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28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.

24/10/2009

Les nouveaux paysans ne doivent pas être privés de terres

Une centaine de jeunes paysans et paysannes ont occupé, début octobre, les locaux de la SAFER Languedoc-Roussillon, à Lattes.

 

Cette action pacifique avait pour objectif de protester contre la difficulté d’accéder au foncier que connaissent de nombreuses personnes désirant s’installer en agriculture.

 

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Si l’on prend l’exemple de la région de Montpellier, les candidats à l’installation agricole rencontrent les difficultés suivantes :

-         refus de propriétaires de louer des terres abandonnées par peur du statut du fermage ou par attachement patrimonial,

-         concurrence des nouvelles infrastructures et de l’urbanisation,

-         augmentation du prix du foncier,

-         existence de grands domaines (manades, exploitations viticoles) qui laissent peu de place,

-         investisseurs étrangers ou locaux transformant des terres agricoles en terrains de loisirs.

 

Cette pression foncière est la plus forte dans la première couronne de Montpellier et plus encore sur le littoral.

 

La SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a reçu du législateur mandat de donner priorité aux jeunes agriculteurs (dits JA) sous certaines conditions d’âge (moins de 40 ans), de diplôme (minimum le niveau Bac) et de taille d’exploitation (un revenu minimum à atteindre rapidement).

 

Ces conditions excluent tout de même les 3/4 des nouveaux installés en agriculture dans l’Hérault.

 

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Ces derniers passent en outre très souvent après l’agrandissement des exploitations en place.

 

C’est encore plus vrai dans les régions céréalières (Camargue et Lauragais aux marges du Languedoc-Roussillon), comme d’élevage, où chaque hectare détenu ouvre droit à des primes européennes substantielles, ce qui pousse donc à l’accumulation de foncier.

 

Les terres qui partent à l’agrandissement ne vont pas à l’installation : c’est destructeur d’emploi et cela ne permet plus le renouvellement des générations en agriculture.

 

C’est pour cette raison qu’il existe en France des paysans sans terre et pas seulement au Chiapas, état fédéré du Mexique aux confins du Guatemala.

 

L’accès à la terre est un combat.

 

Les jeunes de la Coordination Européenne Via Campesina qui ont occupé la SAFER Languedoc-Roussillon s’étaient précédemment établis à Minerve pour un campement européen rassemblant les jeunes et futurs paysans, les personnes ayant un projet d’installation, les paysans sans terre.

 

L’hébergement a été assuré par la ferme collective Clavirola.

 

Ce regroupement s’est opéré dans le cadre de l’opération européenne « Reclaim the Fields ».

 

Leur combat devrait aussi être celui d’une majorité d’Européens : permettre l'accès à la terre pour des agricultures vivrières respectueuses de l'environnement.

 

En effet, nous assistons au remplacement de l’agriculture paysanne et familiale par des modes de production et de consommation industriels contrôlés par les entreprises multinationales.

 

Cette évolution détruit des modes de vie qui ont pourtant prouvé leur capacité à maintenir un lien harmonieux entre les êtres humains, entre les sociétés et leur environnement.

19/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SYBLE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

Si les commissions locales de l’eau (CLE) définissent les règles locales de gestion de l’eau en complément des règlementations nationales et européennes, des syndicats regroupant les collectivités locales concernées par un bassin versant sont nécessaires pour financer et exécuter les études et les travaux tendant à atteindre les objectifs de qualité des eaux et des milieux aquatiques.

 

Si l’on prend l’exemple du bassin versant constitué par le Lez, la Mosson et les étangs palavasiens, la maîtrise d’ouvrage des études et des travaux est portée par le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE)qui regroupe le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SYBLE concerne 43 communes et 380.000 habitants (estimation datant de 2006).

 

Le SYBLE met en application les préconisations du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

 

Le SYBLE est « l’exécutif » et la Commission locale de l’eau (CLE) le « législatif ».

 

Le SYBLE emploie 4 salariés : une directrice et une secrétaire-comptable, un ingénieur hydraulicien et un technicien de rivière.

 

Ce dernier suit les chantiers ayant un impact, direct ou indirect, sur les cours d’eau, les masses d’eau et les milieux aquatiques (comme les étangs littoraux, les mares ou encore les zones humides).

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Construction d'une passerelle piétonne sur la Lironde (communes de Montferrier et de Montpellier)

 

Le grand chantier mené par le SYBLE actuellement est la lutte contre les inondations.

 

En effet, sur les 43 communes concernées, 22.000 habitants sont exposés à ce risque, principalement dans la plaine.

 

Les débordements de cours d’eau sont à craindre comme conséquence des « épisodes cévenols » ou des « épisodes méditerranéens », fréquents autour de Montpellier, mais aussi des ruissellements urbains dus à l’imperméabilisation croissante des sols.

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Passerelle de la Valette submergée et endommagée par la crue du Lez de décembre 2003 qui a dû être détruite depuis (communes de Clapiers et de Montpellier)

 

Les travaux les plus emblématiques, du fait de leur urgence, sont le creusement du chenal de la Lironde, le partiteur de crue sur le Lez, le réhaussement et le renforcement des digues du Lez lors de sa traversée de la commune de Lattes.

 

Le SYBLE développe ces aménagements dans le cadre d’un Programme d’actions de prévention des inondations (appelé PAPI).

 

L’intérêt de ce syndicat mixte est évident pour fédérer l’intervention conjointe de multiples collectivités territoriales.

 

Cela vient d’être le cas, en 2009, avec les travaux de désembâclement de la Mosson et du Lez : enlèvement des obstacles végétaux, essentiellement des arbres morts, obstruant le lit majeur d’un cours d’eau, pouvant faire barrage au transfert vers l’aval d’une crue et pouvant ensuite, par rupture, générer une vague dévastatrice pour l’aval.

 

En effet, c’est aux communes, compétentes légalement en la matière, de financer les travaux.

 

Le SYBLE a donc coordonné l’obtention des déclarations d’intérêt général (DIG) nécessaires pour travailler dans les propriétés privées, choisi l’entreprise, surveillé le chantier et fait les appels de fonds auprès des communes pour régler la dépense.

 

Les travaux ont pu se faire aux bonnes dates pour préserver la nidification des oiseaux et la reproduction du Chabot du Lez (un poisson endémique).

 

Le PAPI représente un programme ambitieux réparti en 5 axes sur 2007/2013, mobilisant des fonds publics importants :

-         amélioration de la connaissance du risque par des actions de formation ou d’information du public pour 1,7 M€,

-         amélioration de la surveillance des dispositifs de prévision d’alerte pour 0,6 M€,

-         mesures de réduction de la vulnérabilité des bâtiments et des activités implantés dans les zones à risque pour 1,3 M€,

-         actions de ralentissement des écoulements et travaux de restauration des cours d’eau pour 34,2 M€,

-         aménagements de protection pour 17,9 M€.

 

C’est la Décentralisation de 1993 qui permet cette nouvelle gestion des eaux, plus en phase avec les préoccupations des habitants.

17/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

La gestion de l’eau revêt en milieu méditerranéen une grande importance en terme de préservation des milieux naturels et de prévention des risques majeurs, tels les inondations.

 

L’approche par bassin versant, en l’occurrence, ceux de l’Etang de Thau, des Etangs palavasiens, de l’Etang de l’Or, de la Mosson et du Lez, autour de Montpellier, offre une cohérence d’analyse et d’action.

 

Depuis la loi sur l’eau de 1992, votée sous le second septennat de François Mitterrand et Edith Cresson Premier ministre, qui prônait un équilibre entre la satisfaction des usages (eau potable, eau d’irrigation, pêche, sports d’eau vive, baignade, etc.) et la préservation des milieux (ripisylves, zone de frayères, lagunes littorales, etc.), beaucoup d’eau a coulé sous les ponts !

 

La Décentralisation, sous l’égide de Gaston Defferre (natif de Marsillargues), en 1993, a permis, depuis, une gestion locale, au plus près du terrain, des problématiques liées à l’eau.

 

Focalisons-nous, pour illustrer ce propos, sur les bassins versants réunis de la Mosson, du Lez et des Etangs palavasiens, compte tenu de l’actualité récente.

 

Ce secteur est maintenant doté d’un Schéma de gestion et d’aménagement des eaux (dit SAGE) respectant les grandes orientations édictées par l’Europe et le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (dit SDAGE) qui couvre de ses préconisations tout le bassin versant du Rhône, de ses affluents et des fleuves côtiers de la Mer Méditerranée.

 

Un SAGE définit des interdictions (prélèvement d’eau d’irrigation dans le Lez, dépôt de matériaux ou de terre dans le lit majeur des cours d’eau, etc.) et fixe des objectifs de qualité du milieu (enlèvement des embâcles obstruant les écoulements dans les lits mineurs des cours d’eau, restauration des berges érodées, traitement poussé des eaux usées, etc.).

 

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Les milieux aquatiques sont d'une grande richesse

 

Le SAGE est opposable aux tiers et aux administrations : c’est-à-dire que tous les aménagements et tous les travaux doivent respecter ses exigences.

 

En outre, le SAGE est obligatoirement transcrit, depuis 2004, dans tous les documents d’urbanisme : Schéma de cohérence territoriale (SCOT), au niveau intercommunal, et Plans locaux d’urbanisme (PLU), au niveau des communes.

 

Le SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens a été approuvé par arrêté préfectoral le 29 juillet 2003 après 10 ans de préparation conjointe par les Services de l’Etat et des Collectivités territoriales, les élus locaux, les associations de défense de l’environnement et du milieu économique.

  

Cette élaboration participative, fruit de la réflexion des acteurs locaux, est à souligner.

 

Plus récemment, la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, dite LEMA, oblige à une révision de tous les SAGE d’ici fin 2010.

 

Ces nouveaux SAGE devront permettre d’atteindre, partout en France, le « bon état des masses d’eau », cet objectif étant fixé par la Directive cadre sur l’eau (appelée DCE) de l’Union européenne.

 

C’est à cette tâche de révision que s’est attelée la Commission locale de l’eau (CLE que l’on prononce « clé »), réunie le 22 septembre 2009 à la Maison de l’environnement au Domaine de Restinclières (commune de Prades le Lez).

 

La CLE est le « Parlement de l’eau » sur un bassin versant donné : elle regroupe 32 élus, 14 représentants des usagers, des propriétaires riverains, des organisations professionnelles (pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, etc.), des associations et 7 représentants des administrations.

 

La CLE adopte les règles locales communes de gestion de l’eau qui s’imposent à tous, dans l’intérêt général.

 

La CLE ne possède toutefois aucune ressource financière.

 

Il est donc nécessaire d’avoir un « exécutif », en l’occurrence le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE) qui a comme membres financeurs : le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SAGE et le SYBLE concernent les 43 communes suivantes : Argelliers, Assas, Aumelas, Castelnau le Lez, Cazevieille, Clapiers, Combaillaux, Cournonsec, Cournonterral, Fabrègues, Grabels, Guzargues, Juvignac, Pignan, La Boissière, Lattes, Lavérune, Le Triadou, Les Matelles, Mireval, Montarnaud, Montferrier sur Lez, Montpellier, Murles, Murviel les Montpellier, Palavas, Pérols, Prades le Lez, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Saint-Georges d’Orques, Saint-Jean de Cuculles, Saint-Jean de Védas, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saussan, Vailhauquès, Valflaunès, Vic la Gardiole, Villeneuve les Maguelone, Viols en Laval, Viols le Fort.

 

Depuis l’approbation du SAGE en 2003, la CLE a été saisie, pour avis, sur 60 dossiers dits « d’autorisation loi sur l’eau » ou concernant les « Installations classées au titre de l’environnement » (usines, carrières, etc.).

 

Le projet du LIEN (le contournement routier du Nord de Montpellier) a notamment fait l’objet d’une expertise, du fait principalement qu’il passe au dessus de la Source du Lez, alimentation principale en eau potable des Montpelliérains : une étanchéité parfaite et la création de bassins d’orage pour la récupération de toutes les eaux de ruissellement ont été préconisées.

 

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Travaux sur le LIEN, maintenant ouvert à la circulation, sur la commune du Triadou

 

En tant qu’outil de planification concertée de la gestion de l’eau, le SAGE permet d’organiser l’avenir à 10 ans, de créer un cadre d’action commun et d’adopter des règles locales communes.

 

La réglementation prévoit en outre, maintenant, une concertation entre tout pétitionnaire (le maître d’ouvrage) et la CLE, dès le stade de la conception de l’aménagement, de l’infrastructure ou de l’équipement, ce qui apporte une plus-value importante en terme d’adaptation aux contraintes de préservation de la ressource en eau.

 

La reconquête de la qualité des étangs palavasiens grâce à la mise aux normes de la station d’épuration Maera, les travaux de protection de l’agglomération de Lattes contre les inondations, les périmètres de protection de la source karstique du lez sont autant d’exemples de préconisations du SAGE qui ont d’ores et déjà été mises en œuvre.

 

Prochaine note sur le SYBLE le 18 octobre 2009.

16/10/2009

La prolifération des sangliers inquiète dans l’Hérault (suite n° 2)

Face à la prolifération des sangliers ces dernières années, les chasseurs, les pouvoirs publics et les élus locaux ne sont pas restés l’arme au pied.

 

Les municipalités peuvent demander à la Préfecture et à la Fédération de chasse l’organisation de battues, dites administratives, organisées notamment en dehors des périodes d’ouverture de la chasse, sous couvert d’un lieutenant de louveterie.

 

Le Préfet, de son côté, a défini dans l’Hérault 34 unités de gestion (UG), secteurs homogènes sur le plan cynégétique qui doivent correspondre à des réalités biologiques pour les espèces chassées, et demande aux sociétés de chasse de définir un plan de gestion annuel du gibier.

 

Chaque UG « grand gibier » est responsabilisée en payant une participation financière proportionnelle au coût des indemnisations des dégâts subis par les agriculteurs.

 

Les chasseurs héraultais, quant à eux, ont augmenté leurs prélèvements dans les zones sensibles où les dégradations dues aux sangliers se multiplient.

 

La régulation des populations de sangliers doit continuer à être confiée aux chasseurs, en tant que gestionnaires reconnus de la faune sauvage.

 

Quelle aide peut amener la collectivité ?

 

Il est nécessaire à moyen terme de lutter contre un trop important envahissement par la forêt du territoire.

 

Les propriétaires forestiers, que se soient des communes ou des particuliers, doivent adapter leur sylviculture.

 

Il est nécessaire d’exploiter les taillis de Chênes-verts pour le bois-bûche (c’est un usage ancestral dans le Midi) et le Pin d’Alep comme source de bois-énergie, via sa transformation en plaquettes forestières, maintenant utilisées dans les chaudières collectives ou domestiques.

 

L’objectif est de rendre moins dense le couvert forestier et donc de mettre un peu plus à découvert les hardes de sangliers.

 

La réintroduction de troupeaux ovins serait de même un auxiliaire efficace, présentant de multiples avantages :

-         relance d’une filière d’approvisionnement en agneaux de lait Bio,

-         développement de l’emploi agricole local,

-         conservation des paysages,

-         préservation de la biodiversité inhérente aux prairies sèches,

-         prévention des incendies de forêt,

-         maintien des milieux naturels ouverts.

 

Malheureusement, s’il reste encore quelques rares bergers autour de Montpellier, cette idée de réintroduction de troupeaux s’apparente à l’Arlésienne.

 

Concernant la panoplie réglementaire dans les mains du Préfet, plusieurs mesures administratives peuvent être décidées :

-         autorisation individuelle de tir à l’approche ou à l’affût, notamment pour les agriculteurs,

-         battue administrative pour régler des problèmes ponctuels (battue à tir) qui vise à maximiser les animaux prélevés,

-         battue d’effarouchement (battue à blanc) pour décantonner les sangliers des cultures ou d’une zone habitée,

-         tir de nuit pour repousser les animaux (avec la crainte que cela facilite le braconnage).

 

Ces mesures peuvent s’appliquer dans toutes les zones hébergeant des populations de sangliers, y compris les réserves et les zones de non chasse.

 

Le Préfet a aussi la possibilité aussi de classer le sanglier parmi les espèces nuisibles ce qui déclenche l’interdiction des lâchers, l’exigence d’une haute pression de chasse et la possibilité d’une destruction des animaux au mois de mars.

 

Ce déclassement du sanglier, de gibier à nuisible, recèle en son sein une forte portée symbolique pour les chasseurs qui l’appréhende fortement.

 

Il semble donc plus raisonnable d’imaginer l’imposition à chaque société de chasse d’un plan de chasse total.

 

Contrairement au plan de gestion, un plan de chasse prévoit une obligation de résultat, sous la forme d’un prélèvement minimum sur le plan qualitatif et quantitatif, comportant un nombre minimal de femelles.

 

Les chasseurs n’atteignant pas le prélèvement minimum exigé risquent une pénalité.

 

Dans cette nouvelle donne, les pouvoirs publics doivent étudier et mettre en place rapidement des schémas départementaux de gestion cynégétique, bien cerner les populations animales, mettre en place un suivi des tableaux de chasse et être en capacité d’ajuster en cours de campagne le niveau de prélèvement.

 

Une autre mesure paraît à terme inéluctable : il s’agit de l’interdiction de l’agrainage, c’est-à-dire le nourrissage artificiel des sangliers par épandage de céréales.

 

En effet, plus la nourriture est disponible en abondance et plus la natalité des laies est importante.

 

En outre, cette pratique attire les sangliers sur des territoires nouveaux, périphériques de leur aire de prédilection.

 

Enfin, une revendication des chasseurs est de pouvoir chasser tous les jours et pas seulement les mercredis, samedis et dimanches, qui concentrent d’ailleurs l’essentiel de la fréquentation en milieu naturel.

 

Cette proposition heurte certains usagers de la nature dont les activités peuvent présenter des incompatibilités avec la chasse.

 

L’allongement de la période de chasse effective peut aussi concerner l’avant et l’après saison, ce qui serait vraisemblablement mieux accepté par les populations, notamment urbaines.

 

En conclusion, la régulation des populations de grand gibier est possible mais ne sera pas facile : elle dépend essentiellement des chasseurs sur les épaules desquels pèsera donc une responsabilité croissante.

11/10/2009

Le danger de prolifération des sangliers inquiète dans l'Hérault (suite n° 1)

Dans l’Hérault, la surpopulation des sangliers (Sus scrofa) devient critique en terme de dégâts aux cultures et d’incursions sur les infrastructures routières ou dans les zones résidentielles.

N’en déplaise à certains écologistes, le tir par les chasseurs est, à ce jour, la seule solution éprouvée : une pression de chasse maintenue à un niveau élevé est en effet de nature à enrayer une explosion des populations.

Quels sont les autres moyens de réguler le « cheptel » de sangliers ?

L’empoisonnement : il pose des questions éthiques fondamentales ; il présente des risques pour d’autres animaux ; il est interdit par la réglementation.

Le piégeage : l’animal est très intelligent et d’une grande puissance (« encore faut-il qu’il se laisse piéger et que le piège résiste »).

Les répulsifs : ils ne jouent que sur la fréquentation d’un lieu par le gibier, en l’écartant momentanément, mais ils sont très coûteux et d’une odeur épouvantable.

La contraception des laies par vaccin oral : elle est en expérimentation prometteuse en Grande-Bretagne. Toutefois, les chercheurs doivent maintenant trouver une substance spécifique aux suidés, n’ayant pas le même effet sur le genre humain !

La pose de clôtures : aucune n’y résiste et il n’est pas souhaitable d’empêcher le mélange génétique des populations en compartimentant leur habitat.

Puisque notre salut, éviter l’envahissement par les sangliers, passe par les chasseurs, quelles sont les forces en présence, d’un côté les chasseurs et de l’autre le cheptel de sangliers ?

En ce qui concerne les chasseurs de l’Hérault, ils sont en général polyvalents et s’intéressent au petit gibier, au gibier migrateur (essentiellement grives et palombes), au gibier d’eau et au grand gibier.

La population héraultaise de chasseurs est traditionnellement importante mais déclinante et vieillissante.

38.000 chasseurs héraultais en 1980 et moins de 25.000 maintenant, soit une baisse d’environ 35 %. Une moyenne d’âge de 58,7 ans en 2005, avec seulement 11 % de moins de 30 ans. En novembre 2005, 0,6 % seulement de femmes.

Ces chiffres sont inquiétants.

Toutefois, le report de la chasse au petit gibier (moins de lapins, de lièvres, de perdrix, etc. du fait de la déprise agricole) sur celle au grand gibier se généralise : la vente des vignettes de grand gibier est ainsi passée de 11.500 en 1994/1995 à plus de 13.000 en 2004/2005 (avec en outre une augmentation en 20 ans de près de 54 %). Pour 2008/2009, la Fédération des chasseurs de l’Hérault annonce le chiffre de 15.000.

En ce qui concerne les sangliers de l’Hérault (« rassurez-vous », il peut aussi en venir de l’Aude, du Tarn, de l’Aveyron, de la Lozère et du Gard !), les effectifs sont estimés grossièrement à 9.000 pour 1986-1987 et à 33.000 pour 2008-2009 (on compte deux fois le tableau de chasse annuel).

Après calcul, le match tourne à l’avantage du sanglier avec un peu plus de 0,5 sanglier à abattre par chasseur il y a une vingtaine d’année et un peu plus de 1,1 maintenant !

Pour l'anecdote, le nombre de sangliers dans l'Hérault a irrémédiablement dépassé celui des chasseurs vers l'an 2000.

A l’évidence, en l’état actuel des choses, la prévention des risques dus au sanglier et la protection des territoires menacés ne sont pas acquises pour les années à venir, même s’il est possible de maintenir une population de chasseurs en capacité de chasser, souvent, sur tout le territoire.

Dans ces conditions, quelles aides peuvent-elles être apportées aux chasseurs par les pouvoirs publics, par la collectivité et quelles évolutions de la réglementation semblent nécessaires ?

Suite dans la prochaine note, le dimanche 11 octobre 2009.

Le danger de prolifération des sangliers inquiète dans l'Hérault

Le Ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durale et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a adressé fin juillet à tous les préfets, une circulaire attirant leur attention sur le fait « qu’il y a nécessité de renforcer l’effort de régulation des sangliers ».

En effet, ces derniers prolifèrent en France : leur nombre a été multiplié par 10 en une trentaine d’années.

Leur population est évaluée à 1.000.000 d’individus, chiffre obtenu en doublant le nombre de sangliers abattus annuellement par les chasseurs (522.174 pour la saison de chasse 2007-2008).

Pour l’Hérault, le tableau de chasse est passé de 4.524 sangliers en 1986-1987 à 16.581 en 2008-2009 : la population est estimée à 40.000 individus environ au 15 août 2009, date d’ouverture de la chasse au sanglier.

L’Hérault fait partie des 10 premiers départements français pour la population des sangliers : leur présence est toutefois historique et non récente.

Les sangliers sont impliqués, tous les ans en France, dans 15.000 collisions avec des véhicules à moteur.

Les textes en vigueur ne sont pas modifiés par la circulaire ministérielle : il s’agit en fait pour le Gouvernement d’avoir une meilleure connaissance du phénomène pour pouvoir éventuellement prendre des mesures dès 2010.

Les agriculteurs, les chasseurs et les élus locaux, plus proches du terrain et plus réactifs, tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, constatant :
- une recrudescence des dégâts aux cultures,
- une occupation de terrain croissante, avec des incursion en lisière, voire dans les lieux habités.

Que constate-t-on autour de Montpellier ?

Une multiplication des sangliers au Nord, à partir des communes d’Aumelas, Saint-Paul et Valmalle, Montarnaud, Vailhauquès, Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Le Triadou, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues et Campagne, pour rester dans l’Hérault.

Dans ces secteurs, il existe une pratique de chasse populaire aux sangliers dans le cadre d’associations communales de chasse appelées « Dianes ».

Dans l’Hérault, 340 équipes (à comparer au nombre de 343 communes avec très peu de dianes dans la frange littorale) totalisent maintenant 15.000 chasseurs, soit 60 % de l’effectif total des chasseurs héraultais.

Cela n’empêche pas des dégâts aux vignes, souvent en Appellation d’origine contrôlée (AOC), aux vergers et aux cultures céréalières comme fourragères, ce qui exaspère les agriculteurs.

Ces derniers sont de plus en plus exposés, ayant :
- développé des cultures à haute valeur ajoutée (maraîchage, arboriculture, viticulture de qualité),
- reconquis, au milieu de paysages de garrigues ou forestiers, les bonnes terres de fond de vallée, grâce à l’évolution des techniques, et de piémont pour des raisons qualitatives (terroirs AOC).

Il faut savoir, en outre, que les paysans sont indemnisés seulement pour les pertes de récolte, via un fonds de la Fédération départementale de chasse alimenté par les cotisations des chasseurs concernés (315.000 € d’indemnités dans l’Hérault en 2008-2009 contre 139.000 € en 2007-2008). Ces cotisations sont en fait le « timbre grand gibier » ou « cotisation départementale sanglier », d’un montant annuel de 41,00 €.

Toutefois, les agriculteurs ne sont pas indemnisés pour le temps passé à la prévention ou pour la perte de valeur ajouté sur les produits non récoltés.

De plus, nul ne peut être indemnisé si le gibier (pouvoir « res nullius » en Droit) vient de son fonds.

Enfin, les petits dégâts, souvent répétitifs, ne sont pas indemnisés car il existe un minimum de dédommagement.

Le niveau des indemnisations est fortement croissant, d’année en année, ce qui pose à terme le problème de la solvabilité du fonds alimenté par les chasseurs de grand gibier (sachant que le nombre global de chasseurs tend fortement à décroître en France, avec plus de 2.000.000 de permis de chasser validés en 1980-1981 contre seulement 1.343.926 en 2007/2008 soit une chute de 40 % en 30 ans, d’après les chiffres de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Le « front » de l’habitat du sanglier a tendance, dans l’Hérault, à s’étendre au Sud, au moins à l’ouverture de la chasse, dans la périphérie immédiate de Montpellier, où les chasseurs sont plus rares et où le gibier vient se réfugier.

Les dégâts occasionnés dans les jardins, sur les clôtures, etc., ne sont pas indemnisés. En outre, une certaine partie de la population péri-urbaine se sent en insécurité de fait de ces visites nocturnes.

Dans l’Hérault, le phénomène de prolifération des sangliers est essentiellement dû :
- à une pression de chasse relativement faible par rapport aux potentialités,
- l’absence de prédateur naturel,
- à la déprise agricole, avec la disparition des troupeaux ovins au Nord de Montpellier qui maintenaient les milieux ouverts,
- à l’extension corollaire des forêts,
- aux effets pervers de la réglementation sur l’indemnisation (une sorte de « droit aux dégâts »),
- à une augmentation des ressources alimentaires due au vieillissement des taillis de Chênes-verts, le sanglier étant particulièrement inféodé aux « essences fruitières » (hêtres, châtaigners et chênes).

Alors, que faire pour que les sangliers ne deviennent pas un danger trop important pour les automobilistes, les biens et les habitants, la santé économique des exploitations agricoles ?
Suite dans la prochaine note, le samedi 10 octobre 2009.

09/10/2009

Trame Verte et Bleue (suite)

Qu’y a-t-il de si remarquable dans les villages autour de Montpellier en terme de richesse environnementale qu’il faille préserver au travers du concept récent de Trame verte et bleue (TVB) ?

Les communes de Villeneuve lès Maguelone, Mauguio, Lattes, Palavas et Pérols comptent chacune plusieurs Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) dont le périmètre a été arrêté de longue date par le Ministère de l’environnement.

Citons-en quelques unes aux noms évocateurs : « Etang de Vic, de l’Arnel et de Pierre blanche », « Salins de Villeneuve », « Bois de l’Abbaye de Maguelone », « Lido de Maguelone et des Aresquiers », « Marais de Lattes », « Prés humides de Gramenet », « Etang de Mauguio et ses abords », « Etang de la Maïre et ancien étang de Pérols », « Prairies de la Paluzelle », « Pointe du Salaison », « Marais du Clos Martin », « Dunes du grand et du petit travers », etc.

Tous ces milieux, richissimes sur le plan biologique, permettent le nourrissage, le repos, l’abri, la nidification, de très nombreuses espèces d’oiseaux : flamands roses, échasses, aigrettes, sternes, busards, râles d’eau, grèbes, fuligules, rapaces, etc., etc.

Poissons, batraciens et insectes sont aussi très variés et pour certains très rares.

Les lagunes et les prairies humides sont donc un milieu privilégié d’habitat naturel pour l’avifaune, la faune sauvage et la flore.

Plus au Nord, il existe aussi des milieux remarquables : garrigues, massifs boisés, coteaux calcaires, ravins abrupts, falaises, prairies sèches.

Ces milieux arides méditerranéens présentent tous un intérêt paysagers mais constituent aussi, pour certains, des biotopes favorables à la nidification de l’avifaune : notamment l’Outarde canepetière, le Faucon hobereau, le Busard cendré, la Pie-grièche grise, etc.

Le Causse d’Aumelas, le Massif de la Moure, le Puech des Mourgues à Saint-Bauzille de Montmel, le Devès de Péret à Assas et Guzargues, le Bois de Paris à Fontanès, Galargues et Garrigues, le Pic Saint-Loup, les Garrigues du Mas Dieu sont autant d’exemples qui concernent de nombreuses communes au Nord de Montpellier.

Il est important que ces habitats naturels, nombreux et de qualité, soient reliés par des connexions biologiques.

Ces dernières, qualifiées de corridors, permettent :
- le déplacement de la faune sauvage, notamment pour les migrations,
- la dispersion de la flore.

Ces corridors doivent être permanents ou non : exemple de la saisonnalité de la migration des oiseaux, des amphibiens, des insectes ou des poissons.

Ils peuvent ne pas nécessiter une emprise au sol : exemples des axes migratoires aériens pour les oiseaux ou aquatiques pour les poissons marins.

Il est donc de la plus haute importance d’éviter que des obstacles (urbanisation, aménagement, infrastructure, activité humaine, modification du paysage), viennent perturber des continuités spatiales existantes.

Toutefois, l’homme a quelquefois créé des corridors, sans s’en rendre compte : bords de canaux, talus et fossés de voies de communication, réseaux de jardins (dont ceux des lotissements), gravières et carrières, friches industrielles, etc.

Ces continuités anthropiques ne sont pas universelles mais elles peuvent s’avérer utiles à certaines espèces.

Il est possible aussi qu’à l’avenir, avec l’évolution des connaissances en matière de biodiversité, soient imaginés des aménagements ou infléchit l’urbanisation pour préserver le réseau biologique si riche du Montpelliérain.

Or, entre la « côte » et « l’arrière-pays », il existe des corridors naturels de « communication ».

Les plus ténus, ou les plus localisés, sont les haies et des parcs préservés, notamment de châteaux (ceux par exemple de Fontfroide, de Fontmagne ou encore de Boisseron).

Ce sont, aussi et surtout, les fleuves ou les rivières qui se jettent, soit dans la Méditerranée, soit dans les étangs littoraux.

On peut citer d’Ouest en Est, la Mosson, le Coulazou et ses gorges, la Lironde de Montferrier, le Lez et son affluent le Lirou, le Salaison, le Bérange, la Bénovie et le Vidourle.

Ces axes Nord-Sud sont remarquables par leurs ripisylves, éventuellement par la forêt-galerie et les prairies humides qui les accompagnent.

En tant qu’enclaves biogéographiques humides, ces « coupures vertes » dans des paysages souvent steppiques représentent des havres précieux pour les espèces préférant la fraîcheur, notamment pour les migrateurs recherchant un refuge.

 

02/10/2009

Trame Verte et Bleue

Le concept de « Trame verte et bleue » (TVB) est né dans les années 80-90, en lien avec l’objectif de lutter contre l’effrayant appauvrissement de la biodiversité sur Terre, en terme de gênes, d’espèces et d’écosystèmes.

Cet appauvrissement est le fait essentiellement de l’homme : changement climatique, croissance démographique, migrations de masse engendrées par les guerres, troubles civils ou encore recherche d’emploi « ailleurs ».

Ces phénomènes entraînent l’installation de l’homme sur des terres naturelles, jusqu’à présent en marge de l’urbanisation et de l’agriculture, en général très vulnérables sur le plan écologique.

L'homme est directement à l'origine de l'extinction massive de plusieurs espèces d'animaux ou de végétaux.

L'Union mondiale pour la nature (UICN) souligne qu'"un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes pourraient disparaître dans ce siècle".

« Au total, 16.306 espèces animales ou végétales pourraient disparaître sur 41.415 espèces mises sous surveillance parmi 1,9 million connues dans le monde. »

Autre élément inquiétant : 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique.

L’idée de parvenir en France a une Trame verte et bleue a été proposée par le Grenelle de l’environnement en 2007.

En effet, jusqu’à présent, la politique environnementale en France a consisté à protéger prioritairement des zones géographiques riches sur le plan environnemental (milieux humides, parcs naturels nationaux et régionaux) et à maintenir sur le reste du territoire un standard de qualité environnementale compatible avec les activités économiques et l’urbanisation.

Le concept de Trame verte et bleue va plus loin puisqu’il pousse à s’intéresser au paysage, aux éléments constitutifs de la richesse environnementale et de conserver des « ponts de vie » entre eux.

Dans cette approche, les activités économiques et l’urbanisation ne peuvent occuper que les vides à l’intérieur de cette trame à sauvegarder.

Il s’agit donc de maintenir, de reconstituer ou de créer ex nihilo un continuum naturel entre les écosystèmes riches en faune ou en flore pour conserver la biodiversité.

On peut aussi parler de « maillage écologique » ou encore de « réseau de corridors biologiques ».

Schématiquement, dans Trame verte et bleue, il y a « vert » pour les espaces naturels, dont les forêts, et « bleu » pour les zones humides, dont les milieux aquatiques.

La région de Montpellier est particulièrement riche sur le plan écologique du fait d’une part de la présence de lagunes littorales et d’autre part du climat méditerranéen qui favorise un spectre d’espèces très large (de glaciaire au tropical), incomparablement plus étendu que sous un climat océanique ou continental.

Suite de la note : mercredi 30 septembre 2009

01/10/2009

Journée de la pierre et du patrimoine à Beaulieu

Dans le cadre des « Journées du patrimoine », la Commune de Beaulieu a organisé, le dimanche 20 septembre 2009, sa « Première journée de la pierre et du patrimoine ».

Si cette pierre, issue d’un calcaire souvent coquillier, a pris pour nom « pierre de Castries », du nom de l’important chef-lieu de canton, elle a été en fait, de tout temps, extraite dans des carrières principalement situées sur les communes de Sussargues et de Beaulieu.

L’exploitation a débuté dès les Romains.

Elle a servi à la construction de nombreux monuments historiques et des immeubles hausmanniens de Montpellier.

Elle a été exportée en Algérie, via le port de Sète.

La profession de carrier était fort développée au 19ème siècle, surtout après la crise phylloxérique qui a mis à mal la viticulture languedocienne dans les années 1870.

Le corps des charretiers était mis à contribution pour les transports à traction animale.

L’extraction de la pierre se faisait à la main. Un bon ouvrier produisait quelques « cairons » par jour.

Tous les sous-produits de l’extraction, éclats de roche, sables, étaient valorisés soit pour l’entretien des chemins, soit comme recoupe pour les sols intérieurs ou extérieurs.

Aujourd’hui, l’extraction est mécanisée et limitée à une poignée de carrières : l’usage de la pierre s’est en effet quelque peu perdue dans la construction.

De gros blocs parallélépipédiques sont maintenant sciés et la pierre est valorisée au mieux en placages, sculptures et autres œuvres d’art.

La mécanisation de l’extraction génère beaucoup de déchets, constitués de blocs fissurés ou poreux. En revanche, lors de l’extraction manuelle, l’ouvrier choisissait à l’œil les bonnes veines et s’y cantonnait.

La pierre fait partie de la culture populaire des alentours de Castries : cette pierre de taille donne une couleur et une patine très caractéristique à de nombreux villages alentours.

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La pierre de Beaulieu employée dans de nombreux monuments historiques

 

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Le geste ancestral de l'extracteur de "cairons"

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction de la pierre à la main

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction mécanisée

 

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Les rebus de l'extraction mécanisée, en montagne cyclopéenne

 

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Les tailleurs de pierre à l'action



Crédit photographique : Michel Chastaing

 

05/09/2009

La nature au coeur de nos villages

La nature méditerranéenne est généreuse. Elle prospère dans nos rivières aux portes de nos villages.

Une libellule au vol rapide, le Gomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus / ordre des Odonates / sous-ordre des Anisoptères / famille des Gomphidae) prospère grâce aux zones humides.

Le Gomphe à pinces chasse les insectes. Il n’hésite pas à s’éloigner des cours d’eau pour battre la garrigue à la recherche de proies.

Son vol est rapide. Lors de ses rares pauses, cette libellule préfère les galets comme lieu de repos.

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Un Gomphe à pinces au repos



Le Gomphe possède à l’extrémité de son corps une « sorte de pince à sucre ».

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Des airs d’avion de transport !



Les larves vivent dans l’eau. Elles sont très voraces. Elles expulsent de l’eau pour se projeter sur leur cible. Elles consomment d’abord des organismes monocellulaires puis des gastéropodes, des insectes et même des têtards ou des petits alevins. Plusieurs mues ont lieu et, à chaque fois, ces dernières laissent comme témoignage une enveloppe appelée exuvie.

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Pause dans la fraîcheur du soir



L’insecte vit cinq mois de mai à septembre.

Crédit photos : Michel Chastaing

28/08/2009

3ème Festival de la Tomate

Parti d’une idée originale du Président de l’Association des marchés paysans de l’Hérault, Yves Martinot, le Festival de la Tomate est organisé en 2009 pour sa troisième année consécutive.

L’événement a lieu à Clapiers le dimanche 6 septembre, de 9 h à 17 h.

La première édition s’est tenue à Montpellier en 2007, au quartier Saint-Clément, en liaison avec le Comité de quartier, dans le prolongement du marché paysan hebdomadaire.

En élisant domicile à Clapiers dès 2008, le Festival de la Tomate intègre un site aux dimensions de son succès.

En effet, le parc de Clapiers peut accueillir, à l’ombre des ses arbres centenaires, plusieurs milliers de visiteurs tout en laissant des espaces de respiration.

La manifestation s’inscrit dans le cycle annuel voulu par la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec la Fête de l’olive en octobre à Pignan, la Fête de la vigne sur la Place de la Comédie à Montpellier début décembre et la Fête de la truffe en janvier à Saint-Geniès des Mourgues.

Chacun de ces événements a respectivement une orientation particulière :
- mise en avant du travail des artisans des métiers de bouche, mise à l’honneur des petits producteurs d’olives pluri-actifs au travers de la Coopérative de Pignan, cérémonie d’intronisation par une confrérie locale, mise en valeur des différentes variétés d’olives de bouche et d’huiles d’olive,
- mise en valeur des caves coopératives et des caveaux privés, dégustation des Appellations d’origine contrôlée (AOC) « Languedoc Grés de Montpellier » et Languedoc Pic Saint-Loup », y compris les appellations communales Saint-Georges d’Orques, Saint-Drézéry et La Méjanelle, ainsi que des Vins de pays (VDP) des Coteaux du Bérange et des Collines de la Moure, mise en avant des viticulteurs professionnels,
- démonstrations de savoir-faire, mise en avant du goût, des traditions rurales et de la passion du diamant noir.

Le Festival de la Tomate, quant à lui, vise la promotion de la petite agriculture, paysanne et respectueuse de l’environnement.

Il s’agit de donner une vitrine aux productions Bio, aux circuits courts de commercialisation et au commerce équitable.

Le thème de la tomate, qui intéresse à la fois les maraîchers mais aussi les jardiniers amateurs et des consommateurs éclairés, s’y prête bien :
- présentation de variétés anciennes de tomates,
- marché paysan de producteurs locaux,
- stands d’associations militantes pour une meilleure restauration scolaire, un renouvellement de l’agriculture extensive, la promotion de nouveaux modes de production et de commercialisation.

L’entrée est gratuite car c’est la convivialité, la pédagogie (dégustations, expositions, animations éducatives) et la rencontre qui sont à l’honneur.

Pour l’édition 2009, le nombre d’exposants a été doublé et le programme des attractions et des animations renforcé : voir le programme détaillé.

En outre, une collaboration a été instituée avec Ecocup en vue de ne proposer, pour les buvettes, que des gobelets récupérables : ces derniers seront personnalisés aux couleurs du Festival. L’objectif est de tendre vers une manifestation « durable », minimisant les déchets notamment.

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Le Festival de la Tomate est une coproduction Communauté d’agglomération de Montpellier, Commune de Clapiers, Association des marchés paysans de l’Hérault et Association Terres Vivantes.

23/08/2009

La nature au coeur de nos villages

La nature méditerranéenne est généreuse. Elle prospère dans nos rivières aux portes de nos villages.

Un élégant insecte : le Caloptérix vierge méridional (traduction littérale de son nom scientifique : Calopterix virgo meridionalis / ordre des Odonates / sous-ordre des Zygoptères / famille des Calopterygidae).

Le Caloptérix est facile à observer car il se pose souvent sur le feuillage. C’est son perchoir d’où il s’envole pour chasser les insectes.

En Espagne, on parle de « caballito del diablo ».

Ce n’est pas une libellule : en effet, ces dernières ont des ailes séparées au repos, horizontales ou légèrement inclinées. Au contraire, le Caloptérix joint ses ailes contre son corps.

De même, ses yeux sont séparés contrairement à ceux de la libellule.

Le cycle de vie est toutefois semblable, avec notamment une ponte des œufs et un développement des larves en milieu aquatique (ruisseaux frais) ainsi qu’une prédation des insectes. La larve connaît plusieurs mues.

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Calopterix virgo meridionalis mâle


Ce sont surtout les ailes d’un bleu profond et irisé qui attire la vue : il s'agit du mâle. Cette coloration se continue jusqu’à l’extrémité des ailes ce qui fait la différence avec d’autres espèces (comme le Calopterix xanthostoma ou le Calopterix splendens, moitié bleu seulement).

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Calopterix splendens (seule la seconde moitié des ailes est bleue)


La femelle a un corps vert et ses ailes sont plus claires. Elle possède une tache blanche près de l’extrémité de ses ailes.

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Calopterix virgo meridionalis femelle


Crédit photos : Michel Chastaing

22/08/2009

Recyclage verre, carton et papier

Les élus locaux ont pris conscience, depuis maintenant près de 2 décennies, de l’importance du recyclage et de la valorisation des déchets, notamment ménagers.

Sur Montpellier, on est notamment passé de la décharge du Thôt à Lattes, recevant les ordures de la capitale régionale puis d’autres communes avoisinantes, à :
- des points propreté (20 au total) pour récupérer les déchets triés,
- l’aiguillage d’une petite partie des déchets sur l’usine d’incinération de Lunel-Viel (Ocréal),
- une usine de tri (Déméter) pour la poubelle jaune (déchets valorisables),
- une usine de méthanisation (Amétyst) pour la poubelle orange (déchets organiques fermentescibles.

Il est vrai que la loi du 13 juillet 1992 a été une révolution.

Elle a posé le principe du traitement et de l’enfouissement sur le territoire même de production des ordures (on ne voit plus ces bateaux de la honte qui évacuaient une partie de nos ordures dans les pays du Tiers-Monde).

Elle a aussi interdit, à partir de juillet 2002, les décharges, plus ou moins sauvages à l’époque (avec incendies fréquents, envols de plastiques, pollution visuelle et quelquefois des nappes phréatiques).

Elle a obligé au tri des ordures : depuis, seuls les déchets n’étant plus susceptibles d’être traités, dans les conditions techniques et économiques du moment, vont en Centre de stockage des déchets ultimes (CSDU, notamment celui de Castries).

Cette loi a été approuvée sous le Gouvernement Bérégovoy, la Ministre de l’environnement étant – qui s’en souvient encore ? – Ségolène Royal !

Pour l'anecdote, la loi du 13 juillet 1992, décidément innovante, traitait aussi du contrôle et de la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Focalisons-nous maintenant sur le tri et le recyclage du papier, du carton et du verre sur l’Agglomération de Montpellier, cette dernière ayant fourni des chiffres (Chiffres du recyclage en 2008 du verre et du papier-carton sur l'Agglomération de Montpellier) :
- collecte du papier dans les Points verts et dans la poubelle jaune, d’une part,
- collecte des emballages dans la poubelle jaune + du verre aux Points verts (colonnes de verre dans les villages et les quartiers) + des cartons auprès des commerçants, d'autre part.

Les communes les plus vertueuses sont dans l’ordre : Saint-Drézéry (110 kg de recyclage par habitant et par an), Restinclières (106), Beaulieu (105), Baillargues (102), Saint-Brès (102), Cournonsec (99), Saint-Geniès des Mourgues (98), Le Crès (97), Jacou (96), Montferrier sur Lez (95) et Murviel les Montpellier (95), tandis que Montpellier est bonne dernière avec 36 kg/hb/an.

Les moyennes nationales constatées sont en secteur urbain de 28, en secteur semi-urbain de 49 et en milieu semi-rural de 58.

Le constat est donc que la mobilisation citoyenne est très forte au Nord-Est de Montpellier.

Le Grenelle de l’environnement a fixé comme objectif en 2012 le recyclage de 75 % des 86 kg/hb/an, soit l’atteinte du chiffre de 64,5 kg/hb/an alors que l’Agglomération de Montpellier atteignait seulement 44 en 2008.

Il reste donc des efforts à fournir rapidement puisqu’il faut augmenter le recyclage d’environ 50 % en 3 ans !

A ce sujet, les communes vertueuses, citées plus haut, ne représentant que 12,5 % de la collecte : l’implication de tous est donc nécessaire.

Nous sommes en réalité tous solidaires car pour atteindre d’excellents résultats, les habitants des villages périphériques de Montpellier doivent aussi compter sur des progrès de la Ville-centre.

Urbains, « semis-urbains », « semis-ruraux » : même combat !

Tout ce qui est trié et valorisé ne finit pas à l’enfouissement, ce qui permet d’éviter la saturation du CSDU existant et la nécessité de trouver sans cesse de nouveaux sites, jamais très prisés par les populations voisines.

Mais, au fait, au-delà de cet avantage non négligeable, pourquoi récupérer verre, papier et carton ?

D’après Eco-Emballages, 1 tonne de papier-carton recyclé, c’est en terme d’économies :
- 0,04 tonne d’équivalent CO2, en terme d’émission de gaz à effet de serre (soit le même ordre de grandeur que pour 300 km en voiture),
- 1,4 tonne de bois (à peu près l’équivalent de la productivité annuelle d’une forêt de pin d’Alep sous notre climat),
- 48,2 m3 d’eau (alors que la consommation domestique annuelle moyenne s’élève en France à 48 m3/hb/an),
- 10.250 kWh d’énergie (sachant que la consommation annuelle moyenne au domicile se chiffre à 10.300).

Quant au verre recyclé, c’est pour une bouteille (sa masse est d’environ 500 g pour une contenance d’1 litre) une économie de :
- 208 grammes de CO2 (environ 1,5 km en voiture),
- 658 Wh d’énergie (l’équivalent de 4 heures de télévision).

A titre de curiosité, à la tonne, le recyclage du verre économise 10 fois moins d’énergie que celui du papier-carton mais, en revanche, économise 10 fois plus de CO2 (l’équivalent d’environ 3.200 km de voiture !).

Pour qu’il continue à faire bon vivre à Montpellier et dans les villages alentours, soyons de bons citoyens : le geste quotidien du tri est un des meilleurs ralentisseurs du réchauffement climatique.

19/08/2009

Journées de l’environnement à Prades le Lez

La Commune de Prades organise ses premières
« Journées de l’environnement », du 2 au 25 octobre 2009
.

La volonté de la Municipalité est de rééditer les années suivantes cette manifestation et d’y donner un rayonnement à l’échelle de l’agglomération montpelliéraine : l’événement pourrait donc devenir multi sites dès 2010.

Le lancement se fera à la Maison de l’agglomération de Prades, le vendredi 2 octobre, à 18 h 30.

Plusieurs films seront projetés et seront l’occasion d’un débat :
- le déjà célèbre « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à l’école,
- « Vignes et Vins »,
- « Emeutes de la faim »,
- « Le Fantôme du Lez »,
- « La faim des paysans »,
- « Bio attitude sans béatitude »,
- « Une pêche d’enfer ».

Des conférences-débats sont prévues sur le thème :
- de la recherche agronomique et des OGM (organismes génétiquement modifiés), le mardi 6 octobre, à 20 h 30, salle des Aînés,
- de la biodiversité, le jeudi 8 octobre, à 20 h 30, salle du Conseil municipal,
- de la qualité de l’eau potable, le jeudi 15 octobre, à 20 h 30, salle Jacques Brel,
- de l’alimentation et de la santé, le mardi 20 octobre, à 20 h 30, au restaurant « Le Vieux Pressoir »,
- des stratégies pour améliorer l’agriculture et l’alimentation en circuit court, le jeudi 22 octobre, à 20 h 30, à la Médiathèque.

Un marché paysan hebdomadaire sera lancé et inauguré le dimanche 4 octobre : il s’installera place Jean Jaurès.

La Municipalité prévoit aussi une découverte des jardins familiaux, l’ organisation d’ateliers vidéo, des balades autour des plantes médicinales et comestibles, etc.

Ces « Journées de l’environnement » se termineront par un grand final, en forme d’apothéose, le dimanche 25 octobre toute la journée, place du Café, avec marché paysan, expositions sur l’éco construction et les nouvelles technologies, spectacles variés et apéritif Bio.

De nombreuses associations participent ou contribuent à l’événement : « Prades environnement », « Kokopelli », « Coopere 34 », Collectif « Tout un plat », « Lafi Bala », « BEDE », « La fleur sauvage », « Terre nourricière », « Association des marchés paysans de l’Hérault », « Carpe Diem », « Terroir Direct », « Eau pour la vie », « Les 1000 pattes de Prades le Lez », « Terra One », « Récolte pour tous », « Association des jardins familiaux de Prades ».

Ces « Journées de l’environnement » de Prades de Lez constituent donc un événement ambitieux au programme très complet, concocté par le nouveau Maire-adjoint à l’environnement de cette commune : Rachid Khenfouf.

16/08/2009

La nature au coeur de nos villages

La nature méditerranéenne est généreuse. Elle prospère jusque dans nos villages et nos jardins.

Un bel insecte butineur : le Moro-Sphinx.

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Un nom énigmatique pour nommer un insecte dont la chenille, verte ou brune, porte une corne près de la pointe anale et se dresse, en cas de danger, comme le Sphinx d’Egypte.

Il s’agit pour les botanistes du Macroglossum stellatarum.

Il est vrai qu’en latin, stella signifie étoile, comète, étoile filante ou encore ver luisant, mais aussi étincelant.

Le moro-sphinx a des allures de colibri, cet oiseau-mouche absent d’Europe.

Il est sédentaire en Méditerranée mais il colonise tous les ans l’Europe centrale et septentrionale lors de grandes migrations.

Il pond sur le Gaillet (Galium sp.) mais aussi sur la Garance voyageuse (Rubia peregrina) et la Garance des teinturiers (Rubia tinctorium), plantes communes sous notre climat méditerranéen.

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Les ailes de ce lépidoptère battent tellement vite qu’elles sont difficiles à discerner. Malgré son corps qui paraît lourd, son déplacement est en réalité rapide et précis.

En vol stationnaire au dessus des fleurs, il prélève inlassablement le nectar aux heures chaudes de la journée.

13/08/2009

Protection contre la foudre

Chaque année, il y a environ 1 million d’impacts de foudre en France : aucune région n’est épargnée.

La foudre est notamment fréquente sous climat méditerranéen. Montpellier et son pourtour sont fréquemment sujets à des orages violents. Certains secteurs sont plus particulièrement exposés du fait de la configuration des lieux.

Sans parler des atteintes aux personnes, la foudre peut engendrer des désordres matériels importants : éclatement de béton, destruction de télévisions et d’ordinateurs, atteinte à l’installation téléphonique, au chauffe-eau électrique, etc.

La question est de savoir quelles sont les protections efficaces ?

Depuis Benjamin Franklin et ses expériences en 1752, certains propriétaires ont pris l’habitude de protéger leurs bâtiments en implantant à leur sommet un paratonnerre (pointe métallique reliée à une prise de terre). Plus le sommet de ce dernier est haut et plus il protège un périmètre important aux environs.

Historiquement, les bâtiments communaux, comme les mairies et surtout les clochers des églises, par les hauteurs qu’ils offraient, protégeaient la plupart des maisons blotties autour d’eux. C’est incomparablement moins le cas aujourd’hui du fait de l’étalement urbain.

Un paratonnerre, à condition qu’il ne soit pas lui-même détruit par un impact de foudre exceptionnel, offre en fait seulement une protection de proximité.

En outre, la protection offerte par un paratonnerre est strictement limitée aux effets directs de la foudre : par exemple la destruction de maçonnerie due à un impact. Les techniques du paratonnerre ou encore celle de la « cage maillée » (édifice recouvert de fils conducteurs disposés en surface du bâtiment et reliés à plusieurs prises de terre) épargnent le site mais ne protègent pas contre les effets secondaires, dits aussi indirects, de la foudre.

Pour terminer sur les paratonnerres, il faut préciser que la réglementation rend, quoiqu’il en soit, obligatoire pour tout bâtiment équipé d’un paratonnerre, la pose d’un parafoudre dit de « type 1 », à l’origine de l’alimentation électrique intérieure.

Dans les faits, est-il réellement possible de se prémunir des nombreux effets indirects de la foudre ? Il faut savoir en effet qu’elle peut survenir par de multiples canaux : surtension pouvant se propager le long des réseaux électriques comme téléphoniques sur plusieurs kilomètres, couplage des installations domestiques par rayonnement au champ électromagnétique de l’atmosphère, remontée du potentiel par la terre, etc.

Les effets secondaires de la foudre deviennent fortement gênants au fur et à mesure qu’une habitation se dote d’équipements électriques et électroniques.

La protection contre les effets secondaires de la foudre requiert en réalité un équipement individuel : il est donc nécessaire d’équiper son habitation, ou ses installations professionnelles, de parafoudres (autrement appelés « parasurtenseurs »).

Ces derniers doivent être placés judicieusement pour protéger le réseau électrique, le réseau téléphonique et le matériel informatique.

En résumé, le risque de foudroiement indirect (effets secondaires de la foudre), devenu le risque majeur du fait de la sensibilité de notre environnement technologique, requiert une protection forcément individuelle du type parafoudres, mise en œuvre par des professionnels spécialisés ou des propriétaires éclairés.

04/08/2009

Bois-énergie : un chantier post-incendie à Clapiers

Les communes de Montferrier et de Clapiers ont subi un incendie au mois d’août 2008 qui a détruit 18 hectares de forêt.

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La forêt dévastée par l’incendie


Un an après le sinistre, la Commune de Clapiers a décidé de faire transformer le bois sur pied, en partie calciné, en plaquettes forestières. En effet, la valorisation post incendie pour la pâte à papier est impossible.

En outre, les arbres morts représentent un danger pour les promeneurs.

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La déchiqueteuse automotrice broie une grume impressionnante


Le chantier a été mené par une entreprise spécialisée. Il a nécessité le travail coordonné :
- d’une déchiqueteuse à bois automotrice de grande puissance (investissement en neuf tout de même de l’ordre de 800.000 €),
- d’une semie remorque pour le transport vers le lieu de séchage des plaquettes forestières,

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Le débardeur traîne les arbres coupés mais non élagués


- d’un débardeur, gros tracteur forestier articulé, pour extraire les grumes et les traîner jusqu’à la déchiqueteuse,
- d’un broyeur à végétation basse pour laisser une chance à la régénération naturelle des essences forestières.

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La broyeuse fait place nette


Les plaquettes forestières ont une utilité énergétique dans les chaufferies-bois collectives et individuelles .

1 m3 de bois = 0,6 tonne de matière sèche
= 0,25 tonne équivalent pétrole économisé = 0,6 tonne de CO2 non émis

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Les élus de Clapiers, les agents de l’ONF et l’entrepreneur


Si le bois feuillu trouve un débouché naturel en bois-bûche (Chêne-vert, Arbousier notamment), le bois résineux, du fait de son pouvoir calorifique plus important (présence de résines) est particulièrement intéressant sous forme de plaquettes forestières.

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La trémie de la déchiqueteuse remplie de plaquettes forestières


Le chantier organisé à Clapiers est un des premiers dans le Sud de la France : c’est une initiative d’avenir à l’heure où l’on doit s’affranchir du pétrole.

Qui plus est, la plaquette forestière est le combustible le meilleur marché. Il revient de l’ordre de 3 cts d’€ le kilowatt-heure, contre environ 5 cts d’€ par kWh pour le gaz naturel, 6 cts d’€ par kWh pour le fioul domestique et 11 cts d’€ par kWh pour l’électricité.

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La plaquette forestière


De grandes quantités de bois-combustible peuvent être extraites des pinèdes du Nord de Montpellier, dans le cadre de leur gestion durable.

Cette richesse naturelle est à exploiter pour créer des emplois et réduire le risque de feu de forêt.

La Commune de Clapiers a d’ailleurs un projet de chaufferie-bois et de réseau de chaleur pour alimenter ses écoles, permettant de substituer au gaz, énergie fossile, du bois, énergie renouvelable issue de gisements de proximité.

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Vu du chantier : panorama sur le front d’urbanisation de Clapiers au Nord


L’Association des communes forestières de l’Hérault, COFOR34, financée par le Département de l'Hérault, l'ADEME, la Région Languedoc-Roussillon et l'Europe, fait la promotion du bois-énergie.

Deux ingénieurs, Elodie Payen et Fabien Reverchon, conseillent les collectivités, notamment territoriales, sur les chaufferies-bois et la ressource forestière.

03/08/2009

Feu de forêt : risque élevé au Nord de Montpellier

Les forêts méditerranéennes françaises connaissent une menace quasi unique : les feux d’été. En effet, les calamités naturelles comme les tempêtes, les tornades, les gels, les attaques parasitaires détruisent incomparablement moins de bois sur pied.

Le bassin méditerranéen connaît deux fois plus de surfaces détruites annuellement (50.000 ha actuellement en moyenne) que dans les années 70 (Italie fois 3, Espagne fois 4) : c’est dû à l’exode rural, au recul de l’agriculture, au désintérêt envers la ressource énergétique que représente le bois du fait de l’augmentation du niveau de vie des populations.

La France est une exception puisque, si la surface forestière croît, la surface brûlée, elle, n’évolue pas.

Le Nord de Montpellier, surpâturé au début du siècle, a vu ses troupeaux de moutons disparaître un par un. On est passé d’un paysage de prairies sèches à un paysage fermé. Les mattorals, nom savant des écologues pour nos garrigues, régressent et, avec eux, l’extrême biodiversité de ces milieux, tant en terme de flore que de faune.

Si les feux de forêt sont contenus dans notre région, c’est dû à l’effort collectif de la Sécurité civile (l’Etat), des sapeurs-pompiers et des forestiers-sapeurs (Conseil général de l’Hérault) mais aussi des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF).

Il existe de tels groupes de volontaires, équipés par les communes, sur Assas, Buzignargues, Castelnau le Lez, Clapiers, Combaillaux, Galargues, Grabels, Jacou, Le Triadou, Montaud, Montferrier sur Lez, Murles, Murviel lès Montpellier, Saint-Bauzille de Montmel, Saint-Clément de Rivière, Saint-Geniès des Mourgues, Sussargues, Vailhauquès, Valergues, Vendargues et Villetelle.

Pour mesurer l’impact global des incendies, il est d’usage d’utiliser un indicateur : le risque moyen annuel (RMA) calculé à partir de la méthode proposée par le CEMAGREF. C’est le pourcentage de la surface forestière brûlée tous les ans.

Dans les bois à base de pins d’Alep au Nord de Montpellier, le RMA est d’environ 4 %, soit un délai moyen entre deux incendies de 25 ans ! Ce RMA est globalement seulement de 1,4 % pour les forêts du pourtour méditerranéen.

Le risque d’incendie est donc très fort dans nos secteurs : c’est lié au contact entre l’urbanisation et la forêt. La zone urbanisée représente des enjeux forts à protéger en terme de vies humaines et de biens matériels. La forêt, elle, génère des aléas forts, c’est-à-dire une probabilité non négligeable d’éclosion de feux, puis éventuellement de leur propagation. C’est la rencontre de ces aléas et de ces enjeux forts qui confère à notre zone un niveau de risque élevé.

Si la pression des feux est trop forte, c’est la capacité même du milieu à se régénérer qui est obérée, avec un risque à terme de désertification, donc d’érosion des sols et de danger d’écoulements torrentiels.

Les feux de forêt en région méditerranéenne sont à plus de 95 % d’origine humaine.

La cause des départs de feux est très mal connue : c’est d’ailleurs devenu une priorité en France donnée aux forces de l’ordre de les identifier, en relation avec les propriétaires des terrains et les pompiers. Notamment, la France est très en retard sur l’Espagne en terme d’identification de ces causes.

L’imprudence ou les accidents (ligne électrique, écobuage mal maîtrisé, fumeur, feux de camp ou de berger, etc.) prédominent en nombre. La plupart du temps, ce sont les habitants du crû qui en sont responsables.

Malheureusement, il existe aussi de très nombreux feux volontaires que l’on peut qualifier, sans hésitation, de criminels, du fait du risque qu’ils font courir aux populations et aux secours.

Pour réduire le nombre d’incendie de forêt, il n’y a pas d’autre issue que la prudence, le débroussaillement et l’exploitation rationnelle du bois.

Cette dernière piste est la plus intéressante car, en face de la dépense, s’affiche une recette, certes faible, mais qui incite le propriétaire forestière, public ou privé, à agir.

02/08/2009

Honneur au pompier volontaire André Jeanjean

La garrigue et la pinède occupent de larges espaces dans les villages avoisinants Montpellier.

Du fait du climat méditerranéen, associant l’été canicule, sécheresse et vent, nos forêts sont d’une grande vulnérabilité au feu.

Le danger est surtout présent par vent du Nord avec des incendies qui progressent rapidement vers le Sud et empruntent des couloirs de feu plus ou moins larges.

Les anciens ont gardé le souvenir du sinistre incendie du 26 juillet 1981, aux portes de Sainte-Croix de Quintillargues, de Guzargues, d’Assas, de Prades le Lez, de Montferrier sur Lez et de Clapiers.

Ce feu de forêt, d’origine criminelle, a parcouru des centaines d’hectares de pinèdes et de garrigues et conduit à la disparition du jeune sapeur-pompier volontaire, André Jeanjean, originaire de Saint-Mathieu de Tréviers.

Ce dernier est décédé dans le brasier en combattant l’incendie. Il est mort en essayant de protéger nos concitoyens.

Tous les ans, son sacrifice est honoré, en présence de la famille et du Préfet, des pompiers, des forestiers-sapeurs, de la gendarmerie, des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF) et des élus locaux.

La cérémonie a lieu devant la stèle qui lui est dédiée sur le territoire clapiérois.

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Les pompiers honorant André Jeanjean, tombé au feu

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Les élus locaux et le Préfet pour la minute de silence

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L'allocution de Pierre Maurel, Maire de Clapiers

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Les bénévoles des CCFF toujours présents

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La stèle fleurie, après la cérémonie

Depuis, la forêt a été replantée en cèdres de l’Atlas et en pins pignon. Des citernes d’eau ont été installées, des pistes tracées et régulièrement entretenues, un tour de gué installée à Teyran et une vigie implantée sur un château d’eau à Clapiers.

Les pompiers ainsi que les forestiers-sapeurs, financés par le Conseil général de l'Hérault, pratiquent en saison le « gué armé », c’est-à-dire que des unités opérationnelles sont prépositionnées sur le terrain dans l’attente d’une alerte.

En outre, les communes du Nord de Montpellier se sont dotées d’un plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) : Assas, Clapiers, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Le Triadou dans un premier temps, puis Combaillaux, Grabels, Les Matelles, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Juvignac, Montpellier, Murviel lès Montpellier, Pignan et Saint-Georges d’Orques.

Pour plus d’information sur ces PPRIF, se reporter sur le site de la Préfecture de l’Hérault.

Ce dispositif, opposable aux tiers, permet de limiter la cabanisation, d’interdire l’implantation d’habitat en zone dangereuse et pousse aux respects de l’obligation légale de débroussaillement (dite OLD) par les propriétaires d’installation (maison, mazet, caravane, etc.).

Les membres des CCFF patrouillent, quant à eux, tout l’été, dans leur tenue orange caractéristique, pour informer inlassablement du risque les riverains, les promeneurs et surveiller qu’il n’y a pas de départ de feu.

L’Etat met aussi en œuvre d’impressionnants moyens aériens.

Malgré ce dispositif très lourd, il y a moins d’un an, les communes de Clapiers et de Montferrier ont connu, le 23 août 2008, les affres d’un nouvel incendie. Ce dernier a ravagé 18 hectares de pinèdes.

Malgré une alerte rapide, le front de flamme s’est développé sur une largeur d’environ 200 mètres. Dans sa phase terminale, le feu, quand bien même cantonné à près de 500 mètres des premières habitations par un secteur agricole infranchissable, a donné l’impression de menacer la zone urbanisée.

Heureusement, les secours sont intervenus très rapidement. D’abord, deux Beechcraft, avions légers faisant le plein sur l’aéroport de Candillargues et l’hélicoptère de commandement. Ensuite, des pompiers au sol, au nombre d’environ 150, répartis dans une cinquantaine de véhicules, dont certains d’appui logistique (camions citerne, cellules d’assistance respiratoire, restauration). Puis une seconde vague de moyens aériens, dite de niveau national, est parvenue sur place, guidés par un nouvel hélicoptère.

En tout, 8 avions ont œuvré conjointement : des Canadair, des Tracker et même un Dash 8 qui peut emporter 11 m3 d’eau. Tous ont pu écoper en mer, à moins de 15 km, d’où une grande efficacité dans les interventions.

Les sapeurs-pompiers, les forestiers-sapeurs et les bénévoles des comités communaux feux de forêts (Clapiers, Montferrier, Assas, Teyran, Saint-Clément, Montaud-Saint Bauzille de Montmel) ont ensuite effectué un travail inlassable, toute la nuit, pour étouffer les reprises de feux.

Sans parler de mise à feu criminelle, la moindre imprudence peut être à nouveau sanctionnée par un drame écologique, au mieux, humain au pire.

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Les stigmates laissés par le feu du 23 août 2008

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Un largué aérien sur une reprise de feu le lendemain

Crédit photos, tous droits réservés :
Peter Kroger (photos 2, 3 et 5) et Michel Chastaing (photos 1, 4, 6 et 7)

24/07/2009

Dédoublement de l’autoroute A9

Le projet de dédoublement de l’autoroute au droit de Montpellier entre Saint-Jean de Védas et Baillargues date de 1994. L’objectif de séparation des trafics locaux et de transit a été énoncé dès les années 80, l’autoroute A9, « La Languedocienne », ayant été mise en service en 1967.

Lors de l’enquête publique de 2005, les habitants de Lattes et plus encore de Baillargues se sont fortement mobilisés contre le projet.

Les Baillarguois ont pointé à cette occasion « un projet vieux de 15 ans » qui ne tenait pas compte de l’évolution de l’urbanisation, arrêté par les Services de l’Etat sans concertation, déficient quant aux études sur le bruit et la pollution.

La Commission d’enquête a rendu un avis défavorable le 27 mars 2006 ce qui n’a pas empêché le Préfet, correspondant local du Gouvernement Raffarin sous la Présidence de Jacques Chirac, de prendre, la même année, une Déclaration d’Utilité Publique.

A l’époque, le Préfet annonçait un début des travaux en 2007-2008 et une mise en service en 2.011. La montre semble comme arrêtée !

Depuis, le Gouvernement Fillon a demandé, le 5 mars 2009, aux Autoroutes du Sud de la France de surseoir aux procédures d’expropriation et de fouilles archéologiques.

C’est qu’un groupe d’experts a rejeté comme non satisfaisantes, en juillet 2009, les deux options qui lui étaient soumises : en l’occurrence, création d’une seconde autoroute ou élargissement à 2 x 4 voies de l’autoroute actuelle.

Le coût était déjà estimé à 385 M€ HT en 2004 (dont 73 M€ de mesures d’atténuation et de compensation pour l’environnement) !

Avec 120.000 véhicules par jour lors des grands chassés-croisés, l’autoroute A9 au droit de Montpellier sature quelques jours par an mais aucune mesure d’étalement des départs en vacances n’est prévue.

C’est le problème du tout camion qui se pose durant le reste de l’année : le ferroutage et plus encore le merroutage sont, il est grand temps, à promouvoir.

C’est aussi le problème du flux pendulaire entre Montpellier et les villages avoisinants, matin et soir, avec la mise en danger des automobilistes arrêtés sur l’autoroute par des sorties saturées et doublés à grande vitesse par le flot du transit : le transport en commun rapide (Tramway, bus à haute qualité de service, TER) sont à ce sujet prometteurs.

Les solutions de sortie du blocage actuel imaginées ne sont pas à la hauteur des risques d’accidents encourus. En effet, l’élargissement des sorties autoroutières débouchera sur des voies urbaines qui ne peuvent en aucun cas absorber un trafic local sans cesse croissant.

Il vaudrait mieux créer, dans un premier temps, deux nouveaux échangeurs : l’un à Odysseum et l’autre au Zénith.

Il vaudrait mieux aussi imposer des restrictions de vitesses plus importantes :
- la Fédération Nationale des Transports Routiers préconise elle-même une limitation à 80 km/h pour les camions sur autoroute afin d’économiser 12 millions de tonens d’émission de CO2 sur les 35 émis par le transport routier de fret, plus l’interdiction faite au poids lourds de dépasser,
- la régulation par affichage des vitesses maximales, pour les véhicules de tourisme, en fonction de l’état du trafic, fluidifie la circulation et minore fortement les risques d’accidents.

Enfin, la mise en application de la proposition des députés UMP de créer une nouvelle autoroute au Nord de Montpellier serait désastreuse en terme de délais (impossibilité de financer des travaux pharaoniques avec de nombreux remblais et viaducs dans un secteur à relief marqué) et d’atteinte aux paysages comme au cadre de vie des cantons de Saint-Gély du Fesc, Castries, Claret et Lunel.

19/07/2009

Risque de tsunami en Méditerranée

Le sénateur socialiste de l’Aude Roland Courteau a rendu fin 2007 son rapport intitulé : "Tsunami, un risque réel mais une impréparation manifeste".

En effet, il n’existe aucun dispositif d’alerte en France métropolitaine, contrairement à la zone Pacifique (dont la Polynésie française) où 26 pays se sont associés, suite au tsunami meurtrier du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien (plus de 300.000 morts et disparus sur les côtes d’Indonésie, du Sud de l’Inde, du Sri Lanka, de la Thaïlande et notamment de l’île touristique de Phuket).

Le tsunami consiste en un raz-de-marée de cause sismique (déplacement de plaques tectoniques) ou volcanique (explosion, effondrement).

Deux exemples récents attestent de l’existence du risque en Méditerranée :
- en 1979, un petit tsunami entre Nice et Antibes emporte la digue du chantier d’extension de l’aéroport, causant 11 morts,
- en 1986, un petit raz-de-marée submerge sur une hauteur de 2 mètres la plage de Beauduc, près de l’Espiguette, suite à un séisme en mer.

En Méditerranée, la fréquence statistique d’un tsunami meurtrier est estimée à un par siècle.

"La France s'est réfugiée dans l'attentisme. N'attendons pas une catastrophe pour réagir et bouger".

Il existe en effet déjà des modèles de marées et d’ondes de tempête pour estimer les sur-côtes du niveau de la mer.

Il semblerait que l’impact maximum serait en fin de Golfe du Lion, vers la Camargue, du fait d’une topographie favorable (très faibles dénivelées).

Ce qui est principalement à craindre, c’est un tremblement de terre au large de l’Algérie (la plaque tectonique qui porte l’Afrique et la Méditerranée s’enfonce en effet très lentement sous la plaque de l’Europe) ce qui laisse tout de même 2 heures de temps pour évacuer !

Roland Courteau estime à "6 millions d'euros en équipement et 3 millions en fonctionnement" le coût de protection des côtes de la France métropolitaine. Compte tenu de la faiblesse des coûts (qui incombent à l’Etat), l’intéressé dénonce un "manque de volonté politique et de crédits".

En Méditerranée, il n'y a "aucun marégraphe en temps réel, pas de capteurs de pression (tsunamimètre) au fond de la mer, pas de récepteur pour l'alerte", a aussi déploré le sénateur de l'Aude.

Dans un premier temps, souligne le Sénateur socialiste, il faudrait établir des plans de secours, des cartes d'inondation et d'évacuation pour les principaux ports, installer des sirènes ou encore mener des campagnes de sensibilisation de la population.
Les personnes à la plage, notamment les baigneurs, sont particulièrement vulnérables.

Pour le moment, presque 2 ans après le rapport Courteau, le Gouvernement Fillon souhaite seulement "héberger un centre régional d'alerte aux tsunamis qui gérerait l'alerte pour les pays de la Méditerranée occidentale et de l'Atlantique Nord-Est" pour le compte de l’ensemble des pays concernés : une manière de renvoyer à plus tard la protection des populations et d’essayer de faire de bien maigres économies financières.

17/07/2009

Vive le bois construction (suite)

Le bois dans la construction accompagne en réalité la mutation des modes de conception et de réalisation.

Son utilisation est un enjeu en terme d’emplois locaux et d’aménagement du territoire (le bois demande beaucoup de main d’œuvre et est issu des zones rurales).

Le Languedoc-Roussillon compte 1 million d’hectares de forêts. ¾ des superficies sont des forêts privées et ¼ des forêts publiques. Les forêts les plus productives sont situées dans les Pyrénées, la Montagne noire, le Somail, l’Espinouse et les Cévennes.

Ce sont les accrus naturels et non les plantations (très limitées en surface) qui expliquent la très forte croissance du bois sur pied.

1,3 millions de m3 de bois sont prélevés tous les ans en Languedoc-Roussillon et 0,9 million commercialisés (le reste entre dans l’autoconsommation) des ménages. Cette exploitation du bois en région est toutefois largement insuffisante.

Le bois construction en Languedoc-Roussillon est essentiellement du bois d’œuvre destiné au sciage mais aussi du bois destiné à la trituration, notamment pour la production de panneaux isolants.

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon engage des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’œuvre et des entreprises : de l’amont et de l’aval de la filière.

Il s’agit de promouvoir une nouvelle culture et de nouvelles pratiques.

Le bois peut être mis en œuvre pour :
- construire des maisons en bois,
- à structure poteau/poutre, notamment en lamellé-collé,
- à ossature bois,
- en bois massif empilé (style « chalet »),
- en panneaux de bois massif contrecollés (technique venue d’Allemagne),
- fabriquer des isolants : laine et fibre de bois, ouate de cellulose,
- élaborer des portes, fenêtres, lambris, planchers, bardages.


Les maisons en bois permettent de gagner de la surface au sol, du fait d’une épaisseur de mur moins grande.

Les bois utilisés doivent être des bois certifiés (dits « PEFC », soit en anglais « Programme for the endorsement of forest certification »), c’est-à-dire que l’exploitation de la forêt doit être durable en respectant le sol, la végétation et les hommes.

La Charte résulte d’un travail transversal au profit de la construction bois. L’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34) a été associée.
L’objectif est d’agir sur la demande (maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre) et sur l’offre (entreprises du bâtiment et de la transformation du bois, recherche).

Concernant les maîtres d’ouvrage, la Charte prévoit :
- l’exemplarité des constructions publiques,
- de mettre en œuvre une politique générale d’incitation à l’usage du bois, par exemple levée de toutes les restrictions dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) ou dans les normes techniques,
- d’informer et de former à l’emploi du matériau bois (entreprises du bâtiment et de l’artisanat, élus locaux),
- de faire coopérer les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur ce sujet
.

Une maison bois-pierre, démonstrative des bâtiments basse consommation (dits BBC), a été présentée au 2ème Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) à Montpellier : elle a connu un vif succès en étant prise d’assaut, pour des visites, par le grand public.

16/07/2009

Vive le bois construction

1 m3 de bois stocke 1 tonne de CO2.

Le bois utilisé dans les constructions constitue un stockage durable de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. En outre, la mobilisation et la mise en œuvre du bois émettent peu de CO2.

Le bois construction est donc à développer.

A cet effet, ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (l’interprofession régionale du bois regroupant les propriétaires forestiers, les bûcherons, les scieurs, les transformateurs du bois, les menuisiers et les charpentiers, les collectivités territoriales, les architectes, les constructeurs) a élaboré, dans la concertation des acteurs de la filière bois, la Charte bois-construction.

Cette Charte a été signée par 23 partenaires le 11 décembre 2008 à l’occasion du 2ième Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) au Parc des expositions de Montpellier. La liste des signataires à jour est visible à l’adresse :
http://www.arfobois.com/index.php?id=156

C’est un engagement commun, un pacte d’intérêt collectif, visant à valoriser davantage le bois dans la construction.

La Commune de Clapiers a été pionnière puisqu’elle est la première et seule commune du Languedoc-Roussillon à avoir signé cette Charte.

Pourtant, signer cette charte n’est pas une affaire de spécialistes : toutes les communes et autres collectivités territoriales devraient ainsi s’engager à promouvoir le bois-construction.

Pour faire œuvre de pédagogie, Arfobois propose aux collectivités territoriales la mise à disposition gratuite d’une exposition sur le Bois construction :
http://www.arfobois.com/telechargements/outils//Panneaux%20Construction%20(6)%20ARFO.pdf

Cette charte est une conséquence directe de la politique mise en place en 1998 sous le Ministère de Jean-Louis Bianco (Gouvernement Jospin). L’objectif de son « Plan bois construction Environnement » était de faire passer de 10 % à 12,5 % la part de marché du bois dans la construction sur la période 2000-2010 (équivalent tout de même à 14 % des engagements de la France à Kyoto en terme de réduction du CO2 !).

S’en s’ont suivi le « Plan Climat 2004 », le décret du 16 septembre 2005 sur les exonérations de Taxe sur le foncier bâti (TFB) fixant les minima de quantités de matériaux renouvelables à utiliser dans la construction et enfin l’« Accord cadre national » résultant du Plan Bianco

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon est la déclinaison régionale de cet accord national qui fixe « les objectifs stratégiques définissant le cadre des engagements ultérieurs de chaque signataire ». Les objectifs sont déclinés en actions. Le plan porte sur la période 2008-2013.

Promouvoir le bois dans la construction, c’est nous préparer un avenir meilleur.

Suite dans la note du 17 juillet 2009.

12/07/2009

Aidons Radio Terra One

Fille des « radios pirate » avant 1970, puis des « radios libres » entre 1981 à 1983, la liberté d’expression sur les ondes est aujourd’hui défendue en France par 600 « radios associatives locales ».

Il est loin le temps de l’inculpation de François Mitterrand et de Laurent Fabius qui en créant la radio militante socialiste Riposte comptaient contester le monopole d’Etat dans le domaine de la radio et de la télévision.

Les radios commerciales dominent en effet maintenant en terme de temps d’écoute.

Toutefois, les radios associatives locales se défendent bien en se professionnalisant et en passant au numérique. Elles sont en général d’utilité sociale du fait de la relation particulière qu’elles entretiennent avec leur auditoire. Elles sont une composante essentielle de la diversité culturelle et médiatique en France. Elles offrent notamment une tribune aux associations et aux acteurs locaux.

Elles souffrent financièrement du fait de la baisse des crédits de l’Etat dans le domaine social et culturel. Le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) qui alloue des aides à l’installation, à l’équipement et au fonctionnement, se fait en effet de plus en plus chiche.

La Radio Terra One a pu émettre, sur Montpellier et alentours, jusqu’au mois de juin 2009 sur une fréquence (102.2 MHz) allouée provisoirement par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Il lui faut maintenant obtenir une autorisation permanente.

La réponse du CSA interviendra en octobre 2009.

L’appui des habitants de Montpellier et des villages avoisinants est important : soutien possible sur le site http://www.terraone.fr/ où l’on peut maintenant écouter la radio en live via Internet.

C’est une radio associative locale dédiée à l’éducation à l’environnement qui souhaite « accompagner le public d’une manière pratique vers des habitudes plus respectueuses envers les générations futures ».

Aidons Terra One à « continuer son objectif d’information indépendante et de communication sociale de proximité ».

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11/07/2009

Des singes à Teyran ?

Un investisseur privé souhaite développer sur la commune de Teyran, en limite de Castries, dans une plantation de pins pignon située entre la RD 145 et la Liaison intercommunale d’évitement Nord (dite LIEN), un parc animalier dédié aux singes magots.

Cet animal vit principalement en Asie sous les Tropiques mais il a su aussi s’adapter au froid. C’est le cas au Japon où le Macaca fuscata s’accommode de la neige.

Le Macaque berbère (Magot Macaca sylvanus), encore appelé Macaque de Barbarie, est le seul primate vivant au Maroc, à part l’espèce humaine bien entendu. Ce serait l’hôte de Teyran. Il est menacé de disparition et occupe les cédraies endémiques du Haut-Atlas (étage montagnard compris entre 1.200 et 2.500 mètres d’altitude). C’est aussi l’attraction du Rocher de Gibraltar.

Au-delà de la sauvegarde des magots, l’objectif du parc animalier est à la fois pédagogique, scientifique et touristique.

Le parc animalier serait équipé de toilettes sèches, de captages d’eau de pluie, d’un assainissement autonome, d’électricité photovoltaïque, de constructions en bois. La nourriture des magots proviendrait des invendus de grandes surfaces, des restes des restaurants et des cuisines centrales tandis que celle des visiteurs serait Bio. Une petite boutique proposerait des articles issus du commerce équitable.

Tout le monde serait donc bien nourri et bien occupé !
Contrairement au poète Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661), membre de la cabale libertine, qui se plaignait, dans le sonnet intitulé, ironiquement, Les goinfres, de son jeune forcé et de son inactivité :
« Etre deux ans à jeun comme les escargots,
Rêver en grimaçant ainsi que les magots
Qui, bâillant au soleil, se grattent sous l'aisselle. »

Le projet vise à terme l’accueil annuel de 200.000 visiteurs nécessitant la création de 20 emplois. Cet objectif est à comparer aux fréquentations du Zoo de Lunaret (600.000), de la Réserve africaine de Sigean (400.000) et du seul centre comparable en France, au cœur du massif vosgien, proche de Colmar et du Parc des cigognes, en l’occurrence La Montagne des Singes à Kintzheim (300.000). La stratégie de l’exploitant consiste notamment à attirer les visiteurs de la grande voisine : Montpellier.

Teyran va donc t-il accueillir le « Royaume des singes » ? Cela dépendra de l’accueil fait au porteur de projet par les banques. Pour l’heure, l’ambition d’accueil paraît, tout de même, quelque peu surdimensionnée.

Pour plus d’information, se reporter vers le site officiel de la Mairie de Teyran :
http://www.ville-teyran.fr/Download/leroyaumedessinges.pdf

10/07/2009

Tous au chevet de l’Etang de l’Or

Les zones humides sont en régression partout dans le Monde. Ce sont pourtant les milieux les plus riches en terme de faune et de flore.

L’étang de l’Or n’en est donc que plus précieux : il est notre patrimoine écologique, paysager et architectural. Il abrite des écosystèmes riches, fragiles et complexes.

Recul de la qualité des nappes d’eau douce souterraines sur son bassin versant, eutrophisation de ses eaux saumâtres et comblement progressif de l’étang, dégradation des zones humides notamment avec la régression des roselières, sont les menaces principales.

Jusqu’à présent, le Syndicat mixte de gestion de l’étang de l’Or (SMGEO) gérait le site et son périmètre. Un contrat de baie (études et mesures de préservation) a couvert les années 1996-2006 avec les objectifs suivants :
- améliorer la qualité de l’eau de l’étang (réduction des rejets d’eaux usées par exemple),
- réhabiliter les cours d’eau (entretien de la ripisylve et suppression des prélèvements pour l’irrigation) mais aussi lutter contre leurs inondations,
- gérer les marais (amenée d’eau douce par pompage, barrages anti-sel, pêche artisanale, sites d’hivernage, de nidification et de migration des oiseaux),
- connaître les échanges de l’étang avec la mer, les canaux et les cours d’eau,
- informer les populations.


Dans un but de meilleure cohérence et d’efficacité des politiques publiques dans le domaine de la gestion globale des eaux et des milieux aquatiques, le SMGEO va laisser la place d’ici fin 2009 à un syndicat de bassin, appelé Syndicat mixte de bassin de l’Or (SYMBO).

Il s’agit de passer la vitesse supérieure en associant le Département de l’Hérault et 68 communes représentées par leurs intercommunalités (Communautés de communes de l’Etang de l’Or, du Pays de Lunel, du Pic Saint-Loup et Communauté d’Agglomération de Montpellier).

Il est en effet important de faire jouer la solidarité amont-aval.

N’oublions pas que :
- les ruisseaux du Nègue-Cats ou de la Jasse viennent des quartiers sud-est de Montpellier,
- le Salaison naît à Guzargues et passe à Teyran, Le Crès, Saint-Aunès, Mauguio,
- la Cadoule naît au Nord de Guzargues et passe par Castries, Baillargues et Mauguio,
- la Bérange naît à Saint-Drézéry,
- le canal de Lansargues qui collecte la Viredonne et le Berbian, la Canalette du Languedoc et le Canal de Lunel se déversent tous dans l’Etang de l’Or.

Cette union sacrée autour de l’Etang de l’Or conditionnait les aides financières de la Région, de l’Etat et de l’Europe.

09/07/2009

La nature au coeur de nos villages

La nature méditerranéenne est généreuse. Elle prospère jusque dans nos villages.

Un bel insecte pacifique : L’Abeille charpentière

L’Abeille charpentière est le nom savant du Xylocope violacé (Xylocopa violacea).
C’est un des plus grands et plus impressionnants Hyménoptères, habitué de nos jardins.
Cette abeille est très commune dans le Midi car c’est une espèce qui aime la chaleur.
Adulte, elle butine les fleurs.
Paisible, elle n’utilise que rarement son dard.
Son bourdonnement est sonore.
L’Abeille charpentière creuse des galeries, d’un diamètre de 1,5 cm, dans le bois sec où elle pond quelques œufs en alternant avec un dépôt de pollen. Chaque larve bénéficie ainsi d’une chambre personnelle et d’un garde-manger en guise de cloisons.
L’insecte possède une bonne trompe pour le nectar et une bonne mâchoire pour le forage du bois qu’il débite en petits copeaux.
L’Abeille charpentière est affairée à butiner, agrippée aux fleurs qu’elle fait plier, toute « enfarinée » de pollen.
Aux rayons de soleil, elle est toute irisée, toute moirée de noir et de violet.

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Crédit photo : Michel Chastaing

07/07/2009

Manger Bio à la cantine

Après les crises alimentaires et la montée de la conscience écologique, de nombreux parents souhaitent une meilleure alimentation collective pour leurs enfants.

Le Conseil régional Languedoc-Roussillon généralisera dans tous ses lycées, à la rentrée 2009-2010, une origine régionale à la viande et un repas Bio par semaine.

Le Conseil général de l’Hérault développe depuis quelques années le concept de Haute valeur alimentaire (HVA) dans ses centres culinaires desservant chacun un groupe de collèges.

De nombreuses communes réfléchissent à la mise en place de repas Bio au restaurant scolaire.

C’est aussi le cas du « Syndicat de restauration du Bérange » qui regroupe 12 communes : Baillargues, Beaulieu, Jacou, Le Crès, Montaud, Restinclières, Saint-Brès, Saint-Drézéry, Saint-Jean de Cornies, Sussargues, Teyran et Vendargues.

Ce Syndicat confectionne et livre 320.000 repas par an, soit 2.200 par jour.

Le Grenelle de l’environnement fixe en effet des objectifs :
- 20 % de produits Bio en restauration collective en 2.012,
- 6 % des surfaces agricoles en agriculture Bio en 2.012 et 20 % en 2.020 (soit 3 fois plus qu’actuellement).

Bien sûr, pour l’instant, peut se poser le problème du surcoût et de l’approvisionnement insuffisant, sachant que faire appel à des produits Bio lointains est impensable pour des raisons de bilan énergétique et sociales.

Les parents d’élèves relevant des établissements scolaires du Syndicat du Bérange ont été associés à la réflexion.

De cette concertation, il ressort qu’ il faut réunir le triptyque :
« Bio + productions locales + produits frais ».

Ces trois conditions permettent :
- le respect de la saisonnalité des productions,
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre,
- le maintien de l’agriculture péri-urbaine,
- une meilleure qualité nutritive, organoleptique et gustative,
- le respect de l’équilibre nutritionnel, afin de réduire par exemple les problèmes d’obésité.

Personnellement, je rajouterai qu’une attention particulière doit être portée :
- à la maturité des fruits,
- à utiliser des matières premières pas trop transformées par l’industrie agro-alimentaire,
- au pain qu’il est facile et peu dispendieux de se procurer Bio,
- à l’empreinte écologique générée par les denrées alimentaires,
- à la consommation d’eau nécessitée par les produits agricoles (la viande en nécessite notamment incomparablement plus que les légumineuses pourtant voisines en terme d’apport protéique),
- à l’origine des productions afin d’écarter celles issues de systèmes socialement injustes (travail au noir dans certaines grandes fermes, exploitation des ouvriers voire même d’enfants, commerce non équitable, etc.).

La restauration collective est réellement un des enjeux de la quête du bien manger.

05/07/2009

Le Festival de la Tomate à Clapiers

Le 3ème Festival de la Tomate est programmé dimanche 6 septembre 2009, dans le très ombragé et magnifique Parc municipal de Clapiers, de 9 h à 17 h.

Cette manifestation s’inscrit dans le cycle des événements visant à fêter l’agriculture méditerranéenne autour de Montpellier avec la Fête de l’Olive à Pignan en octobre, la Fête des Vignes en novembre/décembre sur la place de la Comédie et la Fête de la Truffe en janvier/février à Saint-Géniès des Mourgues.

C’est l’occasion d’une rencontre conviviale entre producteurs locaux, habitants des quartiers de la grande métropole et habitants des villages autour de Montpellier.

Organisé en partenariat avec la commune de Clapiers, la Communauté d’agglomération de Montpellier, l’Association des marchés paysans de l’Hérault et l’Association Terres Vivantes, le Festival de la Tomate est l’occasion de découvrir, de déguster mais aussi d’acheter des produits paysans régionaux de grande qualité.

Il s’agit de promouvoir des paysans dans une démarche d’agriculture durable, installés sur de petites exploitations, privilégiant les circuits courts de distribution et la vente directe : marchés de plein-vent, commercialisation sur Internet, boutiques de producteurs, vente de paniers, associations de maintien de l’agriculture paysanne dites AMAP.

Ces nouvelles pratiques permettent de garantir une meilleure traçabilité des produits agricoles ou alimentaires et d’offrir des moments de rencontres et d’échanges avec le consommateur.

Plusieurs producteurs régionaux de l’Hérault et du Gard présenteront et vendront leurs productions : tomates (plus de 250 variétés) mais aussi légumes variés, produits agro-alimentaires du terroir (conserves, jus de fruits, préparations culinaires, …), fruits « oubliés » comme certaines variétés de raisin de table, semences variées. Nombre d’entre eux proposent des produits Bio, cultivés sans pesticides.

Pour que cette manifestation soit une fête, plusieurs animations seront proposées :
- dégustations de variétés de tomates anciennes,
- musique et sketches humoristiques par le groupe « Tub’Hercule Poireau »,
- exposition de Terres Vivantes sur l’agriculture peuplante et le développement rural,
- exposition et éducation au bien manger par le CIVAM Racines,
et pour les enfants :
- pêche à la truite,
- atelier de maquillage et de déguisement sur le thème de la tomate,
- éducation au goût et à une alimentation saine,
- contes par Birgit Pape-Thoma, auteure de la bande dessinée « Ti Jojo aux pays des tomates multicolores ».

Un repas convivial, tiré du sac ou acheté sur place, est organisé après l’inauguration officielle prévue à 11 heures.

Le Festival de la Tomate : le rendez-vous de la rentrée qui rapproche le monde rural et le monde urbain.

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Stand du CIVAM Bio


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Dégustation de variétés de tomates anciennes


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Stand du Tomatologue Eric Pédebas
installé à Maurin (Lattes)


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Stand de l'association Touselle