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29/05/2010

Familles Tritout

Les déchets ménagers représentent une masse d’environ 1 kilogramme par habitant et par an.

 

Leur collecte, tri et traitement coûte de plus en plus cher : c’est quoiqu’il en soit le prix à payer pour préserver notre environnement.

 

Dans l’Agglomération de Montpellier, le tri est de plus en plus :

-         répandu (lancé dans les secteurs pavillonnaires, il se généralise progressivement aux quartiers denses de Montpellier),

-         sélectif (au tri des déchets recyclables s’est ajouté celui des déchets organiques présentés à la collecte spécifique des bio-déchets dirigés vers l’usine de méthanisation).

 

Ce tri à la source est de plus en plus poussé du fait d’une adhésion plus grande des habitants et d’un apprentissage maintenant acquis.

 

Il n’est pas rare que, pour certains ménages, les déchets résiduels confiés à la collecte traditionnelle ne représentent plus que 15 % du total des déchets générés.

 

Les colonnes à verre et à papier permettent notamment de recycler entre un quart et un tiers du poids des déchets ménagers.

 

Trier toujours plus, c’est bien, mais cela ne résout pas le problème du coût toujours croissant qui pèse sur le consommateur-contribuable, ni le problème de l’impact sur l’environnement du recyclage, du traitement et du stockage.

 

La solution, sur le moyen terme, passe forcément par la réduction des déchets à la source.

 

Les ménages ont un rôle majeur à jouer en modulant leurs comportements.

 

L’idée est que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

 

Afin d’accompagner cette prise de conscience, la Communauté d’agglomération de Montpellier a lancé l’opération « Foyers témoins 2010 » qui mobilise 35 foyers volontaires, appelés « Familles Tritout ».

 

Le terme, pris à la lettre, est en réalité impropre puisque ce n’est pas le tri mais la réduction qui est recherchée.

 

Ces 35 familles sont représentatives des différentes communes de l’Agglo, de l’équilibre actifs/retraités, du nombre d’enfants.

 

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et une association, l’Atelier permanent d’initiation à l’environnement urbain (APIEU) sont partenaires de l’opération.

 

L’ADEME est elle-même pilote de la campagne nationale « Réduisons vite nos déchets, ça déborde », tandis que l’APIEU est chargée d’accompagner les foyers témoins dans leurs gestes de réduction des déchets.

 

La réflexion et l’action conduisent une éco-consommation, sans forcément tomber dans la non-consommation.

 

Les ménages peuvent contribuer en veillant à leurs achats (moins de suremballages et de produits jetables ou à utilisation unique, produits durables, éco-labellisés ou en vrac, etc.) et en gérant les produits achetés (limitation des restes alimentaires, utilisation de la bonne dose, substitution aux produits chimiques ou pesticides de préparations maison à base de composants non toxiques, etc.).

 

De même, le réemploi ou la réutilisation (de papier, de sacs plastiques, de contenants divers, etc.) permettent aussi la minimisation des déchets.

 

Dans le cadre de l’opération « Foyers témoin », chaque ménage note pendant un mois le poids de chaque type de déchets.

 

A l’issue de cette période, la famille choisit 4 gestes de prévention minimum parmi ceux proposés et qu’elle ne pratique pas déjà, puis en deux mois, une évaluation de l’impact de ce nouveau comportement est faite.

 

Ces gestes de prévention des déchets, au nombre de dix, lors des courses ou à la maison, sont les suivants :

-         choisir le bon produit et le bon emballage,

-         préférer les sacs réutilisables pour transporter les achats,

-         indiquer le Stop Pub sur la boîte aux lettres,

-         limiter les impressions,

-         boire l’eau du robinet,

-         économiser les piles,

-         réutiliser ce qui peut l’être,

-         fabriquer du compost,

-         choisir des produits avec des labels environnement,

-         pratiquer des gestes alternatifs (dont certains sont proposés par les ménages eux-mêmes sur la base de leur expérience).

 

En récapitulant, les objectifs de l’opération « Foyers témoins 2010 » est de :

-         sensibiliser les citoyens aux gestes de prévention de la production de déchets,

-         mesurer l’efficacité des gestes de réduction avant de leur donner une publicité,

-         obtenir une mobilisation citoyenne en s’appuyant sur des relais locaux en capacité d’apporter un témoignage sur leur vécu,

-         valoriser au niveau national les pratiques de prévention éprouvées localement.

 

Les « Familles Tritout » servent certes de cobayes mais doivent aussi permettre la diffusion auprès d’autres foyers des gestes qui préviennent l’amoncellement des déchets.

 

Ce sont en quelques sorte, les ambassadeurs du « Trier, c’est bien, mais jeter moins c’est mieux ».

 

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Après le tri, la prévention et la réduction des déchets ménagers

23/05/2010

Aqua Domitia : l’eau à la bouche

La Région Languedoc-Roussillon souhaite étendre le début de réseau hydraulique régional construit dans les années cinquante par la Compagnie Nationale d’Aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc.

 

Il s’agit de desservir des territoires à ressources déficitaires, identifiés dans le cadre d’une vaste démarche prospective, initiée en 2005 avec les 5 Départements du Languedoc-Roussillon, appelée « Aqua 2020 ».

 

Cette étude a permis aux élus régionaux d’arrêter une stratégie régionale de gestion durable de l’eau qui intègre, certes un programme d’économie d’eau (beaucoup reste notamment à faire en terme de réduction des fuites sur les réseaux d’eau potable) et de maîtrise de la demande, mais aussi un recours à l’eau du Rhône dont le transfert, à terme, irait jusqu’aux portes de Béziers et de Narbonne.

 

L’eau du Rhône, transportée sous pression dans des canalisations de gros diamètre, alimentera les bouches d’irrigation, les bouches d’incendie équipant les réseaux de distribution et servira aussi d’eau de bouche, une fois potabilisée.

 

Cette potabilisation nécessite une oxydation liminaire, une phase de coagulation-floculation-flottation, une double filtration des algues et des matières en suspension, respectivement sur sable et sur charbon actif, ainsi qu’une désinfection curative (aux rayons ultra-violets), mais aussi préventive (au chlore), avant le transport.

 

Actuellement, dans l’Hérault, c’est toute la plaine entre Montpellier et Béziers qui menace de manquer d’eau.

 

En effet, les puits filtrants implantés dans le lit majeur du fleuve Hérault s’avèrent insuffisants pour faire face à la croissance démographique et aux besoins touristiques du Cap d’Agde, de Marseillan-Plage, du Lido de l’étang de Thau ou encore de Frontignan-Plage.

 

Pour l’heure, il y a urgence à desservir en eau brute le Syndicat du Bas-Languedoc qui alimente en eau potable 175.000 personnes l’hiver et 500.000 personnes l’été (estivants des stations balnéaires et habitants de 24 communes : Agde, Balaruc les Bains, Balaruc le Vieux, Bouzigues, Cournonsec, Cournonterral, Fabrègues, Frontignan, Gigean, Lavérune, Loupian, Marseillan, Mèze, Mireval, Montbazin, Murviel les Montpellier, Pignan, Pinet, Poussan, Saint-Jean de Védas, Saussan, Sète, Vic la Gardiole, Villeveyrac).

 

Il est en effet prévu de mettre en service une station de potabilisation à Fabrègues, dénommée Georges Debaille, pour le premier semestre 2011 (production de 30.000 m3/jour d’eau potable, à comparer aux 100.000 m3/jour de capacité maximale actuelle).

 

La canalisation nécessaire recevra l’eau issue du Canal Philippe Lamour et mise sous pression à la station de pompage de la Méjanelle.

 

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Le terminus du Canal Philippe Lamour à Mauguio, aux confins de Montpellier

 

La Commission Nationale de Débat Public a considéré le 1er juillet 2009 que le « Maillon Sud Montpellier » pouvait être séparé du projet global compte tenu de sa vocation et de son urgence.

 

La canalisation enterrée, d’un diamètre de 1.200 mm, de 15,6 kilomètres de long, devra franchir la Mosson en siphon et acceptera un débit maximum de 2.500 l/s.

 

Plus généralement, la disponibilité de l’eau potable a conditionné historiquement, en Languedoc-Roussillon, tout établissement humain et conditionne aujourd’hui tout développement urbanistique, en milieu urbain comme en milieu rural.

 

Les Anciens se satisfaisaient de sources jaillissant naturellement.

 

L’aqueduc des Arceaux, construit par Henri Pitot à Montpellier, mis en service en 1745, et le Pont du Gard, datant du milieu du 1er siècle, ont respectivement alimenté Montpellier et Nîmes (Nemausus, colonie romaine) en eau potable, tout en permettant le rayonnement de ces deux grandes cités.

 

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Le Pont du Gard : un aqueduc monumental amenant l'eau d'Uzès à Nîmes

 

Devant les menaces de pénurie d’eau, les pouvoirs publics ont choisi deux stratégies diamétralement différentes dans l’Aude et dans l’Hérault.

 

Dans l’Aude, Paul Riquet donna l’exemple en canalisant les eaux de surface issues de la Montagne Noire (au Seuil de Naurouze, ligne de partage des eaux entre bassins atlantique et méditerranéen).

 

Au 20ème siècle, le Département de l’Aude a mené une politique de grands barrages (Le Lampy, La Ganguise, Montbel Laprade-Basse, Marseillette) et utilise donc depuis des eaux de rivière pour l’irrigation et l’eau potable, profitant de ses reliefs, Pyrénées au Sud et Montagne Noire au Nord, cette dernière étant un véritable château d’eau naturel, au même titre que l’Aigoual dans les Cévennes, avec une pluviométrie annuelle de l’ordre de 2.000 mm.

 

En revanche, dans l’Hérault, ce sont les eaux souterraines (nappe astienne, puits dans les nappes alluviales des grands fleuves comme l’Hérault, karst), mieux protégées des pollutions, qui sont réservées à l’eau potable.

 

Quelques retenues ont certes été créées : Lac du Saut de Vésoles avec un transfert d’eau océanique, Barrage d’Avène (maintenant appelé des Monts d’Orb) et Lac du Salagou. Toutefois, pour les deux premiers, il existe un usage fortement concurrent : la production d’hydro-électricité.

 

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 Le Lac du Salagou, proche de Clermont l'Hérault :

le tourisme s'est imposé face à l'irrigation

 

Quant au Salagou, la concurrence est venue du tourisme qui empêche maintenant sa vidange estivale au moment où les besoins en eau sont pourtant maximaux.

 

Or, l’eau souterraine commence à manquer dans l’Hérault d’où l’idée de recourir à de l’eau superficielle, en l’occurrence l’eau du Rhône dont l’abondance permet un usage en terme d’eau potable mais aussi d’irrigation.

 

L’homme n’a jamais cessé de créer des ouvrages de production et d’adduction d’eau potable : forages, pompages, réservoirs, canalisations, usines de potabilisation, etc.

 

Le « Maillon Sud Montpellier », premier tronçon du grand projet Aqua Domitia, va permettre, quant à lui :

 

-         de sécuriser l’alimentation en eau potable (au profit de 500.000 usagers en période estivale),

 

-         d’alléger la pression sur les milieux aquatiques (le projet d’exploitation de la Source des Cents Fonts devient par exemple moins crucial),

 

-         de maintenir une agriculture diversifiée dans le secteur de Gigean-Fabrègues grâce à l’irrigation (blé dur, maraîchage, semences, oliviers, vignes).

 

La construction de la Voie Domitienne a permis d’irriguer, au sens figuré, la Province Narbonnaise : le projet Aqua Domitia essaie aujourd’hui d’irriguer, au sens propre, le Languedoc-Roussillon.

 

Crédit photographique : Michel Chastaing

13/05/2010

50 ans d’eau du Rhône en Languedoc

La station de pompage « Aristide Dumont » transférant l’eau du Rhône dans le canal Philippe Lamour a été inaugurée en 1960 par le Général de Gaulle.

 

Ce cinquantième anniversaire vient, cette année 2010, ponctuer une grande aventure étatique, volontariste, techniciste et finalement visionnaire.

 

Aristide Dumont, ingénieur saint-simoniste (Saint-Simon étant un des précurseurs du Socialisme français), fut le premier, dans la seconde moitié du XIXème siècle, à proposer de dévoyer une partie des eaux du bassin versant du Rhône vers les bassins versants des fleuves côtiers languedociens alimentant la Méditerranée (Vidourle, Lez, Mosson, Hérault, Orb, Aude, notamment).

 

Le débit d’étiage du Rhône reste généralement supérieur à 500 m3/s et son débit moyen est de l’ordre de 1.700 m3/s.

 

Ce fleuve prenant naissance dans les Alpes possède en effet un régime nival, c’est-à-dire qu’il est principalement alimenté par les eaux de la fonte des neiges et des glaces, ce qui garantit un solide débit l’été, saison où, par exemple, la Loire peut se trouver presque à sec.

 

Si l’idée d’utiliser les eaux du Rhône pour l’irrigation était plus ancienne, c’est la période de reconstruction consécutive à la Libération en 1945 qui sonna le réveil du projet.

 

L’Etat était alors très volontariste et Jean Monnet, Ministre des finances, créa en 1951 les sociétés d'aménagement régional.

La Compagnie nationale d’aménagement du Bas Rhône Languedoc (CNABRL) fut la première à voir le jour en 1955.

 

C’est Philippe Lamour, collaborateur de Jean Monnet, qui obtint in extremis de Pierre Mendès-France, Chef d’un Gouvernement tout juste renversé, la signature nécessaire : celle du dernier décret de Pierre Mendès-France.

 

Ces compagnies d’aménagement étaient le bras armé de l’Etat.

 

Elles ont reproduit des méthodes éprouvées dans les Colonies, notamment au Maroc.

 

Dotée de l’autonomie financière et bénéficiaire d’une concession de l’Etat, la CNABRL a pu construire le Canal, appelé ultérieurement Philippe Lamour, qui prélève par pompage ses eaux dans le Rhône pour les mener aux portes de Montpellier, sur la commune de Mauguio.

 

Ce canal peut véhiculer un débit de 60 m3/s tandis que le Canal des Costières, aussi alimenté par pompage, peut transiter 13 m3/s.

 

La CNABRL a ensuite progressivement installé ses réseaux d’irrigation sous pression, sur des territoires principalement agricoles, appelés « casiers », où elle a le monopole de la distribution d’eau brute.

 

En réalité, l’aménagement fut incomplet et se heurta à la résistance des agriculteurs, arc-boutés sur la monoculture de la vigne.

 

Encore aujourd’hui, il faut parler de surfaces potentiellement irrigables et de surfaces réellement irriguées, bien inférieures (exemple des 35.000 ha irrigués pour 120.000 ha équipés sur le périmètre du Sud de Nîmes desservi par le Canal des Costières, où l’agriculture diversifiée représente pourtant la plus forte demande en eau).

 

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 L'irrigation peut se pratique au canon, par asperseur,

voire même au goutte-à-goutte

 

En outre, la continuation du Canal Philippe Lamour pour mettre en valeur touristique le littoral au-delà de Montpellier fut abandonnée.

L’avenir de l’eau du Rhône est maintenant dans la potabilisation (transformation de l’eau brute en eau potable) pour faire face à la croissance démographique du Languedoc-Roussillon.

 

En 1993, la CNABRL, dont la culture était très technique et trop peu économique ou commerciale, a connu une grave crise financière qui a menacé son existence même.

 

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 Les châteaux d'eau de BRL marquent le paysage de la plaine du Bas-Languedoc

 

La Compagnie devint Bas-Rhône Languedoc (BRL) et créa des filiales, dont BRL Exploitation qui distribue l’eau et dont 49 % des parts furent acquises par une société fermière : la SAUR.

 

Les Collectivités locales, essentiellement la Région Languedoc-Roussillon, ont dirigé le sauvetage en souscrivant à l’augmentation de capital, cette dernière permettant de ramener les dettes à un niveau plus admissible.

 

D’autre part, le projet d’amenée d’eau à Barcelone (15 m3/s demandés en son temps) n’est maintenant plus d’actualité.

 

En tant que « projet d’entreprise » de grande envergure, fédérateur et enthousiasmant, ce défi technique et ce challenge humain a eu au moins le mérite de galvaniser, pendant un certain temps, les nombreux techniciens et ingénieurs de BRL.

 

Enfin, l’Etat a récemment rétrocédé à la Région Languedoc-Roussillon, actionnaire majoritaire de BRL, le Canal Philippe Lamour.

 

Actuellement, Bas-Rhône Languedoc utilise, en pointe, moins de 15 % de l’autorisation de prélèvement dans le Rhône alloué par l’Etat.

 

Ce droit d’eau concédé jusqu’en 2.035, égal à 75 m3/s, représente tout de même l’équivalent du débit d’étiage de la Seine ce qui donne une idée de l’abondance d’eau disponible, du moment qu’une utilisation économiquement viable est possible.

 

Pour l’instant, BRL livre en eau brute, à des fins de potabilisation, les villes de Nîmes, de Montpellier (dont l’alimentation repose cependant essentiellement sur la Source du Lez), une partie du littoral méditerranéen et, à des fins d’irrigation, principalement un vaste secteur nîmois mais aussi les secteurs de Lunel et de Mauguio.

 

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 Soutien de l'étiage du Lez (500 l/s) grâce à l'eau du Rhône,

au Domaine de La Valette, sur la commune de Clapiers

 

L’eau du Rhône est synonyme de grands travaux, de grands investissements et de grands financements.

 

Or, des opportunités locales, comme par exemple l’approfondissement du pompage dans la source du Lez, dont la faisabilité a été démontrée par le Professeur Jacques Avias, sont venues contrarier ce qui aurait pu apparaître comme une solution unique, radicale et miracle à la pénurie d’eau.

 

Toutefois, avec le changement climatique, le souhait de préserver les ressources en eaux souterraines comme les zones humides, le soutien de l'étiage des cours d'eau, la régression de la vigne, le développement du tourisme et la croissance démographique, l’eau du Rhône devient de plus en plus incontournable dans ce Bas-Languedoc en pleine mutation.

 

Avec le projet Aqua Domitia, la longue et lente marche de l’eau du Rhône vers l’Est semble d’ailleurs avoir reprise.

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 Le canal Philippe Lamour à l'Est de Baillargues, du côté de Saint-Brès

06/05/2010

1er Marché des Garrigues à Montaud

En lançant le 1er Marché des Garrigues, le Foyer rural de Montaud a réussi un coup de maître.

 

Près de 2.500 personnes ont afflué dimanche 25 avril dans le cadre fleuri de l’Espace Robert.

 

Joël Raymond, Président de ce Foyer rural, si important pour la vie culturelle et citoyenne de Montaud, pouvait être fier du résultat de l’investissement des bénévoles engagés dans l’opération.

 

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L'entrée de l'Espace Robert est bien gardée :

avis aux amateurs de promenade à cheval !

 

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Un nouveau maraîcher Bio installé à Montaud, sous son abri de cannisses

 

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Les maraîchers ont été dévalisés : il ne reste plus que des salades

 

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Distillation andalouse de plantes aromatiques Bio

cueillies sur nos causses et garrigues

 

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Le berger et ses pélardons descendus du Plateau de Carlencas

 

Les membres des associations de parents d’élèves, des chasseurs, du Comité communal feux de forêts Montaud-Saint-Bauzille de Montmel, du Comité des fêtes et « Les toujours jeunes » ont en effet largement contribué à la réussite de l’événement.

 

La Mairie de Montaud (représentée à l’inauguration par Pierre Combettes, son Maire) et la Communauté d’agglomération de Montpellier (représentée à l’inauguration par Yvan Pellet, son Vice-Président délégué à l’économie agricole et viticole, à la ruralité et aux traditions populaires) ont quant à elles apporté leur soutien financier et logistique.

 

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 Les discours inauguraux

 

Les visiteurs sont venus d’un périmètre élargi avec des habitants de Vendargues, Galargues, Castries, Buzignargues, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Drézéry, etc., etc.

 

L’arrivée du printemps a certes poussé les habitants à sortir mais c’est aussi le bouche à oreille qui a décidé certains à se déplacer.

 

En effet, le marché paysan proposé était constitué uniquement de producteurs et non pas de revendeurs dont l’origine des produits est souvent inconnues.

 

Le marché était volontairement équilibré entre :

 

-         artisans et agriculteurs bien établis (charcuterie, foies gras, fromages) venant des Hauts-cantons de l’Hérault, de la Lozère et de l’Aveyron, avec une offre très diversifiée, notamment en produits transformés,

 

-         petits agriculteurs locaux (vins coopératifs, apiculteurs, maraîchers), avec des produits de saison, notamment des plants de légumes et de petits fruits recherchés en ce milieu de printemps par les jardiniers amateurs.

 

Un tel marché est en effet l’occasion de ventes en circuit-court, de débouchés locaux pour des exploitants agricoles récemment installés.

 

En milieu péri-urbain, c’est cette rencontre entre producteurs et consommateurs qui permet le maintien d’une agriculture paysanne.

 

Car la spéculation foncière générée par l’urbanisation et de grands propriétaires, ayant tendance à maîtriser toujours plus de terres, laisse peu d’espace aux petits paysans.

 

Or, le maintien en place de ces derniers est pourtant vital, en terme d’emploi local et de lien social.

 

Ce 1er Marché des Garrigues respectait la déontologie du commerce éthique suivant le souhait du Foyer rural de Montaud et des deux associations départementales venues en soutien : Terres Vivantes, présidée par Michel Chastaing et l’Association des marchés paysans de l’Hérault (AMPH), présidée par Yves Martinot.

 

Ces deux organisations militantes ont aussi appuyé la création des marchés hebdomadaires de Grabels, Vailhauquès, Prades le Lez et prochainement Clapiers ainsi que la dynamique initiée par l’Association Croquelune sur le Lunellois.

 

Terres Vivantes et AMPH co-organisent aussi des événements attirant plus de 6.000 personnes chacun : la Grande Foire des floralies et de la petite agriculture à Maureilhan dans le Biterrois, la Grande Foire de la petite agriculture et du bien manger au Pouget dans le Centre-Hérault et le Festival de la Tomate à Clapiers dans la périphérie de Montpellier.

 

La question d’un marché hebdomadaire s’est posée à Montaud, dont la création est demandée par certains habitants.

 

Toutefois, la zone de chalandise possible (Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues, Galargues, Saint-Jean de Cornies, Saint-Drézéry, Montaud), avec moins de 5.000 habitants n’est pas propice à la pérennisation économique d’un marché de plein-vent pleinement satisfaisant, c’est-à-dire offrant de nombreux stands d’exposants.

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Le vannier en plein travail 

 

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La librairie engagée avec Jean Jaurès en toile de fond,

grand défenseur de la petite paysannerie

 

Qu’est-ce qui a fait le succès du 1er Marché des Garrigues.

 

C’est au-delà de l’excellence de ses exposants de produits alimentaires ou d’artisans d’art, la qualité de l’ambiance.

 

Cette dernière était très détendue, sans sonorisation tapageuse, avec des espaces réservés pour s’asseoir et discuter entre amis.

 

D'autre part, la restauration sur place permet toujours le regroupement des familles et la rencontre fraternelle entre inconnus.

 

Un espace réservé à la mémoire du village, regroupant des photos de classe et de la vie de tous les jours il y a quelques décennies, donnait encore plus de sens à ce plaisir collectif de se retrouver ensemble.

 

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L'espace mémoire du village devant lequel

générations jeunes et plus anciennes ont aimé échanger

 

En outre, le contact entre travailleurs de la terre et habitants du péri-urbain occasionne des échanges riches permettant une connaissance réciproque et une meilleure compréhension mutuelle.

 

Les promeneurs ont pu aussi flâner dans les rues de Montaud, beau village de l’arrière-pays dominé au loin par le château de Montlaur et les falaises de Saint-Bauzille de Montmel qui attirent tant d’amoureux de l’escalade.

 

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Au Nord, les falaises de Saint-Bauzille de Montmel

 

 

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A l'Est, les ruines imposantes du Château de Montlaur

 

 

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Gelées et sirops avec les plantes méditerranéennes de nos garrigues

26/04/2010

Un Pearl Harbor commercial et organisationnel

Le volcan islandais Eyjafjöll a semé le chaos dans le transport aérien.

 

Des similitudes frappantes viennent à l’esprit concernant le sinistre événement de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941.

 

Les Américains, sûrs de leur supériorité militaire et aérienne, croyaient leur flotte et leurs aéronefs intouchables, avec une base navale de Pearl Harbor à la pointe de la technologie.

 

Le grain de sable a été humain avec l’attaque japonaise.

 

De même, les Européens croyaient leurs avions commerciaux à l’abri d’une telle paralysie.

 

C’est un cataclysme naturel qui, cette fois, a sévi.

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Les réacteurs sont maintenant sensibles aux cendres volcaniques,

incomparablement plus que les hélices

 

 

Les compagnies aériennes européennes ont alors connu un Pearl Harbor commercial et organisationnel

.

Dans les deux cas, c’est le regroupement des flottes au même endroit qui a précipité l’incapacité à faire face.

 

D’un côté, toute la flotte américaine du Pacifique (exceptés 3 porte-avions) mouillait sur l’île d’Oahu tandis que les compagnies aériennes européennes massent leurs avions sur les aéroports de Londres, Paris et Francfort, etc.

 

En fait, les repas embarqués, la maintenance avancée des avions, les pilotes et équipages, sont centralisés sur Paris pour la France.

 

Un avion de compagnie française décollant du Soudan, de Malaisie, du Chili, d’Iran, etc., arrive d’abord de Paris avant de repartir.

 

Le Gouvernement français aurait donc dû donner l’ordre aux compagnies, dès l’aéroport de Londres atteint par le nuage de cendres volcaniques, d’évacuer les avions au sol à Paris.

 

Faute d’un déplacement vers les aéroports du Sud de la France, à l’abri du nuage, la flotte est restée inutile, clouée au sol.

 

L’ouverture de l’espace aérien, presque une semaine après sa fermeture, n’a permis un retour à la normale que pour les vols postérieurs à la date de réouverture.

 

Certains touristes français bloqués à l’étranger se demandent encore s’ils ne devront pas attendre le 1er mai, voire le 8 mai 2010 pour retrouver leur foyer.

 

En effet, une fois un vol annulé, le voyageur malchanceux est inscrit en liste d’attente des vols suivants et programmé sur un vol ferme ultérieur.

 

Si les vols suivants sont complets (c’est en général le cas jusqu’à la fin des vacances de printemps, en l’occurrence le 2 mai pour la « zone C »), la compagnie aérienne propose les premières dates disponibles plus tard.

 

Le stock de passagers français « en rade », initialement de 150.000, s’est ensuite amenuisé à 40.000, une dizaine de jours après la fermeture.

 

Le Gouvernement français a alors réagi en débloquant, enfin, un fonds de 1.000.000 € pour les situations humaines et sanitaires critiques, ce qui ne représente en moyenne que 25 € par naufragé du ciel !

 

Ces naufragés feront dont face presque exclusivement sur leurs propres deniers, s’ils en ont les moyens.

 

Alors, pourquoi le stock des laissés pour compte diminue-t-il si lentement ?

 

C’est qu’en fait, au-delà des vols supplémentaires qui ont constitué des bouffées d’oxygène très appréciées, les compagnies aériennes ont une organisation très rigide, non adaptée en temps de crise.

 

Quels que soient les événements, la gestion demeure lucrative et commerciale.

 

Il a été rarement proposé aux voyageurs d’atterrir en d’autres lieux que leur destination première alors même qu’ils pouvaient être intéressés.

 

La plupart du temps, un passager a dû rester sur un fauteuil de sa classe.

 

Enfin, les compagnies n’ont pas passé entre elles de contrats d’entraide ce qui aurait permis d’évacuer des passagers sur d’autres avions : l’égoïsme commercial a prévalu.

 

Le manque de préparation du Gouvernement français et des compagnies aériennes restera gravé dans les mémoires.

 

Il ne faut pas oublier que les compagnies aériennes ont cessé de vendre des billets pendant plusieurs jours et que beaucoup de voyageurs se sont découragés en annulant leurs déplacements sine die : le transport aérien sera donc durablement affecté par la défiance de nombreux Français.

 

Notre société ultra technologique est fragile : c’est indéniable.

 

Il nous faut donc acquérir une culture du risque : le Katla, 10 fois plus puissant que l’Eyjafjöll et voisin de seulement 10 kilomètres de ce dernier, n’est-il pas soupçonné d’une éruption prochaine ?

 

12/04/2010

Doublement de la RD 65 : du chantier à l’équipement structurant

La Route Départementale 65 contourne la commune de Montpellier au Nord, en reliant Celleneuve à Vendargues.

 

Elle permet à de nombreux habitants de Montferrier, Prades, Clapiers, Jacou, Teyran, Le Crès, Vendargues, Baillargues, Castries et de bien d’autres communes encore, de rejoindre les quartiers Nord de Montpellier où sont concentrés les emplois des facultés, des hôpitaux, des centres de recherche et autres technopoles.

 

Les étudiants, bien qu’essentiellement logés dans la capitale régionale représentent toutefois un flux additionnel sensible d’octobre à mars.

 

Qualifiée précédemment de « route des ronds-points » ou « route des bouchons », la RD 65 connaît des pointes moins marquées depuis la livraison des lignes 1 et 2 du Tramway.

 

En revanche, les embouteillages, certes moins sévères, sont maintenant présents dans les deux sens de circulation alors qu’ils concernaient auparavant presque exclusivement le retour, le soir, des habitants des villages.

 

Ce mouvement pendulaire est aussi nourri des déplacements d’agrément (courses, loisirs, visites familiales et amicales, ballades, départs en vacances, etc.).

 

Ce sont cependant les déplacements professionnels concentrés sur les mêmes horaires qui génèrent les pointes.

 

Le trafic de transit entre l’Autoroute A9 et l’Autoroute A 750 est, quant à lui, minoritaire.

 

Globalement, les tronçons les plus chargés de la RD 65 supportent un flux d’environ 25.000 véhicules par jour.

 

Le passage à 4 voies de la RD 65, lancé mi 2009 par le Conseil général de l’Hérault, vise à fluidifier le trafic, essentiellement local, tout en imposant une vitesse limitée (70 km/ en secteurs urbains et 90 km/h en rase campagne) compatible avec des objectifs de réduction du bruit et des émissions de CO2.

 

La RD 65 sera donc un boulevard urbain à 4 voies :

 

-         interrompu sur Montpellier par des carrefours à feux,

 

-         équipé de buttes ou de murs anti-bruit conformes aux nouvelles normes acoustiques,

 

-         doté de bassins de rétention destinés à préserver les eaux de la Mosson, de la Lironde, du Lez, du Salaison,

 

-         éclairé sur une grande partie de sa longueur,

 

-         bordé de trottoirs sécurisés faisant de cette voie une rue accessible aux piétons,

 

-         longé du début à sa fin d’une piste cyclable, à double sens et en site propre (sans croisement des voies de circulation), ouvrage très structurant en terme de concrétisation du schéma de cheminements doux.

 

La restriction de vitesse est obtenue par la création de voies relativement étroites.

 

Certains ont émis l’opinion que le doublement de la RD 65 allait constituer un « aspirateur à voitures » et même aux camions de transport international (sachant que le flux total de poids-lourds représente pour l’instant seulement 2 à 3 % du trafic).

 

Or, l’aménagement prévu n’a pas les caractéristiques autoroutières qui l’y destineraient.

 

C’est en revanche le cas pour le LIEN (Liaison intercommunale d’évitement nord), certes à 2 voies mais qui a vocation à capter le trafic de transit, notamment le transport de marchandises.

 

En effet, le LIEN, très souvent construit en déblais donc peu générateur de pollution sonore, est tracé dans la campagne à distance des zones habitées.

 

Cette liaison offrira le meilleur temps de transit entre l’A9 et l’A750, une fois le dernier tronçon manquant entre Saint-Gély du Fesc et Bel-Air réalisé.

 

Malgré les restrictions budgétaires, le LIEN pourrait être fini à l’échéance 2014 tandis que la RD 65 n’aboutira aux confins de Vendargues, Castries et de l’extrémité Est du LIEN pas avant 2016.

 

Le passage à 4 voies de la RD 65 constitue un chantier de plusieurs dizaines de millions d’euros nécessitant un phasage dans le temps car la circulation existante ne peut pas être interrompue.

 

La reprise du double rond-point d’Alco, devant le siège du Conseil général de l’Hérault et le Lycée Jean Monnet, débute à peine.

 

Le pont sur le Lez et la passerelle pour vélos l’accompagnant sont en revanche terminés.

 

Le passage inférieur au Fesquet, au droit de Clapiers, sera livré dans 18 mois et il faudra attendre sûrement davantage pour la livraison du passage supérieur au carrefour d’Agropolis et de Montferrier.

 

L’arrivée de la Ligne 5 du Tramway, vers 2017 (desserte de Clapiers, Montferrier et Prades), dans le cadre notamment de l’opération Campus, ouvrira la porte à une intermodalité voiture-Tram, via notamment des parkings de dissuasion.

 

Ce secteur deviendra ainsi la porte d’entrée privilégiée dans Montpellier de milliers d’habitants de la périphérie Nord, Nord-Ouest et Nord-est de la capitale régionale.

 

Avec l’émergence (lente) du covoiturage, le renforcement de la fréquence des lignes de bus, la livraison de la piste cyclable le long de la RD 65 et enfin l’inauguration vers 2016 de la ligne 4 du Tramway, c’est toute une panoplie de solutions de déplacements, plus en phase avec l’exigence de développement durable, qui sont devenus ou deviendront à moyen terme possibles.

 

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 Le second pont sur le Lez terminé

 

 

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 La passerelle à vélos presque prête à entrer en service

 

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 Un merlon végétalisable servant de butte anti-bruit

 

 

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Un bassin de rétention des eaux pluviales,

avec le clocher et la Médiathèque de Clapiers au loin

 

 

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Poésie de la jungle urbaine, avant le chantier, sous l'ancien pont

20/03/2010

Hérault Energies au service de la fée électricité

La fée électricité s’invite tous les jours dans nos foyers.

 

Qu’elle éclaire, qu’elle chauffe ou qu’elle fournisse la puissance nécessaire aux pompes et moteurs (machines à laver, matériels de bricolage, etc.), comme aux circuits électroniques (téléviseurs, matériels informatiques, etc.), sa disponibilité, nuit et jour, nous semble aller de soi.

 

Pourtant, il faut des machines, des hommes et de l’intelligence pour satisfaire ces besoins.

 

Tout le monde connaît Electricité de France (EDF) qui produit, achète et vend le courant mais peu de gens connaissent la Coopérative d’électricité de Saint-Martin de Londres (CESML) qui en fait de même sur un territoire héraultais constitué des communes d’Argelliers, Aspiran, Aumelas, Bélarga, Brissac, Buzignargues, Campagnan, Campagne, Cazevieille, Cazilhac, Causse de la Selle, Combaillaux, Fontanès, Garrigues, Grabels, Guzargues, Juvignac, La Boissière, Lauret, Mas de Londres, Le Triadou, Les Matelles, Montarnaud, Montaud, une partie de Montpellier, Murles, Murviel lès Montpellier, Notre-Dame de Londres, Paulhan, Pégairolles de Buèges, Plaissan, Popian, Puéchabon, Rouet, Saint-André de Buèges, Saint-Bauzille de la Sylve, Saint-Clément de Rivière, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Gély du Fesc, Saint-Georges d’Orques, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Buèges, Saint-Jean de Cornies, Saint-Martin de Londres, Saint-Pargoire, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Sauteyrargues, Valflaunès, Vailhauquès, Viols le Fort et Viols en Laval.

 

En outre, le rôle des communes (propriétaires en réalité des réseaux électriques) ou du syndicat Hérault Energies sont méconnus.

 

Idem pour le rôle d’Electricité Réseau Distribution France, ou ERDF (société créée le 1er janvier 2008 / filiale à 100 % d’EDF / gestionnaire de 95 % des réseaux d’électricité en France) qui intervient sur les réseaux pour les extensions, les renforcements, l’exploitation, l’entretien, les raccordements, les mises en service, les dépannages et les changements de fournisseurs.

 

Pour exploiter leurs réseaux, la plupart des communes héraultaises ont fait appel à un concessionnaire (EDF ou la CESML) puis ont délégué le contrôle de ce dernier à Hérault Energies (dit « autorité concédante » ou encore « autorité organisatrice de la distribution d’électricité »).

 

Ce syndicat mixte, créé par le Département de l’Hérault et d’autres collectivités territoriales, propose un accompagnement technique aux collectivités locales, essentiellement dans le domaine de l’énergie et de l’éclairage public.

 

Hérault Energies mobilise une équipe de 13 agents, dont plusieurs techniciens et ingénieurs.

 

Ce syndicat va fêter le 13 juillet 2010 son 30ème anniversaire.

 

L’objectif principal est de maintenir un service public de l’électricité de qualité, d’aider à la maîtrise de l’énergie et au développement des énergies renouvelables.

 

Toutefois, Hérault Energies propose aussi des compétences à la carte dans le domaine du gaz, des réseaux de chaleur et des réseaux de télécommunication.

 

Aujourd’hui, 317 communes (sur 343 que compte l’Hérault) adhèrent à Hérault Energies.

 

Autour de Montpellier, Campagne, Garrigues, Grabels, Juvignac, La Grande Motte, Lattes, Lavérune, Le Rouet, Pignan, Saint-Jean de Védas, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Georges d’Orques, Vailhauquès, Vendargues et Viols en Laval ont fait partie des dernières communes à rejoindre le Syndicat, lors de l’année 2008.

 

Suite aux élections municipales des 9 et 16 mars 2008, plus de 300 délégués (désignés par le Département de l’Hérault, les Etablissements publics de coopération intercommunale - EPCI - et les communes de l’Hérault) ont élu les 30 membres du Conseil syndical qui est l’instance délibérative d’Hérault Energies.

 

Un Bureau composé de 11 membres a reçu du Conseil syndical une partie de ses attributions.

 

C’est Michel Bozzarelli, Conseiller général du Canton de Béziers 3 qui préside Hérault Energies.

 

Comme dans tout syndicat intercommunal chargé d’un service public, une Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) a été constituée : elle est chargée d’écouter la voix et d’informer, d’une part, les usagers professionnels du service public de l’électricité, et d’autre part, les usagers individuels représentés par 5 associations de défense des consommateurs (en l’occurrence AFOC, ASSECO, CLCV, INDECOSA-CGT et UFC Que choisir).

 

Hérault Energies (suite au transfert de compétences des communes) a concédé, sur le long terme, la distribution publique de l’électricité à ERDF et à la CESML respectivement le 11 mars 1994 et le 5 décembre 1994.

 

ERDF dans l’Hérault, c’est environ 6.000 km de réseau basse tension (dont 50 % enterrés) et environ 5.000 km de réseau haute tension (dont 40 % enterrés).

 

La CESML, c’est environ 800 km de réseaux basse tension (dont 65 % enterrés) et environ 800 km de réseau haute tension (dont 40 % enterrés).

 

Une convention et un cahier des charges régissent les rapports entre autorité concédante et concessionnaire.

 

Hérault Energies tire ses ressources (environ 8 M€) de subventions du FACE (fonds d’Etat), des redevances de concession versés par ERDF et la CESML et de subventions du Département de l’Hérault.

 

Hérault Energies peut ainsi aider les communes et syndicats de communes, à hauteur de 8 M€, essentiellement les travaux d’électrification rurale mais aussi d’éclairage public et de réseaux de télécommunication.

 

Les réseaux électriques aériens ont bien entendu un impact paysager négatif.

 

De ce fait, la technique de l’enterrement se développe : pour les travaux neufs 2008, 90 % en agglomération, 60 % hors agglomération et 100 % en zone classée.

 

En outre, il subsiste encore des lignes à fil nu (environ 8 % du réseau ERDF) extrêmement sensibles aux aléas climatiques (surtout quand la section du fil est faible, soit sur 30 % du linéaire à fil nu ERDF dans l’Hérault) : leur résorption progressive est en cours.

 

Hérault Energies, au-delà des travaux d’extension et de branchements payés par les bénéficiaires, développe aussi un programme d’investissements, doté de 3 M€ pour renforcer le réseau, renouveler les tronçons vétustes et sécuriser les secteurs vulnérables aux aléas climatiques (givre, neige, vent).

 

Ce qui est recherché est bien entendu la qualité du service, avec 2 critères essentiels : la qualité de tension (elle doit rester dans la fourchette 207 à 243 volts) et le temps de coupure moyen annuel  par abonné (il est d’environ ¾ d’heure par an).

 

D’autre part, Hérault Energies subventionne les communes (environ 1 M€ par an) afin qu’elles améliorent leur éclairage public.

 

Ce sont surtout les petites communes qui bénéficient de ces incitations.

 

D’autres communes se font aider pour mettre en place des réducteurs de tension au cœur de la nuit qui permettent, tout en maintenant une bonne qualité d’éclairement, d’économiser 35 % d’électricité sur l’année.

 

Enfin, Hérault Energies a su anticiper le Grenelle de l’environnement en proposant depuis déjà plusieurs années des services très performants aux communes en matière de politique d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

 

Ainsi, en collaboration avec l’ADEME et le Conseil Général de l’Hérault qui participent financièrement, Hérault Energies conseille les élus locaux sur l’utilisation de l’énergie dans l’éclairage public et les bâtiments.

 

Tous les communes du département de l’Hérault peuvent bénéficier du « Conseil en orientation énergétique » (COE) : collecte de toutes les factures énergétiques et audit thermique des bâtiments.

 

Le « Conseil en énergie partagé » (CEP), service aux communes adhérentes au Syndicat, fournit des préconisations sur les travaux d’isolation nécessaires, sur les équipements de régulation thermique, sur le renouvellement des machines thermiques et sur les sources d’énergie renouvelables à développer.

 

Maîtriser l’énergie, c’est en effet pour les communes offrir plus de confort aux habitants et réduire les dépenses de fonctionnement.

 

En 2008, 15 COE, pour près de 30.000 m² de bâtiments et 30.000 habitants ainsi que 20 CEP, pour près de 65.000 m² de bâtiments et 30.000 habitants, avaient déjà été réalisé, preuve de la prise de la nouvelle conscience des élus locaux en matière de maîtrise de la consommation publique d’énergie.

17/03/2010

Une énigme solutionnée : celle du nom de la ville antique de Murviel-lès-Montpellier

Si Montpellier domine par son rayonnement tout le Grand Est de l’Hérault, Lattara (maintenant Lattes), le site du Castellas (sur la commune de Murviel-lès-Montpellier) Sextantio (aujourd’hui Castelnau le Lez) ou encore Maguelone (commune actuelle de Villeneuve les Maguelone) ont connu leur heure, et bien souvent leurs siècles, de gloire.

 

Ces villes se sont construites autour du pouvoir économique, du pouvoir religieux et du pouvoir administratif.

 

Concernant le site du Castellas, Patrick Thollard, Maître de conférences à l’Université Montpellier 3, le développement de cette ville antique s’explique par son rôle de chef-lieu administratif d’un territoire, durant une longue période à la charnière du début de l’ère chrétienne.

 

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 Le site du Castellas occupé en partie aujourd'hui

par les vignes et les chênes-verts

 

 

La concentration des pouvoirs crée et attire les notables, stimule l’urbanisation et pousse à la monumentalisation.

 

Si les notables partent alors la ville périclite.

 

C’est ce qu’il advient si l’autorité supérieure retire au chef-lieu ses prérogatives administratives.

 

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 Mur de soutènement construit en grand appareil

 

 

Or, le pouvoir central de Rome n’a cessé de réorganiser, de César à Auguste, la carte administrative de la Provincia Narbonnæ.

 

Dans le droit latin, subsistaient des territoires autonomes, aux frontières des colonies de Narbonne, Béziers et Nîmes.

 

Le site du Castellas était l’un de ces territoires autonomes.

 

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 Entrée du forum par un escalier de marbre blanc

 

 

Sa situation, en limite de la plaine et de la garrigue, comme Sextantio, permettait les échanges avec l’arrière-pays et le Massif Central.

 

Contrairement aux villes gallo-romaines investies dans l’agriculture, cette ville antique regroupait uniquement des activités artisanales, notamment de potiers (stockage des vins et de l’huile dans les dolia).

 

Au-delà du manque d’eau courante (des citernes d’eau de pluie nécessaires), de l’éloignement de la Via Domitia, c’est une restructuration administrative qui a scellé très vraisemblablement la disparition de la cité du Castellas.

 

Cette certitude acquise, les scientifiques, fouillant la ville antique, se posaient encore récemment la question de la date de l’événement déclencheur de cette décadence.

 

Cette question était importante car elle pouvait donner des indices en vue de découvrir le nom de cette ville.

 

En effet, Pline a relaté cette réforme territoriale datée des années 20 à 15 avant Jésus-Christ : 19 territoires ont été à cette occasion rattachés à d’autres, 43 sur 70 ont perdu leur autonomie tandis que 24 ont été rattachés à Nîmes.

 

Pline en bon historien, cite les territoires touchés par la restructuration ainsi que les autres conservant leur autonomie.

 

Le site de Murviel lès Montpellier appartenait forcément à la deuxième catégorie du fait de la découverte d’une table de mesures mentionnant le nom d’un édile (signe d’autonomie), soit C. Masclius Secundus édile (du patronyme gaulois de Masculus fraîchement romanisé).

 

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Vestiges mis à jour d'un forum et de ses colonnades

 

Il restait à trouver des écritures donnant un indice sur le nom de la ville antique.

 

Or, en 2009, des fragments d’une grande inscription furent découverts.

 

Le comparatif des quelques lettres identifiables rapprochées de la liste des cités de Pline permit à Patrick Thollard de conclure que les anciens habitants du Castellas s’appelaient « Samnagenses » et la ville soit Samnagum, soit Samnaga.

 

Pour le scientifique : « Il y a certes une grande satisfaction à découvrir un buste en bronze dans un grand fleuve mais aussi à résoudre une énigme historique ».

 

Les habitants de Samnaga(um), appelés Samnagenses, symbolisent ce vivre en paix, ce mélange des cultures, ce brassage des populations que nous continuons d’affectionner dans ce Midi languedocien, terre de passage et terre d’accueil.

13/03/2010

Grandeur et décadence du site du Castellas

La réforme judiciaire, récemment validée par le Conseil constitutionnel, et la réforme territoriale qu’essaie d’imposer le Gouvernement Fillon, malgré l’opposition de la majorité des élus locaux, démontre, s’il en était besoin, qu’une décision administrative peut faire ou défaire une ville, un département, une région.

 

La ville qui occupait le site du Castellas sur la commune de Murviel-lès-Montpellier a été elle-même la victime d’une réforme venue du pouvoir central alors qu’elle était au centre de son territoire, approximativement de la fin du 2ème siècle avant Jésus-Christ jusqu’au milieu du 2ème siècle après Jésus-Christ.

 

C’est bien une décision administrative qui est en effet la raison la plus probable de l’abandon de ce site florissant.

 

Le Castellas gouvernait un territoire autonome de la Colonie de Nîmes.

 

Cette ville antique possédait ainsi un sénat local et des décurions.

 

Pour découvrir aujourd’hui son histoire, l’avantage du site de Murviel-lès-Montpellier réside dans le fait qu’il est toujours resté, sans discontinuité, visible.

 

Il a donc toujours été connu et n’ayant pas été réoccupé par les nouveaux Murviellois, installés au XIème siècle, il est demeuré préservé.

 

Les premières fouilles ont été menées par la Société archéologique languedocienne et les objets découverts ont été collectés par le Musée languedocien à Montpellier.

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Les nouveaux Murviéllois, installés au XIème siècle,

ont élu domicile sur un autre site perché mais plus bas en altitude

 

 

Jean-Claude Richard, Chercheur au CNRS, dans les années 70, et Patrick Thollard, Maître de conférences à l’Université Montepplier3, dans les années 90 et jusqu’à aujourd’hui, ont approfondi les premières investigations.

 

Cette quête de connaissance a été accompagnée, sous l’égide scientifique, par des habitants passionnés et de jeunes bénévoles l’été.

 

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Vue d'une partie du site et pierres de construction extraites lors des fouilles

 

 

La colline du Castellas est à l’écart de la Voie Hérakléenne, devenue Voie Domitienne.

 

Des fortifications protégeaient 22 hectares d’agglomération, enserrant une ville qui connut même un développement extra muros.

 

Le perchement est caractéristique d’un oppidum, habitat traditionnel gaulois (occupation primitive, a priori, par les Volques Arécomiques, peuple gaulois de la Gaule narbonnaise).

 

Toutefois, suivant la formule de Patrick Thollard : « Chaque fois qu’on fouillait, plus on cherchait du Gaulois, plus on trouvait du Romain ».

 

Notamment, les collecteurs pluviaux, soigneusement répartis, trahissent un plan d’ensemble.

 

Un secteur des ruines, dit monumental, dont les fondations étaient visibles (les élévations ayant été détruites), a d’abord été interprété comme un temple : un édifice religieux de l’époque augustéenne dans le style de la Maison Carrée de Nîmes.

 

En fait, les dernières fouilles ont révélé qu’il s’agit d’un forum entouré de colonnes, desservi par un escalier monumental, en calcaire fin, extrêmement bien conservé.

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 Fouilles du secteur monumental, bien orienté au Sud, à l'abri de la colline

 

 

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Un escalier de marbre parfaitement conservé 20 siècles plus tard

 

Plus précisément, il y aurait eu au départ, fin du 2ème siècle avant Jésus-Christ, un monument tardo-héllénistique en grand appareil, agrémenté ensuite de colonnades dans les années 50 à 40 avant Jésus-Christ, complété et embelli enfin à l’époque augustéenne, d’un grand escalier, de pavements en mosaïque, de marbre sur les murs.

 

Ces éléments architecturaux symbolisent la période la plus faste du Castellas, mais en réalité, la durée de l’occupation humaine rend difficilement classable cette ville.

 

Elle possède aussi une enceinte gauloise entourant la ville haute.

 

Elle ne possède pas en revanche de tour, ni d’ouvrage défensif comme en sont équipés les oppida romains.

 

C’est le signe d’une continuité historique aboutissant à une culture gallo-romaine.

 

Ce qui certain toutefois, c’est que cette ville n’a pas péri par le fer (aucune trace d’invasion) mais par une décision administrative qui a déchu le site du Castellas de son autorité de capitale territoriale.

 

Aujourd’hui, à l’identique, les services publics fermés dans les petites villes privent ces dernières d’une partie de leur attractivité et les vouent à une lente mais inéluctable asphyxie.

10/03/2010

Les charbonniers du Nord de Montpellier

Le Foyer rural de Sainte-Croix les Quintillargues « Les Quintillades » a organisé pendant une décennie une manifestation « Lou Gabel », sur le thème de la garrigue et de la vigne.

 

Cette manifestation, en attirant de plus en plus de participants, a été victime de son succès et a donné envie au groupe de bénévoles qui l’animaient d’évoluer vers un autre événement tout public - « Lou Garou » - organisé au mois de mars (le dimanche 7 mars en 2010).

 

Ce dernier s’inscrit en pleine nature, dans le cadre typiquement méditerranéen du Bois communal du Mounié qui culmine à 325 m d’altitude, à la Suque.

 

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Le Pic Saint-Loup et l'Orthus vus du Bois du Mounié

 

Lou Garou, du nom occitan de la garance, plante tinctoriale, entend faire la promotion de tous les usages anciens de nos garrigues.

 

Sont mis en avant le charbon de bois, la chaux, les décoctions de plantes pour la teinture ou la fabrication de sirops, le bois pour se chauffer jusqu’au bois pour dessiner (fusain).

 

Sur un parcours à flanc de colline, au milieu des chênes-verts, des arbousiers, des chênes kermès, des lauriers et autres arbustes implantés sur des bancs de calcaire très durs, les bénévoles du Foyer rural accueillent les visiteurs sur des ateliers thématiques.

 

Ces bénévoles sont les ambassadeurs de la garrigue et des vieux métiers qui l’ont façonnée.

 

L’accueil est passionné et d’une grande convivialité.

 

Le visiteur emprunte un itinéraire balisé avec, comme viatique, une rando-fiche.

 

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Chênaie verte sur substratum calcaire et bois coupé au sol 

 

Le paysage se lit chemin faisant et les haltes permettent de s’instruire ou de cultiver ses connaissances des éco-systèmes forestiers et des vieux métiers.

 

Les travailleurs étaient jadis fort nombreux en forêt.

 

Le bouscatier est le forestier qui, par son bûcheronnage, a conduit la végétation naturelle à une chênaie verte qui ne s’est pas dégradée en garrigue et qui n’a pas été conquise par le pin d’Alep, espèce allochtone plantée par les grands propriétaires fonciers, demeuré dans la vallée.

 

Le chaufournier a laissé en vestige un four à chaux creusé dans la pente et dont le mur de soutènement a été exhumé par les fouilles des bénévoles.

 

Le charbonnier a été celui qui a marqué le plus les lieux de son empreinte.

 

En effet, si le chaufournier mobilisait une trentaine de stères de bois, c’était souvent pour son usage personnel, à l’occasion de la construction d’une habitation, souvent mixte avec des pièces dédiées à ses activités artisanales ou paysannes.

 

La production de chaux était donc exceptionnelle tandis qu’au contraire, celle de charbon de bois était récurrente, les coupes du chêne-vert et de l’arbousier intervenant régulièrement tous les vingt ans environ.

 

Le charbonnier soit achetait la coupe sur pied et écoulait le charbon de bois, soit était rémunéré par le propriétaire forestier en fonction de la quantité de bois carbonisée.

 

Le charbonnier, autochtone, ensuite saisonnier descendant du Massif central et par la suite Italien, vivait durant la saison de production, c’est-à-dire essentiellement l’été, en forêt.

 

Les cabanes ceinturées de pierres calcaires étaient couvertes de ramures de chênes et leur ouverture toujours dirigée vers la meule, ou dite encore charbonnière, afin de surveiller la cryogénisation lente. 

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Cabane servant d'abri aux travailleurs des bois implantée face au centre d'une charbonnière

 

Les hommes seuls ont été progressivement rejoints par les femmes et les enfants.

 

Le charbon de bois constituait le combustible des forges et des verreries, car sa capacité calorifique était très importante.

 

Il ne fut remplacé que par le charbon de terre, c’est-à-dire la houille, notamment exploitée en mines profondes dans les Cévennes ou dans les Hauts-Cantons de l’Hérault.

 

Le charbon de bois, réduit en volume d’un facteur 5, était facilement transportable à dos de mulets sur des chemins pas toujours carrossables.

 

Chaque charbonnière, alimentée par la coupe à blanc de la forêt, concentrait le bois prélevé dans un rayon d’une trentaine de mètres, soit une dizaine de stères.

 

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Stockage "aérien" et au sol d'une partie de coupe

 

Le bois du Mounié est donc parsemé de charbonnières dont certaines sont parvenues jusqu’à nous (replat circulaire avec ou non le vestige d’un abri bâti).

 

Un réseau dense de sentiers muletiers, avec des tracés principaux et des boucles secondaires, desservait l’ensemble de ces charbonnières.

 

Une meule est construite avec des troncs et des branches souvent coupés en hiver, dressés suivant un plan précis, ménageant notamment une cheminée centrale.

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Coeur de la charbonnière au début de sa construction

 

L’amas de bois est échafaudé avec plusieurs couronnes de bois posé verticalement avant d’être recouvert de terre, carapace faisant obstacle au passage de l’air.

 

Cette enveloppe imperméable va s’affaisser au fur et à mesure de la transformation du bois en charbon ce qui nécessite son remodage permanent de la part du charbonnier.

 

C’est par la cheminée centrale que sont introduites les braises permettant la mise à feu et que la flamme se diffuse pour porter le feu dans toute la masse de bois entreposé.

 

Une fois la température de 500 °C atteinte dans le dôme de la meule, l’obturation de la cheminée prive la combustion d’un trop grand apport d’oxygène et permet l’œuvre lente de la pyrogénisation.

 

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Meule en fin de carbonisation au premier plan

et ébauche de meule au second plan

 

Le charbonnier maîtrise l’art du feu, sait réguler l’apport d’air, lit dans la couleur de la fumée (blanche au départ car fortement chargée de vapeur d’eau, chaude tant que les goudrons n’ont pas totalement disparus et grise une fois le charbon de bois prêt) l’avancement de la fabrication.

 

Quatre à six jours pour une meule, la surveillance et la vigilance du charbonnier doivent être constantes : une inflammation des charbons de bois encore chauds conduiraient inéluctablement vers un amas de cendres.

 

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Après refroidissement, la charbonnière livrera sa production de charbon de bois

 

Utilisé pour alimenter les véhicules au gazogène durant la Deuxième Guerre mondiale, le charbon de bois est toujours le combustible majeur des familles paysannes dans les pays du Tiers-Monde.

 

En France, le gaz naturel et l’électricité arrivés précocement dans les villes, il y a souvent déjà 100 ans, ont relégué le charbon de bois à des usages domestiques marginaux, tout en remplaçant les sarments (lou gabel !) dans les barbecues (mot d’origine certifiée non occitane !).

 

Le charbon de bois a permis les premières métallurgies, notamment celles du Midi, avec les civilisations du Chalcolithique (« âge du bronze ») puis de celles, légèrement antérieures à la période historique, de l’« âge du fer ».

 

Merci au Foyer rural de Sainte-Croix de Quintillargues de faire revivre nos racines avec cette - fort réussie - manifestation d’éducation populaire : « Lou Garou ».

30/01/2010

Cap Alpha : un fleuron de la création d’entreprises à Clapiers

La création d’entreprise est friande de « business success story », cette présentation du chemin parcouru par des « entrepreneurs partis de rien », en réalité partis d’une idée.

 

La croissance de Cap Alpha est elle-même l’histoire d’un succès.

 

Créé en 1987, cet incubateur veille à la gestation puis aux premiers pas d’entreprises innovantes spécialisées dans le domaine de la santé et de l’environnement.

 

Il a été implantée à Clapiers, en marge du pôle Agropolis, pas très loin de l’Institut de l’audiovisuel et des communications en Europe (IDATE).

 

Le cadre verdoyant et préservé de Montpellier-Nord se prêtait particulièrement bien à l’accueil de diplômés, de cadres, de chercheurs et de créateurs.

 

Depuis sa création, le Centre européen d’entreprise et d’innovation (CEEI), englobant d’abord Cap Alpha puis Cap Omega, née en 2004, sur le parc Eurêka du Millénaire à Montpellier et, maintenant Cap Gamma, spécialisée dans les biotechnologies avancées, aura accompagné 445 entreprises et permis la création de 3.700 emplois.

 

Pour couronner son ascension, le CEEI de Montpellier Agglomération a reçu, en avril 2007, à Seattle (Etats-Unis), deux prestigieux prix, ou « awards », décernés par la National business incubation association (NBIA).

 

Il s’agit du titre de « Meilleur incubateur mondial de l’année toutes catégories confondues ».

 

En 2008, le CEEI de Montpellier Agglomération est devenu le « Business and innovation center », ou B.I.C., afin d’obtenir une meilleure visibilité à l’International.

 

Le CEEI concerne la partie accompagnement (conseils individualisés et formation) des projets de création tandis que les pépinières, disséminées sur tout le territoire de l’Agglomération de Montpellier, sont la partie « hébergement ».

 

De plus, des entreprises peuvent être accompagnées sans être hébergées.

 

Enfin, l’accompagnement est gratuit pendant la phase de pré-création.

 

23 ans après sa construction le bâtiment clapiérois, conçu par le grand architecte Emmanuel Nebout, méritait une cure de jouvence.

 

C’est le même homme de l’art qui a été choisi à cet effet, après concours.

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Une requalification fonctionnelle de grande qualité

(Source : Atelier d'architecture Emmanuel Nebout)

 

La requalification « Green Tech » de cet équipement permettra un meilleur accueil des créateurs, notamment grâce à des technologies de communication dernier cri.

 

Les nouvelles normes environnementales seront respectées : utilisation de matériaux naturels comme le bois, parcs à vélos, tri sélectif, végétalisation des façades, couverture avec 550 m² de panneaux photovoltaïques, haute performance thermique et sobriété énergétique au niveau du chauffage, de la climatisation et de l’éclairage.

 

Le nouveau bâtiment, pour un coût de 3,2 M€ (dont 0,6 M€ pour le photovoltaïque), sera donc exemplaire en matière de développement durable.

 

La "première pierre" a été posée en janvier 2010 et la livraison de l'équipement interviendra en mai 2011.

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Georges Frêche, Gilbert Pastor et Anne-Yvonne Ledain

rappelant les enjeux et l'histoire de Cap Alpha 

 

Cap Alpha va donc continuer à accompagner des entreprises dans la biotechnologie : modélisation agronomique, production de biocarburant à partir de bactéries, lombriculture, etc.

 

Les créateurs sont unanimes : ce qui compte le plus pour la réussite de leur challenge, ce n’est pas l’argent mais la qualité de l’environnement humain, des conseils prodigués et des services offerts.

 

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De nombreux créateurs d'entreprises présents devant

l'emblématique symbole des bâtiments publics clapiérois :

la pyramide (présente au Collège et au Complexe sportif)

 

Décidément, Cap Alpha fut une riche idée pour le développement du Grand Montpellier.

21/01/2010

Montaud chauffe son école au bois

Les municipalités sont confrontées à des contraintes financières du fait du désengagement de l’Etat (réduction de la Dotation Globale de Fonctionnement), des renforcements de normes concernant les bâtiments publics (sécurité incendie, gaz, électricité), des exigences plus fortes de la réglementation quant à l’accessibilité, de la voirie et des bâtiments ouverts au public, aux personnes à mobilité réduite, et enfin, des augmentations de charges, notamment les coûts de l’énergie.

Certaines équipes municipales ont compris que les investissements dans les énergies renouvelables et la performance énergétique étaient un facteur d’économie.

 

C’est notamment le cas de la Municipalité de Montaud qui vient d’installer une chaudière à granulés de bois pour chauffer un des bâtiments de son école primaire (deux étages avec 3 salles de classe et 270 m2).

 

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Panneau signalétique de l'installation

Cet équipement a été supervisé par le Maire, Pierre Combettes, son Premier Adjoint, Joël Combettes, et son Troisième Adjoint, Joël Raymond.

 

La Commune de Montaud a bénéficié des conseils éclairés de l’Agence locale de l’énergie (ALE de Montpellier) et de l’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR 34).

 

L’investissement s’élève à environ 22.000 € TTC (dont approximativement 4.000 € pour la construction de la dalle et du bâtiment abritant le silo de stockage).

 

La Commune de Montaud récupère la TVA au bout de deux ans (l’Etat restituant, après ce délai, cette taxe, dans le cadre du Fonds de Compensation de la TVA) et a bénéficié de subventions de la part :

- du Conseil général de l'Hérault (environ 4.000 €),

- de l’ADEME et de la Région Languedoc-Roussillon, au travers du programme Prométhée sur les énergies renouvelables (environ 8.000 €).

 

Les granulés (ou pellets) sont faits de petits cylindres de bois reconstitué à partir de sciure.

 

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 Granulés de bois et trousseau de clefs pour donner l'échelle 

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Appenti abritant le silo vertical, en textile, contenant les granulés de bois

Cette sciure est récupérée dans les scieries, les menuiseries, les ébénisteries et dans d’autres industries du bois.

 

Elle est issue de bois non traité, séchée puis compressée sans additif.

 

La performance énergétique de ce type de combustible, supérieure à celle du bois bûche ou de la plaquette forestière, est liée à sa faible teneur en eau.

 

Les granulés de bois sont livrés par camion citerne : ils sont soufflés dans un silo d’une capacité de 5 m3 (soit les besoins d’une saison de chauffe pour un hiver normalement rigoureux) grâce à une manche à air.

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Gaine d'alimentation du silo de granulés de bois

Le silo n’a donc pas besoin d’être situé en bordure d’une voie de circulation.

 

Il est vertical, constitué d’une membrane en textile, et implanté dans un local indépendant de celui de la chaudière ce qui évite tout risque d’incendie.

  

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Vue générale de la chaudière (à gauche)

et de sa réserve en granulés de bois (à droite) 

Les granulés s’écoulent gravitairement et sont ensuite transportés automatiquement, une ou deux fois par jour, vers la réserve propre à la chaudière, par soufflage dans une gaine : ce transfert passe par une vis sans fin, dont la vitesse de rotation règle la quantité de combustible et donc l’intensité de la flamme.

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 Panneau de commande de la chaudière bois

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Vue du foyer de la chaudière, avec au premier plan, son cendrier

Les chaudières bois utilisent maintenant les dernières technologies, notamment l’électronique, et la combustion est quasi parfaite :

-         la quantité de cendres est extrêmement réduite (à Montaud, l’employé municipal vide le cendrier toutes les quinzaines par précaution mais le fabricant préconise une fréquence mensuelle),

-         les émissions de polluants (très variés dans le cas d’une cheminée à foyer ouvert) sont réduits à leur plus simple expression et très au dessous des normes officielles (tant au niveau des gaz que des particules),

-         le fonctionnement est entièrement automatique, la chaudière s’approvisionnant et se régulant elle-même sur les instructions consécutives aux mesures provenant d’un thermostat d’ambiance.

 

En faisant le choix de la chaudière à granulés de bois, l’équipe municipale de Montaud a relégué l’utilisation du fioul au passé.

 

Dorénavant, l’école ne craint plus ni odeur, ni salissure, liées au chauffage.

 

Sur le plan énergétique, 2 kilogrammes de granulés de bois équivalent à 1 litre de fioul ou encore à 1 m3 de gaz naturel (non disponible à Montaud).

 

Un m3 de granulés possède une masse de 650 kg.

 

Sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, le bois libère une énergie renouvelable.

 

En effet, la combustion du bois s’inscrit dans un cycle court du carbone : puisqu’en coupant des arbres, c’est-à-dire en régénérant les forêts, ces dernières rajeunissent, voient leur croissance stimulée et finalement leur fonction de piégeage du carbone développée (en fixant du CO2 et en dégageant de l’O2, les forêts en croissance constituent d’excellents puits à carbone).

 

Les ratios d’émission de CO2, fixés par l’ADEME, pour la France, sont d’ailleurs les suivants :

-         0,084 kg de CO2 par kWh d’électricité,

-         0,300 kg de CO2 par kWh de fioul,

-         0,234 kg de CO2 par kWh de gaz naturel,

-         0,013 kg de CO2 par kWh de bois.

 

Pour chauffer avec du fioul, 2.000 à 2.500 litres étaient nécessaires tous les ans (soit  l'équivalent de 20.000 à 25.000 kWh).

L’équipe municipale a bien pris soin de faire poser à l’école, préalablement au renouvellement de l'installation de chauffage, des fenêtres à double vitrage, à rupture de pont thermique. Le gain communément admis pour ce type d’investissement est de l'ordre de 15 %.

 

En outre, le rendement de la nouvelle chaudière est meilleur, tant et si bien que les nouveaux besoins thermiques s'élèvent à seulement 15.000 kWh, couverts par 3,5 tonnes de granulés.

Financièrement, le coût « entrée chaudière » du kWh de granulé de bois en vrac est stable aux alentours de 0,05 € tandis que celui du kWh de fioul est très volatil : 0,085 € en moyenne en 2008 avec une oscillation entre 0,055 € et 0,105 € !

 

La Commune de Montaud a signé un contrat d'approvisionnement de 3 ans avec un fournisseur pour encore plus de sécurité sur le prix.

 

Globalement, si l’on prend comme référence l’année 2008, la Commune de Montaud devrait faire une économie annuelle de l’ordre de 1.000 € (soit plus de la moitié du coût antérieur du chauffage).

 

Sur le plan du développement local, les granulés de bois ne viennent jamais de très loin, contrairement aux énerges fossiles.

 

Les emplois sont donc créés localement.

 

Le bois des Pyrénées, de la Montagne Noire, de l’Espinouse, de l’Escandorgue ou des Cévennes, est valorisé, et au-delà nos forêts méditerranéennes.

 

C’est tout à l’honneur des élus Montaudois d’avoir fait un pas important en direction de la sobriété énergétique (isolation thermique de l’école) au-delà du pas en direction des énergies renouvelables (équipement avec une chaudière au bois).

 

En tenant compte des économies budgétaires réalisées par la Commune et de l’amélioration du bien-être des enfants de l’école (comme des autres usagers), l’équipement avec une chaudière à granulés de bois s’inscrit véritablement dans une logique de développement durable.

05/01/2010

Sommet de Copenhague : l’écologie contre l’humanisme

La Conférence de Copenhague a donné au Monde un spectacle pathétique.

 

Un cénacle de pays riches a confisqué la décision, après ce qui est apparu, a posteriori, comme une parodie de débat international.

 

Aucun accord proprement dit n’a été obtenu puisque les pays pauvres, écartés au dernier moment, se réservent le juste droit de ne rien parapher et donc de refuser d’approuver la déclaration finale.

 

L’égoïsme des pays riches a éclaté au grand jour.

 

Le « principe de Copenhague » est dorénavant synonyme de : « Après vous, je vous en prie », ou encore, « Après moi, le déluge ».

 

Il n’y a, en réalité, rien à attendre des institutions internationales.

 

Beaucoup de lobbies étaient présents à Copenhague : des pétroliers, des industriels du plastique, des exploitants de mines de charbon, etc. : d’eux, il n’y avait rien à espérer de positif.

 

Beaucoup d’organisations écologistes étaient aussi présentes à Copenhague, fortes de leurs actions passées : dénigrement des ampoules basse consommation, champ éolien empêché par ici, éco quartier retardé par là pour cause de forte densité ou de fort taux de logement social, usine de méthanisation critiquée par ici, ligne ferroviaire à grande vitesse freinée par là, sans que la liste de ces « exploits » ne soit close, tant l’imagination des « défenseurs de la nature » est prolifique, du moment que l’équipement ou l’aménagement touche leur voisinage.

 

Il était ainsi très difficile de demander aux autres de faire quand, soi-même, on fait obstruction à des réalisations, certes imparfaites, mais qui ont au moins le mérite d’innover et d’exister.

 

L’échec retentissant de Copenhague, c’est aussi celui de la « religion du CO2 » qui commence sérieusement à lasser nos concitoyens.

 

Il n’y a pas que le climat dans la vie : voilà la prise de conscience de l’"Après-Copenhague" !

 

Il y a même des sujets franchement plus importants et plus urgents à traiter.

 

Quand on pense que les gouvernements sont dans l’incapacité de réunir un sommet mondial pour tenter de résoudre la famine, la malnutrition et la misère dans le Monde !

 

Quand on pense que les gouvernements sont dans l’incapacité d’infléchir la courbe de mortalité infantile, de juguler les grandes maladies endémiques, de redresser l’effondrement du taux d’alphabétisation, de lutter contre le travail des jeunes enfants !

 

Mais qu’en revanche, sous la pression de groupes écologistes et scientifiques, ces mêmes gouvernants sont capables de se réunir pour le climat, et le climat seulement !

 

L’urgence n’est-elle pas aujourd’hui, tout simplement, de tendre la main aux êtres humains en détresse ?

 

D’ailleurs, ces actions qui relèvent du social, de l’humanisme, passent par le développement durable et donc des actions qui contribueront à modérer les consommations d’énergie, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc à terme contribueront à limiter le réchauffement climatique.

 

Mais il semble que le problème du développement humain a été pris à l’envers à Copenhague : « par le petit bout de la lorgnette ».

 

Tout échec est toutefois bon à quelque chose : si les gouvernements ne font pas, c’est aux organismes non gouvernementaux, aux entreprises, à l’économie sociale (mutuelles, coopératives, associations), aux collectivités locales et aux individus d’agir.

 

De toute manière, si un accord raisonnable avait été obtenu à Copenhague, ce sont bien les citoyens qui auraient dû agir.

 

C’est le front des citoyens qui est à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Oui, Copenhague nous a fait prendre conscience que chaque individu, chaque collectivité locale, a le devoir de faire ce que les gouvernants sont dans l’incapacité de décider, a le devoir d’être à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique.

 

Tout agent économique peut se comporter en humaniste éco responsable.

 

Si certains ont les moyens d’investir (ampoules basse consommation, isolation des bâtiments, appareils ménagers et de chauffage moins gourmands en énergie, véhicules propres, etc.), tout le monde a la possibilité de réduire sa consommation (réducteur de débits sur les robinets, renouvellement plus lent de ses biens, attention portée à la limitation de ses déplacements, etc.) et ses gaspillages (tri sélectif des ordures, achats compulsifs, achats de biens et services à forte composante en énergies fossiles, etc.).

 

Agissons localement, dans une République décentralisée, en citoyens responsables et, collectivement, nous irons, pour notre propre bien, vers un Monde qui permettra un avenir aux autres habitants de la Planète, moins favorisés que nous.

28/12/2009

L’arbre du Paradis : le Moringa oleifera

En cette période Noël, nous bénéficions des bienfaits et des plaisirs du chocolat, produit tropical emblématique.

 

C’est aussi une période, plutôt dédiée aux vacances et au repos, propice à la solidarité et à la générosité.

 

Noël, c’est aussi l’espoir d’une vie meilleure pour nos frères de ce Monde.

 

Aussi, vais-je vous compter l’histoire d’associations qui se mobilisent en Afrique pour lutter contre la malnutrition au Niger, au Burkina-Faso, au Togo et au Bénin, en faisant la promotion d’un autre arbuste tropical qui n’est pas le cacaoyer, qui est une plante vivrière et non une culture de rente.

 

Les déficits nutritionnels chroniques touchent les jeunes de la région sahélienne ou des périphéries des grandes villes de la côte atlantique : ils compromettent l'avenir physique et intellectuel de cette jeunesse.

 

C’est pourquoi, quatre associations du Gard et de l’Hérault, Agronomes et vétérinaires sans frontières (www.avsf.org), Silva (www.silva-riat.fr), Res publica (www.respublica.asso.fr) et Microfel (microfel.blogspot.com), s’intéressent au développement du Moringa oleifera.

 

Cet arbuste, originaire d’Asie, est appelé « arbre du Paradis ».

 

Il est facile à cultiver car quasiment spontané en Afrique de l’Ouest.

 

Ses feuilles peuvent être consommées par les animaux d’élevage, mais aussi et surtout, par les hommes, en frais ou une fois séchées pour être transportées.

 

Les feuilles de cet "arbre légume" ont un goût intermédiaire entre l’épinard et le chou.

 

Cet « arbre miracle » génère des coûts de production nuls contrairement à la spiruline artisanale (algue bleue) qui nécessite un bassin d’eau à pH contrôlé.

 

Le Moringa oleifera constitue un complément alimentaire de grande qualité.

 

100 grammes de feuilles fraîches apportent l’équivalent de :

- en calcium, l’équivalent d’un verre de lait,

- en vitamine C, autant qu’une orange ou qu’une mangue,

- en fer, plus que 100 g de bœuf ou que 100 g de lentilles,

- en vitamine A, plus qu’une carotte,

- en protéines, plus qu’un œuf.

 

La culture de cet arbuste est traditionnelle en Afrique de l’Ouest, depuis son introduction depuis l’Inde au XVème siècle, mais la désertification et les migrations en ville contribuent à faire perdre sa mémoire.

 

Cueilli comme le thé, cet arbre maraîcher est reproduit par bouture. Il entre en production en quelques mois et supportent des conditions de sol et de climat hostiles. Il peut servir de haies autour des cases.

 

Il est recommandé d’utiliser deux variétés complémentaires pour avoir des feuilles toute l’année : l’une, issue du Sahel, perdant son feuillage durant la saison sèche et l’autre, issue des zones côtières, au contraire, durant la saison des pluies !

 

Le collectif des quatre associations sus nommées a effectué en 2009 un voyage d’études dans les quatre pays sahéliens et côtiers cités.

 

L’objectif du programme de coopération qu’elles souhaitent mener à bien comprend :

-         la multiplication du végétal dans des pépinières,

-         la plantation des arbustes par les habitants,

-         le développement des usages de la feuille (cuisine et éventuellement séchage et broyage dans des moulins à maïs).

 

Ce type d’action nécessite pour être bénéfique une grande technicité, une présence de techniciens sur place, des relais dans les différents villages concernés et surtout un état d’esprit humaniste, faisant une grande place au respect et à l’écoute des populations locales.

  

Ce sont les « petites » initiatives qui font les grands développements.

 

Globalement, le Moringa oleifera permet de lutter contre la pauvreté en offrant une ressource alimentaire abondante, d’améliorer la sécurité alimentaire notamment en période de « soudure » (quand les greniers sont vides avant la nouvelle récolte) et de contribuer à la lutte contre la désertification grâce à la constitution d’un couvert végétal.

 

Pour mémoire, il existe aussi des expériences de cultures de baobabs maraîchers, conservés petits, et dont on cueille les feuilles, comme pour l’arbre du Paradis !

 

Comme quoi : « Small is beautiful ».

01/12/2009

Le débat public sur la nouvelle Ligne à Grande Vitesse Montpellier-Perpignan

La construction d’une seconde ligne ferroviaire entre Montpellier et Perpignan, retardée plusieurs fois sous la Présidence de Jacques Chirac, a été relancée en octobre 2007 à l’occasion du Grenelle de l’environnement.

 

Le train est en effet un mode de transport plus durable que la voiture ou le camion. Il est largement en tête pour la consommation énergétique au passager.kilomètre transporté et pour les émissions de CO2.

 

Déjà en 1995, un tracé précis (bande de 100 mètres) avait été arrêté et qualifié de « Projet d’Intérêt Général » en 2000.

 

Les caractéristiques de ce tracé, notamment par ses pentes, excluaient la mixité du trafic, c’est-à-dire la coexistence des trafics voyageurs et fret.

 

Sur la ligne devant relier la Vallée du Rhône (TGV Méditerranée) à Barcelone, la déviation Nîmes-Montpellier en est cours et celle de Perpignan-Figueras sera terminée prochainement.

 

Un débat public a été organisé du 3 mars au 3 juillet 2009, par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP).

 

Ce débat a mobilisé 3.500 participants lors de 12 réunions publiques, suscité environ 2.000 questions, 700 avis, 18.000 connexions sur le site Internet, 80 cahiers d’acteurs (collectivités territoriales, chambres consulaires, syndicats, associations de défense de l’environnement, etc.) et 5.600 articles de presse.

 

Concernant ce projet de nouvelle Ligne à Grande Vitesse, 5 questions étaient posées pour nourrir la concertation.

Première question : Faut-il, ou non, construire une ligne nouvelle ?

 

La réponse est « Oui », à la quasi unanimité des acteurs, les retards pris étant en général stigmatisés.

 

Deuxième question : Faut-il une ligne voyageurs seulement, voyageur-fret ou fret, avec ou sans grande vitesse, pour cette option ?

 

C’est le scénario alliant mixité et grande vitesse qui est le plus souhaité (collectivités territoriales et public).

 

Certes, c’est l’option la plus coûteuse, avec la nécessité d’un financement des collectivités territoriales, mais c’est celui qui répond le mieux aux enjeux sur le long terme.

 

Dans cette hypothèse, les trains de voyageurs se déplacent à 300-320 km/h et les trains de marchandises à 120 km/h.

 

Les édiles socialistes ont soutenu le scénario de la ligne mixte à grande vitesse.

 

Les écologistes, de leur côté, ont « ménagé la chèvre et le chou » et plaidé pour une solution de court terme : c’est-à-dire une vitesse limitée à 220 km/h, pénalisante sur le plan économique et en terme de concurrence avec l’avion.

 

Troisième question : Quels couloirs de passage et quelles précautions ?

 

Le couloir Sud proche, du tracé de l’A9, est préféré par les acteurs à un tracé Nord.

 

Il faudra protéger des espaces naturels, le patrimoine et la biodiversité, ne pas aggraver les effets des inondations, prévenir le bruit et protéger la viticulture de qualité.

 

Ces contraintes lourdes sont légitimes pour un équipement qui se veut, et se doit, d’être durable.

 

Quatrième question : Faut-il utiliser les gares actuelles des centres villes ou en créer de nouvelles ?

 

C’est un sujet polémique avec des opinions contraires.

 

Le public demande des gares facilement accessibles, en voiture ou par transport en commun.

 

Le projet envisageait plusieurs sites de gares dans les secteurs de Perpignan, Narbonne, Montpellier et Nîmes.

 

A Montpellier, une gare nouvelle est incontournable du fait de la saturation de la gare SNCF Saint-Roch.

 

La Communauté d’agglomération de Montpellier a choisi une implantation au Sud-Est, sur le site de la Mogère qui sera relié à la gare centrale par le Tramway.

 

La Ville de Sète aurait, quant à elle, préféré une nouvelle gare à Saint-Jean de Védas, à proximité du nœud autoroutier.

 

Une localisation à l’Est de Montpellier n’est pas neutre vis-à-vis de tous les villages du secteur dont l’attractivité se verra renforcée.

 

Techniquement, la multiplication des gares entraîne des temps de trajet supérieurs (un train met en effet 15 km pour atteindre sa vitesse de croisière).

 

En outre, pour la SNCF et ses concurrents, un arrêt ne se justifie que si la clientèle est suffisante.

 

Les écologistes ont préconisé des arrêts systématiques en centre ville ce qui rajoute un retard proche d’un quart d’heure, à chaque arrêt, à la lenteur, de l’option 220 km/h qu’il ont appuyé en parallèle.

 

 

En effet, un arrêt en centre ville « coûte » 20 minutes contre seulement 7 minutes dans une nouvelle gare.

 

 

Cinquième question : Quel financement ?

 

 

Un financement, indicatif et approximatif, est évoqué :

-         25 % RFF (le propriétaire des lignes) et SNCF (l’exploitant),

-         40 % Etat (principal bailleur de fonds dans ce type d’infrastructure d’intérêt national et même européen),

-         25 % Collectivités territoriales,

-         10 % Union Européenne.

 

 

Un renchérissement des billets est envisagé par la SNCF comme quand le TGV s’est substitué, sur certaines lignes, au Train Corail.

 

 

Cette phase de concertation terminée, le maître d’ouvrage, Réseau Ferré de France (RFF), doit maintenant arrêter un projet tenant compte des enseignements du débat public, obtenir les autorisations préfectorales, acquérir les emprises foncières (ce qui va être un soulagement pour les propriétaires dans la « bande des 100 mètres » sur lesquels pesait une douloureuse incertitude), dégager les financements et engager les travaux.

 

 

Encore quelques années à attendre cette nouvelle Ligne à Grande Vitesse, mais pour sa concrétisation, le plus tôt sera le mieux !

26/11/2009

6ième Fête des Vignes à Montpellier : une allégorie de la campagne en ville

La 6ième Fête des Vignes se tient les 27 et 28 novembre 2009, sur la Place de la Comédie, à Montpellier.

Un « village vigneron » va accueillir 42 producteurs (Vins de Pays, AOC Pic Saint-Loup et AOC Grés de Montpellier).

 

Le dimanche 29 novembre, ces derniers recevront dans leur caveau les curieux et les acheteurs.

 

Pour 6 bouteilles achetées, une septième sera offerte sur présentation du coupon de dégustation.

 

Ce dernier, d’un coût de 2 €, permettra le vendredi et le samedi d’acheter un verre à vin gravé au logo de la Communauté d’agglomération de Montpellier et de déguster trois crûs de son choix.

 

Le bénéfice de la vente sera reversé à une association humanitaire, en l’occurrence, cette année 2009, au Sidaction.

 

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Cette manifestation s’inscrit dans la politique de soutien des activités viticoles, agricoles et aux traditions rurales, menée par Montpellier Agglomération.

Il s’agit de mettre à l’honneur les vignerons des communes de Baillargues, Beaulieu, Castelnau le Lez, Castries, Grabels, Montaud, Montpellier, Murviel lès Montpellier, Pignan, Restinclières, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Georges d’Orques, Sussargues, Villeneuve lès Maguelone, etc.

 

La Fête des Vignes a été complétée sur l’année calendaire par la Foire de la Truffe à Saint-Geniès des Mourgues, le Festival de la Tomate à Clapiers et la Foire de l’Olive à Pignan.

 

Un soutien à la Fête de la Pierre à Beaulieu est à l’étude.

 

Pour revenir à la Fête des Vignes, caves particulières et caves coopératives ont leur stand sur la Comédie.

 

C’est aussi le cas du Muscat de Frontignan (sans concurrence sur le territoire de l’Agglo de Montpellier) et il existe une demande de certains vignerons, hors Agglomération de Montpellier, de profiter de l’aubaine : une affluence se comptant en plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, juste avant les fêtes de Noël.

 

Montpellier confirme bien son rôle de capitale de la viticulture en Languedoc-Roussillon. 

21/11/2009

Mode de gestion du service public d’eau potable autour de Montpellier : ma position personnelle

Un réseau d’eau potable peut se gérer en régie ou au travers d’un affermage (« le service public à la française ») moyennant un contrat passé avec une société privée, c’est-à-dire en général un des trois grands groupes, initialement français et maintenant internationaux, dominant ce marché.

 

Tout d’abord, évacuons les « grosses ficelles » abondamment répandues.

 

Première affirmation : en régie, « le prix de l’eau est plus bas ».

 

C’est vrai du fait que les communes ayant des ressources abondantes en eau et pas chères à distribuer n’éprouvent pas le besoin d’aller chercher un auxiliaire privé extérieur.

 

Certaines de ces communes continuent aussi à financer une partie du coût du service public d’eau potable par l’impôt : le contribuable vient alors soulager l’usager en amoindrissant le montant de sa facture d’eau, mais comme contribuable et usager ne font souvent qu’un, où est l'avantage financier ?

 

Toutefois, un prix de l’eau potable bas peut aussi résulter d’une absence d’investissement dans les installations.

 

L’augmentation du prix est alors pour plus tard et elle sera d’autant plus forte et douloureuse que le retard pris en terme de services et de renouvellement du réseau est grand.

 

Beaucoup de communes en régie se sont résolues à passer en affermage, ou bien pire en terme d’abandon de souveraineté, en concession (la propriété du réseau passe alors au privé) :

-         quand l’eau s’est trouvée insuffisante au robinet, faute d’avoir fait des recherches de nouvelles ressources,

-         quand elles ont dû potabiliser leurs ressources historiques, polluées par exemple par les pesticides,

-         quand elles ont dû faire face au renouvellement d’une partie du réseau, fuyant de toute part par exemple.

 

Enfin, le système de la régie est d’autant plus intéressant que le nombre d’usagers est grand : c’est donc un système plus économique pour les grandes agglomérations et non rentable pour les petites collectivités.

 

Seconde affirmation : « l’eau devrait être gratuite » !

 

Or, l’eau potable est rare. Elle va faire défaut dans de nombreux pays, y compris européens.

 

La gratuité de l’eau conduirait à son gaspillage et à son épuisement rapide.

 

En outre, les opérations de pompage, de potabilisation, de construction de réseaux, etc., ont un coût qui est reporté, en intégralité, sur le bénéficiaire du service, c’est-à-dire l’usager, au travers d’une redevance fixe (forfait) et d’une redevance variable (proportionnelle au nombre de m3 consommés).

 

Troisième affirmation : les sociétés fermières « s’en mettent plein les poches ».

 

En effet, certains font semblant de confondre prix de l’eau et chiffre d’affaires du fermier : or, il faut déduire du prix de l’eau les taxes et la redevance de la collectivité qui est propriétaire des installations et qui les renouvellent.

 

La démagogie fait rage dans le domaine de l’eau potable car son prix a toujours été sensible dans la population.

 

Il faut tout de même se convaincre qu’un service de qualité (eau réellement potable au robinet ce qui est loin d’être le cas partout en France, pression suffisante, fuites sur les réseaux pas trop catastrophiques) mérite une juste rétribution.

 

L’affermage de la Ville de Montpellier génère par exemple un bénéfice de son fermier de l’ordre de 4 %, soit environ 4 centimes d’€ au mètre-cube.

 

La plus grosse économie que peut, en réalité, faire un usager, est de réduire chez lui sa consommation : moins d’arrosage, des appareils ménagers économes, des limiteurs de débit sur les points d’eau, etc.

 

Certains élus diabolisent l’affermage par calcul politique : certains vont même jusqu’à faire signer des pétitions contre ce système alors même que leur commune est sous ce régime et qu’il leur suffirait de résilier le contrat unilatéralement pour passer en régie !

Bien entendu, des contrats d’affermage léonins existent encore.

 

Certains ont défrayé la chronique journalistique, voire judiciaire.

 

Les nouveaux contrats, mieux étudiés et mieux négociés, évitent pour la plupart les turpitudes du passé.

 

Toutefois, c’est dans l’air du temps : le balancier de l’histoire qui a banni quasiment toutes les régies il y a 20 ou 30 ans est en train de revenir en arrière.

 

La question se pose donc aujourd'hui, sérieusement, de revenir autour de Montpellier à une exploitation de l’eau potable en régie.

 

Objectivement, le passage de l'affermage à la régie est défavorable au personnel, de droit privé, qui acquiert un statut de fonctionnaire dans le cadre de la régie et qui perd donc en salaire et en avantages financiers (même s’il gagne en sécurité de l’emploi).

 

Toutefois, ce passage est favorable dans les grandes agglomérations ou les grands syndicats de communes aux usagers puisque un gain de quelques centimes d’euros (l’équivalent d’une poignée de pourcents) par mètre-cube est possible.

 

En outre, ce passage en régie permet un contrôle total par les élus, sanctionnés ou renouvelés démocratiquement par les électeurs lors de chaque échéance électorale.

 

C’est pourquoi, je suis favorable personnellement à la mise en place d’une régie de l’eau potable autour de Montpellier, à l’échéance 2014.

 

Bien entendu, il s’agit que les élus locaux agissent en responsables et fixent un prix de l’eau potable à un niveau suffisant pour ne pas hypothéquer l’avenir ou conduire à une exploitation éhontée des agents de ce service public.

 

Je milite aussi pour que :

-         le prix de l’eau devienne unique, dans le département de l’Hérault dans un premier temps, puis au niveau national dans un deuxième temps,

-         la tarification soit « sociale », et pour ce faire, comprenne une part fixe (un forfait semestriel en général) faible pour ne pas pénaliser les petits consommateurs,

-         la tarification soit « écologique » avec une progressivité de la part variable (une somme à s’acquitter par mètre-cube de plus en plus chère en fonction de quelques tranches de consommations) pour pousser à l’économie, préserver les ressources naturelles et pénaliser ceux qui gaspillent l’eau potable ou ne cherchent pas à l’économiser par tous les moyens.

18/11/2009

Les grandes manœuvres sur l’eau potable autour de Montpellier

Autour de Montpellier, la distribution de l’eau potable est du ressort de syndicats des eaux et de quelques communes isolées (Montpellier, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Grabels, Sussargues, etc.).

 

Ces syndicats n’ont pas de fiscalité propre : ils équilibrent ce service public grâce aux recettes de vente d’eau aux usagers.

 

De même, les communes isolées distribuent l’eau dans ce même cadre de ce même service public industriel et commercial (SPIC) équilibré financièrement et comptabilisé dans un budget annexe différent du budget général de la commune.

 

A compter du 1er janvier 2009, la Communauté d’agglomération de Montpellier, qui possède déjà les compétences « Assainissement » et « Distribution d’eau brute », se dote de la compétence « Eau potable ».

 

De même, les communautés de communes qui cherchent à fusionner autour de Montpellier exerceront la compétence eau potable si l’un des partenaires de la fusion détenait déjà cette compétence, ce qui est le cas.

 

Les communautés de communes ou d’agglomération géreront donc en direct la distribution d’eau potable dans les communes précédemment isolées, dans le cadre d’un budget annexe, tandis qu’elles désigneront (à la place des communes antérieurement) des délégués dans les syndicats intercommunaux qui deviendront des syndicats mixtes.

 

Ces derniers continueront à gérer l’eau potable tant qu’une majorité qualifiée des deux tiers des délégués ne vote pas leur dissolution.

 

« Sans bâtir des plans sur la comète », il est prévisible que d’ici quelques années, les communautés de communes et les communautés d’agglomération maîtriseront seules et en direct cette compétence « Eau potable ».

 

Quelle que soit la collectivité territoriale souveraine, c’est elle qui est propriétaire des installations (canalisations, réservoirs, forages, usine de potabilisation, etc.) et qui doit veiller à leur renouvellement.

 

Pour la gestion quotidienne, deux systèmes existent autour de Montpellier :

-         soit la régie directe : la Collectivité utilise ses propres agents et ses propres moyens techniques,

-         soit l’affermage : un contrat négocié dans le cadre de la loi Sapin, appelé affermage, d’une durée maximale de 12 ans, lie la collectivité et un fermier qui s’occupe notamment de la facturation et, moyennant un tarif contractuel, doit « gérer en bon père de famille », notamment en maintenant les installations en parfait état de fonctionnement.

 

Chaque contrat d’affermage est différent : il est le fruit de l’histoire, de la concurrence des candidats initiaux et d’une négociation avec le Président de la collectivité territoriale concernée.

 

Nous allons étudier plus avant les particularités de deux affermages, d’une part de la Ville de Montpellier, et d’autre part du Syndicat Intercommunal de Garrigues-Campagne (SIGC) qui s’étend sur un territoire plus rural (communes concernées : Assas, Baillargues, Beaulieu, Boisseron, Buzignargues, Campagne, Castries, Clapiers, Castelnau le Lez, Fontanès, Galargues, Garrigues, Guzargues, Montaud, Restinclières, Saint-Bauzille de Montmel, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saussines, Teyran).

 

L’objectif n’est pas de conclure à la supériorité d’un des deux contrats, détenus, soit dit en passant, par la même société fermière, mais de mettre en exergue leurs spécificités.

 

Le tableau suivant, avec des valeurs arrondies, retrace les principaux indicateurs pour les deux collectivités.

 

 

Montpellier

SIGC

Population

240.000

60.000

Nombre d’abonnés domestiques

25.000

20.000

Nombre d’abonnés non domestiques

8.000

400

Volume d’eau vendu (en m3)

22.000.000

3.500.000

Longueur des réseaux (en km)

650

550

Rendement du réseau

80 %

60 %

Indice de perte en m3/an/km de canalisations

23

13

Nombre de branchements en plomb renouvelés tous les ans

1.600

400

Endettement en millions d’€ de la collectivité

8

3

Prix en €/m3 pour une consommation de 120 m3 par an

de 1,40 (immeuble) à 1,50 (villa)

1,50

Part du fermier dans le prix

70 %

35 %

Part de la collectivité dans le prix

5 %

45 %

Participation du fermier au renouvellement des canalisations en €

600.000

0

Reversement au budget général de la collectivité en €

1.600.000

50.000

Paiement par le fermier d’une redevance d’occupation du domaine public en €

2.500.000

0

 

Le SIGC dessert essentiellement du résidentiel et donc des familles.

 

Avec 4 fois moins d’habitants, le SIGC alimente presque autant d’abonnés domestiques car, à Montpellier, l’eau dessert de nombreux immeubles où cohabitent de nombreux logements.

 

A Montpellier, le coût de l’abonnement est donc souvent divisé entre copropriétaires.

 

Montpellier vend environ 6 fois plus d’eau avec un réseau guère plus long que celui du SIGC.

 

Le réseau de Montpellier, utilisé de façon plus intensive, est beaucoup moins fuyard que celui du SIGC qui nécessite un sérieux effort en terme de recherche de fuites.

 

Toutefois, en terme d’indice de perte, Montpellier est presque au double du SIGC, les fuites dans des canalisations de gros diamètre ayant des débits supérieurs.

 

Le SIGC prélève à son profit 45 % du prix de l’eau ce qui lui permet de faire face au remboursement de sa dette et de mener à bien un programme public de renouvellement des canalisations, totalement à sa charge dans son contrat.

 

La Ville de Montpellier prélève à son profit seulement 5 % du prix de l’eau !

 

Il faut dire que son endettement est très faible, ramené aux mètres-cubes vendus, et que le fermier se charge de payer les travaux de renouvellement (600.000 € par an et 1.000.000 € de 2012 à 2014, terme du contrat), comme l’avenant signé en 2007 du contrat le permet.

 

Quant au prix de l’eau à Montpellier, il serait en réalité de l’ordre de 1,20 €/m3 en immeuble et de 1,30 €/m3 en villa (soit 15 à 20 % de moins que sur le SIGC), si l’on excluait les encaissements annuels de la Ville (1.600.000 € pour « frais d’administration générale » et 2.500.000 € au titre de « redevance d’occupation du domaine public » qui permet à la Commune de Montpellier de reconstituer les chaussées dégradées par les travaux), encaissements qui viennent abonder son budget général et permettent donc de réduire indirectement le niveau d’imposition.

 

D’ailleurs la Ville de Montpellier vient de décider de réduire de 7,8 % le prix de l’eau potable, à compter du 1er janvier 2010, soit 8 centimes d’€ de moins au m3, en décidant en Conseil municipal, en novembre 2009, d’abandonner le remboursement des « frais d’administration générale ».

 

A Montpellier, compte tenu des reversements du fermier à la collectivité (c’est l’inverse qui est illégal pour éviter que le contribuable ne soit substitué à l’usager), les parts respectives du fermier et de la collectivité dans le prix de l’eau sont en réalité respectivement de 55 % et de 20 %.

 

Globalement, l’analyse comparative faite donne une idée de la variété existante entre des contrats qui sont pourtant tous d’affermage et donc du temps et des efforts qu’il faudra pour unifier des services publics existants sous le couvert d’une nouvelle tutelle unique.

 

Il est tout de même rassurant de constater que les tarifs en milieu urbain et en milieu rural sont assez proches ce qui laisse augurer une unification des tarifs autour de Montpellier (à un niveau qui sera vraisemblablement inférieur de 10 % à celui de la moyenne départementale et de 20 % à celui de la moyenne nationale !), sans qu’un usager ait l’impression de payer pour un autre.

 

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Château d'eau semi-enterré (dit de la Péssiérasse à Clapiers)

1.000 m3 de réserves, soit 1 jour de consommation en pointe l'été pour 2.000 habitants 

19/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SYBLE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

Si les commissions locales de l’eau (CLE) définissent les règles locales de gestion de l’eau en complément des règlementations nationales et européennes, des syndicats regroupant les collectivités locales concernées par un bassin versant sont nécessaires pour financer et exécuter les études et les travaux tendant à atteindre les objectifs de qualité des eaux et des milieux aquatiques.

 

Si l’on prend l’exemple du bassin versant constitué par le Lez, la Mosson et les étangs palavasiens, la maîtrise d’ouvrage des études et des travaux est portée par le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE)qui regroupe le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SYBLE concerne 43 communes et 380.000 habitants (estimation datant de 2006).

 

Le SYBLE met en application les préconisations du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

 

Le SYBLE est « l’exécutif » et la Commission locale de l’eau (CLE) le « législatif ».

 

Le SYBLE emploie 4 salariés : une directrice et une secrétaire-comptable, un ingénieur hydraulicien et un technicien de rivière.

 

Ce dernier suit les chantiers ayant un impact, direct ou indirect, sur les cours d’eau, les masses d’eau et les milieux aquatiques (comme les étangs littoraux, les mares ou encore les zones humides).

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Construction d'une passerelle piétonne sur la Lironde (communes de Montferrier et de Montpellier)

 

Le grand chantier mené par le SYBLE actuellement est la lutte contre les inondations.

 

En effet, sur les 43 communes concernées, 22.000 habitants sont exposés à ce risque, principalement dans la plaine.

 

Les débordements de cours d’eau sont à craindre comme conséquence des « épisodes cévenols » ou des « épisodes méditerranéens », fréquents autour de Montpellier, mais aussi des ruissellements urbains dus à l’imperméabilisation croissante des sols.

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Passerelle de la Valette submergée et endommagée par la crue du Lez de décembre 2003 qui a dû être détruite depuis (communes de Clapiers et de Montpellier)

 

Les travaux les plus emblématiques, du fait de leur urgence, sont le creusement du chenal de la Lironde, le partiteur de crue sur le Lez, le réhaussement et le renforcement des digues du Lez lors de sa traversée de la commune de Lattes.

 

Le SYBLE développe ces aménagements dans le cadre d’un Programme d’actions de prévention des inondations (appelé PAPI).

 

L’intérêt de ce syndicat mixte est évident pour fédérer l’intervention conjointe de multiples collectivités territoriales.

 

Cela vient d’être le cas, en 2009, avec les travaux de désembâclement de la Mosson et du Lez : enlèvement des obstacles végétaux, essentiellement des arbres morts, obstruant le lit majeur d’un cours d’eau, pouvant faire barrage au transfert vers l’aval d’une crue et pouvant ensuite, par rupture, générer une vague dévastatrice pour l’aval.

 

En effet, c’est aux communes, compétentes légalement en la matière, de financer les travaux.

 

Le SYBLE a donc coordonné l’obtention des déclarations d’intérêt général (DIG) nécessaires pour travailler dans les propriétés privées, choisi l’entreprise, surveillé le chantier et fait les appels de fonds auprès des communes pour régler la dépense.

 

Les travaux ont pu se faire aux bonnes dates pour préserver la nidification des oiseaux et la reproduction du Chabot du Lez (un poisson endémique).

 

Le PAPI représente un programme ambitieux réparti en 5 axes sur 2007/2013, mobilisant des fonds publics importants :

-         amélioration de la connaissance du risque par des actions de formation ou d’information du public pour 1,7 M€,

-         amélioration de la surveillance des dispositifs de prévision d’alerte pour 0,6 M€,

-         mesures de réduction de la vulnérabilité des bâtiments et des activités implantés dans les zones à risque pour 1,3 M€,

-         actions de ralentissement des écoulements et travaux de restauration des cours d’eau pour 34,2 M€,

-         aménagements de protection pour 17,9 M€.

 

C’est la Décentralisation de 1993 qui permet cette nouvelle gestion des eaux, plus en phase avec les préoccupations des habitants.

17/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

La gestion de l’eau revêt en milieu méditerranéen une grande importance en terme de préservation des milieux naturels et de prévention des risques majeurs, tels les inondations.

 

L’approche par bassin versant, en l’occurrence, ceux de l’Etang de Thau, des Etangs palavasiens, de l’Etang de l’Or, de la Mosson et du Lez, autour de Montpellier, offre une cohérence d’analyse et d’action.

 

Depuis la loi sur l’eau de 1992, votée sous le second septennat de François Mitterrand et Edith Cresson Premier ministre, qui prônait un équilibre entre la satisfaction des usages (eau potable, eau d’irrigation, pêche, sports d’eau vive, baignade, etc.) et la préservation des milieux (ripisylves, zone de frayères, lagunes littorales, etc.), beaucoup d’eau a coulé sous les ponts !

 

La Décentralisation, sous l’égide de Gaston Defferre (natif de Marsillargues), en 1993, a permis, depuis, une gestion locale, au plus près du terrain, des problématiques liées à l’eau.

 

Focalisons-nous, pour illustrer ce propos, sur les bassins versants réunis de la Mosson, du Lez et des Etangs palavasiens, compte tenu de l’actualité récente.

 

Ce secteur est maintenant doté d’un Schéma de gestion et d’aménagement des eaux (dit SAGE) respectant les grandes orientations édictées par l’Europe et le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (dit SDAGE) qui couvre de ses préconisations tout le bassin versant du Rhône, de ses affluents et des fleuves côtiers de la Mer Méditerranée.

 

Un SAGE définit des interdictions (prélèvement d’eau d’irrigation dans le Lez, dépôt de matériaux ou de terre dans le lit majeur des cours d’eau, etc.) et fixe des objectifs de qualité du milieu (enlèvement des embâcles obstruant les écoulements dans les lits mineurs des cours d’eau, restauration des berges érodées, traitement poussé des eaux usées, etc.).

 

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Les milieux aquatiques sont d'une grande richesse

 

Le SAGE est opposable aux tiers et aux administrations : c’est-à-dire que tous les aménagements et tous les travaux doivent respecter ses exigences.

 

En outre, le SAGE est obligatoirement transcrit, depuis 2004, dans tous les documents d’urbanisme : Schéma de cohérence territoriale (SCOT), au niveau intercommunal, et Plans locaux d’urbanisme (PLU), au niveau des communes.

 

Le SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens a été approuvé par arrêté préfectoral le 29 juillet 2003 après 10 ans de préparation conjointe par les Services de l’Etat et des Collectivités territoriales, les élus locaux, les associations de défense de l’environnement et du milieu économique.

  

Cette élaboration participative, fruit de la réflexion des acteurs locaux, est à souligner.

 

Plus récemment, la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, dite LEMA, oblige à une révision de tous les SAGE d’ici fin 2010.

 

Ces nouveaux SAGE devront permettre d’atteindre, partout en France, le « bon état des masses d’eau », cet objectif étant fixé par la Directive cadre sur l’eau (appelée DCE) de l’Union européenne.

 

C’est à cette tâche de révision que s’est attelée la Commission locale de l’eau (CLE que l’on prononce « clé »), réunie le 22 septembre 2009 à la Maison de l’environnement au Domaine de Restinclières (commune de Prades le Lez).

 

La CLE est le « Parlement de l’eau » sur un bassin versant donné : elle regroupe 32 élus, 14 représentants des usagers, des propriétaires riverains, des organisations professionnelles (pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, etc.), des associations et 7 représentants des administrations.

 

La CLE adopte les règles locales communes de gestion de l’eau qui s’imposent à tous, dans l’intérêt général.

 

La CLE ne possède toutefois aucune ressource financière.

 

Il est donc nécessaire d’avoir un « exécutif », en l’occurrence le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE) qui a comme membres financeurs : le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SAGE et le SYBLE concernent les 43 communes suivantes : Argelliers, Assas, Aumelas, Castelnau le Lez, Cazevieille, Clapiers, Combaillaux, Cournonsec, Cournonterral, Fabrègues, Grabels, Guzargues, Juvignac, Pignan, La Boissière, Lattes, Lavérune, Le Triadou, Les Matelles, Mireval, Montarnaud, Montferrier sur Lez, Montpellier, Murles, Murviel les Montpellier, Palavas, Pérols, Prades le Lez, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Saint-Georges d’Orques, Saint-Jean de Cuculles, Saint-Jean de Védas, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saussan, Vailhauquès, Valflaunès, Vic la Gardiole, Villeneuve les Maguelone, Viols en Laval, Viols le Fort.

 

Depuis l’approbation du SAGE en 2003, la CLE a été saisie, pour avis, sur 60 dossiers dits « d’autorisation loi sur l’eau » ou concernant les « Installations classées au titre de l’environnement » (usines, carrières, etc.).

 

Le projet du LIEN (le contournement routier du Nord de Montpellier) a notamment fait l’objet d’une expertise, du fait principalement qu’il passe au dessus de la Source du Lez, alimentation principale en eau potable des Montpelliérains : une étanchéité parfaite et la création de bassins d’orage pour la récupération de toutes les eaux de ruissellement ont été préconisées.

 

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Travaux sur le LIEN, maintenant ouvert à la circulation, sur la commune du Triadou

 

En tant qu’outil de planification concertée de la gestion de l’eau, le SAGE permet d’organiser l’avenir à 10 ans, de créer un cadre d’action commun et d’adopter des règles locales communes.

 

La réglementation prévoit en outre, maintenant, une concertation entre tout pétitionnaire (le maître d’ouvrage) et la CLE, dès le stade de la conception de l’aménagement, de l’infrastructure ou de l’équipement, ce qui apporte une plus-value importante en terme d’adaptation aux contraintes de préservation de la ressource en eau.

 

La reconquête de la qualité des étangs palavasiens grâce à la mise aux normes de la station d’épuration Maera, les travaux de protection de l’agglomération de Lattes contre les inondations, les périmètres de protection de la source karstique du lez sont autant d’exemples de préconisations du SAGE qui ont d’ores et déjà été mises en œuvre.

 

Prochaine note sur le SYBLE le 18 octobre 2009.

10/10/2009

Num’Hérault se déploie autour de Montpellier

 

Depuis deux ans, le Département de l’Hérault déploie un réseau de fibre optique (long de plus 1.000 kilomètres) et de relais radio (technologie Wifi Max) visant à desservir l’ensemble des 343 communes héraultaises en haut débit numérique (Internet, téléphonie, télévision).

 

L’objectif est de supprimer les zones d’ombre, de favoriser la compétitivité des entreprises et de réduire la fracture numérique subie par de nombreux ruraux.

 

Ce réseau, appelé Num’Hérault, va garantir un débit de données numériques au moins égal à 6 Mbit/s à 98,4 % des habitants de l’Hérault.

 

Ce débit minimal est en fait celui offert par la couverture radio.

 

Cependant, tous les particuliers et toutes les entreprises situées à moins de 5 km d’un central téléphonique (dit NRA ou « nœud de raccordement d’abonné ») vont bénéficier d’un débit encore supérieur, du type ADSL, c’est-à-dire de 20 Mbit/s.

 

Il s’agit d’un débit résultant d’un transfert des données d’abord dans une fibre optique, jusqu’au NRA, puis dans la ligne téléphonique en fil de cuivre jusqu’à chaque habitation.

 

Dans les zones d’activités desservies par Num’Hérault, des débits professionnels de 100 Mbit/s, voire 1 Gbit/s, seront disponibles du fait d’une alimentation directe par la fibre optique.

 

Le déploiement du réseau Num’Hérault, sur 24 mois, aura coûté environ 60 millions d’€, dont 32 millions d’€ financés par un consortium d’entreprises privées et 28 millions d’€ financés par le Public (0,45 M€ de l’Etat, 7,45 M€ de l’Europe, 2,6 M€ de la Région Languedoc-Roussillon et 17,4 M€ du Département de l’Hérault).

 

Afin de maintenir au meilleur niveau de service le réseau, le consortium privé, s’étant vu accorder une délégation de service public (DSP) pour 22 ans de la part du Département, devra investir sur la durée du contrat 21,3 M€ supplémentaires.

 

Globalement, la part du Public aura été limitée à 34 % des investissements programmés.

 

L’opérateur du réseau est donc privé. En tant que concessionnaire, il louera, à tous les opérateurs qui en feront la demande, le réseau (on parle donc d'un "réseau d'opérateur d'opérateurs" !).

 

Ainsi, tous les opérateurs commerciaux pourront offrir aux Héraultais le « triple play », c’est-à-dire Internet, la téléphonie IP et la télévision numérique, ou seulement le « double pay », sans télévision, pour les zones couvertes par le dispositif radio.

 

Ces opérateurs vont commencer leurs campagnes commerciales dès octobre 2009 et pourront réellement offrir leurs services au début 2010 (les secteurs de Pérols ou encore de Mauguio, déjà opérationnels, étant toutefois en avance sur le reste du territoire départemental).

 

En effet, le déploiement complet de Num’Hérault est programmé pour fin décembre 2009.

 

La possibilité, pour toute entreprise de télécommunication, de proposer ses services va aller dans le sens d’une plus grande concurrence et donc d’une offre adaptée, en qualité et en coût, aux souhaits des bénéficiaires.

 

Plus on s’éloigne de Montpellier et plus la couverture à partir des centraux téléphoniques cède le pas à la couverture radio.

 

C’est ainsi que le réseau Num’Hérault comprend d’ores et déjà des émetteurs radio sur le territoire des communes de Montferrier, de Castelnau le Lez, du Crès, de Vendargues, de Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Sussargues, Garrigues, Boisseron, Saint-Christol et Saussines.

 

En se lançant dans une politique volontariste de généralisation du haut débit, le Département de l’Hérault amène plus d’égalité entre les territoires : en effet, leurs collèges, leurs agences sociales, leurs mairies, leurs médiathèques et leurs entreprises bénéficieront toutes de l’avancée majeure constituée de la possibilité d’échanger en temps réel avec le Monde entier.

01/10/2009

Journée de la pierre et du patrimoine à Beaulieu

Dans le cadre des « Journées du patrimoine », la Commune de Beaulieu a organisé, le dimanche 20 septembre 2009, sa « Première journée de la pierre et du patrimoine ».

Si cette pierre, issue d’un calcaire souvent coquillier, a pris pour nom « pierre de Castries », du nom de l’important chef-lieu de canton, elle a été en fait, de tout temps, extraite dans des carrières principalement situées sur les communes de Sussargues et de Beaulieu.

L’exploitation a débuté dès les Romains.

Elle a servi à la construction de nombreux monuments historiques et des immeubles hausmanniens de Montpellier.

Elle a été exportée en Algérie, via le port de Sète.

La profession de carrier était fort développée au 19ème siècle, surtout après la crise phylloxérique qui a mis à mal la viticulture languedocienne dans les années 1870.

Le corps des charretiers était mis à contribution pour les transports à traction animale.

L’extraction de la pierre se faisait à la main. Un bon ouvrier produisait quelques « cairons » par jour.

Tous les sous-produits de l’extraction, éclats de roche, sables, étaient valorisés soit pour l’entretien des chemins, soit comme recoupe pour les sols intérieurs ou extérieurs.

Aujourd’hui, l’extraction est mécanisée et limitée à une poignée de carrières : l’usage de la pierre s’est en effet quelque peu perdue dans la construction.

De gros blocs parallélépipédiques sont maintenant sciés et la pierre est valorisée au mieux en placages, sculptures et autres œuvres d’art.

La mécanisation de l’extraction génère beaucoup de déchets, constitués de blocs fissurés ou poreux. En revanche, lors de l’extraction manuelle, l’ouvrier choisissait à l’œil les bonnes veines et s’y cantonnait.

La pierre fait partie de la culture populaire des alentours de Castries : cette pierre de taille donne une couleur et une patine très caractéristique à de nombreux villages alentours.

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La pierre de Beaulieu employée dans de nombreux monuments historiques

 

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Le geste ancestral de l'extracteur de "cairons"

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction de la pierre à la main

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction mécanisée

 

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Les rebus de l'extraction mécanisée, en montagne cyclopéenne

 

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Les tailleurs de pierre à l'action



Crédit photographique : Michel Chastaing

 

17/09/2009

Inauguration du Lycée Pierre Mendès-France

La Région Languedoc-Roussillon est depuis la décentralisation responsable des lycées, de leur rénovation comme de leur construction.

Le Lycée Pierre Mendès-France a été inauguré cette rentrée scolaire.

Il se substitue au Lycée Méditerranée qui était enclavé dans le quartier Clémenceau à Montpellier et se trouvait dans un état de décrépitude avancée.

Construit au Mas de Brousse à Montpellier, ce nouveau lycée professionnel est en vis-à-vis d’Odysseum par rapport à l’autoroute A9 : il bénéficie de ce fait de la desserte de la ligne 2 du Tramway, offrant un confort incontestable à certains élèves.

Son périmètre jouxte donc un grand domaine agricole et notamment une magnifique oliveraie replantée après le gel de 1956.

Notre région connaissait, il y a quelques années, un déficit de places en lycées professionnel sévalué à 1.500 places.

Même si l’Etat bloque deux projets, le premier à Lézignan les Corbières et le second à Argelès sur Mer, la Région Languedoc-Roussillon a pu construire 5 lycées en 6 ans, sous la Présidence de Georges Frêche, et rattraper une partie de son retard.

Il s'agit d'un effort sans précédent.

Cela concerne les lycées Jean Vilar de Villeneuve lès Avignon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Rosa Luxemburg à Canet en Roussillon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Victor Hugo à Lunel (1.600 élèves) ouvert en 2008, Jacques Prévert à Saint-Christol lez Alès (1.800 élèves) ouvert en septembre 2009 tout comme le Lycée Pierre Mendès-France (dont la capacité d’accueil a été portée à 1.550 élèves, soit 500 de plus qu’à l’ancien Lycée Méditerranée).

L’enseignement professionnel est le plus à même de créer les conditions du développement économique régional.

En outre, l'enseignement professionnel favorise l’égalité des chances en permettant au plus grand nombre de jeunes d’accéder à une qualification et un diplôme.

Le Lycée Pierre Mendès-France a coûté près de 70 millions d’€.

Il a été doté de 500 ordinateurs.

Il possède un internat de 99 places, ce qui essentiel pour les élèves des zones rurales ou des milieux sociaux défavorisés.

Il offre plusieurs pôles de formation :
- mécanique auto-moto, véhicules de loisirs, carrosserie, peinture,
- pilotage des systèmes de production industrialisée et maintenance de systèmes mécaniques automatisés,
- électrotechnique,
- logistique et transport.

Le Lycée Pierre Mendès-France est idéalement placé pour accueillir préférentiellement les jeunes, bien entendu de Montpellier, mais aussi des cantons de Mauguio et de Castries, tout proches.

Les investissements dans la formation aujourd’hui sont le gage de la richesse économique et de l’épanouissement humain demain : la Région Languedoc-Roussillon et son Président l’ont parfaitement compris.

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1 - Entrée du Lycée Pierre Mendès-France
2 - La cour intérieure jardinée
3 - Idem
4 - Les ateliers mécanique automobile
5 - Une caisse à savon élaborée par les élèves et leurs professeurs
6 - Les ateliers carrosserie automobile
7 - Le restaurant scolaire au mobilier signé par le grand designer Christophe Pillet
8 - Le Gymnase Françoise Spinosi attenant au Lycée

Crédit photographique : Michel Chastaing

13/08/2009

Protection contre la foudre

Chaque année, il y a environ 1 million d’impacts de foudre en France : aucune région n’est épargnée.

La foudre est notamment fréquente sous climat méditerranéen. Montpellier et son pourtour sont fréquemment sujets à des orages violents. Certains secteurs sont plus particulièrement exposés du fait de la configuration des lieux.

Sans parler des atteintes aux personnes, la foudre peut engendrer des désordres matériels importants : éclatement de béton, destruction de télévisions et d’ordinateurs, atteinte à l’installation téléphonique, au chauffe-eau électrique, etc.

La question est de savoir quelles sont les protections efficaces ?

Depuis Benjamin Franklin et ses expériences en 1752, certains propriétaires ont pris l’habitude de protéger leurs bâtiments en implantant à leur sommet un paratonnerre (pointe métallique reliée à une prise de terre). Plus le sommet de ce dernier est haut et plus il protège un périmètre important aux environs.

Historiquement, les bâtiments communaux, comme les mairies et surtout les clochers des églises, par les hauteurs qu’ils offraient, protégeaient la plupart des maisons blotties autour d’eux. C’est incomparablement moins le cas aujourd’hui du fait de l’étalement urbain.

Un paratonnerre, à condition qu’il ne soit pas lui-même détruit par un impact de foudre exceptionnel, offre en fait seulement une protection de proximité.

En outre, la protection offerte par un paratonnerre est strictement limitée aux effets directs de la foudre : par exemple la destruction de maçonnerie due à un impact. Les techniques du paratonnerre ou encore celle de la « cage maillée » (édifice recouvert de fils conducteurs disposés en surface du bâtiment et reliés à plusieurs prises de terre) épargnent le site mais ne protègent pas contre les effets secondaires, dits aussi indirects, de la foudre.

Pour terminer sur les paratonnerres, il faut préciser que la réglementation rend, quoiqu’il en soit, obligatoire pour tout bâtiment équipé d’un paratonnerre, la pose d’un parafoudre dit de « type 1 », à l’origine de l’alimentation électrique intérieure.

Dans les faits, est-il réellement possible de se prémunir des nombreux effets indirects de la foudre ? Il faut savoir en effet qu’elle peut survenir par de multiples canaux : surtension pouvant se propager le long des réseaux électriques comme téléphoniques sur plusieurs kilomètres, couplage des installations domestiques par rayonnement au champ électromagnétique de l’atmosphère, remontée du potentiel par la terre, etc.

Les effets secondaires de la foudre deviennent fortement gênants au fur et à mesure qu’une habitation se dote d’équipements électriques et électroniques.

La protection contre les effets secondaires de la foudre requiert en réalité un équipement individuel : il est donc nécessaire d’équiper son habitation, ou ses installations professionnelles, de parafoudres (autrement appelés « parasurtenseurs »).

Ces derniers doivent être placés judicieusement pour protéger le réseau électrique, le réseau téléphonique et le matériel informatique.

En résumé, le risque de foudroiement indirect (effets secondaires de la foudre), devenu le risque majeur du fait de la sensibilité de notre environnement technologique, requiert une protection forcément individuelle du type parafoudres, mise en œuvre par des professionnels spécialisés ou des propriétaires éclairés.

04/08/2009

Bois-énergie : un chantier post-incendie à Clapiers

Les communes de Montferrier et de Clapiers ont subi un incendie au mois d’août 2008 qui a détruit 18 hectares de forêt.

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La forêt dévastée par l’incendie


Un an après le sinistre, la Commune de Clapiers a décidé de faire transformer le bois sur pied, en partie calciné, en plaquettes forestières. En effet, la valorisation post incendie pour la pâte à papier est impossible.

En outre, les arbres morts représentent un danger pour les promeneurs.

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La déchiqueteuse automotrice broie une grume impressionnante


Le chantier a été mené par une entreprise spécialisée. Il a nécessité le travail coordonné :
- d’une déchiqueteuse à bois automotrice de grande puissance (investissement en neuf tout de même de l’ordre de 800.000 €),
- d’une semie remorque pour le transport vers le lieu de séchage des plaquettes forestières,

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Le débardeur traîne les arbres coupés mais non élagués


- d’un débardeur, gros tracteur forestier articulé, pour extraire les grumes et les traîner jusqu’à la déchiqueteuse,
- d’un broyeur à végétation basse pour laisser une chance à la régénération naturelle des essences forestières.

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La broyeuse fait place nette


Les plaquettes forestières ont une utilité énergétique dans les chaufferies-bois collectives et individuelles .

1 m3 de bois = 0,6 tonne de matière sèche
= 0,25 tonne équivalent pétrole économisé = 0,6 tonne de CO2 non émis

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Les élus de Clapiers, les agents de l’ONF et l’entrepreneur


Si le bois feuillu trouve un débouché naturel en bois-bûche (Chêne-vert, Arbousier notamment), le bois résineux, du fait de son pouvoir calorifique plus important (présence de résines) est particulièrement intéressant sous forme de plaquettes forestières.

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La trémie de la déchiqueteuse remplie de plaquettes forestières


Le chantier organisé à Clapiers est un des premiers dans le Sud de la France : c’est une initiative d’avenir à l’heure où l’on doit s’affranchir du pétrole.

Qui plus est, la plaquette forestière est le combustible le meilleur marché. Il revient de l’ordre de 3 cts d’€ le kilowatt-heure, contre environ 5 cts d’€ par kWh pour le gaz naturel, 6 cts d’€ par kWh pour le fioul domestique et 11 cts d’€ par kWh pour l’électricité.

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La plaquette forestière


De grandes quantités de bois-combustible peuvent être extraites des pinèdes du Nord de Montpellier, dans le cadre de leur gestion durable.

Cette richesse naturelle est à exploiter pour créer des emplois et réduire le risque de feu de forêt.

La Commune de Clapiers a d’ailleurs un projet de chaufferie-bois et de réseau de chaleur pour alimenter ses écoles, permettant de substituer au gaz, énergie fossile, du bois, énergie renouvelable issue de gisements de proximité.

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Vu du chantier : panorama sur le front d’urbanisation de Clapiers au Nord


L’Association des communes forestières de l’Hérault, COFOR34, financée par le Département de l'Hérault, l'ADEME, la Région Languedoc-Roussillon et l'Europe, fait la promotion du bois-énergie.

Deux ingénieurs, Elodie Payen et Fabien Reverchon, conseillent les collectivités, notamment territoriales, sur les chaufferies-bois et la ressource forestière.

30/07/2009

Pôle oeno touristique à Saint-Christol (suite)

La porte d’entrée touristique du Pays de Lunel

Le pôle oeno touristique de Saint-Christol est un parc d’attraction intelligent en phase avec la culture locale.

Cette opération de prestige a un objectif : devenir l’emblème d’un territoire.

Le complexe est idéalement positionné à 2 km de l’échangeur autoroutier.

Ses visiteurs seront guidés vers des circuits locaux de découverte synonymes de séjour prolongé.

50.000 touristes sont espérés par an, à terme, chiffre à comparer aux 20.000 du site d’Ambrussum et aux 30.000 d’Accrobranche.

Un projet relancé

Ce projet oeno touristique, décidé par la Communauté de communes du Pays de Lunel, a franchi une étape, avec le choix au premier semestre 2009 de l’équipe des maîtres d’œuvre.

Il devra notamment compter avec la concurrence de Terra Vinea à Portel des Corbières dans l’Aude et de Vinipolis à Florensac dans l’Hérault.

Le pôle de Saint-Christol doit occuper une parcelle de 3 hectares sur le site de « La glacière », entre vignes et village ancien, avec lequel il sera relié par des cheminements doux. 1.100 m² de bâti sont prévus.

Le site prendra la forme d’un amphithéâtre tourné vers le Sud. Au point haut, au Nord, une Esplanade sera occupée par les bâtiments. Elle dominera un parc viticole dit jardin ampélographique (représentatif des différentes variétés de vigne) ainsi qu’au point bas une prairie.

Du « terroir » au « développement durable »

Le projet, initialement très « terroir », a évolué en intégrant une plus-value environnementale et climatique forte : puits provençal pour tempérer l’air, chai de vieillissement semi-enterré avec des murs en pierre très épais, ventilation naturelle.

Les énergies renouvelables sont mobilisées : chaufferie-bois, panneaux solaires thermiques, panneaux photovoltaïques, petite éolienne.

Globalement, l’autonomie énergétique du complexe est atteinte.

En outre, les eaux de pluie sont récupérées, les eaux usées traitées par lagunage et les matériaux naturels utilisés pour la construction : bois, pierre locale et terre crue.

Une ambiance méditerranéenne est recherchée, les lieux intérieurs et extérieurs sont mêlés, les façades ombragées l’été et ensoleillées l’hiver.

Un pôle à attractions multiples

Les équipements sont en rapport avec les ambitions du projet : faire connaître l’histoire de la vigne, comme du vin, et faire déguster le vin.

Il s’agit donc notamment d’initier à l’œnologie (l’art de fabriquer le vin), de faire découvrir des saveurs, couleurs et odeurs, de former à l’association des mets culinaires et des vins.

Les bâtiments comprennent un patio ombragé pour le repos, un atelier du vin avec son caveau de dégustation/vente, un chai de stockage, un bar à vin, un restaurant, un village d’hôtes pour l’hébergement, une halle camarguaises pour un accueil polyvalent, une salle de conférence, un musée ampélographique et une vigne pédagogique.

Tous ces équipements permettent d’organiser sur place ou dans le terroir avoisinant, des ateliers de dégustation, des stages d’oenologie, des visites d’exploitations agricoles, des repas, des balades vigneronnes, des circuits de plusieurs jours combinant des activités liées au vin et des activités touristiques ou de loisirs.

Un partenariat public-privé à finaliser

Comme pour les autres projets territoriaux de ce typel (on peut prendre l’exemple voisin du Chemin des Verriers), la difficulté est de rentabiliser le fonctionnement de l’équipement dans un délai pas trop long.

En ce qui concerne les investissements, la Communauté de communes du Pays de Lunel peut compter sur 800.000 € de l’Etat et de l’Europe au titre des pôles d’excellence rurale, sur son partenariat avec le Conseil Général de l’Hérault et sur ses fonds propres.

Le choix du ou des gestionnaires (du musée, de la boutique et du restaurant notamment), privés ou issus de l’économie mixte, conditionnera la pérennité de cette grande aventure pour le Pays de Lunel.

19/07/2009

Risque de tsunami en Méditerranée

Le sénateur socialiste de l’Aude Roland Courteau a rendu fin 2007 son rapport intitulé : "Tsunami, un risque réel mais une impréparation manifeste".

En effet, il n’existe aucun dispositif d’alerte en France métropolitaine, contrairement à la zone Pacifique (dont la Polynésie française) où 26 pays se sont associés, suite au tsunami meurtrier du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien (plus de 300.000 morts et disparus sur les côtes d’Indonésie, du Sud de l’Inde, du Sri Lanka, de la Thaïlande et notamment de l’île touristique de Phuket).

Le tsunami consiste en un raz-de-marée de cause sismique (déplacement de plaques tectoniques) ou volcanique (explosion, effondrement).

Deux exemples récents attestent de l’existence du risque en Méditerranée :
- en 1979, un petit tsunami entre Nice et Antibes emporte la digue du chantier d’extension de l’aéroport, causant 11 morts,
- en 1986, un petit raz-de-marée submerge sur une hauteur de 2 mètres la plage de Beauduc, près de l’Espiguette, suite à un séisme en mer.

En Méditerranée, la fréquence statistique d’un tsunami meurtrier est estimée à un par siècle.

"La France s'est réfugiée dans l'attentisme. N'attendons pas une catastrophe pour réagir et bouger".

Il existe en effet déjà des modèles de marées et d’ondes de tempête pour estimer les sur-côtes du niveau de la mer.

Il semblerait que l’impact maximum serait en fin de Golfe du Lion, vers la Camargue, du fait d’une topographie favorable (très faibles dénivelées).

Ce qui est principalement à craindre, c’est un tremblement de terre au large de l’Algérie (la plaque tectonique qui porte l’Afrique et la Méditerranée s’enfonce en effet très lentement sous la plaque de l’Europe) ce qui laisse tout de même 2 heures de temps pour évacuer !

Roland Courteau estime à "6 millions d'euros en équipement et 3 millions en fonctionnement" le coût de protection des côtes de la France métropolitaine. Compte tenu de la faiblesse des coûts (qui incombent à l’Etat), l’intéressé dénonce un "manque de volonté politique et de crédits".

En Méditerranée, il n'y a "aucun marégraphe en temps réel, pas de capteurs de pression (tsunamimètre) au fond de la mer, pas de récepteur pour l'alerte", a aussi déploré le sénateur de l'Aude.

Dans un premier temps, souligne le Sénateur socialiste, il faudrait établir des plans de secours, des cartes d'inondation et d'évacuation pour les principaux ports, installer des sirènes ou encore mener des campagnes de sensibilisation de la population.
Les personnes à la plage, notamment les baigneurs, sont particulièrement vulnérables.

Pour le moment, presque 2 ans après le rapport Courteau, le Gouvernement Fillon souhaite seulement "héberger un centre régional d'alerte aux tsunamis qui gérerait l'alerte pour les pays de la Méditerranée occidentale et de l'Atlantique Nord-Est" pour le compte de l’ensemble des pays concernés : une manière de renvoyer à plus tard la protection des populations et d’essayer de faire de bien maigres économies financières.

17/07/2009

Vive le bois construction (suite)

Le bois dans la construction accompagne en réalité la mutation des modes de conception et de réalisation.

Son utilisation est un enjeu en terme d’emplois locaux et d’aménagement du territoire (le bois demande beaucoup de main d’œuvre et est issu des zones rurales).

Le Languedoc-Roussillon compte 1 million d’hectares de forêts. ¾ des superficies sont des forêts privées et ¼ des forêts publiques. Les forêts les plus productives sont situées dans les Pyrénées, la Montagne noire, le Somail, l’Espinouse et les Cévennes.

Ce sont les accrus naturels et non les plantations (très limitées en surface) qui expliquent la très forte croissance du bois sur pied.

1,3 millions de m3 de bois sont prélevés tous les ans en Languedoc-Roussillon et 0,9 million commercialisés (le reste entre dans l’autoconsommation) des ménages. Cette exploitation du bois en région est toutefois largement insuffisante.

Le bois construction en Languedoc-Roussillon est essentiellement du bois d’œuvre destiné au sciage mais aussi du bois destiné à la trituration, notamment pour la production de panneaux isolants.

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon engage des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’œuvre et des entreprises : de l’amont et de l’aval de la filière.

Il s’agit de promouvoir une nouvelle culture et de nouvelles pratiques.

Le bois peut être mis en œuvre pour :
- construire des maisons en bois,
- à structure poteau/poutre, notamment en lamellé-collé,
- à ossature bois,
- en bois massif empilé (style « chalet »),
- en panneaux de bois massif contrecollés (technique venue d’Allemagne),
- fabriquer des isolants : laine et fibre de bois, ouate de cellulose,
- élaborer des portes, fenêtres, lambris, planchers, bardages.


Les maisons en bois permettent de gagner de la surface au sol, du fait d’une épaisseur de mur moins grande.

Les bois utilisés doivent être des bois certifiés (dits « PEFC », soit en anglais « Programme for the endorsement of forest certification »), c’est-à-dire que l’exploitation de la forêt doit être durable en respectant le sol, la végétation et les hommes.

La Charte résulte d’un travail transversal au profit de la construction bois. L’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34) a été associée.
L’objectif est d’agir sur la demande (maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre) et sur l’offre (entreprises du bâtiment et de la transformation du bois, recherche).

Concernant les maîtres d’ouvrage, la Charte prévoit :
- l’exemplarité des constructions publiques,
- de mettre en œuvre une politique générale d’incitation à l’usage du bois, par exemple levée de toutes les restrictions dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) ou dans les normes techniques,
- d’informer et de former à l’emploi du matériau bois (entreprises du bâtiment et de l’artisanat, élus locaux),
- de faire coopérer les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur ce sujet
.

Une maison bois-pierre, démonstrative des bâtiments basse consommation (dits BBC), a été présentée au 2ème Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) à Montpellier : elle a connu un vif succès en étant prise d’assaut, pour des visites, par le grand public.

16/07/2009

Vive le bois construction

1 m3 de bois stocke 1 tonne de CO2.

Le bois utilisé dans les constructions constitue un stockage durable de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. En outre, la mobilisation et la mise en œuvre du bois émettent peu de CO2.

Le bois construction est donc à développer.

A cet effet, ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (l’interprofession régionale du bois regroupant les propriétaires forestiers, les bûcherons, les scieurs, les transformateurs du bois, les menuisiers et les charpentiers, les collectivités territoriales, les architectes, les constructeurs) a élaboré, dans la concertation des acteurs de la filière bois, la Charte bois-construction.

Cette Charte a été signée par 23 partenaires le 11 décembre 2008 à l’occasion du 2ième Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) au Parc des expositions de Montpellier. La liste des signataires à jour est visible à l’adresse :
http://www.arfobois.com/index.php?id=156

C’est un engagement commun, un pacte d’intérêt collectif, visant à valoriser davantage le bois dans la construction.

La Commune de Clapiers a été pionnière puisqu’elle est la première et seule commune du Languedoc-Roussillon à avoir signé cette Charte.

Pourtant, signer cette charte n’est pas une affaire de spécialistes : toutes les communes et autres collectivités territoriales devraient ainsi s’engager à promouvoir le bois-construction.

Pour faire œuvre de pédagogie, Arfobois propose aux collectivités territoriales la mise à disposition gratuite d’une exposition sur le Bois construction :
http://www.arfobois.com/telechargements/outils//Panneaux%20Construction%20(6)%20ARFO.pdf

Cette charte est une conséquence directe de la politique mise en place en 1998 sous le Ministère de Jean-Louis Bianco (Gouvernement Jospin). L’objectif de son « Plan bois construction Environnement » était de faire passer de 10 % à 12,5 % la part de marché du bois dans la construction sur la période 2000-2010 (équivalent tout de même à 14 % des engagements de la France à Kyoto en terme de réduction du CO2 !).

S’en s’ont suivi le « Plan Climat 2004 », le décret du 16 septembre 2005 sur les exonérations de Taxe sur le foncier bâti (TFB) fixant les minima de quantités de matériaux renouvelables à utiliser dans la construction et enfin l’« Accord cadre national » résultant du Plan Bianco

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon est la déclinaison régionale de cet accord national qui fixe « les objectifs stratégiques définissant le cadre des engagements ultérieurs de chaque signataire ». Les objectifs sont déclinés en actions. Le plan porte sur la période 2008-2013.

Promouvoir le bois dans la construction, c’est nous préparer un avenir meilleur.

Suite dans la note du 17 juillet 2009.