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08/12/2012

Viviers, terre d’élection de la nouvelle agriculture

L’agriculture péri-urbaine est en cours de mutation : l’extension de la ville consomme des terres fertiles tandis que les citadins recherchent de plus en plus les productions locales.

Le Domaine de Viviers, sis sur les communes d’Assas, de Clapiers, de Jacou et de Teyran, acquis récemment par la Communauté d’Agglomération de Montpellier, est en train de devenir :

-         un refuge pour des viticulteurs en quête d’une stabilité foncière (relocalisation suite à expropriation pour passage de grandes infrastructures, besoin d’agrandissement, recherche d’un bail à long terme permettant de rentabiliser une plantation de vigne),

-         une opportunité pour l’installation de paysans souhaitant cultiver en Bio et commercialiser en circuit court.

C’est l’histoire de la venue de ces derniers, en l’occurrence des maraîchers, qui a attiré la visite d’une centaine d’agents de développement, d’acteurs de territoire, de défenseurs de la coopération, d’étudiants, de salariés et de bénévoles de l’économie sociale et solidaire, venus de toute la France.

Ces derniers étaient réunis à Montpellier et à Clapiers les 15 et 16 novembre 2012, à l’occasion des Rencontres du Réseau National des Espaces Tests Agricoles (RENETA).

Plusieurs grandes fédérations nationales (FNCIVAM, AFIP, CELAVAR, FADEAR, etc.) se sont en effet associées pour partager leurs expériences en matière de parcours de compagnonnage, de tutorat, de pépinière, de couveuse, d’incubateur, de portage salarial et autres lieux où des moyens de production (terres, matériel, outils de transformation et de commercialisation) sont mis à disposition de personnes souhaitant créer leur propre exploitation agricole.

Quoi de plus efficace pour réorienter l’agriculture que de nouveaux paysans qui, d’emblée, s’adaptent au marché et à la nouvelle demande sociale.

Ce type d’initiatives se multiplie en France :

-         Réseau francilien des AMAP (associations de maintien de l’agriculture paysanne),

-         développement des produits agricoles en circuits courts dans la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon (maraîchage Bio),

-         Terra Vitae en Haute-Normandie, dont la maxime est « Il est possible de nourrir l’Humanité sans détruire la Planète », avec la promotion de la permaculture et des micro-fermes,

-         au niveau de l’enseignement public agricole avec deux sites : « Les Prés d’Amont » au Lycée horticole de Blois (département du Loir-et-Cher) et « Biopouce » au Lycée agricole de Coutances (département de la Manche),

-         couveuse régionale agricole Languedoc-Roussillon avec une implantation à Barjac (département du Gard) en liaison avec l’association Terre de Liens et à Clapiers.

L’ADEAR Languedoc-Roussillon a mené à bien, avec l’appui financier du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, une étude pour définir la faisabilité et le statut juridique d’un espace-test agricole.

Ce travail a débouché sur la création de la Coopérative Terracoopa, dont Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR-LR, Frédéric Sanchez de Crealead et Joseph Le Blanc, ancien animateur de l’ADEAR-LR sont les fondateurs.

L’ADEAR-LR, association régionale de développement agricole, a été créée dans les années 2000, notamment par des dirigeants de la Confédération paysanne (Guy Kastler, Dominique Soullier, héraultais, Pierre Bérato, Michel Curade, Michel David, Richard Le Masson, audois et Nicolas Duntze, gardois) et par Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers.

Joseph Le Blanc, nommé gérant de Terracoopa, a été chargé de recruter 7 maraîchers Bio, devant bénéficier chacun d’une parcelle d’1 hectare.

A l’heure actuelle, Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance s’affairent pour mettre en place sur leurs terres le réseau d’irrigation sous pression alimenté par l’eau du Rhône.

Dès le printemps, ils vendront leur production maraîchère diversifiée localement et souhaitent tenir un stand commun sur le marché hebdomadaire dominical de Clapiers.

4 autres maraîchers Bio s’établiront ultérieurement : ils pourront développer des ventes de produits frais et de saison par paniers solidaires, cueillette sur site, dans le cadre d’une association de maintien de l’agriculture paysanne ou toute autre formule associant plus ou moins les consommateurs.

Au bout de 3 ans, ces nouveaux paysans, essaimeront dans toute la région pour se fixer au lieu de leur choix.

Partout en France, le contexte de l’installation agricole ou de la création d’activités en milieu rural, voire péri urbain, est en effet difficile : problèmes d’accès au foncier, connaissances techniques insuffisantes, freins à l’intégration sociale dans le territoire, faiblesse des capitaux propres, forte concurrentialité du secteur, aides européennes réservées aux exploitations de taille conséquente et de fait principalement aux transmissions.

L’espace-test en agriculture est donc une solution émergente et innovante pour parvenir à des installations agricoles durables.

Dans le détail, « le test d’activité consiste à développer une activité agricole de manière responsable et autonome en grandeur réelle, sur une durée donnée et dans un cadre qui limite la prise de risque, afin d’évaluer le projet et soi-même, dans le but de décider de la poursuite, de l’ajustement ou de l’abandon du projet.

Pendant ce test, il n’y a une mise en situation "grandeur réelle" sur un lieu test qui "héberge" le porteur de projet.

Ce dernier bénéficie dans ce cadre d’un statut spécifique, de mise à disposition des moyens de production et d’un accompagnement (tutorat) professionnel.
Ce test permet à "l’entrepreneur à l’essai" de :
 mettre en pratique et développer ses compétences professionnelles,
expérimenter la faisabilité technique, économique, humaine de son projet (de la production à la commercialisation) dans un environnement sécurisé,
prendre le temps de tisser des liens avec les différents acteurs du territoire,
mener une recherche foncière et construire dans la durée son projet technico-économique et financier avec les partenaires. »
Un espace-test est donc en réalité un outil de développement local s’inscrivant dans les dispositifs d’accompagnement existants (interventions de Terres Vivantes, du Civam Bio, de l’AIRDIE, financements du Conseil Général, par exemple dans l’Hérault), favorisant l’installation progressive, en particulier pour les porteurs de projet non issus du milieu agricole.

Le grand public connaît trois grands types de structures d’appui à la création d’activités : la couveuse, l’incubateur et la pépinière.

Le porteur de projet signe avec la couveuse d’activités un « Contrat d’appui au projet d’entreprise » (appelé CAPE) de 12, renouvelable 2 fois.
La couveuse émet les factures, suit la comptabilité, apporte un suivi personnalisé, juridique et technique.

Le porteur de projet immatricule son entreprise, la couveuse règle les cotisations sociales pour son propre compte et elle est solidairement responsable avec lui.

Le porteur de projet doit avoir été bénéficiaire précédemment d’un minimum social (RSA, ASS, RMI) ou avoir été dirigeant d’une entreprise unipersonnelle.

A Viviers, chaque maraîcher Bio abandonnera à Terracoopa 10 % de son chiffre d’affaires et récupérera comme il se doit le bénéfice de son travail.

La coopérative d’activités Terracoopa, aidée financièrement par la Région Languedoc-Roussillon, procède aux investissements : réseau d’irrigation, électrification, achat d’un tracteur, tunnels froids.

Un incubateur (Cf. Cap Alpha à Clapiers) soutient, quant à lui, une étape clef de la gestation d’un projet innovant, afin de développer suffisamment un concept, une technologie, un process, avant son industrialisation ou son lancement dans le tertiaire.

Quant à la pépinière (autre fonction de Cap Alpha), elle s’adresse aux jeunes entreprises qu’elle suit et accompagne dans leur développement et leur croissance.

Pour revenir à Terracoopa et au Domaine de Viviers, s’il existait déjà des couveuses pour les services, l’artisanat et l’industrie, elles sont nouvelles en agriculture : Clapiers héberge donc une initiative innovante, porteuse en terme de développement durable.

Création de 7 emplois, pérennisation de l’agriculture, préservation des sols et des eaux, offre de produits alimentaires sains, la commune de Clapiers et ses alentours vont bénéficier à plein du dynamisme de Terracoopa, de sa couveuse et de ses maraîchers Bio.

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Parcelle permettant l'installation à terme de 7 maraîchers Bio

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Le Domaine de Viviers n'a jamais tant reçu d'experts en agriculture 

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Gilles Fourgous donne avec pédagogie et humanité tous les détails de son installation

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Le groupe de visiteurs conduit par Christian Abbes

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 "Le seul ouvrier agricole du Domaine",

comme le dit avec malice son propriétaire Johan Crance

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 Plantation de sorgho fourrager pour couvrir le sol et servir d'engrais vert

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 Johan Crance à la tête de son groupe d'agents et d'acteurs de développement

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Une rencontre riche en échanges

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La Coopération : que du bonheur !!!

De gauche à droite : Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR LR, Frédéric Sanchez de Crealead, Joseph Le Blanc (les fondateurs de Terracoopa), Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance (les 3 premiers producteurs de maraîchage Bio), Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers

Crédit photographique : Michel Chastaing

29/06/2010

En direct du terroir

Terroir Direct propose en fin de semaine un approvisionnement alimentaire complet aux habitants des alentours de Montpellier et de Nîmes.

 

Née en décembre 2000, cette association de producteurs des Cévennes et du Pays d’Oc, au nombre d’environ 100, fournit en moyenne approximativement 200 paniers par semaine.

 

En 10 ans, 2.000 ménages ont fait au moins une fois une commande auprès de Terroir Direct.

 

80 % de l’offre vient de producteurs locaux.

 

Les 20 % restants sont Bio, fermiers, AOC (appellation d’origine contrôlée) ou issus du commerce équitable.

 

Le chiffre d’affaires avoisine 600.000 €.

 

Les commandes se font quelques jours avant par Internet (http://www.terroir-direct.com) ou par téléphone.

 

Le catalogue de produits proposés (fruits et légumes, viandes, poissons, laitages, charcuteries, vins et boissons, boulangerie, épicerie, produits exotiques, etc.) compte approximativement 500 références.

 

Le retrait des paniers se fait soit au siège de Terroir Direct, à Castelnau le Lez, soit dans différents dépôts (Cournonsec, Frontignan, Lattes, Montpellier, Saint-Gély du Fesc, Saint-Mathieu de Tréviers, Castries, Sommières, Calvisson, Saint-Mamert du Gard, Nîmes et Marguerittes).

 

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Le camion frigorifique qui collecte les paysans et alimente les points de retrait

 

Le système mis en place par Terroir Direct allie :

-         la liberté de commander à partir de chez soi, quand on est disponible (du samedi au mardi midi),

-         la proximité du point de livraison par rapport au domicile du consommateur,

-         la rapidité d’approvisionnement puisque les paniers sont prêts quand on vient les chercher.

 

Avec ce type de dispositif, le consommateur ne paye :

-         ni le gaspillage des mises à la poubelle du fait d’un déséquilibre entre ce qui est mis en rayon et ce qui est vendu,

-         ni les frais de magasin,

-         ni les dépenses engendrées par les vols, constatés essentiellement dans les grandes surfaces.

 

Terroir Direct est une entreprise typique de l’économie solidaire.

 

De l’idée à la mise en place du projet, la genèse de Terroir Direct a été précédée d’une longue réflexion, d’une animation de réseau et d’une étude de marché.

 

Frédéric Prat, Président de l’Association PicVert, et Sylvère Gonzalvez, à l’époque Directeur de la DIFED (Dynamique d’information et de formation sur l’environnement et le développement durable - http://www.difed.agropolis.fr), et maintenant Directeur de Terroir Direct, ont été les initiateurs de cette aventure.

 

Ce n’est qu’en novembre 2001 que Terroir Direct s’est lancée dans l’activité commerciale.

 

Pionnier du circuit court (un intermédiaire au maximum entre le producteur et le consommateur), Terroir Direct est maintenant concurrencé par de nouveaux acteurs économiques qui essaie de surfer sur cette nouvelle mode.

 

Toutefois, cette association innovante conserve l’avantage d’une gamme très diversifiée et d’un mode de gouvernance collégial associant producteurs, consommateurs et salariés (au nombre de 5).

 

C’est pourquoi d’ailleurs les administrateurs de Terroir Direct envisagent la possibilité de créer une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

 

L’économie sociale et solidaire satisfait des besoins non couverts par l’économie de marché.

 

Le soutien des pouvoirs publics est cependant souvent nécessaire dans les premières années : c’est à ce titre que Terroir Direct a reçu des aides de l’Europe, de l’Etat, de la Région Languedoc-Roussillon et des Départements du Gard et de l’Hérault.

 

L’économie sociale (associations, mutuelles, coopératives) est une alternative viable  au capitalisme.

 

Elle met en œuvre des sociétés de personnes où « Un homme égale une voix », ce qui est la base d’un groupement non totalitaire.

 

En outre, ces structures sont acapitalistes (le bénéfice ne peut pas être distribué mais réinvesti dans l’outil de travail), ce qui évite qu’un individu, parce qu’il est majoritaire dans le capital décide pour les autres, ou pire, par le jeu d’une cascade de participations, qu’un individu, globalement minoritaire dans le groupe de sociétés concernées mais majoritaire dans la holding de tête, impose sa loi à l’intelligence des autres actionnaires.

 

Les structures de l’économie solidaire sont toutefois en prise avec le marché et en concurrence avec des sociétés n’obéissant pas, notamment à l’étranger, aux mêmes règles éthiques.

 

Il faut donc être performant tout en étant plus ambitieux en terme social et environnemental.

 

A ce titre, l’intérêt de Terroir Direct est :

- le développement de l’emploi agricole et rural local (valeur ajoutée conservée sur place),

- le respect du producteur comme du consommateur,

- la stimulation des producteurs respectueux de l’environnement (produits Bio notamment),

- la réduction des émissions de gaz à effet de serre par raccourcissement des distances de livraison,

- la garantie d’un prix rémunérateur pour le producteur,

- l’assurance d’une alimentation à haute valeur qualitative.

 

Le consommateur a un plus grande responsabilité qu’il ne croit concernant l’offre des produits car : « on ne vend que ce qui s’achète ».

 

En consommant idiot, on stimule l’exploitation des enfants ou des travailleurs dans les pays émergents, la délocalisation des emplois, les pouvoirs policiers ou les mafias à l’affût des filons économiques les plus juteux, la déforestation et autres catastrophes écologiques.

 

Au contraire, à Terroir Direct, tout est fait pour que :

-         le consommateur se pose des questions et se responsabilise,

-         le producteur soit respecté humainement et professionnellement,

-         les actes de produire, de transformer, de commercialiser puis de consommer s’inscrivent dans les préceptes du développement durable.

 

Il n’y a pas une fatalité à s’approvisionner en grandes surfaces : c’est le choix qu’on fait de nombreux consommateurs en faisant confiance à Terroir Direct.

 

Ces citoyens voient en effet, derrière leur consommation, des enjeux culturels, patrimoniaux, culinaires, gustatifs et de santé.

07/07/2009

Manger Bio à la cantine

Après les crises alimentaires et la montée de la conscience écologique, de nombreux parents souhaitent une meilleure alimentation collective pour leurs enfants.

Le Conseil régional Languedoc-Roussillon généralisera dans tous ses lycées, à la rentrée 2009-2010, une origine régionale à la viande et un repas Bio par semaine.

Le Conseil général de l’Hérault développe depuis quelques années le concept de Haute valeur alimentaire (HVA) dans ses centres culinaires desservant chacun un groupe de collèges.

De nombreuses communes réfléchissent à la mise en place de repas Bio au restaurant scolaire.

C’est aussi le cas du « Syndicat de restauration du Bérange » qui regroupe 12 communes : Baillargues, Beaulieu, Jacou, Le Crès, Montaud, Restinclières, Saint-Brès, Saint-Drézéry, Saint-Jean de Cornies, Sussargues, Teyran et Vendargues.

Ce Syndicat confectionne et livre 320.000 repas par an, soit 2.200 par jour.

Le Grenelle de l’environnement fixe en effet des objectifs :
- 20 % de produits Bio en restauration collective en 2.012,
- 6 % des surfaces agricoles en agriculture Bio en 2.012 et 20 % en 2.020 (soit 3 fois plus qu’actuellement).

Bien sûr, pour l’instant, peut se poser le problème du surcoût et de l’approvisionnement insuffisant, sachant que faire appel à des produits Bio lointains est impensable pour des raisons de bilan énergétique et sociales.

Les parents d’élèves relevant des établissements scolaires du Syndicat du Bérange ont été associés à la réflexion.

De cette concertation, il ressort qu’ il faut réunir le triptyque :
« Bio + productions locales + produits frais ».

Ces trois conditions permettent :
- le respect de la saisonnalité des productions,
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre,
- le maintien de l’agriculture péri-urbaine,
- une meilleure qualité nutritive, organoleptique et gustative,
- le respect de l’équilibre nutritionnel, afin de réduire par exemple les problèmes d’obésité.

Personnellement, je rajouterai qu’une attention particulière doit être portée :
- à la maturité des fruits,
- à utiliser des matières premières pas trop transformées par l’industrie agro-alimentaire,
- au pain qu’il est facile et peu dispendieux de se procurer Bio,
- à l’empreinte écologique générée par les denrées alimentaires,
- à la consommation d’eau nécessitée par les produits agricoles (la viande en nécessite notamment incomparablement plus que les légumineuses pourtant voisines en terme d’apport protéique),
- à l’origine des productions afin d’écarter celles issues de systèmes socialement injustes (travail au noir dans certaines grandes fermes, exploitation des ouvriers voire même d’enfants, commerce non équitable, etc.).

La restauration collective est réellement un des enjeux de la quête du bien manger.

03/07/2009

Pour une agriculture de proximité en Lunellois

La Communauté de communes du Pays de Lunel (regroupant Boisseron, Lunel, Lunel-Viel, Marsillargues, Saint-Just, Saint-Nazaire de Pézan, Saint-Sériès, Saturargues, Saussines, Valergues, Vérargues, Villetelle) a compris la nécessité de conforter l’agriculture locale en s’appuyant sur les circuits courts de commercialisation.

Les consommateurs sont en effet maintenant plus exigeants et demandeurs de produits authentiques, d’une meilleure alimentation, de commerce équitable et de respect de l’environnement.

Si l’agriculture emploie moins de 1 % de la population active du Pays de Lunel, elle occupe près de 50 % l’espace de ce territoire : elle façonne donc nos paysages et notre culture.

A partir d’une enquête menée auprès de 18.000 ménages, les idées suivantes ont été validées :
- production et vente directe hebdomadaire de paniers de produits alimentaires locaux,
- création d’une société foncière capable d’acheter les terrains nécessaires à l’installation de plusieurs maraîchers et financée par souscription de parts localement,
- lancement d’un marché paysan sur la ville de Lunel avec des prix raisonnables.

Depuis, un « carré paysan » a été réservé au sein du marché hebdomadaire traditionnel de Lunel et deux associations, l’une de paysans, l’autre de consommateurs, se sont créées.

L’association « Les Paysans du Vidourle » regroupe des producteurs fermiers du Gard et de l’Hérault. Cette structure envisage de se doter d’une charte qualité et souhaite impulser des événements, notamment liés à la fraise et au melon. Dans un premier temps, l’objectif est la genèse de marchés paysans ou la participation, sous une bannière collective, à ceux qui existent déjà.

L’association de consommateurs Croquelune entend, quant à elle, promouvoir un mode d’approvisionnement en fruits, légumes et produits transformés, directement auprès des producteurs afin de valoriser une agriculture biologique à la portée du plus grand nombre. Croquelune est prête à accompagner les producteurs locaux dans leur démarche pour se former à de nouvelles pratiques culturales.

En outre, une étude sur les cultures maraîchères d’hiver, l’une des lacunes du territoire, a été lancée ainsi que l’idée de créer des boutiques paysannes.

Les associations départementales que sont la Fédération Départementale des CIVAM, Nature et Progrès, Marchés paysans de l’Hérault, Etat des lieux ou encore Terres Vivantes, précurtrices en matière de développement d’une agriculture à taille humaine, respectueuse de l’environnement, viennent en appui de cette dynamique locale.