Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16/05/2014

Quels moyens pour l’école primaire dans l’Hérault à la rentrée scolaire 2014/2015 ?

Les moyens en personnel enseignant alloués à l’éducation des jeunes enfants dans l’Hérault sont maintenant connus.

 

L’Administration de l’Education Nationale a réuni tardivement cette année (pour tenir vraisemblablement compte de la tenue des élections municipales) le Comité Technique Spécial Départemental où les ouvertures et fermetures de classes sont annoncées.

 

Les élus siégeant dans cette instance connaissaient les propositions de l’Administration de longue date (avant les Municipales) mais n’en ont pas toujours tenus informés les acteurs du système éducatif local.

 

Pour la rentrée 2014/2015, il est prévu 74 créations nettes de postes dans l’Hérault : 56 pour répondre à la progression démographique et 18 pour des mesures spécifiques (décharges de service pour direction, scolarisation des moins de 3 ans dans des quartiers ciblés en zone urbaine, prise en charge de la scolarisation d’élèves handicapés).

 

Pour les sites nommément ciblés :

- 27 ouvertures de classes en maternelle : dont écoles de Baillargues, Castelnau le Lez (2), Grabels, Mauguio, Montarnaud, Palavas les Flots, Saint-Gély du Fesc et Vendargues autour de Montpellier, plus 9 postes concernés à Montpellier

- 43 ouvertures de classes élémentaires : dont écoles de Baillargues, Castelnau le Lez, Jacou, Juvignac (2), Montarnaud, Murviel les Montpellier, Saint-Aunès, Saint-Georges d’Orques et Vendargues autour de Montpellier, plus 13 classes écoles concernées à Montpellier

- 9 fermetures de classes en maternelle : dont écoles de Clapiers, Fabrègues et Teyran autour de Montpellier

- 18 fermetures de classes élémentaires : dont écoles de Castelnau le Lez, Lattes, Saint-Géniès des Mourgues et Saussan autour de Montpellier, plus une école du Nord de la Ville de Montpellier

 

Dans l’Hérault, 522 enfants de plus sont prévus en maternelle (18 postes supplémentaires) et 1.288 en élémentaire (25 postes supplémentaires).

 

Globalement, la moyenne du nombre d’élèves par classe augmentera légèrement en septembre 2014, en passant de 24,28 à 24,45 par classe.

 

Il s’agit pour l’instant de prévisions : certaines ouvertures sont qualifiées de « provisoire » et des fermetures peuvent être abandonnées à la rentrée si les effectifs sont plus importants que prévus.

 

En outre, l’Administration se garde en général quelques postes pour solutionner à chaud les situations les plus tendues de la rentrée.

 

Toutefois, les décisions prises - d’habitude au milieu du premier trimestre et cette année en début du second - sont très souvent suivies d’effet.

 

Sur le plan quantitatif, pour l’année scolaire 2013/2014, environ 107.000 enfants fréquentaient les écoles primaires de l’Hérault.

 

Ils étaient répartis dans environ 4.400 classes.

 

Au niveau politique, la priorité du Gouvernement donnée au primaire a du mal à se concrétiser dans les départements en croissance démographique.

 

En effet, le Ministère de l’Education Nationale peine à fermer des classes là où les enfants se font plus rares et peine donc à redéployer ses moyens.

 

Concernant la commune de Clapiers, son école maternelle, dénommée « Olympe de Gouges », est menacée d’une fermeture de classe à la rentrée scolaire 2014/2015.

 

Les effectifs prévisionnels de l’école ont été arrêtés à 171 contre 175 actuellement.

 

L’Ecole élémentaire Victor Hugo de Clapiers conserve heureusement ses 13 classes.

 

La mesure de fermeture de classe projetée à Clapiers est une atteinte à la qualité de l’enseignement, comme souvent lorsqu’une telle mesure est envisagée.

 

En effet, le nombre moyen d’élèves par classe augmenterait de 24,6 à 28,5 !

 

Si la population de Clapiers est en phase de maintien, c’est l’important manque de couples de 25 à 40 ans qui explique cette décroissance structurelle du nombre d’enfants en bas-âge.

 

La faiblesse du parc locatif (notamment social), atteignant seulement un quart des résidences principales, ne permet pas d’apporter en continu des jeunes ménages dans le village.

 

Les jeunes natifs de Clapiers sont quant à eux chassés par la cherté des loyers, voire par celle des achats immobiliers.

 

C’est toute la politique urbanistique de certaines communes pavillonnaires qui est à repenser avant de pouvoir espérer une inflexion dans le sens du rééquilibrage de la pyramide des âges, aujourd’hui de plus en plus dominée, dans les communes appartenant à la première couronne de Montpellier, par les personnes du troisième âge.

 

Les deux cartes suivantes donnent la localisation des ouvertures (en couleur bleue) et des fermetures (en couleur rouge) respectivement en maternelle et en élémentaire.

 

Les cercles en noir représentent la localisation des collèges héraultais.

 

Maternelle :

-         ouvertures essentiellement sur Béziers, le pourtour de l’Etang de Thau, Montpellier Sud et Nord-Ouest

-         fermetures essentiellement sur le Piscénois en Centre-Hérault et sur Clapiers-Teyran au Nord-Est de Montpellier

 

Elémentaire :

-         ouvertures essentiellement en deuxième couronne de Béziers, en troisième couronne de Montpellier, le long de la RN 113 et sur la Ville même de Montpellier

-         fermetures essentiellement à l’Ouest de Béziers, sur le Bédaricien, autour de l’Etang de Thau et à l’Est de Montpellier

 

Les ajustements concernent presque exclusivement les zones urbaines, périurbaines et côtières.

 

Olonzac, Roquebrun, Notre-Dame de Londres, Vacquières et même Ceilhes et Rocozels ! démontrent toutefois que la démographie peut aussi connaître des embellies en milieu rural.

carte scolaire, ouverture classe, fermeture classe, CTSD, qualité enseignement, postes enseignants, Hérault, Clapiers, Castelnau le Lez, Jacou

Maternelle : ouvertures en bleue et fermetures en rouge

 

 

carte scolaire, ouverture classe, fermeture classe, CTSD, qualité enseignement, postes enseignants, Hérault, Clapiers, Castelnau le Lez, Jacou

Elémentaire : ouvertures en bleue et fermetures en rouge

01/03/2010

Ne fermez pas la porte des écoles !

La croissance démographique de l’Hérault ne se dément pas : au moins 11.000 habitants de plus tous les ans.

 

Et pourtant, l’Inspection d’Académie de ce département souhaite fermer 23 classes élémentaires et 14 classes maternelles à la rentrée 2010-2011.

 

C’est le résultat des délibérations du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), réuni début février 2010.

 

Des ajustements seront opérés, comme tous les ans, lors de la rentrée scolaire, après comptage du nombre réel d’élèves.

 

Toutefois, l’Inspection d’académie fixe librement, en fonction de ses moyens en personnel qui baissent, des nombres d’élèves planchers au dessous desquels sont prononcés les fermetures et des nombres d’élèves plafonds au dessus desquels sont prononcés des ouvertures de classes.

 

Ces dernières années, les plafonds ont tendance à augmenter et les planchers à baisser.

 

De la sorte, avec par exemple 15 élèves de moins une année, une école sanctionnée par une fermeture de classe ne bénéficiera pas d’une ouverture l’année d’après, malgré une hausse d’effectif de 15 élèves.

 

Des communes comme Le Crès, où d’importants programmes de logements sont en cours de livraison, souhaiteraient des ouvertures de classes.

 

En réaction à cette insatisfaction, les parents d’élèves de cette commune ont occupé, de jour comme de nuit, le groupe scolaire fréquenté par leurs enfants.

 

L’Etat veut supprimer, en 2010, 34.000 fonctionnaires dont 16.000 à l’Education nationale.

 

Dans l’Hérault, les suppressions de classes à l’école primaire touchent surtout le pourtour de l’étang de Thau, les alentours de Béziers, le Nord et l’Est de Montpellier.

 

La carte ci-dessous donne une idée de leur localisation.

 

FermeturesClasses2010.gif

Grand Béziers, Etang de Thau, Nord Montpellier et Est Montpellier surtout impactés

par les fermetures de classes élémentaires et maternelles à la rentrée 2010-2011

 

La conséquence de cette baisse de l’encadrement des élèves, c’est une forte hausse des effectifs dans beaucoup d’écoles, avec une dégradation corrélative de la qualité de l’enseignement, les professeurs ne pouvant consacrer que moins de temps au suivi individuel des élèves.

 

Le pire est que le Président Sarkozy prévoit, dans ses prévisions de fin de mandat, de nouvelles suppressions de postes de professeurs à l’Education nationale.

 

En réduisant ses investissements dans l’enseignement public de base, le Gouvernement Fillon obère la capacité future de la France à soutenir la compétition internationale avec d’autres pays riches et même certains pays émergents.

 

La célèbre citation de Victor Hugo est à méditer : « Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison ».

 

Les Français ont longtemps crû en l’école républicaine pour élever le niveau de la Nation, alimenter l’ascenseur social, fournir aux entreprises de la main d’œuvre qualifiée et former des citoyens responsables : faut-il vraiment renoncer à ces acquis, à ce rêve civilisateur ?