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13/07/2011

Fête de la Transhumance à Murviel lès Montpellier

Le 3 juin 2011, au Mas Dieu, près de Murviel-les-Montpellier, s’est déroulée la Fête de la Transhumance ("des garrigues de l'Hérault au Mont Lozère").

Cette manifestation est organisée aux portes de Montpellier avec le concours du Conseil Général de l'Hérault et des communes de  Montarnaud, Murviel lès Montpellier, Saint-Georges d'Orques, Saint-Paul et Valmalle.

Lors de cette journée, un ensemble d’activités autour du pastoralisme et des traditions qui l’entourent ont été proposées.

Exposition photo, affiches éducatives, atelier de tissage de la laine, démonstrations de chiens de berger, de confection de cloches ainsi que sur la manière dont on tond les moutons avant de transhumer.

En approfondissant, les visiteurs ont pu toucher du doigt l’importance du pastoralisme dans l’environnement, notamment le renouvellement de certaines espèces végétales et donc le maintien du biotope de nos régions méditerranéennes.

Malheureusement, cette activité est en perdition depuis des années.

Rares sont les bergers qui continuent cette manière de vivre.

Pourtant le pastoralisme aiderait à la biodiversité, au maintien de l’emploi en zone de garrigues, à la lutte contre les incendies, à alimenter les marchés de proximité en viande de qualité avec des émissions de gaz à effet de serre quasiment nulles (transport restreint, peu d’intrants, production herbagère basée sur les prairies sèches naturelles).

Saluons bas le berger du Mas Dieu, Bruno Sérieys (éthymologiquement : "petit cerisier") un des derniers survivants des traditions pastorales de notre région, si l’on excepte la Lozère.

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Démonstration du travail de chien de berger

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Travail de cardage de la laine de mouton

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Un éleveur de moutons doit maîtriser le travail de ferronnier

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 La tonte mécanisée, moins pénible physiquement

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 Brebis "pomponnée" prête à la grande marche vers les Cévennes

Crédit photographique : Fleur Dache

11/11/2010

La biodiversité et la nature en ville

Dans le cadre de l’élaboration de l’Agenda 21 de Jacou, la Municipalité de cette commune a organisé une soirée de réflexion, le mardi 26 octobre 2010, à la Salle de la Fabrique, sur le thème de « La nature en ville : comment la préserver, comment la gérer ? ».

 

Presque 100 personnes s’étaient déplacées pour écouter un exposé de Jean-Pierre Vigouroux (résumée dans la présente note), membre des écologistes de l’Euzière, association basée à la Maison Départementale de l’Environnement de Restinclières sur la commune de Prades le Lez.

 

Renaud Calvat, Premier adjoint, délégué à l’aménagement du territoire et au développement durable, a co-animé le débat, en présence de Joëlle Aliaga, Conseillère municipale déléguée aux travaux, à la gestion des espaces naturels et à l’Agenda 21.

 

L’Association « Préserver le cadre de vie à Jacou », l’Association « Jacou Jardins Familiaux » et l’Association « Histoire et patrimoine » étaient bien représentées.

 

Autour de la Méditerranée, plus qu’ailleurs, l’homme a façonné les paysages dont nous avons hérité.

 

En dépassant le stade de la chasse et de la cueillette, l’homme, en se sédentarisant au chalcolithique, a accédé à l’élevage et à l’agriculture avec un impact grandissant de façon exponentielle sur son habitat.

 

D’ici 2050, 70 % de la population mondiale habitera en ville ; l’espace artificialisé a doublé en Europe en 50 ans ; l’Hérault reçoit 1.500 habitants supplémentaires tous les mois.

 

La ville, jugée insalubre au XIXème siècle, a été Haussmannisée avec de grandes trouées dans le bâti existant et de grands aménagements urbains.

 

Ces derniers (création de l’assainissement, de parcs, de promenades) ont été guidés par une vision hygiéniste : « faire propre », ce qui conduit à fortement rectifier et redresser la nature.

 

La mécanisation de l’agriculture et la réindustrialisation de la France dans les années 50 entraîne l’exode rural vers une ville qui se dote de ZUP et où la nature est tout aussi canalisée.

 

La villa individuelle n’a pas apporté un changement d’approche avec des jardins artificiels basé sur la pelouse anglaise, l’arrosage à l’eau potable, la haie de thuyas, le désherbage des allées minéralisées.

 

Ce n’est qu’à partir de 1986, avec l’« invention » de la biodiversité que l’on s’est aperçu que la nature existait toujours en ville malgré l’urbanisation et l’artificialisation : persistance des « mauvaises herbes », des insectes, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles, compagnons familiers, vivant en commensaux à notre table ou, à tout le moins, sur la même parcelle d’espace.

 

Cette biodiversité, nous commençons à en saisir l’importance ainsi que ses fonctions vitales pour l’homme : épuration de l’eau, pollinisation, production fruitière et vivrière, maintien des sols, recyclage de la matière organique, etc.

 

En chiffres, 99 % de la nourriture est issue de la biodiversité ; elle nous donne un médicament sur 2 et 40 % de l’économie mondiale repose sur les produits naturels.

 

La biodiversité en ville est moins spectaculaire : elle est ordinaire, faite d’espèces courantes.

 

De ce fait, elle est peu considérée avec, comme corollaire, un défaut de prise en compte, une absence de politique de gestion, malgré les innombrables services écologiques et sociaux qu’elle rend.

 

Les problématiques et les enjeux liés à la nature en ville sont :

-         une forte imperméabilisation entraînant notamment des risques d’inondations,

-         une importante fragmentation de l’espace et donc des habitats écologiques,

-         une pollution liée à l’usage de phytosanitaires pour l’entretien des voiries, des jardins publics et privés,

-         une tendance à l’envahissement par des espèces exotiques s’arrogeant à titre exclusif des niches écologiques.

 

Concernant les pesticides, l’Organisation Mondiale de la Santé a constaté 1.000.000 empoisonnements graves et 220.000 décès en 2008.

 

Au niveau national, 76.000 tonnes de « matières actives » ont été utilisées la même année, dont 8.000 tonnes en Languedoc-Roussillon (la viticulture en consomme beaucoup), dont 10 % dans les jardins (quantité responsable de 30 % de la pollution des eaux).

 

Sur ce plan précis, la Commune de Jacou a réagi en supprimant l’utilisation des pesticides (essentiellement des désherbants), il y a déjà 18 mois.

 

Que peut-on faire, à son niveau, chez soi ?

 

Utiliser des plantes résistantes à la sècheresse, créer un jardin sec, planter des arbres à petits fruits, végétaliser la toiture de son habitation, fabriquer des gîtes à hérisson, à insectes, composter ses déchets ménagers, bannir les produits phytopharmaceutiques, …

Au niveau des Services techniques des collectivités territoriales, le mot d’ordre est aux prairies fleuries, aux espaces verts non irrigués, au zéro pesticide, à la plantation d’essences locales, au maintien des arbres morts à cavité (qui hébergent notamment le Rollier d’Europe, oiseau migrateur rare vivant dans les collines des premiers reliefs succédant à la plaine côtière).

 

La prise de conscience de l’importance de la biodiversité en ville est maintenant effective dans les grandes villes et elle gagne, petit à petit, les communes périphériques.

 

Une fois l’exposé de Jean-Pierre Vigouroux sur la nature en ville terminé, les questions de l’assemblée ont vite tournée autour du projet jacoumard d’aménagement de la colline de Las Bouzigues.

 

Ce poumon vert, pris dans l’urbanisation, est très apprécié par la population d’où des problèmes de piétinement (régression des iris nains, des glaïeuls sauvages, des ophrys et même du thym) et de fréquentation non souhaitée, en l’occurrence celle des quads et des motos.

 

La Municipalité de Jacou prévoit la création d’un sentier botanique, l’aménagement doux de 6 espaces dans la pinède équipés chacun d’un panneau pédagogique puis décliné par une signalétique, à élaborer en lien avec les écoles élémentaires, sur les espèces présentes.

 

L’objectif de la prise en charge est d’arrêter l’érosion des murs en pierre sèche, de canaliser la fréquentation, de nettoyer certains bosquets pour dégager la vue et le pied d’anciens oliviers ainsi que de conserver, par endroit, l’embroussaillement au pied de certains arbres afin de protéger des habitats écologiques.

 

L’attachement de la population est tel que beaucoup d’habitants du village ont déjà participé au nettoyage du secteur de Las Bouzigues.

La Municipalité a pour ambition la mise en valeur paysagère, le filtrage de la fréquentation réservée aux piétons et déplacements doux, le maintien du patrimoine vernaculaire, la préservation de la richesse faunistique et faunistique.

 

Le projet d’aménagement de Las Bouzigues est d’ailleurs significatif des mêmes préoccupations qu’a l’équipe municipale sur d’autres coteaux, ou bas-fonds, non occupés par l’urbanisation.

 

Conscience des enjeux en terme de préservation de la nature en ville, la Municipalité de Jacou développe depuis plusieurs années une politique de maîtrise foncière, par acquisition ou échange, seule à même de préserver le devenir d’espaces naturels à fort pouvoir attractif mais aussi hautement fragiles.

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a agi de même en achetant très récemment les 250 hectares du Domaine de Viviers, situé aux confins des communes d’Assas, Clapiers, Jacou et Teyran, en vue d’y créer une deuxième écolothèque, après celle de Saint-Jean de Védas.

 

Enfin, les espaces naturels de Jacou, joints à ceux de Clapiers (Domaine de La Valette et pinède du Nord de Montpellier) pourraient donner naissance, dans les années à venir, à un « agri-parc ».

 

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L'intervention d'un participant au débat

sur la supériorité des médicaments naturels issus du règne végétal

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Une audience attentive sur le thème fédérateur de la nature en ville

02/11/2010

Voyage en eau trouble

Samedi 23 octobre, était présenté, à la salle des Arbousiers à Restinclières, un film de Luc Riolon, « Voyage en eau trouble », réalisé pour Arte par « Mona Lisa Production », ou comment l’infiniment petit et la nature peuvent nous apprendre l’équilibre fragile de notre condition.

 

Les organisateurs de la soirée étaient Louise Achard, Présidente de Rest’Envi, et Jean-Pierre Fels, Président de l’Association pour la Desserte en Eau Brute (ADEB).

 

Rest’Envi promeut des actions de défense de l’environnement (opérations « Nettoyons la nature » et « Un arbre, un enfant » menées en partenariat avec le Club des marcheurs de Restinclières et avec le concours de la Communauté d’Agglomération de Montpellier) tandis que l’ADEB a pour objectif une gestion rationnelle des ressources en eau et la desserte en eau brute (eau de Rhône issue du Canal Philippe Lamour) des communes jumelles de Beaulieu et Restinclières.

 

Ces deux associations, dont les membres se connaissent mutuellement, ont logiquement vocation à fusionner à terme.

 

Cette projection-débat intervenait à l’occasion de la « Semaine de la Science », très présente autour de Montpellier, pôle international de recherche.

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Le conférencier présente le film "Voyage en eau trouble" 

 

Michel Dukhan, Président de l’Association « Messages pour la Terre », s’était déplacé de Clapiers pour mettre en place la projection audiovisuelle.

 

Daniel Guiral, Directeur de recherche à l’IRD (Institut de Recherche et du Développement – ex ORSTOM – basé à Montpellier sur le Campus Agropolis), spécialiste des écosystèmes littoraux, est le découvreur du site présenté dans le film et la cheville ouvrière de son étude détaillée.

 

C’est en Guyane qu’il nous emmène découvrir un endroit encore inexploré, si ce n’est par les caïmans noirs et les quelques espèces ornithologiques rares qui font en grande partie la richesse de ce milieu.

 

En effet, tout commence par la découverte de cet univers aquatique, hostile et isolé, préservé de ce fait des aménagements pratiqués dans les lagunes périphériques pour y installer des rizières exploitées autrefois par les esclaves.

 

La « mare » d’eau douce étudiée, entourée de marécages (appelé Marais de Kaw), grands comme la Camargue, est en effet seulement accessible en hélicoptère.

 

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La "mare", ouverture dans les marais colonisés par de la végétation basse 

 

Ce milieu naturel, nullement anthropisé, est remarquable du fait de la nidification d’oiseaux migrateurs insoupçonnés.

 

Il s’agit notamment du Héron agami (Agamia agami) que l’on croyait en voie de disparition (quelques couples connus seulement au monde) avant d’en découvrir plus de 500 sur le site des Marais de Kaw !

 

Il s’agit aussi du Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin) qui peuple les zones humides de l’Orénoque et de l’Amazone.

 

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Un volatile hôte de la "mare", attiré par la tranquillité des lieux

 

Comment la vie peut-elle exister ici alors que l’eau est insuffisamment minéralisée et très acide ?

 

C’est la question que s’est posée Daniel Guiral constatant qu’elle se développait dans un milieu extrêmement pauvre, oligotrophe.

Ce passionné de biodiversité, s’est donc installé sur l’eau pendant 4 ans afin de percer ce mystère.

 

C’est ce travail, cette passion que Daniel Guiral fait partager avec son documentaire d’une beauté époustouflante.

 

En collaboration, les deux équipes de scientifiques et de cameramen ont extrait des 900 heures de tournage, les 52 minutes d’émerveillement et d’étonnement qu’engendre ce film.

 

Comment un milieu extrêmement pauvre peut-il être un hot spot, une oasis de la biodiversité ?

 

Tout simplement grâce à l’apport azoté d’oiseaux étrangers venant nicher et se nourrissant à grande distance.

 

Mais aussi grâce au développement de l’entraide et des échanges entre les espèces : plus le milieu est pauvre et plus les solidarités se développent tandis qu’au contraire, dans un milieu riche, certaines espèces prennent le dessus, rendant l’existence des autres impossible.

 

Le chercheur montpelliérain a notamment fait une véritable découverte scientifique en constatant que les utriculaires (plantes aquatiques à la fois chlorophylliennes et carnivores dont les feuilles sont en forme d’outre), capturant des proies par aspiration, étaient incapables de digérer les grosses larves emprisonnées, sauf que des protozoaires colonisant leurs outres s’en chargent pour elles.

 

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Larves d'insectes et protozoaires à l'abri des filaments des algues aquatiques

 

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Une grosse larve d'insecte prise au piège dans une bourse d'utricaire

en cours de digestion par de petits protozoaires

 

Les Marais de Kaw sont inclus dans les périmètres d’une ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique floristique et faunistique), de Natura 2000 (protection des habitats naturels) et constituent un des sites RAMSAR français (protection des oiseaux remarquables).

 

Daniel Guiral a conclu le débat avec la salle par l’intérêt qu’il faut absolument porter à la biodiversité : elle recèle toutes les solutions adaptatives dans lesquelles l’humanité pourra puiser des solutions à ses problèmes.

 

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Daniel Guiral répondant aux questions de la salle

 

Crédit photographique : Fleur Dache

09/10/2009

Trame Verte et Bleue (suite)

Qu’y a-t-il de si remarquable dans les villages autour de Montpellier en terme de richesse environnementale qu’il faille préserver au travers du concept récent de Trame verte et bleue (TVB) ?

Les communes de Villeneuve lès Maguelone, Mauguio, Lattes, Palavas et Pérols comptent chacune plusieurs Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) dont le périmètre a été arrêté de longue date par le Ministère de l’environnement.

Citons-en quelques unes aux noms évocateurs : « Etang de Vic, de l’Arnel et de Pierre blanche », « Salins de Villeneuve », « Bois de l’Abbaye de Maguelone », « Lido de Maguelone et des Aresquiers », « Marais de Lattes », « Prés humides de Gramenet », « Etang de Mauguio et ses abords », « Etang de la Maïre et ancien étang de Pérols », « Prairies de la Paluzelle », « Pointe du Salaison », « Marais du Clos Martin », « Dunes du grand et du petit travers », etc.

Tous ces milieux, richissimes sur le plan biologique, permettent le nourrissage, le repos, l’abri, la nidification, de très nombreuses espèces d’oiseaux : flamands roses, échasses, aigrettes, sternes, busards, râles d’eau, grèbes, fuligules, rapaces, etc., etc.

Poissons, batraciens et insectes sont aussi très variés et pour certains très rares.

Les lagunes et les prairies humides sont donc un milieu privilégié d’habitat naturel pour l’avifaune, la faune sauvage et la flore.

Plus au Nord, il existe aussi des milieux remarquables : garrigues, massifs boisés, coteaux calcaires, ravins abrupts, falaises, prairies sèches.

Ces milieux arides méditerranéens présentent tous un intérêt paysagers mais constituent aussi, pour certains, des biotopes favorables à la nidification de l’avifaune : notamment l’Outarde canepetière, le Faucon hobereau, le Busard cendré, la Pie-grièche grise, etc.

Le Causse d’Aumelas, le Massif de la Moure, le Puech des Mourgues à Saint-Bauzille de Montmel, le Devès de Péret à Assas et Guzargues, le Bois de Paris à Fontanès, Galargues et Garrigues, le Pic Saint-Loup, les Garrigues du Mas Dieu sont autant d’exemples qui concernent de nombreuses communes au Nord de Montpellier.

Il est important que ces habitats naturels, nombreux et de qualité, soient reliés par des connexions biologiques.

Ces dernières, qualifiées de corridors, permettent :
- le déplacement de la faune sauvage, notamment pour les migrations,
- la dispersion de la flore.

Ces corridors doivent être permanents ou non : exemple de la saisonnalité de la migration des oiseaux, des amphibiens, des insectes ou des poissons.

Ils peuvent ne pas nécessiter une emprise au sol : exemples des axes migratoires aériens pour les oiseaux ou aquatiques pour les poissons marins.

Il est donc de la plus haute importance d’éviter que des obstacles (urbanisation, aménagement, infrastructure, activité humaine, modification du paysage), viennent perturber des continuités spatiales existantes.

Toutefois, l’homme a quelquefois créé des corridors, sans s’en rendre compte : bords de canaux, talus et fossés de voies de communication, réseaux de jardins (dont ceux des lotissements), gravières et carrières, friches industrielles, etc.

Ces continuités anthropiques ne sont pas universelles mais elles peuvent s’avérer utiles à certaines espèces.

Il est possible aussi qu’à l’avenir, avec l’évolution des connaissances en matière de biodiversité, soient imaginés des aménagements ou infléchit l’urbanisation pour préserver le réseau biologique si riche du Montpelliérain.

Or, entre la « côte » et « l’arrière-pays », il existe des corridors naturels de « communication ».

Les plus ténus, ou les plus localisés, sont les haies et des parcs préservés, notamment de châteaux (ceux par exemple de Fontfroide, de Fontmagne ou encore de Boisseron).

Ce sont, aussi et surtout, les fleuves ou les rivières qui se jettent, soit dans la Méditerranée, soit dans les étangs littoraux.

On peut citer d’Ouest en Est, la Mosson, le Coulazou et ses gorges, la Lironde de Montferrier, le Lez et son affluent le Lirou, le Salaison, le Bérange, la Bénovie et le Vidourle.

Ces axes Nord-Sud sont remarquables par leurs ripisylves, éventuellement par la forêt-galerie et les prairies humides qui les accompagnent.

En tant qu’enclaves biogéographiques humides, ces « coupures vertes » dans des paysages souvent steppiques représentent des havres précieux pour les espèces préférant la fraîcheur, notamment pour les migrateurs recherchant un refuge.

 

02/10/2009

Trame Verte et Bleue

Le concept de « Trame verte et bleue » (TVB) est né dans les années 80-90, en lien avec l’objectif de lutter contre l’effrayant appauvrissement de la biodiversité sur Terre, en terme de gênes, d’espèces et d’écosystèmes.

Cet appauvrissement est le fait essentiellement de l’homme : changement climatique, croissance démographique, migrations de masse engendrées par les guerres, troubles civils ou encore recherche d’emploi « ailleurs ».

Ces phénomènes entraînent l’installation de l’homme sur des terres naturelles, jusqu’à présent en marge de l’urbanisation et de l’agriculture, en général très vulnérables sur le plan écologique.

L'homme est directement à l'origine de l'extinction massive de plusieurs espèces d'animaux ou de végétaux.

L'Union mondiale pour la nature (UICN) souligne qu'"un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes pourraient disparaître dans ce siècle".

« Au total, 16.306 espèces animales ou végétales pourraient disparaître sur 41.415 espèces mises sous surveillance parmi 1,9 million connues dans le monde. »

Autre élément inquiétant : 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique.

L’idée de parvenir en France a une Trame verte et bleue a été proposée par le Grenelle de l’environnement en 2007.

En effet, jusqu’à présent, la politique environnementale en France a consisté à protéger prioritairement des zones géographiques riches sur le plan environnemental (milieux humides, parcs naturels nationaux et régionaux) et à maintenir sur le reste du territoire un standard de qualité environnementale compatible avec les activités économiques et l’urbanisation.

Le concept de Trame verte et bleue va plus loin puisqu’il pousse à s’intéresser au paysage, aux éléments constitutifs de la richesse environnementale et de conserver des « ponts de vie » entre eux.

Dans cette approche, les activités économiques et l’urbanisation ne peuvent occuper que les vides à l’intérieur de cette trame à sauvegarder.

Il s’agit donc de maintenir, de reconstituer ou de créer ex nihilo un continuum naturel entre les écosystèmes riches en faune ou en flore pour conserver la biodiversité.

On peut aussi parler de « maillage écologique » ou encore de « réseau de corridors biologiques ».

Schématiquement, dans Trame verte et bleue, il y a « vert » pour les espaces naturels, dont les forêts, et « bleu » pour les zones humides, dont les milieux aquatiques.

La région de Montpellier est particulièrement riche sur le plan écologique du fait d’une part de la présence de lagunes littorales et d’autre part du climat méditerranéen qui favorise un spectre d’espèces très large (de glaciaire au tropical), incomparablement plus étendu que sous un climat océanique ou continental.

Suite de la note : mercredi 30 septembre 2009