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09/09/2012

Projet d’agri-parc

Les communes de Clapiers et de Jacou souhaitent mettre en œuvre sur une partie de leur territoire le concept d’agri-parc.

  

Ce concept est né il y a seulement quelques années : il est donc encore flou.

 

Il s’agit de pérenniser en milieu relativement urbanisé des espaces agricoles en les ouvrant à une fréquentation du public, à condition qu’elle soit restreinte et maîtrisée.

 

Jusqu’à présent, les terres agricoles n’ont pas résisté à la spéculation foncière et elles ont été largement consommées par l’étalement horizontal de l’urbanisation.

 

Il s’agit aujourd’hui de préserver durablement des lieux où l’activité agricole sera maintenue contre vents et marées, sous sa forme ancienne (viticulture, céréaliculture) ou sous des formes nouvelles adaptées aux contraintes économiques actuelles.

 

En effet, si par exemple la mévente du vin conduit à des arrachages, il peut être nécessaire d’installer plusieurs maraîchers écoulant leur production en circuits courts, notamment grâce à la vente de paniers ou à un débit sur des marchés de plein-vent.

 

L’exploitation des terres doit être durable pour préserver les sols, la biodiversité et la santé, tant des agriculteurs que des consommateurs.

 

Les agri-parcs sont à géométrie variable :

-         la maîtrise du foncier peut être publique ou privée,

-         l’exploitation assurée par les Services techniques d’une collectivité territoriale (exemple de ceux de la Mairie de Montpellier à l’Agri-parc des Grisettes) ou par un ou plusieurs agriculteurs (exemple de ce qui est projeté à Clapiers et Jacou).

 

Ces projets d’agri-parcs (il en existe un autre concernant les prairies humides de la Mosson à Lavérune) devraient prendre forme dans les quelques années à venir.

 

En effet, de nombreuses études sont nécessaires (qualité agronomique des sols, possibilités d’irrigation, droits à produire, plan de massif forestier avec définition de zones de coupure de combustible, aménagements périphériques d’accueil du public, cadre de la gestion patrimoniale, …).

 

Concernant le projet de Clapiers et de Jacou, une acquisition foncière de grande importance va conforter le périmètre choisi, constitué des bords du Lez - avec le Domaine la Valette déjà propriété de la Ville de Montpellier - des pinèdes constituant le « poumon vert » du Nord de Montpellier et le Domaine de Viviers.

 

C’est ce dernier que la Communauté d’Agglomération de Montpellier vient d’acquérir courant 2010 : il appartenait depuis plusieurs siècles à la famille Pagézy.

 

Ce bien agricole de 196 hectares d’un seul tenant comprend aussi 70 hectares de magnifiques forêts.

Les pins d’Alep, essence la plus présente, ont été plantés par les grands propriétaires fonciers afin de protéger les sols soumis à érosion et écarter les petits paysans qui avaient tendance à exploiter le bien d’autrui (petit élevage ou pâturage des moutons et des chèvres), au moment du boom démographique et paysan, après le milieu du 19ème siècle.

 

Les premières pépinières de pins d’Alep sont attestées dans l’Hérault sur les communes de Clapiers et Montferrier.

 

Cette plantation a été le fait de propriétaires éclairés, ouverts aux progrès de la science, attirés par l’expérimentation et appuyés par les services des Eaux et Forêts.

 

Depuis, la forêt se renouvelle naturellement ce qui donne en général des peuplements de pins équiennes, c’est-à-dire où tous les âges sont présents.

 

Son seul ennemi est le feu et les promoteurs sur certaines communes.

 

A terme le périmètre de l’Agri-parc de Clapiers et Jacou pourrait s’étendre au Nord sur les pinèdes de Montferrier, Assas et englober le Domaine de Restinclières sis sur la commune de Prades le Lez qui est à la fois agricole et forestier.

 

En parallèle, la Communauté d’Agglomération de Montpellier souhaite implanter sur le Domaine de Viviers une seconde « Ecolothèque » après celle de Saint-Jean de Védas, à la capacité d’accueil saturée.

 

L’implantation de cet équipement public, dédié à la fréquentation d’un jeune public, consacre la vocation d’environnement d’excellence de la périphérie Nord de Montpellier.

 

A l’évidence, il pourra y avoir des connivences entre les besoins pédagogiques de cette écolothèque et la présence à proximité d’une agriculture vivante, certains porteurs de projet d’installation agricole pouvant proposer des activités d’accueil.

 

Le projet d’Agri-parc de Clapiers et Jacou s’inscrit plus généralement dans le cadre de l’Agenda 21 de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

 

Il n’est pas étonnant que les objectifs poursuivis soient :

-         le maintien et le développement de la production agricole,

-         le développement de l’offre de commercialisation en circuits courts,

-         la protection et la valorisation de l’environnement et du paysage,

-         une offre en matière de loisir, de découverte et d’éducation.

 

Notamment, pour le projet d’agri-parc, il est envisagé un itinéraire « modes doux » qui prolongerait le cheminement piéton le long du Lez dans la forêt au Nord pour rejoindre enfin le Domaine de Viviers.

 

Il faut qu’un agri-parc soit vivant : ni un musée de l’agriculture, ni un parc urbain.

 

Les fonctions urbaines, agricoles et naturelles doivent pouvoir s’enrichir mutuellement.

 

Le promeneur, le coureur à pied, n’est plus un visiteur qui utilise un espace mais au contraire quelqu’un qui s’intéresse au devenir du lieu, à son rôle économique de production.

 

Le public qui fréquente un agri-parc peut aussi être consommateur de ses produits (exemple des associations de maintien de l’agriculture paysanne – AMAP) et prend conscience que derrière les productions agricoles – auxquelles peuvent être substituées d’autres produits plus ou moins transformés et plus ou moins naturels – il y a des hommes avec leur travail et leur passion du métier.

 

Il s’agit bien en fait de « cultiver nos agricultures de proximité ». 

 

AgriParc100.jpg

  

 
Localisation des deux agri-parcs projetés sur l'Agglomération de Montpellier 

 

 

     

 AgriParc200.jpg

Périmètre indicatif de l'Agri-parc de Clapiers et Jacou

11/11/2010

La biodiversité et la nature en ville

Dans le cadre de l’élaboration de l’Agenda 21 de Jacou, la Municipalité de cette commune a organisé une soirée de réflexion, le mardi 26 octobre 2010, à la Salle de la Fabrique, sur le thème de « La nature en ville : comment la préserver, comment la gérer ? ».

 

Presque 100 personnes s’étaient déplacées pour écouter un exposé de Jean-Pierre Vigouroux (résumée dans la présente note), membre des écologistes de l’Euzière, association basée à la Maison Départementale de l’Environnement de Restinclières sur la commune de Prades le Lez.

 

Renaud Calvat, Premier adjoint, délégué à l’aménagement du territoire et au développement durable, a co-animé le débat, en présence de Joëlle Aliaga, Conseillère municipale déléguée aux travaux, à la gestion des espaces naturels et à l’Agenda 21.

 

L’Association « Préserver le cadre de vie à Jacou », l’Association « Jacou Jardins Familiaux » et l’Association « Histoire et patrimoine » étaient bien représentées.

 

Autour de la Méditerranée, plus qu’ailleurs, l’homme a façonné les paysages dont nous avons hérité.

 

En dépassant le stade de la chasse et de la cueillette, l’homme, en se sédentarisant au chalcolithique, a accédé à l’élevage et à l’agriculture avec un impact grandissant de façon exponentielle sur son habitat.

 

D’ici 2050, 70 % de la population mondiale habitera en ville ; l’espace artificialisé a doublé en Europe en 50 ans ; l’Hérault reçoit 1.500 habitants supplémentaires tous les mois.

 

La ville, jugée insalubre au XIXème siècle, a été Haussmannisée avec de grandes trouées dans le bâti existant et de grands aménagements urbains.

 

Ces derniers (création de l’assainissement, de parcs, de promenades) ont été guidés par une vision hygiéniste : « faire propre », ce qui conduit à fortement rectifier et redresser la nature.

 

La mécanisation de l’agriculture et la réindustrialisation de la France dans les années 50 entraîne l’exode rural vers une ville qui se dote de ZUP et où la nature est tout aussi canalisée.

 

La villa individuelle n’a pas apporté un changement d’approche avec des jardins artificiels basé sur la pelouse anglaise, l’arrosage à l’eau potable, la haie de thuyas, le désherbage des allées minéralisées.

 

Ce n’est qu’à partir de 1986, avec l’« invention » de la biodiversité que l’on s’est aperçu que la nature existait toujours en ville malgré l’urbanisation et l’artificialisation : persistance des « mauvaises herbes », des insectes, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles, compagnons familiers, vivant en commensaux à notre table ou, à tout le moins, sur la même parcelle d’espace.

 

Cette biodiversité, nous commençons à en saisir l’importance ainsi que ses fonctions vitales pour l’homme : épuration de l’eau, pollinisation, production fruitière et vivrière, maintien des sols, recyclage de la matière organique, etc.

 

En chiffres, 99 % de la nourriture est issue de la biodiversité ; elle nous donne un médicament sur 2 et 40 % de l’économie mondiale repose sur les produits naturels.

 

La biodiversité en ville est moins spectaculaire : elle est ordinaire, faite d’espèces courantes.

 

De ce fait, elle est peu considérée avec, comme corollaire, un défaut de prise en compte, une absence de politique de gestion, malgré les innombrables services écologiques et sociaux qu’elle rend.

 

Les problématiques et les enjeux liés à la nature en ville sont :

-         une forte imperméabilisation entraînant notamment des risques d’inondations,

-         une importante fragmentation de l’espace et donc des habitats écologiques,

-         une pollution liée à l’usage de phytosanitaires pour l’entretien des voiries, des jardins publics et privés,

-         une tendance à l’envahissement par des espèces exotiques s’arrogeant à titre exclusif des niches écologiques.

 

Concernant les pesticides, l’Organisation Mondiale de la Santé a constaté 1.000.000 empoisonnements graves et 220.000 décès en 2008.

 

Au niveau national, 76.000 tonnes de « matières actives » ont été utilisées la même année, dont 8.000 tonnes en Languedoc-Roussillon (la viticulture en consomme beaucoup), dont 10 % dans les jardins (quantité responsable de 30 % de la pollution des eaux).

 

Sur ce plan précis, la Commune de Jacou a réagi en supprimant l’utilisation des pesticides (essentiellement des désherbants), il y a déjà 18 mois.

 

Que peut-on faire, à son niveau, chez soi ?

 

Utiliser des plantes résistantes à la sècheresse, créer un jardin sec, planter des arbres à petits fruits, végétaliser la toiture de son habitation, fabriquer des gîtes à hérisson, à insectes, composter ses déchets ménagers, bannir les produits phytopharmaceutiques, …

Au niveau des Services techniques des collectivités territoriales, le mot d’ordre est aux prairies fleuries, aux espaces verts non irrigués, au zéro pesticide, à la plantation d’essences locales, au maintien des arbres morts à cavité (qui hébergent notamment le Rollier d’Europe, oiseau migrateur rare vivant dans les collines des premiers reliefs succédant à la plaine côtière).

 

La prise de conscience de l’importance de la biodiversité en ville est maintenant effective dans les grandes villes et elle gagne, petit à petit, les communes périphériques.

 

Une fois l’exposé de Jean-Pierre Vigouroux sur la nature en ville terminé, les questions de l’assemblée ont vite tournée autour du projet jacoumard d’aménagement de la colline de Las Bouzigues.

 

Ce poumon vert, pris dans l’urbanisation, est très apprécié par la population d’où des problèmes de piétinement (régression des iris nains, des glaïeuls sauvages, des ophrys et même du thym) et de fréquentation non souhaitée, en l’occurrence celle des quads et des motos.

 

La Municipalité de Jacou prévoit la création d’un sentier botanique, l’aménagement doux de 6 espaces dans la pinède équipés chacun d’un panneau pédagogique puis décliné par une signalétique, à élaborer en lien avec les écoles élémentaires, sur les espèces présentes.

 

L’objectif de la prise en charge est d’arrêter l’érosion des murs en pierre sèche, de canaliser la fréquentation, de nettoyer certains bosquets pour dégager la vue et le pied d’anciens oliviers ainsi que de conserver, par endroit, l’embroussaillement au pied de certains arbres afin de protéger des habitats écologiques.

 

L’attachement de la population est tel que beaucoup d’habitants du village ont déjà participé au nettoyage du secteur de Las Bouzigues.

La Municipalité a pour ambition la mise en valeur paysagère, le filtrage de la fréquentation réservée aux piétons et déplacements doux, le maintien du patrimoine vernaculaire, la préservation de la richesse faunistique et faunistique.

 

Le projet d’aménagement de Las Bouzigues est d’ailleurs significatif des mêmes préoccupations qu’a l’équipe municipale sur d’autres coteaux, ou bas-fonds, non occupés par l’urbanisation.

 

Conscience des enjeux en terme de préservation de la nature en ville, la Municipalité de Jacou développe depuis plusieurs années une politique de maîtrise foncière, par acquisition ou échange, seule à même de préserver le devenir d’espaces naturels à fort pouvoir attractif mais aussi hautement fragiles.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a agi de même en achetant très récemment les 250 hectares du Domaine de Viviers, situé aux confins des communes d’Assas, Clapiers, Jacou et Teyran, en vue d’y créer une deuxième écolothèque, après celle de Saint-Jean de Védas.

 

Enfin, les espaces naturels de Jacou, joints à ceux de Clapiers (Domaine de La Valette et pinède du Nord de Montpellier) pourraient donner naissance, dans les années à venir, à un « agri-parc ».

 

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L'intervention d'un participant au débat

sur la supériorité des médicaments naturels issus du règne végétal

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Une audience attentive sur le thème fédérateur de la nature en ville