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24/10/2013

Festival de la Tomate : quel avenir ?

Le Festival de la Tomate, avec plus de 10.000 visiteurs, lors de sa 7ième édition, le dimanche 1er septembre à Clapiers (Hérault), est une manifestation arrivée à maturité malgré son jeune âge.

Pour peu que la météo ne soit pas trop maussade et son succès est garanti.

 

Il est loin le temps de l’idée initiale, à la fois singulière et lumineuse en son temps, formulée par Yves Martinot, un citoyen montpelliérain, bénévole du Comité de quartier Saint-Clément.

 

La manifestation attire maintenant de plus en plus loin autour de Montpellier.

 

En même temps, les Clapiérois se sont progressivement apropriés cette fête de l’agriculture paysanne.

 

Parmi les toutes premières manifestations publiques par sa fréquentation, dans l’Agglomération de Montpellier, le Festival de la Tomate est avant tout un événement militant.

 

Il est l’affirmation d’une agriculture qui s’impose aujourd’hui comme un nouveau modèle de développement :

- petites structures économes en espace,

- création d’exploitation par des porteurs de projet en reconversion professionnelle et non pas jeunes

agriculteurs reprenant l’exploitation parentale,

- diversification des productions au-delà de la monoculture de la vigne,

- transformation artisanale des produits pour conserver la valeur ajoutée sur l’exploitation,

- commercialisation en circuit court, pour la même raison, mais aussi par respect du consommateur.

 

Ces nouveaux agriculteurs ont toujours de grandes difficultés pour s’installer (d’accès au foncier, aux financements, aux subventions de la Politique Agricole Commune) mais le Conseil Général de l’Hérault (aide dans le cadre de la politique d’insertion de l’Association Terres Vivantes) ou encore l’AIRDIE pour les prêts solidaires, contribuent maintenant à leur ancrage dans le territoire.

 

Il est loin le temps où l’Assemblée Générale annuelle de Terres Vivantes (à l’époque appelée Association de Développement de l’Emploi Agricole et Rural de l’Hérault), réunie à dessein dans un quartier populaire de Montpellier, en l’occurrence au Collège Las Cases, mettait au débat le thème des marchés de plein-vent et de la vente en circuit-court.

 

Depuis, l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault (AMPH, cf. Blog et Site) a été créée.

 

Les marchés paysans de Saint-André de Sangonis, Tourbes, du quartier Celleneuve à Montpellier, de Vailhauquès, Grabels, Prades le Lez ou encore de Clapiers (mixte avec aussi des revendeurs), ont reçu depuis l’appui technique de cette association.

 

L’Association des Marchés Paysans de l’Hérault co-organise aussi avec des groupes locaux  d’autres grands événements qui réunissent plusieurs dizaines de milliers de visiteurs au total :

- La grande foire des floralies et de la petite agriculture à Maureilhan,

- La grande foire de la petite agriculture au Pouget,

- Le Festimarché des dolmens à Vailhauquès,

- Le Marché des Garrigues à Montaud.

 

AMPH milite pour des échanges commerciaux équitables, pour la mise à disposition de produits agricoles de proximité et de saison, pour la renaissance et la connaissance de l’agriculture paysanne.

 

Cette dernière avait été étouffée par l’intensification et l’industrialisation de l’agriculture productiviste.

 

Le Festival de la Tomate est donc loin d’être une manifestation soit institutionnelle, soit commerciale.

 

C’est au contraire un rendez-vous citoyen qui offre d’ailleurs toute sa place aux associations en pointe dans le combat pour une agriculture plus saine et un dialogue, une transparence, une compréhension mutuelle entre producteurs et consommateurs.

 

Cela n’empêche pas, bien au contraire, le partenariat avec des collectivités territoriales venant soutenir l’initiative : la Commune de Clapiers (Services Techniques, Communication et Animation avec Servane Bessoles, Maire-adjointe et Yoan Maurici l’efficace organisateur durant toute l’année, comme le jour J, de l’événement), la Communauté d’Agglomération de Montpellier (Services Protocole et Communication, fabrication de l’apéritif axé sur le vin et la tomate) et la Région Languedoc-Roussillon (au titre de sa politique de labellisation Sud de France).

 

Quel devenir pour le Festival de la Tomate ?

 

Le Parc municipal Claude Leenhardt constitue un écrin idéal bien que saturé spatialement.

 

Le parcage des voitures mobilise (dans un désordre bon enfant et cependant respectueux des riverains), toute la voirie environnante, y compris des lotissements périphériques.

 

Le marché paysan – cœur battant de la manifestation - n’a cessé de grandir et de s’enrichir de nouvelles productions : c’est important pour s’approcher d’une vitrine exhaustive des productions locales.

 

Des artisans ont été admis, du moment qu’ils travaillaient de la tomate comme matière première : l’accueil des visiteurs a été enthousiaste.

 

La restauration, inexistante lors des premières éditions, a été développée, tout en restant dans des produits simples et en offrant des lieux équipés de tables et de chaises propices aux repas entre amis ou en famille.

 

La question de l’ouverture à la grande gastronomie et à des toques connues est pendante : cela nécessiterait des chapiteaux, consommateurs d’espace et ses menus, à prix plutôt élevés, sélectionneraient la clientèle.

 

C’est un choix que les militants de l’éducation populaire qui organisent l’événement n’ont pas voulu faire.

De même, aucune publicité payante n’est souscrite pour promouvoir le Festival.

 

Concernant les stands associatifs, tous les bénévoles qui œuvrent dans le domaine de la « bonne bouffe », du commerce équitable, du développement du monde rural ont pu, jusqu’à présent, voir agréer leur demande de participation.

 

Fait marquant, des associations culturelles locales se sont greffées petit à petit en proposant des programmes concoctés spécialement dans l’esprit de l’événement.

 

Il en est de même pour les accueils de loisirs pour enfants du village, dans le cadre de leur projet d’éducation au bien-manger et à la citoyenneté.

 

Le Festival de la Tomate se renouvelle-t-il suffisamment au niveau des animations proposées ?

 

Ce n’est pas certain mais l’imagination trouve souvent ses limites dans le budget (choix de la gratuité de l’entrée fondamentale pour que l’événement soit populaire et non élitiste) et dans la disponibilité des bénévoles.

 

Si le déroulement de la manifestation est maintenant bien huilé, c’est malheureusement aussi au prix d’un certain épuisement physique des bénévoles (Vincent Nourigat, actuel Président d’AMPH, Yves Martinot actuel Président de l’Association des Marchés Paysans du Languedoc-Roussillon, Fabienne Edelmann, Line Gallissaires, Jacqueline Vargoz, Agnès Vargoz, Pierre Longueville, notamment).

 

Des bénévoles Clapiérois - Marc Pelat ou encore Osvaldo Moretti - apportent un appui complémentaire.

 

Les militants associatifs dont le temps est souvent compté vivent mal la complexification des relations avec les autres partenaires.

 

Il existe notamment des enjeux de propriété intellectuelle sur les affichettes codifiées pour classer les exposants dans les marchés paysans, souvent mixtes c’est-à-dire ouvert à des vendeurs forains traditionnels, dans les catégories :

- producteurs,

- artisans transformateurs,

- revendeurs en circuits-court (un unique intermédiaire),

- revendeurs de produits ne pouvant manifestement pas être issus de circuits courts.

 

De même, l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault incite à mettre en évidence sur les étals des ardoises destinées à informer le consommateur sur la provenance de chacun des produits :

- de couleur verte pour les produits en vente directe,

- de couleur jaune avec un seul intermédiaire - et encore avec certaines contraintes - dans le circuit de vente,

- de couleur mauve lorsqu’il y a plus d’un intermédiaire (produits exotiques, importés, ayant transité par des marchés d’intérêt national puis des grossistes, etc.).

 

Cette transparence se généralisera peut-être un jour en France sur tous les marchés de plein-vent : ce sera alors la fin d’une opacité cultivée non sans arrière-pensée.

 

Cet étiquetage met à égalité produits et producteurs, alors que bien souvent ces derniers passaient second plan, ce qui n’est pas acceptable pour un Humaniste.

 

Alors qu’est-ce qui pourrait menacer la tenue d’une nouvelle édition du festival de la Tomate ?

 

Tout simplement le non respect de l’esprit qui a présidé à son lancement et qui est son âme.

 

Défendre la petite agriculture, familiale et indépendante est encore un combat d’actualité majeur.

 

Il suffit d’observer :

- le rapport de force exercé par les grandes surfaces sur les agriculteurs,

- celui établi à son profit par certaines industries agro-alimentaires,

- la baisse, en moyenne, du budget « Alimentation » dans les dépenses des ménages,

- la mondialisation qui rend anonymes les produits agricoles et substituables les uns aux autres dans une recette du moment que l’assemblage final a une apparence identique,

- le travail dissimulé ou encore l’emploi de travailleurs immigrés sous-payés dans certains grandes exploitations agricoles.

 

Conforter le rapprochement ville-campagne par des actes n’est pas non plus inutile.

 

Or, un événement comme le Festival de la Tomate, de par son rayonnement, sert de relais en ville à des territoires très variés : Pays de Thau, Hauts-Cantons, Cévennes, Minervois, Corbières, Vallée de l’Hérault, Pays de l’Etang de l’Or, Pays de Lunel, …

 

Le Festival de la Tomate est le type de manifestation plus que jamais nécessaire pour se rappeler que des hommes, fiers de leur métier, entendent vivre de leur travail sans subir des logiques d’optimisation du profit et de rendement financier à court terme.

 

Une exploitation agricole doit être durable :

-     sur le plan social, avec la possibilité pour le paysan de prendre du repos, de se réaliser humainement, de ne pas se tuer à la tâche, de pouvoir éviter l’utilisation de pesticides néfastes pour leurs applicateurs, de pouvoir tisser des relations de confiance avec ses fournisseurs et ses clients, de fournir des aliments de qualité,

-     sur le plan environnemental, avec le maintien de la biodiversité, le respect du sol et des ressources en eau,

-     sur le plan économique, avec la constitution d’exploitations « reprenables » financièrement au moment d’une succession, avec des échanges équilibrés entre paysans et consommateurs.

 

Cette action de sensibilisation des citadins, le Festival de la Tomate entend continuer à la mener : c’est juste la forme de l’événement qui pourrait être modifiée pour améliorer la qualité de l’accueil du public, des expositions et des animations. 

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Denis Degand, artisan boulanger,

habitué aussi du Marché hebdomadaire de Clapiers

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Yves Martinot, Créateur du Festival de la Tomate

et Fondateur de l'Assocaition des Marchés Paysans de l'Hérault

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Fabienne Edelmann, bénévole de l'Association des Marchés paysans de l'Hérault

collectant les dons des exposants pour constituer les lots de la tombola

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Le stand des paysans Clapiérois installés au Domaine de Vivier

au sein de la couveuse régionale agricole par la Coopérative d'activités Terracoopa

 

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Un des espaces de repos et de détente du Festival de la Tomate

à l'ombre des arbres centenaires du Parc municipal Claude Leenhardt

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L'équipe de bénévoles de l'Association des Marchés paysans de l'Hérault

et Yoan Maurici, cheville ouvrière de la manifestation à la Mairie de Clapiers

 

Crédit photographique : Michel Chastaing

08/12/2012

Viviers, terre d’élection de la nouvelle agriculture

L’agriculture péri-urbaine est en cours de mutation : l’extension de la ville consomme des terres fertiles tandis que les citadins recherchent de plus en plus les productions locales.

Le Domaine de Viviers, sis sur les communes d’Assas, de Clapiers, de Jacou et de Teyran, acquis récemment par la Communauté d’Agglomération de Montpellier, est en train de devenir :

-         un refuge pour des viticulteurs en quête d’une stabilité foncière (relocalisation suite à expropriation pour passage de grandes infrastructures, besoin d’agrandissement, recherche d’un bail à long terme permettant de rentabiliser une plantation de vigne),

-         une opportunité pour l’installation de paysans souhaitant cultiver en Bio et commercialiser en circuit court.

C’est l’histoire de la venue de ces derniers, en l’occurrence des maraîchers, qui a attiré la visite d’une centaine d’agents de développement, d’acteurs de territoire, de défenseurs de la coopération, d’étudiants, de salariés et de bénévoles de l’économie sociale et solidaire, venus de toute la France.

Ces derniers étaient réunis à Montpellier et à Clapiers les 15 et 16 novembre 2012, à l’occasion des Rencontres du Réseau National des Espaces Tests Agricoles (RENETA).

Plusieurs grandes fédérations nationales (FNCIVAM, AFIP, CELAVAR, FADEAR, etc.) se sont en effet associées pour partager leurs expériences en matière de parcours de compagnonnage, de tutorat, de pépinière, de couveuse, d’incubateur, de portage salarial et autres lieux où des moyens de production (terres, matériel, outils de transformation et de commercialisation) sont mis à disposition de personnes souhaitant créer leur propre exploitation agricole.

Quoi de plus efficace pour réorienter l’agriculture que de nouveaux paysans qui, d’emblée, s’adaptent au marché et à la nouvelle demande sociale.

Ce type d’initiatives se multiplie en France :

-         Réseau francilien des AMAP (associations de maintien de l’agriculture paysanne),

-         développement des produits agricoles en circuits courts dans la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon (maraîchage Bio),

-         Terra Vitae en Haute-Normandie, dont la maxime est « Il est possible de nourrir l’Humanité sans détruire la Planète », avec la promotion de la permaculture et des micro-fermes,

-         au niveau de l’enseignement public agricole avec deux sites : « Les Prés d’Amont » au Lycée horticole de Blois (département du Loir-et-Cher) et « Biopouce » au Lycée agricole de Coutances (département de la Manche),

-         couveuse régionale agricole Languedoc-Roussillon avec une implantation à Barjac (département du Gard) en liaison avec l’association Terre de Liens et à Clapiers.

L’ADEAR Languedoc-Roussillon a mené à bien, avec l’appui financier du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, une étude pour définir la faisabilité et le statut juridique d’un espace-test agricole.

Ce travail a débouché sur la création de la Coopérative Terracoopa, dont Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR-LR, Frédéric Sanchez de Crealead et Joseph Le Blanc, ancien animateur de l’ADEAR-LR sont les fondateurs.

L’ADEAR-LR, association régionale de développement agricole, a été créée dans les années 2000, notamment par des dirigeants de la Confédération paysanne (Guy Kastler, Dominique Soullier, héraultais, Pierre Bérato, Michel Curade, Michel David, Richard Le Masson, audois et Nicolas Duntze, gardois) et par Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers.

Joseph Le Blanc, nommé gérant de Terracoopa, a été chargé de recruter 7 maraîchers Bio, devant bénéficier chacun d’une parcelle d’1 hectare.

A l’heure actuelle, Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance s’affairent pour mettre en place sur leurs terres le réseau d’irrigation sous pression alimenté par l’eau du Rhône.

Dès le printemps, ils vendront leur production maraîchère diversifiée localement et souhaitent tenir un stand commun sur le marché hebdomadaire dominical de Clapiers.

4 autres maraîchers Bio s’établiront ultérieurement : ils pourront développer des ventes de produits frais et de saison par paniers solidaires, cueillette sur site, dans le cadre d’une association de maintien de l’agriculture paysanne ou toute autre formule associant plus ou moins les consommateurs.

Au bout de 3 ans, ces nouveaux paysans, essaimeront dans toute la région pour se fixer au lieu de leur choix.

Partout en France, le contexte de l’installation agricole ou de la création d’activités en milieu rural, voire péri urbain, est en effet difficile : problèmes d’accès au foncier, connaissances techniques insuffisantes, freins à l’intégration sociale dans le territoire, faiblesse des capitaux propres, forte concurrentialité du secteur, aides européennes réservées aux exploitations de taille conséquente et de fait principalement aux transmissions.

L’espace-test en agriculture est donc une solution émergente et innovante pour parvenir à des installations agricoles durables.

Dans le détail, « le test d’activité consiste à développer une activité agricole de manière responsable et autonome en grandeur réelle, sur une durée donnée et dans un cadre qui limite la prise de risque, afin d’évaluer le projet et soi-même, dans le but de décider de la poursuite, de l’ajustement ou de l’abandon du projet.

Pendant ce test, il n’y a une mise en situation "grandeur réelle" sur un lieu test qui "héberge" le porteur de projet.

Ce dernier bénéficie dans ce cadre d’un statut spécifique, de mise à disposition des moyens de production et d’un accompagnement (tutorat) professionnel.
Ce test permet à "l’entrepreneur à l’essai" de :
 mettre en pratique et développer ses compétences professionnelles,
expérimenter la faisabilité technique, économique, humaine de son projet (de la production à la commercialisation) dans un environnement sécurisé,
prendre le temps de tisser des liens avec les différents acteurs du territoire,
mener une recherche foncière et construire dans la durée son projet technico-économique et financier avec les partenaires. »
Un espace-test est donc en réalité un outil de développement local s’inscrivant dans les dispositifs d’accompagnement existants (interventions de Terres Vivantes, du Civam Bio, de l’AIRDIE, financements du Conseil Général, par exemple dans l’Hérault), favorisant l’installation progressive, en particulier pour les porteurs de projet non issus du milieu agricole.

Le grand public connaît trois grands types de structures d’appui à la création d’activités : la couveuse, l’incubateur et la pépinière.

Le porteur de projet signe avec la couveuse d’activités un « Contrat d’appui au projet d’entreprise » (appelé CAPE) de 12, renouvelable 2 fois.
La couveuse émet les factures, suit la comptabilité, apporte un suivi personnalisé, juridique et technique.

Le porteur de projet immatricule son entreprise, la couveuse règle les cotisations sociales pour son propre compte et elle est solidairement responsable avec lui.

Le porteur de projet doit avoir été bénéficiaire précédemment d’un minimum social (RSA, ASS, RMI) ou avoir été dirigeant d’une entreprise unipersonnelle.

A Viviers, chaque maraîcher Bio abandonnera à Terracoopa 10 % de son chiffre d’affaires et récupérera comme il se doit le bénéfice de son travail.

La coopérative d’activités Terracoopa, aidée financièrement par la Région Languedoc-Roussillon, procède aux investissements : réseau d’irrigation, électrification, achat d’un tracteur, tunnels froids.

Un incubateur (Cf. Cap Alpha à Clapiers) soutient, quant à lui, une étape clef de la gestation d’un projet innovant, afin de développer suffisamment un concept, une technologie, un process, avant son industrialisation ou son lancement dans le tertiaire.

Quant à la pépinière (autre fonction de Cap Alpha), elle s’adresse aux jeunes entreprises qu’elle suit et accompagne dans leur développement et leur croissance.

Pour revenir à Terracoopa et au Domaine de Viviers, s’il existait déjà des couveuses pour les services, l’artisanat et l’industrie, elles sont nouvelles en agriculture : Clapiers héberge donc une initiative innovante, porteuse en terme de développement durable.

Création de 7 emplois, pérennisation de l’agriculture, préservation des sols et des eaux, offre de produits alimentaires sains, la commune de Clapiers et ses alentours vont bénéficier à plein du dynamisme de Terracoopa, de sa couveuse et de ses maraîchers Bio.

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Parcelle permettant l'installation à terme de 7 maraîchers Bio

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Le Domaine de Viviers n'a jamais tant reçu d'experts en agriculture 

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Gilles Fourgous donne avec pédagogie et humanité tous les détails de son installation

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Le groupe de visiteurs conduit par Christian Abbes

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 "Le seul ouvrier agricole du Domaine",

comme le dit avec malice son propriétaire Johan Crance

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 Plantation de sorgho fourrager pour couvrir le sol et servir d'engrais vert

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 Johan Crance à la tête de son groupe d'agents et d'acteurs de développement

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Une rencontre riche en échanges

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La Coopération : que du bonheur !!!

De gauche à droite : Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR LR, Frédéric Sanchez de Crealead, Joseph Le Blanc (les fondateurs de Terracoopa), Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance (les 3 premiers producteurs de maraîchage Bio), Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers

Crédit photographique : Michel Chastaing

19/04/2011

2ème Marché des Garrigues

Pour la deuxième année consécutive, le Foyer rural de Montaud, présidé par Joël Raymond, organise un marché paysan le dimanche 17 avril 2011, de 9 h à 17 h, à l’Espace Robert.

Un rendez-vous pour fins gourmets, à ne manquer sous aucun prétexte.

Cette manifestation est soutenue par la Municipalité de Montaud, notamment par son Maire Pierre Combettes.

La vague du « manger bien, manger sain » arrive en force dans la commune de Montaud et alentours, au grand bonheur des détracteurs du phénomène « mal bouffe ».

Devenez locavore (le mouvement « locavore » prône la consommation de nourritures produites dans un rayon de 100 à 250 km autour de son domicile) et mangez des produits du terroir de qualité, cultivés à quelques kilomètres de votre assiette !

Manger local n’est pas seulement l’opportunité de consommer des produits plus savoureux et plus frais : c’est aussi permettre à des producteurs respectueux de l’environnement de travailler « au pays » et de réduire notre empreinte Carbone, tout en participant positivement à l’économie de proximité.

Du champ à l’assiette, tel est l’esprit de cette journée festive.

Il s’agit de sensibiliser les consommateurs aux produits du terroir et de mettre en avant les atouts d’une filière courte et directe : transparente sur la provenance des produits, les modes de production et les prix.

Cette initiative bénéficie du soutien de Montpellier Agglomération (http://www.montpellier-agglo.com) qui, depuis des années, promeut les produits du crû (vins, olives, tomates, truffes, …) et aide les producteurs, dans le cadre d’une démarche de dynamisation de l’économie locale.

L'événement est aussi soutenu financièrement par le Conseil Général de l'Hérault et la Région Languedoc-Roussillon.

Une trentaine de producteurs (légumes, fruits, fromages, vins, miels, …) sont mobilisés pour défendre la qualité, l’origine locale, la fraîcheur et l’authenticité des produits de saison.

Cette initiative met en avant une agriculture paysanne ô combien importante pour notre territoire.

Certains exposants proposent leurs produits prêts à consommer (plats préparés, charcuterie, coquillages, fromages, vins, …) pour un buffet campagnard sur place.

Des artisans créateurs (ferronnerie, poterie, vannerie, …) et des pépiniéristes-horticulteurs présentent également une large gamme de produits mais aussi leur savoir-faire.

Des animations de bon goût autour de ce marché paysan sont prévues tout au long de la journée.

Diverses animations festives et pédagogiques sont proposées :

-         une exposition sur les variétés anciennes de fruits et légumes de l’Association Kokopelli,

-         une découverte du fruit de la saison, la fraise, au travers de son histoire, de la botanique et des activités sensorielles et ludiques, avec le centre de pomologie d’Alès,

-         une animation musicale lors de l’inauguration avec les « Fanfarons de Lassalle »,

-         des ateliers d’attraction (balade en calèche, réalisation de paniers, …).

La bienvenue sera enfin souhaitée au village homonyme de Montaud (Isère), dignement représentée par des artisans (peintre, tourneur de bois, …) présents sur un stand du marché.

Cette commune alpine et la Commune héraultaise de Montaud sont en effet en cours de rapprochement.

Pour plus d’informations : Mairie de Montaud – 04.67.86.91.53 - www.village-montaud.com

23/11/2010

Mangeons local

Les récoltes engrangées, les contrats de saisonniers clos, le monde agricole prend ses appartements d’hiver.

 

C’est ainsi la période traditionnellement consacrée aux projets, à la réflexion.

 

Les 8 et 9 décembre 2010, un « Forum régional sur les circuits courts » sera organisé par la Fédération régionale des CIVAM (FRCIVAM) et l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR).

 

La première journée est prévue à la Maison de la Démocratie, à Montpellier, le 8 décembre, tandis que la deuxième se tiendra à la Maison des Jeunes et de la Culture de Narbonne, le 9 décembre.

 

Les lieux choisis sont significatifs du rapprochement opéré entre une partie du monde agricole et les citoyens ces dernières années.

 

A Narbonne, c’est la problématique de l’installation en circuits courts qui sera traitée.

 

Un point d’information sur les dispositifs d’accompagnement des porteurs de projet et de financement sera notamment ouvert toute la journée.

 

A Montpellier, le sujet sera : « Circuits courts et projets de gouvernance alimentaire des territoires ».

 

Ou comment réussir à s’approvisionner localement, en produits frais, de saison, en accordant l’offre de petits paysans et de consommateurs soucieux d’échapper à l’alimentation industrielle.

 

Cette dernière est stigmatisée dans le livre, très récemment paru, « L’alimentation durable » (Odile Jacob – 285 p., 21,90 €) de Christian Rémésy, spécialiste en nutrition.

 

L’auteur démontre que les deux tiers des aliments vendus en grandes surfaces sont des produits industriels fabriqués à partir d'une dizaine de composants de base, appelés « ingrédients de remplissage » (sirop de glucose, lécithine de soja, huile de palme blanchie aux solvants, amidon, caséine du lait, aromes artificiels, etc.).

 

Pour créer de l’emploi localement, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, pour donner du plaisir gustatif et améliorer la santé publique, les circuits courts de commercialisation sont idéaux.

 

Encore faut-il adapter, et même la plupart du temps réadapter, l’outil de production.

 

De même, de nouvelles organisations de commercialisation doivent être pensées.

 

La question de la démocratisation de l’accès à l’alimentation de qualité est aussi posée.

 

C’est à cette nouvelle organisation alimentaire territoriale que réfléchiront donc le 8 décembre, à Montpellier, certaines collectivités locales, des consomm’acteurs et des producteurs locaux.

 

Contacts :

Juliette Pérès – 04.67.06.23.40 – frcivamlr@wanadoo.fr

Joseph le Blanc – 04.67.06.23.67 – adearlr@yahoo.fr

 

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Dans le même registre, c’est l’ADDEAR 12 (Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural de l’Aveyron) qui organise des Journées paysannes intitulées : « La terre en question ».

 

Cette manifestation est fixée aux 24 et 25 novembre 2010, au Lycée agricole de la Roque à Rodez.

 

"L’accès à la terre : comment installer de nouveaux paysans ?", tel est le thème des débats.

 

A l’évidence, la concentration des exploitations, l’envol du prix du foncier, la spéculation en zone périurbaine, les primes à la surface allouée par la Politique Agricole Commune contribuent à exclure de l’accès au foncier de nombreux porteurs de projet.

 

C’est pourquoi, de nombreuses initiatives citoyennes et collectives sont nées en France pour sortir des schémas classiques du faire-valoir direct d’un patrimoine familial, tant il est vrai que le rapport des paysans à la terre évolue de nos jours.

 

La projection-débat autour du film « Paysans cherchent terres » (produit par Télé Millevaches, "La télé qui se mêle de ceux qui le regardent") et la présence du mouvement de jeunes paysans européens pour le droit d’accès à la terre pour tous, nommé « Reclaim the fields », constitueront deux des points forts de cette manifestation.

 

Que ce soit à Rodez, à Mende, à Narbonne, à Nîmes ou à Montpellier, nous avons tous un fort pouvoir en tant que consommateur.

 

Utilisons-le pour aller vers :

-         une agriculture qui exploite moins ses acteurs,

-         un échange économique équitable,

-         une alimentation variée principalement locale, à base de produits de saison, de produits frais, moins carnée, avec le minimum de pesticides, d’intermédiaires et de transformations.

06/09/2010

4ème Festival de la Tomate à Clapiers

La Mairie de Clapiers, la Communauté d’Agglomération de Montpellier, la Région Languedoc-Roussillon et l’Association des Marchés Paysans de l’Hérault proposent à nouveau une grande journée d’animation sous le signe de l’esprit terroir, des circuits courts, du respect de l’environnement et de la rencontre ville-campagne.

 

Dimanche 5 septembre 2010

4ème « Festival de la Tomate de Clapiers et Montpellier Agglomération »

à Clapiers (Hérault)

À partir de 9 heures jusqu’à 17 heures

au Parc municipal Claude Leenhardt, rue du Stade

Entrée libre et gratuite

 

Après le vif succès rencontré par les trois premières éditions en 2007, 2008 et 2009, l’équipe organisatrice a souhaité cette année :

- agrandir le marché paysan à une quarantaine d’exposants, marché essentiellement axé sur la tomate mais proposant aussi des produits alimentaires plus variés permettant notamment de se confectionner sur place un repas (boulangerie paysanne, fromages de brebis et de vache, produits des Cévennes, charcuteries),

- exposer une grande variété de fruits oubliés, petits fruits rouges, raisins de table et semences rares,

- augmenter le nombre des stands de restauration (plats créoles, brasucade, moules et huîtres, « Petits pâtés de Montpellier », etc.) et le nombre de lieux destinés au repos (tables, chaises, barnums en libre service),

- renforcer les spectacles vivants (groupes de musique de Clapiers et Steel Band de Villeveyrac),

- renouveler les animations assurées par les associations s’intéressant au bien-vivre, comme Slow Food, Radio Terra One, « Opération JardiBio », etc.,

- confirmer le caractère « durable » de la manifestation avec une buvette proposant des boissons artisanales et des verres récupérables (concept Ecocup), garants du zéro déchet.

 

Un effort particulier a été fait pour proposer :

- des tomates destinées à la transformation domestique (coulis, conserves),

- des stands avec des légumes transformés,

- des animations ludiques (poneys, maquillage, jeux géants en bois) et de découvertes pour les enfants.

 

Au travers de l'image de la tomate, un certain nombre de thèmes seront développés au cours de cette journée :

- la tomate : image d'un fruit au goût retrouvé au travers de ses nombreuses variétés anciennes,

- le goût : la saveur de plats préparés avec des produits de l'agriculture paysanne de qualité,

- le patrimoine : la cuisine méditerranéenne autour de la tomate,

- l'éducation : les jardins en ville et la biodiversité,

- les circuits courts de commercialisation.

 

Le 4ième Festival de la Tomate se veut aussi convivial que les précédentes éditions, un espace de détente pour les adultes comme pour les enfants, un lieu de promotion des petits paysans et du monde rural.

 

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28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.

24/10/2009

Les nouveaux paysans ne doivent pas être privés de terres

Une centaine de jeunes paysans et paysannes ont occupé, début octobre, les locaux de la SAFER Languedoc-Roussillon, à Lattes.

 

Cette action pacifique avait pour objectif de protester contre la difficulté d’accéder au foncier que connaissent de nombreuses personnes désirant s’installer en agriculture.

 

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Si l’on prend l’exemple de la région de Montpellier, les candidats à l’installation agricole rencontrent les difficultés suivantes :

-         refus de propriétaires de louer des terres abandonnées par peur du statut du fermage ou par attachement patrimonial,

-         concurrence des nouvelles infrastructures et de l’urbanisation,

-         augmentation du prix du foncier,

-         existence de grands domaines (manades, exploitations viticoles) qui laissent peu de place,

-         investisseurs étrangers ou locaux transformant des terres agricoles en terrains de loisirs.

 

Cette pression foncière est la plus forte dans la première couronne de Montpellier et plus encore sur le littoral.

 

La SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a reçu du législateur mandat de donner priorité aux jeunes agriculteurs (dits JA) sous certaines conditions d’âge (moins de 40 ans), de diplôme (minimum le niveau Bac) et de taille d’exploitation (un revenu minimum à atteindre rapidement).

 

Ces conditions excluent tout de même les 3/4 des nouveaux installés en agriculture dans l’Hérault.

 

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Ces derniers passent en outre très souvent après l’agrandissement des exploitations en place.

 

C’est encore plus vrai dans les régions céréalières (Camargue et Lauragais aux marges du Languedoc-Roussillon), comme d’élevage, où chaque hectare détenu ouvre droit à des primes européennes substantielles, ce qui pousse donc à l’accumulation de foncier.

 

Les terres qui partent à l’agrandissement ne vont pas à l’installation : c’est destructeur d’emploi et cela ne permet plus le renouvellement des générations en agriculture.

 

C’est pour cette raison qu’il existe en France des paysans sans terre et pas seulement au Chiapas, état fédéré du Mexique aux confins du Guatemala.

 

L’accès à la terre est un combat.

 

Les jeunes de la Coordination Européenne Via Campesina qui ont occupé la SAFER Languedoc-Roussillon s’étaient précédemment établis à Minerve pour un campement européen rassemblant les jeunes et futurs paysans, les personnes ayant un projet d’installation, les paysans sans terre.

 

L’hébergement a été assuré par la ferme collective Clavirola.

 

Ce regroupement s’est opéré dans le cadre de l’opération européenne « Reclaim the Fields ».

 

Leur combat devrait aussi être celui d’une majorité d’Européens : permettre l'accès à la terre pour des agricultures vivrières respectueuses de l'environnement.

 

En effet, nous assistons au remplacement de l’agriculture paysanne et familiale par des modes de production et de consommation industriels contrôlés par les entreprises multinationales.

 

Cette évolution détruit des modes de vie qui ont pourtant prouvé leur capacité à maintenir un lien harmonieux entre les êtres humains, entre les sociétés et leur environnement.

28/08/2009

3ème Festival de la Tomate

Parti d’une idée originale du Président de l’Association des marchés paysans de l’Hérault, Yves Martinot, le Festival de la Tomate est organisé en 2009 pour sa troisième année consécutive.

L’événement a lieu à Clapiers le dimanche 6 septembre, de 9 h à 17 h.

La première édition s’est tenue à Montpellier en 2007, au quartier Saint-Clément, en liaison avec le Comité de quartier, dans le prolongement du marché paysan hebdomadaire.

En élisant domicile à Clapiers dès 2008, le Festival de la Tomate intègre un site aux dimensions de son succès.

En effet, le parc de Clapiers peut accueillir, à l’ombre des ses arbres centenaires, plusieurs milliers de visiteurs tout en laissant des espaces de respiration.

La manifestation s’inscrit dans le cycle annuel voulu par la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec la Fête de l’olive en octobre à Pignan, la Fête de la vigne sur la Place de la Comédie à Montpellier début décembre et la Fête de la truffe en janvier à Saint-Geniès des Mourgues.

Chacun de ces événements a respectivement une orientation particulière :
- mise en avant du travail des artisans des métiers de bouche, mise à l’honneur des petits producteurs d’olives pluri-actifs au travers de la Coopérative de Pignan, cérémonie d’intronisation par une confrérie locale, mise en valeur des différentes variétés d’olives de bouche et d’huiles d’olive,
- mise en valeur des caves coopératives et des caveaux privés, dégustation des Appellations d’origine contrôlée (AOC) « Languedoc Grés de Montpellier » et Languedoc Pic Saint-Loup », y compris les appellations communales Saint-Georges d’Orques, Saint-Drézéry et La Méjanelle, ainsi que des Vins de pays (VDP) des Coteaux du Bérange et des Collines de la Moure, mise en avant des viticulteurs professionnels,
- démonstrations de savoir-faire, mise en avant du goût, des traditions rurales et de la passion du diamant noir.

Le Festival de la Tomate, quant à lui, vise la promotion de la petite agriculture, paysanne et respectueuse de l’environnement.

Il s’agit de donner une vitrine aux productions Bio, aux circuits courts de commercialisation et au commerce équitable.

Le thème de la tomate, qui intéresse à la fois les maraîchers mais aussi les jardiniers amateurs et des consommateurs éclairés, s’y prête bien :
- présentation de variétés anciennes de tomates,
- marché paysan de producteurs locaux,
- stands d’associations militantes pour une meilleure restauration scolaire, un renouvellement de l’agriculture extensive, la promotion de nouveaux modes de production et de commercialisation.

L’entrée est gratuite car c’est la convivialité, la pédagogie (dégustations, expositions, animations éducatives) et la rencontre qui sont à l’honneur.

Pour l’édition 2009, le nombre d’exposants a été doublé et le programme des attractions et des animations renforcé : voir le programme détaillé.

En outre, une collaboration a été instituée avec Ecocup en vue de ne proposer, pour les buvettes, que des gobelets récupérables : ces derniers seront personnalisés aux couleurs du Festival. L’objectif est de tendre vers une manifestation « durable », minimisant les déchets notamment.

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Le Festival de la Tomate est une coproduction Communauté d’agglomération de Montpellier, Commune de Clapiers, Association des marchés paysans de l’Hérault et Association Terres Vivantes.