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22/03/2013

Honneur à Jonathan Ligali, un champion de Foot clapiérois

De nombreux enfants et adolescents rêvent de devenir champions de foot.

Jonathan Ligali, jeune Clapiérois de 21 ans, leur montre l’exemple.

Né à Montpellier le 28 mai 1991, Jonathan est d’origine béninoise.

Toute sa famille habite Clapiers.

C’est un joueur athlétique avec ses 1,83 m et ses 82 kg.

Il a commencé à jouer à l’âge de 7 ans au Sporting Club de Jacou avant de signer au Montpellier Hérault Sport Club en juillet 2003, où il rejoint le centre de formation de Grammont.

Jonathan Ligali occupe la place de gardien de but.

Il a été sélectionné en équipe de France 16 fois au total :

- 1 fois en U16,

- 2 fois en U18,

- 4 fois en U19,

- 9 fois en U20 (moins de 20 ans), dont 7 fois en Coupe du Monde, en l’occurrence en Colombie pour l’édition 2011 (matchs joués contre le pays hôte, l’Equateur, le Mali, le Mexique, le Nigéria, le Portugal et la République de Corée / France battue 3 -1 pour la troisième place par le Mexique).

Dès la saison 2008-2009, Jonathan est le gardien de but de l’équipe montpelliéraine réserve, évoluant en CFA 2.

Cette même saison, il devient Champion de France en emportant avec les juniors du club la Coupe Gambardella (victoire 2 – 0 face à Nantes, avec notamment Younès Belhanda, Rémy Cabella, Abdelhamid El Kaoutari et Benjamin Stambouli).

Après avoir franchi avec succès toutes ces années d’apprentissage, Jonathan Ligali devient professionnel en 2011, avec un contrat de 3 ans au MHSC.

Mais il lui a fallu être patient avant que la Ligue 1 lui ouvre les bras.

C’est arrivé ce 1er décembre 2012 avec son premier match à Lyon, où il s’est permis une magnifique intervention, évitant à Montpellier d’encaisser un second but.

Et comme si un bonheur n’arrivait jamais seul, Jonathan a été aligné, 3 jours plus tard, par l’entraîneur de Montpellier, René Girard, à domicile, en Ligue de Champions, face au FC Shalke 04.

Un baptême du feu dense avant la trêve de Noël !

Comment Jonathan en est-il arrivé là ?

C’est la Coupe du Monde 1998 qui a été le déclencleur et l’a attiré vers le Foot.

Les Français en haut de l’Olympe : cette fabuleuse épopée humaine lui a donné envie de fouler une pelouse.

Au débat, le Football n’a été qu’un amusement et l’objectif de réussite n’est venu qu’après sa détection comme jeune talentueux, à fort potentiel, à l’âge de 12 ans, par le Club de Montpellier.

Jonathan, s’il en a eu le rêve assez précocement, ne pensait pas toutefois au départ devenir joueur professionnel.

Il s’est forgé un solide caractère grâce à ce sport d’équipe : le mental progresse avec les échecs, l’important étant pour lui de toujours trouver les ressources pour rebondir.

Bien entouré par sa famille, d’origine béninoise (un bel exemple de pays africain, francophone, démocratique et stable politiquement où le Football est très présent), il apprécie dans le sport les valeurs fortes de la vie que sont le respect, le travail, la discipline vis-à-vis de soi-même et des autres, la détermination et la solidarité.

S’il a choisi le poste de gardien de but, c’est par hasard d’abord et ensuite par goût.

Si le dernier défenseur court peu en match, c’est en revanche lui qui subit, jour après jour, l’entraînement le plus intense, le plus dur.

Par rapport aux joueurs de champ qui ont droit à de petites erreurs, le gardien de but assume une lourde responsabilité : il doit rester complètement concentré et être très fort mentalement.

Comme tous les sportifs de ce niveau, il a ressenti la présence, la sollicitation, la pression des médias dès son irruption en Ligue 1 et en Ligue des Champions.

Jonathan sait garder la tête sur les épaules et anticipe déjà sa reconversion – dès l’approche de 30 ans en général – en préparant ses brevets d’éducateurs, ce qui lui permettrait de rester dans le milieu du Foot.

Il est bien intégré dans un groupe qui a la réputation à Montpellier d’être très solidaire.

Les joueurs partageant les même objectifs, de longues heures ensemble sur les terrains, de longs moments communs en déplacements, ce qui resserrent les liens, joueurs vedettes et jeunes joueurs cohabitent sans clivage aucun.

Jonathan Ligali vit ainsi une expérience riche qui demande une grande rigueur de vie mais qui va aussi marquer son existence, en faisant de lui un bel exemple de réussite pour la jeunesse.

jonathan ligali,clapiers,clapiérois,jacou,football,mhsc,montpellier la paillade,gardien de but,sport,championPhoto : Site UEFA

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Photo : France Football

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Photo : France Football

13/03/2013

La viticulture régionale a-t-elle un avenir ?

Après avoir subi une crise de surproduction dans les années 70, mené à bien une révolution qualitative à partir des années 80, la viticulture languedocienne a radicalement changé de visage.

La restructuration du vignoble s'est faite au prix de nombreux arrachages définitifs et d'une hémorragie d'emplois.

Toutefois, l'excellence qualitative est maintenant la règle et des marchés à l'exportation ont été conquis.

La DRAAF Languedoc-Roussillon (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture, et de la forêt) a réalisé le premier bilan des ventes à l'étranger des vins régionaux, une étude publiée en février 2013 par Agreste, le site de la statistique et de la prospective du Ministère de l’Agriculture, de l’agro-alimentaire et de la Forêt.

Les exportateurs français sont en effet obligés depuis le début de l'année 2012 de déclarer l'origine des vins AOP (Appellation d'origine protégée, « ex AOC ») et IGP (Indication géographique de provenance, correspondant aux Vins de Pays).

France Agrimer, prédécesseur de l’ONIVINS et autres offices par production, fournit aussi tous les ans des chiffres sur l’exportation viticole.

3,4 millions d'hectolitres de vins AOP et IGP du Languedoc-Roussillon ont ainsi été exportés en 2012, pour un montant de 724 millions d'euros.

La France vend à l’étranger au total 15 millions d’hectolitres de vins, pour une valeur de 5 milliards d’€ (essentiellement du Bordeaux et du Champagne), soit 10 fois plus que le montant de ses importations : c’est le premier solde positif du commerce extérieur agroalimentaire devant les produits laitiers (4,5 milliards contre 2,4).

Restructuration du vignoble

Dans les années 1970, la vigne en Languedoc-Roussillon occupait approximativement 500.000 hectares, produisait 30 millions d'hectolitres de vins (rendement de l'ordre de 60 hl/ha) pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 2 milliards d'€ (soit environ 0,7 € le litre), 80 % du vin produit relevant de la consommation courante.

Aujourd’hui, il ne reste plus que 230.000 hectares.

En euros constants, les cotations de vins en vrac ont peu ou pas varié.

Type de vin

Prix de vente en vrac en €/litre approximatif

Vin de table (VDT)

0,55

Vin de pays d’Oc (VDP monocépage)

0,70

AOC Corbières ou Minervois

0,80

AOP génériques

0,90

AOP Domaines et Châteaux

1,50

La rémunération moyenne, de l’ordre de 0,80 €/litre est donc supérieure de 15 % environ par rapport aux années 1970.

Avec la baisse de rendement observée, aux alentours de 50 hl/ha, le revenu brut d’exploitation à l’hectare n’a donc absolument pas évolué alors qu’il faut consacrer plus de soins à la culture et de moyens à la vinification : les marges sont donc loin d’être meilleures.

Le chiffre d’affaires de la viticulture régionale a globalement été divisé par deux, en 4 décennies.

Pas étonnant que le nombre d’exploitants agricoles spécialisés en viticulture se soit effondré : 91.000 en 1970, 28.000 en 2000 et 18.000 seulement en 2010.

Sur le plan des emplois, la viticulture languedocienne aura perdu en 40 ans autant d’emplois que les mines de charbon et la sidérurgie réunies en Lorraine.

Actuellement, 5 hectares de vigne génèrent grosso modo 1 emploi direct ou induit.

On peut aussi dire que 1 emploi agricole dans l’amont de la filière viticole en entraîne 1 autre dans l’aval de la filière (transformation, commercialisation, aprovisionnements en intrants, machinisme, œnologie, transport, verrerie, mise en bouteille, recherche, vente au caveau, oeno-tourisme, etc.).

Le recensement général agricole a comptabilisé, en 2010, 18.200 unités travail année (dites UTA, soit 68 % d’exploitants, 20 % de salariés permanents et 12 % de saisonniers) dans les exploitations d’orientation viticole, contre 28.200 en 2000.

10.000 équivalents temps plein directs ont donc été perdus en 10 ans et vraisemblablement plusieurs milliers supplémentaires dans les secteurs d’activités connexes.

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La conquête des marchés à l’exportation

La production en Languedoc-Roussillon – 12 millions d’hectolitres en 2010 contre 20 millions en 2000 – représente tout de même encore 1/3 de la production nationale.

Elle se ventile à 20 % en AOP, 65 % en IGP et 20 % en VSIG (Vins sans indication géographique), ex Vins de Table (VDT), sous la dénomination maintenant Vin de France.

Notre région s’est manifestement spécialisée dans les vins de pays (IGP).

Ces derniers, tirés par l’exportation, sont souvent d’un meilleur rapport pour le vigneron régional : c’est pourquoi, une part importante d’IGP est issue de vignobles qui pourraient revendiquer l’AOP (37 % de la surface régionale mais seulement 21 % de la production, pour raison de rendements plus faibles certes mais aussi pour la raison opportuniste invoquée).

Le Languedoc-Roussillon demeure la première région productrice française (du premier pays producteur au Monde), avec 30 % des surfaces, 70 % de la production des IGP et 12 % de la production des AOP.

Son vignoble bénéficie d’une grande variété de terroirs, cultive une grande diversité de cépages et produit une multitude de vins capables d’occuper le bas comme le haut de gamme.

La crise de surproduction et/ou de mévente s’est maintenant éloignée (les cours du vin ont augmenté de 40 % entre 2000 et 2010).

Le Languedoc-Roussillon conquiert de nouveaux marchés à l’exportation au-delà de ses clients européens traditionnels (dans un ordre décroissant : Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Belgique, Suisse).

Résultat : les ventes en Asie du Nord (dont la Chine, 1er client en valeur pour les AOP, et bien sûr le Japon), excèdent maintenant celles en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada).

La consommation des Français (30 millions d’hectolitres soit 55 litres/habitant/an) ne serait plus suffisante pour acheter les 45 millions d’hectolitres de vins produits en France.

Sur les 15 millions d’hectolitres exportés, le Languedoc-Roussillon en a vendu lui-même, en 2012, 3,4 millions rien qu’en IGP (2,8 millions), soit environ 1/3 de sa production et en AOP (0,6 million), soit environ 1/5 de sa production.

Quelle quantité de Vin de France produite en Languedoc-Roussillon est exportée ?

La France vend à l’étranger, bon an, mal an, entre 7 et 8 millions d’hectolitres de VSIG, pour une valeur de l’ordre de 1 milliard d’€ (dont une part non négligeable provient de vignes classées en AOP, ou même IGP).

Les chiffres à l’exportation de ces vins en Languedoc-Roussillon (qui en produit un peu plus d’1/3 en France) ne sont en fait pas connus : il doit bien s’en vendre toutefois à l’étranger quelques centaines de milliers d’hectolitres sur les 2 millions disponibles.

Pour ce qui est des IGP, essentiellement des vins de cépage (Chardonnay, Sauvignon, Viognier, Marsanne, Roussanne, en blanc, Merlot, Cabernet-Sauvignon, Syrah, Mourvèdre, Pinot noir, etc.,  en rouge), le Languedoc-Roussillon truste 72 % des exportations françaises (et aussi 72 % en valeur).

Concernant les AOP, elle représentent tout de même 20 % du total français (l’AOC Languedoc avec ses villages et châteaux sans oublier les Vins Doux Naturels), même si cela ne représente que 3 % en valeur.

Dans les vins IGP exportés, 20 % sont des vins blancs et à 80 % des Vins de Pays d’Oc (le reste en Vins de pays de zone et de département).

Les vins AOP exportés sont très majoritairement des vins rouges, exceptés notamment la Blanquette de Limoux (7 % en volume) et les Muscats (1 % en volume).

En IGP, les Etats-Unis et le Canada sont de bons clients avec des prix unitaires élevés, de l’ordre de 2 €/litre.

En AOP, la rémunération moyenne est de 3 €/litre, un prix intéressant même s’il est loin de la moyenne française de 7 €/litre.

Globalement, les exportations sont une réelle chance pour la viticulture languedocienne.

Ce sont les IGP (ex Vins de Pays) qui sont en pointe dans le domaine et les AOP (ex AOC) à la traîne (il faudrait qu’elles croissent de 50 % pour rattraper le niveau d’exportation des IGP !).

La Blanquette de Limoux est aussi performante que les IGP à l’export, au contraire des Vins Doux Naturels (VDN) qui ne percent absolument pas à l’étranger.

Le label Sud de France et la Région Languedoc-Roussillon sont des appuis forts à l’exportation.

Cette dernière est l’avenir de la filière viticole régionale, avec le circuit court (déjà 1 viticulteur sur 5) et le Bio (150 exploitations en 2000, 1.000 en 2010 et un millier envisageant une conversion à l’Agriculture Biologique d’ici 5 ans).

C’est sur les marchés émergents (hors Europe) que le Languedoc-Roussillon doit porter ses efforts car nous suivons avec retard la montée constatée dans les autres régions viticoles françaises de la clientèle des continents américain et asiatique.

Sur les 12 millions d’hectolitres produits dans notre région, 1,5 sont consommés localement, 7 dans le reste de la France et déjà 3,5 à l’étranger.

A l’avenir, au prix de gains de productivité et d’une adaptation continue des produits proposés, nos vignerons vont développer leurs parts de marchés dans les pays émergents.

Notre viticulture vivra ainsi demain essentiellement de l’exportation !

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Crédit photographique : Michel Chastaing

06/03/2013

Comment financer son association ?

Le fait associatif mobilise en France près de 15 millions de bénévoles (30 % dans le domaine social, 20 % dans le sport et 20 % dans la culture).

Il profite à bien davantage encore de bénéficiaires.

La vie en France est meilleure grâce au bénévolat et à cette réflexion permanente de groupes organisés autour d’une cause, d’une manifestation, d’une ambition, d’un service, d’une générosité, etc.

Pour financer leurs activités, les associations loi 1901 peuvent compter sur :

-         les cotisations de leurs membres,

-         les subventions publiques,

-         les dons de leurs membres ou de personnes extérieures.

Les cotisations

Souvent modiques, pour éviter une ségrégation sociale, elles donnent le droit de vote au sein de l’association.

Pour un dirigeant associatif, ce n’est jamais facile de proposer une augmentation de la contribution financière des adhérents, malgré l’intérêt contributif, souvent indéniable, à l’objet de l’association.

Les cotisations représentent souvent une part mineure du budget de fonctionnement sauf, au contraire, lorsqu’elles permettent d’accéder à un service : pratique d’un sport, d’un loisir, encadrement par des moniteurs, des professeurs, des éducateurs, intervention de professionnels, etc.

Le montant de la cotisation est quelquefois différentié : par exemple avec une somme plus élevée pour les membres d’honneur dont la hauteur de contribution est valorisée par un titre gratifiant.

Cette pratique est toutefois très marginale et l’avenir d’un meilleur financement des associations passe vraisemblablement par un barème de cotisations modulées en fonction des revenus.

Les personnes ayant les moyens, financièrement parlant, pourraient ainsi participer plus activement, sans obérer leur capacité financière, au développement de leur association.

Ce type d’opportunité s’intègre bien dans les volets sociaux des Agendas 21.

Certes, les associations répugnent à accéder aux justifications des revenus de leurs membres, pour des raisons évidentes de confidentialité, mais les comités communaux d’action sociale pourraient aisément, au vu du règlement intérieur de chaque association, arbitrer quant au niveau de cotisation à pratiquer.

Il s’agit toutefois d’une prise de conscience nouvelle et d’une petite révolution des mentalités vers plus d’équité.

Les subventions publiques

Les associations reçoivent, bon an mal an, environ 35 milliards d’euros d’aides (grosso modo 22,5 % de l’Etat, 25 % des communes, 22,5 % des départements, 10 % des régions, 20 % de l’Europe, des caisses d’allocations familiales et d’autres organismes sociaux).

Cette aide représente près de la moitié de leur budget (l’équivalent à titre indicatif d’une moyenne de 1.000 € d’impôt, par foyer fiscal et par an).

Bien entendu, ces aides publiques vont surtout :

-         aux associations proches de leurs bailleurs financiers (1 milliards d’€ pour des associations venant en aide aux fonctionnaires de l’Etat, 400 millions pour l’action sociale des fonctionnaires territoriaux),

-         aux grandes structures (clubs de sport de haut niveau, compagnies artistiques, etc.).

Ainsi, 7 % des associations françaises touchent 70 % des aides, tandis que 80 % n’en encaissent aucune.

Le secteur parapublic associatif se voit aussi déléguer un grand nombre de missions de service public (exemple de l’AFPA par exemple, des associations d’insertion, d’accueil de publics en souffrance, d’aide alimentaire, etc.) ce qui justifie un important transfert de moyens financiers.

Le secteur associatif est en effet très en pointe sur l’innovation sociale, avec la création de services à la personne en phase avec la demande sociétale.

Toutefois, si l’on intéresse aux petites associations locales (clubs de sport, de danse, d’activités culturelles, éducatives, récréatives, etc.), seules les communes sont en général pourvoyeuses de fonds.

Cette quête annuelle demande une rigueur – fourniture du budget prévisionnel, des comptes annuels, du plan de financement, du compte rendu d’activités, du pourcentage de bénéficiaires domiciliés dans la commune – lourde pour les bénévoles et pourtant nécessaire au bon contrôle de l’utilisation des fonds publics.

Les communes et les intercommunalités devant veiller à la maîtrise de leurs dépenses, les associations ne peuvent guère espérer une croissance des aides.

D’autant que la mise à disposition de locaux, d’installations, de matériels, voire même de personnel, est fréquente de la part des collectivités territoriales et représente la plupart du temps le plus gros effort financier.

Les dons manuels aux associations

C’est au niveau des dons que la progression du financement des associations est potentiellement la plus prometteuse.

La générosité privée a certes des limites mais les pouvoirs publics lui ont donné ces dernières années un sensible coup de pouce.

En effet, les dons aux associations ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu des personnes physiques de 66 % des sommes versées dans la limite de 20 % du revenu imposable (contre 50 % dans la limite de 5 % il y a quelques années).

L’aide de l’Etat est donc extrêmement importante en direction des associations : elle le serait encore plus si, à la place d’une réduction d’impôt, était alloué un crédit d’impôt, bénéficiant donc aussi aux ménages peu ou non imposables, avec le reversement par le Trésor Public d’une somme excédant le montant de l’impôt dû.

Le système actuel est en effet anti-redistributif et favorable aux catégories moyennes à supérieures.

D’autre part, beaucoup de personnes sont persuadées que l’avantage fiscal est réservé aux dons en direction des associations d’utilité publique.

Ce qualificatif est octroyé par un décret en Conseil d’Etat.

Il ouvre droit aux donations et legs (biens immobilier, rentes, etc.).

Il est réservé à de grosses associations, ayant un grand rayonnement, des finances solides, de nombreux adhérents et œuvrant dans un des domaines suivants : philanthropique, social, sanitaire, éducatif, scientifique, culturel ou concernant la qualité de la vie, l’environnement, la défense des sites, des monuments ou encore la solidarité internationale.

Or, le crédit d’impôt est aussi ouvert pour les dons aux associations d’intérêt général, vocable qui recouvre fort souvent le club de sport local, l’association de randonneurs, de danseurs, de théâtre, d’enseignement de la musique, de parents d’élèves, d’anciens combattants, etc.

En effet, ce type d’association respecte la plupart du temps les préalables suivants :

-         un champ d’activités dans les domaines philanthropique, sportif, social, éducatif, scientifique, culturel, qualité de la vie, environnement, solidarité internationale, etc.,

-         une gestion désintéressée (ses dirigeants n’en tirent pas de salaires dépassant les ¾ du SMIC, d’honoraires, d’avantages en nature, les remboursements de frais dûment justifiés se faisant « à l’euro, l’euro »),

-         l’exercice d’activités non lucratives (pas de marge financière au-delà de ce qui est nécessaire à leur perpétuation),

-         pas de fonctionnement dans le cadre d’un cercle restreint de personnes.

S’il n’est pas interdit à une association d’intérêt général d’exercer une activité concurrentielle, cette dernière doit respecter la règle dite des « 4 P » (contraintes décroissantes portant respectivement sur le produit, le public, le prix et la publicité).

Si cette règle n’est pas respectée, l’association est réputée exercer une activité commerciale et elle est assujettie, pour l’activité concernée, aux impôts commerciaux que sont la taxe sur les salaires, la taxe d’apprentissage, les impositions ayant succédé à la taxe professionnelle et enfin l’impôt sur les sociétés.

Pour être d’intérêt général dans un domaine donné, une association doit présenter une utilité sociale :

-         le produit (service) proposé doit être peu pris en compte par le marché (par exemple rares sont les entreprises proposant une éducation au football ou au rugby),

-         le public accueilli n’a pas facilement accès au service (exemple de danseurs en milieu rural loin de tout centre chorégraphique),

-         le prix, pour un service voisin, est nettement inférieur à celui du secteur lucratif,

-         la publicité éventuelle, légale au demeurant, ne cherche pas à capter la clientèle des entreprises commerciales.

En cas de doute, une association doit saisir les Services fiscaux qui ont 6 mois maximum pour qualifier de commercial le caractère de l’activité.

Vu ce que nous venons de voir, beaucoup de petites associations sont d’intérêt général et peuvent donc remettre un reçu fiscal en échange d’un don, libéralité ouvrant droit à crédit d’impôt.

Les dons assimilés aux associations

Si les dons manuels (sommes d’argent, valeurs mobilières, objets) sont bien connus des associations d’intérêt général, en revanche, l’assimilation des frais engagés par les bénévoles à des dons, ce qui ouvre aussi droit à l’avantage fiscal susmentionné, est peu connue, ou tout au moins, peu usitée.

Or, ce pourrait être un dédommagement extrêmement important pour le bénévolat.

En effet, Henri Nayrou, ancien Député socialiste de l’Ariège, a fait passer un amendement à l’Assemblée Nationale le 6 juillet 2000 pour octroyer aux bénévoles une réduction d’impôt.

Le principe est simple :

-         les frais engagés par les bénévoles doivent entrer strictement dans le cadre de l’objet de l’association,

-         le bénévole doit adresser à l’association une facture de ses frais annuels et l’accompagner d’une lettre où il renonce expressément à leur remboursement.

Il s’agit de frais de déplacement pour des réunions ou des manifestations suivant un barème kilométrique spécial établi par l’Administration fiscale, d’achats d’aliments pour des moments festifs, d’achats de petits matériels, de fournitures de bureau, de documentation, de frais de communication, d’habillement spécifique et dédié, etc.

Il est recommandé à l’association de retracer dans ses comptes ces dons : ils s’équilibrent dans le compte d’exploitation en charges et en produits.

Un abandon de créance par un bénévole (ses frais qui pourraient lui être remboursés) est donc équivalent à un don.

Il faut que les frais auxquels le bénévole renonce aient pu potentiellement être remboursés par l’association ce qui limite donc au chiffre d’affaires de cette dernière leur montant total.

Cela signifie donc que les cotisations, les dons manuels évoqués plus haut et les subventions publiques ont un effet de levier sur les sommes qui pourront faire l’objet d’un crédit d’impôt.

Notamment des montants de cotisations plus élevés ne seraient pas illégitimes puisque ce serait le gage que des associés ayant dépensé de l’argent au profit de l’association puissent se le faire rembourser par l’Etat au deux tiers.

Les plus désintéressés et les plus motivés à soutenir l’action de leur association pourraient ensuite gratifier l’association d’un don équivalent.

En outre, ce système d’aide de l’Etat pousse à ce que les frais soient engagés par les bénévoles issus de ménages imposables, ce qui n’est pas illogique puisque ce sont eux qui bénéficient normalement de davantage de revenus.

Globalement, il existe donc un champ de réflexion à la façon dont le bénéfice de l’amendement Nayrou pourrait servir le fait associatif, au service notamment du bien vivre, du sport et de la culture.