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03/11/2009

Le réchauffement climatique en débat aux Lundis du PS à Castelnau le Lez

La Section du Parti Socialiste de Castelnau le Lez organise régulièrement "Les lundis du PS" qui permettent d'évoquer les grands débats d'actualités.

Le lundi 19 octobre, c'est sur le thème du réchauffement climatique que Michèle Verdeilhan a animé la soirée, ouverte à tous les Castelnauviens.

Michèle Verdeilhan, Secrétaire de la Section du Parti Socialiste de Castelnau le Lez et Professeur des Universités en Sciences du langage, dotée d'une excellente connaissance du dossier, a distribué la parole aux participants pour des questions, analyses et réflexions.

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 Midi Libre du 27 octobre 2009 - Edition de Montpellier

 Trois intervenants extérieurs avaient au préalable pris position :

- Bruno Franc, Directeur de la DIFED (Dynamique interuniversitaire de formation à l'environnement et au développement),

- Xavier Dupuy, chercheur, qui a débuté sa carrière en travaillant avec le Club de Rome et Futurible,

- Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers.

Bruno Franc a posé le problème du changement climatique (consommation effrénée de carburants fossiles, trop forte empreinte écologique de notre mode de vie) et des stratégies à développer face à cette situation.

Xavier Dupuy a évoqué les doutes qui demeurent quand à la stabilité du réchauffement observé, compte tenu des cycles climatiques (glaciations, post-glaciations) que la Terre a connus dans son histoire. Il a apporté quelques éclairages sur la complexité de l'interprétation du phénomène et souhaité que les politiques publiques de lutte contre le réchauffement climatique soient décidées à froid et démocratiquement.

Michel Chastaing a mis en avant la responsabilité de tout un chacun : la prise de conscience a certes commencé mais il est maintenant nécessaire de s'engager dans des comportements économiseurs d'énergie au quotidien. Quant à la taxe carbone, elle apparaît plus comme un effet de communication que comme un début de remède aux maux qui nous sont prédits.

Ce débat a démontré l'implication des Socialistes dans les questions d'environnement et de développement durable qui seraient à traiter, dans le respect des libertés individuelles, avec une approche pragmatique et sociale qui tienne aussi compte de l'humain.

02/11/2009

Comment maîtriser les nuisances sonores engendrées par l’aéroport Montpellier-Méditerranée ?

Tout aérodrome soumet son environnement à des nuisances sonores : l’aéroport de Montpellier-Méditerranée ne fait pas exception.

 

Sont concernées les communes de Lattes, surtout, de Palavas, Pérols, Montpellier, Castelnau le Lez, Mauguio, Le Crès, Saint-Aunès, Vendargues et Baillargues mais aussi, dans une seconde couronne, de Clapiers, Jacou, Castries, Saint-Brès et Valergues.

 

Le bruit est généré par les vols commerciaux mais aussi les vols des écoles de formation, l’aviation d’affaires, les aéroclubs.

 

Ces trois dernières sources de bruit impactent fortement la zone de Boirargues, sur la commune de Lattes.

 

Concernant l’aviation commerciale, activité principale, les avions sont classés suivant 3 niveaux de bruit (approche en phase d’atterrissage, décollage à pleine puissance, survol).

 

L’émission sonore est de plus en plus limitée en fonction de leur date de certification : avant 1977, entre 1977 et 2006 et après 2006.

En 30 ans, les gains ont tout de même été de 20 dB (décibels).

 

Des seuils de bruit (99 dB à l’arrivée et 104,5 dB au départ) sont fixés par le Service de la navigation aérienne, un service de l’Etat, qui peut infliger des amendes de plusieurs milliers d’euros aux contrevenants.

 

L’absence de vols de nuit (entre minuit et 5 heures du matin) à Montpellier est un avantage certain pour les riverains.

 

Une association, forte de plusieurs centaines d’adhérents, veille sur les nuisances sonores de l’Aéroport Montpellier-Méditerranée : il s’agit de l’ADECNA (Association de défense contre les nuisances aériennes).

 

Cette association est d’une grande vigilance et d’un grand sérieux. Elle participe au comité de suivi mis en place par les gestionnaires de l’aéroport.

 

L’ADECNA est indépendante des financements publics et ne vit que des cotisations de ses adhérents.

 

Cette association a mis en place un « guichet unique » qui comptabilise par téléphone, télécopie ou mèl, toutes les plaintes liées au bruit excessif ce qui permet d’établir un calendrier des nuisances et d’élaborer une meilleure argumentation lors des négociations.

 

D’après la société aéroportuaire, les riverains se plaignent essentiellement de l’activité de l’aviation légère (25 %), des vols d’entraînement en piste principale (18 %), des atterrissages face à la mer et des départs vers la vallée du Rhône (12 %).

 

L’ADECNA est formellement opposée aux vols de nuit et à l’allongement de la piste.

 

Cette association a obtenu ces dernières années des améliorations importantes.

 

La trajectoire verte (= « trajectoire idéale » compte tenu de l’urbanisation existante) que l'ADECNA préconisait a été retenue, en novembre 2007, par le Préfet, après analyse de plusieurs hypothèses.

 

Auparavant, les trajectoires passaient au dessus de Castelnau le Lez, de Montpellier, du Crès, de Saint-Aunès et de la Grande-Motte.

 

Dorénavant, les départs vers le Nord suivent l’autoroute A9, en direction de Lunel.

 

L’utilisation de la piste principale par tous les avions a aussi été bénéfique (certains empruntaient précédemment la piste secondaire).

 

Le maire de Baillargues s’est opposé à cette trajectoire verte et la commune de Saint-Aunès est moins bien lotie qu’avant.

 

Toutefois, globalement, la trajectoire verte est une avancée très importante pour des dizaines de milliers d’habitants.

 

Pour que le bruit soit minimisé au décollage, il faut que les avions montent très rapidement car plus l’aéronef est haut et moins le bruit au sol est important (pour donner un ordre d’idée : à 6 km de la piste, un avion est à 1.000 pieds d’altitude, soit environ 800 m).

 

Les techniques à utiliser sont les suivantes :

-         au décollage, une poussée des moteurs réduite en s’aidant au maximum des dispositifs hypersustentateurs (volets, becs de bord d’attaque) jusqu’à une hauteur de 1.200 pieds, soit 1.000 m environ, avant d’accélérer,

-         à l’atterrissage, la non utilisation des inverseurs de poussée, très bruyants.

 

Les Melgoriens sont largement bénéficiaires de la trajectoire verte puisque 10 % des départs, contre près d’un tiers auparavant, survolent maintenant Mauguio.

 

Toutefois, 50 % des pilotes ne respectent pas cette trajectoire verte. Les raisons sont multiples : pour gagner du temps, économiser du carburant, par facilité ou par ignorance (un pilote peut enchaîner 5 vols par jour et autant d’aéroports !).

 

La société aéroportuaire, quant à elle, souhaite « apporter une contribution active à la poursuite des objectifs de la charte de qualité de l’environnement sonore ».

 

Elle a signé, le 7 octobre 2008, un code de bonne conduite environnementale.

 

Les compagnies aériennes ont signé ce code préconisé par la « Charte d’environnement sonore » dont s’est doté l’aéroport.

 

Ainsi, tous les pilotes sont tenus de suivre des trajectoires prédéfinies, pour réduire les nuisances aériennes.

 

Toutefois, les compagnies low-cost, sans représentation locale, n’ont pas signé, à ce jour, le code de bonne conduite, même si en terme de respect de la réglementation édictée par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), elles ont les mêmes obligations que les autres compagnies.

 

D’autre part, les stations de mesure de bruit au sol ont été déplacées, en juin 200,8 pour tenir compte de la nouvelle trajectoire verte : elles sont implantées au Lycée Champollion sur la commune de Lattes et à l’école Georges Brassens à Baillargues.

 

Enfin, un PEB (Plan d’exposition au bruit) a été arrêté : il permet, comme les plans de prévention des risques d’inondation ou d’incendie de forêt, de règlementer l’urbanisation.

 

Ce zonage est d’une grande utilité : le seul bémol à émettre est que l’ACNUSA (Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires) a décidé de ne pas prendre en compte la "zone D" dans le PEB de l’Aéroport Montpellier-Méditerranée, comme l’aurait souhaité l’ADECNA.

 

Cette critique est à relativiser puisque la zone D recouvre en fait un niveau de bruit très faible.

 

Quelles sont les améliorations à attendre à l’avenir ?

-         l’aéroport pourra se doter d’un ILS (= balise d’approche et d’atterrissage) permettant un meilleur respect des trajectoires mais ce dispositif est pour l’heure extrêmement coûteux,

-         les avions de la génération postérieure à 2006, beaucoup moins bruyants, vont s’imposer à la longue.

29/10/2009

Quel avenir pour l’aéroport Montpellier-Méditerranée ?

L’aéroport Montpellier-Méditerranée est idéalement placé à proximité de la capitale régionale.

 

Avec, en 2008, un trafic de 1,25 millions de passagers commerciaux, il occupe en France la 11ème position.

 

Le trafic de 2 millions de voyageurs envisagé il y a quelques dizaines d’années ne sera pas atteint.

 

En effet, le Grenelle de l’environnement privilégie maintenant le TGV sur les trajets nationaux et le court courrier international.

 

Montpellier est actuellement à 3 h 15 du Centre de Paris en TGV (et sera à moins de 3 h une fois le contournement de Nîmes par la Ligne à grande vitesse - LGV - construit) et à 1 h 15 d’Orly.

 

L’extension à l’aéroport de Montpellier, jadis envisagée, n’est pas d’actualité.

 

Compte tenu des contraintes liées au réchauffement climatique, le transport aérien sera de plus en plus spécialisé vers le long courrier.

 

Avec la même énergie, un passager effectue, en effet, 1 km en voiture, 5 km en train (le plus économique) et entre 1 et 2 km en avion (à condition que le trajet, pas trop court, ne comporte pas essentiellement des phases de décollage et d’atterrissage).

 

C’est pourquoi, l’aéroport de Montpellier vise le développement de lignes avec les grandes capitales européennes pour des flux essentiellement touristiques (avec des compagnies régulières ou à bas coût), renforcés par les flux d’affaires.

 

L’installation d’une compagnie basée à Montpellier, comme ce fut le cas avec Air Littoral, doperait la fréquentation.

 

Sur le plan des infrastructures, le départ de l’Armée de Nîmes hypothèque l’avenir de l’aéroport de la capitale gardoise.

 

La faiblesse de sa fréquentation (250.000 voyageurs environ) pose la question de sa viabilité.

 

Cet aéroport pourrait toutefois offrir une seconde piste à celui de Montpellier.

 

Une navette ferroviaire pourrait en effet relier l’aéroport de Montpellier-Méditerranée et son annexe à Nîmes. Bien entendu, cette solution technique ne peut être envisagée qu’une fois la Ligne à grande vitesse (LGV) réalisée. L’idée de cette intermodalité entre transport aérien et terrestre est séduisante.

 

L’aéroport de Nîmes possède un avantage : il est moins contraint en terme de proximité des zones urbanisées.

 

Les nuisances sonores peuvent en effet être un frein au développement du trafic si elles ne sont pas maîtrisées.

 

Sur le plan organisationnel, la nouvelle société aéroportuaire (actionnaires : Etat, Chambre de Commerce et d’Industrie, Région, Département, Agglomération de Montpellier et Communauté de communes de l’Etang de l’Or) veut développer une stratégie de valorisation du foncier de la plate-forme aéroportuaire pour la création d’activités (une bonne centaine d’hectares restant à aménager sur un total de 475 ha).

 

En conclusion, il est fortement probable que le développement de l’aéroport Montpellier-Méditerranée sera dans les prochaines décennies essentiellement qualitatif, avec :

- une internationalisation des vols,

- un effort en terme de développement durable,

- une extension de la plate-forme aéroportuaire pour accueillir de nouvelles entreprises,

- une prise du pouvoir par les Collectivités territoriales soucieuses du développement local.

 

Suite dans la note : "Comment maîtriser les nuisances sonores engendrées par l'aéroport Montpellier-Méditerranée ?",

à paraître le 26 octobre 2009

28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.

24/10/2009

Les nouveaux paysans ne doivent pas être privés de terres

Une centaine de jeunes paysans et paysannes ont occupé, début octobre, les locaux de la SAFER Languedoc-Roussillon, à Lattes.

 

Cette action pacifique avait pour objectif de protester contre la difficulté d’accéder au foncier que connaissent de nombreuses personnes désirant s’installer en agriculture.

 

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Si l’on prend l’exemple de la région de Montpellier, les candidats à l’installation agricole rencontrent les difficultés suivantes :

-         refus de propriétaires de louer des terres abandonnées par peur du statut du fermage ou par attachement patrimonial,

-         concurrence des nouvelles infrastructures et de l’urbanisation,

-         augmentation du prix du foncier,

-         existence de grands domaines (manades, exploitations viticoles) qui laissent peu de place,

-         investisseurs étrangers ou locaux transformant des terres agricoles en terrains de loisirs.

 

Cette pression foncière est la plus forte dans la première couronne de Montpellier et plus encore sur le littoral.

 

La SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a reçu du législateur mandat de donner priorité aux jeunes agriculteurs (dits JA) sous certaines conditions d’âge (moins de 40 ans), de diplôme (minimum le niveau Bac) et de taille d’exploitation (un revenu minimum à atteindre rapidement).

 

Ces conditions excluent tout de même les 3/4 des nouveaux installés en agriculture dans l’Hérault.

 

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Ces derniers passent en outre très souvent après l’agrandissement des exploitations en place.

 

C’est encore plus vrai dans les régions céréalières (Camargue et Lauragais aux marges du Languedoc-Roussillon), comme d’élevage, où chaque hectare détenu ouvre droit à des primes européennes substantielles, ce qui pousse donc à l’accumulation de foncier.

 

Les terres qui partent à l’agrandissement ne vont pas à l’installation : c’est destructeur d’emploi et cela ne permet plus le renouvellement des générations en agriculture.

 

C’est pour cette raison qu’il existe en France des paysans sans terre et pas seulement au Chiapas, état fédéré du Mexique aux confins du Guatemala.

 

L’accès à la terre est un combat.

 

Les jeunes de la Coordination Européenne Via Campesina qui ont occupé la SAFER Languedoc-Roussillon s’étaient précédemment établis à Minerve pour un campement européen rassemblant les jeunes et futurs paysans, les personnes ayant un projet d’installation, les paysans sans terre.

 

L’hébergement a été assuré par la ferme collective Clavirola.

 

Ce regroupement s’est opéré dans le cadre de l’opération européenne « Reclaim the Fields ».

 

Leur combat devrait aussi être celui d’une majorité d’Européens : permettre l'accès à la terre pour des agricultures vivrières respectueuses de l'environnement.

 

En effet, nous assistons au remplacement de l’agriculture paysanne et familiale par des modes de production et de consommation industriels contrôlés par les entreprises multinationales.

 

Cette évolution détruit des modes de vie qui ont pourtant prouvé leur capacité à maintenir un lien harmonieux entre les êtres humains, entre les sociétés et leur environnement.

21/10/2009

Célébration du 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits des enfants

Le 20 novembre 2009 sera célébré, dans le Monde entier, le 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits des enfants.

La campagne lancée vise à inciter les enfants des écoles et des centres de loisirs à réaliser des portraits qui proclament les droits des enfants, avec de la peinture, un collage, un dessin et des bulles réaffirmant les droits de l'enfant.

Site Internet donnant toutes les informations sur cette noble initiative : "20 ans de droits" .

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19/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SYBLE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

Si les commissions locales de l’eau (CLE) définissent les règles locales de gestion de l’eau en complément des règlementations nationales et européennes, des syndicats regroupant les collectivités locales concernées par un bassin versant sont nécessaires pour financer et exécuter les études et les travaux tendant à atteindre les objectifs de qualité des eaux et des milieux aquatiques.

 

Si l’on prend l’exemple du bassin versant constitué par le Lez, la Mosson et les étangs palavasiens, la maîtrise d’ouvrage des études et des travaux est portée par le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE)qui regroupe le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SYBLE concerne 43 communes et 380.000 habitants (estimation datant de 2006).

 

Le SYBLE met en application les préconisations du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

 

Le SYBLE est « l’exécutif » et la Commission locale de l’eau (CLE) le « législatif ».

 

Le SYBLE emploie 4 salariés : une directrice et une secrétaire-comptable, un ingénieur hydraulicien et un technicien de rivière.

 

Ce dernier suit les chantiers ayant un impact, direct ou indirect, sur les cours d’eau, les masses d’eau et les milieux aquatiques (comme les étangs littoraux, les mares ou encore les zones humides).

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Construction d'une passerelle piétonne sur la Lironde (communes de Montferrier et de Montpellier)

 

Le grand chantier mené par le SYBLE actuellement est la lutte contre les inondations.

 

En effet, sur les 43 communes concernées, 22.000 habitants sont exposés à ce risque, principalement dans la plaine.

 

Les débordements de cours d’eau sont à craindre comme conséquence des « épisodes cévenols » ou des « épisodes méditerranéens », fréquents autour de Montpellier, mais aussi des ruissellements urbains dus à l’imperméabilisation croissante des sols.

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Passerelle de la Valette submergée et endommagée par la crue du Lez de décembre 2003 qui a dû être détruite depuis (communes de Clapiers et de Montpellier)

 

Les travaux les plus emblématiques, du fait de leur urgence, sont le creusement du chenal de la Lironde, le partiteur de crue sur le Lez, le réhaussement et le renforcement des digues du Lez lors de sa traversée de la commune de Lattes.

 

Le SYBLE développe ces aménagements dans le cadre d’un Programme d’actions de prévention des inondations (appelé PAPI).

 

L’intérêt de ce syndicat mixte est évident pour fédérer l’intervention conjointe de multiples collectivités territoriales.

 

Cela vient d’être le cas, en 2009, avec les travaux de désembâclement de la Mosson et du Lez : enlèvement des obstacles végétaux, essentiellement des arbres morts, obstruant le lit majeur d’un cours d’eau, pouvant faire barrage au transfert vers l’aval d’une crue et pouvant ensuite, par rupture, générer une vague dévastatrice pour l’aval.

 

En effet, c’est aux communes, compétentes légalement en la matière, de financer les travaux.

 

Le SYBLE a donc coordonné l’obtention des déclarations d’intérêt général (DIG) nécessaires pour travailler dans les propriétés privées, choisi l’entreprise, surveillé le chantier et fait les appels de fonds auprès des communes pour régler la dépense.

 

Les travaux ont pu se faire aux bonnes dates pour préserver la nidification des oiseaux et la reproduction du Chabot du Lez (un poisson endémique).

 

Le PAPI représente un programme ambitieux réparti en 5 axes sur 2007/2013, mobilisant des fonds publics importants :

-         amélioration de la connaissance du risque par des actions de formation ou d’information du public pour 1,7 M€,

-         amélioration de la surveillance des dispositifs de prévision d’alerte pour 0,6 M€,

-         mesures de réduction de la vulnérabilité des bâtiments et des activités implantés dans les zones à risque pour 1,3 M€,

-         actions de ralentissement des écoulements et travaux de restauration des cours d’eau pour 34,2 M€,

-         aménagements de protection pour 17,9 M€.

 

C’est la Décentralisation de 1993 qui permet cette nouvelle gestion des eaux, plus en phase avec les préoccupations des habitants.

17/10/2009

Une gestion globale des eaux enfin possible depuis la Décentralisation (l’exemple du SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens)

La gestion de l’eau revêt en milieu méditerranéen une grande importance en terme de préservation des milieux naturels et de prévention des risques majeurs, tels les inondations.

 

L’approche par bassin versant, en l’occurrence, ceux de l’Etang de Thau, des Etangs palavasiens, de l’Etang de l’Or, de la Mosson et du Lez, autour de Montpellier, offre une cohérence d’analyse et d’action.

 

Depuis la loi sur l’eau de 1992, votée sous le second septennat de François Mitterrand et Edith Cresson Premier ministre, qui prônait un équilibre entre la satisfaction des usages (eau potable, eau d’irrigation, pêche, sports d’eau vive, baignade, etc.) et la préservation des milieux (ripisylves, zone de frayères, lagunes littorales, etc.), beaucoup d’eau a coulé sous les ponts !

 

La Décentralisation, sous l’égide de Gaston Defferre (natif de Marsillargues), en 1993, a permis, depuis, une gestion locale, au plus près du terrain, des problématiques liées à l’eau.

 

Focalisons-nous, pour illustrer ce propos, sur les bassins versants réunis de la Mosson, du Lez et des Etangs palavasiens, compte tenu de l’actualité récente.

 

Ce secteur est maintenant doté d’un Schéma de gestion et d’aménagement des eaux (dit SAGE) respectant les grandes orientations édictées par l’Europe et le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (dit SDAGE) qui couvre de ses préconisations tout le bassin versant du Rhône, de ses affluents et des fleuves côtiers de la Mer Méditerranée.

 

Un SAGE définit des interdictions (prélèvement d’eau d’irrigation dans le Lez, dépôt de matériaux ou de terre dans le lit majeur des cours d’eau, etc.) et fixe des objectifs de qualité du milieu (enlèvement des embâcles obstruant les écoulements dans les lits mineurs des cours d’eau, restauration des berges érodées, traitement poussé des eaux usées, etc.).

 

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Les milieux aquatiques sont d'une grande richesse

 

Le SAGE est opposable aux tiers et aux administrations : c’est-à-dire que tous les aménagements et tous les travaux doivent respecter ses exigences.

 

En outre, le SAGE est obligatoirement transcrit, depuis 2004, dans tous les documents d’urbanisme : Schéma de cohérence territoriale (SCOT), au niveau intercommunal, et Plans locaux d’urbanisme (PLU), au niveau des communes.

 

Le SAGE Lez-Mosson-Etangs palavasiens a été approuvé par arrêté préfectoral le 29 juillet 2003 après 10 ans de préparation conjointe par les Services de l’Etat et des Collectivités territoriales, les élus locaux, les associations de défense de l’environnement et du milieu économique.

  

Cette élaboration participative, fruit de la réflexion des acteurs locaux, est à souligner.

 

Plus récemment, la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, dite LEMA, oblige à une révision de tous les SAGE d’ici fin 2010.

 

Ces nouveaux SAGE devront permettre d’atteindre, partout en France, le « bon état des masses d’eau », cet objectif étant fixé par la Directive cadre sur l’eau (appelée DCE) de l’Union européenne.

 

C’est à cette tâche de révision que s’est attelée la Commission locale de l’eau (CLE que l’on prononce « clé »), réunie le 22 septembre 2009 à la Maison de l’environnement au Domaine de Restinclières (commune de Prades le Lez).

 

La CLE est le « Parlement de l’eau » sur un bassin versant donné : elle regroupe 32 élus, 14 représentants des usagers, des propriétaires riverains, des organisations professionnelles (pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, etc.), des associations et 7 représentants des administrations.

 

La CLE adopte les règles locales communes de gestion de l’eau qui s’imposent à tous, dans l’intérêt général.

 

La CLE ne possède toutefois aucune ressource financière.

 

Il est donc nécessaire d’avoir un « exécutif », en l’occurrence le Syndicat mixte Lez Mosson Etangs palavasiens (SYBLE) qui a comme membres financeurs : le Département de l’Hérault et 7 établissements publics de coopération intercommunale (communautés d’agglomération de Montpellier et du Bassin de Thau, communautés de communes du Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, de l’Orthus, de Séranne-Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or).

 

Le SAGE et le SYBLE concernent les 43 communes suivantes : Argelliers, Assas, Aumelas, Castelnau le Lez, Cazevieille, Clapiers, Combaillaux, Cournonsec, Cournonterral, Fabrègues, Grabels, Guzargues, Juvignac, Pignan, La Boissière, Lattes, Lavérune, Le Triadou, Les Matelles, Mireval, Montarnaud, Montferrier sur Lez, Montpellier, Murles, Murviel les Montpellier, Palavas, Pérols, Prades le Lez, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Saint-Georges d’Orques, Saint-Jean de Cuculles, Saint-Jean de Védas, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Paul et Valmalle, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saussan, Vailhauquès, Valflaunès, Vic la Gardiole, Villeneuve les Maguelone, Viols en Laval, Viols le Fort.

 

Depuis l’approbation du SAGE en 2003, la CLE a été saisie, pour avis, sur 60 dossiers dits « d’autorisation loi sur l’eau » ou concernant les « Installations classées au titre de l’environnement » (usines, carrières, etc.).

 

Le projet du LIEN (le contournement routier du Nord de Montpellier) a notamment fait l’objet d’une expertise, du fait principalement qu’il passe au dessus de la Source du Lez, alimentation principale en eau potable des Montpelliérains : une étanchéité parfaite et la création de bassins d’orage pour la récupération de toutes les eaux de ruissellement ont été préconisées.

 

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Travaux sur le LIEN, maintenant ouvert à la circulation, sur la commune du Triadou

 

En tant qu’outil de planification concertée de la gestion de l’eau, le SAGE permet d’organiser l’avenir à 10 ans, de créer un cadre d’action commun et d’adopter des règles locales communes.

 

La réglementation prévoit en outre, maintenant, une concertation entre tout pétitionnaire (le maître d’ouvrage) et la CLE, dès le stade de la conception de l’aménagement, de l’infrastructure ou de l’équipement, ce qui apporte une plus-value importante en terme d’adaptation aux contraintes de préservation de la ressource en eau.

 

La reconquête de la qualité des étangs palavasiens grâce à la mise aux normes de la station d’épuration Maera, les travaux de protection de l’agglomération de Lattes contre les inondations, les périmètres de protection de la source karstique du lez sont autant d’exemples de préconisations du SAGE qui ont d’ores et déjà été mises en œuvre.

 

Prochaine note sur le SYBLE le 18 octobre 2009.

16/10/2009

Nouveau découpage électoral (suite)

Le Gouvernement Fillon et le Président de la République ont bouclé le nouveau découpage électoral qui présidera aux prochaines élections législatives de 2.012.

Remanier les circonscriptions, c’est toucher le système démocratique d’un pays.

Redessiner les contours de la carte électorale, c’est s'attaquer à la représentativité politique.

Respecter la République et la Démocratie aurait dû conduire Alain Marleix, Secrétaire d’état à l’intérieur et aux collectivités territoriales, mais aussi « Monsieur élection » de l’UMP, a une grande neutralité.

Ce respect de l’équilibre n’a malheureusement pas présidé au nouveau découpage dont on parlera certainement longtemps, comme feu le découpage Pasqua de 1986, que ce soit en France ou dans l’Hérault.

En effet, la carte électorale de notre département a subi de profondes modifications.

Tout d’abord, du fait de la forte croissance démographique, le nombre de députés passe dans l'Hérault de 7 à 9.

Quelles sont les modifications autour de Montpellier ?

La 2nde circonscription « Montpellier 2 » (quartier de La Paillade, du Petit-Bard et des Cévennes notamment à Montpellier), déjà à Gauche, perd le 2ième canton de Montpellier et gagne le 3ième canton de Montpellier plus à Gauche que le 2ième.
C’est donc de fait un sanctuaire pour le Parti socialiste afin de donner plus de chance aux candidats UMP dans les circonscriptions voisines.

La 1ère circonscription « Montpellier-Saint-Jean de Védas », gagne le 8ième canton (Saint-Jean de Védas, Lavérune et quartier Estanove de Montpellier) au détriment du 4ième canton (quartier Port Marianne de Montpellier).
La commune de Villeneuve lès Maguelone lui est aussi rattachée.

La 4ième circonscription « Montpellier-Lodève » perd les cantons de Clermont l’Hérault, de Pignan et de Montpellier 8 mais gagne le canton de Mèze.

La 8ième circonscription « Montpellier-Frontignan », nouvellement créée, comprend les cantons de Frontignan (sans la commune de Villeneuve lès Maguelone), de Pignan et de Montpellier 10 (Grabels, Juvignac et quartier Euromédecine à Montpellier).

La 9ième circonscription « Montpellier-Lunel-Mauguio », nouvellement créée, comprend les cantons de Mauguio, une partie de celui de Lunel (amputé de 7 communes du Nord) et le canton de Montpellier 4.
Elle est manifestement taillée pour un candidat de Droite.

Enfin, la 3ième circonscription « Montpellier Nord-Est », est la plus compliquée à décrire.
Elle comprend 30 communes au total.
Elle regroupe les cantons de :
- Castelnau le Lez (Castelnau et Le Crès),
- Castries (Assas, Baillargues, Beaulieu, Buzignargues, Castries, Galargues, Guzargues, Jacou, Montaud, Restinclières, Saint-Brès, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies, Sussargues),
- Claret, en ce qui concerne son enclave dans celui de Lunel (Campagne et Garrigues),
- Montpellier 2 (Clapiers, Monferrier et quartiers Hôpitaux-Facultés),
- Lunel, pour sa partie nord (Saussines, Boisseron, Saint-Christol, Saint-Sériès, Villetelle, Saturargues et Vérargues).

 

Nouveau découpage électoral

Alain Marleix, Secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités territoriales, a rendu cet été sa proposition de réaménagement de la carte électorale. Son approbation est prévue avant janvier 2010. Elle doit faire l’objet d’une ordonnance du Gouvernement qui souhaite qu’elle soit applicable aux élections législatives de 2012.

Le précédent découpage des circonscriptions datait de 1986 : il s’agit du découpage Pasqua (ancien Ministre de l’intérieur maintenant rattrapé pas certaines affaires) dont Alain Marleix a été un conseiller.

Ce dernier, qui est aussi, par ailleurs, le « Monsieur élection » de l’UMP, a travaillé sous la haute influence de l’Elysée.

Si le découpage Pasqua est toujours aussi controversé, c’est qu’il assurait déjà à la Droite de détenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale du moment qu’elle arrivait à franchir un seuil (forcément variable puisque l’élection se fait circonscription par circonscription) légèrement supérieur à 48 %.

Ce qui signifie qu’à moins de 52 % de Français s’exprimant dans les urnes pour la Gauche, cette dernière avait peu de chance d’être majoritaire et donc de gouverner le pays.

Le nouveau découpage « en rajoute une couche ».

Il n’est pas vraiment le résultat d’un exercice démocratique : il tend à favoriser les députés UMP et les futurs candidats de ce parti (hégémonique à Droite et à l’Assemblée nationale où il détient la majorité absolue).

Même pour le député UMP de la 3ème circonscription de l’Hérault (Montpellier-Lunel), s’exprimant à l’Assemblée nationale en séance du 20 novembre 2008, le doute existait : « M. le secrétaire d’État chargé du découpage nous assure de l’impartialité de l’exercice. Certains le croient, d’autres moins, d’aucuns pas du tout. »

Le Parti Socialiste, quant à la lui, estime ce réaménagement de la carte électorale « pas digne d’une démocratie », « partial », « partisan » et compte bien utiliser toutes les voies de recours possibles.

Les Verts, comme le Parti Communiste Français, ont souligné « un projet déséquilibré et partisan ». Ces deux partis ont souhaité, à cette occasion, l’institution d’un scrutin proportionnel (le Parti Socialiste est d’accord pour qu’une partie des députés soit désigné à la proportionnelle afin que toutes les sensibilités politiques soient représentées, tout en permettant l’émergence de majorités stables).
Le réaménagement de la carte électorale s’avérait nécessaire depuis de nombreuses années (Lionel Jospin n’avait pas voulu y toucher de peur de prêter le flanc à des accusations de « tripatouillage électoral »).

En effet, la justice veut qu’un député représente un nombre d’électeurs pas trop différent d’une circonscription à une autre, étant le représentant de la Nation « une et indivisible ».

C’est pourquoi, un objectif de 111.500 habitants (la moyenne est en fait avec le recensement officiel à 113.045), à plus ou moins 15 %, a été poursuivi.

Au niveau national, le nouveau découpage maintient 238 circonscriptions inchangées et en modifient 306.

Le nombre total de circonscriptions, soit 577, ne change pas.

Toutefois, 33 sièges sont supprimés dans 27 départements.

19 circonscriptions sont créées dans 15 autres (dont 1 dans le Gard et 2 dans l'Hérault) ainsi que 3 dans les Territoires d’Outre-Mer et 11 pour les « Français de l’étranger ».

25 départements sont remodelés sans variation du nombre de députés.

Finalement, 464 circonscriptions sur 577 entrent, en terme de population, dans l’intervalle centré sur la moyenne nationale plus ou moins 15 %. En outre, toutes les circonscriptions sont maintenant dans l’intervalle centré sur la moyenne départementale à plus ou moins 17,5 %.

Une « commission constitutionnelle indépendante » a été amenée à donner son avis : elle n’a amené aucune modification aux propositions d’Alain Marleix dans l’Hérault.

Cette commission a dressé un bilan de la représentation politique ayant trait à la suppression des circonscriptions : les 27 départements concernés totalisent actuellement 89 députés de la Majorité et 106 de l’Opposition (qui manifestement a été moins ménagée par les ciseaux du découpage).

En outre, Alain Marleix a fait manifestement en sorte de cantonner des voix de Gauche dans certains circonscriptions, en regroupant notamment des quartiers populaires (c’est le cas de la circonscription « Montpellier 2 » dans l’Hérault dont la forme « biscornue » ne trompe personne), voix qui sont donc susceptibles de manquer pour faire une majorité dans les circonscriptions adjacentes.

Ce redécoupage n’est certes pas une assurance tout risque pour la Droite car, arrivé à un certain point, le scrutin majoritaire entraîne, comme un château de cartes, la perte de circonscriptions, mais il assure, en cas de scrutin serré, ce qui est très souvent le cas, une marge confortable.

Le pire est sûrement à venir du côté des 11 nouveaux députés des Français de l’étranger puisque certains « expatriés » attestent d’un « nettoyage » des listes électorales, amorcé depuis plusieurs mois et qui ne présage rien de bon pour la Gauche.

En effet, les Français établis hors de France étaient, jusqu’à présent, inscrits dans le bureau de vote de leur ancienne résidence, de l'endroit où ils payaient un impôt local, de leur conjoint, de leur lieu de naissance, etc. Ils étaient donc éparpillés. Au nombre de 700.000, leur expression était diluée.

Les Français de l'étranger votaient soit personnellement, notamment dans les ambassades et les consulats, soit la plupart du temps par procuration. Le Conseil d’état avait demandé un alignement sur le scrutin majoritaire appliqué en Métropole et dans les DOM-TOM et donc la création de circonscriptions spécifiques (exemple de ces nouvelles circonscriptions : Canada + USA, Suisse + Lichtenstein, Italie + Grèce + Chypre + Turquie, etc.).

Suite de la note : le 23 septembre 2009

La prolifération des sangliers inquiète dans l’Hérault (suite n° 2)

Face à la prolifération des sangliers ces dernières années, les chasseurs, les pouvoirs publics et les élus locaux ne sont pas restés l’arme au pied.

 

Les municipalités peuvent demander à la Préfecture et à la Fédération de chasse l’organisation de battues, dites administratives, organisées notamment en dehors des périodes d’ouverture de la chasse, sous couvert d’un lieutenant de louveterie.

 

Le Préfet, de son côté, a défini dans l’Hérault 34 unités de gestion (UG), secteurs homogènes sur le plan cynégétique qui doivent correspondre à des réalités biologiques pour les espèces chassées, et demande aux sociétés de chasse de définir un plan de gestion annuel du gibier.

 

Chaque UG « grand gibier » est responsabilisée en payant une participation financière proportionnelle au coût des indemnisations des dégâts subis par les agriculteurs.

 

Les chasseurs héraultais, quant à eux, ont augmenté leurs prélèvements dans les zones sensibles où les dégradations dues aux sangliers se multiplient.

 

La régulation des populations de sangliers doit continuer à être confiée aux chasseurs, en tant que gestionnaires reconnus de la faune sauvage.

 

Quelle aide peut amener la collectivité ?

 

Il est nécessaire à moyen terme de lutter contre un trop important envahissement par la forêt du territoire.

 

Les propriétaires forestiers, que se soient des communes ou des particuliers, doivent adapter leur sylviculture.

 

Il est nécessaire d’exploiter les taillis de Chênes-verts pour le bois-bûche (c’est un usage ancestral dans le Midi) et le Pin d’Alep comme source de bois-énergie, via sa transformation en plaquettes forestières, maintenant utilisées dans les chaudières collectives ou domestiques.

 

L’objectif est de rendre moins dense le couvert forestier et donc de mettre un peu plus à découvert les hardes de sangliers.

 

La réintroduction de troupeaux ovins serait de même un auxiliaire efficace, présentant de multiples avantages :

-         relance d’une filière d’approvisionnement en agneaux de lait Bio,

-         développement de l’emploi agricole local,

-         conservation des paysages,

-         préservation de la biodiversité inhérente aux prairies sèches,

-         prévention des incendies de forêt,

-         maintien des milieux naturels ouverts.

 

Malheureusement, s’il reste encore quelques rares bergers autour de Montpellier, cette idée de réintroduction de troupeaux s’apparente à l’Arlésienne.

 

Concernant la panoplie réglementaire dans les mains du Préfet, plusieurs mesures administratives peuvent être décidées :

-         autorisation individuelle de tir à l’approche ou à l’affût, notamment pour les agriculteurs,

-         battue administrative pour régler des problèmes ponctuels (battue à tir) qui vise à maximiser les animaux prélevés,

-         battue d’effarouchement (battue à blanc) pour décantonner les sangliers des cultures ou d’une zone habitée,

-         tir de nuit pour repousser les animaux (avec la crainte que cela facilite le braconnage).

 

Ces mesures peuvent s’appliquer dans toutes les zones hébergeant des populations de sangliers, y compris les réserves et les zones de non chasse.

 

Le Préfet a aussi la possibilité aussi de classer le sanglier parmi les espèces nuisibles ce qui déclenche l’interdiction des lâchers, l’exigence d’une haute pression de chasse et la possibilité d’une destruction des animaux au mois de mars.

 

Ce déclassement du sanglier, de gibier à nuisible, recèle en son sein une forte portée symbolique pour les chasseurs qui l’appréhende fortement.

 

Il semble donc plus raisonnable d’imaginer l’imposition à chaque société de chasse d’un plan de chasse total.

 

Contrairement au plan de gestion, un plan de chasse prévoit une obligation de résultat, sous la forme d’un prélèvement minimum sur le plan qualitatif et quantitatif, comportant un nombre minimal de femelles.

 

Les chasseurs n’atteignant pas le prélèvement minimum exigé risquent une pénalité.

 

Dans cette nouvelle donne, les pouvoirs publics doivent étudier et mettre en place rapidement des schémas départementaux de gestion cynégétique, bien cerner les populations animales, mettre en place un suivi des tableaux de chasse et être en capacité d’ajuster en cours de campagne le niveau de prélèvement.

 

Une autre mesure paraît à terme inéluctable : il s’agit de l’interdiction de l’agrainage, c’est-à-dire le nourrissage artificiel des sangliers par épandage de céréales.

 

En effet, plus la nourriture est disponible en abondance et plus la natalité des laies est importante.

 

En outre, cette pratique attire les sangliers sur des territoires nouveaux, périphériques de leur aire de prédilection.

 

Enfin, une revendication des chasseurs est de pouvoir chasser tous les jours et pas seulement les mercredis, samedis et dimanches, qui concentrent d’ailleurs l’essentiel de la fréquentation en milieu naturel.

 

Cette proposition heurte certains usagers de la nature dont les activités peuvent présenter des incompatibilités avec la chasse.

 

L’allongement de la période de chasse effective peut aussi concerner l’avant et l’après saison, ce qui serait vraisemblablement mieux accepté par les populations, notamment urbaines.

 

En conclusion, la régulation des populations de grand gibier est possible mais ne sera pas facile : elle dépend essentiellement des chasseurs sur les épaules desquels pèsera donc une responsabilité croissante.

13/10/2009

Résultats du référendum contre la privatisation de la Poste

La votation citoyenne organisée par le « Comité national contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et pour un référendum sur le service public postal », dans la semaine du 28 septembre au 3 octobre 2009, a connu un franc succès, au niveau national, avec un cumul de 2,1 millions de Français s’étant déplacé pour dire, à 98 %, leur opposition à la privatisation de la Poste.

 

Ce Collectif regroupe des partis politiques de Gauche (Parti Socialiste, Parti Communiste Français, Parti Radical de Gauche, Mouvement Républicain et Citoyen, Les Verts, Nouveau Parti Anticapitaliste, etc.), des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, etc.) et divers mouvements (Attac, AFOC, DAL, LDH, etc.).

 

Le nombre de bureaux de vote a atteint la barre des 10.000.

 

Le hit parade des 12 communes les plus mobilisées sur ce sujet, autour de Montpellier, est le suivant :

 

 

Commune

Nombre d’inscrits sur la liste électorale en 2009

Nombre de votants au référendum ayant voté « Non » à la privatisation de la Poste

Pourcentage de « Non » à la privatisation de la Poste ramené aux inscrits sur la liste électorale

Claret

1039

407

39,2%

Lavérune

1988

728

36,6%

Brissac

473

143

30,2%

Les Matelles

1269

366

28,8%

Fabrègues

5075

988

19,5%

St Georges d'Orques

4000

665

16,6%

Grabels

3920

588

15,0%

Jacou

3678

531

14,4%

Ganges

2996

406

13,6%

St Martin de Londres

1665

215

12,9%

Vailhauquès

1655

212

12,8%

Clapiers

3631

465

12,8%

                                         Source Midi Libre en date du 8 octobre 2009

 

Cette forte mobilisation, pour une consultation officieuse, prouve le fort attachement des Français à ce service public de proximité.

 

Vive la France, vive la République, vive la Poste !

11/10/2009

Le danger de prolifération des sangliers inquiète dans l'Hérault (suite n° 1)

Dans l’Hérault, la surpopulation des sangliers (Sus scrofa) devient critique en terme de dégâts aux cultures et d’incursions sur les infrastructures routières ou dans les zones résidentielles.

N’en déplaise à certains écologistes, le tir par les chasseurs est, à ce jour, la seule solution éprouvée : une pression de chasse maintenue à un niveau élevé est en effet de nature à enrayer une explosion des populations.

Quels sont les autres moyens de réguler le « cheptel » de sangliers ?

L’empoisonnement : il pose des questions éthiques fondamentales ; il présente des risques pour d’autres animaux ; il est interdit par la réglementation.

Le piégeage : l’animal est très intelligent et d’une grande puissance (« encore faut-il qu’il se laisse piéger et que le piège résiste »).

Les répulsifs : ils ne jouent que sur la fréquentation d’un lieu par le gibier, en l’écartant momentanément, mais ils sont très coûteux et d’une odeur épouvantable.

La contraception des laies par vaccin oral : elle est en expérimentation prometteuse en Grande-Bretagne. Toutefois, les chercheurs doivent maintenant trouver une substance spécifique aux suidés, n’ayant pas le même effet sur le genre humain !

La pose de clôtures : aucune n’y résiste et il n’est pas souhaitable d’empêcher le mélange génétique des populations en compartimentant leur habitat.

Puisque notre salut, éviter l’envahissement par les sangliers, passe par les chasseurs, quelles sont les forces en présence, d’un côté les chasseurs et de l’autre le cheptel de sangliers ?

En ce qui concerne les chasseurs de l’Hérault, ils sont en général polyvalents et s’intéressent au petit gibier, au gibier migrateur (essentiellement grives et palombes), au gibier d’eau et au grand gibier.

La population héraultaise de chasseurs est traditionnellement importante mais déclinante et vieillissante.

38.000 chasseurs héraultais en 1980 et moins de 25.000 maintenant, soit une baisse d’environ 35 %. Une moyenne d’âge de 58,7 ans en 2005, avec seulement 11 % de moins de 30 ans. En novembre 2005, 0,6 % seulement de femmes.

Ces chiffres sont inquiétants.

Toutefois, le report de la chasse au petit gibier (moins de lapins, de lièvres, de perdrix, etc. du fait de la déprise agricole) sur celle au grand gibier se généralise : la vente des vignettes de grand gibier est ainsi passée de 11.500 en 1994/1995 à plus de 13.000 en 2004/2005 (avec en outre une augmentation en 20 ans de près de 54 %). Pour 2008/2009, la Fédération des chasseurs de l’Hérault annonce le chiffre de 15.000.

En ce qui concerne les sangliers de l’Hérault (« rassurez-vous », il peut aussi en venir de l’Aude, du Tarn, de l’Aveyron, de la Lozère et du Gard !), les effectifs sont estimés grossièrement à 9.000 pour 1986-1987 et à 33.000 pour 2008-2009 (on compte deux fois le tableau de chasse annuel).

Après calcul, le match tourne à l’avantage du sanglier avec un peu plus de 0,5 sanglier à abattre par chasseur il y a une vingtaine d’année et un peu plus de 1,1 maintenant !

Pour l'anecdote, le nombre de sangliers dans l'Hérault a irrémédiablement dépassé celui des chasseurs vers l'an 2000.

A l’évidence, en l’état actuel des choses, la prévention des risques dus au sanglier et la protection des territoires menacés ne sont pas acquises pour les années à venir, même s’il est possible de maintenir une population de chasseurs en capacité de chasser, souvent, sur tout le territoire.

Dans ces conditions, quelles aides peuvent-elles être apportées aux chasseurs par les pouvoirs publics, par la collectivité et quelles évolutions de la réglementation semblent nécessaires ?

Suite dans la prochaine note, le dimanche 11 octobre 2009.

Imposition des rentes d’accident du travail : une injustice ou une provocation ?

Le Gouvernement Fillon souhaite imposer les rentes des accidentés du travail alors qu’elles on été, depuis leur création par le Conseil National de la Résistance, toujours exemptées d’impôt sur le revenu.

 

Cette décision du Gouvernement Fillon apparaît comme une injustice sociale.

 

En effet, les accidentés du travail sont des victimes et devraient être indemnisées comme tel.

 

Or, en France, ces indemnités sont forfaitaires et ne couvrent que partiellement le préjudice subi : de ce fait, le dédommagement est faible et le deviendra d’autant plus qu’il fera l’objet d’une nouvelle ponction fiscale.

 

Tous les Français ne sont d’ailleurs pas égaux devant le risque d’accident du travail : incomparablement plus forts pour les ouvriers non qualifiés (souvent issus de l’immigration par ailleurs) que pour les "cols blancs" et les cadres.

 

Plus leur travail est pénible, plus leur emploi est précaire, et plus les salariés subissent de dures conditions de travail, synonymes de risque d’accident.

 

En outre, la dégradation des conditions de travail constatées depuis quelques années a pour corollaire une augmentation des accidents du travail et de leur coût : la branche de la Sécurité Sociale « Accidents du travail », excédentaire pendant des années, est maintenant devenue déficitaire, ce qui est le signe d’une recrudescence, en nombre et en gravité, des accidents au travail.

 

Enfin, les accidentés du travail subissent souvent une double peine :

-         celle de souffrir dans leur chair, voire de rester amoindris, handicapés,

-         celle de subir un licenciement du fait d’une impossibilité de reclassement (c’est plus souvent le cas dans les petites entreprises n’offrant pas un spectre de postes suffisamment diversifié) ou d’une incapacité permanente à occuper le poste antérieur.

 

La décision du Gouvernement Fillon d’imposer les rentes d’accident de travail apparaît de plus comme une provocation.

 

En effet, elle intervient un an à peine après l’instauration du bouclier fiscal qui permet d’exonérer une partie du revenu de quelques milliers de très gros contribuables : cette partie du revenu est constituée la plupart du temps d’intérêts financiers.

 

C’est donc le placement financier qui est privilégié au détriment d’un revenu consécutif à un travail.

 

Cela ne va pas inciter à travailler dans les secteurs d’activités les plus risqués où pourtant la main d’œuvre fait cruellement défaut.

 

Certains verront dans cette nouvelle mesure gouvernementale une provocation « gratuite » car les bénéficiaires des rentes d’accidents du travail étant la plupart du temps de condition extrêmement modeste, le rendement fiscal de cette décision contestable sera faible.

 

Le Gouvernement porte donc globalement une atteinte symbolique à l’image du travail sans pouvoir escompter en contrepartie une contribution significative au budget de l’Etat.

Le danger de prolifération des sangliers inquiète dans l'Hérault

Le Ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durale et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a adressé fin juillet à tous les préfets, une circulaire attirant leur attention sur le fait « qu’il y a nécessité de renforcer l’effort de régulation des sangliers ».

En effet, ces derniers prolifèrent en France : leur nombre a été multiplié par 10 en une trentaine d’années.

Leur population est évaluée à 1.000.000 d’individus, chiffre obtenu en doublant le nombre de sangliers abattus annuellement par les chasseurs (522.174 pour la saison de chasse 2007-2008).

Pour l’Hérault, le tableau de chasse est passé de 4.524 sangliers en 1986-1987 à 16.581 en 2008-2009 : la population est estimée à 40.000 individus environ au 15 août 2009, date d’ouverture de la chasse au sanglier.

L’Hérault fait partie des 10 premiers départements français pour la population des sangliers : leur présence est toutefois historique et non récente.

Les sangliers sont impliqués, tous les ans en France, dans 15.000 collisions avec des véhicules à moteur.

Les textes en vigueur ne sont pas modifiés par la circulaire ministérielle : il s’agit en fait pour le Gouvernement d’avoir une meilleure connaissance du phénomène pour pouvoir éventuellement prendre des mesures dès 2010.

Les agriculteurs, les chasseurs et les élus locaux, plus proches du terrain et plus réactifs, tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, constatant :
- une recrudescence des dégâts aux cultures,
- une occupation de terrain croissante, avec des incursion en lisière, voire dans les lieux habités.

Que constate-t-on autour de Montpellier ?

Une multiplication des sangliers au Nord, à partir des communes d’Aumelas, Saint-Paul et Valmalle, Montarnaud, Vailhauquès, Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Le Triadou, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues et Campagne, pour rester dans l’Hérault.

Dans ces secteurs, il existe une pratique de chasse populaire aux sangliers dans le cadre d’associations communales de chasse appelées « Dianes ».

Dans l’Hérault, 340 équipes (à comparer au nombre de 343 communes avec très peu de dianes dans la frange littorale) totalisent maintenant 15.000 chasseurs, soit 60 % de l’effectif total des chasseurs héraultais.

Cela n’empêche pas des dégâts aux vignes, souvent en Appellation d’origine contrôlée (AOC), aux vergers et aux cultures céréalières comme fourragères, ce qui exaspère les agriculteurs.

Ces derniers sont de plus en plus exposés, ayant :
- développé des cultures à haute valeur ajoutée (maraîchage, arboriculture, viticulture de qualité),
- reconquis, au milieu de paysages de garrigues ou forestiers, les bonnes terres de fond de vallée, grâce à l’évolution des techniques, et de piémont pour des raisons qualitatives (terroirs AOC).

Il faut savoir, en outre, que les paysans sont indemnisés seulement pour les pertes de récolte, via un fonds de la Fédération départementale de chasse alimenté par les cotisations des chasseurs concernés (315.000 € d’indemnités dans l’Hérault en 2008-2009 contre 139.000 € en 2007-2008). Ces cotisations sont en fait le « timbre grand gibier » ou « cotisation départementale sanglier », d’un montant annuel de 41,00 €.

Toutefois, les agriculteurs ne sont pas indemnisés pour le temps passé à la prévention ou pour la perte de valeur ajouté sur les produits non récoltés.

De plus, nul ne peut être indemnisé si le gibier (pouvoir « res nullius » en Droit) vient de son fonds.

Enfin, les petits dégâts, souvent répétitifs, ne sont pas indemnisés car il existe un minimum de dédommagement.

Le niveau des indemnisations est fortement croissant, d’année en année, ce qui pose à terme le problème de la solvabilité du fonds alimenté par les chasseurs de grand gibier (sachant que le nombre global de chasseurs tend fortement à décroître en France, avec plus de 2.000.000 de permis de chasser validés en 1980-1981 contre seulement 1.343.926 en 2007/2008 soit une chute de 40 % en 30 ans, d’après les chiffres de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Le « front » de l’habitat du sanglier a tendance, dans l’Hérault, à s’étendre au Sud, au moins à l’ouverture de la chasse, dans la périphérie immédiate de Montpellier, où les chasseurs sont plus rares et où le gibier vient se réfugier.

Les dégâts occasionnés dans les jardins, sur les clôtures, etc., ne sont pas indemnisés. En outre, une certaine partie de la population péri-urbaine se sent en insécurité de fait de ces visites nocturnes.

Dans l’Hérault, le phénomène de prolifération des sangliers est essentiellement dû :
- à une pression de chasse relativement faible par rapport aux potentialités,
- l’absence de prédateur naturel,
- à la déprise agricole, avec la disparition des troupeaux ovins au Nord de Montpellier qui maintenaient les milieux ouverts,
- à l’extension corollaire des forêts,
- aux effets pervers de la réglementation sur l’indemnisation (une sorte de « droit aux dégâts »),
- à une augmentation des ressources alimentaires due au vieillissement des taillis de Chênes-verts, le sanglier étant particulièrement inféodé aux « essences fruitières » (hêtres, châtaigners et chênes).

Alors, que faire pour que les sangliers ne deviennent pas un danger trop important pour les automobilistes, les biens et les habitants, la santé économique des exploitations agricoles ?
Suite dans la prochaine note, le samedi 10 octobre 2009.

10/10/2009

Num’Hérault se déploie autour de Montpellier

 

Depuis deux ans, le Département de l’Hérault déploie un réseau de fibre optique (long de plus 1.000 kilomètres) et de relais radio (technologie Wifi Max) visant à desservir l’ensemble des 343 communes héraultaises en haut débit numérique (Internet, téléphonie, télévision).

 

L’objectif est de supprimer les zones d’ombre, de favoriser la compétitivité des entreprises et de réduire la fracture numérique subie par de nombreux ruraux.

 

Ce réseau, appelé Num’Hérault, va garantir un débit de données numériques au moins égal à 6 Mbit/s à 98,4 % des habitants de l’Hérault.

 

Ce débit minimal est en fait celui offert par la couverture radio.

 

Cependant, tous les particuliers et toutes les entreprises situées à moins de 5 km d’un central téléphonique (dit NRA ou « nœud de raccordement d’abonné ») vont bénéficier d’un débit encore supérieur, du type ADSL, c’est-à-dire de 20 Mbit/s.

 

Il s’agit d’un débit résultant d’un transfert des données d’abord dans une fibre optique, jusqu’au NRA, puis dans la ligne téléphonique en fil de cuivre jusqu’à chaque habitation.

 

Dans les zones d’activités desservies par Num’Hérault, des débits professionnels de 100 Mbit/s, voire 1 Gbit/s, seront disponibles du fait d’une alimentation directe par la fibre optique.

 

Le déploiement du réseau Num’Hérault, sur 24 mois, aura coûté environ 60 millions d’€, dont 32 millions d’€ financés par un consortium d’entreprises privées et 28 millions d’€ financés par le Public (0,45 M€ de l’Etat, 7,45 M€ de l’Europe, 2,6 M€ de la Région Languedoc-Roussillon et 17,4 M€ du Département de l’Hérault).

 

Afin de maintenir au meilleur niveau de service le réseau, le consortium privé, s’étant vu accorder une délégation de service public (DSP) pour 22 ans de la part du Département, devra investir sur la durée du contrat 21,3 M€ supplémentaires.

 

Globalement, la part du Public aura été limitée à 34 % des investissements programmés.

 

L’opérateur du réseau est donc privé. En tant que concessionnaire, il louera, à tous les opérateurs qui en feront la demande, le réseau (on parle donc d'un "réseau d'opérateur d'opérateurs" !).

 

Ainsi, tous les opérateurs commerciaux pourront offrir aux Héraultais le « triple play », c’est-à-dire Internet, la téléphonie IP et la télévision numérique, ou seulement le « double pay », sans télévision, pour les zones couvertes par le dispositif radio.

 

Ces opérateurs vont commencer leurs campagnes commerciales dès octobre 2009 et pourront réellement offrir leurs services au début 2010 (les secteurs de Pérols ou encore de Mauguio, déjà opérationnels, étant toutefois en avance sur le reste du territoire départemental).

 

En effet, le déploiement complet de Num’Hérault est programmé pour fin décembre 2009.

 

La possibilité, pour toute entreprise de télécommunication, de proposer ses services va aller dans le sens d’une plus grande concurrence et donc d’une offre adaptée, en qualité et en coût, aux souhaits des bénéficiaires.

 

Plus on s’éloigne de Montpellier et plus la couverture à partir des centraux téléphoniques cède le pas à la couverture radio.

 

C’est ainsi que le réseau Num’Hérault comprend d’ores et déjà des émetteurs radio sur le territoire des communes de Montferrier, de Castelnau le Lez, du Crès, de Vendargues, de Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Sussargues, Garrigues, Boisseron, Saint-Christol et Saussines.

 

En se lançant dans une politique volontariste de généralisation du haut débit, le Département de l’Hérault amène plus d’égalité entre les territoires : en effet, leurs collèges, leurs agences sociales, leurs mairies, leurs médiathèques et leurs entreprises bénéficieront toutes de l’avancée majeure constituée de la possibilité d’échanger en temps réel avec le Monde entier.

09/10/2009

Trame Verte et Bleue (suite)

Qu’y a-t-il de si remarquable dans les villages autour de Montpellier en terme de richesse environnementale qu’il faille préserver au travers du concept récent de Trame verte et bleue (TVB) ?

Les communes de Villeneuve lès Maguelone, Mauguio, Lattes, Palavas et Pérols comptent chacune plusieurs Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) dont le périmètre a été arrêté de longue date par le Ministère de l’environnement.

Citons-en quelques unes aux noms évocateurs : « Etang de Vic, de l’Arnel et de Pierre blanche », « Salins de Villeneuve », « Bois de l’Abbaye de Maguelone », « Lido de Maguelone et des Aresquiers », « Marais de Lattes », « Prés humides de Gramenet », « Etang de Mauguio et ses abords », « Etang de la Maïre et ancien étang de Pérols », « Prairies de la Paluzelle », « Pointe du Salaison », « Marais du Clos Martin », « Dunes du grand et du petit travers », etc.

Tous ces milieux, richissimes sur le plan biologique, permettent le nourrissage, le repos, l’abri, la nidification, de très nombreuses espèces d’oiseaux : flamands roses, échasses, aigrettes, sternes, busards, râles d’eau, grèbes, fuligules, rapaces, etc., etc.

Poissons, batraciens et insectes sont aussi très variés et pour certains très rares.

Les lagunes et les prairies humides sont donc un milieu privilégié d’habitat naturel pour l’avifaune, la faune sauvage et la flore.

Plus au Nord, il existe aussi des milieux remarquables : garrigues, massifs boisés, coteaux calcaires, ravins abrupts, falaises, prairies sèches.

Ces milieux arides méditerranéens présentent tous un intérêt paysagers mais constituent aussi, pour certains, des biotopes favorables à la nidification de l’avifaune : notamment l’Outarde canepetière, le Faucon hobereau, le Busard cendré, la Pie-grièche grise, etc.

Le Causse d’Aumelas, le Massif de la Moure, le Puech des Mourgues à Saint-Bauzille de Montmel, le Devès de Péret à Assas et Guzargues, le Bois de Paris à Fontanès, Galargues et Garrigues, le Pic Saint-Loup, les Garrigues du Mas Dieu sont autant d’exemples qui concernent de nombreuses communes au Nord de Montpellier.

Il est important que ces habitats naturels, nombreux et de qualité, soient reliés par des connexions biologiques.

Ces dernières, qualifiées de corridors, permettent :
- le déplacement de la faune sauvage, notamment pour les migrations,
- la dispersion de la flore.

Ces corridors doivent être permanents ou non : exemple de la saisonnalité de la migration des oiseaux, des amphibiens, des insectes ou des poissons.

Ils peuvent ne pas nécessiter une emprise au sol : exemples des axes migratoires aériens pour les oiseaux ou aquatiques pour les poissons marins.

Il est donc de la plus haute importance d’éviter que des obstacles (urbanisation, aménagement, infrastructure, activité humaine, modification du paysage), viennent perturber des continuités spatiales existantes.

Toutefois, l’homme a quelquefois créé des corridors, sans s’en rendre compte : bords de canaux, talus et fossés de voies de communication, réseaux de jardins (dont ceux des lotissements), gravières et carrières, friches industrielles, etc.

Ces continuités anthropiques ne sont pas universelles mais elles peuvent s’avérer utiles à certaines espèces.

Il est possible aussi qu’à l’avenir, avec l’évolution des connaissances en matière de biodiversité, soient imaginés des aménagements ou infléchit l’urbanisation pour préserver le réseau biologique si riche du Montpelliérain.

Or, entre la « côte » et « l’arrière-pays », il existe des corridors naturels de « communication ».

Les plus ténus, ou les plus localisés, sont les haies et des parcs préservés, notamment de châteaux (ceux par exemple de Fontfroide, de Fontmagne ou encore de Boisseron).

Ce sont, aussi et surtout, les fleuves ou les rivières qui se jettent, soit dans la Méditerranée, soit dans les étangs littoraux.

On peut citer d’Ouest en Est, la Mosson, le Coulazou et ses gorges, la Lironde de Montferrier, le Lez et son affluent le Lirou, le Salaison, le Bérange, la Bénovie et le Vidourle.

Ces axes Nord-Sud sont remarquables par leurs ripisylves, éventuellement par la forêt-galerie et les prairies humides qui les accompagnent.

En tant qu’enclaves biogéographiques humides, ces « coupures vertes » dans des paysages souvent steppiques représentent des havres précieux pour les espèces préférant la fraîcheur, notamment pour les migrateurs recherchant un refuge.

 

02/10/2009

Trame Verte et Bleue

Le concept de « Trame verte et bleue » (TVB) est né dans les années 80-90, en lien avec l’objectif de lutter contre l’effrayant appauvrissement de la biodiversité sur Terre, en terme de gênes, d’espèces et d’écosystèmes.

Cet appauvrissement est le fait essentiellement de l’homme : changement climatique, croissance démographique, migrations de masse engendrées par les guerres, troubles civils ou encore recherche d’emploi « ailleurs ».

Ces phénomènes entraînent l’installation de l’homme sur des terres naturelles, jusqu’à présent en marge de l’urbanisation et de l’agriculture, en général très vulnérables sur le plan écologique.

L'homme est directement à l'origine de l'extinction massive de plusieurs espèces d'animaux ou de végétaux.

L'Union mondiale pour la nature (UICN) souligne qu'"un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes pourraient disparaître dans ce siècle".

« Au total, 16.306 espèces animales ou végétales pourraient disparaître sur 41.415 espèces mises sous surveillance parmi 1,9 million connues dans le monde. »

Autre élément inquiétant : 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique.

L’idée de parvenir en France a une Trame verte et bleue a été proposée par le Grenelle de l’environnement en 2007.

En effet, jusqu’à présent, la politique environnementale en France a consisté à protéger prioritairement des zones géographiques riches sur le plan environnemental (milieux humides, parcs naturels nationaux et régionaux) et à maintenir sur le reste du territoire un standard de qualité environnementale compatible avec les activités économiques et l’urbanisation.

Le concept de Trame verte et bleue va plus loin puisqu’il pousse à s’intéresser au paysage, aux éléments constitutifs de la richesse environnementale et de conserver des « ponts de vie » entre eux.

Dans cette approche, les activités économiques et l’urbanisation ne peuvent occuper que les vides à l’intérieur de cette trame à sauvegarder.

Il s’agit donc de maintenir, de reconstituer ou de créer ex nihilo un continuum naturel entre les écosystèmes riches en faune ou en flore pour conserver la biodiversité.

On peut aussi parler de « maillage écologique » ou encore de « réseau de corridors biologiques ».

Schématiquement, dans Trame verte et bleue, il y a « vert » pour les espaces naturels, dont les forêts, et « bleu » pour les zones humides, dont les milieux aquatiques.

La région de Montpellier est particulièrement riche sur le plan écologique du fait d’une part de la présence de lagunes littorales et d’autre part du climat méditerranéen qui favorise un spectre d’espèces très large (de glaciaire au tropical), incomparablement plus étendu que sous un climat océanique ou continental.

Suite de la note : mercredi 30 septembre 2009

01/10/2009

Votation citoyenne contre la privatisation de La Poste

Les comités contre la privatisation de La Poste organisent le samedi 3 octobre 2009, dans de nombreuses communes de l'Hérault, des votations citoyennes.

Dans le secteur de Montpellier, c'est déjà le cas à Clapiers (devant le bureau de Poste de 8 h à 13 h) , à Frontignan, à Grabels, à Lavérune, à Montarnaud, à Montpellier, à Murviel les Montpellier, à Prades le Lez, à Saint-Gély du Fesc et à Saint-Georges d'Orques, avec des référendums programmés.

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Tract du Comité national contre la privatisation de La Poste,
pour un débat public et un référendum sur le service public postal

 

Consultation nationale le samedi 3 octobre 2009



Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Alors que la crise économique et financière a montré à quoi pouvait mener la logique du profit, le président de la République, le gouvernement et la direction de La Poste ont décidé de transformer La Poste en société anonyme. Il s’agit de la privatisation programmée de La Poste.

 Chaque fois que l'Etat a effectué ce type d'opération, il a fait entrer des capitaux privés dans le capital, (France Télécom, EDF, GDF….), avec des conséquences immédiates.
C’est la baisse de la qualité de service, les augmentations tarifaires et la priorité à la satisfaction des actionnaires.
Pour préparer le terrain à cette privatisation, les derniers gouvernements et les dirigeants de la Poste ont limité les investissements nécessaires à l'amélioration de la qualité du service postal, orientés vers la satisfaction des usagers.
Ils se sont livrés à une recherche effrénée de réduction des coûts de personnel et de limitation des services pour les secteurs les moins rentables, ceux précisément qui relèvent de l’intérêt général.

 Depuis 2002, plus de 6.200 bureaux de poste ont été fermés et plus de 51.000 emplois supprimés.
La population en est la première victime avec la fermeture de milliers de bureaux de poste, l'espace ment des tournées, l'allongement des files d'attentes et des délais de distribution du courrier, des mandats et recommandés.

 La Directive postale Européenne, n’impose pas la privatisation de La Poste. L’ouverture du marché postal est pourtant un des alibis du gouvernement pour la transformation en Société Anonyme.
Une privatisation de la Poste entraînerait une détérioration encore plus considérable du service aux usagers car c'est la rentabilité immédiate et les impératifs financiers qui prendraient les pas sur l’intérêt général.

 Ne jouons pas l'avenir du service postal au grand casino de la spéculation boursière. Le résultat est connu d'avance! Ce serait un désastre.
L'avenir du service public postal ne concerne pas seulement les postiers mais toute la population.
C'est la raison pour laquelle à l'initiative des organisations syndicales CFTC, CGT, FO, SUD PTT, un Comité national regroupant plus de 60 organisations a été créé en septembre 2008 avec des associations et partis politiques.
Le Comité national s'est adressé au président de la République pour lui demander d'organiser un référendum sur l'avenir de La Poste comme il en a la possibilité pour que l’ensemble de la population puisse se prononcer sur l’avenir du service public postal.

 Malgré plusieurs pétitions rassemblant des centaines de milliers de signatures d'élus et d'usagers dans tous les villages, villes et départements de France, le Président Sarkozy a refusé de consulter la population.
Le Comité national a donc décidé d’organiser une consultation nationale sous forme de votation, ouverte à tous, sur tout le territoire français.

C'est pourquoi, face à la menace de privatisation de la Poste, nous vous demandons, le samedi 3 octobre 2009, lors de la votation citoyenne organisée près de chez vous, d'exprimer votre refus en votant massivement NON au projet gouvernemental.

Consultation nationale organisée à l’initiative du comité national contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal : http://www.appelpourlaposte.fr

Diaporama sur les risques de la privatisation de La Poste

 

Journée de la pierre et du patrimoine à Beaulieu

Dans le cadre des « Journées du patrimoine », la Commune de Beaulieu a organisé, le dimanche 20 septembre 2009, sa « Première journée de la pierre et du patrimoine ».

Si cette pierre, issue d’un calcaire souvent coquillier, a pris pour nom « pierre de Castries », du nom de l’important chef-lieu de canton, elle a été en fait, de tout temps, extraite dans des carrières principalement situées sur les communes de Sussargues et de Beaulieu.

L’exploitation a débuté dès les Romains.

Elle a servi à la construction de nombreux monuments historiques et des immeubles hausmanniens de Montpellier.

Elle a été exportée en Algérie, via le port de Sète.

La profession de carrier était fort développée au 19ème siècle, surtout après la crise phylloxérique qui a mis à mal la viticulture languedocienne dans les années 1870.

Le corps des charretiers était mis à contribution pour les transports à traction animale.

L’extraction de la pierre se faisait à la main. Un bon ouvrier produisait quelques « cairons » par jour.

Tous les sous-produits de l’extraction, éclats de roche, sables, étaient valorisés soit pour l’entretien des chemins, soit comme recoupe pour les sols intérieurs ou extérieurs.

Aujourd’hui, l’extraction est mécanisée et limitée à une poignée de carrières : l’usage de la pierre s’est en effet quelque peu perdue dans la construction.

De gros blocs parallélépipédiques sont maintenant sciés et la pierre est valorisée au mieux en placages, sculptures et autres œuvres d’art.

La mécanisation de l’extraction génère beaucoup de déchets, constitués de blocs fissurés ou poreux. En revanche, lors de l’extraction manuelle, l’ouvrier choisissait à l’œil les bonnes veines et s’y cantonnait.

La pierre fait partie de la culture populaire des alentours de Castries : cette pierre de taille donne une couleur et une patine très caractéristique à de nombreux villages alentours.

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La pierre de Beaulieu employée dans de nombreux monuments historiques

 

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Le geste ancestral de l'extracteur de "cairons"

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction de la pierre à la main

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction mécanisée

 

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Les rebus de l'extraction mécanisée, en montagne cyclopéenne

 

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Les tailleurs de pierre à l'action



Crédit photographique : Michel Chastaing

 

Aéroport Montpellier Méditerranée

L’aéroport de Montpellier a accueilli en 2008 environ 1,25 million de passagers ce qui le situe au 11ème rang au niveau national.

Pour donner un ordre de grandeur, Paris-Orly se situe à 26 millions, Lyon-Saint-Exupéry à 7 millions et Marseille-Provence, comme Toulouse-Blagnac, autour de 6 millions, et tous les aéroports français, avec Paris-Charles de Gaulle de très loin le premier, totalisent 87 millions de passagers.

Les bases lyonnaise d’Easy Jet et marseillaise de Ryanair, deux poids-lourds du low-cost, confèrent à ces aéroports un avantage concurrentiel indéniable.

A Montpellier, malgré le développement des lignes low-cost, la crise économique, la montée du prix du pétrole et la concurrence du Train à grande vitesse (sur la destination Paris-Orly où la part du TGV atteint 67 % en 2008) entraînent une stagnation du trafic passager.

L’aéroport Montpellier Méditerranée est certes classé aéroport à vocation nationale mais il demeure à taille humaine dans le triangle Toulouse-Marseille-Lyon.

Les aéroports régionaux ou locaux, dits secondaires, au nombre de 150 en France, ont été, quant à eux, décentralisés de l’Etat vers les collectivités territoriales, conformément à l’article 28 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 : c’est le cas pour Nîmes, Béziers ou encore Carcassonne.

La vocation de Montpellier Méditerranée est de participer au développement économique régional.

Pour le gérer, s’est mis en place le 23 juin 2009 une société aéroportuaire, dont les actionnaires sont dans un premier temps, l’Etat à 60 %, la Chambre de commerce et d’industrie de Montpellier à 25 % et les collectivités locales à 15 %.

Cela permettra aux forces économiques et institutionnelles de la région de se concentrer sur son aéroport principal en vue de lui conférer une envergure internationale, sachant que les enjeux aéroportuaires sont maintenant de niveau européen.

Le Département de l’Hérault et la Région Languedoc-Roussillon finançaient déjà environ 25 % des investissements annuels qui se montaient tous les ans aux alentours de 4 millions d’€.

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La stratégie de l’aéroport de la capitale régionale est :
- d’ouvrir de nouvelles lignes vers des capitales européennes génératrices de flux touristiques et d’affaires (en 2008 : Amsterdam, Bruxelles, Londres et Madrid),
- de desservir des plates-formes permettant la correspondance vers l’international,
- de diversifier les compagnies aériennes (plus de 80 % du trafic est actuellement généré par la compagnie « Air France » et ses filiales, « Régional » ou « Britair »), avec l’implantation d’opérateurs low-cost (20 % du trafic à Montpellier).

L’aéroport de Montpellier Méditerranée, c’est bien entendu la possibilité de se déplacer loin et rapidement mais c’est aussi un pôle d’emplois en plein développement avec :
- l’aéroport lui-même faisant appel à 100 équivalents temps plein,
- le pôle maintenance aéronautique,
- le pôle logistique et fret,
- le pôle tertiaire avec les services et la formation, notamment des pilotes étrangers.

La plate-forme aéroportuaire génère près de 20 millions d’€ de chiffre d’affaires annuellement et héberge près de 80 entreprises.

L’aéroport de Montpellier Méditerranée est un outil fondamental de développement économique à la fois du bassin d’emplois de Montpellier mais aussi de toute la région Languedoc-Roussillon :
- trafic postal d’environ 4.000 tonnes annuellement,
- volumes de fret « avionné et camionné » de l’ordre de 1.500 tonnes par an,
- entre 2.500 (février) et 4.500 (juillet) passagers en partance ou à l’arrivée, tous les jours, avec un « trafic affaires » conséquent et un « trafic loisirs » en renfort au moment des vacances scolaires.

Suite de cette note : le 24 octobre 2009

Photo : Service Communication de l'Aéroport

20/09/2009

Le corbeau attire le corbeau

L’affaire qui défraie la chronique à Saint-Pons de Thomières – des citoyens habitant les Hauts-Cantons de l’Hérault perquisitionnés ou placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les menaces à des personnalités politiques par un corbeau – est emblématique des risques de dérives que certains Français craignent.

En effet, des faits récents inquiètent :
- l’institution dans les écoles de la « base élèves », avec le fichage des élèves du Primaire,
- la sortie d’un « document de travail provisoire » gouvernemental datant de juillet 2009 qui prévoit, pendant la période pandémique de la grippe H1N1, de « prolonger les délais de détention provisoire de 4 à 6 mois sans audience ni débat devant le juge des libertés », de « suspendre la collégialité des décisions » et de « généraliser le huis-clos » (d’après le Syndicat de la Magistrature),
- la pénalisation de l’action syndicale avec des mises en examen, de plus en plus fréquentes, de responsables syndicaux ayant agi dans l’exercice de leurs fonctions.

L’impression qui domine, c’est que les décideurs ou les idéologues du pouvoir en place ne se posent pas suffisamment, en préalable, la question qui est essentielle : est-ce que la mesure proposée ou appliquée est respectueuse des libertés publiques et individuelles, et sinon, comment l’adapter pour qu’elle le soit ?

Pour revenir à l’affaire des Hauts-Cantons, les lois anti-terroristes ont été appliquées à de simples citoyens alors que, dans l’esprit des Français, elles doivent être réservées à des menaces sérieuses, du type Al Qaïda.

Les « lois d’exception » n’ont pas bonne presse en France depuis le Gouvernement Pétain.

Il faut tout de même savoir qu’il existe toujours des textes permettant aux préfets de révoquer les maires. C’est ce qu’avait fait le Gouvernement nationaliste et d’extrême-droite de l’époque en relevant de leur fonction un grand nombre d’élus communistes et socialistes de l’Hérault.

Le remarquable livre de Patrick Néolas, « La Résistance dans les Hauts-Cantons », permet de ranimer le souvenir de ce qu’il ne faut plus jamais approcher, de près ou de loin, et qui s'est passé en 1942 :
- « L’arsenal répressif est en place, aidé par des dénonciations et des lettres anonymes »,
- « Les élus du Front populaire sont surveillés, les élus communistes ayant pour leur part ayant été internés dans les camps dès 1939, ainsi que des opposants à Vichy tel Vincent Badie, dont on contrôle le courrier, le téléphone et le déplacement »,
- « Le 11 août 1942, le plan de maintien de l’ordre prévoit « l’arrestation préventive des individus des listes S’ et S’’, soit dans l’ordre, repris de justice, étrangers douteux, républicains espagnols, communistes et anarchistes, juifs, gaullistes et antinationaux ».

Le Gouvernement de Vichy, alors que le Midi était toujours en Zone libre, va envoyer, au mois d’août 1942, près de 400 personnes vers les Camps de la mort.

Dans les Hauts-Cantons, notamment autour de Saint-Pons de Thomières, la Résistance s’installa précocement et y concentra l’essentiel de ses forces héraultaises, avec l’avantage du relief et du soutien de la population, dont les mineurs du bassin houiller.

Ainsi, entrèrent en résistance à l’ennemi intérieur (le Gouvernement Pétain) et à l’ennemi extérieur (les Nazis) :
- de nombreux « Maquis » indépendants (Latourette et Valentin à La Salvetat sur Agout, Jean Grandel à Saint-Pons de Thomières, Koufra à Fozières près de Lodève, …),
- les francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Graissessac, d’obédience communiste,
- plus tard, l’Armée Secrète avec le Maquis de la Salvetat sur Agout et le Maquis Bertrand au Bousquet d’Orb ainsi que les Mouvements Unis de la Résistance présents dans toutes les communes de la haute vallée de l’Orb et de la vallée du Jaur.

Aujourd’hui, la défense des libertés publiques et privées doit transcender les partis.

Nous devrions tous être les fils spirituels des résistants, évoqués plus haut, qui mettaient, dans une période ô combien plus troublée, la Liberté au dessus de tout.

Autour de Saint-Pons de Thomières, le corbeau tant recherché n’a pas été identifié.

En revanche, ce dernier a vraisemblablement fait un ou plusieurs émules : il faut en effet forcément des renseignements précis pour se résoudre à déclencher une telle opération policière (tout de même près de 150 agents publics mobilisés).

Dans la nature, quand un corbeau s’envole, les autres suivent : il en est de même avec les hommes.

Gardons-nous d’une société où la dénonciation entraînerait la dénonciation.

Quant à la famille des corbeaux qui s’agrandit, l’Histoire livrera un jour les noms.

17/09/2009

Inauguration du Lycée Pierre Mendès-France

La Région Languedoc-Roussillon est depuis la décentralisation responsable des lycées, de leur rénovation comme de leur construction.

Le Lycée Pierre Mendès-France a été inauguré cette rentrée scolaire.

Il se substitue au Lycée Méditerranée qui était enclavé dans le quartier Clémenceau à Montpellier et se trouvait dans un état de décrépitude avancée.

Construit au Mas de Brousse à Montpellier, ce nouveau lycée professionnel est en vis-à-vis d’Odysseum par rapport à l’autoroute A9 : il bénéficie de ce fait de la desserte de la ligne 2 du Tramway, offrant un confort incontestable à certains élèves.

Son périmètre jouxte donc un grand domaine agricole et notamment une magnifique oliveraie replantée après le gel de 1956.

Notre région connaissait, il y a quelques années, un déficit de places en lycées professionnel sévalué à 1.500 places.

Même si l’Etat bloque deux projets, le premier à Lézignan les Corbières et le second à Argelès sur Mer, la Région Languedoc-Roussillon a pu construire 5 lycées en 6 ans, sous la Présidence de Georges Frêche, et rattraper une partie de son retard.

Il s'agit d'un effort sans précédent.

Cela concerne les lycées Jean Vilar de Villeneuve lès Avignon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Rosa Luxemburg à Canet en Roussillon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Victor Hugo à Lunel (1.600 élèves) ouvert en 2008, Jacques Prévert à Saint-Christol lez Alès (1.800 élèves) ouvert en septembre 2009 tout comme le Lycée Pierre Mendès-France (dont la capacité d’accueil a été portée à 1.550 élèves, soit 500 de plus qu’à l’ancien Lycée Méditerranée).

L’enseignement professionnel est le plus à même de créer les conditions du développement économique régional.

En outre, l'enseignement professionnel favorise l’égalité des chances en permettant au plus grand nombre de jeunes d’accéder à une qualification et un diplôme.

Le Lycée Pierre Mendès-France a coûté près de 70 millions d’€.

Il a été doté de 500 ordinateurs.

Il possède un internat de 99 places, ce qui essentiel pour les élèves des zones rurales ou des milieux sociaux défavorisés.

Il offre plusieurs pôles de formation :
- mécanique auto-moto, véhicules de loisirs, carrosserie, peinture,
- pilotage des systèmes de production industrialisée et maintenance de systèmes mécaniques automatisés,
- électrotechnique,
- logistique et transport.

Le Lycée Pierre Mendès-France est idéalement placé pour accueillir préférentiellement les jeunes, bien entendu de Montpellier, mais aussi des cantons de Mauguio et de Castries, tout proches.

Les investissements dans la formation aujourd’hui sont le gage de la richesse économique et de l’épanouissement humain demain : la Région Languedoc-Roussillon et son Président l’ont parfaitement compris.

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1 - Entrée du Lycée Pierre Mendès-France
2 - La cour intérieure jardinée
3 - Idem
4 - Les ateliers mécanique automobile
5 - Une caisse à savon élaborée par les élèves et leurs professeurs
6 - Les ateliers carrosserie automobile
7 - Le restaurant scolaire au mobilier signé par le grand designer Christophe Pillet
8 - Le Gymnase Françoise Spinosi attenant au Lycée

Crédit photographique : Michel Chastaing

15/09/2009

Fête de la Fraternité à Montpellier

Le mouvement Désir d’Avenir Hérault organise le samedi 19 septembre 2009, au domaine de Grammont à Montpellier (près du Zénith), la « Fête de la Fraternité » dont Ségolène Royal sera la vedette.

Désir d’Avenir est le mouvement créé par cette dernière en vue d’accompagner sa candidature à la Présidentielle de mai 2007.

Désir d’Avenir a été le fer de lance de sa campagne de consultation qui a permis de recueillir, dans le cadre d’un grand exercice de démocratie participative (notamment sur Internet et par blogs interposés), la volonté des Français.

Depuis, Désir d’Avenir est restée une association loi 1901 qui rassemble de très nombreux Français renouvelant leur soutien à Ségolène Royal, cette fois-ci pour l’échéance de 2012.

Concernant son ascension au sein du Parti Socialiste, il n’est pas inintéressant de relater une petite anecdote.

En octobre 2005, la Fédération du Parti Socialiste de l’Hérault organisait à Montpellier un banquet républicain réunissant, en plein-air, près de deux mille socialistes et sympathisants.

Cette manifestation, « en famille », visait à honorer la traditionnelle venue annuelle du Premier Secrétaire national, en l’occurrence François Hollande, déjà fortement connu dans la capitale régionale.

« Contre toute attente », c’est Ségolène Royal qui a suscité un mouvement de foule, capté toutes les attentions et déchaîné les passions : François Hollande s’en est trouvé quelque peu éclipsé.

C’était le signe que Ségolène Royal avait déjà le soutien d’une large majorité des militants du Parti Socialiste, ce qui a été confirmé en novembre 2006 quand elle fut choisie, dès le premier tour, comme candidate à la Présidentielle, dans le cadre d’une primaire interne au Parti Socialiste, face pourtant à deux poids lourds de la politique française : Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

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Pour revenir à la Fête de la Fraternité à Montpellier, le samedi 19 septembre 2009, elle débutera à partir de 11 heures.

Des animations musicales sont prévues toute la journée.

Des associations et comités proposeront des stands avec de la documentation mais aussi la possibilité de se restaurer et de se désaltérer sur place.

Dès 12 heures, débutera un débat sur le rôle des nouvelles technologies numériques en politique.

A partir de 13 heures, se tiendra l’« Université permanente participative » sur les thèmes :
- d’une part, de l’Education (Ecole, Collège, Lycée),
- d’autre part, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Ségolène Royal interviendra en milieu d’après-midi.

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Ségolène Royal fera le point sur la situation économique et politique en France et dans le Monde.

Quelques semaines à peine après l’Université d’été du Parti Socialiste à la Rochelle et après l’avancée de sa propre proposition de Primaire présidentielle à Gauche, son intervention est déjà très attendue, dans une ville et un département qui l’ont toujours fortement soutenue.

Un concert permettra de clôturer cette journée à la fois conviviale, studieuse et festive.

Pour plus d’informations, la consultation du Site suivant est opportune :
http://coeur-a-gauche.over-blog.com

Crédit photo : Michel Chastaing

 

12/09/2009

Niches fiscales (suite)

Le Gouvernement Fillon parle de réduire uniformément (10 % évoqué avec ainsi un objectif de 4 milliards d’euros d’impôt supplémentaire) les avantages liés aux dizaines de niches fiscales relative à l’impôt sur le revenu.

C’est une décision politique qui permettrait toujours aux plus gros bénéficiaires d’empocher 90 % de l’avantage antérieur.

La question est donc, premièrement, de faire des choix, en supprimant les incitations fiscales les moins efficaces. Cela mériterait d’ailleurs un débat public et une mise en cohérence avec les autres politiques gouvernementales.

La question est, deuxièmement, de démocratiser ces incitations fiscales.

Il en existe en réalité de trois sortes :
- réduction d’impôt égale au montant de la dépense ou de l’investissement multiplié par le taux marginal d’imposition, ce qui signifie un bénéfice maximum pour les gros revenus et un avantage nul pour un foyer non imposable, ce qui est le comble de l’injustice fiscale,
- déduction des revenus à déclarer, de la dépense ou de l’investissement, ce qui revient à une réduction d’impôt mais aussi, plus marginalement, à des effets indirects éventuels notamment sur la taxe d’habitation ou encore sur les allocations familiales,
- crédit d’impôt égal à un pourcentage (15 à 50 %) de la dépense ou de l’investissement, le même pour tous les contribuables.

Un gouvernement qui souhaiterait un minimum de justice sociale bannirait donc la réduction d’impôt et la déduction du revenu imposable, quitte à les transformer en crédit d’impôt.

Le crédit d’impôt est en effet égalitaire d’autant qu’il est remboursé au contribuable pour sa partie excédant l’impôt sur le revenu de base.

En outre, ce qui compte pour l’Etat, c’est le soutien à des pans de l’économie française : alors, par exemple, pourquoi donner plus d’argent à un cadre supérieur qu’à un employé ou à un ouvrier, dans le cadre d’un même investissement locatif, puisque l’objectif est de permettre à une famille mal logée de l’être décemment ?

Il semble donc que le Gouvernement Fillon, aveuglé par une approche strictement comptable (trouver une nouvelle ressource fiscale) et soucieux d’un grand conservatisme (maintenir les avantages financiers alloués aux gros revenus) veuille escamoter une vraie réforme des niches fiscales qui passe par :
- la suppression de celles n’ayant que peu d’impact sur l’économie (il faut un minimum de courage politique pour faire fi des lobbys),
- l’unification, sous forme de crédit d’impôt, système égalitaire et, qui plus est, efficace sur le plan économique.

En résumé, le Gouvernement Fillon doit profiter de la réforme sur les niches fiscales, relative à l’impôt sur le revenu, pour mettre en place un nouveau dispositif qui en finisse avec les cadeaux fiscaux et généralise le donnant-donnant (une dépense ou un investissement ciblé récompensé par moins d’impôt) qui est aussi du gagnant-gagnant (la dépense ou l’investissement dopent un secteur économique à soutenir).

10/09/2009

Niches fiscales

Le Gouvernement Fillon dit vouloir s’attaquer, dans le projet de budget 2010 de l’Etat, aux « niches fiscales ».

Ces dernières s’inscrivent dans ce que les fiscalistes appellent des « dépenses fiscales », c’est-à-dire des impôts qui ne sont pas perçus du fait d’exonérations accordées par le législateur (par exemple : les rentes versées au titre des accidents du travail au titre de l’impôt sur le revenu ou encore les œuvres d’art au titre de l’impôt sur la fortune).

Dépenses fiscales et niches fiscales existent pour de nombreux impôts : taxe professionnelle, impôt sur la fortune (ISF), taxe foncière, taxe d’habitation, droits de succession, impôt sur les sociétés, etc.

Toutefois, il est primordial de constater que seul l’impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP) intéresse le Gouvernement.

On est donc très loin d’une réforme fiscale dont notre pays aurait besoin pour notamment favoriser le travail, la famille et l’investissement productif.

La restriction à l’IRPP est en soi un mauvais signe du fait qu’il s’agit du seul impôt progressif en France (« plus je gagne et plus le taux d’imposition réel, résultant de la combinaison des taux du barème sur les différentes tranches de revenus, est élevé »).

L’impôt sur le revenu (avec l’ISF) est donc le seul impôt juste puisqu’il permet une redistribution des richesses monétaires via des politiques publiques (éducation, santé, logement, enfance, famille, vieillesse, travail, emploi, culture, etc.).

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Il est clair que dans les niches fiscales de l’impôt sur le revenu, représentant au total 40 milliards d’euros, le Gouvernement voit un gisement potentiel de nouvelles ressources financières : une manière astucieuse d’augmenter les impôts (ou plutôt non : « de réduire les réductions » !), ce qui enfreint en réalité le dogme du Président Sarkozy, tout en affichant des taux d’imposition sur le revenu inchangés.

Cette augmentation d’impôt se justifie-t-elle, au-delà bien sûr de l’objectif de contribuer à remplir les caisses de l’Etat ?

Ou autrement dit, les niches fiscales de l’impôt sur le revenu ont-elles une utilité économique ou sociale ?

En effet, pour bénéficier d’une niche fiscale, il faut s’engager à effecteur certaines dépenses ou certains investissements.

Il s’agit donc, en réalité, de véritables incitations fiscales.

Contrairement aux autres dépenses fiscales qui sont accordées automatiquement, les niches fiscales obligent le contribuable à un sacrifice financier préalable et relèvent du libre engagement, du libre choix de ce dernier : c’est du donnant-donnant.

Ce qui n’est sûrement pas le cas d’une fort célèbre dépense fiscale qui a fait couler beaucoup d’encre : il s’agit du bouclier fiscal qui limite à 50 % des revenus le montant cumulé des impôts directs (IRPP, ISF, contributions de solidarité).

Cette dépense fiscale relève en effet plus de la gabegie puisqu’elle a conduit à plus d’épargne de la part des bénéficiaires et moins de consommation de la part de ceux qui n’ont pu bénéficier du transfert social correspondant, d’où une pénalisation de la croissance en France.

En outre, le coût du bouclier fiscal s’élève à 15 milliards d’euros !

Cette somme n’a bénéficié qu’à quelques centaines de milliers de personnes.

Il ne faudrait pas que, maintenant, le Gouvernement cherche à retrouver une partie de cette somme sur les niches fiscales qui bénéficient, elles, à un bien plus grand nombre de Français.

Pour revenir aux niches fiscales, à quoi servent-elles ?

Tout simplement à accompagner des politiques :
- culturelle avec l’aide à la création cinématographique,
- familiale et patrimoniale avec le soutien à l’acquisition de la résidence principale,
- d’entrepreneuriat avec le soutien à la souscription de parts dans les PME,
- d’aménagement du territoire avec l’appui aux investissements dans les DOM-TOM,
- de développement durable avec les aides aux isolations thermiques, aux économies d’énergie, aux énergies renouvelables, …

A n'en point douter, certaines de ces incitations fiscales sont utiles.

L’abandon pur et simple des niches fiscales relèverait donc de l’idéologie néo-libérale déniant toute possibilité d’intervention à la puissance publique en vue de peser sur l’économie.

Suite de la note : 12 septembre 2009

09/09/2009

Enfin une Primaire à Gauche !

J’appelais de mes vœux mi-juillet à l’organisation à Gauche d’une Primaire afin de désigner le héraut de la Gauche à la Présidentielle de 2012.

Jean-Louis Bianco (pour Ségolène Royal), Arnaud Montebourg, Vincent Peillon ont tant et si bien boosté l’idée que Martine Aubry s’y est ralliée.

Pourquoi le Parti Socialiste approuvera-t-il, très certainement avec plus de 90 %, cette innovation ?

Il est malheureusement derrière nous le temps du Front populaire, du Programme commun de la Gauche ou encore de la Gauche plurielle : la Gauche affaiblie est aujourd’hui dans l’incapacité de s’unir et de s’accorder sur un programme de gouvernement.

Pourtant, cette union se ferait automatiquement derrière tout Premier Ministre de Gauche.

En effet, seuls les partis qui se disent de la « gauche radicale » - pour ne plus s’afficher à « l’extrême-gauche » - refuseraient d’envoyer un de leur cadre au Gouvernement : ils sont et demeureront des partis d’opposition, ce qui est leur fond de commerce et leur permet de proposer un programme qu’ils savent irréalisable mais qui attire d’autant les électeurs.

Or, le préalable à un gouvernement de Gauche, du fait du quinquennat et de l’inversion du calendrier électoral, c’est l’élection d’un Président ou d’une Présidente de Gauche.

Penser à la cohabitation d’une Assemblée de Gauche avec un Président de Droite est tout simplement une vue de l’esprit du fait du découpage des circonscriptions, très avantageux pour la Droite, par Charles Pasqua et maintenant par Alain Marleix.

Quelle est la meilleure tactique pour qu’un Président de Gauche soit élu ?

Il y a l’union de la Gauche mais elle n’est pas possible actuellement, sinon elle serait déjà faite.

D’ailleurs le Nouveau Parti Anticapitaliste n’en veut pas avec des Socialistes et les Verts sortent trop forts des élections européennes pour accepter « l’hégémonie » du Parti Socialiste.

Il y a aussi le traditionnel chacun pour soi du premier tour où les voix de la Gauche s’atomisent pour conduire éventuellement à une absence au second tour (Lionel Jospin évincé au profit de Jean-Marie Le Pen en 2002).

Bien entendu dans cette configuration de forte concurrence, les petits partis n’ayant aucune chance de parvenir au second tour, ou ne souhaitant pas gouverner, font le forcing et n’engagent pas toujours leurs électeurs à se reporter au second tour sur le candidat de Gauche y parvenant.

Absence de consigne de vote, désistement ambigu, coup de pied de l’âne (du style « appel à faire obstacle à la Droite »), appel à l’abstention : les années récentes ont enregistrées toute la panoplie du parfait torpilleur.

Bien sûr, c’est toujours la faute du candidat de Gauche au second tour, en l’occurrence le Socialiste, s’il perd :
- « il n’était pas assez à Gauche pour les Français » qui, c’est tout de même troublant, préfèrent le candidat de Droite qui comme chacun le sait, est le plus à gauche,
- « sa campagne était mauvaise »,
- « il y a eu une erreur de casting ».

La réalité, c’est que la France est de plus en plus ancrée à Droite et que pour triompher à la Présidentielle, un candidat de Gauche doit créer une dynamique d’espoir dans le pays.

L’organisation de Primaires à Gauche est susceptible de créer les conditions d’une telle victoire.

Cette Primaire doit-elle être ouverte aux citoyens non encartés dans des partis ?

La réponse est bien entendu : « Oui ».

Sinon, on revient à la triangulaire (Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal) interne au Parti Socialiste.

En effet, le fait que le candidat soit choisi par de nombreux électeurs de Gauche va susciter un engouement, une adhésion précoce, un mouvement populaire notamment pour orienter le programme.

Qui pourra se présenter à cette Primaire ?

Il y aura des candidats du Parti Socialiste : c’est une évidence au vu des personnalités et des ambitions déjà affichées.

Je ne vois pas personnellement comment on pourrait empêcher un candidat issu d’un autre parti de Gauche de se présenter : il s’agit bien, dès lors, d’une « Primaire de la Gauche ».

Qu’aucun candidat des Verts, du Parti Radical de Gauche, du Parti Communiste Français, du Mouvement Républicain et Citoyen ne s’y risque, pour pouvoir se compter au premier tour, pour faire valoir ses idées et son programme ou pour éviter d’être défait, n’y changera rien.

C’est le corps électoral, fait de personnes allant voter volontairement à cette Primaire, qui donnera le « la ».

Si les gens de Gauche se déplacent massivement, alors ce sera une « Primaire de la Gauche » et des candidatures concurrentes ne pourront pas effacer l’étiquette « Candidat de la Gauche au premier tour » qui accompagnera le vainqueur de la Primaire.

C’est donc la popularité, la réussite de cette Primaire qui fera la décision.

Si elle est boudée par les Français, ce qui sera le signe précurseur de l’incapacité à initier un mouvement de masse, nous reviendrons au fonctionnement des élections présidentielles de 2002 et de 2007, ouvrant en 2012 un boulevard à Nicolas Sarkozy qui vient d’unifier la Droite en agrégeant « Chasse Nature Pêche et Traditions » (sauf pour l’Hérault) et le « Mouvement Pour la France » de Philippe De Villiers à son puissant parti, l’Union pour la Majorité Présidentielle.

05/09/2009

La nature au coeur de nos villages

La nature méditerranéenne est généreuse. Elle prospère dans nos rivières aux portes de nos villages.

Une libellule au vol rapide, le Gomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus / ordre des Odonates / sous-ordre des Anisoptères / famille des Gomphidae) prospère grâce aux zones humides.

Le Gomphe à pinces chasse les insectes. Il n’hésite pas à s’éloigner des cours d’eau pour battre la garrigue à la recherche de proies.

Son vol est rapide. Lors de ses rares pauses, cette libellule préfère les galets comme lieu de repos.

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Un Gomphe à pinces au repos



Le Gomphe possède à l’extrémité de son corps une « sorte de pince à sucre ».

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Des airs d’avion de transport !



Les larves vivent dans l’eau. Elles sont très voraces. Elles expulsent de l’eau pour se projeter sur leur cible. Elles consomment d’abord des organismes monocellulaires puis des gastéropodes, des insectes et même des têtards ou des petits alevins. Plusieurs mues ont lieu et, à chaque fois, ces dernières laissent comme témoignage une enveloppe appelée exuvie.

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Pause dans la fraîcheur du soir



L’insecte vit cinq mois de mai à septembre.

Crédit photos : Michel Chastaing

03/09/2009

Heures supplémentaires et pouvoir d’achat (suite)

Qu’en est-il de l’impact réel de la loi du 21 août 2007 en faveur du Travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, dite TEPA ?

Cette loi était sensée « booster » les heures supplémentaires et donner du pouvoir d’achat aux salariés.

Avec le recul maintenant suffisant, soit 18 mois d’application, les résultats statistiques sont sans appel : la loi TEPA n’a eu aucun effet d’incitation.

C’est un coup d’épée dans l’eau sauf qu’elle a incité les entreprises à être plus dur dans leur politique salariale et a donc conduit à une minoration de la croissance du pouvoir d’achat des salariés.

Le volume des heures supplémentaires ou complémentaires sera même plus faible en 2009 qu’en 2006 et il demeure toujours à un niveau « symbolique » : environ 2 % des heures globalement travaillées.

Quels sont les résultats chiffrés ?

Tout d’abord, les heures supplémentaires ne concernent qu’un peu plus d’1 salarié sur 3 (38 % dans le secteur concurrentiel) : c’est fonction de l’activité et de la culture de l’entreprise.

Les entreprises de 10 à 50 salariés sont celles qui font le plus appel aux heures supplémentaires.

Les 2/3 du volume concernent les secteurs de la construction, du commerce, du transport et des services aux entreprises.

Il est possible de rapprocher les chiffres d’une étude en 2006 de la DARES (Délégation de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) et les récentes statistiques du Ministère du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.

En 2006, il était comptabilisé 630 millions d’heures supplémentaires auxquelles il a fallu en rajouter 100 millions, suite à la suppression, fin 2006, du « régime d’équivalence dans les hôtels, cafés, restaurants ».

Au 1er janvier 2007, le « stock » d’heures supplémentaires pouvait donc être chiffré à 730 millions. 5,5 millions de travailleurs étaient concernés.

Les statistiques du 1er trimestre 2009, maintenant connues, donnent toujours 5,5 millions de salariés concernés et une baisse de 11 % sur le 4ième trimestre 2008, sachant que l'année 2008 a totalisé 725 millions d'heures sup.

En extrapolant sur 2009 sans prévoir de nouvelle baisse, cela conduirait pour cette année à 645 millions d’heures supplémentaires.

Le 4ième trimestre 2008 (un très bon trimestre) était en hausse de 12,4 % sur le même trimestre de 2007, tandis que le 1er trimestre 2009 a été très légèrement en hausse de 1,4 % sur le même trimestre de l’année 2008, ce qui démontre qu’il ne faut pas forcément chercher les explications dans la crise actuelle.

Sur le plan individuel, 5,5 millions de travailleurs ont fait en moyenne 132 heures supplémentaires sur l’année 2008. Compte tenu de la loi TEPA, l’avantage financier s’élève à environ 700 euros par an (approximativement 2/3 pour les exonérations de cotisations sociales salariales, 1/3 pour la rémunération en plus et « epsilon » pour le gain d’impôt, soit environ 2 %, ce qui dévalue fortement le terme de « dispositif de défiscalisation » employé par le Gouvernement).

Ce gain représente en année pleine 3,4 % de hausse de salaire pour les travailleurs effectuant des heures supplémentaires.
Pour l’ensemble du salariat, c’est +1,3 % de pouvoir d’achat sur 18 mois (soit 0,9 % en rythme annuel sur 2007 et 2008 et plus rien à attendre de la mesure pour 2009 et les années qui viennent).

Ce rythme de gain de pouvoir d’achat est à comparer aux 1,5 % à 2 % régulièrement obtenus, à travail égal faut-il bien préciser, par le système traditionnel des augmentations de salaires ces dernières années.

Pour l’employeur, le coût n’est pas loin de zéro pour les entreprises de moins de 20 salariés et proche de 1 euro de l’heure pour les autres.

On est très loin de l’annonce tonitruante et insidieuse (puisque les heures supplémentaires existaient déjà avant la loi TEPA !) de Nadine Morano, la Secrétaire d’état à la famille, le 2 février 2009 : « Quand on regarde la loi TEPA, le nombre d’heures supplémentaires faites [en 2008] par 5,5 millions de Français, c’est 750 millions d’heures. Elles rapportent à nos concitoyens 150 euros en moyenne de plus par mois, ce qui fait 1.800 euros par an.»

L’ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) a indiqué, depuis, que «725 millions d’heures supplémentaires» seulement ont été déclarées sur 2008.

Quant aux 1.800 euros, ils intègrent sûrement le gain préexistant à la loi TEPA.

Pour la collectivité, le coût est actuellement d’environ 3 milliards d’euros par an pour le dispositif « heures supplémentaires », à comparer aux 9,5 milliards du coût total annuel de la loi.

La loi TEPA n’a pas vraiment égalé :
- ni la performance de la loi sur les « 35 heures » et les 700.000 créés à la clef,
- ni les gains de pouvoir d’achat traditionnels liés notamment aux gains de productivité dans nos entreprises.

Le slogan « Travailler plus pour gagner plus » sonne maintenant creux et faux.

La loi TEPA n’a pas permis de travailler plus.

Un tiers des salariés ont pu gagner plus (en moyenne 700 € par an) mais seulement grâce à des transferts venant du contribuable (environ 3 milliards d’euros par an).

 

31/08/2009

Heures supplémentaires et pouvoir d’achat

Les Français ont élu en 2007 le seul candidat qui affichait très ouvertement son libéralisme.

Cette idéologie néo-libérale, plus ancrée culturellement dans les pays anglo-saxons dont Nicolas Sarkozy était un admirateur et un chantre, a connu depuis de sérieux revers avec la crise des prêts hypothécaires américains puis le crack boursier de l’automne 2008 et la récession économique que le Monde connaît depuis.

Globalement, c’est l’ensemble du programme du candidat Sarkozy à la Présidentielle qui est, à ce jour, en faillite.

Non, tout le monde ne peut pas être propriétaire de son appartement car en fait tous les foyers ne sont pas suffisamment solvables et les prêts hypothécaires n’offrent qu’une solution illusoire.

Non, les retraites par capitalisation ne peuvent pas remplacer les retraites par répartition car beaucoup de Français sont dans l’incapacité de dégager une épargne suffisante. Qui plus est un placement à long terme est toujours risqué.

Non, les prélèvements obligatoires ne sont pas trop élevés en France (les statistiques sont d’ailleurs assassines pour les gouvernements de Droite, Balladur, Juppé, Raffarin, De Villepin et Fillon, qui sont responsables des 4/5 de l’augmentation du taux des prélèvements obligatoires, le Gouvernement Jospin s’étant même payé le luxe de les baisser 3 années de suite) à condition bien entendu d’avoir une politique réussie de stimulation de l’économie et de maîtrise des finances publiques, conduisant à une croissance et une amélioration du bien-être pour tous.

Non, concernant les augmentations de salaires, les travailleurs ne doivent pas seulement bénéficier d’une part des bénéfices de l’entreprise, comme le propose le Président de la République.

Ils doivent pouvoir, surtout et d’abord, percevoir une part de la valeur ajoutée supplémentaire d’une année sur l’autre, cette croissance de la valeur ajoutée étant le fruit des gains de productivité auxquels le salariat contribue.

Non, le slogan « Travailler plus pour gagner plus » n’est pas de nature à engager un pays développé comme le nôtre dans la voie de la prospérité.

En effet, le dessein de Nicolas Sarkozy était en réalité de baisser le coût du travail pour les entreprises. Or, il est impossible d’essayer de concurrencer la Chine ou les autres pays émergents sur ce terrain.

Une « seule » voie est praticable : celle du « Travailler mieux pour gagner plus ». C’est le choix des Allemands qui misent sur le travail qualifié et visent la production de produits et services haut de gamme ou d’innovation de pointe.

Il existe aussi la voie du « Travailler mieux pour gagner mieux » : à l’heure de la crise économique, il n’y a peut-être pas d’autre issue si les entreprises sont dans l’incapacité d’augmenter les salaires.

Gagner mieux, cela signifie avoir un salaire plus assuré, donc subir moins de périodes de chômage.

Cela nécessite un partage du travail (le coût d’un chômeur étant de toute manière en moyenne le même que celui d’un travailleur au SMIC, sans le bénéfice gratuit de la formation capitalisée au jour le jour dans l’activité au sein de l’entreprise) et donc la réactivation d’une politique du type « 35 heures », à adapter aux nouvelles réalités du pays.

Parlons maintenant de la mise en œuvre du slogan « Travailler plus pour gagner plus » par le Gouvernement Fillon.

La loi du 21 août 2007 en faveur du Travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite loi TEPA) a mis en place un dispositif d’encouragement aux heures supplémentaires.

L’idée du Gouvernement était que les augmentations de salaires systématiques n’étaient plus souhaitables et qu’elles pouvaient avantageusement être remplacées par un travail supplémentaire.

Suite à cette loi, les salariés bénéficient de l’exonération des cotisations sociales (avantage limité à 21,5 %) et de l’impôt sur le revenu (depuis le 1er octobre 2007) pour le paiement des heures supplémentaires (salarié à temps complet) ou complémentaires (salarié à temps partiel).

En outre, les 4 premières heures supplémentaires ont vu leur majoration passer de + 10 % à + 25 %, majoration elle-même exonérée d’impôt sur le revenu.

De son côté, l’employeur de moins de 20 salariés bénéficie d’une baisse de cotisations sociales de 1,50 €/heure. Le montant est de 0,50 €/heure pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Le signal donné, "importance pour un pays de travailler" et "plus grande flexibilité de l’organisation du travail pour les entreprises", est en soi louable.

Encore faut-il avoir un dispositif efficace, qui ne soit pas un gadget, d’autant qu’il a un coût pour l’Etat et notre système de couverture sociale.

Suite de la note : lundi 31 août