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29/06/2010

En direct du terroir

Terroir Direct propose en fin de semaine un approvisionnement alimentaire complet aux habitants des alentours de Montpellier et de Nîmes.

 

Née en décembre 2000, cette association de producteurs des Cévennes et du Pays d’Oc, au nombre d’environ 100, fournit en moyenne approximativement 200 paniers par semaine.

 

En 10 ans, 2.000 ménages ont fait au moins une fois une commande auprès de Terroir Direct.

 

80 % de l’offre vient de producteurs locaux.

 

Les 20 % restants sont Bio, fermiers, AOC (appellation d’origine contrôlée) ou issus du commerce équitable.

 

Le chiffre d’affaires avoisine 600.000 €.

 

Les commandes se font quelques jours avant par Internet (http://www.terroir-direct.com) ou par téléphone.

 

Le catalogue de produits proposés (fruits et légumes, viandes, poissons, laitages, charcuteries, vins et boissons, boulangerie, épicerie, produits exotiques, etc.) compte approximativement 500 références.

 

Le retrait des paniers se fait soit au siège de Terroir Direct, à Castelnau le Lez, soit dans différents dépôts (Cournonsec, Frontignan, Lattes, Montpellier, Saint-Gély du Fesc, Saint-Mathieu de Tréviers, Castries, Sommières, Calvisson, Saint-Mamert du Gard, Nîmes et Marguerittes).

 

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Le camion frigorifique qui collecte les paysans et alimente les points de retrait

 

Le système mis en place par Terroir Direct allie :

-         la liberté de commander à partir de chez soi, quand on est disponible (du samedi au mardi midi),

-         la proximité du point de livraison par rapport au domicile du consommateur,

-         la rapidité d’approvisionnement puisque les paniers sont prêts quand on vient les chercher.

 

Avec ce type de dispositif, le consommateur ne paye :

-         ni le gaspillage des mises à la poubelle du fait d’un déséquilibre entre ce qui est mis en rayon et ce qui est vendu,

-         ni les frais de magasin,

-         ni les dépenses engendrées par les vols, constatés essentiellement dans les grandes surfaces.

 

Terroir Direct est une entreprise typique de l’économie solidaire.

 

De l’idée à la mise en place du projet, la genèse de Terroir Direct a été précédée d’une longue réflexion, d’une animation de réseau et d’une étude de marché.

 

Frédéric Prat, Président de l’Association PicVert, et Sylvère Gonzalvez, à l’époque Directeur de la DIFED (Dynamique d’information et de formation sur l’environnement et le développement durable - http://www.difed.agropolis.fr), et maintenant Directeur de Terroir Direct, ont été les initiateurs de cette aventure.

 

Ce n’est qu’en novembre 2001 que Terroir Direct s’est lancée dans l’activité commerciale.

 

Pionnier du circuit court (un intermédiaire au maximum entre le producteur et le consommateur), Terroir Direct est maintenant concurrencé par de nouveaux acteurs économiques qui essaie de surfer sur cette nouvelle mode.

 

Toutefois, cette association innovante conserve l’avantage d’une gamme très diversifiée et d’un mode de gouvernance collégial associant producteurs, consommateurs et salariés (au nombre de 5).

 

C’est pourquoi d’ailleurs les administrateurs de Terroir Direct envisagent la possibilité de créer une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

 

L’économie sociale et solidaire satisfait des besoins non couverts par l’économie de marché.

 

Le soutien des pouvoirs publics est cependant souvent nécessaire dans les premières années : c’est à ce titre que Terroir Direct a reçu des aides de l’Europe, de l’Etat, de la Région Languedoc-Roussillon et des Départements du Gard et de l’Hérault.

 

L’économie sociale (associations, mutuelles, coopératives) est une alternative viable  au capitalisme.

 

Elle met en œuvre des sociétés de personnes où « Un homme égale une voix », ce qui est la base d’un groupement non totalitaire.

 

En outre, ces structures sont acapitalistes (le bénéfice ne peut pas être distribué mais réinvesti dans l’outil de travail), ce qui évite qu’un individu, parce qu’il est majoritaire dans le capital décide pour les autres, ou pire, par le jeu d’une cascade de participations, qu’un individu, globalement minoritaire dans le groupe de sociétés concernées mais majoritaire dans la holding de tête, impose sa loi à l’intelligence des autres actionnaires.

 

Les structures de l’économie solidaire sont toutefois en prise avec le marché et en concurrence avec des sociétés n’obéissant pas, notamment à l’étranger, aux mêmes règles éthiques.

 

Il faut donc être performant tout en étant plus ambitieux en terme social et environnemental.

 

A ce titre, l’intérêt de Terroir Direct est :

- le développement de l’emploi agricole et rural local (valeur ajoutée conservée sur place),

- le respect du producteur comme du consommateur,

- la stimulation des producteurs respectueux de l’environnement (produits Bio notamment),

- la réduction des émissions de gaz à effet de serre par raccourcissement des distances de livraison,

- la garantie d’un prix rémunérateur pour le producteur,

- l’assurance d’une alimentation à haute valeur qualitative.

 

Le consommateur a un plus grande responsabilité qu’il ne croit concernant l’offre des produits car : « on ne vend que ce qui s’achète ».

 

En consommant idiot, on stimule l’exploitation des enfants ou des travailleurs dans les pays émergents, la délocalisation des emplois, les pouvoirs policiers ou les mafias à l’affût des filons économiques les plus juteux, la déforestation et autres catastrophes écologiques.

 

Au contraire, à Terroir Direct, tout est fait pour que :

-         le consommateur se pose des questions et se responsabilise,

-         le producteur soit respecté humainement et professionnellement,

-         les actes de produire, de transformer, de commercialiser puis de consommer s’inscrivent dans les préceptes du développement durable.

 

Il n’y a pas une fatalité à s’approvisionner en grandes surfaces : c’est le choix qu’on fait de nombreux consommateurs en faisant confiance à Terroir Direct.

 

Ces citoyens voient en effet, derrière leur consommation, des enjeux culturels, patrimoniaux, culinaires, gustatifs et de santé.

11/02/2010

Les berges du Lez enfin classées au titre des paysages de Frédéric Bazille

Le projet de « classement, parmi les sites du département de l’Hérault, du site des Berges du Lez, paysages de Frédéric Bazille, sur les territoires des communes de Castelnau le Lez, Clapiers et Montpellier » a enfin abouti.

 

Après plus de deux ans et demi d’instruction du dossier et de réflexion au niveau du Ministère de l’environnement, le décret en Conseil d’Etat est paru le 25 janvier 2010.

 

Le classement des monuments naturels et des sites est prévu par la loi du 2 mai 1930 (article L341-1 à L341-22 du Code de l’environnement).

 

L’Etat a souhaité classer deux sites remarquables : le Bois de Montmaur et les Berges du Lez entre le pont de Castelnau (station Tramway Ligne 2 Charles de Gaulle) et le pont de la RD 65 proche du pôle Agropolis.

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Le Lez dans son écrin de verdure

 

Le dossier de classement a été soumis à enquête publique du 2 au 23 octobre 2006, dans les mairies de Montpellier, Castelnau le Lez et Clapiers.

 

Toutes les personnes intéressées ont pu mentionner leurs remarques sur le registre d’enquête ou les adresser par lettre recommandée au Préfet de l’Hérault.

 

En outre, tous les propriétaires concernés ont été invités à faire connaître leur opposition ou leur consentement au projet.

 

Certains d’entre eux n’ont pas souhaité le classement d’où la nécessité d’un décret en Conseil d’Etat et non pas d’un simple arrêté ministériel.

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Le seuil de La Valette

 

L’enquête administrative a porté sur la « Redéfinition des périmètres de protection des sites » :

-         classé et inscrit du Bois de Montmaur,

-         classé et inscrit du domaine de Méric

-         inscrits des bords du Lez et du domaine de La Valette. »

 

Le classement entraîne une protection rigoureuse.

 

L’« inscription » qui concernait précédemment les Berges du Lez constituait un niveau de protection inférieur au « classement ».

 

Si les travaux d’exploitation et d’entretien sont autorisés, les altérations sont en revanche interdites.

 

La publicité est interdite ; les réseaux doivent être enfouis ; les travaux de restauration et de mise en valeur peuvent être subventionnés par l’Etat.

 

Le classement est réservé aux sites les plus prestigieux.

 

Dès 1946, le législateur avait jugé les Berges du Lez dignes d’une « inscription », du fait de la qualité paysagère du site.

 

Mais seuls les espaces exceptionnels par leur caractère artistique, pittoresque, historique, légendaire ou scientifique peuvent accéder au classement.

 

Si l’Etat juge les Berges du Lez et le Domaine de La Valette « pittoresques et artistiques » c’est qu’elles constituent le motif des tableaux de Frédéric Bazille, peintre pré impressionniste, ami de Monnet et de Renoir.

 

Toutefois, l’Etat aurait pu aussi retenir les épithètes « historique » et « scientifique » car, avec ses centres de recherche de niveau mondial, le Domaine de La Valette héberge des équipes scientifiques reconnues.

 

De même, il possède une valeur historique, puisque le site a accueilli, en expérimentation ou en démonstration, les balbutiements du machinisme agricole, notamment celles des premières machines à vendanger, dans le cadre du Salon International de la Vigne et du Vin.

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Le Domaine de La Valette encore le siège d'expérimentations agronomiques

 

En ce qui concerne la Commune de Clapiers, son Conseil municipal a donné, dès 2006, un avis favorable au classement des berges du Lez.

 

Il s’agit en effet d’une confortation de sa politique de préservation des espaces naturels, cette Municipalité ayant classé inconstructible, de longue date, le Domaine de La Valette.

 

Que ce soit sur Clapiers ou sur Montpellier, la Vallée du Lez est aussi, non seulement classée en zone Natura 2000, mais aussi en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF).

Pour entrer dans le détail, le dossier d’enquête a proposé en 2006 :

-         le déclassement du terrain de l’ancienne patinoire à Montpellier,

-         une extension du site classé de Méric (à ce jour le château et ses dépendances) aux Berges du Lez, ces dernières étant d’ores et déjà aménagées pour la promenade par la Ville de Montpellier,

-         le classement d’une partie du bois de Montmaur, déjà inscrit dans sa totalité,

-         le classement des berges du Lez (périmètre inscrit en 1946), excepté le bois de La Valette, la Ville de Montpellier craignant des contraintes trop fortes pour l’exploitation du Zoo de Lunaret.

 

La Direction régionale de l’environnement (DIREN) voulait désinscrire le quartier de la Pompignane, très fortement urbanisé, mais la Ville de Montpellier n’a pas voulu, relayant en cela le souhait des habitants de ce quartier qui souhaitaient conserver cette protection règlementaire.

 

En classant les Berges du Lez, la DIREN a voulu protéger les principaux lieux d’inspiration du peintre Frédéric Bazille.

 

En fait, le paysage, qui a très peu bougé en un siècle, est le motif de ses tableaux.

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Le grand paysage des Berges du Lez

 

Le site des Berges du Lez est tout simplement le témoin de la naissance de la peinture de plein-air.

 

Cette dernière est un enjeu essentiel dans l’histoire de l’art et du paysage dans les années 1860.

 

C’est un moment historique où la peinture pré-impressionniste développe ses sujets de recherches sur les formes, la couleur, la diffraction de la lumière.

 

Les points de vue croqués par Bazille nourrissent ses tableaux : « Vue du Village », « Terrasse à Méric », « Scène d’été », « Les baigneurs », « La robe rose », …

 

La DIREN souhaiterait que soient initiés, comme à Collioure et à Céret, des circuits de découvertes intégrant la dimension culturelle du site.

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La Vallée du Lez façonnée par l'homme 

 

L’ambiance générale du site des Berges du Lez est remarquable : « Petites falaises couronnées de bosquets, de pins, rives fraîches et ombragées du Lez, campagne jardinée, chemins ruraux, site très méditerranéen par sa lumière et ses palettes, étroite forêt-galerie jalonnée de moulins, quartier de Ferran à Castelnau (toponymie rappelant la traversée du Lez par la voie Domitienne), coteau boisé de Clapiers ».

 

C’est pourquoi, le classement des Berges du Lez s’est fait à titre artistique et pittoresque.

 

Enfin, l’Opération Lez Vert, déjà bien initiée par la Ville de Montpellier, était jugée dans le dossier mis à l’enquête « parfaitement compatible », connaissant ses objectifs :

-         faciliter l’accessibilité de cette coulée verte au public,

-         créer des circulations douces,

-         aménager des équipements d’accueil du public,

-         mieux gérer l’espace par un entretien soutenu,

-         informer le public des richesses naturelles (faune/flore), culturelles et paysagères du site.

 

Avec le classement des Berges du Lez, au titre des paysages de Frédéric Bazille, c’est un illustre passé qui est préservé ainsi qu’une coulée verte entre la Métropole régionale et ses communes périphériques.