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02/11/2010

Voyage en eau trouble

Samedi 23 octobre, était présenté, à la salle des Arbousiers à Restinclières, un film de Luc Riolon, « Voyage en eau trouble », réalisé pour Arte par « Mona Lisa Production », ou comment l’infiniment petit et la nature peuvent nous apprendre l’équilibre fragile de notre condition.

 

Les organisateurs de la soirée étaient Louise Achard, Présidente de Rest’Envi, et Jean-Pierre Fels, Président de l’Association pour la Desserte en Eau Brute (ADEB).

 

Rest’Envi promeut des actions de défense de l’environnement (opérations « Nettoyons la nature » et « Un arbre, un enfant » menées en partenariat avec le Club des marcheurs de Restinclières et avec le concours de la Communauté d’Agglomération de Montpellier) tandis que l’ADEB a pour objectif une gestion rationnelle des ressources en eau et la desserte en eau brute (eau de Rhône issue du Canal Philippe Lamour) des communes jumelles de Beaulieu et Restinclières.

 

Ces deux associations, dont les membres se connaissent mutuellement, ont logiquement vocation à fusionner à terme.

 

Cette projection-débat intervenait à l’occasion de la « Semaine de la Science », très présente autour de Montpellier, pôle international de recherche.

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Le conférencier présente le film "Voyage en eau trouble" 

 

Michel Dukhan, Président de l’Association « Messages pour la Terre », s’était déplacé de Clapiers pour mettre en place la projection audiovisuelle.

 

Daniel Guiral, Directeur de recherche à l’IRD (Institut de Recherche et du Développement – ex ORSTOM – basé à Montpellier sur le Campus Agropolis), spécialiste des écosystèmes littoraux, est le découvreur du site présenté dans le film et la cheville ouvrière de son étude détaillée.

 

C’est en Guyane qu’il nous emmène découvrir un endroit encore inexploré, si ce n’est par les caïmans noirs et les quelques espèces ornithologiques rares qui font en grande partie la richesse de ce milieu.

 

En effet, tout commence par la découverte de cet univers aquatique, hostile et isolé, préservé de ce fait des aménagements pratiqués dans les lagunes périphériques pour y installer des rizières exploitées autrefois par les esclaves.

 

La « mare » d’eau douce étudiée, entourée de marécages (appelé Marais de Kaw), grands comme la Camargue, est en effet seulement accessible en hélicoptère.

 

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La "mare", ouverture dans les marais colonisés par de la végétation basse 

 

Ce milieu naturel, nullement anthropisé, est remarquable du fait de la nidification d’oiseaux migrateurs insoupçonnés.

 

Il s’agit notamment du Héron agami (Agamia agami) que l’on croyait en voie de disparition (quelques couples connus seulement au monde) avant d’en découvrir plus de 500 sur le site des Marais de Kaw !

 

Il s’agit aussi du Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin) qui peuple les zones humides de l’Orénoque et de l’Amazone.

 

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Un volatile hôte de la "mare", attiré par la tranquillité des lieux

 

Comment la vie peut-elle exister ici alors que l’eau est insuffisamment minéralisée et très acide ?

 

C’est la question que s’est posée Daniel Guiral constatant qu’elle se développait dans un milieu extrêmement pauvre, oligotrophe.

Ce passionné de biodiversité, s’est donc installé sur l’eau pendant 4 ans afin de percer ce mystère.

 

C’est ce travail, cette passion que Daniel Guiral fait partager avec son documentaire d’une beauté époustouflante.

 

En collaboration, les deux équipes de scientifiques et de cameramen ont extrait des 900 heures de tournage, les 52 minutes d’émerveillement et d’étonnement qu’engendre ce film.

 

Comment un milieu extrêmement pauvre peut-il être un hot spot, une oasis de la biodiversité ?

 

Tout simplement grâce à l’apport azoté d’oiseaux étrangers venant nicher et se nourrissant à grande distance.

 

Mais aussi grâce au développement de l’entraide et des échanges entre les espèces : plus le milieu est pauvre et plus les solidarités se développent tandis qu’au contraire, dans un milieu riche, certaines espèces prennent le dessus, rendant l’existence des autres impossible.

 

Le chercheur montpelliérain a notamment fait une véritable découverte scientifique en constatant que les utriculaires (plantes aquatiques à la fois chlorophylliennes et carnivores dont les feuilles sont en forme d’outre), capturant des proies par aspiration, étaient incapables de digérer les grosses larves emprisonnées, sauf que des protozoaires colonisant leurs outres s’en chargent pour elles.

 

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Larves d'insectes et protozoaires à l'abri des filaments des algues aquatiques

 

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Une grosse larve d'insecte prise au piège dans une bourse d'utricaire

en cours de digestion par de petits protozoaires

 

Les Marais de Kaw sont inclus dans les périmètres d’une ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique), de Natura 2000 (protection des habitats naturels) et constituent un des sites RAMSAR français (protection des oiseaux remarquables).

 

Daniel Guiral a conclu le débat avec la salle par l’intérêt qu’il faut absolument porter à la biodiversité : elle recèle toutes les solutions adaptatives dans lesquelles l’humanité pourra puiser des solutions à ses problèmes.

 

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Daniel Guiral répondant aux questions de la salle

 

Crédit photographique : Fleur Dache

29/10/2010

Frêche est irremplaçable

Georges Frêche, en disparaissant aussi brusquement, a surpris.

 

Nous le croyions éternel tant il était omniprésent dans les débats, tellement écouté, tellement décisif dans les grandes décisions, tellement structurant dans le choix des équipements publics, tellement visionnaire dans son approche de l’avenir.

 

Georges Frêche occupait, en maître, l’espace politique régional : il en était le porte-drapeau à Paris ou en Chine ; il en était le tribun et le stratège ; il en était l’incarnation populaire.

 

Il avait beaucoup plus d’ambition pour le Languedoc et les Languedociens que pour lui-même.

 

Le succès électoral total des dernières Régionales a démontré l’amour que lui portait un très grand nombre d’habitants de Montpellier et des alentours.

 

Beaucoup de maires de Droite de la périphérie montpelliéraine, connaissant sa popularité, s’étaient d’ailleurs astucieusement ralliés à sa candidature avant le premier tour, en anticipant le ras de marée électoral.

 

Sa disparition laisse localement un grand vide au Parti Socialiste : il en était resté le leader naturel malgré son exclusion par les instances nationales.

 

Georges Frêche est irremplaçable que ce soit à la tête des collectivités qu’il dirigeait ou que ce soit au sein du Parti Socialiste.

Il ne sera possible que de simplement lui succéder dans ses fonctions de Président de la Région et de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

 

Il faut en effet beaucoup de temps pour construire ce que Georges Frêche a bâti : une ville moderne, une agglomération porteuse d’avenir, une région doté des moyens de ses ambitions.

 

Il faut aussi beaucoup de temps pour s’imposer auprès des électeurs et auprès des militants socialistes.

 

Il faut beaucoup de temps pour être respecté et craint.

 

Pour grandir politiquement, l’intelligence, l’habileté, la hardiesse, la cohérence, la constance et la pugnacité, déployés au plus haut niveau par Georges Frêche, n’y suffiront pas : il faudra y rajouter la durée.

 

Après tout décès, le temps est au recueillement et au deuil : ce n’est que bien plus tard que sont évoqués la succession.

 

Dans une grande famille, cette succession échappe aux frères et aux sœurs car elle échoie aux conjoints et aux enfants.

 

En politique, ce passage de témoin correspond, au niveau des élus, à un changement de génération.

 

Georges Frêche appelait de ses vœux ce renouvellement depuis quelques années, lui qui, un des premiers au niveau national, a su faire entrer en politique les femmes et imposer la parité.

 

Globalement, nous hériterons tous de ses grandes analyses, de sa vision du Languedoc-Roussillon.

 

Georges Frêche restera dans l’Histoire et dans la légende populaire comme celui qui aura réveillé cette belle endormie qu’était Montpellier et voulu reproduire ce succès au niveau régional.

 

Il est mort au travail, il est mort en président, il est mort sur scène comme Molière, il est mort debout.

 

Il va beaucoup nous manquer en tant qu’homme, en tant que tribun et en tant que leader.

 

 

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Souvenirs de novembre 2006 : préparation de l'élection présidentielle de mars 2007

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Georges Frêche brandit sa petite surprise : une pancarte "Ségolène, on t'aime"

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Ségolène Royal réagissant aux propos truculents de Georges Frêche

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Le tribun, en plein exercice, livrant son analyse

Crédit photographique : Michel Chastaing

25/10/2010

Vive le vin nouveau !

L’arrivée du vin primeur est fêtée dans de nombreuses caves particulières et caves coopératives ainsi que dans les bars et restaurants.

 

Ce fut le cas vendredi 23 octobre dans les caves coopératives de Vendargues, de Saint-Christol et d’Assas.

 

Le vin primeur peut être en effet commercialisé, en Languedoc-Roussillon, à compter du 3ième jeudi d’octobre.

 

La sortie de ce « vin nouveau » est l’occasion d’événements festifs partout en Languedoc-Roussillon.

 

Le Conseil Général de l’Hérault a d’ailleurs financé, en son temps, l’opération « Primeurs d’automne- Primeurs d’Hérault », en soutenant les Foyers Ruraux (maintenant Mouvement rural) et la Fédération Départementale des Caves Coopératives de l’Hérault (aujourd’hui Vignerons coopérateurs de l’Hérault).

 

A Assas, Yves Euzet, le Président de la cave coopérative des Vignerons du Pic et Bruno Daneluzzi, le Directeur, ont fait déguster aux habitants du secteur :

- un blanc constitué d’un assemblage de Chardonnay, Sauvignon et Muscat (une nouveauté),

- un rouge fait de 80 % de Merlot et de 20 % Syrah.

 

Ces deux nectars, de couleur brillante et aux arômes de fruits, ont accompagné la fougasse, les moules issues d’une brasucade et la saucisse languedocienne.

 

En musique, les participants ont pu sympathiser durant une soirée extrêmement conviviale.

 

Ce rendez-vous est en effet très attendu car il symbolise le début d’un nouveau cycle bucolique que le cours du temps va mener, via la taille et les autres façons culturales, à de nouvelles vendanges.

 

Pour les hommes de cave, il reste encore à finaliser la vinification des vins classiques qu’ils soient blancs, rosés, rouges, tranquilles ou effervescents, secs, doux ou liquoreux.

 

C’est cette profusion de cépages, de terroir, de travailleurs de la terre, de cultures locales qui enchantent ceux qui aiment le vin.

 

Les vins primeurs doivent être consommés sous un an car ce ne sont pas des vins de garde.

 

Ils sont donc dégustés au cours de leur premier millésime : ils sont toutefois quelquefois meilleur durant l’été car leur verdeur s’estompe au bout de quelques mois.

 

La plupart des vins primeurs n’ont pas fait leur fermentation malolactique, celle qui les stabilise et qui succède, plus ou moins rapidement, à la fermentation alcoolique.

 

Avec environ 20.000 hectolitres produits en Languedoc-Roussillon, les vins primeurs ne représentent qu’une part infime des vins languedociens (11,5 millions d’hl en 2010).

 

En outre, leur consommation est fortement en retrait par rapport à une décennie : le Beaujolais lui-même souffrant d’une certaine désaffection avec des volumes commercialisés maintenant inférieurs à 250.000 hl.

 

Il n’en reste pas moins que les vins primeurs sont annonciateurs de la mise en marché des vins classiques.

 

Compte tenu de la faiblesse de la récolte 2010 en Languedoc-Roussillon, le cours des vins devraient enfin repartir à la hausse.

 

Ces tarifs rémunérateurs sont nécessaires pour éviter la disparition des viticulteurs, leur permettre d’investir dans l’outil de production, ralentir l’arrachage des vignes et corrélativement freiner la perte de paysages emblématiques et de patrimoine culturel.

 

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Le caveau des Vignerons du Pic à Assas

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Le logo de la coopérative

 

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Les convives issus des alentours d'Assas se regroupent par affinité

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L'occasion de se retrouver entre amies

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... ou entre amis

23/10/2010

Une récolte pour tous

L’Association « Récolte pour tous » rassemble les Pradéens à la recherche d’une nourriture saine et d’un retour à la terre.

 

Sous l’œil bienveillant de Claude Lauret, fondateur de cette association et infatigable bénévole, chacun trouve, en ces lieux, le plaisir de manger ses propres légumes et de planter ses fleurs.

 

Partant de sa connaissance des jardins et de sa volonté d’adopter une attitude éco-citoyenne, Claude Lauret développe depuis 10 ans un concept de partage et d’échange.

 

En effet, les membres de « Récolte pour tous », en plus de cultiver leur jardin, prennent le temps de cultiver une partie commune dont les récoltes sont dédiées aux autres.

 

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La sole préparée avant l'hiver pour recevoir les pommes de terre

 

 

Le mot « Solidarité » symbolise parfaitement le fondement de l’action de cette association, dont chaque adhérent, par un geste altruiste, permet aux personnes dans le besoin d’accéder à des légumes et à des fruits frais.

 

Cette initiative exemplaire vise à garantir une nourriture de qualité pour tout un chacun.

 

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Les cultures d'été résistent au commencement de l'automne

 

 

Cette association participe aussi aux festivités communales, notamment au Carnaval, reçoit des scolaires pour les sensibiliser aux thèmes agricoles et environnementaux et organise tous les ans un « repas au pré » pour faire connaître son action.

 

Dernièrement, le dimanche 3 octobre 2010, « Récolte pour Tous » a coopéré avec les associations Prades Environnement, Lez Vivant, la Proceeddure, le Lez de Corot, SOS Lez Environnement et le MUC Canoë-kayak pour un nettoyage des berges du Lez.

 

« Récolte pour Tous » bénéficie d’une grande parcelle, occupée par les riches alluvions du Lez et du Lirou, confluent de ce dernier un peu en amont.

 

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La cueillette associe bénévoles et bénéficiaires des fruits et légumes

sous l'oeil de Claude Lauret

 

 

Ce lieu convivial regroupe donc aussi 30 jardins familiaux implantés sur une parcelle communale et  gérés par l’Association « L’Aissadon », signifiant « la pioche » en vieux français et en occitan, mais aussi l’outil qui servait à gérer l’irrigation à la raie, afin d’ouvrir ou de fermer le passage à l’eau issue de canaux.

 

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Une exposition buccolique de planches de légumes

 

 

De petites parcelles, dotées d’un coffre à outils et pas d’une cabane du fait de l’inondabilité de la vallée, sont exploitées individuellement mais la vie collective prime avec des échanges de plans, le partage d’un motoculteur et des moments de convivialité à l’abri du local collectif.

 

Ces jardiniers amateurs sont issus de toutes les classes sociales, de tous les âges et les femmes sont autant représentées que les hommes.

 

François Sauveur, Président de « L’Aissadon », a eu l’honneur et le plaisir de fêter, en mai 2006, le vingtième anniversaire de ces jardins familiaux, en présence du Président national de l’Association nationale des jardins familiaux.

 

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François Sauveur (au centre) et Claude Lauret (à droite) réuni

à l'occasion du vingtième anniversaire des jardins familiaux de Prades le Lez

 

 

Coordonnées :

Association « Récolte pour tous » - 34730 Prades le Lez - 04.67.59.56.87

Association « Les Jardins familiaux de l’Aïssadon » – 76, rue du Puech Marty – 34730 Prades le Lez - 04.67.59.72.27

 

 

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La vallée du Lez, siège à Prades, d'une initiative solidaire

 

 

Crédit photographique : Fleur Dache

17/10/2010

La MJC fête ses 40 ans

La Maison des Jeunes et de la Culture de Castelnau le Lez "André Malraux" vient de fêter son 40ème anniversaire.

 

Il existe actuellement, dans l’Hérault, 17 MJC dont celles de Castelnau, Baillargues, Jacou, Poussan, Mauguio, Montbazin, Teyran, Valergues et Viols le Fort, soit la moitié autour de Montpellier.

 

La MJC de Clapiers, « L’Ostau », qui avait plus de 30 ans, a dû être, quant à elle, dissoute en juin 2010 : elle a fait notamment les beaux jours du Jazz dans les années 80, époque où elle attirait fortement les Montpelliérains, au-delà bien sûr des Clapiérois.

 

La MJC de Castelnau le Lez est la plus grande de l’Hérault, avec plus de 3.000 adhérents.

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120 animateurs et 14 associations prestataires encadrent les nombreuses activités, animations festives et les nombreux projets culturels.

 

11 salariés, dirigés par Hélène Chanteloup, mise à disposition par la Fédération Régionale des Maisons des Jeunes et de la Culture du Languedoc-Roussillon, assurent le quotidien et veillent au respect des valeurs et orientations fixées par un Conseil d’administration composé de bénévoles.

 

Les actions phare sont les « Cafés de la diversité » qui permettent le débat et la sensibilisation du public sur les faits de société, les expositions artistiques bimensuelles, la participation à la Fête de la Science, le Chariot du Père Noël en partenariat avec l’Association du Devois, les soirées Jazz ou Gospel, les soirées Grand reportage avec la « Librairie des cinq continents », ...

 

Les festivités dans le cadre du 40ième anniversaire se sont déroulées du dimanche 26 septembre au samedi 9 octobre 2010.

 

Les anciens présidents, Antoine Rioux, Henri Escrive et André Schosmann se sont retrouvés auprès de la présidente actuelle : Martine Plane.

 

Avec le recul, ils se sont bien entendu remémorés tout le chemin accompli au service de la jeunesse et des adultes castelnauviens, mais aussi des alentours.

 

Solidarité, démocratie et citoyenneté sont restés les objectifs de cet établissement socio-culturel.

 

L’actuelle présidente s’inscrit dans cette continuité.

 

De très nombreux événements ont été programmés à l’occasion de ce 40ème anniversaire.

 

La manifestation de clôture a consisté en une nouvelle pièce de théâtre intitulée « Acte femmes ».

 

Cette création théâtrale et musicale a aussi ponctué les 20 ans du Théâtre du Triangle.

 

Cette première représentation de la pièce s’est faite, à guichet fermé, le vendredi 8 octobre (une deuxième est par ailleurs prévue le vendredi 22 octobre 2010 à l’Espace Rencontres dans le cadre des « Saisons du Lez », soirée organisée par l’association « Castelnau en scène »).

 

La pièce mobilise 14 acteurs : Dany Beille, Patricia Colombel, Martine Diet, Badou Durand, Mireille Faure, Isabelle Gimbert, Betty Julien, Odette Mifsud, Sandrine Rochette, Claude Bedos, Christophe de la Croix Vaubois, Bruno Dumanois, Philippe Guy et Michel Mifsud.

 

Pourquoi le choix du sujet de la femme dans ce spectacle ?

 

Le sujet de la femme est vaste et a inspiré Michelle Lévêque, metteur en scène de la pièce, comme le développe Philippe Guy, comédien et responsable du Théâtre du Triangle.

 

Avec poésie et amusement, « Actes femmes » parle du courage dont ont fait preuve les femmes au cours de l’histoire, pour défendre leurs libertés, parfois en donnant leur vie.

 

Cette pièce parle aussi des souffrances que les femmes endurent dans l’enfantement, dans la société, dans leur condition, de la complicité qu’elles ont avec les hommes dans la séduction et l’amour, mais aussi de l’incompréhension.

 

« Actes femmes » lève les tabous sur la féminité, comme un hommage aux combats menés par nos mères qui ont rendu possible le droit pour les femmes d’exister en tant que partie intégrante du fonctionnement de la société.

 

Mais qu’en est-il des autres, ici ou ailleurs, de celles qui ne peuvent toujours pas exister par elle-même ?

 

De manière légère, cette troupe d’amateurs a osé poser la question du sort des femmes d’aujourd’hui : ces femmes encore oppressées, torturées, soumises et inconsidérées.

 

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Crédit photographique : Fleur Dache

14/10/2010

Bientôt la fin de la faim ?

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont nés de l’accord de la Communauté internationale au Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unis en l’an 2000.

 

8 objectifs à atteindre d’ici 2015 ont été définis.

 

A seulement 5 ans de l’échéance fixée, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unis (ONU), Ban Ki-Moon, a réuni les dirigeants du Monde, à New-York, pour un bilan, du 20 au 22 septembre 2000.

 

Le sommet a été terni par la mise à l’écart des autorités locales ou régionales ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG).

Il a été en effet décidé, au dernier moment, que le représentant de la « société civile » serait la Présidente de la Fondation « Bill et Melinda Gates ».

 

Bertrand Delanoë, Président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui avait été mandaté pour être la voix pouvoirs locaux du monde à l’assemblée plénière du sommet, n’a pu intervenir.

 

CGLU représente pourtant les villes et les villes jumelées de 136 pays : les maires de Canton (république Populaire de Chine), de Johannesburg (Afrique du Sud), de Quito (Equateur) et d’Istanbul (Turquie) copréside cette organisation d’acteurs promouvant la démocratie locale, la décentralisation et la coopération décentralisée en vue de contribuer au développement local et à l’amélioration des services urbains (planification, accès à l’eau, à l'habitat, aux transports, etc.).

 

Le signal envoyé par l’ONU a été particulièrement négatif puisqu’il laisse croire que des partenaires (ceux dont l’aide est la moins détournée) seraient inutiles à l’atteinte du but fixé.

 

Malgré cet incident symptomatique de la crispation de gouvernements et d’états centraux de plus en plus autoritaires et de leur connivence avec les milieux financiers, l’ONU a pu dresser un bilan plutôt encourageant des progrès accomplis en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

La difficulté des pays sub-sahariens à bénéficier des progrès constatés ailleurs demeure toutefois inquiétante.

 

Les Nations Unis, s’appuyant sur l’examen de 50 études nationales, concluent que « les ressources et le savoir-faire nécessaires à l’atteinte des OMD existent » mais que « pour accélérer les progrès au cours des cinq prochaines années, il sera nécessaire de privilégier les stratégies, les politiques qui ont fait leur preuve et de rompre radicalement avec celles qui n’ont pas fonctionné ».

 

Ces échecs et ces réussites sont aussi le lot des pays riches qui devraient, en la matière, tenir compte de ce qu’ils sont capables d’observer à l’extérieur et avoir la clairvoyance politique d’en tirer des conclusions pour eux-mêmes.

 

Passons en revue les OMD pour une analyse détaillée : nous constaterons au passage que l’optimisme des Nations Unis est peut-être un peu excessif.

 

OBJECTIF 1: ÉLIMINER L’EXTRÊME PAUVRETÉ ET LA FAIM

• CIBLE 1.A : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un 1,25 dollar par jour

• CIBLE 1.B : Atteindre le plein-emploi productif et un travail décent pour tous, y compris les femmes et les jeunes

• CIBLE 1.C : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion des populations souffrant de la faim

 

La réduction de moitié de l’extrême pauvreté (le seuil de 1,25 dollar par jour n’étant, il faut l’espérer, qu’un objectif transitoire) devrait être obtenue, l’ONU souhaitant aussi réduire le nombre absolu de pauvres, stimulé par la croissance démographique, ce qui n’est pas en revanche acquis.

 

Une croissance fortement créatrices d’emplois et une réduction des inégalités sociales sont les ingrédients primordiaux de la réduction de la pauvreté.

 

Concernant l’objectif de plein emploi, avec environ 1 milliard de « chômeurs » (plus que le nombre d’agriculteurs), il semble tout simplement hors d’atteinte.

 

L’ONU constate que 1,02 milliard de personnes sont toujours sous-alimentées et que les progrès réalisés en matière de lutte contre la faim (par exemple, le nombre d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale ayant chuté de 31 % en 1990 à 26 % en 2008) se sont récemment inversés d’où une sérieuse inquiétude pour l’avenir.

 

Il est en outre toujours constaté que les 3/4 des personnes sous-alimentées sont des paysans !

 

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Pépinière de palmiers à huile sélectionnés gérée par un institut franco-béninois

 

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Atelier artisanal de production d'huile de palme

 

 

OBJECTIF 2: ASSURER L’ÉDUCATION PRIMAIRE POUR TOUS

• Cible 2.A : D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

 

Il est constaté une augmentation des taux d’inscription dans les écoles primaires.

 

C’est le fruit des investissements dans la formation des maîtres, dans la construction d’écoles et de l’abolition des frais de scolarité (règle malheureusement encore détournée dans certains pays).

 

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Une nouvelle salle de classe adaptée au climat du Bénin

 

 

OBJECTIF 3 – PROMOUVOIR L’EGALITÉ DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES

• CIBLE 3.A : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard

 

La proportion filles/garçons inscrits à l’école primaire dans le monde est passée de 91 % en 1999 à 96 % en 2008 ce qui est encourageant.

 

Cette meilleure égalité homme/femme a une incidence fortement bénéfique sur l’atteinte des autres OMD.

 

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Les coopératives de femmes (ici transformation du manioc)
contribuent à leur émancipation

OBJECTIF 4 – RÉDUIRE LA MORTALITÉ INFANTILE

• CIBLE 4.A : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

 

Les campagnes de vaccination massive portent leur fruit : le nombre d’enfants mourant avant l’âge de 5 ans a diminué, passant de 12,5 millions en 1990 à 9 millions en 2008.

 

Cependant, la transmission placentaire du SIDA est souvent la règle alors qu’elle pourrait être évitée.

 

OBJECTIF 5 – AMÉLIORER LA SANTÉ MATERNELLE

• CIBLE 5.A : Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle

• CIBLE 5.B : Atteindre, d’ici à 2015, l’accès universel à la santé procréative

 

Le taux de mortalité maternelle diminue trop lentement : 430 pour 100.000 naissances vivantes en 1990 à 400 en 2005, malgré des efforts de formation du personnel médical.

 

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Des installations sanitaires à rénover (voire à créer)

 

 

OBJECTIF 6 – COMBATTRE LE VIH/SIDA, LE PALUDISME ET D’AUTRES MALADIES

• CIBLE 6.A : D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/Sida et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

• CIBLE 6.B : Atteindre, d’ici à 2010, l’accès universel aux traitements contre le VIH/sida pour tous ceux qui en ont besoin

• CIBLE 6.C : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

 

Le nombre de personnes nouvellement infectées est tombé de 3,5 millions en 1996 à 2,7 millions en 2007 et le nombre de décès a baissé de 2 à 1,7 millions durant ce laps de temps.

 

L’accès universel au traitement antirétroviral n’est toutefois pas effectif malgré des progrès.

 

OBJECTIF 7 – ASSURER UN ENVIRONNEMENT DURABLE

• CIBLE 7.A : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et les programmes nationaux; inverser la tendance actuelle à la déperdition de ressources environnementales

• CIBLE 7.B : Réduire la perte de biodiversité, en atteignant d’ici à 2010, une diminution importante du taux de perte

• CIBLE 7.C : Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage des populations qui n’ont pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des installations sanitaires de base

• CIBLE 7.D : Réussir à améliorer sensiblement, d’ici 2020, la vie d’au moins 100 millions d’habitants de logements insalubres

 

La perte de biodiversité est loin d’être freinée tandis que le réchauffement climatique pénalise l’espoir d’atteindre les autres OMD.

 

En outre, la déforestation touche toujours 13 millions d’hectares par an.

 

Les émissions de CO2 ont crû de 31 %, à 21 milliards de tonnes, entre 1990 et 2006.

 

Enfin, 884 millions d’habitants manquent d’eau potable tandis que 2,6 milliards ne bénéficient pas de l’assainissement.

 

OBJECTIF 8 - METTRE EN PLACE UN PARTENARIAT MONDIAL POUR LE

DEVELOPPEMENT

• CIBLE 8.A : Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire (comprenant un engagement en faveur de la bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, tant au niveau national qu’international)

• CIBLE 8.B : S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés (y compris l’admission en franchise de droits et sans contingentement de leurs exportations, l’application du programme renforcé d’allègement de la dette des pays pauvres très endettés, l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, et l’octroi d’une aide publique au développement plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté)

• CIBLE 8.C : Répondre aux besoins particuliers des États enclavés et des petits États insulaires en développement

• CIBLE 8.D : Traiter de manière exhaustive le problème de la dette des pays en développement à travers des mesures d’ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme

• CIBLE 8.E : En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

• CIBLE 8.F : En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, à la portée de tous.

 

En réalité, la crise financière et économique actuelle a donné un coup de frein à la course aux OMD.

 

Cependant, l’aide publique au développement (APD) a atteint 0,65 % du Revenu National Brut mondial contre un objectif, proche, de 0,7 %.

 

Il n’empêche que certains pays riches ne font pas les efforts de solidarité nécessaires.

 

Devant ce tableau en demi-teinte, l’ONU préconise pour la période 2010-2015 les « stratégies d’accélération » suivantes au profit des pays en développement :

-         tendre vers une croissance économique endogène,

-         réduire les inégalités sociales,

-         améliorer la productivité agricole,

-         promouvoir l’autonomie des femmes,

-         appuyer les gouvernances efficaces et performantes,

-         reconnaître le rôle crucial du secteur public, notamment au niveau de la formation professionnelle,

-         soutenir l’adaptation au climat,

-         accélérer la mobilisation des ressources financières intérieures en tendant vers un système fiscal plus performant,

-         mobiliser à hauteur de leurs engagements les partenaires des pays riches.

 

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Centre de formation agricole financé par des ONG au Bénin

09/10/2010

La solidarité après le sinistre

Le grand incendie de l’été a détruit 2.500 hectares de pinèdes et de garrigues au Nord de Montpellier.

 

Parti de Fontanès, vers 16 heures, le 31 août 2010, il a semé la désolation sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Sainte-Croix de Quintillargues, Assas, Guzargues, Castries et Teyran.

 

Ce sinistre a été la réédition de celui de 1989, parti de Saint-Bauzille de Montmel et qui avait déjà fortement touché Guzargues, en détruisant globalement 1.600 hectares de nature.

 

C’est le plus important incendie de forêt dans l’Hérault depuis 1973.

 

De nombreuses personnes ont été évacuées notamment par les gendarmes et ont dû laisser, en plein désarroi, leurs habitations : 8 d’entre elles ont brûlées.

 

L’habitation légère où résidait Catherine Garnier, à Montaud, en plein massif forestier, a été quant à elle totalement détruite.

 

Sur l’initiative du Comité Communal Feux de Forêts de Montaud / Saint-Bauzille de Montmel et de son dévoué animateur, Patrick Barbe, une première puis une deuxième journée de solidarité ont été organisées respectivement les dimanches 19 septembre et 3 octobre.

 

A chaque fois, une centaine de volontaires venus des alentours de Montpellier ont nettoyé les restes de l’incendie.

 

En coupant la végétation carbonisée, un pare-feu a été ménagé, long de plusieurs centaines de mètres.

 

La société Languedoc Granulats s'est engagée, quant à elle, à rénover gratuitement le chemin d'accès.

 

Si autant de personnes se sont déplacées, c’est bien sûr sur le coup de l’émotion soulevée par un tel sinistre mais aussi pour rendre à Catherine Garnier un peu de toute l’humanité qu’elle avait prodiguée dans sa vie professionnelle et de bénévole.

 

En effet, cette dernière anime et coordonne l’action de l’Association « Les Jardins de Tara », un club local affilié aux Jardiniers de France.

 

Culture en garrigue avec très peu d’eau grâce notamment à la technique du paillage, sans engrais, approche agro-écologique, conseils de Pierre Morez, un grand de l’agronomie en région sèche, Catherine Garnier a toujours su mettre en avant les savoir-faire qui pourraient permettre de reconquérir des terres aujourd’hui abandonnées.

 

Grande militante du jardin naturel, elle s’est mise au service du jardiner ensemble, toujours avec une grande ouverture aux autres.

 

En venant aider Catherine Garnier à reprendre ses activités pédagogiques de jardinage, les participants aux journées de solidarité ont pris toute la mesure du traumatisme que peut créer une telle dévastation, à aussi grande échelle, au sein de la collectivité bien sûr mais aussi chez les personnes touchées directement.

 

Comment faire pour que ces grands incendies ne se reproduisent plus ?

 

La prévention est déjà maximale, avec notamment :

- un remarquable travail hivernal d’entretien des pistes par les forestiers-sapeurs du Conseil Général de l’Hérault,

- la mise en place de plans de prévention des incendies de forêt et l’application de la loi sur le débroussaillement,

- un réseau de vigies de surveillance,

- le guet armé l’été des sapeurs-pompiers (environ 1.000 ont lutté contre le feu parti de Fontanès),

- la mise à disposition de moyens aériens,

- les patrouilles des comités communaux feux de forêt qui mobilisent des centaines de citoyens volontaires.

 

A l’évidence, les efforts de reboisement consécutifs aux sinistres sont voués à l’échec si le massif forestier, véritable poumon vert au Nord de Montpellier, n’est pas compartimenté par des coupures de combustible de grandes largeurs.

 

Il existe déjà des vignes, des oliviers ou des terres céréalières : elles sont souvent très efficaces pour barrer la route au front de flammes.

 

Encore faut-il que ces cultures perdurent : les viticulteurs et autres agriculteurs doivent donc pouvoir être aidés en vue de maintenir leur activité.

 

Vouloir réinstaller des troupeaux de brebis sur ces terres est certes une bonne idée, tendant à renouer avec une tradition sylvo-pastorale ancestrale.

 

Toutefois, compte tenu du marasme de l’élevage ovin, la vente d’agneaux devrait obligatoirement emprunter un circuit court afin que le prix payé par le consommateur aille en quasi-totalité à l’éleveur.

 

La voie agricole la plus facile à pratiquer est quoiqu’il en soit la culture (notamment le maraîchage Bio) et non l’élevage qui demande des capitaux importants pour l’acquisition du cheptel vivant et mort (machinisme), pour l’édification des bâtiments d’exploitation et pour l’achat de terres arables (au-delà des pâtures à mettre à disposition si possible gratuitement) afin que l’exploitation ne soit pas dépendante de l’excellent, mais très cher, « foin de Crau ».

 

Même les terres céréalières, moissonnées fin juin dans le Midi, sans que le déchaumage ne soit effectué (le chaume est en réalité traditionnellement enfoui au labour ce qui nécessite d’attendre l’ameublissement du sol consécutif aux premières pluies d’automne) sont efficaces pour couper la route au feu.

 

Une sylviculture adaptée et volontaire est aussi nécessaire : elle exige des prélèvements ligneux réguliers en vue notamment de cueillir le Pin d’Alep pour favoriser le Chêne-Vert.

 

Le Pin d’Alep de bon diamètre peut être vendu pour la papeterie tandis que pour les plus petites grumes et les branches une transformation sur site en plaquettes forestières est à développer.

 

Cela signifie que des chaufferies-bois doivent être créées localement afin de bénéficier pleinement de ce combustible bon marché, de proximité, renouvelable et créateur d’emplois comme de richesses.

 

Concernant les reboisements, compte tenu de leur coût et de l’incapacité dans lesquelles se trouvent ensuite des collectivités de les entretenir, ils doivent être réservés aux sites à fort impact paysager et privilégier les essences feuillues comme les chênes, l’érable de Montpellier, le frêne oxyphile, le tilleul argenté, le charme oriental, le cornouiller, le robinier, le févier d’Amérique, l’arbousier et tous les fruitiers comme l’olivier, le cornouiller, le sorbier, le micocoulier, l’azérolier, le jujubier ou encore l’amandier.

 

Pour modifier structurellement notre forêt nord-montpelliéraine, la réalisation de plans de massif est indispensable en vue d’optimiser le réseau de desserte, de modéliser les couloirs de feu et d’étudier l’emplacement des coupures de combustibles.

 

C’est un travail de longue haleine qui doit certes s’appuyer sur la mobilisation des collectivités territoriales mais aussi, sur l’initiative privée, à accompagner financièrement, de paysans établis ou désirant s’installer, soucieux de mieux occuper l’espace en développant une agriculture sociale de proximité, riche de ses produits mais aussi de ses services à la population.

 

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De l'habitat léger, il ne reste plus rien

 

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Le paysage est désolé après le désastre et une odeur âcre de fumée subsiste

 

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Un groupe de volontaires au travail avec tronçonneuses, sécateurs, cisailles et serpettes

 

 

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 Un travail de déblaiement qui demande beaucoup de bras

 

 

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 Les bénévoles des CCFF du Nord de Montpellier se sont mobilisés en nombre

 

 

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Fin de chantier : lavage des traces de suie avant le pique-nique partagé en commun
Crédit photographique : Patrick Barbe

03/10/2010

A quand une eau propre ?

Les Français sont très sensibles à la qualité des eaux de baignade.

 

L’Administration de la Santé fait procéder à des prélèvements réguliers dont les résultats d’analyse sont publiés.

 

Si des pollutions passagères sont encore constatées, l’eau de baignade en mer est la plupart du temps de meilleure qualité que celle des eaux douces des lacs, rivières et fleuves.

 

L’eau de mer est en effet un milieu à fort pouvoir aseptisant.

 

Il n’en reste pas moins que les eaux de baignade en Méditerranée font encore trop souvent les frais de pollutions chroniques ou accidentelles.

 

C’est notamment le cas pour certaines plages montpelliéraines allant de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi.

 

Certaines stations balnéaires peuvent se voir refuser le « Pavillon Bleu » pour une non-conformité des eaux de baignade.

 

La Directive Cadre Européenne (dite DCE), adoptée le 23 octobre 2000 par le Parlement Européen et le Conseil Européen, fixe un objectif de bon état écologique des masses d’eau à l’horizon 2015 ainsi que le principe de non dégradation.

 

Tous les milieux aquatiques sont concernés : cours d’eau, lacs, nappes souterraines, estuaires et eaux côtières.

 

Le bon état écologique est atteint quand l’écart est léger par rapport à la situation naturelle pour l’ensemble des différents indicateurs de qualité biologique : invertébrés, diatomées, poissons et macrophytes).

 

Concernant le contrôle de la qualité des eaux de baignade, il passe par l'analyse d'un certain nombre de paramètres physiques, chimiques et microbiologiques.

 

Des normes à respecter obligatoirement, « valeurs limites impératives », ont été définies par la Directive 76/160/CEE relative à la qualité des eaux de baignade.

 

Les États membres peuvent en outre être plus stricts en se dotant de « valeurs limites guides » nationales plus exigeantes.

 

 

Paramètre Valeur limite impérative Valeur limite guide
Coliformes totaux / 100ml 10000 500
Streptocoques fécaux / 100 ml  -  100
Escherichia Coli / 100 ml 2000 100
Huiles minérales Absence  - 
Phénols Absence  - 
Substances tensio-actives (mousse) Absence  - 
Changement anormal de coloration Absence  - 
Transparence Secchi 1 2

 

Sur la côte montpelliéraine, de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi, 25 plages sont surveillées ainsi que deux lieux de baignade en étang.

 

La qualité des eaux est très satisfaisante pour 2/3 des plages avec des classements A en 2006, 2007, 2008 et 2009.

 

En revanche, 1 point de baignade à La Grande-Motte (Saint-Clair) et 2 au Grau du Roi (Etang du Ponant, Etang de Salonique) s’avèrent fréquemment pollués (catégorie C ou « Eau de mauvaise qualité »).

 

En outre, 5 plages à Palavas (Le Prévôt, Saint-Pierre, Hôtel de Ville, Les Flots du Sud, Le Grec) ont été classées en B (« Eau de qualité moyenne ») au moins une fois sur les années 2006 à 2009.

 

Mauguio-Carnon s’en tire mieux avec des classements en A (« Eau de bonne qualité »).

 

Toutefois, un classement en A n’exclut pas des anomalies temporaires.

 

Or, c’est le cas en 2009 où plus de la moitié des plages ont connu un dépassement de la valeur guide en teneur d’Escherichia Coli (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010 s’étendant du 15 juin au 15 septembre).

 

Ces bactéries colonisent le tube digestif des humains et des animaux à sang chaud : leur présence est un indicateur certain d’une contamination fécale récente.

 

A titre indicatif, la présence d’Escherichia Coli dans l’eau potable n’est pas admise : une eau du robinet contenant un seul Escherichia Coli par ml est ainsi déclarée impropre à la consommation.

 

En effet, ces bactéries peuvent en effet être accompagnées d’autres bactéries pathogènes, de virus et de protozoaires pouvant provoquer des maladies chez les humains.

 

Le zéro défaut en matière de qualité des eaux de baignade devrait être un objectif des élus locaux mais ce n’est pas toujours le cas.

 

L’image de leur station est en effet en jeu.

 

Bien sûr, la Mer Méditerranée subit les apports des fleuves côtiers et des étangs au travers des graus, responsables de certaines pollutions microbiennes.

 

Toutefois, les rivières comme les étangs ont un pouvoir épuratoire indéniable qui leur permet de digérer la pollution d’autant plus facilement que sa source est plus à l’amont ce qui laisse le temps de sa dégradation.

 

Cela signifie que les pollutions locales dont sont directement comptables les édiles des stations balnéaires sont les plus pénalisantes.

 

Il s’agit bien entendu des déversements d’eaux usées, traitées ou non traitées, dans les étangs, les fleuves, les canaux ou la Mer directement.

 

Or, il existe sur la côte des assainissements autonomes ; beaucoup d’entre eux n’ont jamais été contrôlés ; la plupart dysfonctionnent et rejettent de la matière organique dans les nappes d’eau.

 

En bord de Mer, les nappes d’eau sont perchées sur un substratum imperméable et s’écoulent de façon naturelle vers la Mer.

 

D’autre part, les réseaux de collecte d’eaux usées dans les stations balnéaires sont souvent fuyards ; l’hiver, ils drainent la nappe alimentée par les pluies et l’été ils suintent plus ou moins fortement dans le sable.

 

En effet, un réseau d’assainissement en zone plate est très difficile à poser (contre-pente au moindre tassement de terrain, cassure plus facile dans des terrains meubles sans cohésion) et à gérer (faible autocurage ce qui engendre des obturations et des mises en charge ayant un effet majorant sur les fuites).

 

De plus, ces réseaux collectifs sont équipés de déversoirs d’orage afin d’éviter qu’ils se mettent en charge (remontées d’eau usées dans les habitations à la clef) du fait qu’ils collectent des eaux de pluies, soit parce qu’il sont anciens et donc souvent unitaires c’est-à-dire réunissant eaux usées et eaux de pluie, soit parce qu’ils sont percés et qu’ils drainent la nappe.

 

Or, la fonction du déversoir d’orages est de libérer dans la nature les eaux collectées en excès et qui viendraient perturber le fonctionnement des stations d’épuration.

 

Concernant ces dernières, elles sont souvent obsolètes, insuffisamment dimensionnées, surtout pour la période estivale.

 

En outre, lorsque les élus des stations balnéaires se sont occupés de leur modernisation, elles subissent tout de même invariablement une indigestion au moment du rush d’arrivée des vacanciers.

 

Cela explique pourquoi la qualité des eaux de baignade se dégrade toujours mi-juillet.

 

Les stations des villes de l’intérieur des terres, au contraire, sont moins sollicitées à cette période et ont leur meilleur rendement de l’année.

 

Les touristes se baignent donc dans une eau qu’ils se sont eux-mêmes chargés (lorsqu’ils logent en station) de polluer, aidés il est vrai par l’imprévoyance de certains décideurs.

 

C’est pourquoi, l’idée d’un émissaire en mer concernant la grande station d’épuration de Montpellier (400.000 équivalent-habitants et 96 % de taux de traitement global, soit le meilleur taux de l’Hérault), dénommée Maéra, s’est avérée fort judicieuse.

 

D’une part, la Mer Méditerranée connaît un déficit en nitrates et en phosphates utiles à la faune, d’autre part un rejet à 7 km de la côte permet de préserver à la fois le Lez et les plages.

 

Alors, entendre accuser cette station d’être à l’origine d’une nappe flottante de polluants non traités (plus vraisemblablement issus d’un délestage d’un bateau ou d’un rejet terrestre), alors que le puissant courant ligure pousse les eaux d’Est en Ouest, c’est-à-dire vers Sète, ressemble à un détournement d’attention sur le problème récurrent des rejets des stations d’épuration des villes balnéaires dans le milieu naturel.

 

A l’évidence, Mauguio-Carnon devrait emboîter le pas à Palavas en acceptant la solution du raccordement de Carnon et de Vauguières (Commune de Mauguio) à la station moderne de Maéra (6 M€ d'investissement seulement) et à l’émissaire en Mer plutôt que de vouloir mettre aux normes sa propre station d’épuration (coût de 12 M€ + 7 M€ pour dissocier le réseau d'eaux usées dont des parties sont communes à celui de Pérols, ce dernier étant collecté à Maéra) et de continuer à rejeter les effluents dans le milieu naturel.

 

C’était le cas de Palavas qui jusqu’à son raccordement à Maéra déversait dans l’étang du Grec et contribuait à l’asphyxie des étangs littoraux ainsi qu’à leur comblement progressif.

 

La solution Maéra a été la plus respectueuse de la santé publique et la plus économique.

 

A Palavas, le prix de l’eau battait en effet déjà des records, bien avant ce raccordement, avec un tarif proche de 5 €/m3 alors que la moyenne de l’Hérault est voisine de 3 €/m3.

 

Pour la Grande-Motte et le Grau du Roi, faute de capacité financière à réaliser un émissaire en Mer, les pollutions bactériennes risquent de perdurer encore de nombreuses années.

 

C’est un secteur où la pollution est chronique (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010).

 

Comment viser dans ces conditions un tourisme haut de gamme ?

 

Ce n’est pas une mince hypothèque à lever.

 

Quant à la plage de Palavas, Hôtel de Ville – Rive Gauche, il faudrait que les élus concernés se penchent sérieusement sur le problème : elle est la seule polluée le 5 juillet 2010 entre Villeneuve lès Maguelone et le Grau du Roi ce qui démontre un déversement local venant de la terre ferme.

 

Du fait des conditions xériques de cet été (en tout et pour tout : 6 mm de pluie relevés à Fréjorgues le 11/06/2010, 10 mm le 01/08/2010 et enfin 28mm le 06/09/2010), ce ne sont pas les pluies et leurs habituels lessivages ou débordements qui peuvent être explicatifs.

 

Bien entendu, les réseaux d’assainissement sont enterrés et leur état n’est pas au vu de tous.

 

Certes, ils ne se voient pas mais ils trahissent par moment l’insouciance ou l’incurie de certaines municipalités.

 

Lorsqu’on est capable de financer des spectacles de variétés, des concours de feux d’artifices, des offices de tourisme et des publicités, on doit aussi être capables de veiller à la santé des baigneurs.

 

Les stations balnéaires sont riches : elles doivent aussi penser à se doter d’équipements structurants.

 

Espérons que la publication des mesures, par le Ministère de la Santé, relative à la qualité des eaux de baignade, et leur porter à connaissance de nos concitoyens, constitue un aiguillon suffisant pour que les choses changent.

 

Paramètres de qualité des eaux de baignade par plage (saison 2010)

pour les communes de Villeneuve lès Maguelone, Palavas, Mauguio-Carnon et La Grande-Motte

 

  

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 01/06/2010 Relevé 18/06/2010 Relevé 05/07/2010 Relevé 16/07/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA     15 30
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 15 45 15  
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB   15 15  
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA        
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA        
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB   15 3300 200
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB     30  
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA     15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA   15 15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 15 61 15  
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA     15 46
12 Carnon Centre Mauguio AAAA       46
13 L'Avranche Mauguio AAAA       96
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA       130
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA       15
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA   15    
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 15 77 15 45
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA     15 140
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 30     96
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA     77 46
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 15   94  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC   30 30 410
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   77 30  
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA 15 30 560  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA   140 230  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA   93 30  
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 180 930 410  
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA   30 290  

 

Suite ...

 

 

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 19/07/2010 Relevé 02/08/2010 Relevé 16/08/2010 Relevé 03/09/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA   15 30  
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 140     30
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB 160     15
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA 77     61
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA 45 30   330
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB 510 160 93 94
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB 30 45 46 46
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA 190   15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA 93   15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 30 30 30 61
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA 160 30    
12 Carnon Centre Mauguio AAAA 94 30 77 30
13 L'Avranche Mauguio AAAA 15   46 15
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA 130 130 46  
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA 15 45    
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA 30 15   15
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 130 15   15
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA   46 15 30
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 77 15    
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA 94      
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 46   46  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC 780   30 46
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   30    
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA     61  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA 15   30  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA 15 130    
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 140 1100 30 30
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA 77 15    

 

Légende : nombre d'Escherichia Coli pour un prélèvelemnt de 100 ml d'eau de Mer

 

  > 100   > 150   > 300

 

  > 600   > 1200

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26/09/2010

Le pire est devant nous

La réforme des retraites approuvée le 15 septembre 2010 par l'Assemblée nationale, après un débat tronqué, est le résultat d’un choix de société.

 

Il s’agit d’un coup d’arrêt donné aux conquêtes sociales de XXe siècle, une sorte de dévaluation de notre standard social.

 

Dans les prochaines années, un nombre croissant de travailleurs, notamment beaucoup de femmes, toucheront des retraites de misère.

 

Tout d’abord, le Gouvernement Fillon a fait le deuil de la société du plein emploi : il préfère en effet des travailleurs âgés plutôt que des jeunes occupés.

 

Les comptes présentés anticipent le maintien durable d’un chômage élevé.

 

Le Président Sarkozy considère que le travail en France est trop cher.

 

De ce fait, les salaires sont mis sous pression en entretenant une masse de sans emplois forcément prêts à embaucher coûte que coûte.

 

Les augmentations de retraite et de salaire sont sous l’éteignoir : le pouvoir d’achat régresse pour les retraités et stagne pour les salariés.

 

L’économie de la connaissance est abandonnée.

 

Elle était basée sur la formation, sur la recherche et sur l’innovation.

 

Elle faisait le pari que nous pouvions – à l’image des Allemands – exceller dans la compétition économique internationale en produisant des biens et des services à haute valeur ajoutée.

 

Le Président Sarkozy n’y croit manifestement plus puisque l’Etat désinvestit massivement dans les domaines pourtant vitaux que sont l’enseignement supérieur et la recherche publique.

 

Le projet économique actuel est d’abaisser les coûts de la main d’œuvre pour concurrencer les pays riches et les pays émergents sur les produits de masse notamment manufacturiers.

 

Au lieu de tirer vers le haut, nos dirigeants acceptent un alignement par le bas sur des modèles sociaux moins évolués.

 

Si l’ambition est d’être moins chers que les autres sur les mêmes créneaux commerciaux, à l’évidence, ce nouveau type de tissu économique ne permettra plus d’offrir le niveau de retraite antérieur.

 

Avec la réforme, de plus en plus de retraités vont dépendre de compléments versés par l’Etat afin d’atteindre minimum vieillesse.

 

Pour les foyers détenant du capital, notamment certains artisans, commerçants, agriculteurs ou femmes seules issues des classes moyennes, ces versements au titre des minima sociaux sont remboursables aux caisses de retraite lors d’une vente d’un bien ou à la liquidation de la succession.

 

Beaucoup de bénéficiaires de retraites, ayant acquis des droits à pension de plus en plus faibles, laisseront donc à leurs héritiers des dettes, un passif qui amènera certains de ces derniers à renoncer à l’héritage.

 

La paupérisation des retraités entraînera donc progressivement celle des générations plus jeunes.

 

Cet appauvrissement aura aussi des conséquences sur l’accès aux soins et donc influera sur l’espérance de vie en bonne santé.

 

Avec moins de moyens, les retraités seront en outre plus isolés, ayant moins accès aux loisirs et aux déplacements.

 

Certains ne pourront pas accéder aux maisons de retraite et beaucoup vont se retrouver en position d’insécurité sociale.

 

Le Gouvernement fait de plus le choix d’une société inégalitaire.

 

A entendre les ministres et à analyser leurs décisions, les riches feraient plus tourner l’économie que les pauvres et les inégalités sociales stimuleraient le dynamisme des individus.

 

Autre choix de société : pousser à l’abandon de la garantie collective pour pousser à la couverture individuelle.

 

Jusqu’à présent, les partenaires sociaux (patronat et syndicats de salariés) décidaient dans le cadre du paritarisme la répartition de la richesse née du travail des entrepreneurs et des employés.

 

Le dogme libéral est passé par là et les patrons, surtout les grands, ne souhaitent plus le même niveau de couverture sociale.

 

Il y a une convergence d’idées, une connivence d’actions très fortes actuellement entre grands patrons et dirigeants du pays.

 

La protection sociale collective a fait les preuves de son efficacité après Guerre : elle reposait sur la solidarité nationale.

 

Or, la couverture individuelle passe par un régime de retraite par capitalisation abondé par l’entreprise et le salarié, à condition que ce dernier puisse dégager un excédent financier (ce qui exclut la plupart des ouvriers et employés).

 

Aucun système de capitalisation ne résout, quoiqu’il en soit, le différé dans le temps, puisque la richesse du pays sera prélevée non pas au moment de l’épargne mais au moment du versement de la pension, c’est-à-dire au même instant que dans un système par répartition.

 

En revanche, l’individu se retrouve esseulé : personne ne lui viendra en aide si ses placements financiers s’avèrent peu productifs.

 

Substituer de la capitalisation à de la répartition, c’est pour un individu, dépendre du puissant monopole des banques et perdre l’appui collectif des millions de salariés unis par les régimes de retraites.

 

C’est aussi un autre choix de société de préférer une privatisation (gestion des pensions par le système bancaire) qu’une conservation d’un service public des retraites où les choix sont autant sociaux et politiques que financiers.

 

Chômage des jeunes, modération salariale, réduction des pensions, inégalité croissante des revenus et des patrimoines, individualisation des cotisations, privatisation de la gestion des retraites, tel est le tableau d’un nouveau projet de société qui, d’après le Gouvernement, stimulerait l’énergie individuelle et la croissance : ce résultat reste, c’est le moins que l’on puisse dire, à démontrer !

 

Si la crise économique donne une explication pratique et facile au marasme actuel, je suis toutefois de ceux qui pensent que la dépression que nous traversons est en grande partie due à l’orientation sociétale impulsée par le Président Sarkozy et non par la conjoncture.

 

Un système inégalitaire ne sera jamais de nature à stimuler la créativité et la productivité des travailleurs Français.

21/09/2010

L’écomobilité sociale en pointe

Avec la création de Mobil’Eco, l’économie solidaire est, encore une fois, à la pointe de l’innovation sociale.

 

Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) a été créée en 2009 en vue de faciliter les déplacements urbains.

 

Elle souhaite promouvoir de nouvelles solutions d´écomobilité auprès des entreprises, des collectivités et des particuliers de la région Languedoc-Roussillon.

 

Dans le but de préserver la qualité de l’air et de sauvegarder la santé publique, Mobil’Eco propose à la vente, ou à la location, des véhicules à la pointe du développement durable : vélos assistés électriquement, scooters électriques, véhicules de tourisme et utilitaires électriques.

 

Plus généralement, une Société Coopérative d´Intérêt Collectif associe toujours, autour d´un projet, des acteurs salariés, des acteurs bénéficiaires (clients, usagers, fournisseurs,) et des contributeurs (associations et collectivités notamment) pour produire des biens ou des services d´intérêt collectif au profit d´un territoire.

 

En l’occurrence, cette coopérative compte 4 collèges (référents, salariés, fondateurs et partenaires).

 

Il s’agit d’une société acapitaliste où « un homme égale une voix ».

 

Mobil’Eco s’inscrit, quoiqu’il en soit, dans le champ concurrentiel - il s’agit d’une entreprise commerciale à but non lucratif - tout en respectant des standards sociaux élevés.

 

Cette coopérative est en effet aussi une entreprise d’insertion dont certains salariés (2 sur 3) bénéficient d’un reclassement professionnel comprenant, pendant deux ans, une formation aux métiers de la mécanique, de la vente, du commerce et de la comptabilité.

 

Mobil’Eco propose à ses clients :

-         un hall d’exposition avec de nombreux modèles ce qui permet au client de tester la solution la plus adaptée à ses besoins,

-         un atelier mécanique d’entretien des véhicules se mouvant à l’électricité.

 

Mobil’Eco est en outre associée au groupe coopératif public-privé d´utilité sociale REPLIC.

 

REPLIC a pour objectif la création d’activités économiques innovantes reproductibles en d’autres lieux.

 

Cette SCIC ayant le statut de société anonyme est administrée par la Région Languedoc-Roussillon, les Départements du Gard et de l´Hérault, la Communauté d’Agglomération de Montpellier, EMMAUS, l´Union Régionale des Entreprises d´Insertion Languedoc-Roussillon, l´Union Régionale des Sociétés Coopératives de Production, Face Hérault et la Caisse d´Epargne Languedoc-Roussillon.

En réalité, le concept a été créé par REPLIC, dont Emmanuel Kasperski est le Directeur, puis confié au développement des deux gérants de Mobil’Eco, Jean Daunis et Thomas Boutin.

 

Mobil’Eco a ensuite bénéficié de subventions (Département de l’Hérault, Région Languedoc-Roussillon), d’aides de fondations (MACIF et Transdev), de souscription de fonds propres par le FCPIE SIFA (fonds commun de placement) et de prêts bancaires cautionnés à 80 % par Garantie France Active, après une instruction du dossier par AIRDIE (Association interdépartementale et régionale pour le développement de l’insertion par l’économique).

 

Le plan de financement a mobilisé aux alentours de 280.000 € dont environ 100.000 € de subventions publiques.

 

La création de la coopérative et le lancement de l’activité ont nécessité une année de préparatifs.

 

Au-delà de Mobil’Eco, REPLIC a permis l’émergence de :

-         « La Feuille d’érable » : collecte de papiers auprès des collectivités territoriales, recyclage de déchets professionnels (papiers et plastiques), vente de papier recyclé,

-         « La Table de Cana », restaurant d’insertion : salle de restauration midi et soir, livraison de plateaux repas, traiteur pour les réceptions,

-         « Label Route » : livraisons en ville avec des véhicules respectueux de l’environnement et logistique de stockage.

 

La Table de Cana a déjà été « dupliquée » à Perpignan et bientôt à Nîmes ; Label Route à Nîmes ; Mobil’Eco prochainement à Paris.

 

Les activités innovantes créées dans le cadre de l’économie solidaire ont vocation à susciter des reprises ultérieures, lors de leur vulgarisation et de leur généralisation à grande échelle, dans le cadre de l’économie capitaliste.

 

Un développement économique local réussi nécessite véritablement une attention croisée de nombreux partenaires institutionnels et associatifs.

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Le stand de Mobil'Eco à la Journée des Déplacements et de la Mobilité

à Clapiers le samedi 11 septembre 2010

 

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 De bonnes explications sur les vélos assistés électriquement

 

 

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 Thomas Boutin un des deux jeunes co-gérants de Mobil'Eco

 

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Quand deux acteurs de l'économie sociale se rencontrent
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Un nouveau concept de voiture électrique, maniable,
légère et accessible financièrement
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Le VTT coexistera longtemps aux côtés
de ces nouveaux moyens de transport électriques

16/09/2010

Où sont scolarisés nos enfants ?

La carte scolaire est un outil administratif permettant d’affecter les élèves à des établissements scolaire de proximité.

 

Cette proximité est réelle en ville et en périurbain ; elle peut l’être moins en milieu rural où certains enfants doivent opter pour l’internat.

 

Les dérogations à la carte scolaire sont génératrices de temps de transport supplémentaire pour les élèves et donc de fatigue et de prédisposition supplémentaire à l’échec scolaire.

 

Chaque établissement draine un secteur plus ou moins important dans lequel se crée une identité territoriale.

 

En effet, les adolescents qui fréquentent le Lycée Ambrussum à Lunel (Vérargues, Saint-Christol, Saint-Sériès, Saturargues, Villetelle) ont tendance ensuite à se rendre visite sur le secteur concerné (Nord-Lunellois) et à développer des activités communes.

 

Il en est de même pour les lycées :

-         Frédéric Bazille à Montpellier avec les communes d’Assas, Clapiers et Jacou,

-         Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière, avec les communes de Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saint-Jean de Cuculles, Le Triadou et bien d’autres plus au Nord,

-         Jean Monnet à Montpellier avec les communes de Murviel lès Montpellier, Saint-Paul et Valmalle, La Boissière, Montarnaud, Vailhauquès, Argelliers, Murles, Grabels et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Champollion à Lattes avec les communes de Villeneuve les Maguelone, Palavas, Pérols, Saint-Aunès, Mauguio et La Grande-Motte,

-         Louis Feuillade à Lunel avec les communes de Baillargues, Mudaison, Candillargues, Saint-Brès, Valergues, Lansargues, Lunel-Viel, Saint-Just, Saint-Nazaire de Pézan et Marsillargues,

-         Jules Guesde à Montpellier avec les communes de Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Juvignac et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Pierre Mendès-France à Montpellier avec les communes de Fabrègues, Saussan, Lavérune et Saint-Jean de Védas,

-         ou encore Georges Pompidou à Castelnau le Lez avec les communes de Vendargues, Le Crès, Teyran, Guzargues, Montaud et Saint-Drézéry.

 

Une singularité concerne le Lycée Joffre au Centre de Montpellier : sa carte scolaire se résume presque à Montpellier mais aussi, accessoirement, à une partie de Castelnau le Lez qui est partagée entre Joffre et Georges Pompidou.

 

C’est un peu comme si la Ville de Castelnau le Lez - la seule de l’Hérault à envoyer une partie de ses adolescents à l’extérieur alors qu’il existe un lycée sur son sol - n’avait pas entièrement confiance en son propre lycée.

 

Cette dichotomie trahit l’absence de vision unitaire de cette commune par ses élus dirigeants et leur acceptation qu’elle se fonde de façon indifférenciée dans la ville de Montpellier.

 

Tout établissement scolaire crée en fait du lien sur un territoire en renforçant sa cohésion.

 

Bien sûr, certains diront que le territoire prééxiste à l’implantation d’un établissement scolaire, sauf qu’il n’y a pas forcément correspondance fidèle entre carte scolaire et territoire historique.

 

A l’évidence, lorsqu’il y a discordance entre les deux, l’établissement scolaire pèse dans le sens d’une nouvelle répartition des identités territoriales.

 

En examinant de près les cartes scolaires tant au niveau du Collège que du Lycée, il apparaît clairement une inégalité de présence du service public éducatif sur le terrain.

 

L’implantation des lycées est ainsi exclusivement urbaine, essentiellement sur la plaine côtière, avec 3 établissements (Lodève, Clermont l’Hérault et Bédarieux) qui constituent une exception dans les Hauts-Cantons.

 

Pour beaucoup de lycéens, l’entrée en Seconde constitue donc le départ pour de nouveaux horizons, apprécié par les adolescents comme une ouverture sur le Monde et sur les autres.

 

Les lycéens appellent d’ailleurs de leurs vœux un brassage que des établissements plus centralisés offrent.

 

Même s’ils ambitionnent de conserver des amis, les adolescents aspirent à cet âge à un renouvellement et un élargissement de leur cercle de proches.

 

L’implantation des collèges, quant à elle, s’inscrit dans un maillage plus fin du territoire (79 collèges contre seulement 20 lycées d’enseignement général) adapté à l’horizon d’élèves tout juste sortis de l’enfance à l’entrée en Sixième.

 

Il y a eu un débat il y a une vingtaine d’années pour savoir s’il était préférable d’installer un nouvel établissement scolaire dans le bourg-centre, comme cela se faisait historiquement, ou en rase campagne,comme pour le Lycée Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière.

 

A l’heure du Grenelle de l’environnement où l’on privilégie les transports en commun le plus souvent organisés en étoile, c’est la solution historique qui tient à nouveau la corde.

 

La carte scolaire doit-elle évoluer dans l’Hérault à l’avenir ?

 

Deux phénomènes pèsent lourds : la métropolisation croissante du département (la Ville de Montpellier gagne cette année tout de même 1.100 élèves en Primaire sur un effectif antérieur d’environ 19.000) et le vieillissement de la population.

 

La construction d’un collège neuf à Roujan (ouverture prévue pour la rentrée 2013-2014) aura des incidences sur la carte du collège voisin de Servian (déjà entièrement rénové par le Conseil Général de l’Hérault) mais aussi sur tout le Centre-Hérault.

 

A noter que les élèves des communes de Buzignargues, Galargues, Garrigues, Campagne, Saussines, Boisseron sont dans l’obligation de rejoindre un collège non héraultais, en l’occurrence celui de Sommières dans le Gard, certes proche en terme de distance.

 

Si la croissance démographique de la deuxième couronne de Montpelllier et du Lunellois ne se dément pas, la création d’un collège dans le secteur de Saint-Christol ou de Saint-Drézéry pourrait s’avérer souhaitable.

 

Plus globalement, la création de nouveaux établissements n’est cependant plus très utile du fait de la stagnation des effectifs : ce sont donc les investissements dans l’équipement (laboratoires, informatique notamment) et l’amélioration des locaux qui sont à privilégier.

 

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Carte scolaire des collèges dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)

 

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Carte scolaire des lycées dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)

11/09/2010

Inauguration d'Aréna à Montpellier

La Région Languedoc-Roussillon et l’Agglomération de Montpellier se sont unies pour construire la « Grande Salle », dénommée Aréna dans l’attente d’un nom complémentaire.

Cette salle modulable est la deuxième plus grande de France (16.000 places) après celle de Paris-Bercy.

 

Cet équipement est idéalement implanté à proximité de la Domitienne et du Parc des expositions de Montpellier où de nombreux languedociens ont leurs habitudes en fonction de leurs centres d’intérêts (équipement de la maison, vigne, cheval, Bio, etc.).

 

Compte tenu du succès de l’inauguration, le samedi 5 septembre 2010 (8.000 participants), l’ouvrage connaît déjà une grande notoriété.

 

Nul doute que les spectacles organisés par Enjoy auront un retentissement régional, voire national.

 

Le sport dont les rencontres, les coupes ou les prix internationaux, le cirque, les spectacles équins ou taurins, les évolutions sur glace, les jeux d’eau, les sons et lumières, les congrès, les concerts, tout semble permis dans cette salle dotées des derniers équipements techniques.

 

Georges Frêche a su, une nouvelle fois, être visionnaire et valoriser les atouts de Montpellier, notamment la forte implantation étudiante et la présence de nombreux touristes l’été sur la côte.

 

Aréna comblera vraisemblablement petits et grands qui, à un moment ou à un autre de leur vie, seront amenés à découvrir et à fréquenter cette magnifique salle de spectacles.

 

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La "Grande Salle" vue de l'extérieur

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Des escaliers monumentaux pour mener aux gradins

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La bulle-buvette conçue en toile tendue par la société montpelliéraine Télia

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La succession des phases de l'immense chantier

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Une foule immense s'est pressée à l'inauguration

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Hélène Mandroux et Georges Frêche cohabitent à la tribune

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 Un avant-goût de bel canto

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Les people et la variété sont au rendez-vous

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Le sport, ici à la fois acrobatique et artistique, n'est pas oublié

06/09/2010

4ème Festival de la Tomate à Clapiers

La Mairie de Clapiers, la Communauté d’Agglomération de Montpellier, la Région Languedoc-Roussillon et l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault proposent à nouveau une grande journée d’animation sous le signe de l’esprit terroir, des circuits courts, du respect de l’environnement et de la rencontre ville-campagne.

 

Dimanche 5 septembre 2010

4ème « Festival de la Tomate de Clapiers et Montpellier Agglomération »

à Clapiers (Hérault)

À partir de 9 heures jusqu’à 17 heures

au Parc municipal Claude Leenhardt, rue du Stade

Entrée libre et gratuite

 

Après le vif succès rencontré par les trois premières éditions en 2007, 2008 et 2009, l’équipe organisatrice a souhaité cette année :

- agrandir le marché paysan à une quarantaine d’exposants, marché essentiellement axé sur la tomate mais proposant aussi des produits alimentaires plus variés permettant notamment de se confectionner sur place un repas (boulangerie paysanne, fromages de brebis et de vache, produits des Cévennes, charcuteries),

- exposer une grande variété de fruits oubliés, petits fruits rouges, raisins de table et semences rares,

- augmenter le nombre des stands de restauration (plats créoles, brasucade, moules et huîtres, « Petits pâtés de Montpellier », etc.) et le nombre de lieux destinés au repos (tables, chaises, barnums en libre service),

- renforcer les spectacles vivants (groupes de musique de Clapiers et Steel Band de Villeveyrac),

- renouveler les animations assurées par les associations s’intéressant au bien-vivre, comme Slow Food, Radio Terra One, « Opération JardiBio », etc.,

- confirmer le caractère « durable » de la manifestation avec une buvette proposant des boissons artisanales et des verres récupérables (concept Ecocup), garants du zéro déchet.

 

Un effort particulier a été fait pour proposer :

- des tomates destinées à la transformation domestique (coulis, conserves),

- des stands avec des légumes transformés,

- des animations ludiques (poneys, maquillage, jeux géants en bois) et de découvertes pour les enfants.

 

Au travers de l'image de la tomate, un certain nombre de thèmes seront développés au cours de cette journée :

- la tomate : image d'un fruit au goût retrouvé au travers de ses nombreuses variétés anciennes,

- le goût : la saveur de plats préparés avec des produits de l'agriculture paysanne de qualité,

- le patrimoine : la cuisine méditerranéenne autour de la tomate,

- l'éducation : les jardins en ville et la biodiversité,

- les circuits courts de commercialisation.

 

Le 4ième Festival de la Tomate se veut aussi convivial que les précédentes éditions, un espace de détente pour les adultes comme pour les enfants, un lieu de promotion des petits paysans et du monde rural.

 

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01/09/2010

Vive la "fin de l'été"

Les vacances d’été tirent à leur fin tandis que les fêtes de village se succèdent autour de Montpellier.

 

L’ambiance est plus détendue qu’au mois de juillet où la canicule fatigue souvent les organismes.

 

La lumière est celle qu’apprécient les peintres : le public est coloré et les peaux dorées.

 

Le cadre, le spectacle, ses acteurs et le public sont hauts en couleurs.

 

Le vent du Nord ou, selon les heures et les jours, la brise marine rafraîchissent.

 

Les participants sont ravis de retrouver leurs villages après des vacances parfois exotiques.

 

Ce retour au bercail est apprécié.

 

Liesse populaire et ambiance décontractée font bon ménage.

 

Les parents viennent admirer les exploits de leur progéniture tant il est vrai que les fêtes votives mobilisent avant tout la jeunesse.

 

La fierté de monter les chevaux camarguais et d’élever ces taureaux si vifs, si belliqueux et si imprévisibles dans leur comportement, se lit dans les yeux des hommes de manades.

 

C’est ainsi que la Fête du Crès (19 au 24 août 2010) a été un grand succès populaire.

 

Le Maire Pierre Bonnal a apprécié le gros travail fourni par les bénévoles et Maxime Chavance, Maire-adjoint aux festivités.

 

La spécificité de la Fête du Crès est l’alliance, le soir, de la culture et de la convivialité au travers de repas spectacle.

 

L’organisation de jeux entre équipes de jeunes offre un encadrement et une occupation dans l’après-midi.

 

En effet, l’inactivité, l’ennui et l’effet de groupe pourraient engendrer quelquefois des dérives.

 

A Saint-Geniès des Mourgues, c’est la journée à l’ancienne qui marque le plus les 10 jours ! de festivités (20 au 29 août 2010).

 

Les costumes des anciens sont de sortie ainsi que les accessoires : ceinturons, ombrelles, etc.

 

Ce village, qui a su garder son âme, abrite sur son territoire la Manade Vitou.

 

La fête votive est organisée par la Municipalité (avec Jean-Claude Imbert, 1er adjoint, comme responsable de l’événement), l’Association « La Classe » et le Club taurin « Le Trident ».

 

Après le déjeuner au pré, en costumes, animé par la peña Mithra, suivi de la ferrade d’anoubles, les calèches et charrettes rejoignent, en cortège, le village tandis que les gardians conduisent, en abrivado, les taureaux camarguais au cœur de Saint-Geniès.

 

7L Télé (télévision locale montpelliéraine) a pu immortaliser la journée grâce au journaliste Jean Cahn et son émission « Opinion sur rue ».

 

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Le Maire, Yvon Pellet, en costume, accueille villageois et citadins

 

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Les gardians ont rabattu un anouble devant être marqué au fer

 

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Les attrapaïres à l'oeuvre devant la charrette mettant en sécurité femmes et enfants

 

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Des spectateurs très attentifs

 

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Les hommes du village apprécient le travail des gardians

 

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L'heure du retour au village a sonné pour les attelages

 

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Arrivée dans Saint-Geniès des Mourgues des charrettes, vélos et tandem anciens :

ils précédent l'abrivado long entre la Manade Vitou et le village

 

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L'abrivado est terminé : l'heure de l'apéritif est venue

 

 

A Teyran (fête du 27 au 30 août 2010), la Manade Vellas est indissociable du village, même si ses terres, le long du Salaison, jouxtent Jacou et Le Crès.

 

La famille Vellas veille à la parfaite organisation des festivités.

 

Luc Vellas préside le Club taurin "Lou Biou" ; son frère, Didier, mène les nombreux gardians tandis que le fils de ce dernier, Rémi, dirige la manade au Mas du Pont.

 

Les arènes ovales sont propices aux courses de vachettes et de veaux (Manade Alain) : les adolescents, à l’exercice, et les enfants, plus en rêve qu’en actions, les affrontent, en offrant un spectacle mouvementé.

 

Enfin, le festival de bandidos (manades Vellas et Vassal) trouve un cadre idéal au sommet de la colline tutélaire de Teyran, avec comme attraction spectaculaires : les échappées dans le « petit bois ».

 

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Après-midi pour la jeunesse avec vachettes et veaux dans les arènes de Teyran

 

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Les jeunes à l'oeuvre et à la manoeuvre

 

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Le veau en piste a de l'énergie à revendre et franchit plusieurs fois la barrière

 

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Bandido : un taureau échappé sort du "petit bois"

 

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L'attrapaïre est bien accroché : le taureau l'emporte sur son cou à vive allure

 

 

Toutes ses fêtes permettent aux amis de se retrouver et aux jeunes de grandir ensemble tout en se divertissant.

 

La « fin de l’été », c’est aussi les prémisses de la rentrée scolaire comme celles de la reprise du travail : une nouvelle année débute !

29/08/2010

Estrosi : un dérapage insécuritaire

Christian Estrosi, ex conducteur de motocycle sur circuit balisé, lisse et sans aspérité, s’est aventuré sur les chemins tortueux et bosselés de l’insécurité.

 

Mauvais élève en tant que maire de Nice, à la tête d’une des villes les plus criminogènes de France, il s’est permis, dans un dérapage verbal, de fustiger les édiles de la République.

 

D’après l’intéressé, il faudrait sanctionner les municipalités défaillantes en matière sécuritaire.

 

Plus précisément, le Ministre de l’industrie a déclaré : « Je propose que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l’absentéisme scolaire et de réforme des règles de l’urbanisme, soient condamnées à une très forte amende. »

 

Or, 99,9 % des maires de France dirigent des communes plus calmes que la cité du « casse du siècle » d’Albert Spaggiari (5 milliards de francs de butin volés dans les coffres de la Société Générale).

 

Il n’est pas donné, en effet, à tout village, d’être ou d’avoir été le terrain de jeu de la « guerre des casinos », de la pègre marseillaise et de la mafia italienne.

 

De même, 99,9 % des maires de France respectent la loi : sinon, ils finissent en prison ou subissent des condamnations et des inéligibilités.

 

Il est vrai qu’à Nice, les premiers magistrats ont donné des exemples détestables en la matière.

 

Ainsi, Jacques Médecin, Maire de 1966 à 1990, a fui la France en 1990, pour Punta del Este en Uruguay, afin d’éviter d’être mis en examen.

 

Durant de nombreuses années, l’intéressé s’est considéré comme non imposable alors que son redressement fiscal pour les seules années 1981 à 1984 atteignit 14 millions de francs et pour l’année 1986, 1 million et demi.

 

Une amie d’une de ses anciennes épouses évoqua sur TF1, dans l’émission « Droit de réponse » de Michel Polac, en 1985, les manipulations financières niçoises.

 

L’intéressée fut ensuite retrouvée assassinée en 1989 aux Etats-Unis.

 

Le successeur de Jacques Médecin quitta aussi la scène politique en démissionnant.

 

En 1992, la petite cousine de ce nouvel édile fut abattue de 6 balles de 7,65 dans un parking souterrain et le fils de son épouse fut inculpé en 1993 pour le meurtre du gérant du restaurant niçois « Le Bistrot des Artistes ».

 

Enfin, l’embauche de sa future femme pour un emploi fictif lui fut reprochée.

 

La quasi-totalité des maires Français n’oseraient imaginer de telles vicissitudes sur leurs communes respectives.

 

Un climat d’une telle violence leur semble d’ailleurs surréaliste.

 

En rappelant ces faits sordides, il n’est pas question d’accabler les Niçois.

 

En effet, ce sont eux qui subissent tous les jours les affres de l’insécurité.

 

La Région PACA (1ère en France), le département des Alpes-Maritimes (6ème en France) et la Ville de Nice (1ère des villes de plus de 250.000 habitants) ont ainsi des taux de criminalité qui ont culminé en 2006 à respectivement 87,1, 103,4 et 114,3 crimes et délits constatés pour 1.000 habitants (moyenne française à 57,3 seulement, si l’on puit dire !).

 

Le département de Seine Saint-Denis, le fameux « 93 », avec ses si nombreuses banlieues, est beaucoup plus paisible que la Ville de Nice, avec un taux égal à 104,2.

 

Mais venons-en à l’Hexagone, puisque Christian Estrosi (faisant partie en son temps des « bébés Médecin ») a indubitablement voulu donner une portée nationale à ses déclarations.

 

L’intéressé a voulu focaliser l’actualité et le débat politique sur ce que le Gouvernement appelle l’« insécurité ».

 

C’est réussi !

 

Il faut dire que c’est facile car ce thème est toujours très porteur en temps de crise.

 

On ne parle plus que de ça et pas des autres problèmes de société.

 

D’autant que les acquis sociaux, eux, ont été obtenu pendant les périodes de croissance économique.

 

De ce fait, un vocable plus positif leur est appliqué : c’est le mot « sécurité ».

 

Les Français ne devraient toutefois pas oublier qu’avec la montée de la crise et de la rigueur l’insécurité va aussi concerner de plus en plus le logement, le travail et la santé.

 

Or, depuis 30 ans (et après avoir triplé lors de la décennie 70 !), le taux de criminalité en France se maintient aux alentours de 60 délits et crimes constatés pour 1.000 habitants, avec des hauts et des bas, des acceptations de plaintes plus ou moins faciles, des changements de nature de la criminalité mais aussi des instruments de mesures et de la manière de comptabiliser qui influent sur le baromètre.

 

Si ce taux de criminalité n’augmente pas depuis 30 ans, en revanche le sentiment d’insécurité, lui, croît réellement dans la population.

 

Nicolas Sarkozy échoue donc à rassurer les Français.

 

En outre, l’insécurité croissante concernant le logement (expulsions et difficultés d’accès au logement social), le travail (licenciements et baisses de salaires) et la santé (impossibilité pour certains d’accéder aux soins) sont des problèmes sécuritaires largement aussi importants que la sécurité des biens et des personnes, mais manifestement, le Gouvernement ne peut, ou ne veut, prendre le taureau par les cornes.

 

Agiter le chiffon rouge de l’insécurité ne permettra pas notamment de masquer indéfiniment la baisse du pouvoir d’achat des retraites, des salaires, des prestations sociales.

 

En outre, tout le monde sait bien que la lutte contre l’insécurité relève principalement de l’Etat qui dirige les forces de police et de gendarmerie.

 

Les insinuations de Christian Estrosi ne sont donc pas très charitables vis-à-vis de son collègue Brice Hortefeux.

 

S’il y a échec de la lutte contre l’insécurité sur tel ou tel territoire, elle est à imputer au Premier Ministre, au Gouvernement et au Chef de l’Etat : quelles sont les mesures concrètes qu’ils comptent proposer en lieu et place de l’inflation des textes législatifs sur la question qui s’apparente à de l’affichage et quelquefois à de la gesticulation ?

 

En supprimant 11.000 agents de la force publique et la police de proximité, ont-ils notamment agi dans la bonne direction ?

 

Globalement, les déclarations de Christian Estrosi trahissent la pensée et l’action du pouvoir en place :

-         une vision strictement urbaine de la France,

-         une rupture du pacte républicain,

-         une stigmatisation de boucs émissaires,

-         une dérive sécuritaire,

-         une absence de projet de société,

-         une gouvernance erratique.

 

Concernant la vision exclusivement urbaine, le Gouvernement ne comprend pas que l’essentiel des communes sont rurales : la plupart n’emploient ni policier municipal, ni garde champêtre.

 

Ces communes ont besoin de services publics de proximité pour se sentir en sécurité.

 

Lorsque l’opposition socialiste niçoise se plaint qu’il n’y ait que 15 policiers municipaux disponibles la nuit pour protéger 360.000 habitants, que penser des moyens municipaux disponibles dans des communes de 5.000 habitants ?

 

Si Nice, commune riche, cinquième commune de France par ses habitants, n’y arrive pas, comment les élus ruraux pourraient être incriminés alors qu’ils n’ont pas aucune marge de manœuvre financière ?

 

Concernant la rupture du pacte républicain, il est évident vis-à-vis des banlieues dont les municipalités ne reçoivent pas suffisamment d’aides de l’Etat et se sentent abandonnées de la solidarité nationale.

 

Il n’est pas non plus admissible d’opposer l’Etat et les communes ou d’autres collectivités territoriales car la République est une et indivisible : les problèmes locaux concernent le national et vice-versa.

 

Concernant la stigmatisation des minorités, elle a atteint aujourd’hui son paroxysme avec les expulsions de Roms ou encore les mesures anti-jeunes, anti-Français d’origine étrangère, etc.

 

Or, la délinquance a un visage plus complexe : notamment les violences passionnelles ou la consommation de drogue et son cortège de délits sont aussi l’apanage des quartiers chics (avec, en 2008, une moyenne de 21.553 € de revenu fiscal de référence, les habitants de Nice sont plus aisés que ceux de Montpellier, avec 19.319 €, de Sète, avec 18.589 € et de Lunel, avec 16.911 € et pourtant les taux de criminalité dans ces villes héraultaises sont plus bas).

 

Enfin, ne parlons pas de la délinquance en col blanc qui se multiplie ces derniers temps.

 

Concernant la dérive sécuritaire, outre la multiplication des textes, il y a aussi cette croyance dans le tout répressif et ces objectifs chiffrés imposés aux forces de l’ordre.

 

La réforme de la garde à vue vient d’être censurée par le Conseil constitutionnel car attentatoire aux libertés individuelles (absence de défenseur).

 

De même, les libertés publiques et syndicales sont, petit à petit, rognées.

 

Un autre exemple concerne l’incitation par le Gouvernement à multiplier les caméras de surveillance (600 caméras installées pour plus de 9 millions d’€ à Nice !).

 

Concernant l’absence de projet de société, on n’entend plus parler de l’économie de la connaissance avec ses effets bénéfiques sur la recherche, sur l’ascenseur social, sur la compétitivité des entreprises.

 

On n’entend plus parler de la société du bien-être avec son cortège d’épanouissements personnels.

 

Penser qu’il n’existe qu’un seul problème à résoudre en France, en l’occurrence l’insécurité des biens et des personnes, c’est le niveau zéro de la politique.

 

Concernant la gouvernance erratique, les annonces désordonnées et quelquefois contradictoires du Gouvernement déboussolent l’opinion.

 

En outre, les membres de la Majorité gouvernementale ne respectent pas les consignes nationales.

 

C’est l’exemple du Maire de Nice, qui entendant les injonctions nationales faites aux collectivités locales de réduire leurs dépenses, majore tout de même de 14,8 % les impôts des Niçois en 2009.

 

Il règne une impression de Bonapartisme avec un monarque à Paris qui décide seul et des ministres, caporaux désoeuvrés (qui se souviendra de la politique industrielle de Christian Estrosi, Ministre en exercice ?) qui lancent des ballons d’essai dans des domaines qui ne sont pas des leurs ou des propositions d’action jamais suivies d’effet.

 

Notamment, le Maire de la 5ème ville de France avait annoncé la mise en place d’un couvre-feu pour les moins de 13 ans sur sa commune.

 

La proposition avait beaucoup fait jaser (Qui est concerné ? Les sanctions sont-elles légales ? La police a-t-elle les moyens d’agir ?), avant qu’on n’en entende plus parler !

 

En conclusion, il y a fort à parier que les déclarations de Christian Estrosi ne visaient qu’à focaliser le débat sur l’insécurité vis-à-vis des biens et des personnes et accessoirement qu’à masquer la responsabilité du Gouvernement auquel il appartient.

21/08/2010

Haut niveau de protection sociale et attractivité internationale

La compétitivité de la France fait souvent l’objet de débats à forte consonnance politique.

 

Pour les plus libéraux, les travailleurs français bénéficieraient de trop de jours fériés, travailleraient peu suite à la réforme des 35 heures et le coût du travail serait trop élevé.

 

Ces poncifs ont la vie dure.

 

Or, l’attractivité de la France pour les investisseurs étrangers ne se dément pas, apportant la preuve de la bonne productivité des travailleurs français.

 

Cette attractivité est mise à nouveau en avant, cette fois-ci par l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), dans le cadre d’une récente analyse.

 

Certes, les investisseurs étrangers ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier et misent au contraire sur de nombreux pays, la mondialisation étant une réalité.

 

La France est toutefois spécifiquement considérée comme une excellente porte d’entrée dans le marché de l’Union européenne alors que nous sommes notamment en concurrence directe avec le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne.

 

En outre, de très nombreux pays figurent sur une sorte de liste noire du fait de leur instabilité politique, financière ou économique, ce qui n’est nullement le cas de notre pays.

 

Certes, la mauvaise compétitivité de certaines entreprises ou de certains secteurs (appareil de production vieillissant, manque d’innovations ou d’investissements, etc.) peut aussi être une aubaine pour de nouveaux acteurs venus de l’étranger, investisseurs ayant perçu ces faiblesses et envisageant de dominer facilement les marchés concernés.

 

L’AFII facilite les démarches des entreprises internationales et accompagne leur installation.

 

Dans sa tâche d’appui à la création de nouvelles activités et d’emplois durables, cette agence de l’Etat travaille en concertation avec les collectivités locales désireuses de mettre en valeur les atouts de leurs territoires.

 

L’AFII offre l’avantage d’un interlocuteur unique capable de s’adapter à la stratégie des investisseurs étrangers.

 

Cette agence est particulièrement à même d’identifier les avantages concurrentiels offerts par la France.

 

Deux questions viennent à l’esprit vis-à-vis desquelles une petite analyse sera faite plus bas.

 

Premièrement,  quelle est l’importance, la nature et les effets des investissements directs étrangers (IDE) en France ?

 

Deuxièmement, quels sont donc les atouts réels de notre pays ?

 

Tout d’abord, 20.000 entreprises étrangères sont implantées en France alors que 30.000 entreprises françaises ont investi à l’étranger.

Ces filiales de groupes étrangers représentent 2,5 millions d’emplois (soit 12,5 % de l’emploi dans le secteur privé), réalisent 20 % des dépenses de recherche et de développement (R&D) et totalisent 40 % des exportations.

 

Dans le secteur manufacturier, cela représente 1,7 million en terme d’emplois (30 % du secteur), 36 % en R&D et 40 % au niveau des exportations.

 

Ces chiffres permettent clairement de conclure que les investisseurs étrangers viennent en France à la fois pour :

-         trouver une porte d’entrée sur le marché européen (forte exportation à partir d’un pays central bien desservi par les infrastructures de transport et de communication),

-         profiter de la qualité des ressources humaines (activités manufacturières),

-         bénéficier du fort potentiel en cadres (notamment ingénieurs) et en diplômés de l’enseignement supérieur (notamment scientifiques) pour les activités de recherche développement,

-         se substituer à une industrie manufacturière française peu entreprenante.

 

Du fait que 30.000 emplois environ sont créés ou maintenus grâce aux investissements directs étrangers cités plus haut, que ce nombre a crû d’année en année du fait de la mondialisation et compte tenu du stock d’emplois de 2.500.000 (ce qui représenterait 83 années de nouvelles implantations étrangères), il est évident que la présence étrangère s’explique essentiellement par des prises de contrôle capitalistique d’entreprises déjà présentes sur le sol français.

 

Quelle que soit leur stratégie, ces investisseurs internationaux contribuent au développement de l’économie nationale en apportant leur savoir-faire, leurs technologies, leurs compétences : ils tirent au mieux parti de l’excellence de la main d’œuvre française en obtenant de forts gains de productivité.

 

L’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) compare, tous les ans, la France, aux Etats-Unis, au Japon, à l’Allemagne, au Royaume-Uni, à l’Italie, à l’Espagne, à l’Irlande, aux Pays-Bas, à la Belgique, à la Finlande et à la Pologne.

 

Ces 11 pays, classés du plus puissant économiquement au plus faible, sont les principaux partenaires de la France et représentent la diversité des pays riches du Nord.

 

Concernant le flux d’investissements directs étrangers, la France est au troisième rang mondial en 2009 avec 60 milliards de dollars d’IDE entrants (premier les USA avec 130 m$ et second la Chine avec 95 m$), devant le Royaume-Uni quatrième (50 m$).

 

Ces investissements ont globalement décru au niveau mondial, du fait de la crise, de 2008 à 2009, en passant de 1.771 m$ à 1.114 m$ seulement.

 

Par rapport à la richesse nationale (Produit intérieur brut), le stock d’IDE en France (35 % du PIB en 2008 tout de même) est le double de celui en Allemagne, en Italie ou aux Etats-Unis.

 

La France est toutefois loin de la « performance » de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Irlande qui bénéficient de stocks d’IDE supérieur à 60 % de leur PIB.

 

Quand on observe le classement de la CNUCED, on constate qu’en réalité les économies les plus fortes sont en général les moins pénétrées par les investissements étrangers.

 

 

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Avec 250.000 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur, la France est le 4ème pays mondial d’accueil des étudiants en mobilité internationale (l’Hexagone en capte 8 %, les Etats-Unis 20 %, le Royaume-Uni 12 % et l’Allemagne 8 %).

 

Ramené au nombre d’habitants, notre pays est donc deux fois plus attractif que les Etats-Unis (cf. CampusFrance), les Etats-Unis accueillant, bon an mal an, 600.000 étudiants étrangers seulement.

  

Ce « cocorico » contredit les affirmations péremptoires de certains sur la fuite des jeunes cerveaux français aux Etats-Unis.

En effet, s’il part plus de Français aux USA (7.000) que d’Américains viennent en France (3.000), c’est à rapprocher de l’esprit casanier des étudiants américains dont seulement 50.000 s’expatrient à l’étranger contre 80.000 pour la France.

 

La force des Etats-Unis reste au demeurant son formidable vivier d’étudiants, de 18 millions de têtes contre seulement 2,2 millions en France (par rapport à notre population, il en faudrait presque 3 millions en France).

 

En outre, même contesté car essentiellement focalisé sur les disciplines scientifiques, le « Classement de Shangaï » 2009 où seulement 3 universités françaises figurent dans le Top 100, à partir d’ailleurs de la 42ème place, est moins flatteur pour notre pays (sur les 10 premières universités au Monde, 8 étant américaines et 2 anglaises).

 

Enfin et c’est un atout de la France, les étudiants étrangers viennent suivre dans l’Hexagone des programmes de recherche de haut niveau (Royaume-Uni premier mondial dans ce domaine avec 47 % d’étudiants étrangers suivant ces programmes stratégiques, Belgique seconde avec 30 % et Etats-Unis, quatrième seulement, avec 23 %, derrière la France à 37 %).

 

La France recueille globalement des activités stratégiques (quartiers généraux de multinationales, sièges sociaux de grandes entreprises, centres de recherche et développement) qui sont fondamentales pour les savoir-faire qu’elles véhiculent et les transferts technologiques qu’elles engendrent.

 

Quels sont donc les autres atouts de notre pays en vue d’attirer les investissements internationaux ?

 

Tout d’abord, la France est le 5ème marché mondial et réalise 3,9 % des exportations planétaires.

 

Notre main d’œuvre est particulièrement qualifiée, bien formée (même si les dépenses dans l’enseignement supérieur sont insuffisantes avec 8.400 $ par étudiant contre 11.400 $ aux Etats-Unis) et productive.

 

La productivité est bien entendu à ramener aux heures travaillées (qui font l’objet d’une rémunération) et non par per capita.

 

Cette productivité horaire (donnée en dollars à la parité de pouvoir d’achat) est proche de celle des meilleurs pays riches.

 

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La France est au 5ème rang mondial pour les dépenses de recherche/développement ce qui en fait un pays attractif dans la concurrence par l’innovation.

 

En outre, les coûts d’implantation en France sont faibles ce qui a tendance à compenser des coûts du travail supérieurs à la moyenne européenne, même s’ils sont bien inférieurs à ceux des USA.


Ces coûts sont dus aux cotisations sociales élevées, signe d’un pays à haut standard social (en terme de couverture maladie et de retraite notamment) plutôt qu’aux salaires.

 

De façon plus anecdotique, plaisent aux investisseurs étrangers :

-         la disponibilité de l’immobilier d’entreprises,

-         le prix très bas de l’électricité,

-         la faiblesse du nombre de jours de grève (4 par an soit 3 fois moins qu’en Italie, 6 fois qu’en Espagne et 8 fois moins qu’en Belgique).

 

Financièrement, le cumul de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les bénéfices est un des plus faible de l’Union Européenne à 15 (11,8 % du PIB au total) tandis que la récente réforme du crédit d’impôt recherche s’avère fort avantageuse.

 

Bien entendu, malgré le retard pris par la France dans les investissements pour les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication), les étrangers apprécient les Services publics français (éducation, santé, logement) et les infrastructures de transport (1er réseau de train à grande vitesse au Monde, réseau autoroutier de 11.000 km et 6 aéroports internationaux).

 

Enfin, la qualité de vie (1er place mondiale) - liée au niveau de couverture sociale - est forcément un plus.

 

Compte tenu des nombreux atouts concurrentiels de la France, les investissements étrangers ne sont donc pas prêts de se tarir : environ 40 % du capital côté à la Bourse de Paris appartient déjà à des non résidents.

13/08/2010

Les effets de l’assouplissement de la carte scolaire

La carte scolaire a été créée en 1963 lors de la réforme Fouchet qui a unifié en un seul système éducatif l’enseignement primaire, l’enseignement secondaire, l’enseignement technique et les centres d’apprentissage.

 

En imposant la scolarisation dans l’établissement de proximité, la carte scolaire permettait de répartir entre tous les collèges la petite minorité d’élèves qui avait accès aux premiers cycles des lycées.

 

L’objectif était la mixité sociale et un élargissement du vivier de recrutement des élites.

 

Au fil du temps, les classes moyennes ont embrayé le pas des classes supérieures en demandant de plus en plus de dérogations visant à détourner la sectorisation.

 

Les décisions d’octroi des dérogations étaient opaques et elles étaient plus facilement obtenues par les initiés du système éducatif.

 

Les parents invoquaient un motif lié par exemple, aux difficultés de transport, ou tiraient parti d’options rares non disponibles dans leur établissement de rattachement pour en viser un autre.

 

Après avoir envisagé la suppression de la carte scolaire, souhaitant « donner le libre choix de l’établissement aux familles », Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos ont décidé « un assouplissement de la carte scolaire », en juin 2007.

 

Précédemment, Jacques Chirac et François Bayrou avaient considéré que la carte scolaire était « le garant de la mixité sociale » tandis que Ségolène Royal jugeait que cette « carte fige et cristallise les inégalités » tout en promettant « plus de moyens aux établissements délaissés ».

 

La sectorisation, découpage du territoire en zone de recrutement de chaque établissement scolaire, est décidée pour les collèges par le Conseil général et pour les lycées par l’Etat.

 

Dans tous les cas, c’est l’Inspection d’Académie qui procède aux affectations des élèves et décide d’éventuelles dérogations aux secteurs géographiques.

 

Depuis 2007, une priorité est donnée, dans l’ordre décroissant, aux enfants handicapés, aux boursiers, aux malades et aux fratries dispersées.

 

L’école élémentaire (maternelle et primaire), sauf exception, ne peut déroger à la carte scolaire.

 

La carte scolaire est, avant tout, un droit donné aux parents de scolariser leurs enfants dans l’établissement du secteur géographique où ils résident.

 

En effet, la carte scolaire régule certes la demande des familles mais aussi l’offre scolaire (en quantité c’est-à-dire en capacité d’accueil dans un établissement).

 

L’Inspection d’Académie doit ouvrir (ou devrait ouvrir) un nombre de classes suffisantes pour accueillir les élèves du secteur.

 

Par extension sémantique, une ouverture ou une fermeture de classe est une mesure dite « de carte scolaire ».

 

Les postes d’enseignants sont donc répartis suite à une analyse des effectifs d’élèves.

 

Les deux objectifs affichés de l’assouplissement de la carte scolaire étaient la liberté du choix des familles et l’accroissement du brassage social.

 

Ont-ils été atteints ?

 

Concernant la liberté du choix des familles, sur 95.246 demandes de dérogations en 2007, 74,7 % ont été accordées et pour 115.003 demandes en 2008, 75,4 % l’ont été.

 

La réforme de la carte scolaire a donc entraîné une recrudescence modérée (+ 20,7 %) du nombre de demandes de dérogation et environ 16.000 élèves supplémentaires ont pu bénéficier d’un accord, représentant 0,7 % du nombre de collégiens et de lycéens.

 

Globalement, respectivement pour un collège standard à 600 élèves et un lycée standard à 1.200 élèves, cela représente 4 et 6 élèves qui obtenaient auparavant leur ticket de sortie, et maintenant, 1 à 2 de plus suite à la mesure d’assouplissement de la carte scolaire.

 

On est véritablement dans l’exception et dans l’effet d’annonce au niveau de la communication gouvernementale.

 

D’ailleurs, l’objectif du Ministère de l’Education Nationale de multiplier par 2 le nombre d’élèves bénéficiant d’une dérogation entre les rentrées 2007 et 2008 est, à l’évidence, loin d’être atteint.

 

Alors, pourquoi cette « mesurette » agite t’elle tant les parents d’élèves, les enseignants et les élus.

 

Tout d’abord, parce qu’elle met en concurrence les établissements.

 

Or, cette dernière favorise l’homogénéisation plutôt que la diversification des origines sociales.

 

Ainsi, les établissements les plus défavorisés, aux résultats les plus faibles, sont fuit et concentrent les élèves en difficulté (diminution de la mixité scolaire) tandis que les établissements favorisés voient leur mixité sociale légèrement augmenter mais au détriment de la mixité scolaire (concentration des meilleurs élèves).

 

Quant aux établissements « moyens », l’assouplissement de la carte scolaire radicalise leur profil et les fait basculer soit vers le haut, soit vers le bas.

 

La ghettoïsation d’un établissement peut être accélérée par le fait que si les parents souhaitent avoir le choix, il en est de même des enseignants qui veulent prioritairement rejoindre les « bons établissements » (les professeurs avec de l’ancienneté et conséquemment de l’expérience s’y concentrent donc).

 

L’assouplissement de la carte scolaire est-elle efficace sur le plan de la réussite scolaire ?

 

La réponse est vraisemblablement non en France car, dans aucun des pays de l’OCDE, le libre choix des parents s’est traduit par un accroissement de la performance du système éducatif.

 

Les critères de sélection des bénéficiaires des dérogations sont-elles améliorées ?

 

Les élèves boursiers, prioritaires, sont 33 % de plus à avoir obtenu le blanc-seing au collège avec un taux de satisfaction en hausse à 92 % mais le taux de 89 % ne s’est pas amélioré au lycée.

 

Auparavant, la sélection se faisait au niveau des établissements sur des critères de niveau scolaire : la méritocratie recule donc devant l’équité (le niveau social ne met pas sur un pied d’égalité quant au niveau scolaire).

 

Dernière question, l’assouplissement de la carte scolaire est-elle une mesure républicaine et durable ?

 

D’une part, le libre choix s’avère quasiment impossible en milieu rural du fait de l’éloignement ce qui porte atteinte au principe d’égalité républicaine : seul un fort développement des internats pourrait pallier à cette faiblesse, dans un souci d’aménagement de ces territoires.

 

D’autre part, la règle de non remplacement d’un fonctionnaire d’Etat sur 2 partant à la retraite met à mal l’assouplissement de la carte scolaire.

 

En effet, de nombreux établissements, insuffisamment dotés en enseignants et donc dans l’incapacité d’ouvrir le nombre de classes nécessaire, ne sont pas en mesure d’accueillir en dehors de leur secteur de recrutement.

 

D’autres collèges ou lycées, victimes de leurs succès, n’ont plus de locaux disponibles pour suivre la croissance des effectifs.

 

En réduisant le nombre des professeurs de 11.200 en 2008 (sur 22.700 agents au total dans la Fonction publique d’Etat), puis de 13.500 en 2009 (sur un total de 30.000) et enfin de 21.000 en 2010 (sur un total de 34.000), le Ministère de l’Education Nationale est dans l’obligation de remplir au maximum les classes et corrélativement d’en supprimer là où elle ne sont pas totalement remplies.

 

Cette démarche comptable contrarie forcément les velléités de certains parents puisque l’offre d’enseignement disparaît çà et là.

Or, fin 2008, Xavier Darcos, devant le Sénat, à l’occasion du budgétaire 2009, s’est engagé à ce que « les établissements qui perdront des élèves en raison de la suppression de la carte scolaire conserveront leurs moyens et les mobiliseront pour améliorer la réussite de leurs élèves, par exemple au travers de projets personnalisés de réussite éducative ».

 

C’est le cas de la moitié des établissements en Zone d’éducation prioritaire (ZEP) touchés par une hémorragie de départs.

 

Avec des postes en moins au niveau national et des transferts d’enseignants décemment non possibles entre établissements défavorisés et établissements favorisés, l’offre d’enseignement recule en nombre.

 

Elle régresse aussi en diversité car pour assurer des options variées, souvent devant des classes à petit effectif, il faut des moyens en professeurs.

 

La possibilité d’obtenir une affectation dérogatoire sera donc de plus en plus difficile à obtenir.

 

D’ailleurs, dès la rentrée 2000/2011, les parents sont invités à faire le choix d’un établissement où l’élève, en cas d’admission, ne sera pas forcément en mesure de choisir l’option qu’il souhaitait, les places pour les options les plus prisées étant limitées.

 

Le libre choix d’un établissement risque donc de s’accompagner d’options non choisies, la sélection vis-à-vis de ces dernières relevant a priori du niveau scolaire qui ne figure pas dans les critères d’obtention d’une dérogation.

 

Si grâce à l’assouplissement de la carte scolaire, certains élèves rejoindront l’établissement souhaité, ils n’y suivront pas forcément la scolarité désirée.

 

En conclusion, l’assouplissement de la carte scolaire concerne peu d’élèves aujourd’hui (et en concernera encore moins demain), peut s’avérer pénalisante pour le bénéficiaire, ambitionne d’élargir la base sociale de l’élite scolaire au détriment des effets induits de ségrégation sociale.

 

Rien ne sert en effet de « déshabiller Paul pour habiller Jacques ».

 

Au contraire, l’objectif devrait être, partout, l’excellence, c’est-à-dire la capacité des établissements scolaires à sublimer, au niveau des résultats des élèves sortants, le potentiel de réussite des élèves entrants.

 

Il faudrait aussi que soit mise en place, sur un bassin de recrutement des élèves (arrondissement, agglomération, etc.), une offre pédagogique, différentiée mais cohérente, de l’ensemble des établissements scolaires en terme de lutte contre l’échec scolaire ou encore d’ouverture sur le Monde et la citoyenneté.

 

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06/08/2010

« Entrée en matière »

Les « Encadreurs nomades » exposent, du 6 au 9 août, dans la fort jolie chapelle de Saint-Etienne les Bains, près de Montpeyroux.

 

Leur thème d'exposition : « Le livre, source d'inspiration ».

 

Les « Encadreurs nomades » ont déjà présenté, en avant-première, une partie de leurs réalisations, à Assas, fin mai, dans le cadre d'une journée du livre.

 

Pour la chapelle, l'exposition s'est étoffée de nouvelles créations.

 

C’est l’association « Saint Etienne au Cœur », qui présente cette exposition réalisée par Les Encadreurs Nomades » et dénommée : « Entrée en Matière ».

 

L’entrée est gratuite.

 

Les sujets abordés sont les suivants.

 

Le livre-objet, le livre lui même, sa fabrication, sa présentation, le livre matière.

 

Le livre, c'est la lecture, le plaisir…

 

Le livre, c’est le lecteur, c'est aussi l'auteur.

 

C'est la page, manuscrite, imprimée... et, la page blanche !

 

C’est l’écriture, la calligraphie, l’illustration.

 

C'est la tranche, la 4ème de couverture, la table des matières…

 

Pour s'y rendre :

En venant de St JEAN DE FOS, prendre la direction LAGAMAS

Traverser le village de LAGAMAS

Descendre direction MONTPEYROUX (2ème rue à droite après l’église)

Au Stop, le cimetière est en face et un peu sur la droite, emprunter le chemin qui longe le cimetière sur sa gauche, dans la campagne et qui mène directement à la Chapelle Saint-Etienne.

Par MONTPEYROUX : passer devant la cave coopérative, au carrefour prendre en face direction JONQUIERES.

Suivre direction JONCQUIERES pour traverser le village.

Peu après le Monument aux Morts : 2ème route à gauche direction Saint-Etienne les Bains et Domaine VALLAT

Par la D141 E2, sortir de MONPEYROUX, traverser le hameau de St Etienne les Bains et prendre la 1ère à gauche, un petit chemin jusqu’à la Chapelle

 

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Cette exposition de très belle facture s’inscrit dans un cadre à forte valeur patrimoniale.

 

Vous pourrez vous désaltérer pas loin à la source de Font Chaude, aux bienfaits diurétiques et aseptisants.

 

Vous pourrez découvrir l’art des potiers à Saint-Jean de Fos.

 

Vous pourrez admirer le magnifique pont métallique sur l’Hérault à Lagamas.

 

Vous pourrez vous rafraîchir sur les plages du fleuve au Pont du Diable.

 

Aniane et Saint-Guilhem le Désert et leurs abbayes ne sont pas loin.

 

Quant aux vins de Montpeyroux, Jonquières ou encore Saint-Saturnin de Lucian, ils valent eux-aussi le détour.

 

Voilà une journée d’été sous le signe des livres et de la beauté des paysages.

03/08/2010

Les grandes manœuvres

L’eau brute fait l’objet de beaucoup de réflexions en ce moment.

 

Venue du Rhône, cette ressource en eau abondante permet de faire face aux besoins d’irrigation et de potabilisation des alentours de Montpellier pour les prochaines décennies.

 

L’eau du Rhône contribue aussi à soutenir les débits d’étiage du Lez et du Salaison.

 

Sans eau, l’agriculture languedocienne ne peut pas se diversifier.

 

Or, l’arrachage des vignes libère beaucoup de terres.

 

Les nouvelles pistes de productions (pois chiches, chanvre, plante sucrante comme la Stevia rebaudiana, plantes aromatiques et médicinales) comme d’autres cultures plus traditionnelles (raisin de table, maraîchage, blé dur) ne sont pas envisageables sans apport d’eau.

 

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Expérimentations de grandes cultures irriguées 

 

De même, sans irrigation, il n’est pas possible de mettre en œuvre des filières de production fourragère et protéagineuse biologiques (foin de fauche, luzerne et autres légumineuses, colza, tournesol, etc.) permettant d’alimenter les éleveurs des montagnes sèches environnantes (fabrication de pélardons, veaux sous la mère, etc.).

 

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Exemple d'irrigation économique par pivot développable en zone de plaine

 

Notre climat méditerranéen est en effet chiche en précipitations (600 à 800 mm sur les zones littorales et de plaines) et surtout prodigue en sécheresse estivale.

 

La viticulture de qualité, confrontée à la féroce concurrence des « Pays du Nouveau Monde », doit aussi maîtriser les apports hydriques.

 

50 ans après la construction du Canal Philippe Lamour et le semi-échec de la diversification (seule la plaine de Mauguio s’est véritablement mise à l’arboriculture, l’horticulture et la floriculture), les décideurs anticipent les besoins en eau de demain, notamment en terme de potabilisation.

 

Une agriculture à haute valeur ajoutée, une ceinture verte de la capitale régionale, générant des flux vertueux sur le plan environnemental dans le cadre de circuits courts de commercialisation, passe par la maîtrise de l’eau.

 

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Melons sous tunnel irrigués en goutte à goutte

(l'Hérault est le premier producteur français de melons charentais au mois de juin)

 

Concernant l’eau potable et donc la présence humaine et son confort, le département de l’Hérault peut compter aujourd’hui sur des sources karstiques à l’intérieur des terres, la nappe astienne en bord de mer et les champs drainants du fleuve Hérault.

 

L’exploitation de ces ressources naturelles étant déjà largement optimisée, il ne reste plus pour des développements futurs que l’eau brute et un jour – mais à quel coût et avec quelle débauche d’énergie ? – l’eau de la Méditerranée à désaliniser.

 

La bataille pour la disponibilité de l’eau a donc commencé.

 

Elle se mènera dans un premier temps sans l’Etat qui s’est désengagé fortement en terme d’appui aux aménagements hydrauliques.

 

Pourtant, les fameux crédits du chapitre 61, article 40, ont permis pendant des décennies de subventionner généreusement les projets à hauteur de 80 %, en misant sur une rentabilité à long terme.

 

L’Europe peut en revanche être intéressée par un projet ambitieux comme celui d’Aqua Domitia.

 

Toutefois, le poids essentiel des investissements nécessaires reposera sur les collectivités territoriales et sur les usagers d’eau d’irrigation ou d’eau potable.

 

Premier verrou à faire sauter, auquel s’emploie la Président de la Région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, toujours aussi visionnaire : faire baisser le prix facturé par Bas-Rhône Languedoc (BRL) pour la livraison d’eau brute, trop coûteux en l’état.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier (CAM) que préside aussi Georges Frêche s’emploie à négocier de nouveaux tarifs : une baisse des prix stimulerait la demande et l’augmentation de cette dernière permettrait un meilleur équilibre des comptes de BRL, comptes fortement impactés par des charges fixes conséquentes.

 

La CAM est cliente de BRL depuis l’année 1992 qu’elle restitue dans le Lez un débit de 800 l/s en saison sèche (soutien d’étiage visant à compenser l’impact sur les écoulements naturels des prélèvements d’eau potable à la Source du Lez).

 

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Soutien d'étiage du Lez le plus à l'amont

au droit du Domaine de La Valette sur la commune de Clapiers

 

De même, la CAM a repris le contrat liant la Commune du Crès à BRL pour le soutien, dans le cadre de la Charte du Salaison, du débit d’étiage de ce petit fleuve se jetant dans l’étang de l’Or, à hauteur de 10 l/s (tout de même l’équivalent de 100.000 m3 par été).

 

En outre, la Communauté d’Agglomération de Montpellier est doublement intéressée par l’eau brute, ayant récemment pris la compétence « Eau brute » (le 1er janvier 2009) et « Eau potable » (depuis le 1er janvier 2010).

 

Il en est de même pour la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup qui a pris la compétence « Eau potable » le 1er janvier 2010 et s’intéresse maintenant avec insistance à la compétence « Eau brute ».

 

En effet, la maîtrise de l’eau est nécessaire dans le cadre des grandes décisions d’aménagement du territoire auxquelles président les communautés urbaines, d’agglomération ou de communes.

 

Autour de Montpellier, quatre grands sites de potabilisation de l’eau brute se dessinent :

-         Portaly, aux portes du Zénith, entre Mauguio et Montpellier à l’extrémité du Canal Philippe Lamour, qui traite l’eau du Rhône pour un compléter l’été l’alimentation de la Ville de Montpellier,

-         Arago, au dessous de bois de Montmaur, dans le quartier Hôpitaux-Facultés de Montpellier, qui peut recevoir en secours de l’eau du Rhône via le pompage de Portaly, le château d’eau BRL du Crès et les canalisations traversant le Lez au Domaine de La Valette à cheval sur Clapiers et Montpellier,

-         Fabrègues pour le renfort du Syndicat du Bas-Languedoc (24 communes de l’Ouest de Montpellier alimentées),

-         Bois du Peillou, sur la commune de Saint-Hilaire de Beauvoir, en vue de compléter les ressources du Syndicat Intercommunal de Garrigues-Campagne (24 communes du Nord-Est de Montpellier adhérentes).

 

Sur le plan institutionnel, les prochaines années vont vivre la disparition des syndicats d’eau existants, les communautés de communes et les communautés d’agglomération prenant les commandes.

 

D’ores et déjà, ces instances ont élu des représentants (précédemment désignés par les conseils municipaux des communes membres) dans les assemblées délibérantes de ces syndicats.

 

Le Syndicat intercommunal des travaux d’irrigation dans la vallée du Salaison (SITIVS) devrait être notamment dissout le 31 décembre 2010.

 

Regroupant 6 communes (Assas, Clapiers, Guzargues, Jacou, Teyran, Vendargues), ce syndicat a développé de façon originale, à l’image du Syndicat du Nord-Sommiérois, voisin du Gard, la distribution d’eau brute auprès des agriculteurs et des particuliers, évitant à ces derniers d’arroser leur jardin avec de l’eau potable.

 

Le SITIVS couvre une zone non concédée par l’Etat à BRL.

 

Le cas du Syndicat intercommunal de Garrigues-Campagne (SIGC) est encore plus emblématique de la nouvelle donne institutionnelle.

 

Ce syndicat d’eau potable est dirigé par 48 délégués dont 18 issus de la Communauté d’agglomération de Montpellier (Baillargues, Beaulieu, Castelnau le Lez, Castries, Clapiers, Montaud, Restinclières, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues), et 14 de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup (Assas, Fontanès, Guzargues, Teyran, Saint-Bauzille de Montmel, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Vincent de Barbeyrargues) que 12 autres délégués provenant de la Communauté de communes Ceps et Sylves (Buzignargues, Campagne, Galargues, Garrigues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies) pourraient rejoindre, au cas où cette dernière intercommunalité fusionnerait avec la Grand Pic Saint-Loup.

 

Les quatre derniers délégués sont issus des communes de Boisseron et de Saussines, toutes les deux membres de la Communauté de communes du Pays de Lunel qui, tôt ou tard, se dotera de la compétence « Eau potable ».

 

D’autre part, le SIGC a pris très récemment, à contre courant du mouvement observé, la compétence « Eau brute » pour quelques communes, dont certaines du Grand Pic Saint-Loup qui se prévaut maintenant de cette compétence !

 

A terme, c’est le Grand Pic Saint-Loup qui aura le dernier mot et gérera en direct l’eau brute.

 

Que ce soit pour l’eau potable ou l’eau brute, le mouvement de simplification administrative actuel fait perdre au SIGC sa légitimité historique, ce syndicat devenant une sorte d’écran entre les usagers et les collectivités qui détiennent vraiment les compétences.

 

Il se peut fort dans ces conditions que le Préfet de l’Hérault souhaite, comme pour le SITIVS, la disparition du SIGC dans les années à venir.

 

Plus globalement, l’exercice de la compétence « Eau brute » va nécessiter la mise en œuvre de fonds colossaux (le coût d’un double réseau qui va s’étendre très progressivement dans la plaine agricole et dans les nouveaux quartiers à urbaniser) dont la mobilisation n’est envisageable qu’au niveau des communautés de communes et d’agglomération.

 

Pour mémoire, les réseaux d’eau et d’assainissement en France ont nécessité une capitalisation de l’ordre de 200 milliards d’€ ce qui représente un patrimoine collectif d’environ 7.000 € par ménage français.

 

Ces sommes donnent un ordre de grandeur de l’effort gigantesque qu’il faudra fournir, au moins en Languedoc-Roussillon, pour sécuriser notre approvisionnement en eau en développant la desserte en eau brute.

 

 

Le « Pôle Eau » de Montpellier, dernièrement labellisé par l’Etat comme pôle de compétitivité à vocation mondiale, est un atout dans la grande bataille de l’eau à mener.

30/07/2010

Revenu de Solidarité Active : un choix technocratique

Le Revenu minimum d’insertion (RMI) créé le 1er décembre 1988 et l’Allocation de parent isolé (API) ont été remplacés au 1er juillet 2009 par le Revenu de solidarité active (RSA).

 

Ce minimum social cible aussi le public des travailleurs pauvres.

 

L’intention du Gouvernement Fillon était d’inciter les chômeurs à trouver une activité rémunérée sans perdre leur allocation précédente.

 

Malheureusement, loin de moderniser la solidarité de la Nation vis-à-vis de ceux qui n’ont rien, ce nouveau dispositif s’avère une mesure technocratique qui expose les plus nécessiteux à des démarches administratives inutiles.

 

Or, une majoration de la Prime pour l’emploi (PPE) aurait permis, à l’identique, d’apporter le complément de revenu aux bénéficiaires de minima sociaux retrouvant un emploi comme aux travailleurs sous le seuil de pauvreté.

 

Rappelons que la PPE (après avoir été dans le collimateur du Gouvernement Fillon) est maintenue, que son coût a été pour la Collectivité de 4,2 milliards d’€ en 2008, qu’elle bénéficie à 1 foyer sur 4 et à 9 millions de personnes, qu’elle apporte un supplément de revenu moyen annuel de 480 € par personne et un peu plus de 1.000 € pour un foyer fiscal (moyennes 2007), que son montant peut atteindre 948 € pour chaque actif (valeur en 2007), que 6 % des travailleurs pauvres sont sortis de la pauvreté grâce à elle et qu’enfin 90 % des Français connaissent son mécanisme.

 

Alors que la PPE est un crédit d’impôt calculé automatiquement, sur la base des revenus du travail, par informatique, donc d’un coût d’instruction quasiment nul pour la Société, le RSA oblige au dépôt d’un dossier, à des déplacements pour le demandeur et à une instruction par un service spécialisé.

 

Le coût de la gestion du RSA est ainsi disproportionné par rapport au bénéfice tiré par les bénéficiaires (montant moyen de l’allocation en septembre 2009 de 422 €/mois et de 157 €/mois pour les foyers à nouveaux droits, c’est-à-dire précédemment non allocataires du RMI).

 

Pendant que l’on fréquente un guichet, de plus en plus éloigné de son domicile du fait de la politique de suppression des services publics de proximité, on est dans l’incapacité de passer ce temps à rechercher un emploi ou à travailler.

 

Le Gouvernement Fillon a lui-même reconnu que les procédures d’attribution du RSA étaient très complexes et souhaitent prendre des mesures de simplification dès septembre 2010.

 

Cette lourdeur technocratique est une des raisons de la lente montée en puissance du dispositif, beaucoup de bénéficiaires potentiels ayant volontairement différé leur demande d’inscription.

 

A ce sujet, le bilan financier est assez parlant.

 

Alors que Martin Hirsch, l’initiateur du RSA, souhaitait au départ mobiliser un budget de 2 à 3 milliards d’euros, l’intéressé disait ensuite se satisfaire d’une dépense de 1,5 milliards en 2009.

 

Or, le nouveau dispositif a rapporté plus d’argent que ce qu’il a coûté en 2009 !

 

En effet, les 1,1 % de taxe supplémentaire sur les revenus du capital (patrimoine et assurances vie) ont été appliqués dès le 1er janvier 2009.

 

Cet impôt a touché 12 millions de ménages (soit 1/3 des ménages français notamment de la classe moyenne), excepté bien entendu ceux protégés, fort opportunément, par le bouclier fiscal, voté en juillet 2007.

 

Ces 1,1 % ont rapporté 833 millions d’euros en 2009.

 

L’Etat a aussi annulé, exceptionnellement, en 2009, le versement de la Prime pour l’emploi aux bénéficiaires du RSA, d’où un gain complémentaire d’environ 250 millions d’euros.

 

Le coût du RSA ayant été de seulement 774 millions d’euros, le Gouvernement a bénéficié en 2009 d’un bonus financier de près de 300 millions d’euros, grâce au RSA !

 

Les 774 millions de dépenses sont à comparer aux 1.500 millions espérés par Martin Hirsch, ce qui montre le retard pris dans la montée en puissance du dispositif.

 

Fin 2009, d’après la Caisse Nationale d’Allocations Familiales et la Mutualité Sociale Agricole, services instructeurs du dispositif, le nombre d’allocataires s’est établi en France métropolitaine à :

-         1.131.354 pour le « RSA socle » seul (ex RMI et API estimée à 15 % environ du total),

-         182.566 pour le « RSA socle » + le complément « RSA Activité » (62 % du montant des rémunérations du travail jusqu’à atteindre éventuellement le seuil de pauvreté égal à approximativement 880 €),

-         416.234 pour le « RSA activité ».

 

Sur ce total de 1.730.154 bénéficiaires, 57,6 % sont des femmes et 40,4 % sont des personnes seules.

 

Dans l’Hérault, les chiffres donnent respectivement : 29.791, 4.996, 9.228 pour un total de 44.015.

 

Si l’on tente, au niveau national, une comparaison avec le nombre de Rmistes fin 2008, soit environ 1.150.000 et de bénéficiaires de l’API, au nombre approximatif de 150.000, publics aisément transférés sur le nouveau dispositif, on retrouve le même nombre que pour le « RSA socle » (environ 1.300.000).

 

La plus-value du dispositif ne saute donc pas aux yeux.

 

On est vraisemblablement loin de l’objectif de Martin Hirsch d’avoir favorisé l’emploi, 18 mois après le début du dispositif, de 100.000 allocataires du RMI.

 

On est encore plus loin de son second objectif de faire sortir 700.000 travailleurs de la précarité en dépassant le seuil de pauvreté (les 400.000 bénéficiaires du « RSA activité » ne dépassent pas tous ce seuil).

 

Sur le plan idéologique, la mise en place du RSA s’est inscrite dans l’application du slogan « Travailler plus, pour gagner plus » puisqu’auparavant un petit salaire venait en déduction des minima sociaux.

 

Le RSA participait aussi de la théorie libérale du « chômage volontaire » qui impute la responsabilité de son inactivité à celui qui la subit.

Or, le choix de ne pas travailler est essentiellement contraint par des raisons de santé.

 

En outre, les chômeurs butent dans leur recherche d’activité sur des offres d’emplois peu nombreuses et sur les effets de leur formation souvent inadaptée.

 

Enfin, les demandeurs d’emploi, dont les allocataires des minima sociaux, se plaignent de  rémunérations horaires jugées trop faibles.

 

Le RSA incite à l’évidence les employeurs à moins payer leurs salariés puisqu’il supplée en partie à ce déficit d’émolument.

 

Le Gouvernement Fillon donne à l’envi des signaux en ce sens en parlant de coût de main d’œuvre trop élevé en France, de charges – terme impropre par ailleurs puisqu’il s’agit de cotisations – sociales trop lourdes ou encore en n’augmentant le SMIC que de l’inflation sans « coup de pouce ».

 

Or, tout salarié, toute profession libérale, tout travailleur indépendant aspire à vivre décemment du fruit de son travail.

 

L’ambition des Français n’est donc pas de « Travailler plus pour gagner plus» mais de « Pouvoir vivre décemment de leur travail ».

 

Le RSA est donc l’accompagnement d’une politique salariale défavorable aux travailleurs.

 

Cette austérité salariale décourage le retour à l’emploi des chômeurs et génère une masse de travailleurs pauvres tandis que le « RSA activité » vient faire « passer la « pilule ».

23/07/2010

L’emballement du crédit

Alors qu’une dure crise économique a logiquement succédé à la crise financière, la croissance de l’endettement en France, mais aussi dans le Monde, fait peser de lourdes menaces sur l’avenir.

 

En effet, la dette accumulée dans notre pays a atteint globalement, fin 2009, près de 3.800 milliards d'euros !

 

C'est ce que doivent l'ensemble des « agents non financiers résidents » : personnes physiques et personnes morales y compris les administrations mais exceptées les banques.

 

1.500 milliards correspondent aux emprunts de l’Etat (essentiellement) et des autres administrations publiques.

 

800 milliards correspondent aux encours mobilisés par les entreprises (310 pour l’immobilier, 240 pour les Petites et Moyennes Entreprises, 120 pour les grandes entreprises et 130 pour les holdings détenant des participations dans d’autres sociétés).

 

1.000 milliards sont dus aux organismes financiers par les particuliers.

 

Pour mémoire, les Collectivités territoriales ont emprunté environ 110 milliards d’€, ce qui est relativement marginal.

 

Le niveau global de l’endettement en France laisse songeur.

 

Acteur économique par acteur économique, il représente :

-         pour l’Etat, plus de 4 années de ses recettes (ou de façon moins parlante, en tenant aussi compte de l’endettement de toutes les autres administrations publiques, 81 % du Produit Intérieur Brut en 2009 contre 60 % en 2000 et moins de 10 % en 1983 sous le septennat de François Mitterrand avec environ à peine 150 milliards d’€ en euros courants de dettes),

-         pour les entreprises, 125 % de la valeur ajoutée qu’elles créent annuellement,

-         pour les particuliers, 75 % de leur revenu disponible brut (contre seulement 53 % en l’an 2000).

 

C’est cet emballement du crédit qui devient dangereux.

 

Le surendettement aboutit en effet souvent à la défaillance de remboursement.

 

Cette insolvabilité peut entraîner un effet boule de neige qui déstabilise toute l’économie.

 

Or qui paye in fine les intérêts de tous ces emprunts ?

 

Tout simplement :

-         les contribuables au travers des impôts car les intérêts sont des charges de fonctionnement pour l’Etat (ce poids repose essentiellement sur les salariés et les professions indépendantes pour les impôts directs et sur les consommateurs au travers de la TVA),

-         les consommateurs car les intérêts payés par les entreprises sur leurs emprunts sont un élément de prix de revient venant majorer le prix de vente (les entreprises reportent aussi les impôts qu’elles payent sur le prix de vente pour couvrir en partie les intérêts dus par l’Etat),

-         les particuliers pour leurs crédits à la consommation ou d’accession à la propriété immobilière.

 

Globalement, ce sont les ménages qui payent la quasi-totalité de ces intérêts aux banques.

 

Comme la dette en France représente, toutes sources confondues, près de 150.000 € par ménage, cela signifie qu’en moyenne un ménage français consacre l’équivalent de 6 mois de SMIC à payer les intérêts versés aux banques.

 

Ce calcul est basé sur un taux d’intérêt moyen proche de 4 % : on comprend mieux pourquoi une instabilité durable, « à la grecque », avec des taux d’intérêt flambant autour de 10 %, nous serait insoutenable (chaque ménage devant alors s’acquitter en moyenne de 15 SMIC mensuels par an !).

 

Il va donc falloir se déshabituer d’une inflation sans fin du crédit.

 

Sinon, le système capitaliste court tôt ou tard à sa perte et à une perte fracassante du type de la longue crise issue du krach boursier de 1929.

 

C’est inéluctable car nous sommes dans un Monde où les pays riches ne sont plus les seuls à alimenter cette spirale inflationniste : d’autres pays émergents y contribuent aujourd’hui.

 

Malheureusement, que fait une entreprise pour vendre davantage ? Elle propose un crédit à ses clients.

 

Qu’a proposé le candidat Sarkozy à la Présidentielle ? Inciter au prêt à la consommation et proposer aux particuliers des prêts hypothécaires immobiliers avec l’objectif que tous les Français deviennent propriétaires de leur habitation.

 

Que propose le Gouvernement Fillon ? Lancer un grand emprunt national.

 

Que propose la Banque Centrale Européenne ? Baisser les taux d’intérêt pour faciliter l’accès aux crédits pour les banques et pour les autres acteurs économiques, afin de sauver des entreprises de la faillite et tenter de soutenir l’économie.

 

Le remède institutionnel à la crise, ouvrir les vannes du crédit, concourt donc à augmenter l’endettement et contribue de ce fait à une toujours plus grande fragilisation de la solvabilité des acteurs économiques.

 

C’est un cercle vicieux, un jeu dangereux, pouvant mener à l’implosion du système.

 

En outre, au fur et à mesure de la croissance de la dette, c’est le tribu à payer par le travail à la rente qui croît.

 

Nous nous retrouvons ainsi dans une société où les revenus du capital prennent inexorablement le pas sur les revenus du travail.

 

Lorsque l’économie réelle croît au rythme d’une moyenne de 2,5 % par an, la création monétaire issue de la croissance du crédit atteint un rythme moyen de 6 %.

 

A force, les intérêts, proportionnels aux crédits accordés, deviendront insoutenables pour ceux qui travaillent et créent la richesse : c’est strictement mathématique.

 

Dans ces conditions jusqu’où les Français, qui ont sauvé les banques il y a quelques mois, via l’Etat qui est leur émanation, accepteront-ils de sacrifier leurs revenus au profit des actionnaires ?

 

Cela pose donc à nouveau le débat sur l’opportunité de nationaliser les banques pour que les intérêts payés par les emprunteurs puissent financer le budget de l’Etat.

 

Ces nationalisations, inéluctables si une deuxième crise financière majeure advenait dans les mois prochains, nécessiteraient toutefois une rigueur de gestion que nous n’avons pas connu par le passé.

 

Tout l’enjeu consiste en fait à ce que les organismes financiers soient gérés dans l’intérêt général et pas de celui d’actionnaires ni de celui d’un Etat qui voudrait se donner trop facilement des marges de manœuvre.

 

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Endettement de l’Etat français et des autres administrations publiques (Source : Wikipedia)

16/07/2010

Trouble-fête

Les comités des fêtes d’Assas et de Jacou ont préparé depuis plus de 6 mois les fêtes votives sur leurs communes respectives.

 

Si elles ont commencé dans une ambiance bon enfant et familiale, elles ont chacune connu un épilogue violent qui découragerait n’importe quel bénévole.

 

L’organisation de ces festivités repose en effet sur la bonne volonté, l’implication et la générosité de volontaires qui se fédèrent pour apporter à la jeunesse et à leur village des moments de partage inoubliables.

 

C’est sans compter sur quelques trublions, asociables, qui considèrent ces moments comme un exutoire, l’occasion de laisser parler leur triste nature, de régler des comptes futiles.

 

La Féria de Jacou a dû ainsi être écourtée, avec tristesse, suite une bagarre tardive, avec à la clef des blessés.

 

Le Club taurin organisateur, le Fé di Biou, désarçonné, s’est dissout dans la foulée et il n’est pas certain que le flambeau soit repris l’année prochaine, compte tenu des risques encourus.

 

De même, à Assas, un groupe a dégradé des voitures, empoisonnant l’ambiance.

 

Pourtant, dans les deux cas, l’organisation était particulièrement millimétrée, démontrant le professionnalisme de ces nombreux bénévoles.

 

Les animations taurines, encierros et autres bandidos, risquées par nature, ont été parfaitement maîtrisées par les manades et les organisateurs : pas la moindre blessure engendrée par les chevaux ou les taureaux.

 

Ce n’est donc pas la force bestiale qui était à craindre mais la bêtise humaine de quelques individus.

 

Ces dangers de violence hantent encore les mémoires des anciens Teyrannais et Clapiérois, leurs fêtes votives s’étant terminées tragiquement il y a une vingtaine d’années.

 

Depuis, Clapiers programme des événements festifs mais pas de fête traditionnelle tandis que Teyran n’a repris que cette année, au tout début du mois de juillet.

 

Malgré des vigiles, malgré la présence de la Police municipale, malgré l’intervention rapide des gendarmes tout proches, malgré la convention tripartite signée entre la Mairie, la Gendarmerie et le Comité des fêtes sensibilisant les parties et mettant en œuvre des mesures de prévention cohérentes, quelques trouble-fête peuvent gâcher le plaisir de centaines de personnes.

 

Le pire est que la responsabilité des élus locaux et des bénévoles est facilement invoquée par les tribunaux.

 

C’est une anomalie de notre droit où une entreprise se verrait dédommager pour une entrave à l’exercice de son activité mais pas les structures de bénévoles dans le cadre d’activités exceptionnelles.

 

Or, on attend toujours une jurisprudence qui fasse endosser la responsabilité de l’interruption d’une fête aux casseurs (manque à gagner à la buvette et à la restauration, frais d’annulation de l’orchestre et des spectacles taurins).

 

On attend toujours une proposition de loi de la part des députés du secteur, clairement très loin des priorités de nos concitoyens - « sécurité, logement, travail » - pour enfin faire endosser la responsabilité aux vrais fautifs.

 

Pourtant que la fête fut belle à Assas comme à Jacou !

 

Quelques photos prises à Jacou suffiront de s’en persuader.

 

 

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Crédit photographique : Michel Chastaing

08/07/2010

La langue de Molière est bien vivante

La Compagnie des Azamites a offert vendredi 2 juillet un spectacle enlevé et enjoué, au domaine de Fondespierre, à Castries.

 

Les Azamites sont connus dans le monde de l’improvisation théâtrale et pour leurs sketches.

 

A Castries, ils ont proposé une pièce de théâtre ambitieuse.

 

Le spectacle monté par cette troupe d’amateurs s’intitulait « Molière en pièces ».

 

Le mot « pièces » devait s’entendre :

-         au sens propre, compte tenu d’un découpage chronologique de la vie de Jean-Baptiste Poquelin, né à Paris et devenu Molière à Pézenas, sous la protection du Prince de Conti, avant de séduire la Cour du Roi de France,

-         au sens figuré, avec l’irruption de nombreux clins d’oeil contemporains.

 

Au final, un spectacle non pas comique mais drôle et raffiné, revisitant la vie et l’œuvre du grand metteur en scène et comédien.

 

Des costumes soignés, un jeu millimétré, de l’esprit et de la malice « en veux-tu, en voilà » ont enchanté les très nombreux spectateurs installés dans le théâtre de pierre du Domaine de Fondespierre.

 

Dans cet espace à la fois ouvert, sur les magnifiques arbres méditerranéens l’enserrant, mais aussi fermé par une enceinte en pierres calcaire, un mur rucher minéral, une terrasse et une arche monumentale, la scène fut très en valeur, surtout lorsque la nuit noire fut tombée.

 

Les 12 acteurs avaient annoncé la couleur : « Tout ce que vous souhaitez savoir sur Jean-Baptiste Poquelin sans jamais oser le demander ».

 

Ce pari fut tenu car le public se rappela sans effort que la langue de Molière était bien vivante et que le personnage était un passionné amoureux du public et de la comédie.

 

L’absence d’une scène sur la mort de Molière en pleine représentation fit même la démonstration qu’il n’était pas vraiment disparu puisque, assurément, il était bien là, sur les planches, au milieu de ses acteurs et face à son éternel public.

 

Plus en saison, le cadre du Domaine de Fondespierre servira d’écrin au Festival de Jazz « Les Nuits du Rucher », du vendredi 16 juillet au dimanche 18 juillet 2010.

 

La programmation prévoit « Vitamines Jazz Band » le vendredi 16, « Aurore Quartet » le samedi 17 et « Nicky Nicoll », « Thierry Saumande » et « Alain Rattier Big Band », pour le final, le dimanche 18 juillet 2010.

 

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Quant à la Compagnie des Azamites du Crès, elle s’était déjà produite avec « Molière en scènes », dans son propre village, le jeudi 1er juillet 2010, dans le cadre du Festival « Molière hier, aujourd’hui et demain ».

 

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 Accueil en musique avec le Jazz band de Castries

 

 

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 Le mur rucher attire les enfants

 

 

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 Le public commence à affluer et colonise chaises ou bancs en pierre

 

 

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 Molière en chair et en os

 

 

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 Les avatars d'un speed dating plein d'anachronismes

 

 

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 Travail des comédiens mais aussi des costumières

 

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Un acteur en frère jésuite ou l'éducation par le bâton

 

 

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De la pantomime à la comédie, il n'y a qu'un pas

 

 

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Les 12 acteurs bissés par le public

03/07/2010

La rénovation du Parti Socialiste

Le peuple des militants socialistes héraultais s’est réuni en Assemblée générale le mardi 22 juin 2010 à Mauguio pour débattre de la Rénovation du Parti Socialiste et examiner les amendements au texte national proposés par les sections socialistes du département.

 

 

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Sylvette Jeantet, Laurent Pradeille et Philippe Vidal lançant le débat

L’Hérault compte une centaine de sections pour environ 5.000 encartés : c'est la 5ème fédération française par le nombre des militants.

 

Le texte national proposé a ensuite été approuvé lors d’un vote, section par section, le jeudi 24 juin que ce soit au niveau départemental ou que ce soit au niveau national : 77 % Pour, 14 % Contre et 9 % de blancs ou nuls.

 

Une Convention nationale permettra aux délégués des fédérations de ratifier, au Carrousel du Louvre, le 3 juillet 2010, cet important texte sur la rénovation du Parti Socialiste.

 

Que recouvre le slogan choisi : « Primaires, renouvellement, parité, diversité » ?

 

Concernant la Présidentielle, le Parti Socialiste souhaite une concurrence à Gauche et une présélection du candidat, socialiste ou non, qui portera ses couleurs afin d’éviter un affrontement fratricide du type de celui vécu le 22 avril 2002 où Lionel Jospin fut éliminé dès le premier tour et le Front National présent au second.

 

Ces primaires ouvertes seront tranchées par tout Français justifiant de son inscription sur la liste électorale, s’engagent sur l’honneur à partager les valeurs de la Gauche et cotisant 1 euro pour participer aux frais du scrutin, organisé dans un grand nombre de communes.

 

Cette désignation démocratique augurera d’une dynamique derrière le candidat majeur de la Gauche dont les chances de gagner seront « décuplées ».

 

Il ne s’agit pas d’imposer le bipartisme mais de s’adapter à la bipolarisation du second tour de l’élection présidentielle.

 

Cette dernière est en effet le choix d’un homme ou d’une femme pour diriger le pays et l’élimination de son concurrent.

 

 

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Laurent Pradeille, Secrétaire de la Section de Mauguio

et Sébastien Denaja, Secrétaire de la Section de Sète 2, menant les débats

 

 

Concernant le renouvellement des cadres au sein du Parti Socialiste, il est intéressant de citer Arnaud Montebourg : « Rien ne sera plus jamais comme avant au Parti Socialiste ! Fini le temps des éléphants et place aux jeunes lions ! » (Libération du 18 juin 2007).

 

Cette prise de position provocatrice ne l’a pas empêché d’être désigné par Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste à la tête de la Commission de Rénovation du Parti.

 

Bien sûr, l’intéressé cumule des mandats de député et d’exécutif local (président de conseil général), n’est pas une femme et ne fait pas parti d’une minorité visible.

 

Bien sûr, l’intéressé venu dans l’Hérault a préféré snober la « base » en organisant une conférence de presse sur la rénovation du Parti à Montpellier, en s’assurant un one man-show à Frontignan et en évitant le débat départemental officiel organisé le même jour à Mauguio, assemblée dont il est fait état au début de ce cette note.

 

Comment donc les jeunes lions vont-ils pouvoir succéder aux éléphants ?

 

Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’une fin en soi car l’âge n’est pas une garantie de dynamisme.

 

Toutefois, le texte proposé frappe un grand coup en décidant unilatéralement (les autres partis ne pourront y être assujettis que s'ils se l'appliquaient eux-mêmes ou si le Parlement le décidait après les élections de 2012) le non cumul des mandats pour les parlementaires.

 

En réalité, il s’agit de rendre incompatible pour les élus socialistes le cumul de la charge de député ou de sénateur et d’un exécutif local : maire-adjoint ou maire, vice-président ou président d’une communauté de communes, d’agglomération ou urbaine, d’un conseil général ou d’un conseil régiona).

 

Le texte, approuvé et intégré dans les statuts du Parti Socialiste, limite aussi au nombre de 3 les mandats électifs successifs dans la même fonction.

 

En outre, pour éviter le « tous contre un » ou le « tous contre une », seuls les représentants des motions arrivées aux deux premières places lors des Congrès triennaux pourront briguer les suffrages des militants socialistes en vue de devenir Premier Secrétaire national.

 

Cette nouvelle clause évitera le cas de figure consécutif au Congrès de Reims où Bertrand Delanoë (représentant la seconde motion) a prêté main forte, une fois distancé au premier tour, à Martine Aubry (représentante de la troisième motion) qui a finalement coiffé sur le fil Ségolène Royal (pourtant représentante de la motion - largement - majoritaire).

 

 
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Une partie de l'assistance rassemblée pour un débat démocratique

Concernant l’application de l'égalité vis-à-vis des femmes, du renouvellement et de la diversité, la parité intégrale sera appliquée dans l’ensemble des instances du Parti.

 

Notamment pour les élections législatives de 2012, le Parti Socialiste présentera au moins 50 % de femmes et visera l’objectif ambitieux de 50 % d’élues.

 

Cette grande avancée que les Français devraient plébisciter ne sera toutefois positive que si les députés socialistes sortant ne sont pas systématiquement reconduits aun niveau de l'investiture, ce qui entraînerait l’éviction des hommes jeunes.

 

Afin de permettre aux nouveaux candidats (il est important que la variété de profession, d’origine, de parcours, existante dans la société française soit respectée) de s’implanter le plus tôt possible, le Bureau national du Parti Socialiste définira en décembre 2010 un nombre de circonscriptions réservées au renouvellement et à la diversité.

 

Ces nouveaux candidats seront parrainés par les grands élus locaux.

 

 

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Michel Chastaing, Secrétaire de la Section de Clapiers, intervenant sur les Primaires
et plaidant pour des cotisations proportionnées aux moyens financiers des militants
 
 

Le Parti Socialiste change : il se modernise pour mieux représenter les Français et pour être en capacité de gouverner au mieux la France.

 

Le Parti Socialiste de l’Hérault, toujours dirigé par une large majorité de camarades ayant voté pour la motion emmenée au Congrès de Reims par Vincent Peillon et Ségolène Royal, contribue activement à cette rénovation.

 

Crédit photographique : Florent Bellouard

29/06/2010

En direct du terroir

Terroir Direct propose en fin de semaine un approvisionnement alimentaire complet aux habitants des alentours de Montpellier et de Nîmes.

 

Née en décembre 2000, cette association de producteurs des Cévennes et du Pays d’Oc, au nombre d’environ 100, fournit en moyenne approximativement 200 paniers par semaine.

 

En 10 ans, 2.000 ménages ont fait au moins une fois une commande auprès de Terroir Direct.

 

80 % de l’offre vient de producteurs locaux.

 

Les 20 % restants sont Bio, fermiers, AOC (appellation d’origine contrôlée) ou issus du commerce équitable.

 

Le chiffre d’affaires avoisine 600.000 €.

 

Les commandes se font quelques jours avant par Internet (http://www.terroir-direct.com) ou par téléphone.

 

Le catalogue de produits proposés (fruits et légumes, viandes, poissons, laitages, charcuteries, vins et boissons, boulangerie, épicerie, produits exotiques, etc.) compte approximativement 500 références.

 

Le retrait des paniers se fait soit au siège de Terroir Direct, à Castelnau le Lez, soit dans différents dépôts (Cournonsec, Frontignan, Lattes, Montpellier, Saint-Gély du Fesc, Saint-Mathieu de Tréviers, Castries, Sommières, Calvisson, Saint-Mamert du Gard, Nîmes et Marguerittes).

 

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Le camion frigorifique qui collecte les paysans et alimente les points de retrait

 

Le système mis en place par Terroir Direct allie :

-         la liberté de commander à partir de chez soi, quand on est disponible (du samedi au mardi midi),

-         la proximité du point de livraison par rapport au domicile du consommateur,

-         la rapidité d’approvisionnement puisque les paniers sont prêts quand on vient les chercher.

 

Avec ce type de dispositif, le consommateur ne paye :

-         ni le gaspillage des mises à la poubelle du fait d’un déséquilibre entre ce qui est mis en rayon et ce qui est vendu,

-         ni les frais de magasin,

-         ni les dépenses engendrées par les vols, constatés essentiellement dans les grandes surfaces.

 

Terroir Direct est une entreprise typique de l’économie solidaire.

 

De l’idée à la mise en place du projet, la genèse de Terroir Direct a été précédée d’une longue réflexion, d’une animation de réseau et d’une étude de marché.

 

Frédéric Prat, Président de l’Association PicVert, et Sylvère Gonzalvez, à l’époque Directeur de la DIFED (Dynamique d’information et de formation sur l’environnement et le développement durable - http://www.difed.agropolis.fr), et maintenant Directeur de Terroir Direct, ont été les initiateurs de cette aventure.

 

Ce n’est qu’en novembre 2001 que Terroir Direct s’est lancée dans l’activité commerciale.

 

Pionnier du circuit court (un intermédiaire au maximum entre le producteur et le consommateur), Terroir Direct est maintenant concurrencé par de nouveaux acteurs économiques qui essaie de surfer sur cette nouvelle mode.

 

Toutefois, cette association innovante conserve l’avantage d’une gamme très diversifiée et d’un mode de gouvernance collégial associant producteurs, consommateurs et salariés (au nombre de 5).

 

C’est pourquoi d’ailleurs les administrateurs de Terroir Direct envisagent la possibilité de créer une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

 

L’économie sociale et solidaire satisfait des besoins non couverts par l’économie de marché.

 

Le soutien des pouvoirs publics est cependant souvent nécessaire dans les premières années : c’est à ce titre que Terroir Direct a reçu des aides de l’Europe, de l’Etat, de la Région Languedoc-Roussillon et des Départements du Gard et de l’Hérault.

 

L’économie sociale (associations, mutuelles, coopératives) est une alternative viable  au capitalisme.

 

Elle met en œuvre des sociétés de personnes où « Un homme égale une voix », ce qui est la base d’un groupement non totalitaire.

 

En outre, ces structures sont acapitalistes (le bénéfice ne peut pas être distribué mais réinvesti dans l’outil de travail), ce qui évite qu’un individu, parce qu’il est majoritaire dans le capital décide pour les autres, ou pire, par le jeu d’une cascade de participations, qu’un individu, globalement minoritaire dans le groupe de sociétés concernées mais majoritaire dans la holding de tête, impose sa loi à l’intelligence des autres actionnaires.

 

Les structures de l’économie solidaire sont toutefois en prise avec le marché et en concurrence avec des sociétés n’obéissant pas, notamment à l’étranger, aux mêmes règles éthiques.

 

Il faut donc être performant tout en étant plus ambitieux en terme social et environnemental.

 

A ce titre, l’intérêt de Terroir Direct est :

- le développement de l’emploi agricole et rural local (valeur ajoutée conservée sur place),

- le respect du producteur comme du consommateur,

- la stimulation des producteurs respectueux de l’environnement (produits Bio notamment),

- la réduction des émissions de gaz à effet de serre par raccourcissement des distances de livraison,

- la garantie d’un prix rémunérateur pour le producteur,

- l’assurance d’une alimentation à haute valeur qualitative.

 

Le consommateur a un plus grande responsabilité qu’il ne croit concernant l’offre des produits car : « on ne vend que ce qui s’achète ».

 

En consommant idiot, on stimule l’exploitation des enfants ou des travailleurs dans les pays émergents, la délocalisation des emplois, les pouvoirs policiers ou les mafias à l’affût des filons économiques les plus juteux, la déforestation et autres catastrophes écologiques.

 

Au contraire, à Terroir Direct, tout est fait pour que :

-         le consommateur se pose des questions et se responsabilise,

-         le producteur soit respecté humainement et professionnellement,

-         les actes de produire, de transformer, de commercialiser puis de consommer s’inscrivent dans les préceptes du développement durable.

 

Il n’y a pas une fatalité à s’approvisionner en grandes surfaces : c’est le choix qu’on fait de nombreux consommateurs en faisant confiance à Terroir Direct.

 

Ces citoyens voient en effet, derrière leur consommation, des enjeux culturels, patrimoniaux, culinaires, gustatifs et de santé.

21/06/2010

Taureau cherche novices

La 1ère Fête du Taureau s’est déroulée vendredi 4 juin 2010 à Baillargues.

 

En effet, la Municipalité de cette commune a souhaité s’inclure dans le cycle des grandes manifestations de terroir soutenues par la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

Le but de la manifestation était de mettre à l’honneur le taureau de Camargue et la bouvine, c’est-à-dire l’ensemble des rites et jeux qui entourent l’élevage des « bíou ».

 

Le parti pris a été de vulgariser, dans un cadre festif, le sport spectacle à forte tradition qu’est la course libre.

 

Henri Itier, Président de la Fédération Française de Course Libre, était présent en tant que partenaire de Montpellier Agglomération.

 

L’événement a donc débuté en musique dans les arènes de Baillargues avec des tambourinaïres (joueurs de galoubet et de tambourin), des Arlésiennes et autres membres costumés d’une association de défense des traditions.

 

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Tambourinaïres, Arlésiennes et danseurs en costumes provençaux

 

Vint ensuite la capelado, c’est-à-dire le défilé et le salut des raseteurs au public comme à la présidence de la course.

 

6 taureaux de la manade Fanfonne-Guillerme ont été présentés à une dizaine de raseteurs concourant d’habitude pour le Trophée de l’Avenir.

 

Le président de cette course d’initiation a fourni exceptionnellement des explications sur les règles, le vocabulaire utilisé, l’origine des taureaux ou encore les techniques de raset.

 

Le spectacle fut aussi coloré qu’à l’accoutumée : le blanc des hommes, le noir des taureaux, l’arc en ciel du public et les ors du soleil couchant.

 

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Le taureau s'est rendu maître de l'arène

 

Toutefois, du fait d’un temps de course réduit par rapport à d’habitude, seules les cocardes (rouges) et les glands (blancs) purent être coupés, les taureaux ramenant au toril les attributs les plus difficiles à emporter que sont les ficelles (jaunes) enroulées à la base de chaque corne.

 

Ceux qui ne connaissaient pas la discipline ont vite compris qu’il fallait rivaliser de rapidité, adresse et courage, pour affronter des animaux non domestiques rompus à ce genre d’affrontement.

 

Deux ambassadrices et un ambassadeur de la course camarguaise ont guidé ensuite les grands invités - élus, professionnels de la bouvine notamment - vers la bodega du centre du village pour une soirée raffinée et d’exception.

 

Les convives ont au préalable assisté aux discours des édiles et pu admirer une exposition de peintures dédiées au taureau et de vases d’Anduze à décoration revisitée par des artistes faïenciers.

 

Le défaut de ce type de soirée, pour le moins élitiste, est qu’il exclut toute liesse populaire.

 

En revanche, le bilan de la fréquentation du spectacle, ouvert et gratuit, dans les arènes baillarguoises est lui très positif.

 

La foule a afflué nombreuse dès l’ouverture et pendant la manifestation (occupations du vendredi soir oblige pour certains) jusqu’à remplir l’intégralité des gradins.

 

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Des arènes rectangulaires et une grosse assistance

 

Il n’est pas certain toutefois que le public novice et ignorant des courses de taureaux (certaines personnes confondent avec les corridas !) ait été présent à l’appel.

 

Ce qui fait la beauté des arènes de Baillargues, c’est-à-dire leur enclavement dans le vieux village, les rend en effet difficiles d’accès par les visiteurs.

 

En outre, jamais le confort qu’elles offrent pour le spectateur (gradins ombragés par des platanes), ni l’originalité de leur forme, oblongue, quasiment rectangulaire, n’autoriseront à cette enceinte une capacité suffisante pour accueillir le public espéré.

 

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Le taureau se fait respecter

 

L’exiguïté de ce « théâtre taurin » plaide pour une orientation de la Fête du Taureau vers une ou plusieurs cibles plus pointues : non pas les familles déjà amatrices de courses camarguaises mais plutôt les scolaires, les nouveaux « montpelliérains » ayant choisi de venir habiter notre région ou encore les estivants en saison touristique.

 

L’événement pourrait alors se dérouler le vendredi en journée avec les scolaires assistant à une démonstration d’une école de jeunes raseteurs (dont la fraîcheur, la passion et l’engagement sont toujours une révélation) et le vendredi soir avec l’accueil de néophytes.

 

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Un beau raset dans les règles de l'art

 

En outre, la culture taurine languedocienne ne se résume pas à la course libre : abrivado, bandido, encierro, travail dans les manades sont autant de facettes de la bouvine difficiles à occulter.

 

Le défaut d’une démonstration pédagogique est qu’elle ne déchaîne pas les passions contrairement aux courses de championnat où l’ambiance de fête (notamment du fait de la concomitance de la fête votive du village) s’ajoute à la ferveur taurine du public d’aficionados, aux enjeux d’honneur pour les manadiers et de compétition pour les raseteurs.

 

Cette première Fête du Taureau organisée par la Municipalité baillarguoise n’a pas fait suffisamment vibrer.

 

Sans doute faudrait-il dans cet événement plus de fête populaire et plus de taureau.

16/06/2010

Halte à la criminalité financière

Le 4 juin 2010, la Commission Européenne a pris des mesures pour que la législation européenne sur le blanchiment des capitaux soit respectée par la France.

 

En l’occurrence, la Commission a adressé à la France une invitation formelle à se conformer à un arrêt de la Cour de justice européenne de 2009.

 

La Cour a conclu que la France avait manqué à ses obligations aux termes de la troisième directive contre le blanchiment de capitaux (Directive 2006/70/CE), en ne la transposant pas en droit national, avant l'expiration du délai imparti.

 

La France pourrait être condamnée à une amende ou à une astreinte si elle n’intégrait pas rapidement dans son droit national les règles européennes de lutte contre la criminalité financière.

 

Les Français seraient alors indirectement taxés pour payer ou bien la somme décaissée alimenterait le déficit budgétaire, déjà abyssal.

Pour le Fonds Monétaire International, les activités criminelles représenteraient 5 % du Produit intérieur Brut mondial.

 

Les mafias, actives dans de nombreux pays, ont profité des mesures prises pour sauver les banques.

 

Aujourd’hui, certains pays vivent sous perfusion de cet argent sale et d’autres, plus riches, plus rigoureux d’habitude, sont moins regardant en ces temps de crise mondialisée.

 

Le Gouvernement doit comprendre que la confiance des citoyens honnêtes ne pourra revenir que si l’Etat français envoie des signaux de grande rigueur concernant les fraudeurs internationaux qui appauvrissent in fine les Français.

 

Le discours accusant les centres off-shore, les paradis fiscaux ou les pays voyous ne relèverait que de la démagogie si le Gouvernement français ne se mettait pas rapidement en conformité avec la réglementation européenne concernant la lutte contre le blanchiment des capitaux.

 

 

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13/06/2010

La pierre à l’honneur à Beaulieu

Le 20 septembre 2009, la Commune de Beaulieu a organisé sa « Première journée de la pierre et du patrimoine » dans le cadre des « Journées du patrimoine » (cf. note sur le « Blog Montpellier Villages »).

 

Ce dimanche 13 juin 2010, l’événement prendra une ampleur sans pareille, la Commune de Beaulieu s’associant pour son organisation à la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

 

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Cette collaboration est dans le droit fil de la politique mise en place par Georges Frêche, son Président et Yvon Pellet, son Vice-Président délégué à l’économie agricole, viticole, aux traditions populaires, à la ruralité et aux relations avec la chasse et la pêche.

 

La Communauté d’agglomération de Montpellier étoffe ainsi un, déjà impressionnant, programme mettant en avant la culture vivante locale :

-         Fête du Taureau (qui s’est tout récemment déroulée le 4 juin 2010 à Baillargues),

-         Fête des Rosés et des Blancs (il s’agit, vous l’aurez compris des vins du terroir et non pas de nos concitoyens plus ou assidus aux exercices de bronzage à la plage), dans toutes les caves particulières et coopératives périphériques de Montpellier, le dimanche 20 juin 2010,

-         Fête de la Tomate, le dimanche 5 septembre à Clapiers, dans le Parc municipal Claude Leenhardt,

-         Fête du Miel, le dimanche 26 septembre 2010 à Cournonsec,

-         Fête de l’Olive, le dimanche 3 octobre 2010 à Pignan,

-         Fête de la Vigne sur la Comédie fin novembre - début décembre.

 

La pierre fait pleinement partie de la culture populaire des alentours de Castries : Saint-Geniès des Mourgues, Restinclières, Sussargues, et bien sûr Beaulieu.

 

Des centaines d’emplois existaient auparavant et la mythique « Carrière Farrusseng » a résisté au lent endormissement de cette activité multiséculaire.

 

La pierre de taille fut l’utilisation la plus noble mais les restes de coupe servaient à la recharge des chemins et, de façon plus ancestrale encore, à la fabrication de la chaux.

 

Le fameux mortier romain – un quart de chaux, un quart de brique ou de tuile pilée (argile cuite), une moitié de sable souvent volcanique de type pouzzolane et un petite part de dégraissant (particules solides évitant un trop fort retrait au séchage comme dans les poteries de l’époque préhistorique) – est encore connu pour sa compacité et sa résistance.

 

Aujourd’hui, la pierre sert aussi aux sculpteurs, entre dans l’architecture moderne à côté du bois, de l’acier et du verre, mais aussi au travers de la chaux servant notamment à la confection de ces magnifiques enduits de façades ou de murs intérieurs maintenant revenus en grâce (bonne respiration, respect du support, assainissement de l’air, inégalable patine).

 

La pierre de Castries mérite donc d’être mieux connue et vaut le détour par Beaulieu, ce promontoire qui, sur son arête calcaire, domine un paysage agricole au Nord, à l’Est et à l’Ouest.

 

Programme de la 1ère Fête de la Pierre

 

A Beaulieu, entre la Mairie et l’Eglise, de 10 h à 18 h

 

Entrée libre

 

Des tailleurs de pierre, avec démonstration de leur art

Des exposants sur le thème de la pierre et de la construction

Des animations pour enfants tout au long de la journée

Une exposition sur le thème « Géologie, homme et patrimoine »

Des conférences

A 10 h 30 : « Du calcaire à la chaux, l’usage de la pierre dans la construction » avec Michel Dupin, Architecte Conseil,

A 15 h : « La pierre dans l’architecture contemporaine » avec l’Association Patrimoine et Architecture

Une découverte des carrières de Beaulieu, grâce à deux circuits commentés

Visite des anciennes carrières

Départ à 10 h 30 et 14 h 30 : circuit commenté par Nicolas Carayon, Archéologue

Départ à 11 h et à 15 h 30 : circuits avec les membres de la Commission Patrimoine de Beaulieu

Visite des carrières en activité : Ets Farrusseng et Proroch

A 10 h 30 – 11 h – 14 h 30 – 15 h 30

 

Tout au long de la journée, vente de produits du terroir et restauration sur place

08/06/2010

Assas à la page

Oui, le livre résiste à la déferlante multimédia.

 

En témoigne, le succès de la 8ème Journée du Livre à Assas le 29 mai 2010.

 

Une occasion pour les retardataires de choisir un cadeau pour la Fête des Mères du lendemain.

 

Les associations organisatrices (parents d’élèves, Club de lecture, et « Livres au Trésor ») ont proposé une manifestation colorée, accueillante et culturelle.

 

Le cadre moderne de la nouvelle salle des Crouzets a mis particulièrement en valeur les ouvrages, les auteurs, les expositions et les différentes créations.

 

Des ateliers pour les enfants dès 3 ans ont côtoyé les stands de livres.

 

Cette manifestation se veut en effet tournée vers les nouvelles générations.

 

C’est aussi le signe de la jeunesse de la première et deuxième couronne de Montpellier.

 

Le public a pu rencontrer des auteurs régionaux, à succès, à forte réputation ou à découvrir.

 

Les « Encadreurs nomades » ont présenté une remarquable exposition de livres sculptures, de livres objets d’art, de calligraphies et d’écriture anciennes, …

 

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Un travail artistique proche de celui du peintre :

collages, découpages, incrustations, grattages, etc.

 

Des bénévoles se sont chargés de proposer la collection des ouvrages des Ecologistes de l’Euzière retenus par la « Comédie du livre » à Montpellier.

 

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Les expositions ont mêlé les arts

 

Jean Gély, Maire de la commune d’Assas pendant plus de 30 ans et maintenant libéré de sa charge de premier magistrat, a dédicacé ses deux ouvrages, « La vie à Assas dans les années 30 et 40 », en compagnie de Marie-Anne et Bernard Boissier, illustrateurs et photographes.

 

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Jean Gély, maire honoraire d'Assas, en pleine séance de dédicace

 

Jean-Claude Bousquet, le très réputé géologue est venu avec une exposition minéralogique et son ouvrage-phare : « Les plus beaux sites de l’Hérault ».

 

Ont honoré de leur présence cette manifestation culturelle assadine :

 

-         Gerbert Bourély, auteur de romans historiques régionaux,

 

-         Christian Cayssiols, photographe des Matelles, auteur du livre « Le Pic Saint-Loup »,

 

-         André Gardies avec ses deux romans : les « Années de cendres » et « Le visiteur solitaire »,

 

-         Olivier Demoulin, ancien journaliste, auteur de romans policiers, avec notamment son dernier ouvrage « Orage maternel » qui a aussi présenté la collection de BD originales de la maison d’édition « Grrr…Art Editions » (avec notamment un jeune héros handicapé moteur),

 

-         Bernard Friot, écrivain, poète et traducteur,

 

-         Annie Murat, fondatrice des « Editions de Taillepage » et écrivaine (avec notamment les titres suivants : « Le Servan », « L’arbre à histoires », « Une vallée si profonde »),

 

-         Peggy Nille, illustratrice de livres pour la jeunesse.

 

Le livre à Assas c’est donc l’émotion, la rencontre, les contacts intergénérationnels, la beauté des histoires, des mots, des reliures, des dessins et des photos.

 

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Créations, couleurs, visuels et auteurs captent l'attention du visiteur 

06/06/2010

Réchauffement climatique, le triomphe de la forêt méditerranéenne ?

La forêt en Languedoc-Roussillon occupe 37 % du territoire régional en 2010 (contre 29 % seulement en 1980).

 

Elle est vouée à une fonction de production partout où il pleut suffisamment : Cévennes, Escandorgue, Espinouse, Somail, Montagne Noire et Pyrénées.

 

Ailleurs, comme au Nord de Montpellier ou sur la Gardiole, elle marque le paysage et offre une forêt méditerranéenne riche en essences, fortement anthropisée, fruit des activités millénaires de l’Homme, lieu de cueillette, de chasse, de promenade, de loisirs récréatifs mais aussi de façonnage de bois de feu.

 

Cette forêt qui recouvrait presque intégralement la France à l’aube du Moyen-âge a été fortement exploitée et défrichée jusqu’à l’ère post-industrielle.

 

Dans notre région, la forêt a fourni le combustible pour les verriers et les foyers domestiques, le pâturage pour les troupeaux, les écorces pour le tannage, des teintures pour les étoffes, le matériau pour la construction, les meubles et la fabrication du charbon de bois.

 

L’exploitation fut telle qu’en Languedoc-Roussillon la plupart des premiers reliefs succédant aux plaines apparaissaient comme désertiques.

 

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Ancienne garrigue pâturée déjà en voie de colonisation par la forêt

 

Depuis, la politique de reboisement du XXème siècle est passée par là et l’exode rural a fait cesser la pression qu’exerçaient nos ancêtres sur les milieux naturels.

 

Aujourd’hui, sur le plan écologique, les arbres et arbustes occupant la garrigue (que les savants nomment mattoral), le maquis sur substratum acide ou les chênaies vertes sur sols calcaires sont parfaitement adaptées aux conditions climatiques.

Mais qu’en sera-t-il si le changement climatique observé s’amplifie ?

 

C’est la question que s’est posée l’association « Arbres Formations », avec l’appui du Centre régional de la propriété forestière Languedoc-Roussillon (CRPF-LR), à la Bergerie municipale de Cournonterral, au mois de mai 2010.

 

L’association des Communes forestières de l’Hérault (COFOR34), l’interprofession du bois appelée ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (mèl), le Comité national pour le développement du bois (CNDB), le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, la Région Languedoc-Roussillon participaient à cette journée de réflexion regroupant propriétaires forestiers et élus locaux, ces derniers représentant notamment les forêts communales. 

Tout d’abord, l’état des lieux donne l’image d’une forêt régionale en forte expansion, insuffisamment exploitée d’où une accumulation du bois sur pied et des risques accrus d’incendie.

Les arbres se sont adaptés aux excès du climat méditerranéens : grand froid l’hiver et surtout canicule l’été, sècheresse en hiver et encore plus marquée en été, pluviométrie concentrée sur le printemps et l’automne avec des épisodes très intenses générant un ruissellement que la végétation ne peut capter que dans les bas-fonds.

Le changement climatique qui est vraisemblablement dû à l’augmentation de la teneur des gaz à effet de serre dans l’atmosphère s’est concrétisé par une augmentation des températures moyennes de 0,6 °C, au niveau mondial, et de 0,7 à 1,1 °C suivant les régions, en France.

 

Le GIEC prédit une augmentation en 2050 de 1,5 à 3,0 °C pour la zone méditerranéenne.

 

D’après ces experts, il n’y aurait pas de modification du niveau pluviométrique mais une accentuation des contrastes saisonniers : plus de sécheresse en été et plus de ruissellement au printemps comme à l’automne, donc globalement beaucoup moins d’eau réellement disponible.

 

Seul le Nord de la France recevrait plus d’eau en hiver contrairement au Sud.

 

Dans ces conditions, l’évapotranspiration serait en augmentation ce qui générera des dégâts liés à la sécheresse et des risques croissants d’incendies.

 

Toutefois, les maladies cryptogamiques comme la septoriose du châtaigner devraient régresser : car moins d’eau égale moins de champignon.

 

Les insectes devraient proliférer grâce à l’augmentation du nombre de générations annuelles (exemple du typographe dans le Nord de l’Hérault, comme par exemple dans le Pays Gangeois, avec 2 à 5 générations par an contre 1 seule en Suède).

 

Cependant, la coïncidence phénologique pourrait être bouleversée avec un risque que les insectes ne calent leurs cycles sur un nouveau calendrier.

 

Cela pourrait être avantageux si la tordeuse du chêne, habituellement calée sur le débourrement de cette essence, se réveille trop tôt.

Il est déjà constaté certaines années une migration de la chenille processionnaire du pin vers le cèdre.

 

D’ailleurs, cet hôte indésirable a déjà progressé en 20 ans de 60 km vers le Nord et devrait atteindre Paris vers 2020, avec des problèmes d’allergie exacerbés par la pollution urbaine à prévoir.

 

Sur le plan végétal, les dépérissements pour l’heure constatés peuvent généralement être expliqués par une ou plusieurs années de sécheresse et relèvent essentiellement de problèmes stationnels (essence sur un sol inadapté) ou concernent des espèces en limite de leur aire de prédilection :

-         le Douglas est menacé de disparition dans notre région comme l’est l’Abies grandis dans le Centre ou la Bourgogne,

-         les Pins sylvestres subissent une forte mortalité dans l’arrière-pays languedocien.

 

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 Chêne-vert attaqué par un parasite entraînant la nécrose de rameaux

 

Si la forêt est, à juste titre, considérée comme un puits de carbone majeur du fait de la photosynthèse, une année sèche peut s’avérer contreproductive : ainsi la forêt de la commune de Puéchabon, constituée essentiellement de taillis de chênes verts, a par exemple relargué plus de carbone en 2003 qu’elle n’en a capté.

 

Mais, d’autre part, le changement climatique c’est aussi 3 semaines de durée de végétation supplémentaires gagnées en 50 ans !

 

Les forestiers constatent une croissance plus forte des arbres (au prix d’un risque supplémentaire de gelée) : en effet, la température et la quantité de CO2 dans l’air disponible pour la photosynthèse ont crû.

 

L’aire méditerranéenne qui couvre actuellement 9 % du territoire français devrait s’étendre au détriment de l’aire atlantique pour couvrir en 2100 Midi-Pyrénées, l’essentiel du Massif Central et les Alpes de basse altitude, jusqu’à occuper 28 % du territoire national.

 

La mutation sera difficile.

 

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Cyprès toujours verts, à croissance lente,

mais bien adaptés aux conditions xériques

 

Les arbres habitués à plus d’eau réduiront leur croissance, limiteront leur feuillage (« microphyllie ») – un arbre est qualifié de dépérissant lorsque son houppier est réduit de plus de 50 % - et subiront même de la mortalité (« rougissement »).

 

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 Le chêne pubescent, ici avec son hôte le geai,

va régresser au profit du chêne-vert

 

Bien entendu, les essences méditerranéennes (chêne-vert, filaire, chêne kermès, pistachiers térébinthe et lentisque, olivier, etc.) prendront progressivement possession des terroirs dont le paysage va muter.

 

Le Pin pignon plus résistant à la chaleur que le Pin d’Alep va notamment s’étendre.

 

Enfin, le réchauffement climatique allié à la circulation automobile génère des précurseurs de l’ozone, ce dernier se concentrant à distance respectable des centres urbains, par exemple au large en Mer méditerranée, dans le Mercantour ou encore en Margeride.

 

Les dégâts d’ozone, bien caractérisés à proximité des usines en émettant, se retrouvent aussi sur des résineux dont les aiguilles sont marquées de taches jaunes et sur des feuillus dont les feuilles exposées subissent un phénomène de « bronzing ».

 

Pour les forestiers, le changement climatique va signifier :

-         un stress hydrique plus fréquent,

-         des risques de tempête, d’incendie et d’érosion accrus,

-         des gelées précoces au printemps et tardives en automne,

-         une croissance des problèmes sanitaires,

-         une réduction de la biodiversité.

 

Pou l’instant des études de vulnérabilité des peuplements au stress hydrique sont en cours.

 

Les forestiers savent qu’ils devront adapter leurs méthodes de sylviculture.

 

Peut-être faudra-t-il anticiper la récolte de certains bois sans avenir ?

 

Peut-être faudra-t-il s’orienter vers la futaie claire même si elle peut poser des problèmes d’embroussaillement et donc des risques d’incendie.

 

Il faudra penser régénération naturelle en s’appuyant sur les plants issus des semenciers en place les plus résistants.

 

Il faudra appliquer une gestion adaptée aux lisières des massifs boisés en les éclaircissant pour éviter les turbulences lors des coups de vents et donc les chablis.

 

Il pourra être nécessaire de raccourcir les révolutions et donc de valoriser les bois jeunes qui possèdent plus de nœuds mais aussi plus d’obier.

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 Futaie de pin d'Alep menacée à terme par le réchauffement climatique

Enfin, il se peut que la production de bois croisse : reste à valoriser ce bois en bois-énergie, bois-construction et en nouveaux agrégats alimentant la production de panneaux bois et la chimie verte.