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21/09/2010

L’écomobilité sociale en pointe

Avec la création de Mobil’Eco, l’économie solidaire est, encore une fois, à la pointe de l’innovation sociale.

 

Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) a été créée en 2009 en vue de faciliter les déplacements urbains.

 

Elle souhaite promouvoir de nouvelles solutions d´écomobilité auprès des entreprises, des collectivités et des particuliers de la région Languedoc-Roussillon.

 

Dans le but de préserver la qualité de l’air et de sauvegarder la santé publique, Mobil’Eco propose à la vente, ou à la location, des véhicules à la pointe du développement durable : vélos assistés électriquement, scooters électriques, véhicules de tourisme et utilitaires électriques.

 

Plus généralement, une Société Coopérative d´Intérêt Collectif associe toujours, autour d´un projet, des acteurs salariés, des acteurs bénéficiaires (clients, usagers, fournisseurs,) et des contributeurs (associations et collectivités notamment) pour produire des biens ou des services d´intérêt collectif au profit d´un territoire.

 

En l’occurrence, cette coopérative compte 4 collèges (référents, salariés, fondateurs et partenaires).

 

Il s’agit d’une société acapitaliste où « un homme égale une voix ».

 

Mobil’Eco s’inscrit, quoiqu’il en soit, dans le champ concurrentiel - il s’agit d’une entreprise commerciale à but non lucratif - tout en respectant des standards sociaux élevés.

 

Cette coopérative est en effet aussi une entreprise d’insertion dont certains salariés (2 sur 3) bénéficient d’un reclassement professionnel comprenant, pendant deux ans, une formation aux métiers de la mécanique, de la vente, du commerce et de la comptabilité.

 

Mobil’Eco propose à ses clients :

-         un hall d’exposition avec de nombreux modèles ce qui permet au client de tester la solution la plus adaptée à ses besoins,

-         un atelier mécanique d’entretien des véhicules se mouvant à l’électricité.

 

Mobil’Eco est en outre associée au groupe coopératif public-privé d´utilité sociale REPLIC.

 

REPLIC a pour objectif la création d’activités économiques innovantes reproductibles en d’autres lieux.

 

Cette SCIC ayant le statut de société anonyme est administrée par la Région Languedoc-Roussillon, les Départements du Gard et de l´Hérault, la Communauté d’Agglomération de Montpellier, EMMAUS, l´Union Régionale des Entreprises d´Insertion Languedoc-Roussillon, l´Union Régionale des Sociétés Coopératives de Production, Face Hérault et la Caisse d´Epargne Languedoc-Roussillon.

En réalité, le concept a été créé par REPLIC, dont Emmanuel Kasperski est le Directeur, puis confié au développement des deux gérants de Mobil’Eco, Jean Daunis et Thomas Boutin.

 

Mobil’Eco a ensuite bénéficié de subventions (Département de l’Hérault, Région Languedoc-Roussillon), d’aides de fondations (MACIF et Transdev), de souscription de fonds propres par le FCPIE SIFA (fonds commun de placement) et de prêts bancaires cautionnés à 80 % par Garantie France Active, après une instruction du dossier par AIRDIE (Association interdépartementale et régionale pour le développement de l’insertion par l’économique).

 

Le plan de financement a mobilisé aux alentours de 280.000 € dont environ 100.000 € de subventions publiques.

 

La création de la coopérative et le lancement de l’activité ont nécessité une année de préparatifs.

 

Au-delà de Mobil’Eco, REPLIC a permis l’émergence de :

-         « La Feuille d’érable » : collecte de papiers auprès des collectivités territoriales, recyclage de déchets professionnels (papiers et plastiques), vente de papier recyclé,

-         « La Table de Cana », restaurant d’insertion : salle de restauration midi et soir, livraison de plateaux repas, traiteur pour les réceptions,

-         « Label Route » : livraisons en ville avec des véhicules respectueux de l’environnement et logistique de stockage.

 

La Table de Cana a déjà été « dupliquée » à Perpignan et bientôt à Nîmes ; Label Route à Nîmes ; Mobil’Eco prochainement à Paris.

 

Les activités innovantes créées dans le cadre de l’économie solidaire ont vocation à susciter des reprises ultérieures, lors de leur vulgarisation et de leur généralisation à grande échelle, dans le cadre de l’économie capitaliste.

 

Un développement économique local réussi nécessite véritablement une attention croisée de nombreux partenaires institutionnels et associatifs.

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Le stand de Mobil'Eco à la Journée des Déplacements et de la Mobilité

à Clapiers le samedi 11 septembre 2010

 

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 De bonnes explications sur les vélos assistés électriquement

 

 

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 Thomas Boutin un des deux jeunes co-gérants de Mobil'Eco

 

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Quand deux acteurs de l'économie sociale se rencontrent
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Un nouveau concept de voiture électrique, maniable,
légère et accessible financièrement
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Le VTT coexistera longtemps aux côtés
de ces nouveaux moyens de transport électriques

06/07/2009

Mouvement des associations populaires en colère

Dans la lignée des anciennes, Foyers ruraux, Maisons des jeunes et de la culture, comme des nouvelles plus médiatisées, SOS Racisme, Ni putes ni soumises, Les enfants de Don Quichotte, d’autres associations ont éclos dans nos quartiers et nos villages.

Elles ont largement bénéficié, en son temps, des emplois jeunes mis en place par le Gouvernement Jospin.

Le mouvement citoyen qui les anime vise à l’éducation populaire, à la culture pour tous, à l’épanouissement des individus sur leur territoire, à l’émancipation de tout un chacun.

Des hommes et des femmes se prennent en main pour l’alphabétisation des jeunes et des adultes, pour la formation professionnelle, pour le loisir éducatif, pour le développement du sport. Ce sont des bénévoles et des militants du quotidien.

Leur générosité et leur engagement se heurtent aujourd’hui au désengagement volontaire de l’Etat.

Le Gouvernement Fillon ne partage pas en effet la pensée profonde de Victor Hugo :
« Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison. »

Les délégations de service public que consentait l’Etat (insertion par l’économique, coaching professionnel, accompagnement scolaire, etc.) sont maintenant volontiers confiées à des sociétés privées.

Les subventions précédemment accordées pour soutenir les zones rurales ou les banlieues, que les gouvernements de Gauche savaient productives, sont actuellement au mieux différées et au pire fortement réduites, voire annulées.

Pour défendre une société de justice sociale, 45 associations du Grand Montpellier (notamment ACLE, Passerelles, Nouas, Solidarité DOM-TOM) se sont regroupées le 30 juin 2009 devant la Préfecture de l’Hérault pour manifester leur incompréhension face au désengagement coupable de l’Etat.

Elles ont constitué un Collectif, appelé F2ATP, soit en clair : Fédération des associations et des acteurs des territoires populaires.

Le moment est grave car certaines associations connaissent de sérieuses difficultés de trésorerie tandis que d’autres ont même dû licencier du personnel et réduire leur offre de services, restreignant leur rôle de service public et d’intérêt général.

Le résultat, c’est que tout un pan de la jeunesse et des classes moyennes est sacrifié sur l’autel de priorités budgétaires et idéologiques contestables.

Pourtant, qu’il est beau et qu’il est noble ce combat que mène ces associations pour l’égalité sociale en direction des catégories les plus précarisées de notre société.