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01/10/2009

Aéroport Montpellier Méditerranée

L’aéroport de Montpellier a accueilli en 2008 environ 1,25 million de passagers ce qui le situe au 11ème rang au niveau national.

Pour donner un ordre de grandeur, Paris-Orly se situe à 26 millions, Lyon-Saint-Exupéry à 7 millions et Marseille-Provence, comme Toulouse-Blagnac, autour de 6 millions, et tous les aéroports français, avec Paris-Charles de Gaulle de très loin le premier, totalisent 87 millions de passagers.

Les bases lyonnaise d’Easy Jet et marseillaise de Ryanair, deux poids-lourds du low-cost, confèrent à ces aéroports un avantage concurrentiel indéniable.

A Montpellier, malgré le développement des lignes low-cost, la crise économique, la montée du prix du pétrole et la concurrence du Train à grande vitesse (sur la destination Paris-Orly où la part du TGV atteint 67 % en 2008) entraînent une stagnation du trafic passager.

L’aéroport Montpellier Méditerranée est certes classé aéroport à vocation nationale mais il demeure à taille humaine dans le triangle Toulouse-Marseille-Lyon.

Les aéroports régionaux ou locaux, dits secondaires, au nombre de 150 en France, ont été, quant à eux, décentralisés de l’Etat vers les collectivités territoriales, conformément à l’article 28 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 : c’est le cas pour Nîmes, Béziers ou encore Carcassonne.

La vocation de Montpellier Méditerranée est de participer au développement économique régional.

Pour le gérer, s’est mis en place le 23 juin 2009 une société aéroportuaire, dont les actionnaires sont dans un premier temps, l’Etat à 60 %, la Chambre de commerce et d’industrie de Montpellier à 25 % et les collectivités locales à 15 %.

Cela permettra aux forces économiques et institutionnelles de la région de se concentrer sur son aéroport principal en vue de lui conférer une envergure internationale, sachant que les enjeux aéroportuaires sont maintenant de niveau européen.

Le Département de l’Hérault et la Région Languedoc-Roussillon finançaient déjà environ 25 % des investissements annuels qui se montaient tous les ans aux alentours de 4 millions d’€.

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La stratégie de l’aéroport de la capitale régionale est :
- d’ouvrir de nouvelles lignes vers des capitales européennes génératrices de flux touristiques et d’affaires (en 2008 : Amsterdam, Bruxelles, Londres et Madrid),
- de desservir des plates-formes permettant la correspondance vers l’international,
- de diversifier les compagnies aériennes (plus de 80 % du trafic est actuellement généré par la compagnie « Air France » et ses filiales, « Régional » ou « Britair »), avec l’implantation d’opérateurs low-cost (20 % du trafic à Montpellier).

L’aéroport de Montpellier Méditerranée, c’est bien entendu la possibilité de se déplacer loin et rapidement mais c’est aussi un pôle d’emplois en plein développement avec :
- l’aéroport lui-même faisant appel à 100 équivalents temps plein,
- le pôle maintenance aéronautique,
- le pôle logistique et fret,
- le pôle tertiaire avec les services et la formation, notamment des pilotes étrangers.

La plate-forme aéroportuaire génère près de 20 millions d’€ de chiffre d’affaires annuellement et héberge près de 80 entreprises.

L’aéroport de Montpellier Méditerranée est un outil fondamental de développement économique à la fois du bassin d’emplois de Montpellier mais aussi de toute la région Languedoc-Roussillon :
- trafic postal d’environ 4.000 tonnes annuellement,
- volumes de fret « avionné et camionné » de l’ordre de 1.500 tonnes par an,
- entre 2.500 (février) et 4.500 (juillet) passagers en partance ou à l’arrivée, tous les jours, avec un « trafic affaires » conséquent et un « trafic loisirs » en renfort au moment des vacances scolaires.

Suite de cette note : le 24 octobre 2009

Photo : Service Communication de l'Aéroport

17/09/2009

Inauguration du Lycée Pierre Mendès-France

La Région Languedoc-Roussillon est depuis la décentralisation responsable des lycées, de leur rénovation comme de leur construction.

Le Lycée Pierre Mendès-France a été inauguré cette rentrée scolaire.

Il se substitue au Lycée Méditerranée qui était enclavé dans le quartier Clémenceau à Montpellier et se trouvait dans un état de décrépitude avancée.

Construit au Mas de Brousse à Montpellier, ce nouveau lycée professionnel est en vis-à-vis d’Odysseum par rapport à l’autoroute A9 : il bénéficie de ce fait de la desserte de la ligne 2 du Tramway, offrant un confort incontestable à certains élèves.

Son périmètre jouxte donc un grand domaine agricole et notamment une magnifique oliveraie replantée après le gel de 1956.

Notre région connaissait, il y a quelques années, un déficit de places en lycées professionnel sévalué à 1.500 places.

Même si l’Etat bloque deux projets, le premier à Lézignan les Corbières et le second à Argelès sur Mer, la Région Languedoc-Roussillon a pu construire 5 lycées en 6 ans, sous la Présidence de Georges Frêche, et rattraper une partie de son retard.

Il s'agit d'un effort sans précédent.

Cela concerne les lycées Jean Vilar de Villeneuve lès Avignon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Rosa Luxemburg à Canet en Roussillon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Victor Hugo à Lunel (1.600 élèves) ouvert en 2008, Jacques Prévert à Saint-Christol lez Alès (1.800 élèves) ouvert en septembre 2009 tout comme le Lycée Pierre Mendès-France (dont la capacité d’accueil a été portée à 1.550 élèves, soit 500 de plus qu’à l’ancien Lycée Méditerranée).

L’enseignement professionnel est le plus à même de créer les conditions du développement économique régional.

En outre, l'enseignement professionnel favorise l’égalité des chances en permettant au plus grand nombre de jeunes d’accéder à une qualification et un diplôme.

Le Lycée Pierre Mendès-France a coûté près de 70 millions d’€.

Il a été doté de 500 ordinateurs.

Il possède un internat de 99 places, ce qui essentiel pour les élèves des zones rurales ou des milieux sociaux défavorisés.

Il offre plusieurs pôles de formation :
- mécanique auto-moto, véhicules de loisirs, carrosserie, peinture,
- pilotage des systèmes de production industrialisée et maintenance de systèmes mécaniques automatisés,
- électrotechnique,
- logistique et transport.

Le Lycée Pierre Mendès-France est idéalement placé pour accueillir préférentiellement les jeunes, bien entendu de Montpellier, mais aussi des cantons de Mauguio et de Castries, tout proches.

Les investissements dans la formation aujourd’hui sont le gage de la richesse économique et de l’épanouissement humain demain : la Région Languedoc-Roussillon et son Président l’ont parfaitement compris.

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1 - Entrée du Lycée Pierre Mendès-France
2 - La cour intérieure jardinée
3 - Idem
4 - Les ateliers mécanique automobile
5 - Une caisse à savon élaborée par les élèves et leurs professeurs
6 - Les ateliers carrosserie automobile
7 - Le restaurant scolaire au mobilier signé par le grand designer Christophe Pillet
8 - Le Gymnase Françoise Spinosi attenant au Lycée

Crédit photographique : Michel Chastaing

12/09/2009

Niches fiscales (suite)

Le Gouvernement Fillon parle de réduire uniformément (10 % évoqué avec ainsi un objectif de 4 milliards d’euros d’impôt supplémentaire) les avantages liés aux dizaines de niches fiscales relative à l’impôt sur le revenu.

C’est une décision politique qui permettrait toujours aux plus gros bénéficiaires d’empocher 90 % de l’avantage antérieur.

La question est donc, premièrement, de faire des choix, en supprimant les incitations fiscales les moins efficaces. Cela mériterait d’ailleurs un débat public et une mise en cohérence avec les autres politiques gouvernementales.

La question est, deuxièmement, de démocratiser ces incitations fiscales.

Il en existe en réalité de trois sortes :
- réduction d’impôt égale au montant de la dépense ou de l’investissement multiplié par le taux marginal d’imposition, ce qui signifie un bénéfice maximum pour les gros revenus et un avantage nul pour un foyer non imposable, ce qui est le comble de l’injustice fiscale,
- déduction des revenus à déclarer, de la dépense ou de l’investissement, ce qui revient à une réduction d’impôt mais aussi, plus marginalement, à des effets indirects éventuels notamment sur la taxe d’habitation ou encore sur les allocations familiales,
- crédit d’impôt égal à un pourcentage (15 à 50 %) de la dépense ou de l’investissement, le même pour tous les contribuables.

Un gouvernement qui souhaiterait un minimum de justice sociale bannirait donc la réduction d’impôt et la déduction du revenu imposable, quitte à les transformer en crédit d’impôt.

Le crédit d’impôt est en effet égalitaire d’autant qu’il est remboursé au contribuable pour sa partie excédant l’impôt sur le revenu de base.

En outre, ce qui compte pour l’Etat, c’est le soutien à des pans de l’économie française : alors, par exemple, pourquoi donner plus d’argent à un cadre supérieur qu’à un employé ou à un ouvrier, dans le cadre d’un même investissement locatif, puisque l’objectif est de permettre à une famille mal logée de l’être décemment ?

Il semble donc que le Gouvernement Fillon, aveuglé par une approche strictement comptable (trouver une nouvelle ressource fiscale) et soucieux d’un grand conservatisme (maintenir les avantages financiers alloués aux gros revenus) veuille escamoter une vraie réforme des niches fiscales qui passe par :
- la suppression de celles n’ayant que peu d’impact sur l’économie (il faut un minimum de courage politique pour faire fi des lobbys),
- l’unification, sous forme de crédit d’impôt, système égalitaire et, qui plus est, efficace sur le plan économique.

En résumé, le Gouvernement Fillon doit profiter de la réforme sur les niches fiscales, relative à l’impôt sur le revenu, pour mettre en place un nouveau dispositif qui en finisse avec les cadeaux fiscaux et généralise le donnant-donnant (une dépense ou un investissement ciblé récompensé par moins d’impôt) qui est aussi du gagnant-gagnant (la dépense ou l’investissement dopent un secteur économique à soutenir).

10/09/2009

Niches fiscales

Le Gouvernement Fillon dit vouloir s’attaquer, dans le projet de budget 2010 de l’Etat, aux « niches fiscales ».

Ces dernières s’inscrivent dans ce que les fiscalistes appellent des « dépenses fiscales », c’est-à-dire des impôts qui ne sont pas perçus du fait d’exonérations accordées par le législateur (par exemple : les rentes versées au titre des accidents du travail au titre de l’impôt sur le revenu ou encore les œuvres d’art au titre de l’impôt sur la fortune).

Dépenses fiscales et niches fiscales existent pour de nombreux impôts : taxe professionnelle, impôt sur la fortune (ISF), taxe foncière, taxe d’habitation, droits de succession, impôt sur les sociétés, etc.

Toutefois, il est primordial de constater que seul l’impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP) intéresse le Gouvernement.

On est donc très loin d’une réforme fiscale dont notre pays aurait besoin pour notamment favoriser le travail, la famille et l’investissement productif.

La restriction à l’IRPP est en soi un mauvais signe du fait qu’il s’agit du seul impôt progressif en France (« plus je gagne et plus le taux d’imposition réel, résultant de la combinaison des taux du barème sur les différentes tranches de revenus, est élevé »).

L’impôt sur le revenu (avec l’ISF) est donc le seul impôt juste puisqu’il permet une redistribution des richesses monétaires via des politiques publiques (éducation, santé, logement, enfance, famille, vieillesse, travail, emploi, culture, etc.).

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Il est clair que dans les niches fiscales de l’impôt sur le revenu, représentant au total 40 milliards d’euros, le Gouvernement voit un gisement potentiel de nouvelles ressources financières : une manière astucieuse d’augmenter les impôts (ou plutôt non : « de réduire les réductions » !), ce qui enfreint en réalité le dogme du Président Sarkozy, tout en affichant des taux d’imposition sur le revenu inchangés.

Cette augmentation d’impôt se justifie-t-elle, au-delà bien sûr de l’objectif de contribuer à remplir les caisses de l’Etat ?

Ou autrement dit, les niches fiscales de l’impôt sur le revenu ont-elles une utilité économique ou sociale ?

En effet, pour bénéficier d’une niche fiscale, il faut s’engager à effecteur certaines dépenses ou certains investissements.

Il s’agit donc, en réalité, de véritables incitations fiscales.

Contrairement aux autres dépenses fiscales qui sont accordées automatiquement, les niches fiscales obligent le contribuable à un sacrifice financier préalable et relèvent du libre engagement, du libre choix de ce dernier : c’est du donnant-donnant.

Ce qui n’est sûrement pas le cas d’une fort célèbre dépense fiscale qui a fait couler beaucoup d’encre : il s’agit du bouclier fiscal qui limite à 50 % des revenus le montant cumulé des impôts directs (IRPP, ISF, contributions de solidarité).

Cette dépense fiscale relève en effet plus de la gabegie puisqu’elle a conduit à plus d’épargne de la part des bénéficiaires et moins de consommation de la part de ceux qui n’ont pu bénéficier du transfert social correspondant, d’où une pénalisation de la croissance en France.

En outre, le coût du bouclier fiscal s’élève à 15 milliards d’euros !

Cette somme n’a bénéficié qu’à quelques centaines de milliers de personnes.

Il ne faudrait pas que, maintenant, le Gouvernement cherche à retrouver une partie de cette somme sur les niches fiscales qui bénéficient, elles, à un bien plus grand nombre de Français.

Pour revenir aux niches fiscales, à quoi servent-elles ?

Tout simplement à accompagner des politiques :
- culturelle avec l’aide à la création cinématographique,
- familiale et patrimoniale avec le soutien à l’acquisition de la résidence principale,
- d’entrepreneuriat avec le soutien à la souscription de parts dans les PME,
- d’aménagement du territoire avec l’appui aux investissements dans les DOM-TOM,
- de développement durable avec les aides aux isolations thermiques, aux économies d’énergie, aux énergies renouvelables, …

A n'en point douter, certaines de ces incitations fiscales sont utiles.

L’abandon pur et simple des niches fiscales relèverait donc de l’idéologie néo-libérale déniant toute possibilité d’intervention à la puissance publique en vue de peser sur l’économie.

Suite de la note : 12 septembre 2009

03/09/2009

Heures supplémentaires et pouvoir d’achat (suite)

Qu’en est-il de l’impact réel de la loi du 21 août 2007 en faveur du Travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, dite TEPA ?

Cette loi était sensée « booster » les heures supplémentaires et donner du pouvoir d’achat aux salariés.

Avec le recul maintenant suffisant, soit 18 mois d’application, les résultats statistiques sont sans appel : la loi TEPA n’a eu aucun effet d’incitation.

C’est un coup d’épée dans l’eau sauf qu’elle a incité les entreprises à être plus dur dans leur politique salariale et a donc conduit à une minoration de la croissance du pouvoir d’achat des salariés.

Le volume des heures supplémentaires ou complémentaires sera même plus faible en 2009 qu’en 2006 et il demeure toujours à un niveau « symbolique » : environ 2 % des heures globalement travaillées.

Quels sont les résultats chiffrés ?

Tout d’abord, les heures supplémentaires ne concernent qu’un peu plus d’1 salarié sur 3 (38 % dans le secteur concurrentiel) : c’est fonction de l’activité et de la culture de l’entreprise.

Les entreprises de 10 à 50 salariés sont celles qui font le plus appel aux heures supplémentaires.

Les 2/3 du volume concernent les secteurs de la construction, du commerce, du transport et des services aux entreprises.

Il est possible de rapprocher les chiffres d’une étude en 2006 de la DARES (Délégation de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) et les récentes statistiques du Ministère du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.

En 2006, il était comptabilisé 630 millions d’heures supplémentaires auxquelles il a fallu en rajouter 100 millions, suite à la suppression, fin 2006, du « régime d’équivalence dans les hôtels, cafés, restaurants ».

Au 1er janvier 2007, le « stock » d’heures supplémentaires pouvait donc être chiffré à 730 millions. 5,5 millions de travailleurs étaient concernés.

Les statistiques du 1er trimestre 2009, maintenant connues, donnent toujours 5,5 millions de salariés concernés et une baisse de 11 % sur le 4ième trimestre 2008, sachant que l'année 2008 a totalisé 725 millions d'heures sup.

En extrapolant sur 2009 sans prévoir de nouvelle baisse, cela conduirait pour cette année à 645 millions d’heures supplémentaires.

Le 4ième trimestre 2008 (un très bon trimestre) était en hausse de 12,4 % sur le même trimestre de 2007, tandis que le 1er trimestre 2009 a été très légèrement en hausse de 1,4 % sur le même trimestre de l’année 2008, ce qui démontre qu’il ne faut pas forcément chercher les explications dans la crise actuelle.

Sur le plan individuel, 5,5 millions de travailleurs ont fait en moyenne 132 heures supplémentaires sur l’année 2008. Compte tenu de la loi TEPA, l’avantage financier s’élève à environ 700 euros par an (approximativement 2/3 pour les exonérations de cotisations sociales salariales, 1/3 pour la rémunération en plus et « epsilon » pour le gain d’impôt, soit environ 2 %, ce qui dévalue fortement le terme de « dispositif de défiscalisation » employé par le Gouvernement).

Ce gain représente en année pleine 3,4 % de hausse de salaire pour les travailleurs effectuant des heures supplémentaires.
Pour l’ensemble du salariat, c’est +1,3 % de pouvoir d’achat sur 18 mois (soit 0,9 % en rythme annuel sur 2007 et 2008 et plus rien à attendre de la mesure pour 2009 et les années qui viennent).

Ce rythme de gain de pouvoir d’achat est à comparer aux 1,5 % à 2 % régulièrement obtenus, à travail égal faut-il bien préciser, par le système traditionnel des augmentations de salaires ces dernières années.

Pour l’employeur, le coût n’est pas loin de zéro pour les entreprises de moins de 20 salariés et proche de 1 euro de l’heure pour les autres.

On est très loin de l’annonce tonitruante et insidieuse (puisque les heures supplémentaires existaient déjà avant la loi TEPA !) de Nadine Morano, la Secrétaire d’état à la famille, le 2 février 2009 : « Quand on regarde la loi TEPA, le nombre d’heures supplémentaires faites [en 2008] par 5,5 millions de Français, c’est 750 millions d’heures. Elles rapportent à nos concitoyens 150 euros en moyenne de plus par mois, ce qui fait 1.800 euros par an.»

L’ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) a indiqué, depuis, que «725 millions d’heures supplémentaires» seulement ont été déclarées sur 2008.

Quant aux 1.800 euros, ils intègrent sûrement le gain préexistant à la loi TEPA.

Pour la collectivité, le coût est actuellement d’environ 3 milliards d’euros par an pour le dispositif « heures supplémentaires », à comparer aux 9,5 milliards du coût total annuel de la loi.

La loi TEPA n’a pas vraiment égalé :
- ni la performance de la loi sur les « 35 heures » et les 700.000 créés à la clef,
- ni les gains de pouvoir d’achat traditionnels liés notamment aux gains de productivité dans nos entreprises.

Le slogan « Travailler plus pour gagner plus » sonne maintenant creux et faux.

La loi TEPA n’a pas permis de travailler plus.

Un tiers des salariés ont pu gagner plus (en moyenne 700 € par an) mais seulement grâce à des transferts venant du contribuable (environ 3 milliards d’euros par an).

 

31/08/2009

Heures supplémentaires et pouvoir d’achat

Les Français ont élu en 2007 le seul candidat qui affichait très ouvertement son libéralisme.

Cette idéologie néo-libérale, plus ancrée culturellement dans les pays anglo-saxons dont Nicolas Sarkozy était un admirateur et un chantre, a connu depuis de sérieux revers avec la crise des prêts hypothécaires américains puis le crack boursier de l’automne 2008 et la récession économique que le Monde connaît depuis.

Globalement, c’est l’ensemble du programme du candidat Sarkozy à la Présidentielle qui est, à ce jour, en faillite.

Non, tout le monde ne peut pas être propriétaire de son appartement car en fait tous les foyers ne sont pas suffisamment solvables et les prêts hypothécaires n’offrent qu’une solution illusoire.

Non, les retraites par capitalisation ne peuvent pas remplacer les retraites par répartition car beaucoup de Français sont dans l’incapacité de dégager une épargne suffisante. Qui plus est un placement à long terme est toujours risqué.

Non, les prélèvements obligatoires ne sont pas trop élevés en France (les statistiques sont d’ailleurs assassines pour les gouvernements de Droite, Balladur, Juppé, Raffarin, De Villepin et Fillon, qui sont responsables des 4/5 de l’augmentation du taux des prélèvements obligatoires, le Gouvernement Jospin s’étant même payé le luxe de les baisser 3 années de suite) à condition bien entendu d’avoir une politique réussie de stimulation de l’économie et de maîtrise des finances publiques, conduisant à une croissance et une amélioration du bien-être pour tous.

Non, concernant les augmentations de salaires, les travailleurs ne doivent pas seulement bénéficier d’une part des bénéfices de l’entreprise, comme le propose le Président de la République.

Ils doivent pouvoir, surtout et d’abord, percevoir une part de la valeur ajoutée supplémentaire d’une année sur l’autre, cette croissance de la valeur ajoutée étant le fruit des gains de productivité auxquels le salariat contribue.

Non, le slogan « Travailler plus pour gagner plus » n’est pas de nature à engager un pays développé comme le nôtre dans la voie de la prospérité.

En effet, le dessein de Nicolas Sarkozy était en réalité de baisser le coût du travail pour les entreprises. Or, il est impossible d’essayer de concurrencer la Chine ou les autres pays émergents sur ce terrain.

Une « seule » voie est praticable : celle du « Travailler mieux pour gagner plus ». C’est le choix des Allemands qui misent sur le travail qualifié et visent la production de produits et services haut de gamme ou d’innovation de pointe.

Il existe aussi la voie du « Travailler mieux pour gagner mieux » : à l’heure de la crise économique, il n’y a peut-être pas d’autre issue si les entreprises sont dans l’incapacité d’augmenter les salaires.

Gagner mieux, cela signifie avoir un salaire plus assuré, donc subir moins de périodes de chômage.

Cela nécessite un partage du travail (le coût d’un chômeur étant de toute manière en moyenne le même que celui d’un travailleur au SMIC, sans le bénéfice gratuit de la formation capitalisée au jour le jour dans l’activité au sein de l’entreprise) et donc la réactivation d’une politique du type « 35 heures », à adapter aux nouvelles réalités du pays.

Parlons maintenant de la mise en œuvre du slogan « Travailler plus pour gagner plus » par le Gouvernement Fillon.

La loi du 21 août 2007 en faveur du Travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite loi TEPA) a mis en place un dispositif d’encouragement aux heures supplémentaires.

L’idée du Gouvernement était que les augmentations de salaires systématiques n’étaient plus souhaitables et qu’elles pouvaient avantageusement être remplacées par un travail supplémentaire.

Suite à cette loi, les salariés bénéficient de l’exonération des cotisations sociales (avantage limité à 21,5 %) et de l’impôt sur le revenu (depuis le 1er octobre 2007) pour le paiement des heures supplémentaires (salarié à temps complet) ou complémentaires (salarié à temps partiel).

En outre, les 4 premières heures supplémentaires ont vu leur majoration passer de + 10 % à + 25 %, majoration elle-même exonérée d’impôt sur le revenu.

De son côté, l’employeur de moins de 20 salariés bénéficie d’une baisse de cotisations sociales de 1,50 €/heure. Le montant est de 0,50 €/heure pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Le signal donné, "importance pour un pays de travailler" et "plus grande flexibilité de l’organisation du travail pour les entreprises", est en soi louable.

Encore faut-il avoir un dispositif efficace, qui ne soit pas un gadget, d’autant qu’il a un coût pour l’Etat et notre système de couverture sociale.

Suite de la note : lundi 31 août

 

30/08/2009

Vendanges à Montaud

Les vendanges battent leur plein dans le Midi.

Elles sont précoces cette année du fait des pluies de fin de printemps et de la forte chaleur estivale.

La Cave coopérative de Montaud a déjà rentré ses cépages blancs (Chardonnay et Sauvignon), une semaine avant la fin août.

Le millésime sera très qualitatif mais les rendements faibles constatés ne font pas l’affaire des vignerons : car ce sont les vins blancs qui sont les plus rémunérateurs.

Le marché du vin est en effet mondialisé et totalement libéralisé.

Même si notre région demeure le premier producteur de la Planète, la concurrence du « Nouveau monde » (Californie, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Chili et Argentine) est féroce.

Le Cave coopérative de Montaud regroupe les vignerons de Sussargues, Saint-Bauzille de Montmel et Montaud, pour une superficie d’environ 600 hectares.

Pendant les vendanges, elle occupe une bonne dizaine de personnes, dont un œnologue.

Les vins produits sont :
- essentiellement des Vins de pays, dits VDP : Vins de pays d’Oc (des vins de cépage souvent exportés), Vins de pays d’Hérault et Vins de pays des Coteaux du Bérange,
- de l’AOC (Appellation d’origine contrôlée) « Grés de Montpellier ».

Le terroir des Grés de Montpellier correspond à une zone climatique sous influence maritime. Les nuits fraîches et les journées chaudes permettent d’obtenir des maturités parfaites : le raisin récolté cette année atteint d’ailleurs facilement les 14 ° de potentiel alcoolique.

Après celles des cépages blancs, la récolte des vignerons de Montaud porte maintenant sur le cépage Merlot. Ce dernier bénéficie d’une vinification traditionnelle de 2 à 3 semaines pour extraire le meilleur des arômes et des couleurs.

Toutes les parcelles de vigne bénéficient, préalablement à la vendange, de la visite d’une commission de coopérateurs qui évaluent sur pied le potentiel qualitatif et décident de la meilleure orientation du raisin, vers tel ou tel type de vin.

Les vins seront disponibles dès la fin de l’année, ainsi que les millésimes précédents au caveau de vente de Sussargues : "Les Celliers du Val des Pins".

Les coopératives viticoles de l’Hérault continuent d’investir, malgré la crise viticole et celle plus générale de l’idéologie libérale.

La Coopération est l’exemple vivant d’une alternative aux sociétés de capitaux puisqu’une coopérative est une société de personnes où « un homme égale une voix » (et non pas « une action, c’est-à-dire de l’argent, égale une voix »).

La Coopération, en tant qu’aventure collective, protège les petits viticulteurs en leur permettant de lutter avec les firmes internationales.

Un des avantages concurrentiels de la Coopération : « Le groupe est meilleur que le meilleur du groupe ».

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Un terroir de toute beauté

 

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La récolte mécanisée

 

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Une avalanche de Merlot

 

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Le quai d’apport : la porte d'entrée vers la vinification



Crédit photos : Michel Chastaing

28/08/2009

3ème Festival de la Tomate

Parti d’une idée originale du Président de l’Association des marchés paysans de l’Hérault, Yves Martinot, le Festival de la Tomate est organisé en 2009 pour sa troisième année consécutive.

L’événement a lieu à Clapiers le dimanche 6 septembre, de 9 h à 17 h.

La première édition s’est tenue à Montpellier en 2007, au quartier Saint-Clément, en liaison avec le Comité de quartier, dans le prolongement du marché paysan hebdomadaire.

En élisant domicile à Clapiers dès 2008, le Festival de la Tomate intègre un site aux dimensions de son succès.

En effet, le parc de Clapiers peut accueillir, à l’ombre des ses arbres centenaires, plusieurs milliers de visiteurs tout en laissant des espaces de respiration.

La manifestation s’inscrit dans le cycle annuel voulu par la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec la Fête de l’olive en octobre à Pignan, la Fête de la vigne sur la Place de la Comédie à Montpellier début décembre et la Fête de la truffe en janvier à Saint-Geniès des Mourgues.

Chacun de ces événements a respectivement une orientation particulière :
- mise en avant du travail des artisans des métiers de bouche, mise à l’honneur des petits producteurs d’olives pluri-actifs au travers de la Coopérative de Pignan, cérémonie d’intronisation par une confrérie locale, mise en valeur des différentes variétés d’olives de bouche et d’huiles d’olive,
- mise en valeur des caves coopératives et des caveaux privés, dégustation des Appellations d’origine contrôlée (AOC) « Languedoc Grés de Montpellier » et Languedoc Pic Saint-Loup », y compris les appellations communales Saint-Georges d’Orques, Saint-Drézéry et La Méjanelle, ainsi que des Vins de pays (VDP) des Coteaux du Bérange et des Collines de la Moure, mise en avant des viticulteurs professionnels,
- démonstrations de savoir-faire, mise en avant du goût, des traditions rurales et de la passion du diamant noir.

Le Festival de la Tomate, quant à lui, vise la promotion de la petite agriculture, paysanne et respectueuse de l’environnement.

Il s’agit de donner une vitrine aux productions Bio, aux circuits courts de commercialisation et au commerce équitable.

Le thème de la tomate, qui intéresse à la fois les maraîchers mais aussi les jardiniers amateurs et des consommateurs éclairés, s’y prête bien :
- présentation de variétés anciennes de tomates,
- marché paysan de producteurs locaux,
- stands d’associations militantes pour une meilleure restauration scolaire, un renouvellement de l’agriculture extensive, la promotion de nouveaux modes de production et de commercialisation.

L’entrée est gratuite car c’est la convivialité, la pédagogie (dégustations, expositions, animations éducatives) et la rencontre qui sont à l’honneur.

Pour l’édition 2009, le nombre d’exposants a été doublé et le programme des attractions et des animations renforcé : voir le programme détaillé.

En outre, une collaboration a été instituée avec Ecocup en vue de ne proposer, pour les buvettes, que des gobelets récupérables : ces derniers seront personnalisés aux couleurs du Festival. L’objectif est de tendre vers une manifestation « durable », minimisant les déchets notamment.

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Le Festival de la Tomate est une coproduction Communauté d’agglomération de Montpellier, Commune de Clapiers, Association des marchés paysans de l’Hérault et Association Terres Vivantes.

22/08/2009

Recyclage verre, carton et papier

Les élus locaux ont pris conscience, depuis maintenant près de 2 décennies, de l’importance du recyclage et de la valorisation des déchets, notamment ménagers.

Sur Montpellier, on est notamment passé de la décharge du Thôt à Lattes, recevant les ordures de la capitale régionale puis d’autres communes avoisinantes, à :
- des points propreté (20 au total) pour récupérer les déchets triés,
- l’aiguillage d’une petite partie des déchets sur l’usine d’incinération de Lunel-Viel (Ocréal),
- une usine de tri (Déméter) pour la poubelle jaune (déchets valorisables),
- une usine de méthanisation (Amétyst) pour la poubelle orange (déchets organiques fermentescibles.

Il est vrai que la loi du 13 juillet 1992 a été une révolution.

Elle a posé le principe du traitement et de l’enfouissement sur le territoire même de production des ordures (on ne voit plus ces bateaux de la honte qui évacuaient une partie de nos ordures dans les pays du Tiers-Monde).

Elle a aussi interdit, à partir de juillet 2002, les décharges, plus ou moins sauvages à l’époque (avec incendies fréquents, envols de plastiques, pollution visuelle et quelquefois des nappes phréatiques).

Elle a obligé au tri des ordures : depuis, seuls les déchets n’étant plus susceptibles d’être traités, dans les conditions techniques et économiques du moment, vont en Centre de stockage des déchets ultimes (CSDU, notamment celui de Castries).

Cette loi a été approuvée sous le Gouvernement Bérégovoy, la Ministre de l’environnement étant – qui s’en souvient encore ? – Ségolène Royal !

Pour l'anecdote, la loi du 13 juillet 1992, décidément innovante, traitait aussi du contrôle et de la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Focalisons-nous maintenant sur le tri et le recyclage du papier, du carton et du verre sur l’Agglomération de Montpellier, cette dernière ayant fourni des chiffres (Chiffres du recyclage en 2008 du verre et du papier-carton sur l'Agglomération de Montpellier) :
- collecte du papier dans les Points verts et dans la poubelle jaune, d’une part,
- collecte des emballages dans la poubelle jaune + du verre aux Points verts (colonnes de verre dans les villages et les quartiers) + des cartons auprès des commerçants, d'autre part.

Les communes les plus vertueuses sont dans l’ordre : Saint-Drézéry (110 kg de recyclage par habitant et par an), Restinclières (106), Beaulieu (105), Baillargues (102), Saint-Brès (102), Cournonsec (99), Saint-Geniès des Mourgues (98), Le Crès (97), Jacou (96), Montferrier sur Lez (95) et Murviel les Montpellier (95), tandis que Montpellier est bonne dernière avec 36 kg/hb/an.

Les moyennes nationales constatées sont en secteur urbain de 28, en secteur semi-urbain de 49 et en milieu semi-rural de 58.

Le constat est donc que la mobilisation citoyenne est très forte au Nord-Est de Montpellier.

Le Grenelle de l’environnement a fixé comme objectif en 2012 le recyclage de 75 % des 86 kg/hb/an, soit l’atteinte du chiffre de 64,5 kg/hb/an alors que l’Agglomération de Montpellier atteignait seulement 44 en 2008.

Il reste donc des efforts à fournir rapidement puisqu’il faut augmenter le recyclage d’environ 50 % en 3 ans !

A ce sujet, les communes vertueuses, citées plus haut, ne représentant que 12,5 % de la collecte : l’implication de tous est donc nécessaire.

Nous sommes en réalité tous solidaires car pour atteindre d’excellents résultats, les habitants des villages périphériques de Montpellier doivent aussi compter sur des progrès de la Ville-centre.

Urbains, « semis-urbains », « semis-ruraux » : même combat !

Tout ce qui est trié et valorisé ne finit pas à l’enfouissement, ce qui permet d’éviter la saturation du CSDU existant et la nécessité de trouver sans cesse de nouveaux sites, jamais très prisés par les populations voisines.

Mais, au fait, au-delà de cet avantage non négligeable, pourquoi récupérer verre, papier et carton ?

D’après Eco-Emballages, 1 tonne de papier-carton recyclé, c’est en terme d’économies :
- 0,04 tonne d’équivalent CO2, en terme d’émission de gaz à effet de serre (soit le même ordre de grandeur que pour 300 km en voiture),
- 1,4 tonne de bois (à peu près l’équivalent de la productivité annuelle d’une forêt de pin d’Alep sous notre climat),
- 48,2 m3 d’eau (alors que la consommation domestique annuelle moyenne s’élève en France à 48 m3/hb/an),
- 10.250 kWh d’énergie (sachant que la consommation annuelle moyenne au domicile se chiffre à 10.300).

Quant au verre recyclé, c’est pour une bouteille (sa masse est d’environ 500 g pour une contenance d’1 litre) une économie de :
- 208 grammes de CO2 (environ 1,5 km en voiture),
- 658 Wh d’énergie (l’équivalent de 4 heures de télévision).

A titre de curiosité, à la tonne, le recyclage du verre économise 10 fois moins d’énergie que celui du papier-carton mais, en revanche, économise 10 fois plus de CO2 (l’équivalent d’environ 3.200 km de voiture !).

Pour qu’il continue à faire bon vivre à Montpellier et dans les villages alentours, soyons de bons citoyens : le geste quotidien du tri est un des meilleurs ralentisseurs du réchauffement climatique.

13/08/2009

Protection contre la foudre

Chaque année, il y a environ 1 million d’impacts de foudre en France : aucune région n’est épargnée.

La foudre est notamment fréquente sous climat méditerranéen. Montpellier et son pourtour sont fréquemment sujets à des orages violents. Certains secteurs sont plus particulièrement exposés du fait de la configuration des lieux.

Sans parler des atteintes aux personnes, la foudre peut engendrer des désordres matériels importants : éclatement de béton, destruction de télévisions et d’ordinateurs, atteinte à l’installation téléphonique, au chauffe-eau électrique, etc.

La question est de savoir quelles sont les protections efficaces ?

Depuis Benjamin Franklin et ses expériences en 1752, certains propriétaires ont pris l’habitude de protéger leurs bâtiments en implantant à leur sommet un paratonnerre (pointe métallique reliée à une prise de terre). Plus le sommet de ce dernier est haut et plus il protège un périmètre important aux environs.

Historiquement, les bâtiments communaux, comme les mairies et surtout les clochers des églises, par les hauteurs qu’ils offraient, protégeaient la plupart des maisons blotties autour d’eux. C’est incomparablement moins le cas aujourd’hui du fait de l’étalement urbain.

Un paratonnerre, à condition qu’il ne soit pas lui-même détruit par un impact de foudre exceptionnel, offre en fait seulement une protection de proximité.

En outre, la protection offerte par un paratonnerre est strictement limitée aux effets directs de la foudre : par exemple la destruction de maçonnerie due à un impact. Les techniques du paratonnerre ou encore celle de la « cage maillée » (édifice recouvert de fils conducteurs disposés en surface du bâtiment et reliés à plusieurs prises de terre) épargnent le site mais ne protègent pas contre les effets secondaires, dits aussi indirects, de la foudre.

Pour terminer sur les paratonnerres, il faut préciser que la réglementation rend, quoiqu’il en soit, obligatoire pour tout bâtiment équipé d’un paratonnerre, la pose d’un parafoudre dit de « type 1 », à l’origine de l’alimentation électrique intérieure.

Dans les faits, est-il réellement possible de se prémunir des nombreux effets indirects de la foudre ? Il faut savoir en effet qu’elle peut survenir par de multiples canaux : surtension pouvant se propager le long des réseaux électriques comme téléphoniques sur plusieurs kilomètres, couplage des installations domestiques par rayonnement au champ électromagnétique de l’atmosphère, remontée du potentiel par la terre, etc.

Les effets secondaires de la foudre deviennent fortement gênants au fur et à mesure qu’une habitation se dote d’équipements électriques et électroniques.

La protection contre les effets secondaires de la foudre requiert en réalité un équipement individuel : il est donc nécessaire d’équiper son habitation, ou ses installations professionnelles, de parafoudres (autrement appelés « parasurtenseurs »).

Ces derniers doivent être placés judicieusement pour protéger le réseau électrique, le réseau téléphonique et le matériel informatique.

En résumé, le risque de foudroiement indirect (effets secondaires de la foudre), devenu le risque majeur du fait de la sensibilité de notre environnement technologique, requiert une protection forcément individuelle du type parafoudres, mise en œuvre par des professionnels spécialisés ou des propriétaires éclairés.

12/08/2009

Le nouveau statut d’auto-entrepreneur (suite)

Avec le nouveau statut d’auto-entrepreneur, le Gouvernement Fillon semble avoir trouvé une martingale libérale anti-crise et anti-déprime.

Qu’en est-il réellement ?

Tout d’abord, le dispositif est dans la lignée des réformes bénéfiques de simplifications administratives, menées par la Droite comme par la Gauche : une auto-entreprise se crée effectivement facilement et rapidement.

Du coup, certains primo-entrepreneurs peuvent se précipiter et ne pas travailler suffisamment leur projet : étude de marché défaillante, méconnaissance des prix de revient, carences sur le plan juridique, absence de formation et d'accompagnement, etc.

D’autre part, ce statut ne permet pas d’offrir des garanties professionnelles au client, l’auto-entreprise n’atteignant pas la surface minimale permettant d’accéder à des assurances.

Comme pour le précédent gadget, promu par le Président Sarkozy, consistant en la création d’une société avec 1 €, ce ne sont pas ces faibles fonds propres qui vont générer la confiance chez un banquier : ce dernier s’abstiendra vraisemblablement de tout prêt si d’autres garanties réelles ne sont pas apportées.

En réalité, le Gouvernement Fillon ne s’intéresse en matière d’auto-entreprise qu’aux chiffres qui sont sensés doper la confiance et faire croire en un début précoce de reprise économique.

Ces chiffres dépassent en effet les prévisions du Ministère des Finances : ce nouveau statut serait dont un franc succès.
165.000 créations et 17.000 inscriptions de micro-entreprises déjà existantes au premier trimestre 2009, soit 182.000 au total (à comparer sur le même laps de temps à 272.000 entreprises créées au total en France).

Le Gouvernement en attendait seulement 200.000 sur 2009 et porte du coup ses prévisions à 500.000 sur l’ensemble de cette année, contre 327.000 enregistrées pour l’année 2008.

Les auto-entrepreneurs du premier semestre 2009 sont à 30 % des salariés, à 25 % des chômeurs bénéficiant des aides à la création d’entreprise et à 6 % des retraités.

Comme toujours en matière de création d’entreprise, l’analyse de l’impact n’est en fait possible que 3, 5 ou 7 ans après lorsqu’il est permis de calculer le taux de survie ou inversement de défaillance (pour les entreprises classiques l’INSEE donne respectivement 59 %, 45 % et 34 % de taux de survie respectivement à 3, 5 et 7 ans).

En outre, force est de constater que la création de 327.000 nouvelles auto-entreprises en 2008 n’a pas entraîné de baisse du chômage.

L’auto-entrepreneur peut en effet conserver, par obligation, faute de revenus suffisants, son statut précaire antérieur (chômeur, allocataire de minima sociaux comme le RMI, le RSA, etc.). Ce type d’entreprise crée de surcroît très peu d’emplois salariés.

La question de la profitabilité de l’investissement (et du travail fourni) pour le créateur d’entreprise reste posée, en l’absence d’étude.

Ce nouveau statut peut permettre cependant de légaliser du travail, précédemment dissimulé, ce qui est intéressant.

Contrairement à une entreprise classique qui subit des charges fixes importantes, l’auto-entreprise peut rester en sommeil sans frais : beaucoup d’entre elles s’avéreront donc « dormantes » dans les mois et années à venir (un peu comme les associations qui se signalent à leur création, mais très rarement à leur extinction, la dissolution officielle notifiée aux Autorités étant dans les faits l’exception).

Un autre écueil majeur est le dumping social : c’est l’accusation portée par les représentants officiels des commerçants et des artisans. Il peut s’agir en effet d’un refuge (quitte éventuellement à scinder une entreprise en plusieurs auto-entreprises) destiné à bénéficier de cotisations sociales réduites et donc permettant de pratiquer des prix défiant toute concurrence.

Or, une concurrence, libre mais en l'espèce faussée, pénalise forcément l’emploi des entreprises existantes et globalement l’économie de la France.

Une grande crainte que peut nourrir aussi le citoyen, c’est que ce nouveau statut de l’auto-entreprise permette aux entreprises d’échapper à leur responsabilité sociale en contribuant de moins en moins au système social redistributif mis en place par le Conseil National de la Résistance après Guerre en 1946 (tirant un trait sur la politique des nazis et de l'extrême-droite française conjointement aux commandes avec Pétain), en terme de sécurité sociale, d’accident du travail, de retraite et d’allocations familiales.

08/08/2009

Le nouveau statut d’auto-entrepreneur

Depuis le 1er janvier 2009, il existe le statut d’auto-entrepreneur.

Ce statut concerne notamment le commerce, l’artisanat, les professions libérales mais exclut les agriculteurs.

Ce dernier doit remplir un formulaire de déclaration à communiquer au Centre de Formalités des Entreprises (CFE de la Chambre de Commerce et d’Industrie ou de la Chambre des Métiers).

Il y a dispense d’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés ou encore au Répertoire des Métiers. De même, il n’est pas légalement nécessaire de tenir une comptabilité mais seulement un livre retraçant les dépenses et les recettes.

Cependant, le CFE transmet à l’INSEE qui donne un numéro d’entreprise SIREN, d’établissement SIRET et d’activité NAF.

Les prélèvements sociaux et fiscaux sont forfaitisés (13 % du Chiffre d’Affaires pour une activité commerciale et 23 % pour une autre activité de services). Le paiement intervient tous les mois ou tous les trimestres.

Il faut opter pour le régime micro-social. Cela ouvre des droits à l’assurance maladie et à la retraite (Régime social des indépendants).

Le Chiffre d’Affaires annuel ne doit toutefois pas dépasser 76.300 € HT pour une activité d’achat/revente et 27.000 € HT pour les prestations de services relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux et pour les professionnels libéraux.

L’entreprise créée est exonérée de taxe professionnelle pendant deux ans à compter de l’année qui suit la création. Elle est aussi exonérée de taxes sur les salaires.

Dans le cadre du régime de la micro-entreprise, l’entreprise n’est pas assujettie à la TVA (pas de facturation de la TVA au client mais aussi pas de récupération de la TVA sur les investissements).

L’auto-entrepreneur est redevable de l’impôt sur le revenu :
- soit, tous les mois ou tous les trimestres, via le nouveau prélèvement fiscal libératoire à la source (1 % du Chiffre d’Affaires pour une activité d’achat-revente, 1,7 % pour une activité de services relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux et 2,2 % pour une activité libérale),
- soit l’année suivante sur le bénéfice de l’année précédente.

Il faut avoir opté pour le régime micro-social et avoir un revenu fiscal de référence inférieur à 25.195 € par part fiscale. Pour ceux dont les revenus sont supérieurs, l’administration fiscale pour calculer le bénéfice, dans le cadre du régime micro-fiscal, applique un abattement forfaitaire correspondant aux charges (71 % pour une activité d’achat-revente, de ventes à consommer sur place ou d’hébergements, 50 % pour des activités commerciales de prestations de services et 34 % pour une activité non commerciale).

L’auto-entrepreneur peut exercer à titre principal ou en complément d’une autre activité (chef d’entreprise, salarié, retraité, etc.).

Il vaut mieux protéger son éventuel patrimoine en effectuant devant un notaire une déclaration d’insaisissabilité de son habitation et autres biens.

Suite dans la note du 12 août 2009.

Le rural victime de la déferlante libérale

Les territoires ruraux sont abandonnés par le Gouvernement Fillon, au nom d’une forte idéologie libérale.

On ne compte plus en France les perceptions, les bureaux de poste, les hôpitaux et autres services publics qui ferment.

A la rentrée scolaire prochaine, la vague aveugle de coupes budgétaires va frapper, non plus seulement en terme d’insuffisance d’enseignants remplaçants, mais en terme de fermeture sèche de classes.

Fin 2008, pour la première fois dans l’histoire de la défiscalisation du logement neuf à objet locatif (notamment lois Lienemann, Besson, de Robien, Borloo), le Gouvernement de Droite a exclu du nouveau dispositif, dit Scellier, les communes rurales : exit donc les investisseurs dans la pierre en milieu rural et la dynamisation de la construction en cette période de marasme économique.

Pendant les décennies 80 et 90, au vu de l’émergence de nouvelles technologies, telles la téléphonie satellitaire, Internet et l’espoir du télétravail, au vu de la dématérialisation des échanges et de l’importance du cadre de vie pour les travailleurs, notamment les cadres, nous avons pourtant crû, avec satisfaction, au grand retour de la campagne. Le rural avait alors le vent en poupe et l’occupation du territoire était à la fois un objectif et une réalité rassurante.

Certes, la population agricole allait en disparaissant et la catégorie socioprofessionnelle dominante était devenue celle des ouvriers, ce qui dénotait d’une profonde mutation culturelle, mais la dépopulation s’était arrêtée. Mieux, avec le phénomène de rurbanisation, avec l’arrivée de néo ruraux, de très nombreux territoires ruraux se repeuplaient.

L’élection de Nicolas Sarkozy a constitué un tournant d’autant plus saillant que Jacques Chirac était, lui, un défenseur du monde rural.

Le Gouvernement tait cette politique de la terre brûlée mais garde un cap inflexible : les menaces de démission de certains édiles n’ont pas ébranlé son indifférence.

Le désert guette déjà de nombreuses zones isolées de l’Est ou du Massif Central. Tout va très vite quand l’école ferme, quand le médecin s’éloigne à quelques dizaines de kilomètres, quand les incessants, mais obligatoires, déplacements en voiture deviennent trop coûteux.

Même si dans l’Hérault, la ville est rarement loin, certaines communes rurales sont déjà en voie de paupérisation.

Moins d’habitants, c’est en effet plus de logements vacants, moins de rénovation immobilière et moins de taxe d’habitation. Moins d’habitants, c’est aussi moins de clientèle pour les petits commerces, moins de main d’œuvre qualifiée et un tissu d’entreprises qui se délite d’où moins de taxe professionnelle et moins de services marchands.

Les territoires ruraux sont mis en concurrence avec les autres territoires français comme étrangers : comment gagner cette compétition avec des contraintes d’éloignement, d’enclavement, avec des réseaux d’eau potable, d’assainissement, de téléphone, d’électricité forcément plus coûteux qu’en ville, avec une population exigeant quasiment le même niveau de services (restaurant scolaire, garderie des enfants, culture), sans un solide appui spécifique de la collectivité nationale ?

Alors, reste-t-il un espoir, une marge de manœuvre, aux territoires ruraux, du fait de leur mise à l’index, de fait, par le Gouvernement Fillon ?

Et bien, tout d’abord, il faut que les territoires ruraux exploiter au maximum leurs propres ressources : notamment l’espace, les paysages, le tourisme, le bois, l’agriculture de proximité, le petit agro-alimentaire.

Mais aussi, il leur faut profiter de la possibilité de se regrouper entre collectivités de même taille ou avec les villes voisines.

Et enfin, il faut que les territoires ruraux contractualisent, dans une optique forcément de développement durable, avec leur Conseil général, leur Conseil régional sur les opérations liées au développement économique et bien sûr avec l’Europe qui sont les fidèles soutiens du monde rural.

04/08/2009

Bois-énergie : un chantier post-incendie à Clapiers

Les communes de Montferrier et de Clapiers ont subi un incendie au mois d’août 2008 qui a détruit 18 hectares de forêt.

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La forêt dévastée par l’incendie


Un an après le sinistre, la Commune de Clapiers a décidé de faire transformer le bois sur pied, en partie calciné, en plaquettes forestières. En effet, la valorisation post incendie pour la pâte à papier est impossible.

En outre, les arbres morts représentent un danger pour les promeneurs.

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La déchiqueteuse automotrice broie une grume impressionnante


Le chantier a été mené par une entreprise spécialisée. Il a nécessité le travail coordonné :
- d’une déchiqueteuse à bois automotrice de grande puissance (investissement en neuf tout de même de l’ordre de 800.000 €),
- d’une semie remorque pour le transport vers le lieu de séchage des plaquettes forestières,

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Le débardeur traîne les arbres coupés mais non élagués


- d’un débardeur, gros tracteur forestier articulé, pour extraire les grumes et les traîner jusqu’à la déchiqueteuse,
- d’un broyeur à végétation basse pour laisser une chance à la régénération naturelle des essences forestières.

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La broyeuse fait place nette


Les plaquettes forestières ont une utilité énergétique dans les chaufferies-bois collectives et individuelles .

1 m3 de bois = 0,6 tonne de matière sèche
= 0,25 tonne équivalent pétrole économisé = 0,6 tonne de CO2 non émis

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Les élus de Clapiers, les agents de l’ONF et l’entrepreneur


Si le bois feuillu trouve un débouché naturel en bois-bûche (Chêne-vert, Arbousier notamment), le bois résineux, du fait de son pouvoir calorifique plus important (présence de résines) est particulièrement intéressant sous forme de plaquettes forestières.

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La trémie de la déchiqueteuse remplie de plaquettes forestières


Le chantier organisé à Clapiers est un des premiers dans le Sud de la France : c’est une initiative d’avenir à l’heure où l’on doit s’affranchir du pétrole.

Qui plus est, la plaquette forestière est le combustible le meilleur marché. Il revient de l’ordre de 3 cts d’€ le kilowatt-heure, contre environ 5 cts d’€ par kWh pour le gaz naturel, 6 cts d’€ par kWh pour le fioul domestique et 11 cts d’€ par kWh pour l’électricité.

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La plaquette forestière


De grandes quantités de bois-combustible peuvent être extraites des pinèdes du Nord de Montpellier, dans le cadre de leur gestion durable.

Cette richesse naturelle est à exploiter pour créer des emplois et réduire le risque de feu de forêt.

La Commune de Clapiers a d’ailleurs un projet de chaufferie-bois et de réseau de chaleur pour alimenter ses écoles, permettant de substituer au gaz, énergie fossile, du bois, énergie renouvelable issue de gisements de proximité.

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Vu du chantier : panorama sur le front d’urbanisation de Clapiers au Nord


L’Association des communes forestières de l’Hérault, COFOR34, financée par le Département de l'Hérault, l'ADEME, la Région Languedoc-Roussillon et l'Europe, fait la promotion du bois-énergie.

Deux ingénieurs, Elodie Payen et Fabien Reverchon, conseillent les collectivités, notamment territoriales, sur les chaufferies-bois et la ressource forestière.

01/08/2009

Danger de privatisation à la Poste (suite)

Quelles incidences aurait une privatisation de la Poste :
- la logique marchande l’emporterait avec une réorientation du personnel sur le commercial,
- la société chercherait à optimiser ses profits en réduisant le nombre de bureaux de poste,
- une rentabilité à court terme serait recherchée pour satisfaire les actionnaires privés (notamment les fonds de pensions américains, les fonds souverains russes ou des pétromonarchies),
- le marché du courrier des particuliers, actuellement non rentable, serai délaissé au profit de celui des entreprises qui permet des bénéfices (les concurrents baisseraient donc les prix sur les clients à courtiser, c’est-à-dire générant beaucoup d’envois, et augmenteraient le tarif du courrier des particuliers, voire même espaceraient ou abandonneraient son acheminement).

Existe-t-il une alternative publique ?

Oui, bien sûr. L’Etat peut continuer à être l’unique actionnaire de La Poste.

Cela limiterait bien entendu son expansion à l’étranger : l’entreprise pourrait moins pénétrer les marchés allemands, anglais, scandinaves, etc.

Cela obligerait bien entendu à augmenter le prix du timbre pour payer décemment les postiers, pour moderniser les outils de tri et de distribution, pour avoir partout en France un service de qualité. On ne peut pas en réalité tout avoir, contrairement à ce que beaucoup de démagogues laissent entendre : être propriétaire de la structure, jouir d’un service impeccable et en plus vouloir la « gratuité » (l’Europe impose justement que se soient les bénéficiaires du service qui le payent et non le contribuable).

En effet, si l’entreprise publique n’est pas profitable et donc pas capable de dégager d’importantes masses financières pour son développement et sa modernisation, c’est bien l’argent privé que lui promet le Gouvernement Fillon (2,7 milliards d’€ d’augmentation de capital à l’occasion de la privatisation) qui s’y substituera forcément.

Bien sûr, l’entreprise publique devra s’adapter (mais elle l’a toujours fait sinon elle n’aurait pas subsisté) :
- en réduisant ses coûts (200 millions d’€ d’économies de frais de fonctionnement déjà prévues en 2009),
- en se focalisant plus encore sur le « service au public », en affectant plus de personnel aux guichets et au conseil en général,
- en modernisant ses plates-formes de tri (c’est en cours),
- en se redéployant vers le colis dopé par le commerce électronique et en trouvant des solutions à l’évolution en « peau de chagrin » du courrier remplacé rapidement par la messagerie électronique et autre transmission numérique,
- en offrant de nouveau services (livraison de médicaments, boutique spécialisée, etc.).

L’avenir de la Poste stigmatise un clivage très fort entre Droite et Gauche.

La Droite considère qu’une privatisation est souhaitable pour des raisons d’idéologie néolibérale : « le marché s’auto-organise » ; « le privé est plus efficace » ; « il faut passer d’une logique d’usager à une logique de client » ; « l’Etat doit se cantonner strictement à ses pouvoirs régaliens », etc.).

Signalons au passage que lors des privatisations précédentes, les gouvernements de Droite ont en règle générale bradé les entreprises publiques, pour deux raisons :
- la privatisation est intervenue dans une période peu propice (notamment dans la crise actuelle, la Bourse n’est pas au plus haut et les acheteurs sont peu solvables, moins nombreux et donc moins tentés de surenchérir),
- le Gouvernement a souhaité choisir les actionnaires de références, ce qui a empêché la concurrence d’investisseurs étrangers ou n’entrant pas dans la stratégie industrielle envisagée.

La Gauche considère quant à elle que les services publics ont un avenir, qu’ils sont indispensables au maintien de la cohésion sociale. Le Parti Socialiste pense, en outre, qu’ils doivent évoluer vers le « service au public », c’est-à-dire s’adapter sans cesse pour être performants.

Une Poste privatisée, même avec un cahier des charges imposé par l’Etat pour garantir un minimum de missions de Service public, sera au service de quelques millions d’actionnaires français ou étrangers (dont beaucoup de petits, complices à leur corps défendant bien souvent détenant des actions au travers d’autres produits financiers sans le savoir), dont la seule motivation sera le profit monétaire et pénalisera les plus fragiles des Français (personnes peu mobiles, personnes très âgées, foyers à faible pouvoir d’achat, ruraux, habitants des banlieues à faible densité de bureaux de poste, etc.).

L’attachement des Français devra être démonstratif dans les mois à venir pour faire reculer le Gouvernement Fillon.

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31/07/2009

Danger de privatisation pour la Poste

Le Président de la République a reporté son projet de transformation de la Poste en société anonyme (SA) au lendemain des Européennes, bien que le projet de loi ait été déjà prêt avant le mois de juin.

Il s’agissait en effet de ne pas alarmer les Français en pleine campagne électorale.

Et pourtant, le Parti Socialiste ne s’y est pas trompé : c’est bien un premier pas vers l’entrée de nouveaux actionnaires minoritaires puis l’introduction en Bourse et enfin la privatisation totale.

Cette dernière heurte bien sûr les syndicats des postiers qui défendent un service public de qualité mais c’est aussi une mesure impopulaire chez les Français.

L’ouverture totale à la concurrence pour le courrier ordinaire (plis de moins de 50 grammes sachant que pour les colis et les autres lettres cette ouverture à la concurrence existe déjà) est prévue au 1er janvier 2011 (tout comme le Livret A a été banalisé au 1er janvier 2009).

Il est bon toutefois de préciser que l'ouverture à la concurrence n'oblige en rien l'État français à modifier le statut de cette entreprise publique...

Ni le Traité de Lisbonne, ni même le Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum par les Français le 29 mai 2005, n’obligent à la privatisation des Services publics : il s’agit bien d’une volonté franco-française de céder au privé une entreprise qui appartient à tous les Français. Il ne s’agit absolument pas d’une contrainte mais d’un choix politique.

La concurrence libre et non faussée est possible entre des structures publiques et privées. C’est légal au niveau européen. Et il n’est pas certain que dans un combat concurrentiel loyal, une entreprise publique ne sorte pas vainqueur du fait de la qualité de ses agents, de la gestion désintéressée, de la priorité donnée au long terme, c’est-à-dire au non spéculatif.

Si l’Etat français subventionnait la Poste, ce ne serait pas en revanche admis mais il s’agit d’une entreprise qui équilibre ses comptes sans aide de l’Etat, qui peut investir et qui fait des bénéfices (943 et 549 millions d’€ d’excédents respectivement en 2007 et en 2008).

La Poste est le plus vieux service public de proximité de notre pays.

En tant que Service public, la Poste assure :
- un accès universel aux services bancaires pour ceux qu’aucune structure financière n’accepte de bancariser,
- un lien social en milieu isolé, notamment auprès des personnes âgées,
- une péréquation des tarifs qui fait que l’envoi d’une lettre à partir de la Lozère ne coûte pas plus cher qu’à partir de Montpellier,
- un tarif préférentiel pour la distribution de la presse,
- un égal accès pour les usagers qui fait que la relève et la distribution du courrier interviennent à la même fréquence à la ville qu’à la campagne.

Suite de la note le 1er août 2009.

30/07/2009

Pôle oeno touristique à Saint-Christol (suite)

La porte d’entrée touristique du Pays de Lunel

Le pôle oeno touristique de Saint-Christol est un parc d’attraction intelligent en phase avec la culture locale.

Cette opération de prestige a un objectif : devenir l’emblème d’un territoire.

Le complexe est idéalement positionné à 2 km de l’échangeur autoroutier.

Ses visiteurs seront guidés vers des circuits locaux de découverte synonymes de séjour prolongé.

50.000 touristes sont espérés par an, à terme, chiffre à comparer aux 20.000 du site d’Ambrussum et aux 30.000 d’Accrobranche.

Un projet relancé

Ce projet oeno touristique, décidé par la Communauté de communes du Pays de Lunel, a franchi une étape, avec le choix au premier semestre 2009 de l’équipe des maîtres d’œuvre.

Il devra notamment compter avec la concurrence de Terra Vinea à Portel des Corbières dans l’Aude et de Vinipolis à Florensac dans l’Hérault.

Le pôle de Saint-Christol doit occuper une parcelle de 3 hectares sur le site de « La glacière », entre vignes et village ancien, avec lequel il sera relié par des cheminements doux. 1.100 m² de bâti sont prévus.

Le site prendra la forme d’un amphithéâtre tourné vers le Sud. Au point haut, au Nord, une Esplanade sera occupée par les bâtiments. Elle dominera un parc viticole dit jardin ampélographique (représentatif des différentes variétés de vigne) ainsi qu’au point bas une prairie.

Du « terroir » au « développement durable »

Le projet, initialement très « terroir », a évolué en intégrant une plus-value environnementale et climatique forte : puits provençal pour tempérer l’air, chai de vieillissement semi-enterré avec des murs en pierre très épais, ventilation naturelle.

Les énergies renouvelables sont mobilisées : chaufferie-bois, panneaux solaires thermiques, panneaux photovoltaïques, petite éolienne.

Globalement, l’autonomie énergétique du complexe est atteinte.

En outre, les eaux de pluie sont récupérées, les eaux usées traitées par lagunage et les matériaux naturels utilisés pour la construction : bois, pierre locale et terre crue.

Une ambiance méditerranéenne est recherchée, les lieux intérieurs et extérieurs sont mêlés, les façades ombragées l’été et ensoleillées l’hiver.

Un pôle à attractions multiples

Les équipements sont en rapport avec les ambitions du projet : faire connaître l’histoire de la vigne, comme du vin, et faire déguster le vin.

Il s’agit donc notamment d’initier à l’œnologie (l’art de fabriquer le vin), de faire découvrir des saveurs, couleurs et odeurs, de former à l’association des mets culinaires et des vins.

Les bâtiments comprennent un patio ombragé pour le repos, un atelier du vin avec son caveau de dégustation/vente, un chai de stockage, un bar à vin, un restaurant, un village d’hôtes pour l’hébergement, une halle camarguaises pour un accueil polyvalent, une salle de conférence, un musée ampélographique et une vigne pédagogique.

Tous ces équipements permettent d’organiser sur place ou dans le terroir avoisinant, des ateliers de dégustation, des stages d’oenologie, des visites d’exploitations agricoles, des repas, des balades vigneronnes, des circuits de plusieurs jours combinant des activités liées au vin et des activités touristiques ou de loisirs.

Un partenariat public-privé à finaliser

Comme pour les autres projets territoriaux de ce typel (on peut prendre l’exemple voisin du Chemin des Verriers), la difficulté est de rentabiliser le fonctionnement de l’équipement dans un délai pas trop long.

En ce qui concerne les investissements, la Communauté de communes du Pays de Lunel peut compter sur 800.000 € de l’Etat et de l’Europe au titre des pôles d’excellence rurale, sur son partenariat avec le Conseil Général de l’Hérault et sur ses fonds propres.

Le choix du ou des gestionnaires (du musée, de la boutique et du restaurant notamment), privés ou issus de l’économie mixte, conditionnera la pérennité de cette grande aventure pour le Pays de Lunel.

28/07/2009

Pôle oeno touristique à Saint-Christol

Dès 2004, la Communauté de communes du Pays de Lunel et la Commune de Saint-Christol ont travaillé « à l’émergence d’un pôle œnologique et oeno touristique, vitrine du territoire ».

Ce projet était initialement très « terroir » s’adressant « aux amoureux de la bonne table, aux passionnés des vieilles pierres ».

Il s’agissait de valoriser le potentiel viticole local qui est protégé par deux AOC (Appellation d’origine contrôlée), en l’occurrence Coteaux du Languedoc et Muscat de Lunel.

L’oeno tourisme était appréhendé comme « une nouvelle manière de conjuguer développement touristique et production viticole locale ».

Depuis, le projet de pôle a perdu son volet stricto sensu œnologique car les centres de recherches, de développement ou techniques, dans ce domaine, sont déjà fermement ancrés à Montpellier, Nîmes ou encore Narbonne.

La vocation du pôle oeno touristique de Saint-Christol est d’attirer la fréquentation touristique issue du bassin Gard/Hérault, voire plus éloignée (Clermont-Ferrand, Barcelone, Lyon ou encore Marseille étant à moins de 3 ou 4 heures de temps).

Une fois cette clientèle touristique captée, l’idée est qu’elle profite des richesses du Pays de Lunel et contribue donc localement à créer des emplois.

Ces richesses sont, au-delà du vin (17 caveaux à visiter dans le Pays de Lunel) : les autres produits agricoles, le patrimoine (Oppidum d’Ambrussum, village viticole de Saussines, églises romanes, fondations templières et hospitalières, châteaux, villages fortifiés), les activités de pleine nature (randonnée pédestre, VTT, « Accrobranche »), les traditions camarguaises (course libre par exemple).

L’intention de 2004 a fait l’objet d’une réflexion approfondie et le nouveau projet a été labellisé en décembre 2006 comme « Pôle d’excellence rurale ».

L’Etat en a sélectionné 379 en France, sur appel à projet.

Cette politique de pôles d’excellence rurale, lancée en décembre 2005 avait pour « objectif de soutenir 300 initiatives locales porteuses de projets créateurs d’emplois, innovants, ambitieux, bâtis autour de partenariats publics-privés ».

Dans l’Hérault, la labellisation a porté sur 5 pôles : « Forêt Occitane pour le Renouveau d’un Eco-développement durable Structurant du Territoire, dit FOREST, autour de la Salvetat sur Agout », « Couleurs de pierre » avec le Syndicat Mixte du Pays Haut-Languedoc et Vignobles, « Avène, eau, Nature et Santé », « Développement d’un pôle de performance patrimonial dans les gorges de l’Hérault à Saint-Guilhem le Désert et le « Pôle d’oeno tourisme en pays de Lunel : tourisme d’excellence au travers du vin et de l’histoire»).

Pour plus de détails sur les pôles d’excellence rurale héraultais : site de la Délégation Interministérielle d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires (DIACT).

Après un sommeil de 2 ans, le projet de la Communauté de communes de Lunel vient d’être accéléré avec le lancement d’un concours d’architecture fin 2008.

Les 3 propositions retenues ont été analysées et ont abouti, au premier semestre 2009, à la sélection d’une équipe pluridisciplinaire alliant architectes, paysagistes, scénographes et bureaux d’études techniques.

C’est l’esquisse de Philippe Madec & Co qui a été retenue.

Ce dernier a été maître d’œuvre de plusieurs grandes réalisations : « Les nouveaux mondes de Sindibad » à Casablanca (Maroc), « L’écoquartier des Mesniles » à Verson (Calvados) ou encore le « Musée archéologique du Château de Mayenne » dans la commune et le département éponymes.

Suite dans la note du 30 août 2009.

26/07/2009

L’emploi à Montpellier et sur les villages alentours

Le crise économique a conduit dès l’été 2008 à une baisse de l’emploi salarié. La crise financière de l’automne 2008 a précipité ce déclin.

Au premier trimestre 2009, en tenant compte des fluctuations des missions d’intérim, l’industrie a perdu en France 7,5 % de ses effectifs, le BTP (bâtiment et travaux publics) 1 % tandis que le tertiaire est resté stable.

Globalement, ce sont 175.100 postes de travail qui ont été perdus en 3 mois. Le nombre de salariés dans des secteurs concurrentiels a donc été ramené, au 31 mars 2009, à 16.478.200.

Alors que le chômage avait atteint en France un minimum après le passage aux 35 heures (près de 700.000 emplois directement générés par les lois Aubry), il atteint maintenant un sommet historique.

Compte tenu de son économie spécifique, avec en l’espèce quasiment pas d’industrie, le bassin d’emplois de Montpellier, comprenant de très nombreux villages alentours, a subi plus tardivement la contraction de l’emploi salarié.

En effet, la construction régresse ici moins qu’ailleurs, essentiellement du fait :
- des investisseurs privés dans la pierre, alléchés par les avantages fiscaux de la loi Scellier,
- des investissements des collectivités territoriales, comme par exemple avec la construction du Lycée Pierre Mendès-France par la Région Languedoc-Roussillon (les collectivités territoriales réalisent en France les 3/4 des investissements publics, qualifiés de « Formation Brute de Capital Fixe, et elles ont fourni un effort supplémentaire en 2009 compte tenu de la conjecture économique).

Sur Montpellier et sa périphérie, les PME sont nombreuses et très diversifiées ce qui permet une meilleure résistance.

Il n’y a donc pas de plans de licenciement massif.

La plupart des entreprises locales parviennent à maintenir leur activité mais elles ne génèrent plus de nouveaux emplois.

Toutefois, compte tenu de la prééminence du tertiaire, où les emplois sont plus particulièrement précaires et de l’afflux démographique plus difficilement absorbable par le tissu économique local, le chômage dans le Montpelliérain croît substantiellement.

En fait, les agences du Pôle Emploi à Montpellier et autour ont constaté :
- une réduction immédiate des missions d’intérim et de remplacement,
- la division par 2 du nombre d’offres d’emploi en moins d’un an,
- une augmentation de l’ordre de 15 % du nombre de demandeurs d’emploi à temps plein (dit catégorie A),
- un impact plus fort de la dégradation du chômage sur les plus publics fragiles : jeunes de moins de 25 ans peu ou pas qualifiés, salariés en CDD ou en intérim,
- une modification dans le profil des inscrits avec plus de jeunes diplômés, d’agents de maîtrise, voire de cadres et enfin de travailleurs à compétences très spécifiques, dorénavant moins sollicités en intérim,
- une mobilisation, avant même la perte de leur poste, des salariés en fin de contrat, en vue de rechercher un autre emploi.

Les salariés constatent de leur côté une tension nette à la baisse sur le niveau de rémunération maintenant proposé par les employeurs.

Le dynamisme économique de Montpellier est cependant un gage d’espoir avec notamment les chantiers liés à la construction de la 3ième ligne du Tramway et l’ouverture du vaste centre commercial d’Odysseum.

24/07/2009

Dédoublement de l’autoroute A9

Le projet de dédoublement de l’autoroute au droit de Montpellier entre Saint-Jean de Védas et Baillargues date de 1994. L’objectif de séparation des trafics locaux et de transit a été énoncé dès les années 80, l’autoroute A9, « La Languedocienne », ayant été mise en service en 1967.

Lors de l’enquête publique de 2005, les habitants de Lattes et plus encore de Baillargues se sont fortement mobilisés contre le projet.

Les Baillarguois ont pointé à cette occasion « un projet vieux de 15 ans » qui ne tenait pas compte de l’évolution de l’urbanisation, arrêté par les Services de l’Etat sans concertation, déficient quant aux études sur le bruit et la pollution.

La Commission d’enquête a rendu un avis défavorable le 27 mars 2006 ce qui n’a pas empêché le Préfet, correspondant local du Gouvernement Raffarin sous la Présidence de Jacques Chirac, de prendre, la même année, une Déclaration d’Utilité Publique.

A l’époque, le Préfet annonçait un début des travaux en 2007-2008 et une mise en service en 2.011. La montre semble comme arrêtée !

Depuis, le Gouvernement Fillon a demandé, le 5 mars 2009, aux Autoroutes du Sud de la France de surseoir aux procédures d’expropriation et de fouilles archéologiques.

C’est qu’un groupe d’experts a rejeté comme non satisfaisantes, en juillet 2009, les deux options qui lui étaient soumises : en l’occurrence, création d’une seconde autoroute ou élargissement à 2 x 4 voies de l’autoroute actuelle.

Le coût était déjà estimé à 385 M€ HT en 2004 (dont 73 M€ de mesures d’atténuation et de compensation pour l’environnement) !

Avec 120.000 véhicules par jour lors des grands chassés-croisés, l’autoroute A9 au droit de Montpellier sature quelques jours par an mais aucune mesure d’étalement des départs en vacances n’est prévue.

C’est le problème du tout camion qui se pose durant le reste de l’année : le ferroutage et plus encore le merroutage sont, il est grand temps, à promouvoir.

C’est aussi le problème du flux pendulaire entre Montpellier et les villages avoisinants, matin et soir, avec la mise en danger des automobilistes arrêtés sur l’autoroute par des sorties saturées et doublés à grande vitesse par le flot du transit : le transport en commun rapide (Tramway, bus à haute qualité de service, TER) sont à ce sujet prometteurs.

Les solutions de sortie du blocage actuel imaginées ne sont pas à la hauteur des risques d’accidents encourus. En effet, l’élargissement des sorties autoroutières débouchera sur des voies urbaines qui ne peuvent en aucun cas absorber un trafic local sans cesse croissant.

Il vaudrait mieux créer, dans un premier temps, deux nouveaux échangeurs : l’un à Odysseum et l’autre au Zénith.

Il vaudrait mieux aussi imposer des restrictions de vitesses plus importantes :
- la Fédération Nationale des Transports Routiers préconise elle-même une limitation à 80 km/h pour les camions sur autoroute afin d’économiser 12 millions de tonens d’émission de CO2 sur les 35 émis par le transport routier de fret, plus l’interdiction faite au poids lourds de dépasser,
- la régulation par affichage des vitesses maximales, pour les véhicules de tourisme, en fonction de l’état du trafic, fluidifie la circulation et minore fortement les risques d’accidents.

Enfin, la mise en application de la proposition des députés UMP de créer une nouvelle autoroute au Nord de Montpellier serait désastreuse en terme de délais (impossibilité de financer des travaux pharaoniques avec de nombreux remblais et viaducs dans un secteur à relief marqué) et d’atteinte aux paysages comme au cadre de vie des cantons de Saint-Gély du Fesc, Castries, Claret et Lunel.

17/07/2009

Vive le bois construction (suite)

Le bois dans la construction accompagne en réalité la mutation des modes de conception et de réalisation.

Son utilisation est un enjeu en terme d’emplois locaux et d’aménagement du territoire (le bois demande beaucoup de main d’œuvre et est issu des zones rurales).

Le Languedoc-Roussillon compte 1 million d’hectares de forêts. ¾ des superficies sont des forêts privées et ¼ des forêts publiques. Les forêts les plus productives sont situées dans les Pyrénées, la Montagne noire, le Somail, l’Espinouse et les Cévennes.

Ce sont les accrus naturels et non les plantations (très limitées en surface) qui expliquent la très forte croissance du bois sur pied.

1,3 millions de m3 de bois sont prélevés tous les ans en Languedoc-Roussillon et 0,9 million commercialisés (le reste entre dans l’autoconsommation) des ménages. Cette exploitation du bois en région est toutefois largement insuffisante.

Le bois construction en Languedoc-Roussillon est essentiellement du bois d’œuvre destiné au sciage mais aussi du bois destiné à la trituration, notamment pour la production de panneaux isolants.

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon engage des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’œuvre et des entreprises : de l’amont et de l’aval de la filière.

Il s’agit de promouvoir une nouvelle culture et de nouvelles pratiques.

Le bois peut être mis en œuvre pour :
- construire des maisons en bois,
- à structure poteau/poutre, notamment en lamellé-collé,
- à ossature bois,
- en bois massif empilé (style « chalet »),
- en panneaux de bois massif contrecollés (technique venue d’Allemagne),
- fabriquer des isolants : laine et fibre de bois, ouate de cellulose,
- élaborer des portes, fenêtres, lambris, planchers, bardages.


Les maisons en bois permettent de gagner de la surface au sol, du fait d’une épaisseur de mur moins grande.

Les bois utilisés doivent être des bois certifiés (dits « PEFC », soit en anglais « Programme for the endorsement of forest certification »), c’est-à-dire que l’exploitation de la forêt doit être durable en respectant le sol, la végétation et les hommes.

La Charte résulte d’un travail transversal au profit de la construction bois. L’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34) a été associée.
L’objectif est d’agir sur la demande (maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre) et sur l’offre (entreprises du bâtiment et de la transformation du bois, recherche).

Concernant les maîtres d’ouvrage, la Charte prévoit :
- l’exemplarité des constructions publiques,
- de mettre en œuvre une politique générale d’incitation à l’usage du bois, par exemple levée de toutes les restrictions dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) ou dans les normes techniques,
- d’informer et de former à l’emploi du matériau bois (entreprises du bâtiment et de l’artisanat, élus locaux),
- de faire coopérer les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur ce sujet
.

Une maison bois-pierre, démonstrative des bâtiments basse consommation (dits BBC), a été présentée au 2ème Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) à Montpellier : elle a connu un vif succès en étant prise d’assaut, pour des visites, par le grand public.

16/07/2009

Vive le bois construction

1 m3 de bois stocke 1 tonne de CO2.

Le bois utilisé dans les constructions constitue un stockage durable de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. En outre, la mobilisation et la mise en œuvre du bois émettent peu de CO2.

Le bois construction est donc à développer.

A cet effet, ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (l’interprofession régionale du bois regroupant les propriétaires forestiers, les bûcherons, les scieurs, les transformateurs du bois, les menuisiers et les charpentiers, les collectivités territoriales, les architectes, les constructeurs) a élaboré, dans la concertation des acteurs de la filière bois, la Charte bois-construction.

Cette Charte a été signée par 23 partenaires le 11 décembre 2008 à l’occasion du 2ième Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) au Parc des expositions de Montpellier. La liste des signataires à jour est visible à l’adresse :
http://www.arfobois.com/index.php?id=156

C’est un engagement commun, un pacte d’intérêt collectif, visant à valoriser davantage le bois dans la construction.

La Commune de Clapiers a été pionnière puisqu’elle est la première et seule commune du Languedoc-Roussillon à avoir signé cette Charte.

Pourtant, signer cette charte n’est pas une affaire de spécialistes : toutes les communes et autres collectivités territoriales devraient ainsi s’engager à promouvoir le bois-construction.

Pour faire œuvre de pédagogie, Arfobois propose aux collectivités territoriales la mise à disposition gratuite d’une exposition sur le Bois construction :
http://www.arfobois.com/telechargements/outils//Panneaux%20Construction%20(6)%20ARFO.pdf

Cette charte est une conséquence directe de la politique mise en place en 1998 sous le Ministère de Jean-Louis Bianco (Gouvernement Jospin). L’objectif de son « Plan bois construction Environnement » était de faire passer de 10 % à 12,5 % la part de marché du bois dans la construction sur la période 2000-2010 (équivalent tout de même à 14 % des engagements de la France à Kyoto en terme de réduction du CO2 !).

S’en s’ont suivi le « Plan Climat 2004 », le décret du 16 septembre 2005 sur les exonérations de Taxe sur le foncier bâti (TFB) fixant les minima de quantités de matériaux renouvelables à utiliser dans la construction et enfin l’« Accord cadre national » résultant du Plan Bianco

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon est la déclinaison régionale de cet accord national qui fixe « les objectifs stratégiques définissant le cadre des engagements ultérieurs de chaque signataire ». Les objectifs sont déclinés en actions. Le plan porte sur la période 2008-2013.

Promouvoir le bois dans la construction, c’est nous préparer un avenir meilleur.

Suite dans la note du 17 juillet 2009.

13/07/2009

Prix du foncier agricole dans l’Hérault

On s’interroge souvent sur les prix du foncier agricole dans l’Hérault.

Bien entendu, il s’agit toujours de cas particuliers et le prix est souvent d’autant plus élevé que le bien est petit ou que l’urgence pour le demandeur d’accéder au foncier est grande.

L’Observatoire Foncier de l’Hérault qui relève du Conseil général de l’Hérault reçoit les demandes d’intention d’aliéner (dites DIA) de la part des notaires, préalablement à toute mutation à titre onéreux.

En effet, le Département de l’Hérault a institué à son profit un droit de préemption : le droit de préemption sur les espaces naturels et sensibles. Ce droit concerne les zones NC (dites agricoles) et ND (dites naturelles) des plans d’occupation des sols (POS). Dans les plans locaux d’urbanisme qui succèdent progressivement aux POS, ces zones sont appelées respectivement A et N.

Le Département de l’Hérault peut donc, s’il le souhaite, acquérir des biens fonciers, éventuellement après avoir demandé au juge la baisse d’un prix manifestement surévalué, en vue de leur acquisition par la Collectivité et de leur protection. Ces biens entrent dans le Domaine public du Département : à ce titre, ils deviennent inaliénables, insaisissables et imprescriptibles.

L’Observatoire foncier qui dépend du Département de l’Hérault a constaté en 2006, sur 5.263 DIA notifiées portant sur 8.909 hectares, les prix de transaction au mètre-carré dipsonible dans le fichier ci-joint : TableauPrixFoncierHérault2006.doc

Les chiffres donnés par l’Observatoire foncier permettent les analyses suivantes, sur le plan quantitatif :
- entre la moyenne décennale précédente et l’année 2006, le nombre de transactions diminue de 20%,
- entre la moyenne décennale précédente et l’année 2006, les superficies échangées diminuent de 15 %,
- la part des superficies échangées concernant les agriculteurs ou assimilés, déjà faible, baisse d’environ 25 % à environ 15 %,
- le passage à l’urbanisation a augmenté de 4 % à 5 % des superficies échangées, ce qui représente environ 500 ha en 2006,
- les vignes qui représentaient 1/4 des superficies vendues ne représentent plus que 1/8 en 2006 (la crise viticole et l’arrachage sont « passés » par là),
- la « part de marché » perdue par les vignes se retrouve sur les prés et les terres,
- les transactions sur les vergers, les oliveraies et les jardins ne dépassent pas 50 ha par an,
- enfin, les terrains classés dans la catégorie « Bâti accessoire », représentent 30 % des surfaces, ce qui est conséquent.
-
Sur le plan financier, entre la moyenne décennale 1996-2005 et 2006, l’augmentation des prix :
- est réelle mais faiblement supérieure à l’inflation pour les postes « Bâti essentiel », « Lotissement », « Morcellement agricole » qui concernent tous les trois l’urbanisation, « Prés et terres » ainsi que « Vignes » qui traduisent une demande plus faible de la part des agriculteurs,
- est, en revanche, très forte pour les postes « Terrains à bâtir » (résidentialisation d’espaces précédemment agricoles ou naturels), « Bâti accessoire » et « Vergers-Oliviers-Jardins ».

Globalement donc, 2/3 du foncier rural dans l’Hérault a vu son prix faiblement croître tandis que le tiers restant a connu une forte hausse annuelle, en moyenne de 5 % en euros courants et de 3 % en euros constants, c’est-à-dire hors inflation.

Les données issues de l’Observatoire foncier sont très instructives car elles permettent de donner un minimum d’éclairage sur le marché du foncier agricole qui est peu liquide et, c’est le moins que l’on puisse dire, peu transparent.

Concernant l’année 2008, la SAFER Languedoc-Roussillon constate sur notre région une baisse du prix moyen du terrain agricole à 0,64 €/m² (soit – 4,0 % sur 2007) et au niveau français une forte hausse à 0,52 €/m² (soit + 5,6 % sur 2007).

En France, le prix d’achat de terres par des non-agriculteurs, c’est-à-dire à destination résidentielle, a fortement chuté ces dernières années.

En revanche, c’est la forte augmentation des prix des terrains à destination agricole qui a fait progresser le prix moyen national.

La réalité du marché du foncier agricole est donc la suivante :
- les primes à l’hectare de la Politique agricole commune (PAC), à hauteur de 10 milliards d’euros par an en France, poussent les agriculteurs à l’agrandissement de leurs exploitations (ces gros exploitants empêchent notamment les installations des jeunes), sauf dans les régions comme la nôtre concernées par des spéculations exclues de la PAC comme le maraîchage, les vergers, la vigne ou touchées par une crise sectorielle (viticulture chez nous),
- cet agrandissement alimente la spéculation foncière et une faim de terre de la part des petits paysans,
- l’urbanisation et les grandes infrastructures de transport consomment certes des terrains agricoles (d’autant plus que la croissance démographique est forte comme c’est le cas en Languedoc-Rousssillon) mais avec la volonté des acquéreurs de payer un juste prix (la crise vécue depuis 2008 va accélérer cette exigence).

11/07/2009

Des singes à Teyran ?

Un investisseur privé souhaite développer sur la commune de Teyran, en limite de Castries, dans une plantation de pins pignon située entre la RD 145 et la Liaison intercommunale d’évitement Nord (dite LIEN), un parc animalier dédié aux singes magots.

Cet animal vit principalement en Asie sous les Tropiques mais il a su aussi s’adapter au froid. C’est le cas au Japon où le Macaca fuscata s’accommode de la neige.

Le Macaque berbère (Magot Macaca sylvanus), encore appelé Macaque de Barbarie, est le seul primate vivant au Maroc, à part l’espèce humaine bien entendu. Ce serait l’hôte de Teyran. Il est menacé de disparition et occupe les cédraies endémiques du Haut-Atlas (étage montagnard compris entre 1.200 et 2.500 mètres d’altitude). C’est aussi l’attraction du Rocher de Gibraltar.

Au-delà de la sauvegarde des magots, l’objectif du parc animalier est à la fois pédagogique, scientifique et touristique.

Le parc animalier serait équipé de toilettes sèches, de captages d’eau de pluie, d’un assainissement autonome, d’électricité photovoltaïque, de constructions en bois. La nourriture des magots proviendrait des invendus de grandes surfaces, des restes des restaurants et des cuisines centrales tandis que celle des visiteurs serait Bio. Une petite boutique proposerait des articles issus du commerce équitable.

Tout le monde serait donc bien nourri et bien occupé !
Contrairement au poète Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661), membre de la cabale libertine, qui se plaignait, dans le sonnet intitulé, ironiquement, Les goinfres, de son jeune forcé et de son inactivité :
« Etre deux ans à jeun comme les escargots,
Rêver en grimaçant ainsi que les magots
Qui, bâillant au soleil, se grattent sous l'aisselle. »

Le projet vise à terme l’accueil annuel de 200.000 visiteurs nécessitant la création de 20 emplois. Cet objectif est à comparer aux fréquentations du Zoo de Lunaret (600.000), de la Réserve africaine de Sigean (400.000) et du seul centre comparable en France, au cœur du massif vosgien, proche de Colmar et du Parc des cigognes, en l’occurrence La Montagne des Singes à Kintzheim (300.000). La stratégie de l’exploitant consiste notamment à attirer les visiteurs de la grande voisine : Montpellier.

Teyran va donc t-il accueillir le « Royaume des singes » ? Cela dépendra de l’accueil fait au porteur de projet par les banques. Pour l’heure, l’ambition d’accueil paraît, tout de même, quelque peu surdimensionnée.

Pour plus d’information, se reporter vers le site officiel de la Mairie de Teyran :
http://www.ville-teyran.fr/Download/leroyaumedessinges.pdf

07/07/2009

Manger Bio à la cantine

Après les crises alimentaires et la montée de la conscience écologique, de nombreux parents souhaitent une meilleure alimentation collective pour leurs enfants.

Le Conseil régional Languedoc-Roussillon généralisera dans tous ses lycées, à la rentrée 2009-2010, une origine régionale à la viande et un repas Bio par semaine.

Le Conseil général de l’Hérault développe depuis quelques années le concept de Haute valeur alimentaire (HVA) dans ses centres culinaires desservant chacun un groupe de collèges.

De nombreuses communes réfléchissent à la mise en place de repas Bio au restaurant scolaire.

C’est aussi le cas du « Syndicat de restauration du Bérange » qui regroupe 12 communes : Baillargues, Beaulieu, Jacou, Le Crès, Montaud, Restinclières, Saint-Brès, Saint-Drézéry, Saint-Jean de Cornies, Sussargues, Teyran et Vendargues.

Ce Syndicat confectionne et livre 320.000 repas par an, soit 2.200 par jour.

Le Grenelle de l’environnement fixe en effet des objectifs :
- 20 % de produits Bio en restauration collective en 2.012,
- 6 % des surfaces agricoles en agriculture Bio en 2.012 et 20 % en 2.020 (soit 3 fois plus qu’actuellement).

Bien sûr, pour l’instant, peut se poser le problème du surcoût et de l’approvisionnement insuffisant, sachant que faire appel à des produits Bio lointains est impensable pour des raisons de bilan énergétique et sociales.

Les parents d’élèves relevant des établissements scolaires du Syndicat du Bérange ont été associés à la réflexion.

De cette concertation, il ressort qu’ il faut réunir le triptyque :
« Bio + productions locales + produits frais ».

Ces trois conditions permettent :
- le respect de la saisonnalité des productions,
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre,
- le maintien de l’agriculture péri-urbaine,
- une meilleure qualité nutritive, organoleptique et gustative,
- le respect de l’équilibre nutritionnel, afin de réduire par exemple les problèmes d’obésité.

Personnellement, je rajouterai qu’une attention particulière doit être portée :
- à la maturité des fruits,
- à utiliser des matières premières pas trop transformées par l’industrie agro-alimentaire,
- au pain qu’il est facile et peu dispendieux de se procurer Bio,
- à l’empreinte écologique générée par les denrées alimentaires,
- à la consommation d’eau nécessitée par les produits agricoles (la viande en nécessite notamment incomparablement plus que les légumineuses pourtant voisines en terme d’apport protéique),
- à l’origine des productions afin d’écarter celles issues de systèmes socialement injustes (travail au noir dans certaines grandes fermes, exploitation des ouvriers voire même d’enfants, commerce non équitable, etc.).

La restauration collective est réellement un des enjeux de la quête du bien manger.

05/07/2009

Le Festival de la Tomate à Clapiers

Le 3ème Festival de la Tomate est programmé dimanche 6 septembre 2009, dans le très ombragé et magnifique Parc municipal de Clapiers, de 9 h à 17 h.

Cette manifestation s’inscrit dans le cycle des événements visant à fêter l’agriculture méditerranéenne autour de Montpellier avec la Fête de l’Olive à Pignan en octobre, la Fête des Vignes en novembre/décembre sur la place de la Comédie et la Fête de la Truffe en janvier/février à Saint-Géniès des Mourgues.

C’est l’occasion d’une rencontre conviviale entre producteurs locaux, habitants des quartiers de la grande métropole et habitants des villages autour de Montpellier.

Organisé en partenariat avec la commune de Clapiers, la Communauté d’agglomération de Montpellier, l’Association des marchés paysans de l’Hérault et l’Association Terres Vivantes, le Festival de la Tomate est l’occasion de découvrir, de déguster mais aussi d’acheter des produits paysans régionaux de grande qualité.

Il s’agit de promouvoir des paysans dans une démarche d’agriculture durable, installés sur de petites exploitations, privilégiant les circuits courts de distribution et la vente directe : marchés de plein-vent, commercialisation sur Internet, boutiques de producteurs, vente de paniers, associations de maintien de l’agriculture paysanne dites AMAP.

Ces nouvelles pratiques permettent de garantir une meilleure traçabilité des produits agricoles ou alimentaires et d’offrir des moments de rencontres et d’échanges avec le consommateur.

Plusieurs producteurs régionaux de l’Hérault et du Gard présenteront et vendront leurs productions : tomates (plus de 250 variétés) mais aussi légumes variés, produits agro-alimentaires du terroir (conserves, jus de fruits, préparations culinaires, …), fruits « oubliés » comme certaines variétés de raisin de table, semences variées. Nombre d’entre eux proposent des produits Bio, cultivés sans pesticides.

Pour que cette manifestation soit une fête, plusieurs animations seront proposées :
- dégustations de variétés de tomates anciennes,
- musique et sketches humoristiques par le groupe « Tub’Hercule Poireau »,
- exposition de Terres Vivantes sur l’agriculture peuplante et le développement rural,
- exposition et éducation au bien manger par le CIVAM Racines,
et pour les enfants :
- pêche à la truite,
- atelier de maquillage et de déguisement sur le thème de la tomate,
- éducation au goût et à une alimentation saine,
- contes par Birgit Pape-Thoma, auteure de la bande dessinée « Ti Jojo aux pays des tomates multicolores ».

Un repas convivial, tiré du sac ou acheté sur place, est organisé après l’inauguration officielle prévue à 11 heures.

Le Festival de la Tomate : le rendez-vous de la rentrée qui rapproche le monde rural et le monde urbain.

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Stand du CIVAM Bio


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Dégustation de variétés de tomates anciennes


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Stand du Tomatologue Eric Pédebas
installé à Maurin (Lattes)


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Stand de l'association Touselle

03/07/2009

Pour une agriculture de proximité en Lunellois

La Communauté de communes du Pays de Lunel (regroupant Boisseron, Lunel, Lunel-Viel, Marsillargues, Saint-Just, Saint-Nazaire de Pézan, Saint-Sériès, Saturargues, Saussines, Valergues, Vérargues, Villetelle) a compris la nécessité de conforter l’agriculture locale en s’appuyant sur les circuits courts de commercialisation.

Les consommateurs sont en effet maintenant plus exigeants et demandeurs de produits authentiques, d’une meilleure alimentation, de commerce équitable et de respect de l’environnement.

Si l’agriculture emploie moins de 1 % de la population active du Pays de Lunel, elle occupe près de 50 % l’espace de ce territoire : elle façonne donc nos paysages et notre culture.

A partir d’une enquête menée auprès de 18.000 ménages, les idées suivantes ont été validées :
- production et vente directe hebdomadaire de paniers de produits alimentaires locaux,
- création d’une société foncière capable d’acheter les terrains nécessaires à l’installation de plusieurs maraîchers et financée par souscription de parts localement,
- lancement d’un marché paysan sur la ville de Lunel avec des prix raisonnables.

Depuis, un « carré paysan » a été réservé au sein du marché hebdomadaire traditionnel de Lunel et deux associations, l’une de paysans, l’autre de consommateurs, se sont créées.

L’association « Les Paysans du Vidourle » regroupe des producteurs fermiers du Gard et de l’Hérault. Cette structure envisage de se doter d’une charte qualité et souhaite impulser des événements, notamment liés à la fraise et au melon. Dans un premier temps, l’objectif est la genèse de marchés paysans ou la participation, sous une bannière collective, à ceux qui existent déjà.

L’association de consommateurs Croquelune entend, quant à elle, promouvoir un mode d’approvisionnement en fruits, légumes et produits transformés, directement auprès des producteurs afin de valoriser une agriculture biologique à la portée du plus grand nombre. Croquelune est prête à accompagner les producteurs locaux dans leur démarche pour se former à de nouvelles pratiques culturales.

En outre, une étude sur les cultures maraîchères d’hiver, l’une des lacunes du territoire, a été lancée ainsi que l’idée de créer des boutiques paysannes.

Les associations départementales que sont la Fédération Départementale des CIVAM, Nature et Progrès, Marchés paysans de l’Hérault, Etat des lieux ou encore Terres Vivantes, précurtrices en matière de développement d’une agriculture à taille humaine, respectueuse de l’environnement, viennent en appui de cette dynamique locale.

02/07/2009

Naissance de Montpellier Villages

« Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C’est toujours un hasard »
Maxime Le Forestier


La magie de notre pays languedocien, c’est que très peu y sont nés mais que beaucoup s’y retrouvent.
Alors, quand le hasard a fait que l’on y est né, on ne peut qu’être honoré, enchanté, de la passion que lui porte ceux qui choisissent d’y vivre.
La capitale régionale est au bout du regard. Elle est dans nos têtes. Beaucoup d’entre nous y travaillent, y étudient, s’y distraient ou s’y approvisionnent.
Pourtant, le magnétisme du village, ou du quartier à Montpellier, opère : c’est là que s’instruisent et se construisent nos enfants, que le sport ou la culture populaire nous unissent, que les liens de proximité se tissent, que nos identités se forgent.

« Montpellier Villages » se veut un lieu d’expression dans le domaine de l’actualité, de l’histoire, de l’environnement, du développement durable, de la vie associative, des initiatives des hommes et des femmes qui font notre arrière-pays montpelliérain.

« Etre né quelque part
C’est partir quand on veut
Revenir quand on part »
Maxime Le Forestier


Les anciens partiront vraisemblablement avant nous mais leur culture, leur façon de vivre, leur héritage, leur exemple seront notre viatique. Beaucoup d’entre nous ont voyagé à l’étranger, ont séjourné dans d’autres villes françaises, d’autres ont quitté le pays pour y revenir, moins jeunes, une fois les premiers apprentissages, les premiers parcours initiatiques, les premiers postes professionnels accomplis. Mais tous, nous connaissons notre chance de vivre au soleil, à proximité de la « Surdouée », au calme du village. Ceux qui ne peuvent plus y demeurer, plus y revenir, en sont malheureux.

« On choisit pas ses parents
On choisit pas sa famille »
Maxime Le Forestier


En revanche, on choisit ses voisins, ses amis, ses rencontres. Nos décisions et orientations personnelles pèsent sur notre cadre de vie et notre aptitude à vivre en société. L’avenir se construit collectivement. Citoyens de Clapiers, Montferrier, Prades, Grabels, Baillargues, Jacou, Sussargues, Saint-Christol, Saint-Drézéry et de tous ces villages qui se pressent autour de Montpellier, réfléchissons et vivons pleinement ensemble le développement de ce territoire qu'est Montpellier Villages.

Michel Chastaing