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05/02/2014

Les marchés alimentaires de plein vent autour de Montpellier

Les marchés alimentaires de plein vent sont en augmentation autour de Montpellier depuis une dizaine d'années.

7 Français sur 10 fréquentent ou souhaiteraient fréquenter un tel marché.

Cet engouement est :

- le résultat de l'engagement militant (associations ou personnalités),

- accompagné par certaines municipalités,

- animé par des bénévoles et de nouveaux professionnels de la vente (souvent directe),

- suivi et étudié par l'enseignement supérieur et la recherche.

Le fait que Montpellier soit le premier pôle agronomique de France n'est pas étranger au renouveau de l'intérêt constaté localement.

Dans ce contexte porteur, une étudiante - Virginie Sancelme - en formation à l'Université Paris 1, est venue apporter un œil extérieur et son expertise, dans le cadre d'un stage de 6 mois encadré par :

- Claire Cerdan (Unité Mixte et de Recherche « Innovation ») du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement),

- Coline Perrin (UMR « Innovation »), de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique),

- Elodie Valette (UMR « Testis »), du CIRAD.

- Virginie Sancelme a exposé son travail pluridisciplinaire sur le sujet, en décembre 2013, devant un parterre d'acteurs du monde associatif, d'élus locaux, de fonctionnaires territoriaux, de chercheurs et de membres d'organisations syndicales agricoles.

Quel est l'état des lieux ?

Depuis 10 ans, le nombre de marchés de plein-vent alimentaires augmente autour de Montpellier.

Pour un territoire de 450.000 habitants, on dénombre 35 marchés.

Sur le territoire de Montpellier Agglomération, toutes les communes de plus 10.000 habitants possèdent un marché tandis que seulement 11 n'en ont pas.

La mobilisation des municipalités est variée et peut jouer sur :

 
- le choix du lieu d'implantation,

- la promotion du lien social,

- l'animation culturelle,

- la communication qui se limite toutefois souvent à la période de lancement,

- la recherche de complémentarité avec les commerces sédentaires.

Virginie Anselme a posé trois questions :

 
Comment soutenir les marchés dans leur lien avec l'agriculture locale et comment attirer les producteurs locaux ?

Comment organiser la coexistence entre marchés et commerces sédentaires ?

Peut-on imaginer une organisation des marchés à une échelle supra-communale ?

L'étudiante a apporté des éléments de réponse circonstanciés.

Comment soutenir les marchés dans leur lien avec l'agriculture locale et comment attirer les producteurs locaux ?

Le lien ville-monde agricole est en général peu valorisé par les municipalités qui communiquent plus sur le lien social que peut générer un marché.

Sur les 169 commerçants venant sur ces marchés, seulement 36 % ont sur leur étal des produits de leur production et 3 sur 4 habitent l'Hérault.

Pour faciliter la venue des producteurs locaux, il faudrait :

faire évoluer la réglementation (connaissances, possibilité d'abonnements saisonniers pour les producteurs, emplacements gratuits, priorité dans le choix des nouveaux commerçants),

- informer des places libres, sachant que pour l'instant il est nécessaire de contacter chaque mairie individuellement, d'où l'idée d'une plate-forme recensant les informations à l'échelle d'une région, cet outil posant d'ores et déjà quelques difficultés de mise en place.

Pour valoriser les productions locales, il faudrait :

 - rendre lisible la distinction entre la vente directe et l'achat-revente,

- réserver les « emplacements stratégiques » aux producteurs.

Le problème est que la règle de l’ancienneté prime à chaque arrivée d’un exposant sur un marché.

A signaler : le site Internet « Manger local » qui permet de connaître la liste et les caractéristiques des marchés du Languedoc-Roussillon.

Comment organiser la coexistence entre marché et commerces sédentaires ?

En réalité, c’est plus une complémentarité qu’une concurrence qui s’instaure entre ces deux types de commerces.

En effet, la zone de chalandise est dynamisée par la présence du marché.

La coexistence est donc à promouvoir.

Un travail de communication est toujours utile auprès des commerçants sédentaires préexistants au marché et forcément inquiets.

La perception d’une situation de conflit est souvent le lot des petites communes tandis que, dans les plus grandes villes, les commerçants sédentaires sont convaincus par avance de l’impact d’un marché à proximité de chez eux.

Mais en réalité donc, il peut exister des a priori négatifs tenaces.

Peut-on imaginer une organisation des marchés à une échelle supra-communale et comment améliorer la gouvernance d’un marché ?

Tout d’abord, un constat :

les municipalités jouent un rôle prépondérant depuis peu,

- de nouveaux acteurs sont apparus il y a une dizaine d’années (exemple de l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault).

L’idéal est une gouvernance participative avec un comité de marché.

Toutefois, pour le moment, ce type de structure est essentiellement constitué d’élus locaux

Les producteurs, les commerçants et les consommateurs pourraient avantageusement y être intégrés en plus grand nombre.

Il faut donner à cet outil de coordination un rôle consultatif.

Malheureusement, les participants pointent souvent des difficultés de fonctionnement rencontrées en général même si le comité du marché de Grabels peut être cité comme un exemple à suivre.

Les projets comme l’étiquetage des produits doivent être obligatoirement menés à l’échelle intercommunale.

Enfin, les experts extérieurs (chercheurs par exemple) sont un appui intéressant pour aider les municipalités dans leurs choix.

Exemple cité : le « Marché circuit-court de Grabels »

C’est un marché paysan avec une commission tripartite (élus, consommateurs, producteurs) qui prépare les décisions d’admission des nouveaux exposants.

L’atout de ce comité est qu’il crée la confiance.

Un système d’étiquetage a été mis en place afin de garantir la provenance des produits.

Cependant, cette expérience n’est pas forcément transposable à d’autres communes, les marchés s’inscrivant dans une grande diversité.

En conclusion et d’une manière générale, les marchés de plein-vent sont le miroir d’une société qui cherche :

- à retrouver de la proximité,

- à réinventer des lieux de rencontres périodiques,

- à permettre des alternatives à la grande distribution,

- à développer des débouchés aux productions paysannes et artisanales,

- à stimuler le commerce équitable.

marchés paysans,marchés de plein-vent,valérie sancelme,sup agro,montpellier,grabels,clapiers,association des marchés paysans de l'héraultEntrée du Marché paysan de Celleneuve à Montpellier

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Vue sur une partie des étals et de la fréquentation

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L'apiculteur est récoltant à Saint-Jean de Védas

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Le stand des fromages

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Le stand des vins n'est pas loin ...

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Le maraîcher Bio ou local est indispensable au marché paysan

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Visite des bénévoles de l'Association des Marchés Paysans de l'Hérault

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Yves Martinot, longtemps président, donne des explications à une journaliste

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Le système d'étiquettes de couleurs différentes est appliqué à Celleneuve

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La couleur verte pour ce qui est produit par le vendeur,

jaune pour du circuit-court et violette pour du commerce traditionnel

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 Stand d'un vendeur de salaisonnerie au Marché de Clapiers

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 Animation financée par la Mairie de Clapiers pour un marché exceptionnel

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 Le stand du boulanger artisanal presque vide en fin de marché

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D'autres stands alimentaires, toujours à Clapiers

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Le marché hebdomadaire est aussi un lieu de rencontres et de discussions

 

Crédit photographique : Michel Chastaing


 

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