélioration de la performance de son système éducatif pour assurer à tous nos enfants un bon apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, dont la maîtrise constitue un viatique indispensable dans nos sociétés modernes post-industrielles.

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Travail artistique de décoration à l'école maternelle de Clapiers

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L'école maternelle Olympe de Gouges équipée pour le périscolaire

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Ecole Victor Hugo - site du Bosc - lieu d'ALAE et d'ALSH maternels

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Les enfants passent mais leurs écrits - ici leurs prénoms - restent

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Ecole - restauration / scolaire - périscolaire : une unité de lieu, pas de temps

Crédit photographique : Michel Chastaing

15/01/2013

Pourquoi nos impôts locaux augmentent à Clapiers ?

Les impôts locaux sont de plus en plus lourds pour les ménages du Midi, dont le pouvoir d’achat stagne en général.

Leur calcul ne tient compte qu’à la marge du revenu de la famille.

A Clapiers, les contribuables s’acquittent de la taxe sur le foncier bâti, lorsqu’ils sont propriétaires (3/4 des Clapiérois) et de la taxe d’habitation.

La présente analyse va traiter exclusivement de la taxe d’habitation (TH).

Cette dernière est constituée de deux parts :

-         une première communale,

-         une seconde départementale, transférée en 2011 à l’intercommunalité, c’est-à-dire à la Communauté d’Agglomération de Montpellier (CAM).

Part communale de la TH

La Municipalité de Clapiers n’aura pas augmenté, de son côté, le taux de TH lors du dernier mandat municipal.

Le taux d’imposition de 18,65 % a été maintenu pour les années 2008 à 2013.

La Commune de Clapiers applique en outre des taux d’abattement maximaux – ce qui est rarissime en France – sur la base d’imposition brute qui est la valeur locative (fonction de la surface et du confort du logement).

Ces taux d’abattement sont d’autant plus intéressants à Clapiers qu’ils s’appliquent à une valeur locative clapiéroise élevée.

Une fois réduite des différents abattements, la valeur locative donne une base nette qui, multipliée par le taux d’imposition, permet de connaître le montant de la TH.

Taux d’abattement

Commune de Clapiers

Département de l’Hérault

Communauté d’Agglomération

Général (pour tout le monde)

15 %

10 %

7 %

Par personne à charge (ascendant, descendant)

de rang 1 et 2

20 %

20 %

12 %

Par personne à charge (ascendant, descendant)

de rang 3 et plus

25 %

25 %

17 %

Spécial (petits revenus)

15 %

0 %

10 %

Valeur locative moyenne

4.798 € (en 2011)

2.911 € (en 2010)

3.559 € (en 2012)

Il faut préciser d’autre part que la valeur locative est revalorisée tous les ans par une décision du Gouvernement (1,8 % en 2012, 2,0 % en 2011, 1,2 % en 2010, 1,5 % en 2009, 1,6 % en 2008), ce qui engendre un rythme d’augmentation automatique de l’impôt de l’ordre de 10 % sur un mandat municipal.

Sur la période 1999 à 2009, la taxe d’habitation a crû globalement en France d’une moyenne de 3,6 % par an, équivalent donc à + 24 % sur une durée de 6 ans.

Les contribuables Clapiérois ont donc été épargnés d’une hausse d’environ 15 % sur la part communale de taxe d’habitation, du fait de la politique fiscale sage de l’équipe municipale en place.

Part intercommunale de la TH

La deuxième part de la taxe d’habitation (départementale devenue intercommunale) connaît, en revanche, à Clapiers, une forte augmentation.

Cette dernière défavorise, en valeur absolue (surplus d’impôt) les familles nombreuses et en valeur relative (augmentation en pourcentage de l’impôt), les ménages à revenus modérés et/ou occupant des logements modestes.

Globalement, les Clapiérois se retrouvent à payer plus de TH que s’ils habitaient dans une autre commune de l’Agglomération.

Cette surcotisation est chiffrée dans le tableau suivant, en fonction des situations familiales : la première colonne donne le différentiel par rapport à la commune la mieux lotie et la seconde colonne le delta avec la commune la moins bien lotie, après Clapiers.

Surplus d’impôt à Clapiers en fonction du nombre de personnes à charge

Par rapport à la commune la mieux lotie

Par rapport à la

seconde commune

la moins bien lotie

0 personne

66 €

0 €

1 personne

142 €

37 €

2 personnes

216 €

72 €

3 personnes

301 €

110 €

4 personnes

385 €

148 €

Sources : Pascal Heymes

Nous allons voir par quel mécanisme la part de taxe d’habitation de l’Agglomération de Montpellier croît.

La réforme de la Taxe Professionnelle, sous la Présidence Sarkozy, a prévu le transfert, à partir de 2011, de la part départementale de la TH aux intercommunalités, soit à Montpellier la Communauté d’Agglomération.

L’Etat a prévu un mécanisme de correction automatique garantissant à tout contribuable (et à toute collectivité, par ailleurs, au travers d’une modulation des dotations nationales) la neutralité de ce transfert.

En effet, communes, intercommunalités et départements n’ont ni la même valeur locative moyenne, ni les mêmes taux d’abattements (cf. supra).

Sans corrections, la réforme aurait été très favorable aux ménages des communes à taux d’abattement forts (exemple de Clapiers) et défavorable dans le cas inverse.

Un correctif est donc appliqué, abattement par abattement (général, les deux pour charges de famille, spécial), pour l’année 2011 et au delà.

L’Agglomération n’ayant pas voté ses abattements fin 2010 – ce qui était recommandé car la loi n’était pas encore définitive afin d’attendre des simulations – ce sont, en 2011, les taux d’abattement communaux qui se sont appliqués à la valeur locative moyenne communale ainsi que le taux d’imposition voté, lui, par la Communauté d’Agglomération.

Abattement par abattement, le correctif a été calculé de la manière suivante :

Valeur Locative Département x Taux abattement Département

– Valeur locative Commune x Taux abattement Commune

Ces correctifs ont été soustraits des différents abattements calculés avec les valeurs communales, ce qui revenait en fait à conserver les montants des abattements départementaux.

Les abattements appliqués valaient donc simplement en 2011 (comme avant au demeurant) :

Valeur Locative Département x Taux abattement Département

Les impôts ont de fait peu augmenté.

Pour 2012, la Communauté d’Agglomération a défini ses taux d’abattement (proches de la moyenne pondérée démographiquement de ses communes membres) et augmenté son taux d’imposition de 11,08 % à 12,08 % (pour mémoire, taux de 9,93 % pratiqué par le Département en 2010).

Toutefois, la CAM n’est finalement pas revenue sur le mécanisme correctif antérieur comme elle aurait pu le faire (une précédente délibération décidant de sa non application à Montpellier ayant été annulée par une nouvelle délibération votée le 20 décembre 2012).

Les correctifs Commune/Département continuent donc de s’appliquer, cette fois-ci en réduction des abattements calculés avec les règles de l’Agglomération.

Les abattements valent donc maintenant !!!

Valeur Locative Département x Taux abattement Département (abattement Département)

+ Valeur Locative Agglomération x Taux abattement Agglomération (abattement Agglo)

– Valeur locative Commune x Taux abattement Commune (abattement Commune)

Ou autrement dit :

2 fois la moyenne des abattements du Département et de l'Agglo moins l'abattement communal

Manque de chance pour les Clapiérois, cela donne des montants d’abattement négatifs (heureusement ramenés par le législateur à zéro dans ce cas de figure) ou presque nuls dans le cas d’une personne à charge (66 € d’abattement par personne).

Cela se concrétise par une ponction supplémentaire annuelle sur les contribuables de Clapiers de l'ordre de 150.000 € (soit approximativement + 7,5 % sur le montant global de la Taxe d'Habitation, en moyenne).

L’impact de la réforme était particulièrement bien analysé, dès 2010, par l’Association des Maires du Nord qui en avait prévu toutes ses conséquences éventuelles.

Pascal Heymes, Conseiller municipal d’opposition à Grabels, expert en finances communales a, ces dernières semaines, attiré l’attention des Grabellois sur ces hausses d’impôt et disséqué par le menu leurs raisons.

A Clapiers, c’est la combinaison d’une valeur locative moyenne élevée (quartiers résidentiels) et d’une politique de taux d’abattement maximaux sur la part de TH communale (politique favorable aux familles surtout mais aussi aux petits revenus) qui entraîne de façon mécanique – et paradoxalement ! – la réduction des abattements, devenus quasiment nuls à Clapiers sur la part de l’Agglomération !!!

Seule une réduction des taux d’abattement communaux – qui serait accompagnée, à taux communal constant, d’une augmentation forte de la part communale de la TH ! – ou une réduction de la valeur locative moyenne à Clapiers, serait de nature à réduire la part Agglo de la TH.

Remarquons un effet bénéfique à moyen terme pour les contribuables clapiérois ayant des enfants : les logements sociaux récemment livrés ou en cours de construction vont contribuer à cette réduction – forcément lente dans le temps – de la valeur locative moyenne à Clapiers et aboutiront à une baisse de la TH de quelques euros par enfant.

Pour conclure sur la mésaventure des Clapiérois : la part de la Communauté d’Agglomération de la taxe d’habitation a crû fortement en 2012 dans les rares communes à taux d’abattement communaux historiquement avantageux pour les contribuables (Clapiers, Prades le Lez, Grabels, Saint-Georges d’Orques) et a peu augmenté, voire baissé, dans les communes à taux d’abattement communaux historiquement peu avantageux pour le contribuable.

L’anomalie consiste in fine à la rupture d’égalité entre les ménages qui devraient pourtant, quel que soit leur lieu de résidence, participer équitablement à l’effort collectif.

04/01/2013

Un Premier de l’An dans la continuité ?

2013 se profile !!!

Il est donc temps de souhaiter que cette nouvelle année vous apporte santé, bonheur et plénitude.

J’aime ce petit poème qui résume bien l’esprit du Premier de l’an :

L’an que ven

Es un brave òme

Que promet

Tot çò qu’òm vòl.

Cadun pren

E cadun dòna.

Bona annada

E bon An nòu.

La nouvelle année, c’est bien sûr l’espoir d’une vie meilleure et cette charnière temporelle est l’occasion du partage, du don et du contre don.

Pourquoi une formule en occitan ?

Parce que notre culture à Montpellier s’est bâtie largement sur l’héritage de l’Occitanie.

Charles Camproux (1908-1994), témoin au sens propre et au sens figuré, de cette descendance, n’aurait pas contredit ce propos.

Montpelliérain, Professeur de la Faculté des Lettres, lié à Clapiers par son gendre Jean-Marie Petit (auteur de sa biographie la plus complète) et sa fille, il fut une figure et un militant incontournable de cette prise de conscience, de cette révélation, en tant qu’acteur de la culture occitane contemporaine.

Citons aussi un autre grand Professeur d’université, de Droit cette fois-ci, Professeur mais pas seulement (permettez-moi un sourire à la fois amical, respectueux et malicieux) : Georges Frêche !

Il répétait à l’envi la phrase de Lampedusa, tirée du livre et du film « Le Guépard » : « Il faut que tout change pour que rien ne change ».

Celui qui a beaucoup fait bouger Montpellier, le voulait pour préserver notre qualité de vie et conserver notre culture et notre rang.

La vie est effectivement un continuum et la fin de 2012 débouche tout naturellement sur le début de 2013.

Notre société évolue très rapidement et pourtant notre histoire pèse toujours très fort.

Nous sommes nombreux à vouloir que les valeurs de liberté, égalité, fraternité perdurent malgré les ruptures économiques.

En Occitanie, les habitants ont aussi toujours été attachés à la solidarité, au partage, à l’équité, à la justice et à l’émancipation.

Deux valeurs sûres ne se perdent pas :

-         le bien vivre,

-         l’amitié et l’esprit de famille.

Plus que pour beaucoup de soit disant traditions, les permanences historiques sont frappantes en matière de Premier de l’An.

Pas forcément la tradition provençale des 13 desserts, à l’occasion du grand souper, nom local du réveillon (les quatre « mendiants » que sont les amandes, les noisettes, les raisins secs et les figues sèches, puis le nougat blanc, le nougat noir, les pruneaux, les noix, le melon vert conservé sur claies, les dattes, les poires, la pâte de coing et la pompe à huile) qui ancienne, à défaut d’être ancestrale, n’a pas franchi le Rhône.

Mais plutôt de nombreux symboles :

-         la célébration du jour lui-même,

-         la visite (sans la quête) adaptée de nos jours,

-         les vœux,

-         les étrennes.

Tous ces rites nous viennent de la civilisation romaine et peut-être même avant.

Le Premier de l’An le 1er janvier fut une décision de Jules César avant l’institution officielle de la même concordance à partir de l’édit du Roussillon de Charles IX en date du 9 août 1564.

« Lou cap de l’an » c’est le bout, l’extrémité, la fin mais aussi le début, dans une vision cyclique de l’année qui revient.

Janus, le dieu romain du mois de janvier, avait deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir.

Le Premier de l’An, c’est un jour particulier mais ce sont aussi les célébrations qui l’accompagnent.

Los vòts et les estrenas, c’étaient déjà les vœux et les étrennes en occitan mais aussi dès l’Antiquité.

La déesse Strenna (ou encore Strenia), divinité de la bonne santé, était fêtée le Premier de l’An.

Si ces étrennes ont pu avoir un côté paternaliste, fut un temps (dans les rapports patrons /employés, bourgeois/pauvres), elles sont aujourd’hui l’occasion de cadeaux et d’une solidarité générationnelle.

La visita et la quista, c’était cette tradition de rendre visite, début janvier, à ses amis et à sa famille.

C’était l’occasion d’être reçu pour échanger, pour boire ou pour le repas.

Les plus jeunes recevaient monnaie ou ravitaillement en échange de leurs vœux : cela n’est pas sans rappeler les quêtes de friandises de la Fête d’Halloween ou encore la quête d’argent pour le Carnaval avec la vente des fougassets.

Ce rite de la visite et de la quête (surtout) est transformé aujourd’hui mais subsiste toutefois, si l’on considère ces embrassades ou ces échanges de vœux à chaque fois que l’on rencontre, pour la première fois de l’an nouveau, une connaissance.

La visite, c’est aussi celle des Vœux institutionnels (collectivités locales, entreprises, associations, etc.) où l’on se rend en un même lieu pour rencontrer son entourage professionnel ou relationnel.

Au Québec, il s’agit de la « tournée des parents », celle qui existait chez nous quand en France les familles étaient moins éparpillées, moins dispersées sur le territoire.

Quant à la visite symbolique puis virtuelle, elle a d’abord pris la forme d’une carte de visite par porteur spécial puis d’une carte de vœux dès la démocratisation de la Poste et enfin, de nos jours, d’un message voix ou texte, téléphonique ou électronique.

Bon An nou !

C’est le cri éternel, empathique, humaniste, à l’occasion du saut d’année calendaire.

Bona et urosa annada 2013 !

Du bonheur, une bonne santé, de la réussite, de la prospérité, de l’amour, de bonnes résolutions personnelles et vis-à-vis des autres aussi !!!

De la justice, de la paix et de la fraternité !!!

Bon bout d’An et a l’An qué ven !

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