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19/02/2012

Le changement climatique dans l’Hérault

Le mois de février 2012 offre un profil très hivernal avec des températures fortement négatives.

Cet épisode extrême ne doit pas faire oublier un automne et un début d’hiver très chauds dans la lignée de ce que le réchauffement climatique nous promet.

La conclusion du GIEC (Groupe intergouvernemental sur le changement climatique) regroupant la communauté scientifique, énoncée en 2003, est toujours d’actualité : « Le réchauffement climatique est sans équivoque ».

Ce phénomène est « vraisemblablement dû à l’augmentation des gaz à effet de serre anthropiques ».

Il est vrai que les scientifiques constatent, depuis 400.000 ans au moins, sur Terre, une corrélation très nette entre taux de gaz carbonique (CO2) et de méthane (CH4) dans l’atmosphère, principaux GES (gaz à effet de serre), et température du globe.

Or, la même relation de cause à effet est constatée depuis l’avènement de l’ère industrielle : les émissions passées de GES, stockés dans l’atmosphère, correspondent à un réchauffement global de la planète de 0,2 °C par décennie.

Les taux de CO2 en volume dans l’air sont passés d’environ 200 / 300 à 360 millionièmes, entre les derniers millénaires et maintenant.

Les taux de CH4, directement aujourd’hui liés aux activités agricoles, sont passés, quant à eux, de 300 / 900 à 1.700 milliardièmes.

Si l’augmentation du taux de CO2 paraît non alarmante en valeur absolue, ce qui ne lasse pas d’inquiéter, c’est l’emballement des émissions récentes : + 80 % de 1970 à 2004 (et multiplication par 3 pour le méthane sur la même période).

Ainsi, pour que la quantité de CO2 s’arrête d’augmenter dans l’atmosphère, il faut diviser par 2 les émissions quantifiées en 1990 d’ici 2050, sachant que c’est d’autant plus compliqué que nous avons connu une croissance de 40 % entre 1990 et 2004.

Une petite anecdote - fortement symbolique au demeurant - est parlante : depuis peu, les voitures émettent plus de CO2 que les êtres humains sur Terre !

Un objectif d’émission moyen à 1,6 tonne de CO2 par habitant et par an dans le Monde est souhaitable d’après le GIEC.

Or, si les pays industrialisés représentent 20 % de la population (et 60 % de la richesse), ils émettent 50 % des gaz à effet de serre.

L’octroi d’un droit à émettre du CO2, égal pour chaque Terrien, oblige les Américains et les Canadiens à diviser par 2 leurs émissions, les Allemands par 6, les Espagnols et les Italiens par 5 et les Français par 4 seulement (compte tenu de l’importance de l’électricité nucléaire peu émettrice de GES).

Il s’agit pour les Français du fameux « Facteur 4 », applicable d’ici 2050.

Par secteurs d’activités, les croissances d’émission ont représenté au niveau mondial, entre 1970 et 2004 : + 120 % pour le transport (le point dur), + 65 % pour l’industrie, + 40 % dans l’agriculture (de plus en plus intensive) et + 26 % dans le bâtiment.

Ce réchauffement climatique entraîne des bouleversements qui seront plus sensibles dans notre région.

Tout d’abord, les mers et océans qui ont absorbé 80 % de la chaleur supplémentaire connaissent une dilatation de leurs eaux ce qui génère une élévation du niveau de la mer de 1,8 mm par an de 1961 à 2003.

Nos côtes seront en première ligne et d’autant plus vulnérables qu’elles sont plates et dotées de lagunes d’une grande richesse mais aussi d’une grande fragilité.

Question pluviométrie, l’augmentation au Nord des Amériques, de l’Asie et de l’Europe aura pour corollaire une diminution sur le Sahel et la Méditerranée.

Notre région va connaître une extension des surfaces touchées par la sècheresse estivale.

Les précipitations moins importantes en volume annuel n’en seront que plus concentrées et plus extrêmes, avec des risques d’érosion des terres et d’inondation accrues.

Les pluies orageuses fileront plus volontiers à la mer qu’elles ne s’infiltreront pour réalimenter les aquifères.

Pour l’instant, l’Association Climatologique de l’Hérault (ACH) pointe une stabilité des précipitations sur notre département, de 1950 à 2006.

Toutefois, les printemps et les étés sont et seront plus secs tandis que l’automne est et sera plus humide mais avec des pluies diluviennes peu efficaces pour alimenter les ressources en eau ou recharger les réserves d’eau des sols.

De plus, l’ETP (évapotranspiration), c’est-à-dire le besoin en eau d’une culture, a crû fortement dans l’Hérault, en passant de 1.150 à 1.350 mm de pluviométrie (1.000 mm de pluviométrie équivalant à 1 m3 d’eau par m² de sol).

Sachant que l’eau reçue du ciel a varié entre 400 et 1.200 mm par an (avec une moyenne proche de 700 mm autour de Montpellier), résultat de la forte variabilité du climat méditerranéen, le déficit hydrique devient de plus en plus marqué !

Il n’est pas étonnant que l’agriculture se réfugie dans les périmètres irriguées, que des rendements s’effondrent certaines années (en blé dur par exemple), qu’on parle d’irriguer la vigne ou encore que la Région Languedoc-Roussillon développe son projet d’avenir « Aqua Domitia ».

Cet impact climatique oblige à une réflexion sur la disponibilité de la ressource en eau (aménagements de stockage comme les retenues collinaires, substitution d’eau brute à la consommation d’eau potable, irrigation par goutte à goutte, etc.).

Le GIEC affirme aussi qu’au-delà de + 2,5 °C d’élévation de température moyenne annuelle, les écosystèmes subiront une sérieuse évolution.

Au-delà d’un réchauffement de 3 °C, ce sont les rendements agricoles qui seront affectés.

La disponibilité en eau sera plus faible, les risques pour la santé accrus (canicule, qualité de l’air, allergies, maladies parasitaires, etc.) ainsi que les risques de feux de forêts.

Les températures devant augmenter autour de la Méditerranée, bien plus qu’ailleurs, les dangers évoqués vont croître autour de Montpellier.

L’Association Climatologique de l’Hérault a d’ores et déjà constaté, de 1950 à 2006, une augmentation régulière d’au total 1,0 °C (contre 0,7 °C seulement au niveau mondial sur la même période), la température annuelle moyenne passant de 14,0 à 15,0 °C.

Ce réchauffement concerne essentiellement le printemps (+ 2,0 °C) et l’été (+1,6 °C).

Il impacte donc le cycle végétatif des cultures.

Le réchauffement est moindre, mais constaté, en hiver (+ 0,3 °C) et en automne (+ 1,0 °C).

Globalement, les logements mal conçus en terme de confort d’été coûteront chers en climatisation mais la dépense d’une saison de chauffe sera en revanche réduite.

Cette baisse des besoins de chauffage atteint déjà presque 10 % (sachant qu’à la station météo de Montpellier-Fréjorgues, les « DJU annuels base 18 ° » sont égaux à 1590 °C - avec DJU = Somme sur la saison de chauffe de la différence journalière entre 18 °C et la température moyenne de la journée, soit la somme des températures minimum et maximum divisée par deux – en se rapprochant à moitié de l’écart qui nous séparait des 1.400 °C actuels de la Corse).

En outre, les températures excédant largement les normales saisonnières connaissent et connaîtront, une forte croissance en climat méditerranéen, notamment autour de Montpellier.

Sur les mois de juin à août, le nombre de jours connaissant des températures extrêmement chaudes est déjà passé, entre 1950 et 2006, d’une poignée à une vingtaine !

Bref, le spectacle des impacts de l’influence de l’homme sur le climat ne passera pas inaperçu dans notre région et provoquera de grands bouleversements.

Parce que nous sommes en première ligne, en Languedoc-Roussillon et dans l’Hérault, des changements climatiques, plus accentués qu’ailleurs, nous devrons donc être aussi ceux qui montrent l’exemple en faisant preuve de sobriété énergétique, en inventant des machines plus efficaces, en développant les énergies renouvelables.

Parce que nous savons qu'après cet hiver et ses températures si froides ces jours-ci, viendra un printemps plus chaud qu'avant.

04/08/2009

Bois-énergie : un chantier post-incendie à Clapiers

Les communes de Montferrier et de Clapiers ont subi un incendie au mois d’août 2008 qui a détruit 18 hectares de forêt.

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La forêt dévastée par l’incendie


Un an après le sinistre, la Commune de Clapiers a décidé de faire transformer le bois sur pied, en partie calciné, en plaquettes forestières. En effet, la valorisation post incendie pour la pâte à papier est impossible.

En outre, les arbres morts représentent un danger pour les promeneurs.

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La déchiqueteuse automotrice broie une grume impressionnante


Le chantier a été mené par une entreprise spécialisée. Il a nécessité le travail coordonné :
- d’une déchiqueteuse à bois automotrice de grande puissance (investissement en neuf tout de même de l’ordre de 800.000 €),
- d’une semie remorque pour le transport vers le lieu de séchage des plaquettes forestières,

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Le débardeur traîne les arbres coupés mais non élagués


- d’un débardeur, gros tracteur forestier articulé, pour extraire les grumes et les traîner jusqu’à la déchiqueteuse,
- d’un broyeur à végétation basse pour laisser une chance à la régénération naturelle des essences forestières.

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La broyeuse fait place nette


Les plaquettes forestières ont une utilité énergétique dans les chaufferies-bois collectives et individuelles .

1 m3 de bois = 0,6 tonne de matière sèche
= 0,25 tonne équivalent pétrole économisé = 0,6 tonne de CO2 non émis

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Les élus de Clapiers, les agents de l’ONF et l’entrepreneur


Si le bois feuillu trouve un débouché naturel en bois-bûche (Chêne-vert, Arbousier notamment), le bois résineux, du fait de son pouvoir calorifique plus important (présence de résines) est particulièrement intéressant sous forme de plaquettes forestières.

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La trémie de la déchiqueteuse remplie de plaquettes forestières


Le chantier organisé à Clapiers est un des premiers dans le Sud de la France : c’est une initiative d’avenir à l’heure où l’on doit s’affranchir du pétrole.

Qui plus est, la plaquette forestière est le combustible le meilleur marché. Il revient de l’ordre de 3 cts d’€ le kilowatt-heure, contre environ 5 cts d’€ par kWh pour le gaz naturel, 6 cts d’€ par kWh pour le fioul domestique et 11 cts d’€ par kWh pour l’électricité.

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La plaquette forestière


De grandes quantités de bois-combustible peuvent être extraites des pinèdes du Nord de Montpellier, dans le cadre de leur gestion durable.

Cette richesse naturelle est à exploiter pour créer des emplois et réduire le risque de feu de forêt.

La Commune de Clapiers a d’ailleurs un projet de chaufferie-bois et de réseau de chaleur pour alimenter ses écoles, permettant de substituer au gaz, énergie fossile, du bois, énergie renouvelable issue de gisements de proximité.

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Vu du chantier : panorama sur le front d’urbanisation de Clapiers au Nord


L’Association des communes forestières de l’Hérault, COFOR34, financée par le Département de l'Hérault, l'ADEME, la Région Languedoc-Roussillon et l'Europe, fait la promotion du bois-énergie.

Deux ingénieurs, Elodie Payen et Fabien Reverchon, conseillent les collectivités, notamment territoriales, sur les chaufferies-bois et la ressource forestière.

03/08/2009

Feu de forêt : risque élevé au Nord de Montpellier

Les forêts méditerranéennes françaises connaissent une menace quasi unique : les feux d’été. En effet, les calamités naturelles comme les tempêtes, les tornades, les gels, les attaques parasitaires détruisent incomparablement moins de bois sur pied.

Le bassin méditerranéen connaît deux fois plus de surfaces détruites annuellement (50.000 ha actuellement en moyenne) que dans les années 70 (Italie fois 3, Espagne fois 4) : c’est dû à l’exode rural, au recul de l’agriculture, au désintérêt envers la ressource énergétique que représente le bois du fait de l’augmentation du niveau de vie des populations.

La France est une exception puisque, si la surface forestière croît, la surface brûlée, elle, n’évolue pas.

Le Nord de Montpellier, surpâturé au début du siècle, a vu ses troupeaux de moutons disparaître un par un. On est passé d’un paysage de prairies sèches à un paysage fermé. Les mattorals, nom savant des écologues pour nos garrigues, régressent et, avec eux, l’extrême biodiversité de ces milieux, tant en terme de flore que de faune.

Si les feux de forêt sont contenus dans notre région, c’est dû à l’effort collectif de la Sécurité civile (l’Etat), des sapeurs-pompiers et des forestiers-sapeurs (Conseil général de l’Hérault) mais aussi des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF).

Il existe de tels groupes de volontaires, équipés par les communes, sur Assas, Buzignargues, Castelnau le Lez, Clapiers, Combaillaux, Galargues, Grabels, Jacou, Le Triadou, Montaud, Montferrier sur Lez, Murles, Murviel lès Montpellier, Saint-Bauzille de Montmel, Saint-Clément de Rivière, Saint-Geniès des Mourgues, Sussargues, Vailhauquès, Valergues, Vendargues et Villetelle.

Pour mesurer l’impact global des incendies, il est d’usage d’utiliser un indicateur : le risque moyen annuel (RMA) calculé à partir de la méthode proposée par le CEMAGREF. C’est le pourcentage de la surface forestière brûlée tous les ans.

Dans les bois à base de pins d’Alep au Nord de Montpellier, le RMA est d’environ 4 %, soit un délai moyen entre deux incendies de 25 ans ! Ce RMA est globalement seulement de 1,4 % pour les forêts du pourtour méditerranéen.

Le risque d’incendie est donc très fort dans nos secteurs : c’est lié au contact entre l’urbanisation et la forêt. La zone urbanisée représente des enjeux forts à protéger en terme de vies humaines et de biens matériels. La forêt, elle, génère des aléas forts, c’est-à-dire une probabilité non négligeable d’éclosion de feux, puis éventuellement de leur propagation. C’est la rencontre de ces aléas et de ces enjeux forts qui confère à notre zone un niveau de risque élevé.

Si la pression des feux est trop forte, c’est la capacité même du milieu à se régénérer qui est obérée, avec un risque à terme de désertification, donc d’érosion des sols et de danger d’écoulements torrentiels.

Les feux de forêt en région méditerranéenne sont à plus de 95 % d’origine humaine.

La cause des départs de feux est très mal connue : c’est d’ailleurs devenu une priorité en France donnée aux forces de l’ordre de les identifier, en relation avec les propriétaires des terrains et les pompiers. Notamment, la France est très en retard sur l’Espagne en terme d’identification de ces causes.

L’imprudence ou les accidents (ligne électrique, écobuage mal maîtrisé, fumeur, feux de camp ou de berger, etc.) prédominent en nombre. La plupart du temps, ce sont les habitants du crû qui en sont responsables.

Malheureusement, il existe aussi de très nombreux feux volontaires que l’on peut qualifier, sans hésitation, de criminels, du fait du risque qu’ils font courir aux populations et aux secours.

Pour réduire le nombre d’incendie de forêt, il n’y a pas d’autre issue que la prudence, le débroussaillement et l’exploitation rationnelle du bois.

Cette dernière piste est la plus intéressante car, en face de la dépense, s’affiche une recette, certes faible, mais qui incite le propriétaire forestière, public ou privé, à agir.

02/08/2009

Honneur au pompier volontaire André Jeanjean

La garrigue et la pinède occupent de larges espaces dans les villages avoisinants Montpellier.

Du fait du climat méditerranéen, associant l’été canicule, sécheresse et vent, nos forêts sont d’une grande vulnérabilité au feu.

Le danger est surtout présent par vent du Nord avec des incendies qui progressent rapidement vers le Sud et empruntent des couloirs de feu plus ou moins larges.

Les anciens ont gardé le souvenir du sinistre incendie du 26 juillet 1981, aux portes de Sainte-Croix de Quintillargues, de Guzargues, d’Assas, de Prades le Lez, de Montferrier sur Lez et de Clapiers.

Ce feu de forêt, d’origine criminelle, a parcouru des centaines d’hectares de pinèdes et de garrigues et conduit à la disparition du jeune sapeur-pompier volontaire, André Jeanjean, originaire de Saint-Mathieu de Tréviers.

Ce dernier est décédé dans le brasier en combattant l’incendie. Il est mort en essayant de protéger nos concitoyens.

Tous les ans, son sacrifice est honoré, en présence de la famille et du Préfet, des pompiers, des forestiers-sapeurs, de la gendarmerie, des bénévoles des comités communaux feux de forêt (CCFF) et des élus locaux.

La cérémonie a lieu devant la stèle qui lui est dédiée sur le territoire clapiérois.

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Les pompiers honorant André Jeanjean, tombé au feu

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Les élus locaux et le Préfet pour la minute de silence

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L'allocution de Pierre Maurel, Maire de Clapiers

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Les bénévoles des CCFF toujours présents

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La stèle fleurie, après la cérémonie

Depuis, la forêt a été replantée en cèdres de l’Atlas et en pins pignon. Des citernes d’eau ont été installées, des pistes tracées et régulièrement entretenues, un tour de gué installée à Teyran et une vigie implantée sur un château d’eau à Clapiers.

Les pompiers ainsi que les forestiers-sapeurs, financés par le Conseil général de l'Hérault, pratiquent en saison le « gué armé », c’est-à-dire que des unités opérationnelles sont prépositionnées sur le terrain dans l’attente d’une alerte.

En outre, les communes du Nord de Montpellier se sont dotées d’un plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) : Assas, Clapiers, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Mathieu de Tréviers, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Le Triadou dans un premier temps, puis Combaillaux, Grabels, Les Matelles, Saint-Clément de Rivière, Saint-Gély du Fesc, Juvignac, Montpellier, Murviel lès Montpellier, Pignan et Saint-Georges d’Orques.

Pour plus d’information sur ces PPRIF, se reporter sur le site de la Préfecture de l’Hérault.

Ce dispositif, opposable aux tiers, permet de limiter la cabanisation, d’interdire l’implantation d’habitat en zone dangereuse et pousse aux respects de l’obligation légale de débroussaillement (dite OLD) par les propriétaires d’installation (maison, mazet, caravane, etc.).

Les membres des CCFF patrouillent, quant à eux, tout l’été, dans leur tenue orange caractéristique, pour informer inlassablement du risque les riverains, les promeneurs et surveiller qu’il n’y a pas de départ de feu.

L’Etat met aussi en œuvre d’impressionnants moyens aériens.

Malgré ce dispositif très lourd, il y a moins d’un an, les communes de Clapiers et de Montferrier ont connu, le 23 août 2008, les affres d’un nouvel incendie. Ce dernier a ravagé 18 hectares de pinèdes.

Malgré une alerte rapide, le front de flamme s’est développé sur une largeur d’environ 200 mètres. Dans sa phase terminale, le feu, quand bien même cantonné à près de 500 mètres des premières habitations par un secteur agricole infranchissable, a donné l’impression de menacer la zone urbanisée.

Heureusement, les secours sont intervenus très rapidement. D’abord, deux Beechcraft, avions légers faisant le plein sur l’aéroport de Candillargues et l’hélicoptère de commandement. Ensuite, des pompiers au sol, au nombre d’environ 150, répartis dans une cinquantaine de véhicules, dont certains d’appui logistique (camions citerne, cellules d’assistance respiratoire, restauration). Puis une seconde vague de moyens aériens, dite de niveau national, est parvenue sur place, guidés par un nouvel hélicoptère.

En tout, 8 avions ont œuvré conjointement : des Canadair, des Tracker et même un Dash 8 qui peut emporter 11 m3 d’eau. Tous ont pu écoper en mer, à moins de 15 km, d’où une grande efficacité dans les interventions.

Les sapeurs-pompiers, les forestiers-sapeurs et les bénévoles des comités communaux feux de forêts (Clapiers, Montferrier, Assas, Teyran, Saint-Clément, Montaud-Saint Bauzille de Montmel) ont ensuite effectué un travail inlassable, toute la nuit, pour étouffer les reprises de feux.

Sans parler de mise à feu criminelle, la moindre imprudence peut être à nouveau sanctionnée par un drame écologique, au mieux, humain au pire.

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Les stigmates laissés par le feu du 23 août 2008

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Un largué aérien sur une reprise de feu le lendemain

Crédit photos, tous droits réservés :
Peter Kroger (photos 2, 3 et 5) et Michel Chastaing (photos 1, 4, 6 et 7)