Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

21/02/2010

Le lombric : un auxiliaire de développement durable

Patricio Soto, originaire du Chili, a consacré, avec son épouse, plus de vingt ans de sa vie à l’étude des lombriciens.

 

En homme passionné et inventif, il a compris l’utilité de ces « vers de terre » pour décomposer la matière organique issue de l’activité humaine : déchets agricoles ou domestiques.

 

En créant la société « Lombritek éco-innovation », installée à Cap Alpha, sur la commune de Clapiers, Patricio Soto a souhaité proposer des solutions techniques aux particuliers et aux collectivités territoriales.

 

Lombritek fait notamment fabriquer des lombricomposteurs destinés aux particuliers et vendus dans les jardineries.

 

Le lombricompostage consiste à traiter des déchets, ménagers ou de jardin, solides.

 

Deux types de vers, préalablement élevés sous serre à Mauguio, sont utilisés :

-         Eisenia andrei, de couleur rouge uniforme, qui se satisfait de déchets plutôt frais,

-         Eisenia fetida, de couleur rouge violacée avec des anneaux clairs presque jaunes, qui affectionne la matière organique plus décomposée.

 

Ces deux variétés de lombriciens sont complémentaires et vivent ensemble, sans problème de cohabitation.

 

Dans la nature, ils se développent dans les milieux acides, suffisamment aérés et humides, notamment dans le fumier et dans le compost.

 

Les 5.000 vers achetés avec un lombricomposteur ont une durée de vie moyenne d’un an mais ils sont surtout capables de se reproduire et de se multiplier.

 

Le composteur est sans odeur, ne craint pas le gel : il est installé préférentiellement dans un jardin ou sur une terrasse.

 

En 3 mois, les déchets domestiques biodégradables sont transformés en un compost de très grande qualité, ressemblant à du marc de café, utilisable pour les pots de fleur, le jardin potager ou d’ornement.

 

La société Lombritek fait aussi des recherches sur un « lixicomposteur » où l’activité des vers de terre conduit à un liquide, de la couleur d’un lixiviat, récupéré dans un bac sous le composteur.

IMG_0021.JPG

 Lixicomposteur en expérimentation

 

Ce liquide est riche en éléments nutritifs pour les plantes : c’est une sorte d’engrais vert.

IMG_0033.JPG

 Lixiviat issu du lixicomposteur

 

D’autre part, Patricio Soto a mis au point la lombrifiltration qui consiste à traiter des déchets organiques liquides : c’est le cas des eaux usées issues des réseaux d’assainissement collectif.

 

Un premier pilote industriel, bien connu autour de Montpellier, appelé « lombristation », a été installé dès 2004 sur la commune de Combaillaux (1.500 habitants).

LombriStation.jpg

 Schéma de fonctionnement de la lombristation de Combaillaux (Hérault)

 

Ce type de station d’épuration est bien adapté pour une population de 1.000 à 4.000 équivalents-habitants.

 

Les avantages de cette filière de traitement des eaux usées sont multiples :

-         coût de maintenance faible,

-         absence de nuisances olfactives,

-         pas de production de boues d’épuration souvent difficiles à éliminer ou à valoriser,

-         rejet d’une eau de qualité baignade ou irrigation.

 

Lombritek a déposé, en avril 2009, un brevet protégeant ses « Procédé et dispositif de traitement d’eaux organiquement polluées ».

 

Preuves de l’intérêt du public pour ces innovations, la lombristation fait l’objet de nombreuses visites tandis que les lombricomposteurs commencent à se développer chez les particuliers.

 

Ces lombricomposteurs constituent aussi un outil pédagogique pour les écoles et les centres de loisirs.

 

Les lombriciens peuvent ainsi être mis au service de l’homme, notamment urbain, comme ils sont depuis la nuit des temps au service de la Nature.

 

 

IMG_0029.JPG

 Lombricomposteur domestique

 

 

IMG_0036.JPG

 Elevage de lombrics en bacs pour la recherche

IMG_1679.jpg

Lombrics nés de plusieurs cocons (oeufs des vers de terre)

IMG_0034.JPG

Terreau issu de 3 mois de lombricompostage

IMG_0039.JPG

Patricio Soto, dirigeant de Lombritek Eco-innovation,

recevant des élus de la Commune de Clapiers

30/01/2010

Cap Alpha : un fleuron de la création d’entreprises à Clapiers

La création d’entreprise est friande de « business success story », cette présentation du chemin parcouru par des « entrepreneurs partis de rien », en réalité partis d’une idée.

 

La croissance de Cap Alpha est elle-même l’histoire d’un succès.

 

Créé en 1987, cet incubateur veille à la gestation puis aux premiers pas d’entreprises innovantes spécialisées dans le domaine de la santé et de l’environnement.

 

Il a été implantée à Clapiers, en marge du pôle Agropolis, pas très loin de l’Institut de l’audiovisuel et des communications en Europe (IDATE).

 

Le cadre verdoyant et préservé de Montpellier-Nord se prêtait particulièrement bien à l’accueil de diplômés, de cadres, de chercheurs et de créateurs.

 

Depuis sa création, le Centre européen d’entreprise et d’innovation (CEEI), englobant d’abord Cap Alpha puis Cap Omega, née en 2004, sur le parc Eurêka du Millénaire à Montpellier et, maintenant Cap Gamma, spécialisée dans les biotechnologies avancées, aura accompagné 445 entreprises et permis la création de 3.700 emplois.

 

Pour couronner son ascension, le CEEI de Montpellier Agglomération a reçu, en avril 2007, à Seattle (Etats-Unis), deux prestigieux prix, ou « awards », décernés par la National business incubation association (NBIA).

 

Il s’agit du titre de « Meilleur incubateur mondial de l’année toutes catégories confondues ».

 

En 2008, le CEEI de Montpellier Agglomération est devenu le « Business and innovation center », ou B.I.C., afin d’obtenir une meilleure visibilité à l’International.

 

Le CEEI concerne la partie accompagnement (conseils individualisés et formation) des projets de création tandis que les pépinières, disséminées sur tout le territoire de l’Agglomération de Montpellier, sont la partie « hébergement ».

 

De plus, des entreprises peuvent être accompagnées sans être hébergées.

 

Enfin, l’accompagnement est gratuit pendant la phase de pré-création.

 

23 ans après sa construction le bâtiment clapiérois, conçu par le grand architecte Emmanuel Nebout, méritait une cure de jouvence.

 

C’est le même homme de l’art qui a été choisi à cet effet, après concours.

CapAlpha1028.jpg

Une requalification fonctionnelle de grande qualité

(Source : Atelier d'architecture Emmanuel Nebout)

 

La requalification « Green Tech » de cet équipement permettra un meilleur accueil des créateurs, notamment grâce à des technologies de communication dernier cri.

 

Les nouvelles normes environnementales seront respectées : utilisation de matériaux naturels comme le bois, parcs à vélos, tri sélectif, végétalisation des façades, couverture avec 550 m² de panneaux photovoltaïques, haute performance thermique et sobriété énergétique au niveau du chauffage, de la climatisation et de l’éclairage.

 

Le nouveau bâtiment, pour un coût de 3,2 M€ (dont 0,6 M€ pour le photovoltaïque), sera donc exemplaire en matière de développement durable.

 

La "première pierre" a été posée en janvier 2010 et la livraison de l'équipement interviendra en mai 2011.

IMG_1386.JPG

 

Georges Frêche, Gilbert Pastor et Anne-Yvonne Ledain

rappelant les enjeux et l'histoire de Cap Alpha 

 

Cap Alpha va donc continuer à accompagner des entreprises dans la biotechnologie : modélisation agronomique, production de biocarburant à partir de bactéries, lombriculture, etc.

 

Les créateurs sont unanimes : ce qui compte le plus pour la réussite de leur challenge, ce n’est pas l’argent mais la qualité de l’environnement humain, des conseils prodigués et des services offerts.

 

IMG_1389.JPG

De nombreux créateurs d'entreprises présents devant

l'emblématique symbole des bâtiments publics clapiérois :

la pyramide (présente au Collège et au Complexe sportif)

 

Décidément, Cap Alpha fut une riche idée pour le développement du Grand Montpellier.