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13/10/2013

Comment réduire la pollution de l’air à Montpellier ?

La pollution atmosphérique à Montpellier est certes limitée par rapport à d’autres métropoles françaises mais les concentrations en matières particulaires (PM), en dioxyde d’azote NO2 et en ozone O3 sont tout de même trop importantes sur l’aire urbaine montpelliéraine et encore plus sur la ville centre.

Les connaissances scientifiques acquises récemment au niveau mondial imputent clairement à ces polluants des effets néfastes sur la santé humaine, même à des concentrations inférieures aux normes applicables à ce jour :

- pour les PM10 et PM2,5, maladies cardiorespiratoires, notamment la bronchite chronique, athérosclérose, cancer pulmonaire, du fait des particules elles-mêmes mais aussi du SO2, des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et des métaux lourds qu’elles fixent,

- pour le NO2, symptômes respiratoires,

- pour l’ozone, augmentation de la mortalité respiratoire, impact sur le développement cognitif, naissances avant terme.

 

La réduction de la durée de vie humaine imputable aux particules fines (PM2,5), principalement issues des moteurs diesel, est notamment chiffrée à 8,6 mois dans l’Union Européenne.

 

Une évaluation de l'impact local de la pollution atmosphérique a déjà été réalisée sur les communes de Castelnau le Lez, Clapiers, Le Crès, Grabels, Jacou, Juvignac, Montferrier sur Lez, Montpellier, Saint-Clément de Rivière, Saint Jean de Védas, Vendargues, soit environ 288.000 habitants.

 

Cette étude (période 1999 et 2000 pour la mortalité et 1999 à 2002 pour les admissions hospitalières) conclut à la responsabilité de la pollution atmosphérique dans 34 décès anticipés et dans 79 hospitalisations pour motif cardiovasculaire, 15 pour motif cardiaque, 9 pour motif respiratoire chez les plus de 65 ans et 4 chez les 15-64 ans.

 

De son côté, au vu des premières preuves scientifiques de la nocivité des polluants atmosphériques, l'Union Européenne s’apprête à réviser d’ici 2015 sa politique de qualité de l’air et à durcir ses normes qui jusqu’à présent étaient au mieux égales à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), édictées en 2005 et valables pour tous les pays du Monde.

 

On s’achemine donc vers :

- une réduction de la valeur limite pour les PM2,5 pour l’instant 2 fois supérieure à celle recommandée par les lignes directrices de l’OMS et pourtant dépassée pour 80 % des Européens,

- un durcissement de la réglementation relative au NO2,

- la fixation de concentrations moyennes maximales d’ozone à long terme.

 

Particules en suspension

 

Elles proviennent des installations de chauffage, des combustions industrielles, de l’incinération et du transport automobile.

 

Au-delà des effets néfastes sur la santé humaine, elles perturbent la photosynthèse par dépôt sur les végétaux et salissent le bâti.

 

En milieu urbain à Montpellier, les PM2,5 s’inscrivent en moyenne annuelle dans une fourchette de 13 à 16 μg/m3 (10 d’objectif de qualité actuellement pour l’OMS) et les PM10 dans une fourchette de 21 à 25 μg/m3 (20 d’objectif de qualité actuellement pour l’OMS), sur les années 2000 à 2003.

 

La réglementation franco-européenne, en l’absence de preuves scientifiques, « couvrait » donc l’existant : avec des objectifs de qualité respectivement égaux à 20 et 30 pour les PM2,5 et les PM10, l’air dans Montpellier pouvait être jugé de qualité satisfaisante.

 

Ce ne sera plus du tout le cas en 2015 où les concentrations en particules devront baisser à Montpellier de 20 à 30 % (si l’Europe s’aligne en 2015 sur les choix de l’OMS datant de 2005 où aucune toxicité n’avait encore été démontrée), voire être divisées par un facteur 2 ou 3 si l’Union Européenne décidait de niveaux de pollution de l’air moitié de ceux de l’OMS.

 

Dioxyde d'azote

 

La valeur guide actuelle de l'OMS (idem en Europe) est de 40 μg/m3 (en moyenne annuelle) : elle est fixée pour protéger le public des effets du NO2 gazeux sur la santé.

 

A Montpellier, les stations dites trafic, enregistrent bon an, mal an, des moyennes annuelles comprises dans la fourchette 60 à 80 μg/m3.

 

A des concentrations dépassant 200 μg/m3, en moyenne horaire, sur de courtes durées, le NO2 est un gaz toxique entraînant une inflammation importante des voies respiratoires.

 

Entre 1993 et 2003 inclus, ce seuil a été dépassé à la station Chaptal en moyenne 83 heures dans l'année (fourchette très ouverte allant de 1 heure en 2002 à 245 heures en 1999).

 

C'est aussi le principal agent responsable de la formation :

- des aérosols de nitrates qui représentent une proportion importante des PM2.5

- de l'ozone, en présence de rayons ultraviolets (les Composés Organiques Volatils, autres polluants primaires agissent de concert avec le NO2).

 

Les émissions anthropiques de NO2 proviennent principalement de la combustion (chauffage, production d'électricité en centrale thermique, moteurs des véhicules automobiles et des bateaux).

 

Ozone

 

Ses précurseurs sont émis en ville.

 

Après la réaction photochimique le synthétisant, le nuage d'ozone gagne les zones rurales où sa teneur culmine en France à un niveau de l'ordre de 60 à 70 µg/m3 (en moyenne annuelle).

 

En ville, les polluants primaires consomment dans un premier temps l'ozone et sa concentration s'établit seulement dans une fourchette de 40 à 60 µg/m3.

 

Mais l'été, les pics d'ozone sont forts, surtout dans les régions ensoleillées comme celle de Montpellier.

 

Des concentrations bien supérieures au seuil de protection de la santé de 120 µg/m3 (en moyenne sur 8 heures) imposé par la directive européenne 2008/50/CE (objectif de qualité pour la protection de la vie humaine) sont constatées au Nord et au Sud de Montpellier entre 60 et 120 jours par an !

 

Et entre 50 à 100 jours dans des quartiers de la ville tout de même.

 

Lors de l'été 2003, 27 jours ont même dépassé 180 µg/m3.

 

L'OMS a réduit la concentration limite recommandée à 100 µg/m3 (en moyenne sur 8 heures), contre 120 µg/m3 auparavant sur la base des liens concluants établis récemment entre la mortalité quotidienne et des concentrations en ozone même inférieures à 120 µg/m3.

 

3 seuils d'alerte sont fixés en France, à respectivement 240, 300 et 360 µg/m3 (dépassement pendant 3 heures consécutives en moyenne horaire).

 

En août 2011, le premier seuil a été atteint dans le Gard où le Préfet avait réduit les vitesses autorisées sur routes et autoroutes.

 

Responsable de ces épisodes de pollution photochimique préjudiciables pour la santé, l'ozone est aussi accessoirement le troisième gaz à effet de serre après le gaz carbonique CO2 et le méthane CH4.

 

Quelles pourraient être les mesures à prendre sur Montpellier et ses alentours ?

 

Peut-être la fermeture à terme de l’usine d’incinération de Lunel-Viel, une fois l’investissement industriel amorti.

 

La résorption progressive du chauffage individuel ou collectif au fioul.

 

Forcément aussi des mesures de réduction de la circulation automobile.

 

En effet, particules en suspension, dioxyde d'azote et ozone (polluant photochimique secondaire principalement tributaire du dégagement de dioxyde d'azote) sont essentiellement produits par les moteurs des véhicules fonctionnant à l'essence ou au gazole.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a déjà pris le taureau par les cornes avec sa politique ambitieuse de transport en commun reposant sur 5 lignes de Tramway à l’horizon 2017.

 

L'intermodalité se développe aussi avec les parkings à voitures et les parcs à vélos équipant les lignes de Tramway tout comme avec le renforcement, futur mais programmé, de l'offre en Transport Express Régional (TER).

 

Le réseau de déplacement doux reste en revanche largement à parfaire : pistes cyclables et piétonnes.

 

Des systèmes de transport en commun de plus petite capacité doivent-ils seulement rester au stade du bus voire du minibus pour le transport à la demande ?

 

Quid du développement du covoiturage ?

 

Sans doute aussi une meilleure organisation des livraisons et du transport de marchandises en ville est possible : c’est un sujet vraisemblablement d’avenir.

 

Faut-il un service public de la livraison à domicile, suite à des commandes via Internet ?

 

Sachant qu’une circulation fluide est moins polluante, l’optimisation des flux est un enjeu fort : la limitation de vitesse à 110 km/h, voire 90 km/h, sur l’autoroute, la régulation sur certains feux tricolores sont déjà des avancées probantes.

 

Le lissage des pointes de circulation passe aussi vraisemblablement par des aménagements dans les horaires de travail et donc des accords avec les employeurs : administrations et privés.

 

Toutefois, la réduction de la circulation automobile est tributaire d’une évolution des mentalités.

 

Tout un chacun doit réfléchir sur l’impact collectif de ses propres pratiques :

- rentrer chez soi pour manger entre midi et deux,

- amener sa progéniture à l’école ou à une activité, avec souvent 2 aller-retour à la clef,

- fréquenter des centres commerciaux ultrapériphériques par rapport à son logement,

- habiter loin de son travail ou des services, etc.

 

L’avenir peut nous réserver de mauvaises surprises avec des limitations autoritaires de circulation, rendues obligatoires pour préserver notre santé.

 

Qui sera l’autorité régulatrice dans les années à venir ?

 

Toujours l’Etat au travers du Préfet ?

 

Voilà un pouvoir de police bien peu populaire !

 

Le Préfet a déjà la possibilité de prendre des mesures de préservation d’urgence en cas de dépassement des niveaux d’alerte du dioxyde d’azote et de l’ozone :

- diminution de 20 km/h de la vitesse de circulation autorisée sur tous les axes réglementés habituellement à 90, 110 ou 130 km/h et même réduction de 30 km/h lorsque le deuxième ou le troisième niveau d’alerte pour l’ozone est atteint,

- circulation alternée ouverte seulement à la moitié des véhicules possédant la pastille verte, excepté pour les véhicules propres autorisés à se déplacer.

Il existe aussi d’autres mesures d’urgence dites complémentaires :

 - interdiction de la circulation dans les agglomérations des véhicules de plus de 7,5 tonnes du moment qu’il existe un itinéraire de contournement,

 - fermeture de certaines voies à la circulation,

- interdiction de l’utilisation des engins de chantier et des engins mobiles non routiers,

- interdiction des manifestations publiques de sport mécanique,

- interdiction des outils d’entretien extérieur non électriques et de produits à base de solvants.

Nous pouvons tout de même être « sauvés » par l'avènement de la voiture électrique (La Poste s'y met déjà de façon très volontariste).

 

La montée en puissance du chauffe-eau solaire comme de l'isolation du bâti ancien soulageraient les sacrifices à venir sur l'automobile.

 

Bref, la balle est surtout dans le camp des particuliers, au niveau du comportement journalier et au niveau du choix dans les investissements domestiques.

 

Le Plan de Protection de l'Atmosphère de l'agglomération de Montpellier prévoit de ce fait des mesures :

- d'information du public sur la qualité de l'air (résultats et synthèses des mesures sur le site Internet de l'association AIR LR),

- d'éducation de la population.

 

Bien sûr le public scolaire est visé mais aussi les adultes avec des sensibilisations concernant :

- l'utilisation des solvants,

- la limitation de l'usage des pesticides,

- la réduction des consommations énergétiques dans le résidentiel,

- les performances, les coûts et l'impact sur la santé des différents modes de transport,

- les modes doux de déplacement.

 

Concernant les pollens allergisants, le PPA ne propose aucune interdiction à la vente de certains végétaux ni leur suppression progressive dans les parcs, jardins, haies et alignements.

 

En revanche, des actions de sensibilisation des acteurs sont proposées.

 

Globalement, le Plan de Protection de l'Atmosphère de Montpellier penche plutôt pour une action sur les niveaux moyens de pollution de fond (baisse de 25 %) plutôt que sur un scénario visant à supprimer les pics de pollution.

 

En effet, les gains sanitaires sont plus élevés dans le premier cas de figures : 40 décès annuels évités (40 % de gain) contre 20 seulement avec la deuxième option (10 % de gain).

 

Le PPA va dans le sens de l’amélioration de la qualité de la vie en Languedoc-Roussillon qui a tout intérêt à cultiver ce point fort comme un avantage compétitif.

02/02/2013

L'eau potable doit-elle revenir en régie ?

Le débat sur le mode de gestion du Service public d'eau potable est d'actualité autour de Montpellier.

En effet, la Communauté d'Agglomération de Montpellier a pris depuis le 1er janvier 2010 la compétence "Eau potable" et a veillé à ce que l'ensemble des contrats actuels qu'elle maîtrise arrivent à terme en 2014, date à laquelle il sera donc envisageable soit de conclure de nouveaux affermages, soit de passer le service en régie directe.

Ce sera possible dans 10 communes (Grabels, Juvignac, Lattes, Montferrier, Montpellier, Pérols, Prades le Lez, Saint-Brès, Sussargues, Villeneuve lès Maguelone) représentant approximativement les 3/4 des habitants de l'Agglo et une dépense pour l'eau potable annuelle de l'ordre de 40 millions d'euros.

En revanche, plusieurs communes (21 sur 31) relèvent encore de syndicats des eaux, devenus depuis des syndicats mixtes, où les élus délégués - anciennement deux par commune désignés par leur conseil municipal - représentent maintenant la Communauté d'Agglomération dans le cadre de ce qui est appelé une représentation-substitution.

Il faut savoir que ces syndicats mixtes ont signé des contrats d'affermage dont les termes sont postérieurs à 2015.

Syndicat Mixte du Salaison : 4 communes dont 3 dans l'Agglo, soit Jacou, Le Crès et Vendargues

Syndicat Mixte du Bas-Languedoc : 17 communes, dont 9 dans l'Agglo, soit Cournonterral, Cournonsec, Fabrègues, Lavérune, Murviel lès Montpellier, Pignan, Saussan, Saint-Georges d'Orques et Saint-Jean de Védas

Syndicat Mixte de Garrigues-Campagne (SMGC) : 24 communes, dont 9 dans l'Agglo, soit Baillargues, Beaulieu, Castelnau le Lez, Castries, Clapiers, Montaud, Restinclières, Saint-Drézéry et Saint-Geniès des Mourgues

Les deux délégués pour Clapiers, Thierry Noël, Conseiller municipal délégué et Michel Chastaing, Maire-adjoint, ont voté au SMGC, en 2010, pour le passage en régie lors du débat préalable puis du vote en assemblée générale qui a conduit cependant à un nouvel affermage avec la société Véolia.

Le Syndicat Mixte de Garrigues-Campagne a exploité l'eau en régie jusque dans les années 80.

Le contexte

L’eau potable est un bien rare sur Terre qui demande de la protection, des investissements et des soins pour être conduite au robinet.

En France, l’eau est "res nullius", propriété de personne et donc à la libre disposition de tous.

Elle est donc gratuite du moment que l’on s’en procure soi-même.

Toutefois, pour éviter que certains s’accaparent toute l’eau et n’en laissent goutte à personne d’autres, l’Etat est seul maître pour autoriser un prélèvement de l’eau dans le milieu naturel, la loi transformant de fait l’eau en "res communis omnium".

Cette eau pompée, traitée, mise sous pression, a un coût dont l’usager va s’acquitter en totalité.

En France, 25 % à peine de l’eau consommée par les usagers correspond à des besoins indispensables (soit 20 m3 par an et par habitant pour la boisson, la cuisine, la toilette, les WC et les différents lavages).

Plus de 25 % de l’eau potable est par ailleurs perdue dans les fuites des réseaux, ce qui représente, avec une valorisation à 1,60 €/m3, à une perte économique de 2,5 milliards d'euros par an.

Les forages, canalisations, réservoirs et autres installations techniques appartiennent à la Collectivité (communes ou groupements de communes), c’est-à-dire à tous leurs habitants.

Ce patrimoine est considérable : d'une valeur de l'ordre de 2.000 € par habitant (répartition à 55 % pour les réseaux, 5 % pour les branchements, 20 % pour les réservoirs et 20 % pour les unités de production d'eau potable).

En revanche, un réseau confié à un concessionnaire (donc exploité ni en régie, ni en affermage) est privatisé : ce cas de figure est rare en France.

L’exploitation en régie fait appel aux moyens techniques et humains de la collectivité tandis que l’exploitation en affermage nécessite la négociation d’un contrat avec une société privée (avec pour cette dernière des engagements et des obligations de résultats d’une part et la prise de risque économique d’autre part).

Régie ou affermage ?

Souveraineté

L’eau est un bien tellement précieux et vital que la Collectivité devraiit en maîtriser totalement la production et la distribution.

La responsabilité directe des élus permet un meilleur contrôle démocratique des citoyens par le vote.

En régie, l’élu ne peut pas invoquer la faute d’un tiers, en l’occurrence le fermier.

Il n'est pas sain non plus qu'un habitant réagisse en consommateur d'eau alors qu'il a des obligations de sobriété et qu'il ne peut être prioritaire devant un autre usager, l'accès égal à l'eau étant une valeur républicaine.

Prix de l’eau

Une société fermière est une société de capitaux qui doit rémunérer ses actionnaires.

Le repli sur l’Europe de ces entreprises, constaté ces dernières années, prouve bien la rentabilité forte des marchés signés sur ce continent, notamment en France.

Ces contrats sont négociés par une multitude de collectivités face à quelques majors, en situation de quasi monopole.

Malgré l’ouverture des marchés européens, l’offre est en France presque exclusivement nationale.

La concurrence, faible, ne pousse pas à la réduction des marges et du taux de rémunération des actionnaires.

Ces derniers sont classiquement dans une approche de court terme sans commun rapport avec la pérennité du service public.

L’exploitation d’un réseau d’eau potable dans le cadre d’un affermage génère en outre un coût en terme d’impôts sur les sociétés : impôt sur le bénéfice, taxe sur les salaires, taxe professionnelle et taxe d’apprentissage.

En contribuant indirectement de la sorte au budget de l’Etat, l’usager voit le prix de l’eau se surenchérir.

L’exploitation en régie permet ainsi, lorsque la taille de la collectivité est suffisamment grande (c'est une condition nécessaire), des économies substantielles.

Ces dernières doivent être utilisées :

- à un renouvellement plus rapide du réseau, notamment pour lutter contre les fuites (approximativement 1.000 € d'investissements par habitant sont nécessaires pour rénover la distribution d'eau potable),

- à pratiquer un tarif social : forfait nul et gratuité des 20 premiers m3 serait l'idéal

Enfin, une société privée est intéressée par une augmentation du chiffre d’affaires, résultat d’une augmentation des consommations, ce qui n’est pas le cas des collectivités qui doivent dans ce cas redimensionner le réseau et surtout trouver de nouvelles ressources, au demeurant de plus en plus rares.

Si pour une société privée, l’eau est un bien de consommation, pour une collectivité, il doit être un bien de première nécessité, un bien de service public.

L’exploitation en régie est aussi plus compatible avec une tarification écologique, fixant des tranches de consommation avec des coûts unitaires de plus en plus élevés, pénalisant ceux qui gaspillent ou ne s'engagent pas des mesures d'économies (équipement des robinets avec des mousseurs, réduction de l'arrosage des espaces verts, substitution des douches aux bains, etc.).

Enfin, la Régie assure une cohérence maximale avec un seul décideur pour les investissements et le fonctionnement.

Transition entre affermage et régie directe

Il est important d'assurer au personnel de la société fermière une bonne intégration dans la collectivité territoriale d'accueil responsable de la régie.

Ce personnel travaillant dans le privé n'en pas moins la culture du service public.

Lors d'une transition entre affermage et régie, il faut veiller à reprendre tous les agents de la société fermière (une obligation fixée par la loi) :

- en leur assurant une rémunération équivalente et une évolution de carrière aussi intéressante que dans le privé, ce qui n'est pas forcément évident vu les cadres salariaux et indemnitaires fixés par les Statuts de la Fonction publique territoriale,

- en mettant en place un management participatif et motivant.

La réflexion au sein des collectivités

La Commune de Jacou a par exemple tenue à recueillir l'avis de sa population, en organisant des animations citoyennes sur le sujet.

La Communauté d'Agglomération de Montpellier a elle-même initié une consultation des usagers, des professionnels de l'eau et des associations de défense de l'environnement qui débouchera au premier semestre 2013 sur le bilan des souhaits concernant la ressource, le service, la qualité, le prix, la tarification, ...

Un panel composé de 20 usagers a été tiré au sort : après 4 débats en ateliers thématiques, ce groupe proposera des recommandations.

Une décision sera prise en Conseil d'Agglomération au vu des résultats des consultations et des résultats des études : l'affermage et la régie pourront alors été choisie démocratiquement, en bloc ou sur des secteurs géographiques.

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Source : Communauté d'Agglomération de Montpellier

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Château d'eau de la Gardie desservant Castelnau le Lez et Clapiers

09/09/2012

Projet d’agri-parc

Les communes de Clapiers et de Jacou souhaitent mettre en œuvre sur une partie de leur territoire le concept d’agri-parc.

  

Ce concept est né il y a seulement quelques années : il est donc encore flou.

 

Il s’agit de pérenniser en milieu relativement urbanisé des espaces agricoles en les ouvrant à une fréquentation du public, à condition qu’elle soit restreinte et maîtrisée.

 

Jusqu’à présent, les terres agricoles n’ont pas résisté à la spéculation foncière et elles ont été largement consommées par l’étalement horizontal de l’urbanisation.

 

Il s’agit aujourd’hui de préserver durablement des lieux où l’activité agricole sera maintenue contre vents et marées, sous sa forme ancienne (viticulture, céréaliculture) ou sous des formes nouvelles adaptées aux contraintes économiques actuelles.

 

En effet, si par exemple la mévente du vin conduit à des arrachages, il peut être nécessaire d’installer plusieurs maraîchers écoulant leur production en circuits courts, notamment grâce à la vente de paniers ou à un débit sur des marchés de plein-vent.

 

L’exploitation des terres doit être durable pour préserver les sols, la biodiversité et la santé, tant des agriculteurs que des consommateurs.

 

Les agri-parcs sont à géométrie variable :

-         la maîtrise du foncier peut être publique ou privée,

-         l’exploitation assurée par les Services techniques d’une collectivité territoriale (exemple de ceux de la Mairie de Montpellier à l’Agri-parc des Grisettes) ou par un ou plusieurs agriculteurs (exemple de ce qui est projeté à Clapiers et Jacou).

 

Ces projets d’agri-parcs (il en existe un autre concernant les prairies humides de la Mosson à Lavérune) devraient prendre forme dans les quelques années à venir.

 

En effet, de nombreuses études sont nécessaires (qualité agronomique des sols, possibilités d’irrigation, droits à produire, plan de massif forestier avec définition de zones de coupure de combustible, aménagements périphériques d’accueil du public, cadre de la gestion patrimoniale, …).

 

Concernant le projet de Clapiers et de Jacou, une acquisition foncière de grande importance va conforter le périmètre choisi, constitué des bords du Lez - avec le Domaine la Valette déjà propriété de la Ville de Montpellier - des pinèdes constituant le « poumon vert » du Nord de Montpellier et le Domaine de Viviers.

 

C’est ce dernier que la Communauté d’Agglomération de Montpellier vient d’acquérir courant 2010 : il appartenait depuis plusieurs siècles à la famille Pagézy.

 

Ce bien agricole de 196 hectares d’un seul tenant comprend aussi 70 hectares de magnifiques forêts.

Les pins d’Alep, essence la plus présente, ont été plantés par les grands propriétaires fonciers afin de protéger les sols soumis à érosion et écarter les petits paysans qui avaient tendance à exploiter le bien d’autrui (petit élevage ou pâturage des moutons et des chèvres), au moment du boom démographique et paysan, après le milieu du 19ème siècle.

 

Les premières pépinières de pins d’Alep sont attestées dans l’Hérault sur les communes de Clapiers et Montferrier.

 

Cette plantation a été le fait de propriétaires éclairés, ouverts aux progrès de la science, attirés par l’expérimentation et appuyés par les services des Eaux et Forêts.

 

Depuis, la forêt se renouvelle naturellement ce qui donne en général des peuplements de pins équiennes, c’est-à-dire où tous les âges sont présents.

 

Son seul ennemi est le feu et les promoteurs sur certaines communes.

 

A terme le périmètre de l’Agri-parc de Clapiers et Jacou pourrait s’étendre au Nord sur les pinèdes de Montferrier, Assas et englober le Domaine de Restinclières sis sur la commune de Prades le Lez qui est à la fois agricole et forestier.

 

En parallèle, la Communauté d’Agglomération de Montpellier souhaite implanter sur le Domaine de Viviers une seconde « Ecolothèque » après celle de Saint-Jean de Védas, à la capacité d’accueil saturée.

 

L’implantation de cet équipement public, dédié à la fréquentation d’un jeune public, consacre la vocation d’environnement d’excellence de la périphérie Nord de Montpellier.

 

A l’évidence, il pourra y avoir des connivences entre les besoins pédagogiques de cette écolothèque et la présence à proximité d’une agriculture vivante, certains porteurs de projet d’installation agricole pouvant proposer des activités d’accueil.

 

Le projet d’Agri-parc de Clapiers et Jacou s’inscrit plus généralement dans le cadre de l’Agenda 21 de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

 

Il n’est pas étonnant que les objectifs poursuivis soient :

-         le maintien et le développement de la production agricole,

-         le développement de l’offre de commercialisation en circuits courts,

-         la protection et la valorisation de l’environnement et du paysage,

-         une offre en matière de loisir, de découverte et d’éducation.

 

Notamment, pour le projet d’agri-parc, il est envisagé un itinéraire « modes doux » qui prolongerait le cheminement piéton le long du Lez dans la forêt au Nord pour rejoindre enfin le Domaine de Viviers.

 

Il faut qu’un agri-parc soit vivant : ni un musée de l’agriculture, ni un parc urbain.

 

Les fonctions urbaines, agricoles et naturelles doivent pouvoir s’enrichir mutuellement.

 

Le promeneur, le coureur à pied, n’est plus un visiteur qui utilise un espace mais au contraire quelqu’un qui s’intéresse au devenir du lieu, à son rôle économique de production.

 

Le public qui fréquente un agri-parc peut aussi être consommateur de ses produits (exemple des associations de maintien de l’agriculture paysanne – AMAP) et prend conscience que derrière les productions agricoles – auxquelles peuvent être substituées d’autres produits plus ou moins transformés et plus ou moins naturels – il y a des hommes avec leur travail et leur passion du métier.

 

Il s’agit bien en fait de « cultiver nos agricultures de proximité ». 

 

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Localisation des deux agri-parcs projetés sur l'Agglomération de Montpellier 

 

 

     

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Périmètre indicatif de l'Agri-parc de Clapiers et Jacou

24/01/2010

La Fête de la Truffe à Saint-Geniès des Mourgues

Saint-Geniès des Mourgues avait mis son manteau d’hermine, dimanche 10 janvier, pour accueillir la 4ème Fête de la Truffe. 

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Les portes de Saint-Geniès des Mourgues sous la neige

 

Cette manifestation est organisée par la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

C’est sous l’œil gourmand d’Yvon Pellet, fidèle gardien de la tradition, comme l’était les druides antiques, que se sont pressés de nombreux officiels et de très nombreux visiteurs venus de l’Hérault, du Gard et d’autres départements méditerranéens.

 

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Les officiels ne boudent pas leur plaisir d'être présents

Le Maire du village, aussi Vice-Président de l’Agglomération, chargé de l’agriculture et de la viticulture, a pu savourer la réussite d’une manifestation qui tourne autour du goût, du bien manger, du bien boire et de la promotion de la truffe.

 

La « Truffe du Périgord » (Tuber melanosporum), reine de l’événement, est appréciée depuis l’Antiquité pour sa haute valeur gastronomique.

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Les amateurs sont déjà passés par là, tôt le matin : il reste déjà peu de truffes 

 

Ce tubercule "divin" possède un péridium noir en pointes de diamant.

 

Champignon souterrain, il ne voit le jour qu’à la récolte.

 

Seuls les sols pauvres, et c’est bien un paradoxe pour un champignon d’aussi grande valeur marchande, permettent l’association mycorhizienne avec de nombreux feuillus (noisetier, tremble, tilleul, châtaigner, pin d’Alep, pin noir) mais surtout avec le chêne pubescent.

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L'exposition de la Région Languedoc-Roussillon

qui subventionne la création de truffières 

 

La production française s’élevait à environ 1.500 tonnes en 1900.

 

La truffe du Périgord provient maintenant principalement d’Espagne et d’Italie, ces deux pays produisant une centaine de tonnes par an.

 

En France, où la culture vient maintenant compléter la cueillette, la production annuelle, très sensible aux aléas climatiques (excès de sècheresse ou de pluviométrie, froids prolongés) est de l’ordre de 50 tonnes.

 

Le Sud-Est en produit, à lui tout seul, bon an, mal an, 2/3 à 3/4, essentiellement dans le Gard, le Vaucluse et la Drôme.

 

Les autres départements du Languedoc-Roussillon sont aussi producteurs dont l’Hérault et l’Aude mais aussi les Pyrénées-Orientales et la Lozère.

 

La truffe est passion mais aussi patience : il faut en effet entre 7 et 10 ans entre la plantation d’une truffière et la première fructification.

 

A Saint-Geniès des Mourgues, le grand restaurant montpelliérain « La Maison de la Lozère » a animé un atelier « Apprendre à cuisiner la truffe », truffe fraîche bien entendu.

 

La cave coopérative viticole de Saint-Geniès des Mourgues, « Les coteaux de Montpellier », a pu faire déguster la variété de ses vins et faire apprécier leur qualité.

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Le caveau de la cave coopérative propose toujours des expositions d'art

et des vins et produits de l'agriculture locale 

 

Enfin, la truie « Pépette » et la chienne « Syrah » ont fait toute la journée la démonstration de la finesse de leur odorat.

 

Ces auxiliaires efficaces de l’homme permettent à coup sûr la détection du « diamant noir ».

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La truie Pépette en action, labourant de son groin la terre

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Le cavage est terminé : le museau de Pépette

et la main de son maître, recourbée sur la truffe, en témoignent

 

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Pépette a bien mérité sa récompense !

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La chienne Syrah, d'un style plus virevoltant, à l'arrêt devant une truffe

 

La présence de la mouche Helomyza tuberivora permet aussi à certains initiés de découvrir le tubercule mais la technique de cavage avec un chien ou une truie est la plus répandue.

 

Avec cette nouvelle édition de la Fête de la Truffe, Saint-Geniès des Mourgues a su faire rêver de nombreux visiteurs, arrivés sous les reflets éblouissants du soleil sur la neige et repartis avec un soleil intérieur malgré le froid piquant de ce dimanche d’hiver.