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08/04/2014

L’ascension de Philippe Saurel

Parti de moins de 20 % dans les sondages, troisième homme pour les médias, Philippe Saurel a brillamment emporté les Municipales de Montpellier.

Avec près de 38 % de voix, son équipe s’est durablement installée aux commandes.

Elle distance en effet ses premiers concurrents de 10 points.

En leurs temps, Paul Alduy à Perpignan, Hubert Mouly à Narbonne et, bien sûr, Georges Frêche à Montpellier, ont ensuite conservé leur ville pour plusieurs mandats.

C’est le rejet profond des appareils politiques qui s’est extériorisé.

Le Parti Socialiste de l’Hérault s’est vu en un soir soudainement précipité dans une crise profonde.

Outil de conquête électorale, vidée de plus en plus de tout débat d’idée, incapable de régler ses problèmes de démocratie interne, ne sachant plus sélectionner ses leaders, la Fédération de l’Hérault entame une longue traversée du désert : d’au minimum 6 ans.

Pour Philippe Saurel, le message est clair : « Je n’ai qu’un parti : c’est Montpellier ».

Et : « Je me reconnais dans le socialisme de Jean Jaurès, pas dans celui d’Harlem Désir ».

Candidat antisystème, renouvelant l’image de la politique aux yeux des Montpelliérains, le nouveau Maire de Montpellier s’intéresse à la vie de ses concitoyens, notamment les moins bien lotis.

« Je gouvernerai la ville avec le maximum d’équité et de justice sociale ».

Il veut aussi redonner à la capitale régionale son pouvoir de séduction et son rayonnement.

Le projet de grande agglomération est relancé.

Exclu du Parti Socialiste, comme Christian Bourquin et Georges Frêche avant lui, il incarne un nouveau socialisme, non sectaire, réaliste, ouvert à sa Gauche comme au Centre et aux Démocrates.

Populaire, Philippe Saurel attire à lui la sympathie des quartiers : le vote extrême s’en trouve réduit et non favorisé comme à Béziers et d’autres grandes ville où la Gauche n’a pas pris à bras le corps les problèmes du quotidien : le développement économique et le logement.

« Nous sommes devenus les gardiens de la République en Languedoc-Roussillon. » : là où certains ont démissionné, Philippe Saurel sait s’engager.

Il aura le soutien au niveau national de son ami, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, nommé Premier ministre aujourd’hui.

Saurel1.jpg

Au Gymnase Bernard Jouanique, aux Cévennes - Venue de François Hollande

pour la campagne de Ségolène Royal - Max Lévita n'est pas loin

Saurel2.jpg

Avec Hélène Mandroux à la journée champêtre, à la manade Boch,

pour la Fête du Parti Socialiste de l'ex 3ième circonscription

Philippe Saurel,Montpellier, Municipales 2014

Au Congrès du Parti Socialiste de Reims,

un œil sur la cathédrale où tant de rois de France ont été sacrés

Philippe Saurel,Montpellier, Municipales 2014

Philippe Saurel, toujours souriant et proche des gens

 

Crédit photographique : Michel Chastaing




 

Commentaires

Je lis en me demandant l'intérêt de l'article. A part un hommage appuyé et finalement tardif puisque le protagoniste a été élu, il ne pose malheureusement aucune problématique.
J'en oserai donc une: Philippe Saurel peut-il réussir?
Le candidat anti-système, perçu comme sympa et qui aurait en commun avec Frêche d'avoir présenté une liste citoyenne n'a pas de réelle perspective pour la ville. Un tramway à 1€ alors que les bus n'ont pas fait partie du calcul (de l'aveux même de son directeur de campagne), c'est déjà une incohérence sur une mesure phare de son programme qui est, disons le assez démago. A cela, il faudra encore expliquer aux gens des quartiers visés pourquoi ils n'auront pas de ligne 5 du tramway tandis que 30 millions (soit 10%) de son financement ont déjà été engagés quand le tramway crée indubitablement du lien social et permet de désenclaver des pans de la ville et enfin revalorise éminemment les lieux d'habitations. Je ne parle même pas de ses bénéfices sur l'environnement...
Saurel sera à la mairie. Pas à l'Agglo. Ses affiches de campagne étaient explicites: "je serai un maire à plein temps". Il est donc en principe exclu qu'il soit en même temps à l'Agglo quand bien même il s'agirait de la métropole. Or l'Agglo est décisionnaire sur l'essentiel de la politique de la ville en matière de transports et a un impact énorme sur la fiscalité. Aurons-nous donc une dissension entre la commune et l'agglo?
Sans doute. Saurel a refusé toutes les mains tendues, de Dommergue comme de Mourre. Malheureusement, sans parti, sans appareil réel, il devra composer contre l'UMP et le PS à tous les échelons de la ville, au département, à la région en passant par l'agglo. A la différence de Frêche qui lui tenait toutes les institutions avec ou sans parti. Saurel est seul et il n'est pas Frêche et quand les impôts augmenteront sur un des échelons, les électeurs auront le sentiment de payer à la ville et à Saurel et à mon avis, les autres ne se mouilleront pas pour l'exonérer de cette responsabilité. La maire qui a juré de ne pas augmenter les impôts en contre partie des investissements risque en fait de perdre son pari sur les deux volets: pas d'investissement et des impôts sinon baissées, toujours élevés... il faudra le justifier devant les électeurs.
Quand donc on a fait le tour de ses mesures phares qui sont plus entre les mains de l'agglo que de Montpellier, reste la justice sociale, la lutte pour l'emploi et la sécurité.
Pour la justice social, il n'y a rien de concret dans les propositions de Saurel que l’électeur ait réellement retenu. Reste l'emploi. Mais là aucun audace en perspective: implanter une industrie à Montpellier? non! développer une filière neuve comme les énergies renouvelables? non! Quand on posait la question à l'homme, il évoquait nonchallament les services à la personne parce que la population vieillit et le bâtiment pou les jeunes des quartiers... voilà de l'originalité, de la vision et du "anti système" en effet. Il faudra juste expliquer comment on développe des emplois dans le service à la personne quand les personnes voient leur pouvoir d'achat diminuer et doivent souscrire des emprunts bancaire aujourd'hui pour simplement pouvoir avoir accès à un dentiste; et dire comment on crée de l'emploi dans le bâtiment quand on arrête les investissements et le dire à une population (souvent les jeunes et les gens des quarties populaires) qui en a marre d'être stéréotypée à tous les niveaux dans des rôles de téléopérateurs, d'ouvriers ou de peintre quand 60 à 70% d'entre eux aujourd'hui sont titulaires de BTS ou de diplômes d'université dans des filières très loin du bâtiment.
Pour la sécurité, là aussi l'ami nouvellement promu 1er ministre est la seule garantie de Saurel qui voulait augmenter de 50 le nombre de policiers nationaux aux côté d'un même nombre de policiers municipaux. Mais quid de si Valls dit non? dans un contexte de réductions de budget... rappelons en outre que Valls devient le chef de la majorité PS aujourd'hui et il doit donner des gages aux socialistes avant ses amis de la primaire déjà bien enterrée. En outre, la vision des politiques en matière de sécurité est tellement archaïque et débile, que s'il avait suffit d'augmenter le nombre de flics ou de caméra pour faire chuter la délinquance et le crime, ça se saurait et on l'aurait fait.
Donc tout sympathique qu'il paraisse, tout anti système qu'il se veuille, j'ai bien peur que Saurel aille tout droit à l'échec. Montpellier réputée pour son attractivité s'apprête sans doute à vivre un véritable coup d'arrêt. Le chômage va augmenter par manque d'investissements, ce qui risque de faire monter l'insécurité et l'impression d'injustice sociale quand les grandes problématiques comme le transport et la circulation seront réglés (si possible) dans le conflit à un niveau supra communal. Voilà un maire tributaire de ses amis d'hier, devenus ses adversaires d'aujourd'hui pour réaliser un programme totalement en décalage avec le dynamisme et l'audace local de ces 30 dernières années.
Encore aurait-il fallu que Saurel fédère effectivement la majorité des Montpelliérains pour disposer d'un vrai poids politique qui compenserait l'absence d'un réseau et d'un parti... mais voilà, seulement un petit cinquième des électeurs lui ont apporté leur suffrage. Sa notoriété sera donc longue à conquérir et son opposition sera d'autant plus forte et virulente.
On peut donc prédire sans grand risque que pour peu que la droite se trouve les personnalités adéquates, dans 6 ans, elle sera à la tête de tous les leviers de la ville à la région.
Et le candidat anti système d'hier aura ouvert les portes de la ville à ce que le système a de pire.

Écrit par : Théo | 01/04/2014

Vous mettez bien en avant les problématiques d'avenir sur Montpellier.
Philippe Saurel sera jugé effectivement sur ses actes.
En tant qu'adjoint à l'urbanisme, il a toutefois démontré pendant de nombreuses années qu'il savait s'entoure, écouter les habitants et les professionnels.
Le potentiel humain est là.
Que la Ville de Montpellier et l'Agglomération aient un président différent oblige à une entente cordiale.
C'est le pari de l'intelligence : la concurrence entre collectivités territoriales - je ne parle pas d'une saine émulation pour tirer les choses vers le haut - est pénalisante pour tous.
Dans une agglomération plus grande, il faut mettre en place une politique de développement polycentrique et ne pas tout rabattre sur Montpellier.
Il est aussi nécessaire de créer des synergies avec Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Cote d'Azur et la Catalogne.
On ne peut plus vivre seul.

Écrit par : Michel Chastaing | 01/04/2014

Monsieur Philippe SAUREL Maire de Montpellier a été mon chirurgien dentiste, c'est un homme formidable, d'une honnêteté sans faille
je veux tout simplement lui présenter des félicitations d'un vieux soldat
blessé en Algérie il y a 58 ans

Écrit par : MOLINA Albert | 08/04/2014

Michel, je trouve cet article beaucoup trop "lèche-cul" de Saurel.
Je n'ai rien contre lui personnellement, mais en tant que Clapiérois, je trouve que sa candidature à l'agglo est une catastrophe puisqu'il s'est engagé à abandonner la ligne 5 du tram devant arriver chez nous.
Bon, peut-être sur ce sujet, reniera-t-il ses engagements, comme il a déjà renié sa promesse de ne pas concourir à la présidence de l'agglo!
Apparemment il est dans la ligne de Pasqua : " mes promesses ne m'engagent pas, elles n'engagent que ceux qui y croient"

Écrit par : YP | 20/04/2014

Compléments: Ce n'est plus une "candidature" mais une élection, à l'unanimité (seulement 7 votes blancs émanant sans doute des élus communautaires minoritaires de Montpellier) , survenue le 15/04/2014.
Catastrophe donc survenue pour Clapiers!

Écrit par : YP | 21/04/2014

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