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29/11/2012

Halte aux pesticides en ville !

La Commune de Clapiers a arrêté d’utiliser des pesticides depuis maintenant 5 ans.

Avec le recul, ce choix, dont j’ai été le précurseur en tant que Maire-adjoint délégué aux Travaux et aux Services Techniques, était d’une grande pertinence.

Plus de risque de voir les agents communaux, affectés aux Espaces verts, risquer des allergies ou contracter des intoxications, voire développer des maladies professionnelles à long terme (avec un risque d’incrimination de l’employeur, en l’occurrence la Mairie).

Plus de dissémination de produits chimiques dans l’environnement immédiat des habitants.

Une économie financière indéniable :

-         plus d’achats de désherbants, d’insecticides, de fongicides, etc.,

-         affectation des agents techniques libérés de l’épandage des produits phytosanitaires à des tâches d’embellissement du cadre de vie : élagages, plantations, tailles, binages, etc.

Avec le « Zéro pesticide », une collectivité territoriale sort d’habitudes dépassées et non raisonnées, héritées du passé.

Les « mauvaises herbes » sont maîtrisées, sans difficulté insurmontable, grâce au broyage ou à la tonte, à l’arrachage manuel, à la pause de géotextile, à l’utilisation de paillage et par appel à des techniques plus pointues et plus innovantes comme le désherbage thermique.

Les arbres, arbustes et plantes supportent sans encombre le développement des parasites annuels, tel le puceron qui après des pullulations éventuelles au printemps subit ensuite la loi de ses prédateurs naturels dès le début de l’été.

Un sujet faible, attaqué par des champignons ou une quelconque maladie, s’il disparaît, est remplacé par une essence ou une variété plus rustique, plus robuste et plus adaptée au climat ou au sol.

Pour une collectivité territoriale, mieux vaut s’adapter à la « Nature en ville » que de créer un contexte floral ou végétal artificiel, fragile et finalement non durable.

La plupart des attaques sur les végétaux ne les mettent pas en danger : ils sont seulement moins beaux et moins vigoureux pendant quelques semaines.

L’exemple le plus critique est celui du transport et de la contamination par le vent du Nord en chenilles du Bombyx disparate qui parviennent à défolier un grand nombre d’essences feuillues, avec cependant une repousse des feuilles spontanées dès l’envahisseur disparu.

Les pesticides n’amènent par ailleurs aucune solution réglementaire lorsque l’attaque du matériel végétal est majeure (chancre coloré du platane, Paysandisia Archon papillon du palmier, graphiose de l’orme) et oblige à la suppression des sujets contaminés.

Bref, l’application de pesticides par les Services techniques d’une ville ou d’un village n’a aucune raison d’être, à moins qu’un produit biologique soit disponible : exemple des applications préventives par hélicoptère sur les pinèdes au mois d’avril de la bactérie Bacillus Thuringiensis afin d’éviter la prolifération de la chenille processionnaire, très urticante pour l’homme et constituant un véritable risque sanitaire.

La Nature non perturbée par l’utilisation de produits phytosanitaires fait jouer à plein ses mécanismes régulateurs : retour des oiseaux, des hérissons, des lézards, des geckos, etc., intervention des larves de coccinelle, des guêpes, etc.

De nombreux insectes sont entomophages et exercent leur fonction prédatrice, en l’occurrence carnivore, sur les punaises, mouches, chenilles, etc.

Alors, à quand le « Zéro pesticide » dans toutes les collectivités territoriales ?

Comme à Clapiers ?

Certains élus demeurent conservateurs, c’est le moins qu’on puisse dire !

Un comble actuellement : le développement d’actions pour inciter les élus à réduire l’application de pesticides !

Alors qu’ils suffiraient à ces derniers de dire : « Stop, plus d’application de produits phyto !».

Ce manque de courage politique a un coût pour le contribuable.

Il faut en effet dépenser de l’argent public en études diagnostic, en intervention d’écologues, en animation de projet, en mobilisation du temps des élus, en formation des agents territoriaux.

Le Syndicat Mixte du Bassin de l’Or (Symbo), constatant la pollution diffuse des nappes, sources, ruisseaux et étangs littoraux, met par exemple en place actuellement un Plan d’amélioration des pratiques phytosanitaires et horticoles (PAPPH).

Ce dernier s’adresse aux Collectivités territoriales, sachant que 10 % des pesticides (la France est le plus consommateur d’Europe avec 1,2 kg de matières actives par an et par habitant) sont utilisés en zones non agricoles et que 35 % de ces derniers rejoignent par lessivage (effet des orages méditerranéens notamment) les ressources en eau et les milieux aquatiques.

Beaucoup d’énergie alors que le problème ne devrait plus exister.

Si l’objectif fixé aux agriculteurs français est seulement de réduire de 50 % leur consommation de produits phytosanitaires (Plan Ecophyto 2018 consécutif au Grenelle de l’environnement) et non pas de les éradiquer, c’est parce que cet effort revient à un basculement de toute notre agriculture vers une agriculture dite intégrée, avec à la clef une baisse de production de 6 % et un renchérissement des produits agricoles.

A l’évidence, les communes, les départements, les intercommunalités n’ont pas, elles, ces contraintes de production et de compétitivité.

Alors, que faut-il pour faire pour pousser les élus locaux à abandonner immédiatement et totalement l’utilisation publique des pesticides :

-         appeler à leur bon sens ?

-         majorer fortement les taxes ?

-         éditer une liste de ceux qui ne s’en passent pas ?

-         exiger leur non application dans les futurs programmes municipaux ?

Pourquoi les élus ne suivent-ils pas les expériences réussies de leurs concitoyens agriculteurs convertis au Bio, toujours plus nombreux ?

Les deniers publics pourraient être alors réservés à la sensibilisation du grand public qui, par ignorance, épand encore des pesticides dans les jardins d’ornement et d’agrément, sans bien maîtriser ni les doses, ni connaître les risques liés à leur application.

Une opération réussie comme JardiBio, mise en place autour de Montpellier, verrait alors ses possibilités de sensibilisation des jardiniers amateurs augmentée.

Si un pesticide peut porter atteinte à la qualité de l'eau, de l'air et du sol, quel que soit son applicateur, autant que les élus de la République soient exemplaires, bannissent leur utilisation publique et montrent la voie à la population.

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 Crédit photographique : Michel Chastaing