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21/10/2012

Coopération décentralisée Franco-Béninoise à Prades et à Clapiers

En ces temps de crise économique et sociale, le repli sur soi est un risque.

La coopération internationale est un des moyens d'y échapper.

Relativiser ses problèmes, son pouvoir d'achat, son bien-être, à l'aune de l'Afrique, de l'Amérique du Sud ou encore de l'Asie, ouvre la réflexion.

La coopération décentralisée, entre collectivités territoriales du Nord et du Sud, associe des citoyens à des projets de développement local.

Les Communes de Prades le Lez et de Clapiers, dans la première couronne Nord de Montpellier, échangent notamment avec le Bénin, pays francophone, à la Constitution et à l'organisation administrative très proches des nôtres.

Le Maire de la Commune d'Akpro-Missérété (90.000 habitants au Nord immédiat de la capitale Porto-Novo) a conduit en septembre une délégation d'élus béninois à Lyon puis à Montpellier, après un premier voyage en mars 2010.

Cette visite a permis de raffermir les liens existants et d'évoquer de nouveaux objectifs et projets.

D'une manière générale, la coopération décentralisée est la plupart du temps plus efficace que celle directe entre états.

En effet, cette dernière porte principalement sur l'action humanitaire d'urgence (famines, catastrophes naturelles), des projets industriels (infrastructures portuaires et routières, extractions minières ou d'énergie fossile), des visées militaires (instruction des forces armées locales), des accords de libéralisation des échanges, des accords politiques (défense, sécurité, droits de l'homme) et économiques (implantation d'entreprises françaises) et moins sur le développement de la Francophonie ou du social (universités, enseignement de base, agriculture vivrière, etc.).

Au contraire, la coopération décentralisée implique le milieu associatif et rapproche, non pas des institutions, mais des hommes.

Les besoins sont identifiés au plus près des habitants et les projets définis dans la concertation.

Le Ministère des Affaires étrangères la reconnaît puisque qu'il y consacre des financements nationaux.

Cités Unies France, structure associative, fédère les communes, les départements, les régions, les intercommunalités engagées dans une action de coopération internationale.

La collaboration entre Prades le Lez, Clapiers et Akpro-Missérété repose sur un élan associatif et sur la plus-value du bénévolat.

Avec un budget de l'ordre de 2 millions d'euros annuels (même s'il est inférieur de 40 fois à celui par habitant des communes du Montpelliérain), la Commune d'Akpro-Missérété est en capacité de mener à bien des actions d'intérêt général fortes :

- création d'une radio locale,

- soutien au club de football accueillant de très nombreux enfants,

- ouverture de centres de soins, modernisation de la maternité et acquisition d'une ambulance,

- réglementation de la circulation des taxis-moto, les « zémidjans » dont l'invention locale s'est généralisée à toute l'Afrique comme une évolution moderne du vélo-taxi,

- dotation des nombreuses écoles primaires en nouvelles salles de classe,

- construction récente de 3 collèges publics, avec pour chacun, quelques classes au départ, prévision d'extensions successives et espoir d'ouvrir à terme des classes de lycée,

- projet d'institut universitaire de management et de technologie,

- projet d'ouverture d'une bibliothèque municipale, dotée notamment des ouvrages, au nombre de 25.000 environ, envoyés par Clapiers suite à une collecte auprès de ses habitants et un très important don de livres scolaires de la part du Conseil Régional Languedoc-Roussillon,

- projet de création de places publiques, dites stratégiques, équipées en éclairage public et en bornes de recharge pour le matériel électronique (téléphones et ordinateurs portables) afin d'offrir à la jeunesse, souvent privée dans leur foyer de la lumière électrique, un lieu d'études collectif,

- lancement d'un service de transport en commun, suite à l'achat à TAM - Transports de l'agglomération montpelliéraine – des 10 derniers bus au gazole, maintenant remplacés pas des bus de ville fonctionnant au gaz naturel.

Le dynamisme d'Akpro-Missérété et de son Maire, Michel Bahou, prouve que le rapprochement Nord-Sud opéré ne verse pas dans l'assistanat, mais bien au contraire dans un échange enrichissant de part et d'autre.

Côté Nord, rien ne serait possible sans le dynamisme associatif.

La Commune de Clapiers est ainsi devenue chef de file du projet de développement du Moringa Oleifera (« arbre du Paradis ») au Burkina-Faso et au Bénin.

Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers, est l'élu référent.

Ce projet a été initié par les associations :

- Microfel (agriculteurs du Gard unis pour le développement de projets fruits et légumes dans le tiers-monde),

- Res Publica (actions de développement au Burkina-Faso),

- Silva (promotion de l'agro-foresterie dans le Monde),

- Agronomes, Vétérinaires Sans Frontières (appui aux communautés paysannes pour prévenir les crises alimentaires).

Le Moringa Oleifera possède de nombreuses vertus et trouve de multiples utilisations en cosmétique, en purification de l'eau, en médecine traditionnelle, en nutrition animale ou humaine.

Cet arbuste fournit un complément alimentaire pour les enfants dénutris et les adultes en état de faiblesse.

Il est riche en protéines essentielles, en fer, en calcium, en vitamines A et C, en bêta carotène, moins coûteux à obtenir et plus complet que la spiruline.

A Prades le Lez, c'est l'association Eau pour la Vie qui est motrice, aux côtés du Maire Jean-Marc Lussert et de son dynamique adjoint Rachid Khenfouf.

Dès 2011, Eau pour la Vie, présidée par Olusegun Taïwo, est intervenue à Amouloko, village de la commune d'Akpro-Missérété, avec le calendrier suivant :

  • en août 2011, mise en oeuvre du projet Cap Jeunes « Il faut que ça mousse », porté par 3 collégiens de Prades le Lez, visant à une sensibilisation culturelle sur l'hygiène des enfants de l'école primaire d'Amouloko,

  • en novembre 2011, mission de 3 mois de Myriam Guéguen, stagiaire, sur un projet jardinage et culture du Moringa Oleifera, dans cette même école,

  • en avril 2012, électrification de l'école avec réhabilitation de la pompe d'un forage et création d'un château d'eau,

  • en août 2012, lancement du projet « Hérault et Bénin : connexions au fil de l'eau », avec mise en relation des enfants français et béninois sur le thème de l'eau.

En coopération décentralisée, la forte implication des bénévoles n'empêche pas le professionnalisme de l'action :

  • membres de la diaspora connaissant bien le pays et sa culture

  • anciens chercheurs en agronomie ou foresterie tropicales,

  • collaboration d'étudiants en stage ou de jeunes volontaires en Service civique (comme Fabien Roudil, cheville ouvrière de l'association Eau pour la Vie),

  • présence sur le terrain d'associations homologues comme Silva Bénin.

A l'avenir, les Communes de Clapiers et de Prades le Lez devraient unir plus encore leurs forces sur ce dossier de coopération décentralisée qui prend tout son sens dans le cadre cohérent de la Communauté d'Agglomération de Montpellier.

Au niveau régional, la création d'une plate-forme de coopération internationale, regroupant élus locaux, associations, diasporas et monde économique, est un objectif qui permettrait une fédération des bonnes volontés, une meilleure connaissance des acteurs, une collaboration, une complémentarité des acteurs et, finalement, une action encore plus pertinente en direction du Sud.

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 La délégation béninoise reçue en Mairie de Clapiers 

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Pompe rénovée à l'école d'Amouloko 

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Château d'eau créé à l'école d'Amouloko

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Olusegun Taïwo, Président d'Eau pour la vie, sur site

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La délégation béninoise

avec les élus de Prades et de Clapiers 

12/07/2010

25.000 livres pour le Bénin

Qu’est ce qui est le plus précieux pour l’Humanité ?

 

C’est bien entendu l’éducation.

 

Si ce n’est plus la priorité du Président Sarkozy ni du Gouvernement Fillon qui désinvestit dans un secteur qui commande pourtant la richesse (ou la pauvreté) de demain, c’est toujours en revanche la priorité de nombreuses collectivités territoriales.

 

C’est le cas pour la Municipalité de Clapiers qui consacre l’essentiel de son budget de fonctionnement à l’éducation.

 

Cette priorité facilite grandement la coopération décentralisée débutée avec la Commune d’Akpro-Missérété au Bénin qui mise elle aussi sur l’économie du savoir.

 

Le Bénin compte 9 millions d’habitants sur une superficie égale à un 5ème de celle de la France.

 

Le PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat, s’établit à environ 1.500 € au Bénin contre environ 36.000 € en France (soit un rapport de 1 à 24).

 

L’espérance de vie atteint 53 ans contre 46 ans en moyenne en Afrique, tandis que le taux d’analphabétisme s’élève à 60 % contre seulement 37 % en moyenne en Afrique.

 

Ce retard dans la scolarisation des enfants, la Commune d’Akpro-Missérété entend le combler à marche forcée, consciente des enjeux en terme de développement économique et social.

 

Akpro-Missérété compte 80.000 habitants, dont 25.000 enfants scolarisés (le pays est jeune et la démographie galopante).

Cette collectivité jouxte la Commune de Porto-Novo, capitale du pays, située en bord de mer plus au Sud.

 

Il existe, sur cette commune, plusieurs dizaines d’écoles maternelles et surtout primaires, ainsi que plusieurs « CEG » (collèges d’enseignement général), dont certains possèdent, ou ambitionnent de proposer, un second cycle (le niveau lycée).

 

Une délégation constituée de deux élus clapiérois (Nathalie Grondin et Michel Chastaing), d’un franco-béninois initiateur du rapprochement (Eric Gbaguidi) et d’un franco-burkinabé (Irénée Domboué) s’est rendue, fin avril 2010, dans la commune d’Akpro-Missérété rendant la visite effectuée par leurs homologues en avril 2009.

 

La délégation clapiéroise a pu visiter plusieurs établissements scolaires.

 

Un constat détaillé de la situation a pu être établi.

 

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Ecole maternelle et sa salle de classe unique en semi plein-air

 

 

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 Une classe primaire dans une salle en banco

 

 

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 Collège non doté d'un second cycle

 

 

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Elève lisant le discours de bienvenue et présentant les besoins de son école

 

 

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La délégation clapiéroise visitant, en avril 2010, un nouveau collège,

comptant 300 élèves (6ème et 5ème), en pleine forêt

 

 

Les établissements scolaires sont bien répartis sur le territoire d’Akpro-Missérété (75 écoles primaires et 11 maternelles pour le public contre respectivement 18 et 3 pour le privé / 21.429 élèves dans le public pour 3.572 dans le privé / 178 enseignants payés par l’Etat, 201 agents contractuels et 10 stagiaires).

 

Toutefois, ces établissements offrent une capacité d’accueil insuffisante.

 

La lutte pour la scolarisation des filles porte en revanche ses fruits.

 

La restauration scolaire, organisée par des cuisinières libérales, n’est pas présente partout.

 

Les frais de scolarité de l’ordre de 30 € par an sont pénalisants pour les familles, dont certaines dépendent sur ce point de la solidarité publique.

 

Les bâtiments peuvent être en charpente et feuilles de palmiers, en banco non crépi donc facilement érodé par les pluies, en béton armé brut dont les fers sont saillants dans l’attente d’une éventuelle extension à l’étage avec création subséquente d’une coursive en forme de balcon, groupes scolaires modernisés, moins chauds à fréquenter, peints, avec des claustra et un toit plus haut couvert de tôles rutilantes.

 

Bref, l’état du parc peut être qualifié de « à reconstruire » dans un quart des cas, « à requalifier » dans deux tiers des cas et « rustique mais satisfaisant » pour les quelques récentes constructions.

 

La Commune est compétente en matière d’enseignement primaire et fait de gros efforts financiers dans le domaine.

 

Cependant, les nouvelles constructions, ou reconstructions, sont en partie à la charge des parents, de bienfaiteurs Béninois ou d’ONG internationales.

 

L’Etat est en partie défaillant en ne fournissant pas le nombre d’enseignants nécessaire : de ce fait, la Commune se substitue en recrutant des enseignants vacataires.

 

L’Etat est responsable des collèges d’enseignement généraux (appelés CEG) mais peine à fournir les moyens suffisants.

 

Le CEG le plus ancien a 50 ans et le plus récent a ouvert ses portes à la dernière rentrée d’octobre 2009.

 

Les fournitures scolaires, comme le matériel didactique, peuvent être réduits à leur plus simple expression.

 

Des salles de classe sont livrées mais attendent du mobilier pour être opérationnelles.

 

Des rotations d’élèves sont nécessaires dans certains établissements, faute d’enseignants et de places assises suffisantes.

 

Les besoins en bibliothèques ont été signalés partout.

 

Certaines écoles sont électrifiées (mais la plupart ne sont pas éclairées ce qui limite l’amplitude de l’apprentissage) et quelques-unes bénéficient du téléphone ou d’une couverture Wi-Max permettant l’utilisation de la messagerie électronique (si bien entendu du matériel informatique est disponible).

 

Le CEG de l’arrondissement Centre est intéressé par des échanges Sud-Nord et possède une radio, outil pédagogique très valorisant.

Le champ potentiel de coopération entre élèves en France et au Bénin semble large.

 

Notamment, tout apport en matériel ou en infrastructure (construction de bâtiments ou de latrines, creusement de puits, électrification) serait utile.

 

Partout, une forte pénurie de livres s’est faite jour.

 

C’est pourquoi, la Commune de Clapiers s’est lancée dans une grande collecte de livres.

 

L’école Victor Hugo de Clapiers, les collèges François Mitterrand de Clapiers, Pierre Mendès-France de Jacou, de la Voie Domitienne au Crès, les lycées Frédéric Bazille-Agropolis de Montpellier et Georges Pompidou de Castelnau le Lez ont fourni des livres issus de leurs centres de documentation et d’information.

 

Les habitants de Clapiers, sollicités par les média municipaux, ont apporté en mairie plusieurs milliers de romans, livres pour enfants et pour adolescents.

 

La Région-Languedoc Roussillon a, quant à elle, donné près de 20.000 manuels scolaires, après avoir fait montre d’une réactivité organisationnelle extrême.

 

Une convention a été signée par la Région avec le Président de l’Association Amitié France Bénin, René Ahivi (Association « Amitié France Bénin » - BP 34 – 34660 Cournonterral).

 

Des bénévoles ont contribué aux transferts des livres dont Peter Kroger de Clapiers et Nino Métowanou, Président de l’Association montpelliéraine ABEM-ENANGNON.

 

Ces deux associations développent des actions culturelles, caritatives et humanitaires.

 

Tous les ouvrages collectés, au nombre d’environ 25.000, ont été chargés, avec l’aide des Services techniques de la Ville de Clapiers, dans 10 bus de ville réformés achetés, après accord de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, par la Commune d’Akpro-Missérété à TAM (Transport de l’Agglomération Montpelliéraine) pour organiser un service public de transport en commun local et international.

 

C’est à Akpro-Missérété qu’ont été inventés les taxis motos, appelés « zémidjans », (il y en à ce jour 3.200 recensés sur cette commune) : ces derniers se sont depuis étendus à toute l’Afrique.

 

L’augmentation des échanges de marchandises, du nombre de motos et du parc automobile appelle le développement du transport public pour éviter la thrombose de l’axe traversant Akpro-Missérété et menant, à partir du port de Cotonou, vers le Burkina-Faso le Niger et le Tchad, pays sans façade maritime.

 

Les bus et les livres collectés en France ont été acheminés vers le Bénin via le Port de Sète, après embarquement dans un bateau en mode ro-ro (les bateaux rouliers sont des navires dédiés au transport d’engins roulants ou tractables).

 

Comme dans l'émouvant et inoubliable film, "Si tous les gars du Monde" (1956) de Christian-Jaque, les bénévoles, les élus et les institutions se sont mobilisés très rapidement et, en moins d'une semaine, l'opération de transfert des livres a été finalisée.

 

Tous les donateurs ont la satisfaction de savoir que tous ces ouvrages bénéficieront, dès la rentrée scolaire d’octobre, aux enfants d’Akpro-Missérété et aux lycéens de 8 communes (Adjarra, Adjohoun, Aguégués, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Sakété).

 

Tous ces élèves ont une grande soif de savoir et ces livres leurs seront précieux.

 

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Trois bus de ville en cours de chargement en juillet 2010

 

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 Palettes de manuels scolaires donnés par la Région Languedoc-Roussillon

 

 

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 Chargement à l'arrière d'un bus de cartons pleins de livres

 

 

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Chargement de la partie centrale d'un bus

 

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Livres en piles bloqués par des palettes et des cartons

 

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La pause (et la pose pour la photo) après l'effort

 

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