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01/10/2014

Un dimanche de Sénatoriales à Montpellier

2.364 grands électeurs étaient appelés ce dimanche 28 septembre 2014 à élire les 4 sénateurs de l’Hérault pour 6 ans.

12 listes étaient en présence ce qui constituait un record.

Du fait de sa démographie croissante, le département de l’Hérault est passé lors du précédent renouvellement de 3 à 4 sénateurs.

Le scrutin n’est plus majoritaire mais proportionnel, à la plus forte moyenne.

Il était donc attendu comme la fois précédente un partage égal des sièges entre la Gauche et la Droite.

En effet, si l’équilibre politique penchait assez nettement vers la Gauche d’après la Guerre jusqu’à une dizaine d’années, ce qui permettait aux Socialistes et apparentés d’emporter les 3 sièges, les forces en présence se sont progressivement équilibrées au fur et mesure de la perte par la Gauche de certaines municipalités.

Aujourd’hui, la Droite a totalisé 46,55 % des suffrages exprimés, l’Extrême-Droite 6,16 % (soit tout de même un score multiplié par 10 !) et la Gauche 47,29 %.

Les observateurs étaient d’accord sur le fait que 6 listes pouvaient prétendre à un élu.

La liste officielle du Parti Socialiste et deux dissidentes, d’une part.

La liste officielle UMP et deux dissidentes, d’autre part.

Les listes de ces deux grands partis semblaient hors d’atteinte et pourtant Jean-Pierre Grand, Maire de Castelnau le Lez, a réussi à les distancer très largement.

Il s'en est fallu de 23 voix seulement pour que sa deuxième de liste, Agnès Rouvière-Esposito, Maire de Buzignargues, n'accède pas au Sénat.

La Gauche a donc failli se retrouver avec 1 seul siège !

Le suspense planait sur le vainqueur des dissidents socialistes et c’est Robert Navarro, Premier Vice-Président du Conseil Régional Languedoc-Roussillon qui a coiffé de 20 voix Christian Bilhac, Maire de Péret et Président de l’Association des Maires de l’Hérault.

Robert Navarro est le seul Sénateur sortant reconduit puisque Raymond Couderc, ancien Maire de Béziers et Sénateur sortant a lourdement échoué.

En outre, Marie-Thérèse Bruguière, Maire de Saint-Aunès et Sénatrice sortante était en seconde position sur la liste UMP, à qui il a manqué tout de même 68 voix pour faire un doublé.

Enfin, Robert Tropéano, ancien Maire de Saint-Chinian et Sénateur sortant ne figurait qu’en 5ième place sur la liste du candidat malheureux Christian Bilhac.

6 listes permettaient surtout aux partis qui les soutenaient de « se compter » et d’exister sur l’échiquier politique.

38 grands électeurs absents vont devoir s’acquitter d’une amende, sauf s’ils peuvent justifier d’une bonne raison, le vote étant obligatoire.

Les Députés, les Sénateurs, les Conseillers régionaux et les Conseillers généraux pouvaient choisir un remplaçant s’ils étaient aussi grands électeurs d’une commune.

Ces derniers ont été élus par leurs conseils municipaux, courant septembre.

Toutefois, pour les grandes communes, comme le nombre de grands électeurs, croissant avec la population, dépasse le nombre de conseillers municipaux, ces derniers sont donc considérés comme des « délégués de droit » et ceux élus sur des listes d’électeurs de la commune, présentées par les listes représentées au Conseil municipal, constituent des délégués supplémentaires.

Avec l’avènement du tour unique dans l’Hérault, le scrutin s’accompagne d’une multiplication de l’offre politique.

Seules les têtes de listes, souvent des hommes, il faut bien le constater, peuvent être élus.

Les femmes, souvent en seconde position, ont peu de chance d’être élues, sauf à faire preuve de volontarisme.

L’alternance obligatoire des sexes sur une liste n’entraîne ainsi pas forcément la parité au Sénat.

Dans le cas de figure vécu dans l’Hérault, le scrutin proportionnel a permis des désignations à partir de 10 % à 15 % des voix.

Le scrutin majoritaire générait des seconds tours avec des tractations mouvementées et des ententes souvent byzantines à l’issue du premier ainsi qu’une adaptation rapide de l’électorat à une nouvelle donne, puisque au premier tour du matin succédait le second tour l’après-midi.

Le scrutin proportionnel peut, lui, créer des surprises de taille, juste avec un glissement de quelques voix (c’est un vote « sans filet ») : toutefois, il a l’avantage de promouvoir le vote d’adhésion sur le nom d’un candidat ou sur ceux d’une liste.

La Préfecture de l’Hérault a parfaitement organisé cette élection.

Les anciens grands électeurs étaient habitués de venir au Tribunal de Grande Instance qui a constitué une parenthèse historique en termes de lieu de vote.

L’unique bureau de vote héraultais était partagé dimanche en 10 sections.

Pour chacune, 4 grands électeurs (un Président, un Secrétaire, deux Assesseurs) organisaient le vote.

Les délégués des candidats veillaient au bon déroulement des opérations.

Il est clair que tous les participants avaient à cœur de promouvoir une démocratie irréprochable.

Résultats des élections Sénatoriales du 28 septembre 2014

 

Nom

Liste

Suffrages obtenus

Pourcentage

 

Inscrits

 

2364

 

 

Votants

 

2343

99,11%

 

Exprimés

 

2305

97,50%

 

Nuls ou blancs

 

38

1,61%

1

Jean-Pierre GRAND

UMP Dissident

492

21,34%

2

Michel COLAS

Divers Droite

18

0,78%

3

Marie-Christine AUBERT

Front National

135

5,86%

4

François COMMEINHES

UMP

447

19,39%

5

Robert NAVARRO

PS Dissident

257

11,15%

6

Christian BILHAC

PS Dissident

237

10,28%

7

Michèle COMPS

Verts

50

2,17%

8

Jean-Claude MARTINEZ

Extrême-Droite

7

0,30%

9

Henri CABANEL

Parti Socialiste

378

16,39%

10

Raymond COUDERC

UMP Dissident

116

5,03%

11

Jean-Pierre PEREZ

Parti Communiste Français

97

4,21%

12

René REVOL

Parti de Gauche

71

3,08%

   

Totaux

2305

100,00%

         
         
   

Total Gauche

1090

47,29%

   

Total Droite

1073

46,55%

   

Total Extrême-Droite

142

6,16%

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16/05/2014

Quels moyens pour l’école primaire dans l’Hérault à la rentrée scolaire 2014/2015 ?

Les moyens en personnel enseignant alloués à l’éducation des jeunes enfants dans l’Hérault sont maintenant connus.

 

L’Administration de l’Education Nationale a réuni tardivement cette année (pour tenir vraisemblablement compte de la tenue des élections municipales) le Comité Technique Spécial Départemental où les ouvertures et fermetures de classes sont annoncées.

 

Les élus siégeant dans cette instance connaissaient les propositions de l’Administration de longue date (avant les Municipales) mais n’en ont pas toujours tenus informés les acteurs du système éducatif local.

 

Pour la rentrée 2014/2015, il est prévu 74 créations nettes de postes dans l’Hérault : 56 pour répondre à la progression démographique et 18 pour des mesures spécifiques (décharges de service pour direction, scolarisation des moins de 3 ans dans des quartiers ciblés en zone urbaine, prise en charge de la scolarisation d’élèves handicapés).

 

Pour les sites nommément ciblés :

- 27 ouvertures de classes en maternelle : dont écoles de Baillargues, Castelnau le Lez (2), Grabels, Mauguio, Montarnaud, Palavas les Flots, Saint-Gély du Fesc et Vendargues autour de Montpellier, plus 9 postes concernés à Montpellier

- 43 ouvertures de classes élémentaires : dont écoles de Baillargues, Castelnau le Lez, Jacou, Juvignac (2), Montarnaud, Murviel les Montpellier, Saint-Aunès, Saint-Georges d’Orques et Vendargues autour de Montpellier, plus 13 classes écoles concernées à Montpellier

- 9 fermetures de classes en maternelle : dont écoles de Clapiers, Fabrègues et Teyran autour de Montpellier

- 18 fermetures de classes élémentaires : dont écoles de Castelnau le Lez, Lattes, Saint-Géniès des Mourgues et Saussan autour de Montpellier, plus une école du Nord de la Ville de Montpellier

 

Dans l’Hérault, 522 enfants de plus sont prévus en maternelle (18 postes supplémentaires) et 1.288 en élémentaire (25 postes supplémentaires).

 

Globalement, la moyenne du nombre d’élèves par classe augmentera légèrement en septembre 2014, en passant de 24,28 à 24,45 par classe.

 

Il s’agit pour l’instant de prévisions : certaines ouvertures sont qualifiées de « provisoire » et des fermetures peuvent être abandonnées à la rentrée si les effectifs sont plus importants que prévus.

 

En outre, l’Administration se garde en général quelques postes pour solutionner à chaud les situations les plus tendues de la rentrée.

 

Toutefois, les décisions prises - d’habitude au milieu du premier trimestre et cette année en début du second - sont très souvent suivies d’effet.

 

Sur le plan quantitatif, pour l’année scolaire 2013/2014, environ 107.000 enfants fréquentaient les écoles primaires de l’Hérault.

 

Ils étaient répartis dans environ 4.400 classes.

 

Au niveau politique, la priorité du Gouvernement donnée au primaire a du mal à se concrétiser dans les départements en croissance démographique.

 

En effet, le Ministère de l’Education Nationale peine à fermer des classes là où les enfants se font plus rares et peine donc à redéployer ses moyens.

 

Concernant la commune de Clapiers, son école maternelle, dénommée « Olympe de Gouges », est menacée d’une fermeture de classe à la rentrée scolaire 2014/2015.

 

Les effectifs prévisionnels de l’école ont été arrêtés à 171 contre 175 actuellement.

 

L’Ecole élémentaire Victor Hugo de Clapiers conserve heureusement ses 13 classes.

 

La mesure de fermeture de classe projetée à Clapiers est une atteinte à la qualité de l’enseignement, comme souvent lorsqu’une telle mesure est envisagée.

 

En effet, le nombre moyen d’élèves par classe augmenterait de 24,6 à 28,5 !

 

Si la population de Clapiers est en phase de maintien, c’est l’important manque de couples de 25 à 40 ans qui explique cette décroissance structurelle du nombre d’enfants en bas-âge.

 

La faiblesse du parc locatif (notamment social), atteignant seulement un quart des résidences principales, ne permet pas d’apporter en continu des jeunes ménages dans le village.

 

Les jeunes natifs de Clapiers sont quant à eux chassés par la cherté des loyers, voire par celle des achats immobiliers.

 

C’est toute la politique urbanistique de certaines communes pavillonnaires qui est à repenser avant de pouvoir espérer une inflexion dans le sens du rééquilibrage de la pyramide des âges, aujourd’hui de plus en plus dominée, dans les communes appartenant à la première couronne de Montpellier, par les personnes du troisième âge.

 

Les deux cartes suivantes donnent la localisation des ouvertures (en couleur bleue) et des fermetures (en couleur rouge) respectivement en maternelle et en élémentaire.

 

Les cercles en noir représentent la localisation des collèges héraultais.

 

Maternelle :

-         ouvertures essentiellement sur Béziers, le pourtour de l’Etang de Thau, Montpellier Sud et Nord-Ouest

-         fermetures essentiellement sur le Piscénois en Centre-Hérault et sur Clapiers-Teyran au Nord-Est de Montpellier

 

Elémentaire :

-         ouvertures essentiellement en deuxième couronne de Béziers, en troisième couronne de Montpellier, le long de la RN 113 et sur la Ville même de Montpellier

-         fermetures essentiellement à l’Ouest de Béziers, sur le Bédaricien, autour de l’Etang de Thau et à l’Est de Montpellier

 

Les ajustements concernent presque exclusivement les zones urbaines, périurbaines et côtières.

 

Olonzac, Roquebrun, Notre-Dame de Londres, Vacquières et même Ceilhes et Rocozels ! démontrent toutefois que la démographie peut aussi connaître des embellies en milieu rural.

carte scolaire, ouverture classe, fermeture classe, CTSD, qualité enseignement, postes enseignants, Hérault, Clapiers, Castelnau le Lez, Jacou

Maternelle : ouvertures en bleue et fermetures en rouge

 

 

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Elémentaire : ouvertures en bleue et fermetures en rouge

10/11/2011

Un grand projet régional : Aqua Domitia (2ème partie)

Cette note fait suite à une précédente, récemment parue dans "Montpellier Villages", décrivant et analysant partiellement le grand projet d'aménagement hydraulique régional Aqua Domitia.

Pour ce qui est des usages agricoles, le Languedoc-Roussillon est très en retard : la surface irriguée en France est passée de 450.000 ha en 1960 à 1.600.000 ha en 1995 alors que notre région n’arrosait que 92.000 ha en 1995 (30 % de plus tout de même qu’en 1988).

50 % des surfaces irriguées en France relèvent des régions Aquitaine, Centre et Midi-Pyrénées.

Il faut dire qu’aux gains financiers liés à l’irrigation, les aides (majorées en cas d’arrosage) de la Politique Agricole Commune concernent 90 % des surfaces en Poitou-Charentes, 80 % en Aquitaine et 10 % seulement en Languedoc-Roussillon.

Alors que l’irrigation fait un tabac dans les régions de grandes cultures (1,9 millions d’hectares maintenant irrigués sur 2,7 millions d’hectares irrigables, c’est-à-dire équipés), notre région viticole, pourtant bien équipée entre Montpellier et le Rhône, utilise peu ses installations (35.000 hectares irrigués bon an mal an via BRL et 6.000 agriculteurs desservis soit une dose moyenne de 1.800 m3/ha, 10.000 m3 consommés en moyenne par agriculteur et 5 hectares irrigués par agriculteur) ce qui renchérit de facto le prix de l’eau.

En effet, tout le poids de l’amortissement des aménagements reposent sur les seuls irrigants.

De plus, compte tenu des spécificités du climat méditerranéen et de sa forte xéricité estivale, les doses d’arrosage sont supérieures ce qui entraîne un surdimensionnement coûteux des installations.

Fait nouveau, l’irrigation de la vigne (un complément hydrique équivalent à 100 mm de pluviométrie annuelle apporté par goutte à goutte aux meilleurs moments au regard des constations climatiques et des stades végétatifs) fait l’unanimité au sein de la profession agricole et des décideurs publics.

Le coût de la pose d’un dispositif de goutte à goutte est en viticulture de l’ordre de 1.000 à 2.000 € l’hectare.

3 projets pilote, représentant 2.500 hectares irrigables, ont d’ores et déjà été lancés dans l’Hérault par les Vignerons du Pays d’Ensérune, de la cave coopérative de Roquebrun mais aussi de l’Occitane (coût de 6.000 €/ha pour construire les réseaux secondaires et tertiaires raccordés aux installations existantes de BRL, couvert à hauteur de 75 % par les aides publiques).

Ces initiatives se heurtent cependant aux problèmes de l’arrachage de la vigne et à l’éparpillement des parcelles qui éloignent les périmètres réellement irrigués les uns des autres.

L’objectif de l’irrigation de la vigne est d’éviter les blocages de maturité comme le stress hydrique de la plante, d’augmenter le potentiel aromatique des vins blancs et rosés et enfin d’amélioration de nos exploitations en offrant des vins dans des gammes de prix plus abordables.

Si la vigne nécessite un volume annuel d’irrigation de 1.000 m3/ha, les grandes cultures (blé tendre, blé dur, maïs, sorgho, tournesol, etc.), comme les cultures maraîchères ou arboricoles, mobilisent approximativement le triple ou le quadruple.

Aqua Domitia est donc à même d’alimenter entre 10.000 hectares de vignes ou 3.000 hectares de cultures diversifiées et vraisemblablement un mix des deux.

Encore faudra-t-il éviter les errements du passé et que par des restructurations foncières, voire des maîtrises publiques du foncier, les agriculteurs puissent être localisés sur des casiers irrigués à 100 %, si l’on fait exception bien sûr des repos de terres liés à l’assolement.

La Région Languedoc-Roussillon vient d'ailleurs de signer (Cf. Midi Libre du mardi 1er novembre 2011, "Région", page 2) une convention tripartite avec la SAFER Languedoc-Roussillon et BRL.

Cette dernière achètera pour 1 à 2 M€ par an de terres irrigables - une centaine d'hectares - afin de les "sanctuariser" et de les louer à des paysans : cette initative pourrait aussi permettre des échanges amiables de foncier en vue de "remembrer" des casiers hydrauliques.

BRL est chargée par la Région de "conduire une politique d'achat ciblée dans les zones irriguées, sur le territoire présentnt la meilleure valeur agronomique et les risques les plus importants d'abandon de l'activité agricole", notamment sur le Narbonnais dans l'Aude (plus tard le Canton de Ginestas et la zone du Quatourze), le Sud de Béziers dans l'Hérault, les Costières de Nîmes et la Vistrenque dans le Gard.

La SAFER Languedoc-Roussillon, de son côté, détectera  les parcelles et de recensera les candidats à la location.

Globalement, Aqua Domitia permettrait donc d’augmenter d’environ 10 % les surfaces irriguées en Languedoc-Roussillon alors qu’elles ont déjà augmenté, sans aménagement supplémentaire, de 30 % entre 1988 et 1995 !

Cela signifie que l’enjeu fondamental dans notre région est d’optimiser les équipements d’irrigation existants, ce qui permettrait une baisse du prix de l’eau agricole et donc l’enclenchement d’un cercle vertueux avec l’arrivée de nouveaux irrigants.

Pour BRL, Aqua Domitia pourrait générer une augmentation de surface irriguée de l’ordre de 20 % (si l’on table sur 7.000 ha nouveaux à comparer aux 35.000 ha actuellement arrosés).

Il n’en demeure pas moins que ce projet de grande envergure est de nature à dynamiser le personnel, fait essentiellement de techniciens et d’ingénieurs, de BRL : un projet d’entreprise motivant et un challenge technique enthousiasmant !

En outre, il ne faut pas négliger que l’agriculture irriguée génère 2 à 5 fois plus d’emplois que l’agriculture pluviale.

Le sens du service public pousse aussi à offrir une possibilité d’irrigation là où elle n’est pas possible – ou ne serait plus possible compte tenu de la priorité à donner à l’eau potable ou à cause des incidences du changement climatique – sachant cependant que les Avants-monts et les Hauts-Cantons ne connaîtront jamais cette chance pour des raisons économiques.

Il faut aussi pointer du doigt l’énorme enjeu que constitue la diversification des cultures dans notre région dominée par la monoculture de la vigne.

Or, le vignoble est passé de 400.000 ha dans les années quatre-vingt à moins de 250.000 ha maintenant, avec en sus des rendements moyens en baisse d’un tiers, ce qui fait que la production avoisine en volume à peine les 40 % de celle d’il y a 30 ans.

Certes, beaucoup d’hectares arrachés sont partis à l’urbanisation ou au développement d’infrastructures notamment routières.

Il reste toutefois un potentiel de l’ordre de 100.000 hectares utilisables par d’autres cultures.

Celles qui sont d’avenir nécessitent toutes un apport d’eau : le maraîchage Bio, l’arboriculture de proximité, les cultures de semences, les plantes servant de matières premières à des micro-filières de transformation (plantes médicinales et aromatiques, Stevia Rebaudiana pour remplacer les édulcorants, chanvre zéro cannabitol pour l’isolation thermique, etc.), les protéagineux (pois chiches, haricots secs, lentilles, fèves) voués à l’approvisionnement de restaurants scolaires et, d’une manière générale, toutes les productions pouvant s’inscrire dans des modes de commercialisation en circuits courts.

Concernant les ressources alternatives à l’eau du Rhône, certains évoquent des sources d’eau potable, de qualité, déjà identifiées : l’eau d’Alet peu exploitée en ce moment pour la mise en bouteilles dans l’Aude et la Source des Cents Fonts en frange du fleuve Hérault.

Toutefois, l’exploitation des Cents Fonts aurait un impact fort sur l’étiage de l’Hérault, la source ayant comme exutoire le fleuve.

En outre, l’acheminement de ces eaux sur les lieux de consommation nécessiterait, comme pour Aqua Domitia, la construction de feeder de plusieurs dizaines de kilomètres.

Quant aux autres ressources, les hydrogéologues considèrent qu’elles sont déjà découvertes, voire surexploitées comme la nappe astienne menacée en front de mer par une éventuelle intrusion des eaux salées de la Méditerranée.

Concernant la charge financière, générée par Aqua Domitia, à répartir entre les bénéficiaires des ouvrages, elle équivaut à 18 millions d’€ annuels si les 280 millions d’€ à investir étaient empruntés en totalité, au taux d’intérêt de 4 %, sur une durée de remboursement de 25 ans.

L’amortissement représente donc 80 centimes d’€ du m3.

Il faudra rajouter les frais de pompage (minimes) et de gestion (plus substantiels).

Pour l’eau potable, il sera nécessaire de potabiliser l’eau du Rhône (filtrage, floculation/décantation, ozonation) avec un coût supplémentaire de l’ordre de 20 centimes d’€ du m3 pour le traitement physique et chimique poussé qui s’impose (à comparer aux 5 centimes d’€ que coûte la classique simple désinfection par chloration appliquée aux eaux souterraines).

Aqua Domitia ne venant qu’en complément de ressources actuelles bien moins coûteuses (traditionnellement de l’ordre de 15 centimes d’€ du m3 pour l’exhaure et la chloration), le surcoût marginal sera acceptable par les usagers d’autant que dans l’Hérault, le prix de l’eau potable (de l’ordre de 3 €/m3 en moyenne) étant aujourd’hui de 10 % inférieur à celui constaté au niveau national, sans compter que tôt ou tard, une péréquation du prix de l’eau pourrait intervenir dans l’Hérault afin d’assurer le prix unique qu’espère la population.

A long terme, le dessalement de l’eau de mer viendra répondre aux manques d’eau douce.

Les coûts de cette technique sont déjà abordables – de l’ordre de 50 centimes d’€ du m3 par exemple en Espagne – mais les unités d’extraction de l’eau douce :

-         sont d’une taille excédant les besoins de notre région,

-         nécessitent de grandes quantités d’énergie (5 kWh/m3 en utilisant la technique de l’osmose inverse) issues soit du pétrole, soit des centrales nucléaires.

Pour l’irrigation, le coût élevé de l’amortissement du réseau hydraulique d’Aqua Domitia n’est pas supportable en l’état par les agriculteurs : il y aura donc forcément adaptation du prix pour l’irrigation agricole grâce à une péréquation tarifaire avec les autres usagers.

Quoiqu’il en soit, l’eau d’irrigation ne sera jamais très bon marché ce qui la destine à des cultures de forte valeur ajoutée.

Comme pour les syndicats intercommunaux du Nord-Sommiérois et de la Vallée du Salaison (SITIVS regroupant les communes d’Assas, de Clapiers, de Guzargues, de Jacou, de Teyran et de Vendargues), les particuliers, consommant de l’eau, pour leur agrément, dans leurs jardins, en substitution de l’eau potable, seront indispensables pour équilibrer financièrement le service.

Si l’on s’intéresse au prix que paye le SITIVS à son fournisseur d’eau, c’est-à-dire BRL !, on constate une prime fixe pour le débit de l’ordre de 75 € par m3/s) et pour les volumes de l'ordre de 0,15 €/m3.

En appliquant ces tarifs à Aqua Domitia, on obtient un prix de 0,35 €/m3, à majorer pour tenir compte des fuites d’un réseau d’irrigation (rendement de l’ordre de 70 %) ce qui donne un ordre de grandeur de 0,50 €/m3 que le SITIVS doit répercuter sur ses usagers.

Cette estimation permet de constater la cherté relative du projet Aqua Domitia (0,80 €/m3 rien que d’amortissement), compréhensible quand on considère qu’il s’agit d’un équipement complémentaire.

Cette cherté de l’eau, au regard de ce qui est admissible en irrigation, disqualifie bien entendu toute possibilité de transférer cette ressource hydraulique plus loin, notamment pour alimenter Barcelone ou soutenir le débit de l’Ebre en Catalogne, dans des conditions économiques un tant soit peu réalistes (sans compter l’opposition farouche des arboriculteurs catalans qui se sentent concurrencés de façon déloyale par les Espagnols).

Compte tenu des capacités contributives et des consentements à payer l’eau des différents acteurs économiques, la volonté de la Région Languedoc-Roussillon et de son Président Christian Bourquin, de créer un « service public régional de l’eau » et d’y associer un organisme régulateur institué dès septembre 2011 est ainsi fortement bienvenue.

Par exemple, les agriculteurs consommeront de gros volumes à prix bas tandis que les particuliers consommeront de petits volumes à prix plus élevé mais inférieur à celui de l’eau potable.

Il sera forcément nécessaire de proposer des tarifs adaptés aux différentes utilisations.

En outre, le nouveau réseau hydraulique ne sera rentable qu’à long terme, les premiers utilisateurs, en faible nombre, étant dans l’incapacité de couvrir les frais, essentiellement fixes dans ce type de service.

En conclusion, Aqua Domitia est utile pour les Languedociens :

-         pour satisfaire et sécuriser les besoins en eau potable,

-         pour rentabiliser et optimiser sur le plan qualitatif la production viticole sur les premières côtes et la plaine,

-         pour donner une chance de diversification à l’agriculture locale (maraîchage, plantes aromatiques et médicinales, cultures vivrières notamment protéagineuses, plantes utilisées dans l’isolation thermique), sous réserve de restructuration foncière, de soutien technique et de changement de cap complet de l’économie agricole locale en s’orientant vers les cultures Bio, les circuits courts et une industrie alimentaire plus variée, satisfaisant davantage la demande locale en produits de qualité.

Aqua Domitia est un investissement coûteux du fait qu’il répond à des besoins de pointe presqu’exclusivement estivaux et qu’il vient subvenir à l’absence de ressources naturelles exploitables sans engendrer des impacts écologiques.

La poursuite du développement économique du Languedoc-Roussillon nécessite cependant cet aménagement dont la justification repose presque exclusivement sur l’obligation d’offrir l’eau domestique aux habitants de notre région.

C’est sur cet objectif à forte valeur ajoutée que reposera l’équilibre financier de l’opération, les usagers de l’eau potable s’acquittant grosso modo des 3/4 des coûts.

Quant aux réseaux d’irrigation, ils ne seront rentables - à long terme au mieux - qu’avec une mixité des bénéficiaires, les consommateurs d’eau brute non agricole étant indispensables pour rentabiliser le service.

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03/11/2011

Un grand projet régional : Aqua Domitia (1ère partie)

Aqua Domitia est le projet de desserte en eau brute porté par la Région Languedoc-Roussillon il s’agit en fait de l’extension du réseau hydraulique régional.

En climat méditerranéen, l’eau a, plus qu’ailleurs, une importance vitale.

Sans eau, pas d’établissement humain.

La colonie romaine de Nîmes a dû son extension à la construction du Pont du Gard qui permettait la continuité de l’aqueduc amenant de l’eau en suffisance.

De même, le développement de Montpellier n’a été possible que grâce à l’existence providentielle de la Source du Lez.

Aqua Domitia consiste à créer un adducteur d’eau du Rhône, issue du Canal Philippe Lamour aux portes de Montpellier, jusqu’au Minervois et au Narbonnais dans l’Aude.

130 km de canalisations d’un diamètre compris entre 0,7 et 1,2 m, pour le réseau primaire.

Un coût total de 280 millions d’€ dont la moitié pour les réseaux secondaires (soit grosso modo l’équivalent de la moitié d’une ligne de Tramway ou de la moitié du programme d’investissement en assainissement de l’Agglo de Montpellier pour se mettre en conformité avec la Directive Cadre Européenne).

Une période de réalisation étalée de 2012  à 2020, suivant deux hypothèses « basse » et « haute », en tenant compte :

-         des nouveaux besoins d’eau potable dus à la croissance démographique (population devant passer de 2,6 à 3,2 millions en LR d’ici 2030, avec une hypothèse de taux de croissance de 1 % par an),

-         des économies de consommation d’eau potable du fait d’une conscience écologique montante (équipement en réducteurs de débit des robinets dans le résidentiel et le tertiaire, réduction de l’arrosage des espaces verts privatifs ou publics), estimées à 10 % des consommations d’eau potable,

-         des gains de rendement sur les réseaux de distribution d’eau potable (avec un objectif fixé à 75 % ce qui représente d’énormes investissements en terme de remplacement de canalisations et de branchements),

-         d’une augmentation des surfaces agricoles irriguées,

-         des gains de rendement sur les réseaux existants de distribution d’eau d’irrigation,

-         d’une augmentation des consommations pour les espaces verts, les jardins et les usages industriels.

Globalement, les 22,4 Mm3 (millions de m3) de besoins annuels, estimés en hypothèse « haute » pour 2030, se répartissent approximativement en :

- 20 % pour les espaces verts et usages divers,

- 35 % pour l’eau potable,

- 45 % pour les besoins agricoles.

Ces besoins sont à comparer aux pourcentages actuels, soit respectivement 65 % pour les usages divers, 5 % pour l’eau potable et 25 % pour l’irrigation.

Plus précisément, avec des besoins de 19,2 Mm3 en pointe, c’est-à-dire de mai à octobre, les consommations seront à l’évidence saisonnière ce qui permet de beaucoup moins rentabiliser les installations.

Une analyse plus fine permet de constater que les besoins principaux sont :

-         en eau d’irrigation dans la Basse Vallée de l’Hérault et les premières soubergues, avec un peu plus de 20 % des besoins,

-         en eau potable dans le Biterrois, notamment pour les estivants sur la côte méditerranéenne (zone comprise entre Pézenas, Mèze, Agde, Béziers et Vendres) avec des besoins quantitatifs du même ordre de grandeur, mais avec des espérances de chiffre d’affaires bien supérieur.

Compte tenu des consommations escomptées, les maillons sont franchement de plus en plus rentables en allant vers l’extrémité du tuyau !

A l’évidence, le projet Aqua Domitia n’est donc acceptable économiquement que pris dans son ensemble.

Sur le plan qualitatif, ce projet ambitieux appelle de nombreuses remarques.

Il n’est pas sûr que les besoins en eau potable soient si importants.

En effet, les économies d’eau potable pourraient être bien supérieures aux 10 % escomptés si les Languedociens prenaient davantage conscience de sa rareté.

Avec des appareils électroménager plus performants, la substitution de douches aux bains, la récupération des eaux de pluie pour alimenter les chasses d’eau, voire les WC secs, la réduction des consommations d’eau potable pourraient s’avérer plus substantielle.

Une tarification progressive par tranches de consommation contribuerait aussi à responsabiliser les usagers.

Pour ce qui est de la satisfaction des besoins futurs en eau potable, Aqua Domitia aura un effet décisif pour le Biterrois en terme de volumes, comme c’est déjà le cas pour la desserte en cours d’une unité de potabilisation de l’eau brute à Fabrègues pour alimenter le secteur allant de Sète aux portes de Montpellier.

En outre, Aqua Domitia aura un impact en terme de sécurisation de l’approvisionnement en cas de pollution momentanée d’une ressource naturelle (rappelons-nous la récente pollution du Vidourle par un  herbicide qui avait fait craindre un impact sur les nappes phréatiques).

Enfin, comme à Montpellier, la nouvelle ressource en eau du Rhône permettra de satisfaire les pointes estivales de consommation liées à l’arrosage, à l’arrivée des touristes et à l’étiage des ressources actuellement exploitées.

Cette fourniture de pointe permet d’ores et déjà à BRL de mettre en avant 700.000 personnes « sécurisées » en AEP.

Si 240.000 habitants sont d’ores et déjà « sécurisés », Aqua Domitia concernera 100.000 habitants supplémentaires.

Dans le même registre de prévention des risques, le projet anticipe les effets du changement climatique annoncés pour notre région : augmentation de la température moyenne de plusieurs degrés, fréquence des périodes de sécheresse plus élevée, événements cataclysmiques plus nombreux favorisant le ruissellement des précipitations et freinant leur transfert vers les nappes phréatiques.

Concernant l’impact sur les prélèvements d’eau en milieu naturel, Aqua Domitia :

-         permettra de réduire les prélèvements dans les fleuves et les rivières, actuellement opérés pour l’arrosage et l’irrigation,

-         aura un faible impact sur le Rhône en ponctionnant un débit de 2,5 m3/s, soit 1 % du débit d’étiage de ce grand fleuve, au régime nival donc bien alimenté en été contrairement par exemple à la Loire qui peut connaître des à-secs estivaux.

Il est même possible de penser à des soutiens d’étiage, via des lâchers d’eau du Rhône dans les cours d’eau le nécessitant, si ce n’est le coût très élevé et récurrent  de ce genre d’opération.

Bas-Rhône Languedoc (ex Compagnie Nationale d’Aménagement du Bas-Rhône Languedoc) a obtenu en 1956 le droit de prélever 25 m3/s de débit dans le Rhône pendant 96 ans.

BRL utilise actuellement 10 m3/s essentiellement via un transit par le canal Philippe Lamour qui dessert déjà le Gard et l’Est héraultais.

BRL, bénéficiant d’une concession de l’Etat, a d’abord exploité la distribution d’eau d’irrigation sur des secteurs faciles à cultiver, appelés casiers.

C’est ainsi que les Costières de Nîmes ont été vouées au maraîchage et aux vergers, le Lunellois et le Melgorien à la diversification des cultures, en alternative à la monoculture de la vigne.

Cette transformation a été rendue possible grâce au fort volontarisme de l’Etat, à l’époque très centralisé.

La Compagnie a ensuite connu des difficultés financières importantes ayant abouti à une filialisation de ses activités « Distribution d’eau », « Ingénierie » et « Espaces verts » ainsi qu’à une recapitalisation par les collectivités locales et par un des majors de la distribution d’eau potable en France, devenu actionnaire minoritaire de la filiale BRLE (E pour « exploitation » du réseau d’eau brute).

L’Etat a fini par récemment déléguer la compétence d’aménagement hydraulique à la Région Languedoc-Roussillon qui est aussi le principal actionnaire de BRL, la maison mère.

BRL est dorénavant concessionnaire de la Région, nouvelle propriétaire des réseaux (patrimoine estimé à 1,6 milliards d’euros).

D’autre part, sont nés il y a maintenant une quinzaine d’années deux syndicats intercommunaux dirigés par des élus locaux - le Syndicat Nord-Sommiérois dans le Gard et le Syndicat Intercommunal des Travaux d’Irrigation dans la Vallée du Salaison au nord-est de Montpellier – qui ont créé des réseaux voués à l’irrigation agricole mais aussi à l’arrosage des jardins privatifs par les particuliers, ces derniers permettant l’équilibre financier précaire de ces nouveaux services publics gérés en régie directe.

Ces deux syndicats achètent l’eau à BRL avant de la distribuer.

Aqua Domitia conduira au prélèvement d’environ seulement 20 millions de m3 alors que le Rhône déverse en moyenne en Méditerranée 54 milliards de m3 !

Globalement, BRL a mobilisé respectivement lors des saisons 2007/2008, 2008/2009, 2009/2010 et 2010/2011, 118, 125, 116 et 124 millions de m3, sachant que la Compagnie exploite aussi les barrages des Monts d’Orb (33 Mm3 à Avène les Bains dans l’Hérault) dans le cadre de la concession, du Salagou (102 Mm3 près de Clermont l’Hérault), de la Ganguise (22 Mm3 aux portes de l’Ariège), de Laprade (9 Mm3 au nord de Carcassonne, au pied de la Montagne Noire) et trois barrages dans les Pyrénées-Orientales, pour un volume total de 70 Mm3, exploités dans le cadre de délégations de service public (cf. documentation de BRL Ingénierie).

Fin de l'analyse du projet Aqua Domitia dans une très prochaine note.

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25/09/2011

Des Primaires près de chez vous

Les dimanches 9 et 16 octobre, de 8 h à 18 h, les citoyens de Gauche pourront choisir démocratiquement leur représentant à l’élection présidentielle de 2012. 

C’est une première historique en France : un grand parti s’en remet, en toute confiance, à ses électeurs et à ses sympathisants (plusieurs millions) au lieu de réserver cette désignation à ses seuls militants.

 

Les sondages nationaux annoncent près de 4 millions de participants, ce qui serait un grand succès populaire.

 

Sont candidats (ordre du tirage au sort national) :

- Arnaud Montebourg

- Martine Aubry

- Jean-Michel Baylet

- Manuel Valls

- François Hollande

- Ségolène Royal

 

Les Primaires citoyennes des 9 et 16 octobre 2011 sont ouvertes à tous les citoyens :

 

- inscrits sur la liste électorale des votes républicains (plus les jeunes devant atteindre 18 ans avant la Présidentielle et inscrits par Internet avant le 13 juillet 2011) du moment qu’ils se rendent dans leur bureau de vote de rattachement (voir carte en bas de note et le site http://www.lesprimairescitoyennes.fr),

 

- qui adhèrent aux valeurs de gauche (une charte sera affichée à l’entrée du bureau de vote et l’émargement vaudra acceptation de son contenu),

 

- qui s’acquittent d’une contribution d’au minimum 1 euro pour participer aux frais du scrutin.

 

Le vote respectera strictement le modèle des votes républicains : vérification de l’identité, vote sous enveloppe, passage dans un isoloir, urne sous clefs, présence de délégués des candidats, destruction des listes électorales et d’émargement après le dépouillement (particularité des Primaires citoyennes), proclamation publique des résultats, centralisation sécurisée des résultats.

 

Le vote par procuration n’est pas admis.

 

Le scrutin comprendra deux tours (sauf si un candidat atteint la majorité absolue à l’issue du premier tour), respectivement les dimanches 9 et 16 octobre 2011, ouvert aux seuls citoyens inscrits sur la liste électorale ou la liste complémentaire de Clapiers : aucune inscription ne pourra se faire sur le bureau de vote.

 

189 bureaux de vote sont prévus dans l’Hérault et environ 10.000 en France.

 

Les grandes villes auront plusieurs bureaux de vote :

 

- 2 respectivement à Bédarieux, Ganges, Clermont-l’Hérault ou encore à Lodève, où à chaque fois un bureau sera réservé à la ville-centre et un second dédié aux communes périphériques,

 

- 2 à Mèze, 3 à Lunel, 4 à Mauguio, 4 à Frontignan, 4 en Agde, 4 à Sète, 8 à Béziers et enfin 60 à Montpellier.

 

Les villes moyennes, essentiellement regroupées autour de Béziers et de Montpellier, seront dotées d’un bureau de vote unique (même lorsqu’elles connaissent plusieurs points de vote lors des élections républicaines).

 

Enfin, les électeurs des petites communes seront rattachés à un bureau de vote dans une commune proche.

La carte de la géographie politique du vote, en fin de la présente note, donne une idée de la densité des points de vote, traduisant bien une volonté de proximité afin de favoriser au mieux l’expression du peuple de Gauche.

A part dans le Nord-Est de Montpellier où notamment les communes de Guzargues et de Galargues ont été manifestement confondues, les rattachements géographiques sont cohérents.

108 communes de l’Hérault, sur 343 au total, ont au moins un bureau de vote.

Pour connaître la localisation exacte de son bureau de vote de rattachement, le mieux est de visiter le site : http://www.lesprimairescitoyennes.fr

Le site donne l’adresse précise du bureau de vote de rattachement, à partir du code postal, voire du nom du bureau de vote républicain habituel dans les grandes villes (table de correspondance).

Beaucoup de sections socialistes vont éditer des tracts informatifs, ciblés sur leur village ou leur canton en milieu rural, afin d’éclairer au mieux la population.

 

L’expression populaire fera suite au débat démocratique animé par les 6 candidats partout en France sur les priorités du programme de gouvernement de la France.

 

Le Parti Socialiste a misé sur un processus de désignation moderne, ouvert et transparent, exemplaire sur le plan démocratique.

 

Une grande adhésion populaire des citoyens et des militants de Gauche aux « Primaires citoyennes » sera annonciatrice d’une dynamique de succès permettant de porter, en mai 2012, un Président de Gauche à la Présidence de la République.

 

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25/06/2011

Primaires citoyennes du Parti Socialiste : mode d’emploi

Le Parti Socialiste innove cette année en organisant des Primaires citoyennes pour désigner, les dimanches 9 et 16 octobre 2011, son candidat à l’élection présidentielle.

Les militants socialistes ont approuvé le choix des Primaires lors de la Convention nationale sur la rénovation du Parti Socialiste le 3 juillet 2010.

Le taux d’approbation a été de 76 %, certains militants socialistes ne souhaitant cependant pas se dessaisir de leur pouvoir de désignation.

Le souvenir de Ségolène Royal, plébiscitée par la population comme par les sympathisants et moins par les militants, était encore en mémoire de certains.

C’étaient précédemment les 130.000 adhérents du Parti Socialiste qui se chargeaient de désigner leur candidat, souvent d’ailleurs le Premier Secrétaire National.

Dans l’Hérault, cela concerne 4.290 militants, soit 3 % du corps électoral alors que la démographie héraultaise ne pèse que 1,5 % sur la France entière !

Par le jeu des absences le jour du scrutin ou de l’abstention (le vote étant au PS personnel et procuration ou vote par correspondance étant proscrits), ce sont à peine 100.000 Français, certes militants, qui décidaient pour les millions d’électeurs de Gauche.

En octobre 2011, les Français devraient être près de 3 millions à venir désigner le candidat du Parti Socialiste qui sera en réalité porteur des espoirs de toute la Gauche.

D’ailleurs, d’autres partis politiques devraient soutenir ce candidat pour la Présidentielle, dès le premier tour.

L’élection présidentielle est l’élection reine : c’est la seule où l’abstention est résiduelle (par exemple en 2007 à Clapiers, même si c’était le record de citoyenneté des communes de plus de 3.500 habitants et donc difficilement généralisable, 96 % des 3.500 électeurs se sont prononcés soit au premier, soit au second tour et 92 % à chacun d’eux).

L’engouement pour les Primaires socialistes est très fort chez le peuple de Gauche.

 

Echaudés par l’exclusion de Lionel Jospin du second tour le 21 avril 2002, les électeurs se partageront à Gauche très majoritairement entre le pôle écologique et le pôle socialiste : c’est l’expression du vote utile.

 

Cette bipolarisation à Gauche sera accompagnée d’une tripolarisation à Droite avec un vote Centre / UMP / Front National.

Cette ventilation du vote à Droite va forcément pénaliser le Chef de l’Etat sortant.

Certains évoquent « l’inconstitutionnalité » d’une telle consultation : comme par hasard, ceux qui la craignent en terme de dynamique socialiste ou de Gauche ou encore en terme d’une désignation différente de celle qui serait issue d’un vote interne au Parti Socialiste.

C’est oublier un peu vite que la liberté, notamment celle d’expression, valeur fondamentale mise en exergue par notre Révolution de 1789, prime.

En outre, la Constitution ne peut être opposée qu’aux lois, décrets et circulaires votés ou édictés respectivement par le législatif et l’exécutif de notre République.

Seule la récente directive du Ministère de l’Intérieur, cadrant l’aide que peuvent apporter les communes, est peut-être attaquable sur ce point, ce qui n’a comme par hasard pas été le cas à ce jour.

La liberté de s’associer, notamment en partis politiques, existe et la puissance publique ne peut s’opposer qu’à ce qui est illégal ou troublerait l’ordre public.

 

Ce n’est manifestement pas le cas puisque aucun texte ne s’y oppose d’une part et que, d’autre part, ces Primaires soulèvent la sympathie et l’enthousiasme des Français.

 

Quelles seront les modalités pratiques de ces Primaires socialistes ?


Le scrutin de ces Primaires doit être empreint d’un grand respect de la démocratie : il doit être exemplaire et transparent.

De ce fait, ce sont les listes électorales officielles locales qui serviront de socle électoral.

Les règles présidant à un scrutin républicain classique seront de mises : bulletins en nombre suffisant, enveloppes, isoloirs, production de sa carte d’électeur et d’une pièce d’identité, urne en plexiglas à double serrure, présence d’assesseurs de sensibilités variées à Gauche et de délégués des candidats, dépouillement public, publication des résultats et consolidation au niveau départemental (une Commission départementale de recensement des votes existe) puis national (transmission des résultats de chaque bureau de vote par SMS sécurisé ou Audiotel).

Une charte sera affichée à l’entrée du bureau de vote et l’émargement vaudra acceptation.

Qui pourra voter ?

Non seulement tous les citoyens inscrits sur la ou les listes électorales des bureaux de vote républicains concernés mais aussi tous les mineurs qui auront 18 ans avant l’élection présidentielle de 2012 et les mineurs de plus de 16 ans au jour du scrutin des Primaires appartenant au Mouvement des Jeunes Socialistes.

Attention pour ces jeunes citoyens : afin de les intégrer dans les litses électorales - qui seront ensuite intangibles - il est nécessaire de s'incrire sur le site lesprimairescitoyennes.fr avant le 13 juillet 2011.

D'autre part, le vote par procuration ne sera pas autorisé.

Où pourra t’on voter ?

Le principe est de créer un maillage territorial de proximité sans qu’il y ait autant de bureaux de vote que pour les scrutins républicains (plus de 50.000 !).

L’idée est d’avoir un bureau de vote pour 2.000 électeurs de Gauche et au moins un bureau de vote par canton, en milieu rural.

 

Ségolène Royal a obtenu en 2007 environ 9,5 millions de suffrages au premier tour et presque 17 millions au second.

 

Dans l’Hérault, il est prévu environ 200 bureaux de vote (à comparer au nombre de 343 communes).

 

Le scrutin sera organisé sous l’autorité du Secrétaire de la Section du Parti socialiste local, personnalité légitime et ancrée localement.

 

Une anomalie dans un bureau de vote entacherait l’ensemble du scrutin national, d’où la grande vigilance des élus du Parti à veiller à un parfait déroulement du scrutin.

 

Ces Primaires citoyennes sont ouvertes à tous les citoyens adhérents aux valeurs de Gauche.

 

Afin de l’attester, chaque participant au scrutin signera un engagement écrit à les soutenir.

 

En outre, une participation symbolique minimale de 1 € sera demandée afin de couvrir les frais d’organisation des deux scrutins.

 

A n’en pas douter, les sections du Parti Socialiste se feront un point d’honneur de favoriser une ambiance festive avec un accueil de qualité et une mise à disposition de boissons comme de documentation militante.

 

Quels seront les candidats ?

 

Les candidatures aux Primaires citoyennes doivent être déposées avant le 13 juillet 2011.

 

François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, candidats déclarés et Martine Aubry vraisemblablement, s’affronteront lors du premier tour.

 

Et après les Primaires citoyennes ?

 

Il est clair que sitôt les Primaires closes, la campagne électorale pour la Présidentielle sera lancée à Gauche.

 

La candidature du candidat investi aux Primaires, fort de sa large légitimité, sera portée par un large rassemblement  populaire.

 

Jamais un candidat socialiste n’aura bénéficié d’un tel élan démocratique et militant.

 

Pour que les Primaires soient réussies, il faudra cependant que certaines conditions soient réunies :

-         une campagne de chaque candidat respectueuse des autres candidats en lice,

-         une campagne qui éclaire suffisamment les électeurs potentiels des choix de société proposés, sur la façon de gouverner envisagée, sur la capacité à gouverner du candidat,

-         une campagne qui ne dévoile pas un programme présidentiel ce qui rendrait creuse la vraie campagne pour la Présidentielle,

-         bannir des alliances contre nature entre les deux tours,

-         un déroulement parfait du scrutin, en terme d’organisation,

-         des scores pas trop rapprochés au second tour pour écarter tout doute, éviter toute contestation et asseoir la légitimité du lauréat.

 

Plus généralement, quelles vont être les conséquences de cette innovation sur la vie politique française ?

 

Si le mouvement populaire qui se dessine se confirme, il est clair que les chances de la Gauche de gagner l’Elysée s’en trouveront décuplées.

 

Evidemment, les Législatives seront alors, compte tenu du scrutin majoritaire, une victoire pour la Gauche, avec l’effet d’entraînement qu’on connaît maintenant bien.

 

En outre, la reconduction du système dans 5 ans, alors ancré dans les mentalités des Français et intégré dans les stratégies des partis et hommes politiques conduira à une bipolarisation plus forte du paysage politique français et de l’élection présidentielle.

 

En effet, les Primaires désigneront LE candidat de la Gauche face au candidat de la Droite républicaine.

 

Seul un candidat du Front national pourrait incarner une troisième voie, quoique inéluctablement sans issue au second tour, à supposer toutefois que ce parti arrive à se démarquer suffisamment de la Droite républicaine dans les années à venir.

 

Il faudra donc veiller à instituer une dose de proportionnelle aux élections législatives afin de permettre une légitime représentation de toutes les sensibilités politiques.

Finalement, les Primaires citoyennes sont certes un laboratoire d’une démocratie élargie mais aussi une piste de refondation de la Gauche, avec un rapprochement progressif de certains de ses composantes.

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18/05/2011

Le Fonds Social du Logement dans l'Hérault

Le Conseil Général de l’Hérault développe une politique active de soutien au logement social et au logement des moins favorisés.


A ce dernier titre, le Département de l’Hérault gère le Fonds Social du Logement (FSL).


Le CG34 vient de faire paraître le bilan d’activités 2010 des services de l’« Espace Logement Hérault ».


Les besoins d’intervention 2010 ont été plus importants encore que les années précédentes (26 % de plus qu’en 2008) du fait des effets conjugués de la crise économique, de l’augmentation sensible du prix de l’électricité, du gaz, du fuel domestique (précarité énergétique) et du niveau toujours plus élevé des loyers.


Familles monoparentales, jeunes et personnes âgées notamment, sont de plus en plus nombreux à solliciter les services du Département de l’Hérault pour les aider à payer leur loyer ou des factures liées au logement.


Le public bénéficiaire de cet accompagnement social en lien avec le logement a des ressources inférieures ou proches des minima sociaux.


Ainsi 2/3 des ménages concernés ont des revenus mensuels inférieurs à 605 € pour une personne seule, à 840 € pour 2 personnes, 1.008 € pour 3 personnes, 1.344 € pour 4 personnes, etc.


Différents dispositifs d’aide existent et le Conseil général développe des transversalités et de la cohérence entre eux : aides aux impayés, garantie sur bail locatif, aménagement de créances d’emprunt, accueil en logement temporaire.


En outre, le Département de l’Hérault, au travers de ses agences territorialisées mène une politique d’accompagnement sociale au logement plus globale :
- publication d’informations collectives sur l’accès au logement,
- aides à l’amélioration des conditions d’habitat (travaux de rénovation, travaux de maîtrise des consommations d’eau et d’énergie),
- suivis individuels de familles (entretien personnalisé, ateliers de recherche de logement, aide à l’installation ou au maintien notamment prévention des expulsions locatives, actions en direction des accédants à la propriété et des propriétaires bailleurs privés),
- actions de médiation entre locataires et bailleurs sociaux.


En 2010, plus de 6.100 familles ont bénéficié dans l’Hérault d’une action logement diligentée par le Conseil Général.


Concernant plus particulièrement le Fonds Social du Logement, 20.734 demandes d’aides financières ont été enregistrées en 2010 (contre 19.283 en 2009 et 16.312 en 2008).


Du fait de l’augmentation de la demande, les délais de traitement se sont allongés.


La pression la plus forte s’exerce d’abord sur les secteurs de Béziers (7,6 % des familles sont concernées par le FSL ! ), du Sétois (5,1 %), du Piscénois-Agathois (4,7 %), du Centre-Hérault (4,4 %), du Lunellois (4,4 %), du Bédaricien (4,1 %) et ensuite seulement sur Montpellier (3,9 %).


Le FSL a été en 2010 déficitaire : il a donc été nécessaire de puiser dans ses réserves.


Globalement, le Fonds Social du Logement a permis d’allouer, en 2010, dans l’Hérault, 12,31 millions d’€ à rapporter à 11,50 millions de ressources.


Ces dernières reposent essentiellement sur un financement du Département de l’Hérault, à hauteur de 5,63 millions d’€ (49 % des ressources), ensuite sur le remboursement des prêts accordés aux familles précédemment (4,15 millions d’€ soit 36 %) et sur les contributions volontaires (Caisses d’Allocations Familiales, Mutualité Sociale Agricole, Communautés d’Agglomération, Communes, Bailleurs publics, fournisseurs d’énergie, … / 1,72 million d’€ soit 15 %).


Les emplois 2010 ont consisté en :
- 3,51 millions d’€ d’aides à l’accès au logement,
- 3,12 millions d’€ d’aides à l’énergie,
- 2,32 millions d’€ pour les actions territorialisées logement,
- 1,21 millions d’€ pour le maintien dans le logement,
- 0,91 millions d’€ pour les frais de fonctionnement,
- 1,24 millions d’€ de nouvelles provisions pour risques.


D’autre part, une petite mention est à accorder au nouveau dispositif DALO (Droit au logement opposable).


Ce dispositif, piloté par l’Etat, a enregistré peu de demandes en 2010.


Sur 1.151 dossiers examinés par la commission départementale, 987 dossiers ont été traités (Sources : DDCS Préfecture de l’Hérault).


27 dossiers ont été déclarés prioritaires (notion d’urgence) pour un hébergement, 21 propositions d’hébergement faites ayant débouché sur 6 refus et 14 accords.


275 dossiers ont été déclarés prioritaires (notion d’urgence) pour un logement, 193 propositions de logement faites ayant débouché sur 34 refus et 128 accords.


Grosso modo, 15 % des demandeurs ont donc obtenu satisfaction.


Le dispositif DALO a toutefois vocation à monter en puissance progressivement et viendra compléter la panoplie de mesures déjà prises par le Conseil Général de l’Hérault.


Ce dernier intervient par ailleurs sur le logement social, et ce, de façon très volontariste, dans une région où la croissance démographique représente un grand défi.


Le logement est fondamental : être logé décemment est un droit qui devrait être assuré pour tous.

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23/04/2010

Les nouvelles circonscriptions électorales dans l’Hérault

Après le fameux découpage Pasqua de l’année 1986, le découpage Marleix des nouvelles circonscriptions électorales de l’Hérault entrera en application lors des prochaines élections législatives de juin 2012.

 

Le département de l’Hérault élira 9 députés, au lieu de 7 précédemment.

 

Avec environ 1 million d’Héraultais et une règle nationale de 1 député pour 113.000 habitants (+/- 15 %), notre département bénéfice d’une représentation exactement proportionnelle à sa population.

 

Si certains départements gagnent des députés, c’est que d’autres en perdent puisque leur nombre total reste fixé à 577.

 

Les créations de circonscriptions concernent les cantons les plus dynamiques sur le plan démographique (Castries et Pignan en premier lieu mais aussi ceux de Castelnau-Le Crès, Mauguio, Saint-Gély du Fesc, Lunel et en réalité beaucoup d’autres dont ceux de Montpellier).

 

C’est pourquoi, de nombreux habitants des alentours de Montpellier seront concernés par la refonte des circonscriptions électorales.

 

Certes, ils voteront pour la plupart dans le même bureau de vote mais ils constateront forcément un changement de têtes, certaines figures électorales, jusqu’alors inamovibles, étant dorénavant candidates dans la circonscription voisine.

 

C’est donc la porte ouverte à une nouvelle génération de candidats et vraisemblablement d’élus.

 

Faisons le bilan des changements autour de Montpellier.

 

La 2nde circonscription « Montpellier 2 » (quartier de La Paillade, du Petit-Bard et des Cévennes notamment à Montpellier), déjà à Gauche, perd le 2ième canton de Montpellier et gagne le 3ième canton de Montpellier plus à Gauche que le 2ième. C’est donc de fait un sanctuaire pour le Parti Socialiste afin de donner plus de chance aux candidats UMP dans les circonscriptions voisines.

 

La 1ère circonscription « Montpellier-Saint-Jean de Védas » gagne le 8ième canton (Saint-Jean de Védas, Lavérune et quartier Estanove de Montpellier) au détriment du 4ième canton (quartier Port Marianne de Montpellier). La commune de Villeneuve lès Maguelone lui est aussi rattachée.

 

La 4ième circonscription « Montpellier-Lodève » perd les cantons de Clermont l’Hérault, de Pignan et de Montpellier 8 mais gagne le canton de Mèze.

 

La 8ième circonscription « Montpellier-Frontignan », nouvellement créée, comprend les cantons de Frontignan (sans la commune de Villeneuve lès Maguelone), de Pignan et de Montpellier 10 (Grabels, Juvignac et quartier Euromédecine à Montpellier).

 

La 9ième circonscription « Montpellier-Lunel-Mauguio », nouvellement créée, comprend les cantons de Mauguio, une partie de celui de Lunel (amputé de 7 communes au Nord) et le canton de Montpellier 4. Elle est manifestement taillée pour un candidat de Droite.

 

Enfin, la 3ième circonscription « Montpellier Nord-Est », est la plus compliquée à décrire. Elle comprend 30 communes au total. Elle regroupe les cantons de Castelnau le Lez (Castelnau et Le Crès), de Castries (Assas, Baillargues, Beaulieu, Buzignargues, Castries, Galargues, Guzargues, Jacou, Montaud, Restinclières, Saint-Brès, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies, Sussargues), l’enclave du Canton de Claret (Campagne et Garrigues), de Montpellier 2 (Clapiers, Monferrier et quartiers Hôpitaux-Facultés) et une partie nord de celui de Lunel (Saussines, Boisseron, Saint-Christol, Saint-Sériès, Villetelle, Saturargues et Vérargues).

 

Cela donne sur le plan cartographique, après respectivement les découpages Pasqua et Marleix :

CirconscriptionsAnciennesAvecNuméros.gif

Précédentes circonscriptions électorales dans l'Hérault

depuis le découpage Pasqua 1986

 

CirconscriptionsNouvellesAvecNumérotation.gif

Nouvelles circonscriptions électorales dans l'Hérault depuis le découpage Marleix 2010

 

 

Depuis l’avènement de la République et hors les périodes de scrutin proportionnel départemental (notamment en 1945 et en 1986) ou encore hors la période de suspension des libertés publiques sous Pétain, la fixation des limites territoriales des circonscriptions électorales de l’Hérault a été la suivante :

CirconscriptionsAnciennes1958-1981AvecNuméros.gif

 Circonscriptions historiques de l'Hérault de 1958 à 1981

 

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Circonscriptions historiques de l'Hérault de 1928 à 1936

 

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Circonscriptions historiques de l'Hérault de 1902 à 1914

 

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Circonscriptions historiques de l'Hérault de 1893 à 1898

 

 

Une véritable démocratie passe par une juste et égale représentation des citoyens au Parlement.

 

On sait que ce n’est malheureusement pas le cas en France que ce soit au Sénat (sur-représentation des départements ruraux) ou que ce soit à l’Assemblée nationale (découpage Pasqua puis Marleix favorisant la Droite).

 

Quoiqu’il en soit, les Français auront à cœur, en 2012, d’élire les meilleurs candidats.

 

Ils choisiront bien entendu au travers d’eux les valeurs, les idées, le programme politique et le choix de société des partis que des hommes ou des femmes représenteront.

 

Gageons que les électeurs privilégieront un renouvellement et un rajeunissement de leurs élus.

24/03/2010

Le mouvement CIVAM : l’avant-garde agricole

Les CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) ont toujours occupé une place avant-gardiste dans le paysage agricole français.

 

Les CIVAM sont des groupes d’agriculteurs qui réfléchissent et œuvrent pour :

-         construire un monde rural facteur de cohésion sociale,

-         respecter les terroirs et les territoires,

-         promouvoir une agriculture qui préserve l’environnement,

-         proposer des aliments de qualité,

-         développer un autre modèle énergétique.

 

Imaginez la création, dès  les années 1950, d’un réseau issu d’instituteurs agricoles et de la Ligue française de l’enseignement, construit autour des valeurs de la laïcité, de l’émancipation et de l’égalité des chances !

 

C’était l’alliance de la ferme pédagogique et de l’atelier de production, de l’éducateur et du paysan.

 

Le mouvement CIVAM, fort aujourd’hui de 170 groupes d’agriculteurs répartis sur 15 régions en France, relève de l’éducation populaire et privilégie l’approche territoriale - et non par filière professionnelle - du développement local.

 

D’un côté, la Jeunesse agricole chrétienne (JAC, mouvement d’éducation populaire lui aussi, mais confessionnel, dont seront issus de très nombreux leaders syndicalistes et plusieurs ministres de l’agriculture), accompagnera, de l’après guerre jusqu’à la fin du XXème siècle, la mécanisation, la modernisation et l’intensification de ce qui deviendra le standard agricole en France : une agriculture familiale compétitive, parvenue à la parité des revenus avec les autres professions, exportatrice, concentrée dans les mains de quelques centaines de milliers d’agro managers.

 

D’un autre côté, ayant une vision plus humaniste du progrès, les CIVAM ont toujours plaidé pour un développement plus durable de l’agriculture en privilégiant les cultures Bio, les circuits courts, la pluri activité, l’accueil paysan, le lien social, la place de la femme dans le monde rural, les relations avec les autres acteurs des territoires ruraux.

 

Maintenant que la crise financière de l’automne 2008 s’est transformée en une crise agricole mondiale, la voie tracée par ces groupes d’agriculteurs s’avère d’une grande modernité.

 

Ils ont été parmi les premiers à ressentir ce besoin d’alimentation de qualité, de rapprochement entre producteurs et consommateurs, de commercialisation de proximité, de mise en valeur des terroirs.

 

Pour vulgariser et enrichir sa pensée, pour porter à connaissance les expériences locales réussies, pour ouvrir le monde rural aux autres, la Fédération nationale des CIVAM édite un magazine mensuel, appelé « Trans Rural Initiatives ».

 

Une action emblématique de la FNCIVAM est l’opération nationale portes ouvertes « La France de Ferme en Ferme », prévue en 2010 les 24 et 25 avril.

 

Dans l’Hérault, la Fédération départementale des CIVAM, dite FD CIVAM 34, fédère pas moins de six groupes d’agriculteurs, de ruraux et d’urbains (porteurs de projet, professionnels, étudiants, consommateurs, citoyens) :

-         Racines 34 (éducation à l’environnement),

-         CIVAM Bassin de Thau (actions en faveur des femmes conchylicultrices),

-         CIVAM Garrigues de Thau (valorisation du patrimoine rural),

-         CIVAM Relais (promotion des liens directs entre citoyens ruraux et urbains),

-         CIVAM Empreinte (valorisation des milieux naturels par l’élevage extensif et la vente directe),

-         CIVAM Bio 34.

 

Le site Internet de cette fédération propose le « Guide Bio 2009 » récapitulant l’ensemble des producteurs héraultais en agriculture biologique et les bonnes adresses de boutiques Bio.

 

Le CIVAM Bio 34 accompagne la conversion et l’installation en agriculture biologique aussi bien en viticulture qu’en fruits et légumes, élevage, grandes cultures, plantes aromatiques et médicinales, oliviers, voire apiculture.

 

Cette structure, tête de réseau pour l’accompagnement des demandes relatives au Bio, travaille de concert avec la Chambre d’agriculture, l’ADASEA Hérault, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer et l’association Terres Vivantes.

 

Le CIVAM Bio 34 suit le programme d’aides financières à la conversion à l’agriculture biologique, conversion qui nécessite 3 années de respect des contraintes du cahier des charges national du Bio sans pouvoir se prévaloir du label au niveau de la vente, d’où l’indemnisation du « converti » par les pouvoirs publics.

 

La culture biologique nécessite le développement de savoir-faire techniques et commerciaux nouveaux : c’est pourquoi, le CIVAM Bio élabore des référentiels technico-économiques en maraîchage biologique, mène des expérimentations de plein champ et étudie les prix pratiqués sur les marchés de plein-vent pour aider les producteurs à se situer par rapport à la concurrence.

 

Un des points d’orgue de l’année Bio dans l’Hérault est, le 15 août, l’Estivale de la Bio à Olargues, dans la vallée du Jaur.

 

Plus près de Montpellier, le CIVAM Bio 34 :

-         expose à la manifestation « La qualité fait sa Comédie », à Montpellier,

-         participe à des sorties proposées par la Maison Départementale de l’Environnement de Prades le Lez,

-         contribue à l’animation du Festival de la Tomate à Clapiers,

-         appuie le territoire de l’Etang de l’Or sur les alternatives possibles à l’utilisation des pesticides afin de préserver les ressources en eau,

-         travaille sur la restauration scolaire Bio dans le Pays de Lunel avec la Communauté de communes du même nom.

 

Le CIVAM Bio 34 est ainsi à la pointe d’initiatives territoriales relevant du développement durable ou encore de l’agriculture à haute valeur environnementale (dite HVE).

 

Malgré le rayonnement de leurs actions, les CIVAM souffrent, depuis peu, d’une baisse de reconnaissance de la part de l’Etat.

 

En effet, des postes de fonctionnaires, jusqu’à présent mis à disposition, sont supprimés ce qui pénalise les fédérations de CIVAM et les oblige à réduire leurs interventions, pourtant ô combien d’intérêt public.

 

La force des CIVAM repose toutefois dans sa grande ouverture d'esprit et dans la force mobilisatrice de ses militants : ce mouvement, en phase avec l’actualité, si précieux pour repenser l’agriculture, n’est pas près de s’éteindre.

01/03/2010

Ne fermez pas la porte des écoles !

La croissance démographique de l’Hérault ne se dément pas : au moins 11.000 habitants de plus tous les ans.

 

Et pourtant, l’Inspection d’Académie de ce département souhaite fermer 23 classes élémentaires et 14 classes maternelles à la rentrée 2010-2011.

 

C’est le résultat des délibérations du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), réuni début février 2010.

 

Des ajustements seront opérés, comme tous les ans, lors de la rentrée scolaire, après comptage du nombre réel d’élèves.

 

Toutefois, l’Inspection d’académie fixe librement, en fonction de ses moyens en personnel qui baissent, des nombres d’élèves planchers au dessous desquels sont prononcés les fermetures et des nombres d’élèves plafonds au dessus desquels sont prononcés des ouvertures de classes.

 

Ces dernières années, les plafonds ont tendance à augmenter et les planchers à baisser.

 

De la sorte, avec par exemple 15 élèves de moins une année, une école sanctionnée par une fermeture de classe ne bénéficiera pas d’une ouverture l’année d’après, malgré une hausse d’effectif de 15 élèves.

 

Des communes comme Le Crès, où d’importants programmes de logements sont en cours de livraison, souhaiteraient des ouvertures de classes.

 

En réaction à cette insatisfaction, les parents d’élèves de cette commune ont occupé, de jour comme de nuit, le groupe scolaire fréquenté par leurs enfants.

 

L’Etat veut supprimer, en 2010, 34.000 fonctionnaires dont 16.000 à l’Education nationale.

 

Dans l’Hérault, les suppressions de classes à l’école primaire touchent surtout le pourtour de l’étang de Thau, les alentours de Béziers, le Nord et l’Est de Montpellier.

 

La carte ci-dessous donne une idée de leur localisation.

 

FermeturesClasses2010.gif

Grand Béziers, Etang de Thau, Nord Montpellier et Est Montpellier surtout impactés

par les fermetures de classes élémentaires et maternelles à la rentrée 2010-2011

 

La conséquence de cette baisse de l’encadrement des élèves, c’est une forte hausse des effectifs dans beaucoup d’écoles, avec une dégradation corrélative de la qualité de l’enseignement, les professeurs ne pouvant consacrer que moins de temps au suivi individuel des élèves.

 

Le pire est que le Président Sarkozy prévoit, dans ses prévisions de fin de mandat, de nouvelles suppressions de postes de professeurs à l’Education nationale.

 

En réduisant ses investissements dans l’enseignement public de base, le Gouvernement Fillon obère la capacité future de la France à soutenir la compétition internationale avec d’autres pays riches et même certains pays émergents.

 

La célèbre citation de Victor Hugo est à méditer : « Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison ».

 

Les Français ont longtemps crû en l’école républicaine pour élever le niveau de la Nation, alimenter l’ascenseur social, fournir aux entreprises de la main d’œuvre qualifiée et former des citoyens responsables : faut-il vraiment renoncer à ces acquis, à ce rêve civilisateur ?