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24/10/2013

Festival de la Tomate : quel avenir ?

Le Festival de la Tomate, avec plus de 10.000 visiteurs, lors de sa 7ième édition, le dimanche 1er septembre à Clapiers (Hérault), est une manifestation arrivée à maturité malgré son jeune âge.

Pour peu que la météo ne soit pas trop maussade et son succès est garanti.

 

Il est loin le temps de l’idée initiale, à la fois singulière et lumineuse en son temps, formulée par Yves Martinot, un citoyen montpelliérain, bénévole du Comité de quartier Saint-Clément.

 

La manifestation attire maintenant de plus en plus loin autour de Montpellier.

 

En même temps, les Clapiérois se sont progressivement apropriés cette fête de l’agriculture paysanne.

 

Parmi les toutes premières manifestations publiques par sa fréquentation, dans l’Agglomération de Montpellier, le Festival de la Tomate est avant tout un événement militant.

 

Il est l’affirmation d’une agriculture qui s’impose aujourd’hui comme un nouveau modèle de développement :

- petites structures économes en espace,

- création d’exploitation par des porteurs de projet en reconversion professionnelle et non pas jeunes

agriculteurs reprenant l’exploitation parentale,

- diversification des productions au-delà de la monoculture de la vigne,

- transformation artisanale des produits pour conserver la valeur ajoutée sur l’exploitation,

- commercialisation en circuit court, pour la même raison, mais aussi par respect du consommateur.

 

Ces nouveaux agriculteurs ont toujours de grandes difficultés pour s’installer (d’accès au foncier, aux financements, aux subventions de la Politique Agricole Commune) mais le Conseil Général de l’Hérault (aide dans le cadre de la politique d’insertion de l’Association Terres Vivantes) ou encore l’AIRDIE pour les prêts solidaires, contribuent maintenant à leur ancrage dans le territoire.

 

Il est loin le temps où l’Assemblée Générale annuelle de Terres Vivantes (à l’époque appelée Association de Développement de l’Emploi Agricole et Rural de l’Hérault), réunie à dessein dans un quartier populaire de Montpellier, en l’occurrence au Collège Las Cases, mettait au débat le thème des marchés de plein-vent et de la vente en circuit-court.

 

Depuis, l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault (AMPH, cf. Blog et Site) a été créée.

 

Les marchés paysans de Saint-André de Sangonis, Tourbes, du quartier Celleneuve à Montpellier, de Vailhauquès, Grabels, Prades le Lez ou encore de Clapiers (mixte avec aussi des revendeurs), ont reçu depuis l’appui technique de cette association.

 

L’Association des Marchés Paysans de l’Hérault co-organise aussi avec des groupes locaux  d’autres grands événements qui réunissent plusieurs dizaines de milliers de visiteurs au total :

- La grande foire des floralies et de la petite agriculture à Maureilhan,

- La grande foire de la petite agriculture au Pouget,

- Le Festimarché des dolmens à Vailhauquès,

- Le Marché des Garrigues à Montaud.

 

AMPH milite pour des échanges commerciaux équitables, pour la mise à disposition de produits agricoles de proximité et de saison, pour la renaissance et la connaissance de l’agriculture paysanne.

 

Cette dernière avait été étouffée par l’intensification et l’industrialisation de l’agriculture productiviste.

 

Le Festival de la Tomate est donc loin d’être une manifestation soit institutionnelle, soit commerciale.

 

C’est au contraire un rendez-vous citoyen qui offre d’ailleurs toute sa place aux associations en pointe dans le combat pour une agriculture plus saine et un dialogue, une transparence, une compréhension mutuelle entre producteurs et consommateurs.

 

Cela n’empêche pas, bien au contraire, le partenariat avec des collectivités territoriales venant soutenir l’initiative : la Commune de Clapiers (Services Techniques, Communication et Animation avec Servane Bessoles, Maire-adjointe et Yoan Maurici l’efficace organisateur durant toute l’année, comme le jour J, de l’événement), la Communauté d’Agglomération de Montpellier (Services Protocole et Communication, fabrication de l’apéritif axé sur le vin et la tomate) et la Région Languedoc-Roussillon (au titre de sa politique de labellisation Sud de France).

 

Quel devenir pour le Festival de la Tomate ?

 

Le Parc municipal Claude Leenhardt constitue un écrin idéal bien que saturé spatialement.

 

Le parcage des voitures mobilise (dans un désordre bon enfant et cependant respectueux des riverains), toute la voirie environnante, y compris des lotissements périphériques.

 

Le marché paysan – cœur battant de la manifestation - n’a cessé de grandir et de s’enrichir de nouvelles productions : c’est important pour s’approcher d’une vitrine exhaustive des productions locales.

 

Des artisans ont été admis, du moment qu’ils travaillaient de la tomate comme matière première : l’accueil des visiteurs a été enthousiaste.

 

La restauration, inexistante lors des premières éditions, a été développée, tout en restant dans des produits simples et en offrant des lieux équipés de tables et de chaises propices aux repas entre amis ou en famille.

 

La question de l’ouverture à la grande gastronomie et à des toques connues est pendante : cela nécessiterait des chapiteaux, consommateurs d’espace et ses menus, à prix plutôt élevés, sélectionneraient la clientèle.

 

C’est un choix que les militants de l’éducation populaire qui organisent l’événement n’ont pas voulu faire.

De même, aucune publicité payante n’est souscrite pour promouvoir le Festival.

 

Concernant les stands associatifs, tous les bénévoles qui œuvrent dans le domaine de la « bonne bouffe », du commerce équitable, du développement du monde rural ont pu, jusqu’à présent, voir agréer leur demande de participation.

 

Fait marquant, des associations culturelles locales se sont greffées petit à petit en proposant des programmes concoctés spécialement dans l’esprit de l’événement.

 

Il en est de même pour les accueils de loisirs pour enfants du village, dans le cadre de leur projet d’éducation au bien-manger et à la citoyenneté.

 

Le Festival de la Tomate se renouvelle-t-il suffisamment au niveau des animations proposées ?

 

Ce n’est pas certain mais l’imagination trouve souvent ses limites dans le budget (choix de la gratuité de l’entrée fondamentale pour que l’événement soit populaire et non élitiste) et dans la disponibilité des bénévoles.

 

Si le déroulement de la manifestation est maintenant bien huilé, c’est malheureusement aussi au prix d’un certain épuisement physique des bénévoles (Vincent Nourigat, actuel Président d’AMPH, Yves Martinot actuel Président de l’Association des Marchés Paysans du Languedoc-Roussillon, Fabienne Edelmann, Line Gallissaires, Jacqueline Vargoz, Agnès Vargoz, Pierre Longueville, notamment).

 

Des bénévoles Clapiérois - Marc Pelat ou encore Osvaldo Moretti - apportent un appui complémentaire.

 

Les militants associatifs dont le temps est souvent compté vivent mal la complexification des relations avec les autres partenaires.

 

Il existe notamment des enjeux de propriété intellectuelle sur les affichettes codifiées pour classer les exposants dans les marchés paysans, souvent mixtes c’est-à-dire ouvert à des vendeurs forains traditionnels, dans les catégories :

- producteurs,

- artisans transformateurs,

- revendeurs en circuits-court (un unique intermédiaire),

- revendeurs de produits ne pouvant manifestement pas être issus de circuits courts.

 

De même, l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault incite à mettre en évidence sur les étals des ardoises destinées à informer le consommateur sur la provenance de chacun des produits :

- de couleur verte pour les produits en vente directe,

- de couleur jaune avec un seul intermédiaire - et encore avec certaines contraintes - dans le circuit de vente,

- de couleur mauve lorsqu’il y a plus d’un intermédiaire (produits exotiques, importés, ayant transité par des marchés d’intérêt national puis des grossistes, etc.).

 

Cette transparence se généralisera peut-être un jour en France sur tous les marchés de plein-vent : ce sera alors la fin d’une opacité cultivée non sans arrière-pensée.

 

Cet étiquetage met à égalité produits et producteurs, alors que bien souvent ces derniers passaient second plan, ce qui n’est pas acceptable pour un Humaniste.

 

Alors qu’est-ce qui pourrait menacer la tenue d’une nouvelle édition du festival de la Tomate ?

 

Tout simplement le non respect de l’esprit qui a présidé à son lancement et qui est son âme.

 

Défendre la petite agriculture, familiale et indépendante est encore un combat d’actualité majeur.

 

Il suffit d’observer :

- le rapport de force exercé par les grandes surfaces sur les agriculteurs,

- celui établi à son profit par certaines industries agro-alimentaires,

- la baisse, en moyenne, du budget « Alimentation » dans les dépenses des ménages,

- la mondialisation qui rend anonymes les produits agricoles et substituables les uns aux autres dans une recette du moment que l’assemblage final a une apparence identique,

- le travail dissimulé ou encore l’emploi de travailleurs immigrés sous-payés dans certains grandes exploitations agricoles.

 

Conforter le rapprochement ville-campagne par des actes n’est pas non plus inutile.

 

Or, un événement comme le Festival de la Tomate, de par son rayonnement, sert de relais en ville à des territoires très variés : Pays de Thau, Hauts-Cantons, Cévennes, Minervois, Corbières, Vallée de l’Hérault, Pays de l’Etang de l’Or, Pays de Lunel, …

 

Le Festival de la Tomate est le type de manifestation plus que jamais nécessaire pour se rappeler que des hommes, fiers de leur métier, entendent vivre de leur travail sans subir des logiques d’optimisation du profit et de rendement financier à court terme.

 

Une exploitation agricole doit être durable :

-     sur le plan social, avec la possibilité pour le paysan de prendre du repos, de se réaliser humainement, de ne pas se tuer à la tâche, de pouvoir éviter l’utilisation de pesticides néfastes pour leurs applicateurs, de pouvoir tisser des relations de confiance avec ses fournisseurs et ses clients, de fournir des aliments de qualité,

-     sur le plan environnemental, avec le maintien de la biodiversité, le respect du sol et des ressources en eau,

-     sur le plan économique, avec la constitution d’exploitations « reprenables » financièrement au moment d’une succession, avec des échanges équilibrés entre paysans et consommateurs.

 

Cette action de sensibilisation des citadins, le Festival de la Tomate entend continuer à la mener : c’est juste la forme de l’événement qui pourrait être modifiée pour améliorer la qualité de l’accueil du public, des expositions et des animations. 

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Denis Degand, artisan boulanger,

habitué aussi du Marché hebdomadaire de Clapiers

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Yves Martinot, Créateur du Festival de la Tomate

et Fondateur de l'Assocaition des Marchés Paysans de l'Hérault

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Fabienne Edelmann, bénévole de l'Association des Marchés paysans de l'Hérault

collectant les dons des exposants pour constituer les lots de la tombola

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Le stand des paysans Clapiérois installés au Domaine de Vivier

au sein de la couveuse régionale agricole par la Coopérative d'activités Terracoopa

 

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Un des espaces de repos et de détente du Festival de la Tomate

à l'ombre des arbres centenaires du Parc municipal Claude Leenhardt

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L'équipe de bénévoles de l'Association des Marchés paysans de l'Hérault

et Yoan Maurici, cheville ouvrière de la manifestation à la Mairie de Clapiers

 

Crédit photographique : Michel Chastaing

17/10/2013

Inauguration Viavino à Saint-Christol

Belle inauguration samedi 5 octobre pour le pôle œnotouristique Viavino à Saint-Christol (Hérault).

 

Jean-Luc Bergeon, Maire de Saint-Christol, Vice-Président de la Communauté de Communes du Pays de Lunel, Président de l’Office de Tourisme intercommunal du Pays de Lunel, initiateur du projet il y a déjà 8 ans, pouvait être fier du chemin parcouru.

 

Cette vitrine des vins locaux a ouvert ses portes au public dès le 22 juin 2013.

 

L’obtention du label « Pôle excellence rurale » en décembre 2006, véritable reconnaissance par l’Etat de son intérêt, a donné de la crédibilité au dossier.

 

Partagé, réfléchi entre de nombreux partenaires et acteurs locaux, ce projet est celui de tout un territoire.

 

Ce territoire est un « espace de respiration entre les agglomérations de Nîmes et de Montpellier », fait de coteaux dominant Lunel, encadré au Nord par les garrigues et au Sud par la Petite Camargue.

 

Un « jardin à la fois viticole, culturel et de loisirs entre Cévennes et Méditerranée ».

 

Le terroir des vins de Saint-Christol domine la plaine languedocienne maraîchère, fruitière, céréalière, densément peuplée et la vallée du Vidourle occupée par une agriculture diversifiée.

 

Le vignoble occupe sur les collines un sol fait de cailloutis Villafranchiens (petits galets roulés et déposés par le Rhône à l’ère quaternaire lorsque son cours était orienté Est-Ouest) cimentés d’argile rouge ou enveloppés d’un sable jaune clair à rouge foncé, typique des Costières de Nîmes.

 

Viavino est à la confluence des routes des Vins :

-     de l’AOC / AOP de Saint-Christol (surtout des rouges) avec comme producteurs la Cave coopérative des Coteaux de Saint-Christol présidée par Nicolas Baniol et des caves particulières (Domaine de la Coste, Domaine Guinand, Château des Hospitaliers, Domaine de l’Ocelle, …),

-    du Muscat de Lunel (Vin Doux Naturel à base du cépage de Muscat blanc à petit grain) passant par la Cave coopérative des Coteaux de Vérargues.

 

Viavino est dirigé par Joyce Arends.

 

L’équipement a été porté par la Communauté de Communes du Pays de Lunel (présidée par François Berna, Maire de Saint-Sériès).

 

Il a coûté 6,5 M€ et a bénéficié des subventions du Département de l’Hérault (1,5 M€ dans le cadre d’un contrat territorial), de la Région Languedoc-Roussillon (0,3 M€), de l’Etat et de l’Europe (1,2 M€ au globalement).

 

Le Département de l’Hérault et son Président André Vezinhet ont fortement soutenu le projet en tant qu’investissement structurant.

 

Viavino est en effet complémentaire des sites patrimoniaux recelés par le Pays de Lunel : site archéologique et gallo-romain d’Ambrussum, capitelles, Château de Marsillargues, Orangeraie de Lunel-Viel, etc.

 

Le caveau-vitrine hébergé par Viavino propose les vins de 95 % des vignerons locaux.

 

Il ne vient pas en concurrence des points de vente existants (une quinzaine de caveaux dans un rayon de 3 kilomètres notamment) car sa vocation est au contraire de servir de porte d’entrée vers des visites de domaines viticoles.

 

Le caveau-boutique est tenu par Pascal Conge, ancien Directeur des Coteaux de Saint-Christol, et par Thierry Avesque.

 

Ce lieu ouvert aux gens du pays et aux touristes offre aussi :

-     une maison de tourisme offrant les services de l’Office de tourisme du Pays de Lunel, en termes de documentation, de réservation d’hébergement et organisant des visites,

-     un restaurant / bar à vins, « L’Autenthic »,

-     un caveau boutique avec les vins locaux mais aussi tous les produits alimentaires emblématiques du secteur,

-     un relais vers des activités de pleine nature (randonnées pédestres et équestres notamment dans les vignobles, parcours VVT, accrobranche,  via ferrata de la Roque à Saint-Sériès, canoë-kayak sur le Vidourle, etc.) et des séjours aventure, proposés par la société « Cyrpéo-Active 4 Events »,

-     un atelier du goût équipé pour les dégustations de vins,

-     une salle du terroir permettant une visite numérique dédiée au vin et aux traditions camarguaises.

 

Idéalement adossé au village de Saint-Christol, plein Sud, Viavino possède des espaces extérieurs d’agrément :

- un patio circulaire, en claires-voies,

- un jardin aromatique,

- une vigne pédagogique,

- un théâtre de verdure,

- une arène de jeux pour les enfants.

 

La scénographie a été particulièrement bien étudiée : elle est l’œuvre d’Arc-en-Scène.

 

Viavino parle du terroir : de ses vignes, de son vin, de ses traditions : la Petite Camargue, la course libre, les fêtes votives.

 

La culture donne tout son sens à ce nouvel équipement touristique.

 

Viavino est à la fois ludique et pédagogique.

 

Le visiteur se sent bien accueilli dans cet écrin méditerranéen.

 

Soleil, vent, lumière jouent avec une architecture résolument contemporaine qui prolonge le village ancien.

 

Les matériaux naturels utilisés ont été mis en œuvre en résonnance avec leur usage local : terre battue des arènes pour les circulations et places extérieures, pierre sèche des capitelles, bois en claustra façon palox (ces palettes-cages servant à stocker les pommes et les fruits d’été), peinture rouge utilisée dans les caves et rappelant la lie de vin ou encore les barrières d’une arène ou les portes d’un toril.

 

L’objectif de l’architecte de renommée internationale - Philippe Madec - et du maître d’ouvrage, la Communauté de Communes du Pays de Lunel, était de s’inscrire dans le cadre d’une construction éco-responsable.

 

Les bâtiments de Viavino offrent ainsi un bilan énergétique globalement nul.

 

Ils bénéficient d’une excellente isolation (50 cm de laine de roche) et d’une parfaite étanchéité à l’air.

 

Les capteurs solaires (eau chaude sanitaire et surtout d’électricité via 60 m² de panneaux photovoltaïques) fournissent autant d’énergie que n’en consomment deux petits poêles à bois (chauffage d’appoint pour la Halle camarguaise et l’Espace Terroir), le complément au gaz pour le restaurant et la chaufferie-bois pour l’ensemble du site.

 

Cette dernière, alimentée par des plaquettes forestières, dessert un réseau de chauffage central.

La chaufferie-bois peut aussi utiliser des granulés à base de sciure de bois ou même des noyaux d’olive, sous-produit de l’extraction de l’huile d’olive.

 

La ventilation naturelle a été choisie et la climatisation excluse.

 

Un puits canadien équipe la Halle Camarguaise.

 

Les bois et la pierre sèche (issue d’une carrière située à moins de 5 kilomètres) ont été sélectionnés localement.

 

Viavino sera vraisemblablement souvent cité à l’avenir comme un exemple de valorisation du bois en construction, tant il est omniprésent sur le site.

 

Viavino a d’ailleurs déjà été honoré par la visite de deux ministres : Sylvia Pinel, Ministre du commerce, de l’artisanat et du tourisme, venue lancer la saison touristique estivale 2013 en France début juillet et Cécile Duflot, Ministre de l’égalité des territoires et du logement, début octobre.

 

Comme tout équipement touristique de cette ampleur, Viavino doit gagner plusieurs challenges :

-    attirer et plaire à des publics variés (scolaires, familles, troisième âge, oenophiles, commerciaux du vin),

-    élargir la saison touristique au-delà des mois de juillet et d’août,

-    équilibrer ses comptes dans la durée tout en supportant les coûts d’entretien et d’embellissement,

-    renouveler régulièrement ses expositions et ses animations,

-    créer des événements exceptionnels de nature festive, culturelle, patrimoniale, ...

 

Souvent la création d’un club, d’une association des amis de la structure est un plus, surtout à l’époque des réseaux sociaux.

 

Quoiqu’il en soit, bien que notre région Languedoc-Roussillon possède le plus grand vignoble du Monde et surtout le plus diversifié, il n’y a pas pléthore d’accueil collectif dans le domaine œnotouristique.

 

Des secteurs géographiques entiers se retrouvent sans locomotive, sans lieu d’excellence, faute d’entente entre les acteurs, trop divisés, et d’une certaine pudeur des professionnels de la vigne à communiquer : c’est ainsi que pour obtenir des informations sur les vins ou sur les terroirs on est trop souvent obligé de se rabattre sur les sites Internet des loueurs de gîtes ou des professionnels du tourisme.

 

Il est vrai que ce dernier secteur d’activité représente 15 % du PIB en Languedoc-Roussillon contre seulement 4 % pour l’agriculture (dont la sylviculture et la pêche) et les industries agro-alimentaires.

 

Avec 15 millions de touristes (dont 1/3 d’étrangers) et 100 millions de nuitées (dont 20 % pour les étrangers), le vivier des visiteurs potentiels est vaste.

 

Sans compter que l’agri-loisir tourisme, cher à Paul-Marie Durand, bénévole à l’Office de Tourisme Via Domitia de Castries, est un fait de société.

 

Ce néologisme décrit bien le tourisme de proximité, de grande ampleur, touchant toutes les classes sociales, lié à la proximité des populations nîmoise et montpelliéraine.

 

Les petits plus de Viavino résident :

-     en la qualité de la communication qui l’entoure (photographies, film documentaire),

-     dans la valorisation des savoir-faire locaux, dont des métiers et des hommes qui les exercent,

-     dans l’ouverture signifiante du site, au sens physique du terme, avec une absence de clôture périphérique et au contraire un périmètre reposant sur des murettes basses en pierre sèche,

-     dans la volonté d’offrir au visiteur un espace de détente et de bien-être,

-     dans son esprit cohérent écologique et nature.

 

Fierté de son territoire, Viavino a été parfaitement imaginé et réalisé pour offrir du symbole, du sens et du plaisir à des visiteurs exigeants venus de tous horizons.

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Viavino, au pied du village de Saint-Christol (Hérault)

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L'inauguration a attiré une foule d'élus, de viticulteurs

et d'habitants du Lunellois

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Une assistance attentive lors des discours

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La capitelle vue de l'intérieur du caveau-vente-dégustation

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Jean-Luc Bergeon, Maire de Saint-Christol : l'initiateur du projet

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 La vigne collection pédagogique et la promenade

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 Viavino s'inscrit dans un territoire de forte identité et de forte culture

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La rotonde en bois pour les spectacles et le repos des visiteurs

 

Crédit photographique : Michel Chastaing

13/10/2013

Comment réduire la pollution de l’air à Montpellier ?

La pollution atmosphérique à Montpellier est certes limitée par rapport à d’autres métropoles françaises mais les concentrations en matières particulaires (PM), en dioxyde d’azote NO2 et en ozone O3 sont tout de même trop importantes sur l’aire urbaine montpelliéraine et encore plus sur la ville centre.

Les connaissances scientifiques acquises récemment au niveau mondial imputent clairement à ces polluants des effets néfastes sur la santé humaine, même à des concentrations inférieures aux normes applicables à ce jour :

- pour les PM10 et PM2,5, maladies cardiorespiratoires, notamment la bronchite chronique, athérosclérose, cancer pulmonaire, du fait des particules elles-mêmes mais aussi du SO2, des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et des métaux lourds qu’elles fixent,

- pour le NO2, symptômes respiratoires,

- pour l’ozone, augmentation de la mortalité respiratoire, impact sur le développement cognitif, naissances avant terme.

 

La réduction de la durée de vie humaine imputable aux particules fines (PM2,5), principalement issues des moteurs diesel, est notamment chiffrée à 8,6 mois dans l’Union Européenne.

 

Une évaluation de l'impact local de la pollution atmosphérique a déjà été réalisée sur les communes de Castelnau le Lez, Clapiers, Le Crès, Grabels, Jacou, Juvignac, Montferrier sur Lez, Montpellier, Saint-Clément de Rivière, Saint Jean de Védas, Vendargues, soit environ 288.000 habitants.

 

Cette étude (période 1999 et 2000 pour la mortalité et 1999 à 2002 pour les admissions hospitalières) conclut à la responsabilité de la pollution atmosphérique dans 34 décès anticipés et dans 79 hospitalisations pour motif cardiovasculaire, 15 pour motif cardiaque, 9 pour motif respiratoire chez les plus de 65 ans et 4 chez les 15-64 ans.

 

De son côté, au vu des premières preuves scientifiques de la nocivité des polluants atmosphériques, l'Union Européenne s’apprête à réviser d’ici 2015 sa politique de qualité de l’air et à durcir ses normes qui jusqu’à présent étaient au mieux égales à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), édictées en 2005 et valables pour tous les pays du Monde.

 

On s’achemine donc vers :

- une réduction de la valeur limite pour les PM2,5 pour l’instant 2 fois supérieure à celle recommandée par les lignes directrices de l’OMS et pourtant dépassée pour 80 % des Européens,

- un durcissement de la réglementation relative au NO2,

- la fixation de concentrations moyennes maximales d’ozone à long terme.

 

Particules en suspension

 

Elles proviennent des installations de chauffage, des combustions industrielles, de l’incinération et du transport automobile.

 

Au-delà des effets néfastes sur la santé humaine, elles perturbent la photosynthèse par dépôt sur les végétaux et salissent le bâti.

 

En milieu urbain à Montpellier, les PM2,5 s’inscrivent en moyenne annuelle dans une fourchette de 13 à 16 μg/m3 (10 d’objectif de qualité actuellement pour l’OMS) et les PM10 dans une fourchette de 21 à 25 μg/m3 (20 d’objectif de qualité actuellement pour l’OMS), sur les années 2000 à 2003.

 

La réglementation franco-européenne, en l’absence de preuves scientifiques, « couvrait » donc l’existant : avec des objectifs de qualité respectivement égaux à 20 et 30 pour les PM2,5 et les PM10, l’air dans Montpellier pouvait être jugé de qualité satisfaisante.

 

Ce ne sera plus du tout le cas en 2015 où les concentrations en particules devront baisser à Montpellier de 20 à 30 % (si l’Europe s’aligne en 2015 sur les choix de l’OMS datant de 2005 où aucune toxicité n’avait encore été démontrée), voire être divisées par un facteur 2 ou 3 si l’Union Européenne décidait de niveaux de pollution de l’air moitié de ceux de l’OMS.

 

Dioxyde d'azote

 

La valeur guide actuelle de l'OMS (idem en Europe) est de 40 μg/m3 (en moyenne annuelle) : elle est fixée pour protéger le public des effets du NO2 gazeux sur la santé.

 

A Montpellier, les stations dites trafic, enregistrent bon an, mal an, des moyennes annuelles comprises dans la fourchette 60 à 80 μg/m3.

 

A des concentrations dépassant 200 μg/m3, en moyenne horaire, sur de courtes durées, le NO2 est un gaz toxique entraînant une inflammation importante des voies respiratoires.

 

Entre 1993 et 2003 inclus, ce seuil a été dépassé à la station Chaptal en moyenne 83 heures dans l'année (fourchette très ouverte allant de 1 heure en 2002 à 245 heures en 1999).

 

C'est aussi le principal agent responsable de la formation :

- des aérosols de nitrates qui représentent une proportion importante des PM2.5

- de l'ozone, en présence de rayons ultraviolets (les Composés Organiques Volatils, autres polluants primaires agissent de concert avec le NO2).

 

Les émissions anthropiques de NO2 proviennent principalement de la combustion (chauffage, production d'électricité en centrale thermique, moteurs des véhicules automobiles et des bateaux).

 

Ozone

 

Ses précurseurs sont émis en ville.

 

Après la réaction photochimique le synthétisant, le nuage d'ozone gagne les zones rurales où sa teneur culmine en France à un niveau de l'ordre de 60 à 70 µg/m3 (en moyenne annuelle).

 

En ville, les polluants primaires consomment dans un premier temps l'ozone et sa concentration s'établit seulement dans une fourchette de 40 à 60 µg/m3.

 

Mais l'été, les pics d'ozone sont forts, surtout dans les régions ensoleillées comme celle de Montpellier.

 

Des concentrations bien supérieures au seuil de protection de la santé de 120 µg/m3 (en moyenne sur 8 heures) imposé par la directive européenne 2008/50/CE (objectif de qualité pour la protection de la vie humaine) sont constatées au Nord et au Sud de Montpellier entre 60 et 120 jours par an !

 

Et entre 50 à 100 jours dans des quartiers de la ville tout de même.

 

Lors de l'été 2003, 27 jours ont même dépassé 180 µg/m3.

 

L'OMS a réduit la concentration limite recommandée à 100 µg/m3 (en moyenne sur 8 heures), contre 120 µg/m3 auparavant sur la base des liens concluants établis récemment entre la mortalité quotidienne et des concentrations en ozone même inférieures à 120 µg/m3.

 

3 seuils d'alerte sont fixés en France, à respectivement 240, 300 et 360 µg/m3 (dépassement pendant 3 heures consécutives en moyenne horaire).

 

En août 2011, le premier seuil a été atteint dans le Gard où le Préfet avait réduit les vitesses autorisées sur routes et autoroutes.

 

Responsable de ces épisodes de pollution photochimique préjudiciables pour la santé, l'ozone est aussi accessoirement le troisième gaz à effet de serre après le gaz carbonique CO2 et le méthane CH4.

 

Quelles pourraient être les mesures à prendre sur Montpellier et ses alentours ?

 

Peut-être la fermeture à terme de l’usine d’incinération de Lunel-Viel, une fois l’investissement industriel amorti.

 

La résorption progressive du chauffage individuel ou collectif au fioul.

 

Forcément aussi des mesures de réduction de la circulation automobile.

 

En effet, particules en suspension, dioxyde d'azote et ozone (polluant photochimique secondaire principalement tributaire du dégagement de dioxyde d'azote) sont essentiellement produits par les moteurs des véhicules fonctionnant à l'essence ou au gazole.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a déjà pris le taureau par les cornes avec sa politique ambitieuse de transport en commun reposant sur 5 lignes de Tramway à l’horizon 2017.

 

L'intermodalité se développe aussi avec les parkings à voitures et les parcs à vélos équipant les lignes de Tramway tout comme avec le renforcement, futur mais programmé, de l'offre en Transport Express Régional (TER).

 

Le réseau de déplacement doux reste en revanche largement à parfaire : pistes cyclables et piétonnes.

 

Des systèmes de transport en commun de plus petite capacité doivent-ils seulement rester au stade du bus voire du minibus pour le transport à la demande ?

 

Quid du développement du covoiturage ?

 

Sans doute aussi une meilleure organisation des livraisons et du transport de marchandises en ville est possible : c’est un sujet vraisemblablement d’avenir.

 

Faut-il un service public de la livraison à domicile, suite à des commandes via Internet ?

 

Sachant qu’une circulation fluide est moins polluante, l’optimisation des flux est un enjeu fort : la limitation de vitesse à 110 km/h, voire 90 km/h, sur l’autoroute, la régulation sur certains feux tricolores sont déjà des avancées probantes.

 

Le lissage des pointes de circulation passe aussi vraisemblablement par des aménagements dans les horaires de travail et donc des accords avec les employeurs : administrations et privés.

 

Toutefois, la réduction de la circulation automobile est tributaire d’une évolution des mentalités.

 

Tout un chacun doit réfléchir sur l’impact collectif de ses propres pratiques :

- rentrer chez soi pour manger entre midi et deux,

- amener sa progéniture à l’école ou à une activité, avec souvent 2 aller-retour à la clef,

- fréquenter des centres commerciaux ultrapériphériques par rapport à son logement,

- habiter loin de son travail ou des services, etc.

 

L’avenir peut nous réserver de mauvaises surprises avec des limitations autoritaires de circulation, rendues obligatoires pour préserver notre santé.

 

Qui sera l’autorité régulatrice dans les années à venir ?

 

Toujours l’Etat au travers du Préfet ?

 

Voilà un pouvoir de police bien peu populaire !

 

Le Préfet a déjà la possibilité de prendre des mesures de préservation d’urgence en cas de dépassement des niveaux d’alerte du dioxyde d’azote et de l’ozone :

- diminution de 20 km/h de la vitesse de circulation autorisée sur tous les axes réglementés habituellement à 90, 110 ou 130 km/h et même réduction de 30 km/h lorsque le deuxième ou le troisième niveau d’alerte pour l’ozone est atteint,

- circulation alternée ouverte seulement à la moitié des véhicules possédant la pastille verte, excepté pour les véhicules propres autorisés à se déplacer.

Il existe aussi d’autres mesures d’urgence dites complémentaires :

 - interdiction de la circulation dans les agglomérations des véhicules de plus de 7,5 tonnes du moment qu’il existe un itinéraire de contournement,

 - fermeture de certaines voies à la circulation,

- interdiction de l’utilisation des engins de chantier et des engins mobiles non routiers,

- interdiction des manifestations publiques de sport mécanique,

- interdiction des outils d’entretien extérieur non électriques et de produits à base de solvants.

Nous pouvons tout de même être « sauvés » par l'avènement de la voiture électrique (La Poste s'y met déjà de façon très volontariste).

 

La montée en puissance du chauffe-eau solaire comme de l'isolation du bâti ancien soulageraient les sacrifices à venir sur l'automobile.

 

Bref, la balle est surtout dans le camp des particuliers, au niveau du comportement journalier et au niveau du choix dans les investissements domestiques.

 

Le Plan de Protection de l'Atmosphère de l'agglomération de Montpellier prévoit de ce fait des mesures :

- d'information du public sur la qualité de l'air (résultats et synthèses des mesures sur le site Internet de l'association AIR LR),

- d'éducation de la population.

 

Bien sûr le public scolaire est visé mais aussi les adultes avec des sensibilisations concernant :

- l'utilisation des solvants,

- la limitation de l'usage des pesticides,

- la réduction des consommations énergétiques dans le résidentiel,

- les performances, les coûts et l'impact sur la santé des différents modes de transport,

- les modes doux de déplacement.

 

Concernant les pollens allergisants, le PPA ne propose aucune interdiction à la vente de certains végétaux ni leur suppression progressive dans les parcs, jardins, haies et alignements.

 

En revanche, des actions de sensibilisation des acteurs sont proposées.

 

Globalement, le Plan de Protection de l'Atmosphère de Montpellier penche plutôt pour une action sur les niveaux moyens de pollution de fond (baisse de 25 %) plutôt que sur un scénario visant à supprimer les pics de pollution.

 

En effet, les gains sanitaires sont plus élevés dans le premier cas de figures : 40 décès annuels évités (40 % de gain) contre 20 seulement avec la deuxième option (10 % de gain).

 

Le PPA va dans le sens de l’amélioration de la qualité de la vie en Languedoc-Roussillon qui a tout intérêt à cultiver ce point fort comme un avantage compétitif.

11/10/2013

Qualité de l'air à Montpellier

La région Languedoc-Roussillon est touchée par des dépassements répétés des normes pour plusieurs polluants atmosphériques.

L'aire urbaine de Montpellier est plus précisément affectée par un excès de dioxyde d'azote dans l'air.

L'Europe de son côté exerce une pression réglementaire sur la France pour qu'elle limite ses émissions de polluants atmosphériques.

Le Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA) de Montpellier, en application depuis novembre 2006, est actuellement en cours de révision.

Le projet de nouveau PPA prévoit des mesures concernant les secteurs de l'industrie, du transport, du tertiaire et du résidentiel.

La Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement Languedoc-Roussillon (DREAL-LR), en charge du dossier, propose d'étendre le périmètre précédent au delà des 48 communes actuelles pour le faire correspondre avec l'aire urbaine de Montpellier, couvrant 115 communes.

Les polluants primaires visés sont :

- le dioxyde de soufre (SO2),

- le dioxyde d'azote (NO2),

- les particules fines en suspension (PM10),

- le Plomb (Pb),

- le benzène C6H6,

- le monoxyde de carbone (CO),

- les composés organiques volatils (COV),

- les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP),

- le Nickel (Ni),

- l'Arsenic (As),

- le Cadmium (Cd),

- les pollens et les pesticides pour tenir compte du contexte local (climat méditerranéen caractérisé par la sècheresse estivale et viticulture en agriculture conventionnelle).

L'ozone O3, polluant secondaire conséquence de l'émission des polluants primaires, est aussi surveillé en tant qu'indicateur de la pollution photochimique.

Concernant l'ozone, ses précurseurs (NO et NO2, COV) sont produits ou émis en zone urbaine, surtout au niveau des axes de circulation automobile (responsable localement de l'émission de 85 % des NOx).

Ces polluants primaires, émis sur terre, migrent les matins d'été au dessus de la mer où ils génèrent de l'ozone sous l'effet des rayons de soleil (moyenne de 2.700 heures d'ensoleillement à Montpellier avec 147 jours d'ensoleillement quasi-continu et seulement 69 jours quasi-couverts).

La brise thermique marine ramène ensuite tout au long de l'après-midi, ce polluant secondaire à l'intérieur des terres.

Le monoxyde d'azote (NO) émis par le trafic détruisant l'ozone, ce sont paradoxalement les secteurs périphériques de la métropole qui sont impactés, parfois à longue distance, par l'ozone amenée par le vent du Sud et plus encore par la tramontane et le mistral, vents dominants (touchant alors spécifiquement les communes de Villeneuve lès Maguelone, Lattes, Pérols, Palavas les Flots, Mauguio-Carnon).

L'inventaire massique des polluants atmosphériques donne sur l'aire du PPA, pour l'année civile 2000, la répartition en pourcentages suivante :

- Secteur Résidentiel : 9 %

- Secteur Tertiaire : 3 %

- Secteur Industriel : 8 %

- Secteur Transport : 51 %

- Secteur Agricole : 7 %

- Secteur Stockage des déchets ménagers : 22 %

Depuis 2000,  plusieurs décharges ont été fermées, les biogaz de la décharge du Thôt à Lattes valorisés.

L'industrie et l'agriculture n'ont pas connu d'évolutions très significatives.

Le tertiaire et le résidentiel se sont étendus en surface mais maîtrisent mieux leur émissions.

Il en est de même pour le transport (avènement du tramway, bus roulant au Gaz Naturel de Véhicule après avoir fonctionné à l'aquazole, pot catalytique sur les véhicules individuels introduit en 1993, moteurs plus performants, etc.) mais ces progrès sont malheureusement contrebalancés par l'augmentation incessante du trafic routier.

A ce jour, ce dernier pèse vraisemblablement dans le périmètre du PPA toujours plus de la moitié de la pollution atmosphérique, si ce n'est les deux tiers, compte tenu du reflux du secteur Stockage des déchets ménagers.

L'autoroute et les grands axes expliquent ce phénomène mais aussi les nombreux déplacements en zone agglomérée, où les vitesses faibles engendrent davantage d'émissions.

Globalement, si l'on s'intéresse aux ratios de pollution par habitant, l'aire de Montpellier a essentiellement des efforts à faire en matière de NOx où elle atteint les 2/3 de la moyenne nationale.

Des actions sur le secteur des transports sont donc légitimes, d'autant qu'elles amélioreraient simultanément les émissions de COV et de CO, les deux autres polluants primaires les plus présents sur l’aire montpelliéraine, avec respectivement des niveaux égaux à 40 % et 30 % de l'intensité par habitant nationale.

Si l’on compare maintenant les ratios d’émissions de polluants atmosphériques de Montpellier à la moyenne nationale, en les ramenant cette fois-ci à la surface concernée, les résultats sont bien moins flatteurs du fait de la forte densité de population de la métropole montpelliéraine et de ses alentours : environ 2 fois plus de CH4, de CO, de COV, de PB et 3 fois plus de NOx.

Si l’air de Montpellier est donc globalement de bonne qualité, il n’en reste pas moins qu’il existe un potentiel de pollution qui pourrait être éliminé localement ce qui renforcerait encore l’attractivité environnementale de notre agglomération mais aussi soulagerait d’autres zones en France où les velléités de réduction de la pollution sont plus difficiles à mettre en œuvre (forte présence industrielle, sources de pollution très diffuses comme en milieu rural ou dans le secteur agricole).

L'Association Air-LR est chargée de mesurer la concentration en polluants atmosphériques.

Cette structure peut mener des études ponctuelles dans le temps (suivi d'un épisode de pollution) comme dans l'espace (impact d'une infrastructure, relevés dans un secteur déterminé).

Elle dispose de 6 stations fixes de mesures automatiques dont 4 à Montpellier dans les quartiers Chaptal, Cévennes, Près d'Arènes, Saint-Denis et périurbaines pour la quantification du taux d'ozone (sur les communes de Lattes et de Saint-Gély du Fesc).

Concernant les pollens, Montpellier a la chance de posséder le seul laboratoire français d'aéropalynologie, basé sur le campus de l'école Sup-Agro où un capteur est opérationnel ainsi qu'à proximité de la station Météo-France de l'aéroport de Montpellier-Méditerranée.

Certains pollens ont l’inconvénient d’être allergisants.

Leurs grains, de l’ordre de 25 μm de diamètre, peuvent entraîner rhinite, conjonctivite, voire crise d’asthme, d’urticaire, d’eczéma.

Les maladies allergiques ou pollinoses trouvent un terrain favorable chez les personnes aux voies respiratoires fragilisées du fait de la pollution atmosphérique.

Certaines plantes particulièrement allergisantes gênent au-delà du public prédisposé sur le plan héréditaire.

C’est le cas des thuyas et des cyprès utilisés à mauvais escient dans les haies monospécifiques ou encore de l’ambroisie, plante invasive, qui se propage dans notre région à partir du Nord du Gard.

Le calendrier des principaux pollens susceptibles de déclencher une maladie allergique à Montpellier est étendu du fait du climat méditerranéen :

 - cupressacées (thuyas, cyprès, genévriers) : janvier, février et mars,

 - platanes : avril,

 - graminées : mai à juillet,

 - orties et plantains : mai à août,

 - oléacées : juin,

 - ambroisie : août à octobre.

En 20 ans, il a été constaté à Montpellier une augmentation de 67 % de la concentration annuelle moyenne en grains de pollen.

En outre, une précocité dans l'apparition des variétés polliniques de 18 jours a été chiffrée : ce phénomène est à mettre sur le compte du réchauffement climatique.

Pour revenir au principal polluant à Montpellier, le NO2, il est en France à 60 % issu du trafic automobile : dans et autour la capitale régionale cette proportion atteint 85 % !

Ce gaz toxique et irritant pour les voies respiratoires contribue aux pluies acides et à la formation de l'ozone.

L’objectif de qualité est fixé réglementairement à 40 μg par m3 d’air en moyenne annuelle.

Pour la protection de la végétation, à 30 μg/m3 seulement.

Les textes fixent :

- le seuil d'information et de recommandation à 200 μg/m3, en moyenne horaire,

- le seuil d'alerte à 200 μg/m3, lui aussi en moyenne horaire.

Enfin, la valeur limite pour la protection de la santé humaine vaut 200 μg/m3 (c’est une valeur à ne pas dépasser plus de 18 heures par an).

Sur l'aire montpelliéraine, il est observé :

- un dépassement de la valeur limite de protection de la santé humaine pour la moitié des sites de mesures,

- un respect de l'objectif de qualité pour l'autre moitié.

En revanche, le seuil d'alerte n'a jamais été dépassé depuis 2000.

Concernant le benzène, les concentrations augmentent régulièrement depuis le début des mesures en 2001.

En 2003, les objectifs de qualité ont été franchis sur les sites de mesures urbains et largement dépassés sur les sites de mesures de trafic.

L’année 2003, à l’été caniculaire, a connu aussi un record d’heures de dépassement de la valeur horaire de 180 μg/m3 (seuil d’information et de recommandation) : une soixantaine d’heures que ce soit au Sud ou au Nord de Montpellier.

L’ozone est donc un polluant photochimique largement préoccupant sur l’aire montpelliéraine.

Le nombre de jours de dépassement du seuil de 110 μg/m3 sur 8 heures concernant l’objectif de qualité pour la protection de la santé humaine varie tout de même entre 30 et 110 par an suivant les années et les sites.

Heureusement pour les autres polluants aériens, la chance de notre région est que les inversions thermiques (stagnation d'air froid au sol surmonté d'une couche d'air chaud bloquant toute évasion de fumées et de polluants) sont rares (seulement 10 % d'occurrence).

En effet, la Mer Méditerranée est peu sensible au refroidissement nocturne contrairement à la terre, responsable à l'automne et en hiver, par temps clair, du refroidissement de la basse atmosphère.

Quant aux premiers reliefs, s'ils créent des ascendances favorables à la dispersion des polluants, ils favorisent aussi leur dépôt sur leur versant (orientés Sud pour notre région).

En outre, en ville, un effet canyon peut être aussi observé avec un piégeage de la pollution au sol dans les rues bordées d'immeubles lorsqu’elles sont parcourues perpendiculairement par le vent.

En conclusion, si l'aire urbaine montpelliéraine est plutôt privilégiée en matière de pollution atmosphérique, il n'en demeure pas moins que les taux de NOx et plus encore d’ozone O3 sont trop élevés et que le Plan de Protection de l'Atmosphère de Montpellier veut s'atteler légitimement à leur réduction (à suivre dans la prochaine note de « Montpellier Villages), conformément à la demande sociale d’un air sain.