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16/09/2010

Où sont scolarisés nos enfants ?

La carte scolaire est un outil administratif permettant d’affecter les élèves à des établissements scolaire de proximité.

 

Cette proximité est réelle en ville et en périurbain ; elle peut l’être moins en milieu rural où certains enfants doivent opter pour l’internat.

 

Les dérogations à la carte scolaire sont génératrices de temps de transport supplémentaire pour les élèves et donc de fatigue et de prédisposition supplémentaire à l’échec scolaire.

 

Chaque établissement draine un secteur plus ou moins important dans lequel se crée une identité territoriale.

 

En effet, les adolescents qui fréquentent le Lycée Ambrussum à Lunel (Vérargues, Saint-Christol, Saint-Sériès, Saturargues, Villetelle) ont tendance ensuite à se rendre visite sur le secteur concerné (Nord-Lunellois) et à développer des activités communes.

 

Il en est de même pour les lycées :

-         Frédéric Bazille à Montpellier avec les communes d’Assas, Clapiers et Jacou,

-         Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière, avec les communes de Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saint-Jean de Cuculles, Le Triadou et bien d’autres plus au Nord,

-         Jean Monnet à Montpellier avec les communes de Murviel lès Montpellier, Saint-Paul et Valmalle, La Boissière, Montarnaud, Vailhauquès, Argelliers, Murles, Grabels et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Champollion à Lattes avec les communes de Villeneuve les Maguelone, Palavas, Pérols, Saint-Aunès, Mauguio et La Grande-Motte,

-         Louis Feuillade à Lunel avec les communes de Baillargues, Mudaison, Candillargues, Saint-Brès, Valergues, Lansargues, Lunel-Viel, Saint-Just, Saint-Nazaire de Pézan et Marsillargues,

-         Jules Guesde à Montpellier avec les communes de Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Juvignac et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Pierre Mendès-France à Montpellier avec les communes de Fabrègues, Saussan, Lavérune et Saint-Jean de Védas,

-         ou encore Georges Pompidou à Castelnau le Lez avec les communes de Vendargues, Le Crès, Teyran, Guzargues, Montaud et Saint-Drézéry.

 

Une singularité concerne le Lycée Joffre au Centre de Montpellier : sa carte scolaire se résume presque à Montpellier mais aussi, accessoirement, à une partie de Castelnau le Lez qui est partagée entre Joffre et Georges Pompidou.

 

C’est un peu comme si la Ville de Castelnau le Lez - la seule de l’Hérault à envoyer une partie de ses adolescents à l’extérieur alors qu’il existe un lycée sur son sol - n’avait pas entièrement confiance en son propre lycée.

 

Cette dichotomie trahit l’absence de vision unitaire de cette commune par ses élus dirigeants et leur acceptation qu’elle se fonde de façon indifférenciée dans la ville de Montpellier.

 

Tout établissement scolaire crée en fait du lien sur un territoire en renforçant sa cohésion.

 

Bien sûr, certains diront que le territoire prééxiste à l’implantation d’un établissement scolaire, sauf qu’il n’y a pas forcément correspondance fidèle entre carte scolaire et territoire historique.

 

A l’évidence, lorsqu’il y a discordance entre les deux, l’établissement scolaire pèse dans le sens d’une nouvelle répartition des identités territoriales.

 

En examinant de près les cartes scolaires tant au niveau du Collège que du Lycée, il apparaît clairement une inégalité de présence du service public éducatif sur le terrain.

 

L’implantation des lycées est ainsi exclusivement urbaine, essentiellement sur la plaine côtière, avec 3 établissements (Lodève, Clermont l’Hérault et Bédarieux) qui constituent une exception dans les Hauts-Cantons.

 

Pour beaucoup de lycéens, l’entrée en Seconde constitue donc le départ pour de nouveaux horizons, apprécié par les adolescents comme une ouverture sur le Monde et sur les autres.

 

Les lycéens appellent d’ailleurs de leurs vœux un brassage que des établissements plus centralisés offrent.

 

Même s’ils ambitionnent de conserver des amis, les adolescents aspirent à cet âge à un renouvellement et un élargissement de leur cercle de proches.

 

L’implantation des collèges, quant à elle, s’inscrit dans un maillage plus fin du territoire (79 collèges contre seulement 20 lycées d’enseignement général) adapté à l’horizon d’élèves tout juste sortis de l’enfance à l’entrée en Sixième.

 

Il y a eu un débat il y a une vingtaine d’années pour savoir s’il était préférable d’installer un nouvel établissement scolaire dans le bourg-centre, comme cela se faisait historiquement, ou en rase campagne,comme pour le Lycée Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière.

 

A l’heure du Grenelle de l’environnement où l’on privilégie les transports en commun le plus souvent organisés en étoile, c’est la solution historique qui tient à nouveau la corde.

 

La carte scolaire doit-elle évoluer dans l’Hérault à l’avenir ?

 

Deux phénomènes pèsent lourds : la métropolisation croissante du département (la Ville de Montpellier gagne cette année tout de même 1.100 élèves en Primaire sur un effectif antérieur d’environ 19.000) et le vieillissement de la population.

 

La construction d’un collège neuf à Roujan (ouverture prévue pour la rentrée 2013-2014) aura des incidences sur la carte du collège voisin de Servian (déjà entièrement rénové par le Conseil Général de l’Hérault) mais aussi sur tout le Centre-Hérault.

 

A noter que les élèves des communes de Buzignargues, Galargues, Garrigues, Campagne, Saussines, Boisseron sont dans l’obligation de rejoindre un collège non héraultais, en l’occurrence celui de Sommières dans le Gard, certes proche en terme de distance.

 

Si la croissance démographique de la deuxième couronne de Montpelllier et du Lunellois ne se dément pas, la création d’un collège dans le secteur de Saint-Christol ou de Saint-Drézéry pourrait s’avérer souhaitable.

 

Plus globalement, la création de nouveaux établissements n’est cependant plus très utile du fait de la stagnation des effectifs : ce sont donc les investissements dans l’équipement (laboratoires, informatique notamment) et l’amélioration des locaux qui sont à privilégier.

 

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Carte scolaire des collèges dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)

 

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Carte scolaire des lycées dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)

11/02/2010

Les berges du Lez enfin classées au titre des paysages de Frédéric Bazille

Le projet de « classement, parmi les sites du département de l’Hérault, du site des Berges du Lez, paysages de Frédéric Bazille, sur les territoires des communes de Castelnau le Lez, Clapiers et Montpellier » a enfin abouti.

 

Après plus de deux ans et demi d’instruction du dossier et de réflexion au niveau du Ministère de l’environnement, le décret en Conseil d’Etat est paru le 25 janvier 2010.

 

Le classement des monuments naturels et des sites est prévu par la loi du 2 mai 1930 (article L341-1 à L341-22 du Code de l’environnement).

 

L’Etat a souhaité classer deux sites remarquables : le Bois de Montmaur et les Berges du Lez entre le pont de Castelnau (station Tramway Ligne 2 Charles de Gaulle) et le pont de la RD 65 proche du pôle Agropolis.

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Le Lez dans son écrin de verdure

 

Le dossier de classement a été soumis à enquête publique du 2 au 23 octobre 2006, dans les mairies de Montpellier, Castelnau le Lez et Clapiers.

 

Toutes les personnes intéressées ont pu mentionner leurs remarques sur le registre d’enquête ou les adresser par lettre recommandée au Préfet de l’Hérault.

 

En outre, tous les propriétaires concernés ont été invités à faire connaître leur opposition ou leur consentement au projet.

 

Certains d’entre eux n’ont pas souhaité le classement d’où la nécessité d’un décret en Conseil d’Etat et non pas d’un simple arrêté ministériel.

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Le seuil de La Valette

 

L’enquête administrative a porté sur la « Redéfinition des périmètres de protection des sites » :

-         classé et inscrit du Bois de Montmaur,

-         classé et inscrit du domaine de Méric

-         inscrits des bords du Lez et du domaine de La Valette. »

 

Le classement entraîne une protection rigoureuse.

 

L’« inscription » qui concernait précédemment les Berges du Lez constituait un niveau de protection inférieur au « classement ».

 

Si les travaux d’exploitation et d’entretien sont autorisés, les altérations sont en revanche interdites.

 

La publicité est interdite ; les réseaux doivent être enfouis ; les travaux de restauration et de mise en valeur peuvent être subventionnés par l’Etat.

 

Le classement est réservé aux sites les plus prestigieux.

 

Dès 1946, le législateur avait jugé les Berges du Lez dignes d’une « inscription », du fait de la qualité paysagère du site.

 

Mais seuls les espaces exceptionnels par leur caractère artistique, pittoresque, historique, légendaire ou scientifique peuvent accéder au classement.

 

Si l’Etat juge les Berges du Lez et le Domaine de La Valette « pittoresques et artistiques » c’est qu’elles constituent le motif des tableaux de Frédéric Bazille, peintre pré impressionniste, ami de Monnet et de Renoir.

 

Toutefois, l’Etat aurait pu aussi retenir les épithètes « historique » et « scientifique » car, avec ses centres de recherche de niveau mondial, le Domaine de La Valette héberge des équipes scientifiques reconnues.

 

De même, il possède une valeur historique, puisque le site a accueilli, en expérimentation ou en démonstration, les balbutiements du machinisme agricole, notamment celles des premières machines à vendanger, dans le cadre du Salon International de la Vigne et du Vin.

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Le Domaine de La Valette encore le siège d'expérimentations agronomiques

 

En ce qui concerne la Commune de Clapiers, son Conseil municipal a donné, dès 2006, un avis favorable au classement des berges du Lez.

 

Il s’agit en effet d’une confortation de sa politique de préservation des espaces naturels, cette Municipalité ayant classé inconstructible, de longue date, le Domaine de La Valette.

 

Que ce soit sur Clapiers ou sur Montpellier, la Vallée du Lez est aussi, non seulement classée en zone Natura 2000, mais aussi en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF).

Pour entrer dans le détail, le dossier d’enquête a proposé en 2006 :

-         le déclassement du terrain de l’ancienne patinoire à Montpellier,

-         une extension du site classé de Méric (à ce jour le château et ses dépendances) aux Berges du Lez, ces dernières étant d’ores et déjà aménagées pour la promenade par la Ville de Montpellier,

-         le classement d’une partie du bois de Montmaur, déjà inscrit dans sa totalité,

-         le classement des berges du Lez (périmètre inscrit en 1946), excepté le bois de La Valette, la Ville de Montpellier craignant des contraintes trop fortes pour l’exploitation du Zoo de Lunaret.

 

La Direction régionale de l’environnement (DIREN) voulait désinscrire le quartier de la Pompignane, très fortement urbanisé, mais la Ville de Montpellier n’a pas voulu, relayant en cela le souhait des habitants de ce quartier qui souhaitaient conserver cette protection règlementaire.

 

En classant les Berges du Lez, la DIREN a voulu protéger les principaux lieux d’inspiration du peintre Frédéric Bazille.

 

En fait, le paysage, qui a très peu bougé en un siècle, est le motif de ses tableaux.

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Le grand paysage des Berges du Lez

 

Le site des Berges du Lez est tout simplement le témoin de la naissance de la peinture de plein-air.

 

Cette dernière est un enjeu essentiel dans l’histoire de l’art et du paysage dans les années 1860.

 

C’est un moment historique où la peinture pré-impressionniste développe ses sujets de recherches sur les formes, la couleur, la diffraction de la lumière.

 

Les points de vue croqués par Bazille nourrissent ses tableaux : « Vue du Village », « Terrasse à Méric », « Scène d’été », « Les baigneurs », « La robe rose », …

 

La DIREN souhaiterait que soient initiés, comme à Collioure et à Céret, des circuits de découvertes intégrant la dimension culturelle du site.

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La Vallée du Lez façonnée par l'homme 

 

L’ambiance générale du site des Berges du Lez est remarquable : « Petites falaises couronnées de bosquets, de pins, rives fraîches et ombragées du Lez, campagne jardinée, chemins ruraux, site très méditerranéen par sa lumière et ses palettes, étroite forêt-galerie jalonnée de moulins, quartier de Ferran à Castelnau (toponymie rappelant la traversée du Lez par la voie Domitienne), coteau boisé de Clapiers ».

 

C’est pourquoi, le classement des Berges du Lez s’est fait à titre artistique et pittoresque.

 

Enfin, l’Opération Lez Vert, déjà bien initiée par la Ville de Montpellier, était jugée dans le dossier mis à l’enquête « parfaitement compatible », connaissant ses objectifs :

-         faciliter l’accessibilité de cette coulée verte au public,

-         créer des circulations douces,

-         aménager des équipements d’accueil du public,

-         mieux gérer l’espace par un entretien soutenu,

-         informer le public des richesses naturelles (faune/flore), culturelles et paysagères du site.

 

Avec le classement des Berges du Lez, au titre des paysages de Frédéric Bazille, c’est un illustre passé qui est préservé ainsi qu’une coulée verte entre la Métropole régionale et ses communes périphériques.