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23/11/2009

La crise agricole frappe aussi durement le Montpelliérais

La Fédération du Parti Socialiste de l’Hérault a organisé à Capestang, le lundi 16 novembre 2009, un débat sur la viticulture et l’agriculture en général.

 

Claude Nayral, Secrétaire de la section de Capestang a accueilli les 200 participants, sur une commune traversée par l’emblématique Canal du Midi et restée fortement viticole.

 

Robert Navarro, Premier secrétaire fédéral de la Fédération de l’Hérault, a précisé le cadre de la soirée : alimenter le débat national pour parvenir d’ici juin 2010 à une profonde rénovation du Parti Socialiste.

 

Michel Chastaing, Secrétaire fédéral à l’agriculture et à la ruralité de la Fédération de l’Hérault, a présenté les apports majeurs du Parti socialiste au secteur agricole avec comme résultats remarquables :

-         une forte revalorisation des retraites des exploitations agricoles,

-         le vote de la loi d’orientation agricole de 2000,

-         la mise en place des contrats territoriaux d’exploitation, ensuite supprimés par le Gouvernement Raffarin, pour éviter un prélèvement sur les primes des grands céréaliers.

 

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La rénovation du Parti Socialiste passe aussi par une victoire aux élections régionales de mars 2010

 

 

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a une vision de la France strictement urbaine, contrairement à celle de Jacques Chirac, ancien ministre de l’agriculture, défenseur de la Corrèze, et au-delà, de l’agriculture de montagne.

 

Un symbole fort pour le Midi : c’est la première fois qu’un candidat ne buvant jamais de vin est élu Président de la République française.

 

Au-delà de ce constat sur un désamour croissant entre gouvernement actuel et paysans, Michel Chastaing a souligné l’intensité de la crise agricole, conséquence directe de la crise financière.


Après octroi de 200 M€ d’aides publiques, notamment européennes, en 2007 et 2008, le revenu net d’exploitation agricole (dit RNEA) en Languedoc-Roussillon est passé de 300 M€ en 2007 à 150 M€ en 2008 !

 

La baisse du revenu agricole a été de 60 % entre 2007 et 2008 en Languedoc-Roussillon !

 

Sans les primes, les agriculteurs de notre région auraient dû débourser 50 M€ de leur poche tout en devant vivre 12 mois sans aucun revenu : on comprend que la révolte gronde !

 

90 % des agriculteurs du Midi sont dans l’incapacité de payer le solde annuel de leurs cotisations sociales qui intervient en novembre 2009.

 

Qu’en est-il de l’agriculture autour de Montpellier ?

 

A l’évidence, le mouvement de disparition des exploitations s’y observe comme dans le reste du département et de la région.

 

L’urbanisation consomme de l’espace tout en générant des rentrées financières non négligeables pour les propriétaires terriens, dont certains sont agriculteurs.

 

La mise en place de Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la Communauté d’agglomération de Montpellier a le double intérêt :

-         de réserver des secteurs à l’agriculture,

-         d’envoyer un signal fort aux propriétaires sur le risque qu’ils prennent pariant sur une urbanisation future de terres, pour l’instant en zone naturelle.

 

Il est tout de même évident que certains propriétaires anticipent une plus-value sur leur foncier d’où le refus de location aux paysans et l’apparition de nombreuses friches qui viennent miter un paysage dont la qualité est souvent liée à la présence de cultures.

 

Globalement, l’agriculture autour de Montpellier est plutôt moins en difficulté.

 

Les explications sont les suivantes :

-         il s’agit d’une agriculture plus diversifiée avec du maraîchage, des fruits (objet de crises cycliques), des grandes cultures irriguées,

-         la proximité de consommateurs avisés et à fort pouvoir d’achat offre des opportunités de vente en circuit court, avec des prix plus équitables pour les paysans,

-         de grands propriétaires fonciers, fraîchement installés, tiennent leur fortune d’une autre activité économique et ne recherchent pas forcément la rentabilité de leur exploitation, ayant en fait une approche patrimoniale,

-         l’agriculture familiale, la plus exposée à la crise, est moins nombreuse que dans le reste du département et de la région et, point positif, bien organisée en coopératives.

 

Toutefois, l’agriculture entre Sète et Montpellier d’une part, Montpellier et Nîmes d’autre part, régresse en surface et encore plus en nombre d’agriculteurs.

 

L’agriculture autour de Montpellier est donc menacée d’une disparition lente : elle doit donc faire l’objet d’une grande attention à la fois des consommateurs, des citoyens et des pouvoirs publics.

 

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Beaucoup de militants socialistes mais aussi beaucoup de viticulteurs et d'agriculteurs présents

 

Lors de la soirée de Capestang, Thierry Garriguenc, Président de la Cave coopérative de Roquebrun, a notamment parlé de la très faible récolte régionale en 2009 (12 Mhl), du négoce affaibli, de la demande européenne qui baisse, de la nécessité de réorganiser l’outil de production, de réguler les marchés via l’Union européenne et de gérer l’après monoculture de la vigne en maintenant une activité agricole.

 

Serge Azaïs, le second intervenant professionnel, ancien porte-parole de la Confédération paysanne de l’Hérault, a regretté le quasi tarissement de l’installation des jeunes, l’absence d’une interprofession viticole unique sur la région et le retard pris en matière de production Bio.

 

Georges Frêche, Président de la Région Languedoc-Roussillon, venu écouter les échanges, a décrit les grands domaines d’intervention de la Région Languedoc-Roussillon : notamment les actions pour exporter (Sud de France), pour favoriser la diversification (projet Aqua Domitia d’amenée de l’eau du Rhône jusque dans les Pyrénées-Orientales pour permettre la diversification des cultures) et pour développer la consommation du Bio dans les restaurants scolaires des lycées.

 

Le Montpelliérais est aussi touché par la crise, la plus grave depuis 1907 et l’historique « Révolte des Vignerons » qui avait engendré un engagement solennel des maires à soutenir la viticulture : le « Serment d’Assas », intervenu en réalité au Pavillon populaire à Montpellier, sur l’Esplanade.

 

Les aides de la Région Languedoc-Roussillon seront fort utiles aux nombreux viticulteurs, arboriculteurs, céréaliculteurs, maraîchers qui veulent continuer à vivre de leur travail autour de Montpellier.

06/11/2009

Pourquoi la crise sera moins supportable en 2010 qu'en 2009 ?

La confiance a été ébranlée par la soudaine crise financière venue des Etats-Unis qui s’est propagée comme une traînée de poudre dans le Monde entier.

 

Aujourd’hui, certains gouvernants veulent accélérer la reprise en décelant, ici et là, des signes encourageants. : ils jouent bien leur rôle dynamisant, en positivant la situation.

 

Qu’en est-il réellement ?

 

Autant la crise financière est en grande partie derrière nous, les banques renouant avec les bénéfices et leurs pratiques antérieures, autant l’économie réelle commence ou continue de souffrir.

 

Pour la plupart des chefs d’entreprise de notre pays et pour la plupart des Français, 2010 sera moins supportable que 2009.

 

Pour quelles raisons ?

 

Tout d’abord, parce qu’une décroissance de 2,5 % en 2009, au lieu d’une croissance attendue de 1,5 %, c’est 4 % de richesse nationale en moins dès le début du mois de janvier 2010.

 

Soit un vingt cinquième de richesse en moins à distribuer.

 

Or, la crise met les possédants et les gens aisés à cran : aujourd’hui, moins qu’hier, ils sont prêts à partager.

 

Ce sont donc les autres, dont les 15 % de Français sous le seuil de pauvreté, aux minima sociaux, ou durablement sans emploi, sans marge de manœuvre, qui en pâtiront.

 

Prenons trois exemples corroborant l’idée que 2010 sera pire que 2010.

 

Tout d’abord, le chômage.

 

Un chef d’entreprise, lorsqu’un retournement de situation économique se produit, ne licencie pas tout de suite. Il attend de voir si un rebond dans son secteur d’activité n’intervient pas. Ce n’est qu’ensuite, après avoir utilisé tout un arsenal social (suppression des heures supplémentaires, non remplacement des départs à la retraite, chômage technique, solde de vacances, changement de poste, mise en stage, etc.) que le chef d’entreprise se sépare de collaborateurs qu’il a souvent fallu former et fidéliser.

 

Cet effet retard existe au moment de recruter en cas de reprise économique : ce n’est donc pas être devin de prédire une année 2010 très difficile en terme d’emplois, d’autant que les départs à la retraite massifs non compensés par les arrivées de jeunes (delta d’environ 50.000 travailleurs chaque année) sont la seule raison, sous les gouvernements Raffarin puis Villepin, de la non aggravation du chômage en France.

 

Second sujet extrêmement démonstratif : la crise vient de toucher toutes les branches de notre agriculture, jadis conquérante.

 

Par quels mécanismes ?

 

Le commerce mondial de produits agricoles (soit 40 % en valeur de la production agricole mondiale) se contracte.

 

Certains pays, comme la Chine ou les pays émergents, réduisent leurs importations, certains de leurs habitants ayant connu des baisses de pouvoir d’achat.

 

Parallèlement, les organismes financiers qui garantissaient aux agents économiques des pays exportateurs (principalement des pays riches comme les Etats-Unis et la France) qu’ils seraient payés après leur livraison de céréales, de viandes, de sucre, de produits laitiers, d’aliments pour le bétail, etc., doutent de la solvabilité des pays importateurs et n’offrent plus de couverture de risque.

 

De ce fait, tous les produits agricoles habituellement échangés se concentrent sur les pays riches, dont les pays européens, avec des prix plus faibles, attractifs pour les consommateurs, mais aussi faisant corrélativement du dumping par rapport à l’offre de nos producteurs.

 

Quand le Gouvernement Fillon annonce 650 millions d’euros de soutien financier aux agriculteurs français (sans compter le coût de 1 milliard d'euros de prêts à taux bonifié par l'Etat), c’est aussi 650 millions d’€ à débourser par les contribuables ou via un emprunt (la dette publique étant l’impôt de demain et d’après demain).

 

Notre agriculture subit ainsi la plus lourde menace jamais connue : sans retour de la compétitivité sur la scène internationale, la plupart des exploitations françaises sont potentiellement menacées de disparition.

 

Comme pour la sidérurgie, il vient un moment où les pouvoirs publics ont l’impression de remplir le « Tonneau des Danaïdes ».

 

Dernier exemple faisant craindre pour 2010 un « annus horribilis » : l’immobilier.

 

En 2009, les promoteurs se sont contentés de vendre leur stock de logements : ils ont eu une forte activité commerciale mais peu d’activité de production.

 

Considérant qu’ils n’avaient pas de visibilité sur les mois devant eux, ou encore par manque de confiance de leur part, et surtout de la part des banques, la plupart des constructeurs n’ont plus préparé le lancement de nouveaux programmes (déjà pour 2009, le nombre de logements mis en chantier va passer sous la barre des 300.000 contre 435.000 en 2007, 368.000 en 2008 et un objectif gouvernemental pourtant fixé à 500.000 pour 2009).

 

Ainsi, compte tenu des délais techniques (conception des immeubles, préparation du plan de financement, souscription préalable des futurs acquéreurs, obtention du permis de construire), les chantiers connaîtront un creux de la vague courant 2010.

 

Les entreprises du bâtiment, quant à elles, vont donc continuer à casser les prix pour essayer de survivre ce qui engage le secteur dans une inquiétante spirale déflationniste.

 

La reprise économique sera donc lente.

 

L’année 2010 risque fort d’offrir le paradoxe de banquiers prospères à côté d’entrepreneurs, de collectivités locales et de particuliers, désorientés, chancelants, exposés au pic de la crise.